• Macron, un président hors jeu

     

    Macron, un président hors-jeu

    Macron, un président hors jeu

    La mandature de Macron sera fracturée par l'épisode de la pandémie du coronavirus. Les trois premières années ont été marquées par une prise de pouvoir autoritaire et sans partage, au bord des limites constitutionnelles. Son exercice solitaire du pouvoir lui a permis d'affronter et de surmonter sans concession plusieurs crises.

    En 2018 il met ainsi en échec la grève des agents de la SNCF entre mars et juin pour défendre leurs statuts. Puis ce fut le mouvement des gilets jaunes déclaré en octobre 2018, atypique par le corps social en révolte et la nature de ses revendications. Dans un premier temps, il y répondit par la répression et la violence avant de se résoudre à transiger près d'un an au plus tard avec quelques concessions financières.

    La volonté réformatrice de Macron au détriment des acquis sociaux n'en fut pas freinée pour autant. En novembre 2019, il s'attaque aux régimes spéciaux de retraites avec 2 cibles, la SNCF et la RATP. Pour faire passer sa réforme coûte que coûte, il s'affranchit des contres pouvoirs pour faire passer sa loi sur le régime universel des retraites lorsqu'il fut stoper dans son élan par la pandémie qui allait frapper territoire après territoire tous les continents.

    L'épreuve à laquelle il est confronté tout en dépassant l'entendement, a mise à nu la fragilité de son exercice du pouvoir. Connu depuis janvier par ses services de santé, il ne prit pas lui même la mesure de l'événement exceptionnel succédant un siècle plus tard à l'épidémie de grippe espagnole et qui allait frapper le Monde. Bravache, il n'a qu'une préoccupation, se présenter aux Français commun sauveur grâce à la fermeté de son pouvoir alors que l'épreuve a mise à nu sa fragilité.

    Le pays n'était absolument pas préparé à faire front à cette pandémie. Macron n'avait eu jusqu'ici aucune considération pour la protection de la santé des Français, réclamant à l'hôpital public un plan d'économies par la voix de sa ministre de la santé. Comme dans tous les affrontements précédents avec les revendications sociales, il prit le parti de les ignorer pour passer en force. Face à la grève des urgentistes mobilisés depuis 1 an pour dénoncer le sous équipement des hôpitaux, il les ignora. Alors qu'aujourd'hui à contre courant de sa politique, il est prêt à dénouer les cordons de la bourse pour relever le défi médical auquel le pays est exposé, la gestion de la crise met à nu son incompétence et celui de son gouvernement.

    Les Français découvrent jour après jour l'impréparation de leur pays pour affronter une crise sanitaire de cette ampleur. Au-delà de ces questions, les Français découvrent la dangerosité de Macron qui prétend trancher souverainement des questions qui ne relèvent que de la compétence et de la responsabilité de nos grandes figures du monde médical. Macron a bien compris le danger et a mis en place un groupe de scientifiques pour le conseiller mais en se réservant le privilège de trancher.

    Il vient d'enregistrer son premier fiasco après avoir autorisé le premier tour des élections municipales en s'appuyant sur l'avis favorable de son conseil scientifique et après avoir rallié à lui le président du Sénat Gérard Larcher. Il s'avère que contrairement à ses affirmations, le maintien des élections a favorisé l'exposition des préposés aux urnes à la contamination par le virus. Cet épisode a fait la preuve que Macron dans l'exercice sans partage de son pouvoir a ignoré le principe de précaution. Son conseil scientifique était partagé et la sagesse imposée au président de la République de se ranger à l'avis le plus protecteur pour la santé des Français. 

    Le succès d'audience de ces 3 adresses télévisées aux Français ne traduit pas un regain de popularité mais le besoin de ses compatriotes de se sentir protégés par l'exécutif. Il n'est pas sûr que l'appel à l'unité de Macron sur le modèle de Georges Clemenceau se présentant à la chambre des députés en novembre 1917 soit la recette pour se maintenir en toutes circonstances au pouvoir avec les mêmes prérogatives.

    L'homme devra se soumettre ou se d'émettre, se soumettre sans tergiverser à l'avis de son conseil scientifique. Au président de la République revient dans cette situation hors normes dépassant ses compétences, la responsabilité d'assurer l'intendance et il a fort à faire. À situation exceptionnelle, remède exceptionnel. 

     

    LOUIS BULIDON 

    Macron, un président hors jeu

    Retraité.

    Ingénieur chimiste, retraité d’ExxonMobil, Louis Bulidon est un actionnaire actif depuis 20 ans. Il est aussi l’auteur du livre « Les irradiés de Beryl» publié aux Editions Thaddée. Il y témoigne de son affectation en Algérie sur un site d’essais nucléaires dans le désert du Hoggar. 

     

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  • Commentaires

    2
    Mardi 7 Avril à 09:34

    On peut même ajouter que c'est le capitalisme dans son ensemble qui est hors-jeu et pas seulement Macron !

    1
    Mardi 7 Avril à 08:58

    Macron ou un autre, tant qu'il n'y aura pas de rupture avec la logique d'un système social a bout de souffle on n'aura pas de solution aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Cette logique est lé mécanisme du profit qui génère l'exploitation capitaliste dont nous souffrons.

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