• Mais être opposé à la politique coloniale de Netanyahu et de son gouvernement envers le peuple palestinien n’est pas être antisémite…

     

    Mes pensées vont à la famille de Mireille Knoll atrocement assassinée dans des conditions inhumaines, parce que juive. La justice doit passer avec la plus grande fermeté, mais il nous reste à éradiquer cette gangrène qu'est l'antisémitisme comme tous les autres racismes qui minent notre cohésion sociale et notre "vivre ensemble". J'invite tous les humanistes et les Républicains de France et d'ailleurs à se mobiliser, pour chasser la bête immonde de l'antisémitisme et du racisme qui se repaît de nos divisions. Mais être opposé à la politique colonialiste de Netanyahu  et de son gouvernement envers le peuple palestinien n’est pas être antisémite…

    Communiqués de 

    Mireille Knoll, tristesse, colère et inquiétude

    Mercredi 28 mars 2018 par le Bureau national de l’UJFP 

    C’est avec une très grande tristesse et inquiétude que l’Union Juive Française pour la Paix a pris connaissance du meurtre de Mireille Knoll. Nous condamnons ce crime odieux dont le caractère antisémite est le motif retenu par le Parquet. Âgée de 85 ans, elle avait survécu à l’horreur nazie et aux déportations, menées avec la complicité de l’État français, qui avaient touché nombre de membres de sa famille et coreligionnaires.

    Dans ce climat tendu et alors que le fils de la défunte invite celles et ceux qui le souhaitent à participer à la marche blanche prévue à 18h30 Place de la Nation, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) n’en finit pas de semer la division et s’octroie même le droit de désigner les personnes qui ont leur place à ce moment de recueillement.

    Pourtant, en prétendant faire de la lutte contre l’antisémitisme la mère de toutes les batailles, et en amalgamant sciemment l’opposition à la politique israélienne et la haine des Juifs, son agenda se résume en réalité à relayer la propagande de cet État et à discréditer le mouvement de solidarité avec la Palestine en faisant de lui le ventre fécond de la bête immonde. Son inénarrable président, Francis Kalifat, ne recule devant rien – et sûrement pas devant la diffamation. Il l’a en effet prouvé une fois encore hier soir en renvoyant dos à dos le Front National et la France Insoumise : les « deux extrêmes » (sic) ne seraient pas les bienvenus à la Marche blanche organisée à la mémoire de Mireille Knoll. La critique d’Israël à gauche, cette « forme réinventée de l’antisémitisme » pour reprendre la dangereuse formule du Président Macron, et l’antisémitisme, bien réel celui-ci, de l’extrême-droite, ce serait la même chose ! Si la ficelle est un peu grosse, elle n’est certainement pas nouvelle : c’est le carburant de la machine de propagande des soutiens hexagonaux hystériques à Israël.

    L’UJFP milite et continuera de militer inlassablement contre l’antisémitisme, toujours en récusant ces tentatives minables et obscènes d’instrumentalisation, et avec la conviction que la lutte contre l’antisémitisme ne doit pas être isolée du reste de la lutte contre le racisme : il est essentiel qu’elle soit portée par tou-te-s – victimes du racisme ou allié-e-s, Juifs/Juives ou non –, pour qu’enfin nous l’arrachions des mains de ceux qui l’exploitent et la dégradent au profit de la seule satisfaction d’autres agendas.

    L’UJFP répond donc à l’invitation de Daniel Knoll et appelle ses militant-e-s et adhérent-e-s à lui apporter leur soutien, dans la dignité que requièrent les marches blanches organisées à la mémoire de sa mère, Mireille Knoll.

    Nous espérons que le CRIF, entre autres, saura garder à ces démonstrations de solidarité le recueillement nécessaire. Nous nous y engageons pour notre part.

    Le Bureau national de l’UJFP, le 28 mars 2018

    SOURCE : http://www.ujfp.org/spip.php?article6289 

    Le CRIF ne représente pas les Juifs de France.

    Il nous mène à la catastrophe.

    L’UJFP s’adresse solennellement aux Juifs de France.

