• Marina Vlady : « Le choc de Charonne »

    MARINA  VLADY 

     

    La beauté slave dans tout son éclat… 

     

    Ne pas oublier le massacre de Charonne

    Quel parcours que celui de cette très jolie femme ! Déjà actrice à onze ans. 80 films, une carrière internationale avec les plus grands noms du septième art : Orson Welles, Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman, John Huston. 

    Le théâtre, avec une évidente prédilection pour le répertoire russe et son cher Tchekhov. La télévision, la chanson, les disques… L'écriture, avec à ce jour neuf livres. 

    Féminine jusqu'au bout des ongles… et féministe. Militante de gauche (la vraie), liée par d'indéfectibles amitiés, celles notamment du couple Bernard Paul-Françoise Arnoul ou de Montand-Signoret auprès desquels elle livra de multiples combats. Contre les injustices de toutes formes, elle se trouve parmi les manifestants anti-OAS en ce jour de honte de février 1962 au métro Charonne. Contre la guerre en Algérie, mai 68 à la Sorbonne et à l'Odéon, pour la cause des sans-logis, des sans-papiers, des exclus, par ses  positions vis-à-vis de l'avortement. 

    Une vie bien remplie pour cette jeune femme de soixante-dix-huit printemps dont le nom s'est définitivement inscrit dans l'anthologie du septième art. 

    Marina Vlady : « Le choc de Charonne »

    Votre dernier livre paru, 24 images secondes, est consacré à votre carrière d'artiste. Or, beaucoup de vos lecteurs, les gens qui ont pu vous entendre à la radio, sont très frappés par l'importance que vous accordez au drame du métro Charonne où neuf manifestants ont été tués par la police. Vous dites que vous y étiez, que s'est-il passé pour vous ce 8 février 1962 ?

    Marina Vlady. Lorsque la police a chargé sur le boulevard Voltaire que nous occupions entièrement, nous avons dû refluer en courant, et c'est là qu'une grande partie de la manifestation est descendue dans les escaliers du métro sans même s'en être rendu compte. J'ai été moi-même littéralement portée. Je ne touchais pas les marches. Comme j'étais jeune et du genre costaud, j'ai réussi à passer. J'ai dû involontairement piétiner des gens. C'est le souvenir terrible que j'en ai gardé. On a été deux ou trois à pouvoir courir et sauter par-dessus les grilles. Un métro arrivait sur le quai, on s'y est engouffré au moment où les CRS lançaient des grenades lacrymogènes. Nous étions complètement haletants, hagards, les voyageurs assis tranquillement ne comprenaient rien. Quand nous avons appris le lendemain qu'il y avait des morts, la trouille rétrospective a été encore plus forte. Dans ces situations, il y a toujours quelque chose de drôle dont on se souvient : lors de la charge, Louis Daquin, le cinéaste, avait voulu m'entraîner sous une porte cochère, mais je ne l'avais pas suivi car je savais d'expérience que c'était le meilleur moyen de se faire tabasser.

    Vous vous êtes rendu compte que c'était grave ?

    Marina Vlady. Oui, parce que j'ai senti qu'on recevait des grilles. Ce sont les gens qui étaient bloqués par la mêlée des corps qui les ont reçues. C'était pourtant une manifestation relativement pacifiste. Il y avait des gens qui défilaient pour la première fois. Ils étaient révoltés par l'OAS, par ses crimes, ses attentats. Il y avait de tout, pas seulement des militants communistes, des militants comme moi.

    À vous entendre, vous aviez déjà une pratique des manifestations ?