    Donald Trump vient de violer un peu plus le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en mettant fin pour longtemps à toute perspective de paix fondée sur l’égalité des droits et la justice au Proche-Orient.

    Il confirme son alignement complet sur les Chrétiens sionistes américains (qui sont des antisémites) et sur un gouvernement israélien d’extrême droite qui a totalement libéré la parole raciste ou la déshumanisation de « l’Autre ».

    La dernière déclaration du CRIF demandant que la France imite Trump est ahurissante.

    Le CRIF est issu de la résistance. Il a été fondé avec le souci de représenter les Juifs de France dans toute leur diversité après le génocide nazi. Cette diversité était encore perceptible quand Théo Klein en était le président (1983-89). Théo Klein a rompu avec le CRIF en 2012.

    Le CRIF est devenu, à l’image de l’AIPAC aux Etats-Unis, une officine totalement inféodée à l’extrême droite israélienne. En 2001, l’ancien président Bush avait déclaré « la guerre du bien contre le mal », le mal étant les Arabes, les musulmans, le Tiers-monde. Le CRIF essaie d’enrôler les Juifs de France dans ce camp-là, ce qui est une rupture complète avec leur histoire. L’histoire des Juifs de France, c’est la lutte pour l’émancipation. Elle est marquée par l’acquisition de la citoyenneté pendant la Révolution Française, par l’Affaire Dreyfus pendant laquelle les Juifs ont reçu le soutien de la partie progressiste de la société française, par la résistance juive au nazisme, par l’engagement massif de Juifs dans des combats pour l’égalité et la justice sociale.

    Faut-il énumérer les actes les plus scandaleux et les déclarations racistes du CRIF ?
    En 2002, l’ancien président du CRIF Cukierman a déclaré que le score de Le Pen était « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ». Le 31 décembre 2016, William-Gilles Goldnadel, par ailleurs avocat de Florian Philippot et Patrick Buisson (qui a dirigé pendant des années le torchon antisémite « Minute ») explique que : « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis. Un Juif est moins étranger en Judée ».

    Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ? Ou la campagne contre Charles Enderlin accusé d’avoir « trafiqué » les images sur la mort du petit Mohammed al-Dura à Gaza en 2000 ?

    Faut-il rappeler ces « dîners du CRIF » où les responsables politiques qui le souhaitent s’y rendent, mais se doivent de faire allégeance et où les rares autres responsables qui osent émettre le moindre doute sur la politique israélienne se font instantanément traiter d’antisémites ?

    Non seulement le CRIF soutient une politique raciste contre les Arabes et criminelle contre les Palestiniens, mais cette politique est totalement suicidaire pour les Juifs que le CRIF met sciemment en danger. Cette politique tourne délibérément le dos à la demande légitime de sécurité à laquelle elle prétend répondre.

    Quand Nétanyahou explique aux Juifs de France que leur pays, c’est Israël et qu’ils doivent partir, on est ahuri du silence d’approbation du CRIF : aucun antisémite depuis Vichy n’avait osé dire aux Juifs qu’ils n’étaient pas chez eux en France. Est-ce la position du CRIF ? Le CRIF soutient-il la loi qui va être présentée à la Knesset faisant d’Israël l’Etat-Nation du peuple juif, excluant les Palestiniens et transformant les Juifs de France en étrangers dans leur propre pays ?

    Quand Nétanyahou fait une déclaration totalement négationniste (21 octobre 2015) à savoir qu’Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs et que c’est le grand Mufti qui lui aurait soufflé cette solution, on est stupéfait par le silence du CRIF, qui prétend pourtant défendre la mémoire du génocide.

    L’UJFP s’adresse aux Juifs de France : vous avez une histoire, une mémoire, des identités multiples. Votre place n’est pas au côté d’une officine raciste qui soutient inconditionnellement l’occupation et la destruction de la Palestine. Officine qui essaie de vous séparer des victimes du racisme quotidien.

    Si vous n’êtes pas persuadés que la politique du CRIF est immorale et tourne le dos à toutes les valeurs juives, soyez persuadés qu’elle vous met sciemment en danger.

    La place des Juifs de France, c’est d’être au côté de toutes les victimes du racisme ou du colonialisme, c’est d’être pour le « vivre ensemble » et l’égalité des droits. En France et au Proche-Orient.

    SOURCE : http://www.ujfp.org/spip.php?article6053

     

    Mais être opposé à la politique coloniale de Netanyahu  et de son gouvernement envers le peuple palestinien n’est pas être antisémite…

    Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ?

     

    Non !!! Cette formidable chanson n’est pas

    antisémite…

     c’est tout le contraire !!! 

     

    Mais être opposé à la politique coloniale de Netanyahu  et de son gouvernement envers le peuple palestinien n’est pas être antisémite…

    Contre les crimes antisémites

    et le racisme : mobilisation !


     
    L’assassinat de Mme Mireille Knoll s’inscrit dans le contexte d’une multiplication des actes et propos antisémites en France et en Europe.
    Les Juifs de France, qui représentent moins de 1 % de la population, sont, selon les statistiques officielles, la cible d’un tiers des actes haineux recensés dans le pays.
    Ce crime revêt un caractère particulièrement dramatique en raison de l’histoire de cette femme. Elle a survécu à la Shoah. Née en 1932 à Paris, Mireille Knoll a pu s’échapper de Paris avec sa mère avant quelques jours avant l’arrestation massive de plus de 13 000 Juifs en juillet 1942, lors de la rafle du Vel' d’Hiv. C’est un passeport brésilien hérité de son père qui lui avait alors permis de trouver refuge au Portugal. Après la guerre, elle avait épousé un survivant d’Auschwitz, décédé il y a une quinzaine d’années Elle a été tuée à quelques centaines de mètres de l’Hyper-cacher de la porte de Vincennes, à proximité également du gymnase Japy, lieu de rafles des Juifs pendant la 2e guerre. Son domicile est également très proche du lieu ou a été tuée Mme Sarah Halimi en avril 2017 dans un crime à caractère antisémite. Dans ce dernier cas, il avait fallu plusieurs mois et de nombreuses mobilisations de ses proches avant que soit pris en compte et reconnu par la justice la part de l'antisémitisme dans son meurtre. Dans ce même quartier travaillait Ilan Halimi dont l’assassinat en 2006 avait ouvert un cycle antisémite sanglant.
    Nous appelons à une lutte active contre l'antisémitisme, qui prend aujourd'hui en Europe des formes  alarmantes, particulièrement tragiques en France, alors que partout en Europe et aux USA, les tenants du fascisme et du nazisme sont à l'offensive notamment en AllemagneAutriche, Hongrie, Pologne, Italie. 
    Il ne s'agit pas ici d'un "nouvel antisémitisme" mais de la continuité sanglante de la persécution des Juifs. La confirmation de la condamnation de Jean-Marie Le Pen pour ses propos récidivistes de 2015 sur les chambres à gaz illustre cette continuité. Il a d'ailleurs financé la campagne présidentielle de Marine Le Pen à hauteur de 6 million d'euros, pulvérisant ainsi la fable de la "dédiabolisation".
    L’assassinat de Mme Knoll est ainsi survenu trois jours après la relaxe judiciaire d'Alain Soral, accusé d’incitation à la haine raciale  après que celui-ci ait diffusé une nouvelle fois un montage antisémite. Les juges ont estimé que  "Le montage en cause, aussi contestable soit-il, ne constitue ainsi pas une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, contenant un appel ou une exhortation, même implicite, rejaillissant sur la totalité d'une communauté définie par l'appartenance à la religion juive". 
    Les magistrats ont utilisé la jurisprudence de la Cour de cassation, qui estime depuis juin 2017 qu'une "incitation manifeste" ne suffit pas à caractériser le délit et qu'il faut désormais "pour entrer en voie de condamnation" que les propos relèvent d'un "appel" ou d'une "exhortation".  Ainsi il faudrait maintenant un appel direct à la violence raciste pour que la justice agisse. 
    Devant l’adhésion que suscitent Dieudonné et Soral dans une partie de la jeunesse, comment ne pas s’interroger sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la radicalisation ultra-rapide de beaucoup de jeunes, qui épousent les thèses et la cause des intégristes de Daech en quelques mois, en quelques semaines ? Pour qu’une graine pousse à vitesse accélérée, il lui faut un terreau fertile; force est de constater que la culture pathologiquement antisémite, propagée par l’extrême-droite française depuis des années, constitue une part importante de ce terreau fatal.
    Dans ces mobilisations contre l’antisémitisme et tous les racismes, nous dénonçons les chevaliers de la haine qui cherchent à susciter la haine et la division. C’est le cas notamment de Laurent Wauquiez, croisé du racisme dénonciateur exclusif du «  nouvel antisémitisme » des musulmans. Or sa première mesure en tant que président de Conseil régional a consisté à réduire la subvention de Mémorial des enfants juifs d’Izieu déportés par Klaus Barbie. Nous n’oublions pas qu’un des candidats à la primaire de la droite Jean-Frédéric  Poisson a tenu publiquement des propos antisémites. Il n’a pas été sanctionné et a été maintenu dans la primaire par une décision unanime de tous les autres candidats. 
    Nous faisons partie de celles et ceux qui affirment que tous les racismes sont liés, que tous les fascismes et les intégrismes s’alimentent les uns les autres, dans une guerre de tous contre tous qui nourrit les haines.
    La lutte contre le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie constitue un enjeu décisif pour toutes et tous. Elle ne  doit pas se diviser, sous peine de devenir une caricature stérile et impuissante.
    C’est ce que nous affirmons en participant à toutes les marches et mobilisations qui font suite à ce nouveau crime antisémite et notamment aux Marches Blanches du 28 mars. Il ne s'agit pas d'un problème de "communautés" mais d'un enjeu crucial dans la lutte contre tous les racismes. 