    Marina Vlady. Oui, j'avais déjà beaucoup manifesté en Italie avec toute la troupe de Giuseppe De Santis. Dans l'équipe, il y avait toutes les tendances de gauche dont beaucoup de communistes. À Charonne, j'avais vingt-quatre ans, mais lors des manifestations à Rome contre la condamnation à mort des Rosenberg, qui ont été électrocutés en 1953, j'avais quinze ans. Mon père, un Russe de tendance anarchiste, pour qui comptaient beaucoup la liberté, l'égalité et la fraternité, s'est engagé en France, en 1915, comme pilote pour défendre la République. On a beaucoup parlé politique avec lui jusqu'à sa mort, alors que j'avais treize ans. C'est quelqu'un qui m'a vraiment éduquée avec ce sentiment de défendre les faibles, les opprimés. J'ai été marquée par ce romantisme. Le souvenir que j'ai des manifestations à Rome, c'est que nous étions très jeunes, très idéalistes, comme nous l'avons été d'ailleurs pendant la guerre d'Algérie.

    À propos de Charonne, vous dites que vous y étiez venue avec les Jeunesses communistes ?

    Marina Vlady. C'est pour situer la façon dont cela s'est enclenché. J'avais un beau-frère communiste, Yann Le Masson, et c'est par lui que nous savions ce qui se passait réellement en Algérie. Puis j'ai eu accès à la Question d'Henri Alleg. Son livre a été très important, il a certainement entraîné beaucoup d'engagements contre la guerre. Je viens de le relire, après avoir rencontré Alleg, il y a deux ou trois ans.

    Quel effet vous a fait cette relecture quarante ans et quelques années après ?

    Marina Vlady. Sans mentir, j'ai eu la même réaction de dégoût pour ce qui a été commis et de révolte contre la torture. J'irais de même dans la rue, aujourd'hui, gueuler pour dire que cette situation et ce mensonge étaient insupportables, comme l'était ce qui a été fait aux Algériens noyés dans la Seine le 17 octobre 1961.

    Est-ce une question d'histoire à connaître ou avez-vous l'impression d'une chose toujours présente ?

    Marina Vlady. On vit dans un monde qui est aussi brutal, aussi injuste, épouvantablement violent, criminel, qu'il y a cinquante ou cent ans. Pour une raison qui tient sans doute à la mort de Léon Schwartzenberg, je viens de relire Primo Levi. Il dit qu'il faut en parler parce que cela peut toujours recommencer. On n'en est plus au crime à l'échelle industrielle comme l'ont fait les nazis mais il existe des horreurs de tous côtés.

    Vous avez sans doute entendu parler de cet appel qui exige des autorités de la République qu'elles reconnaissent et condamnent le crime d'État qu'a été la torture pendant la guerre d'Algérie ?

    Marina Vlady. Combien d'années a-t-il fallu pour admettre que l'État français, la police française ont déporté les juifs sous l'Occupation ? Peut-être faudra-t-il encore attendre cinquante ans, en 2012, pour avouer les horreurs de la guerre d'Algérie. C'est très important à mes yeux de le reconnaître parce que nous avons beaucoup d'Algériens qui vivent sur le sol français ou de Français d'origine algérienne. Pour eux il est important que les choses soient tirées au clair. C'est important pour les harkis eux-mêmes, pour les pieds-noirs, tous ceux qui ont eu à souffrir de cette guerre et qui en souffrent encore. C'est le seul moyen de ramener la paix dans les coeurs en disant : « Oui, on a fait telle et telle chose et nous n'aurions pas dû le faire. » Il ne s'agit pas de repentance ou de pardon mais d'une façon de dire : « Nous avons compris ce que nous avons fait et ainsi nous prenons l'engagement de ne pas recommencer. »

    De votre action contre la guerre d'Algérie, vous dites que cela était un peu fou, jusqu'à l'inconscience du danger d'avoir hébergé Francis Jeanson, le responsable du réseau d'aide au FLN à votre domicile.

    Marina Vlady. J'étais une très jeune actrice. Nous rêvions, nous étions un peu naïfs, mais nous étions outrés, nous jugions cette guerre dégueulasse, et j'ai ainsi hébergé Francis Jeanson qui était recherché par toutes les polices. Lui, il a pris des risques énormes.