    Mise à jour du 28 mars 2018 :
    Nous marcherons aujourd'hui contre l'antisémitisme et tous les crimes racistes. La direction du CRIF a cru bon faire des déclarations contre la présence de Jean-Luc Mélenchon, mis dans le même panier que le parti de la continuité antisémite qu'est le FN. Il a ainsi ouvert la porte à une polémique qui permet à Marine Le Pen de prétendre combattre l'antisémitisme. Sera-t-elle accompagnée de son conseiller et ami le néo-nazi Frédéric Chatillon, complice du négationniste Faurisson et de Dieudonné ?
    La déclaration de Daniel Knoll, fils de Mireille Knoll, qui a appelé "tout le monde sans exception" à participer à la marche blanche est à la fois touchante par son émotion et problématique quant à l'inclusion implicite du FN. Il dit "J'ouvre mon coeur à tout le monde. A tous ceux qui ont une mère. Tout le monde a une mère, tout le monde est concerné. Que ce soit une mère juive, une mère noire, une mère protestante, une mère musulmane. Ce sont toutes nos mères..." et appelle " toutes les personnes de bonne volonté" à participer. Marine Le Pen s'appuie explicitement sur ces propos pour annoncer sa participation provocatrice  
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  • Commentaires

    2
    Jeudi 29 Mars à 22:05
    L'attitude du CRIF est inqualifiable! On voit bien que c'est une officine israélienne ! Car ils assimilent tous les Juifs à Israël, et çà, c'est de l'antisémitisme...
    Le communiqué de l'UJFP est clair.
    1
    Jeudi 29 Mars à 15:41

    L'antisémitisme et l'islamophobie sont deux volets d'un racisme racisme qui ne s'embarrasse pas de nuance.

    J'ai eu à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Montpellier un professeur de sciences naturelles qui en 1956, lors de l'affaire de Suez commentait l'actualité en ces termes : "Ce bicot de Nasser qui veut nationaliser notre canal !"

    Le même prof avait dit à Jean-Claude Lévy un camarade de notre promotion dont le père est mort à Auschwitz  : " Hitler n'en a pas tué assez des gens comme vous !"

    Eh oui, les deux formes du même racisme apparaissaient dans  une seule personne.

    Par ailleurs exprimer son soutien aux Palestiniens victimes de la politique colonialiste et d'apartheid d'Israël n'a rien à voir avec l'antisémitisme.

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