    Votre engagement était-il lié à certains milieux du cinéma à l'époque ?

    Marina Vlady. Il est indiscutable qu'au niveau des techniciens, des metteurs en scène, moins à celui des acteurs, le monde du cinéma était alors politisé. On avait une conscience politique même si le mot est aujourd'hui mal aimé, malmené, et que moi-même je ne l'emploie plus, je lui préfère celui de conscience citoyenne.

    Gisèle Halimi, connue pour son combat féministe, dit que, pour elle, son engagement contre la guerre d'Algérie a été fondateur à l'échelle de sa vie.

    Marina Vlady. Si je fais un retour en arrière, je m'aperçois que je n'ai jamais cessé de m'engager, de manifester. Après les Rosenberg, l'Algérie, il y a eu le Vietnam. Ma révolte aura été permanente. Quel rapport d'ailleurs entre Charonne et les sans-- papiers, entre Charonne et le droit au logement ? Simplement, il s'agit dans tous les cas d'une injustice insupportable, d'une violence faite à des enfants. On était à Charonne parce qu'une petite fille, Delphine Renard, avait été défigurée par un attentat de l'OAS. Il y a eu une réaction de l'âme, du coeur. J'ai presque toujours réagi par indignation. Vous savez, les femmes qui avortaient toutes seules le samedi soir dans leur cuisine, c'était aussi une violence, une humiliation. J'ai signé dans cet esprit le manifeste des 343 salopes pour le droit des femmes à l'avortement.

    Cette volonté d'en découdre a-t-elle marqué votre carrière d'actrice, d'artiste ?

    Marina Vlady. Tout se mélange dans la vie. Je ne devais parler, dans ce livre, que de ma carrière dans le cinéma et je me suis rendu compte que je ne pouvais pas faire l'impasse sur ma vie personnelle, ma vie de femme, de mère, d'amante, d'actrice, de militante aussi. Tout s'imbrique dans ce 24 images secondes, à l'image de la vie qui va tellement vite. Dans le métier, j'ai fait pas mal d'efforts pour faire aussi des films engagés, pour ne pas rester dans un rôle stéréotypé comme celui tenu dans la Princesse de Clèves, un film magique, mais dont je voulais sortir pour entrer par exemple dans un film comme Une fille dans la vitrine de Luciano Emmer qui décrit la vie des mineurs, un chef-d'oeuvre ; j'ai choisi Avant le déluge plutôt que le Blé en herbe parce que, dans le premier cas, c'est un film sur la réalité, la guerre froide qu'on pressentait.

    Vous considériez-vous comme ce que l'on appelle une femme libre ?

    Marina Vlady. Je le crois. J'ai toujours été responsable de moi-même. J'ai dû travailler à l'âge de huit ans. Mon père était ouvrier. J'ai élevé seule trois enfants, j'ai dû avorter, je sais ce que c'est.

    Vous écrivez : « Notre génération est en train de disparaître, avons-nous semé assez de petits cailloux blancs pour que d'autres suivent notre trace. »

    Marina Vlady. Eh oui ! Notre désir de changer la société, par exemple, notre dernier combat ensemble avec Léon, pour les sans-papiers, ont-ils encore un avenir ?

    Pour en revenir, en conclusion, à Charonne, le choc de février 1962 est-il, pour vous, encore déterminant aujourd'hui ?

    Marina Vlady. Je me sens très fatiguée et pas très en état de militer depuis la mort de Léon, mais exceptionnellement j'ai accepté de faire partie du comité Charonne.

    Entretien réalisé par

    Charles Silvestre

     

    Marina Vlady : « Le choc de Charonne »

     

    08/02/2017

    55 ans déjà ! CHARONNE

    Contre la liberté de manifester et la démocratie.

    parce qu'ils criaient

    "Halte à la Guerre d’Algérie", "Non aux crimes de l’OAS".

    9 militants de la CGT, dont 8 membres du P.C.F.,

    trouvent la mort au métro Charonne, victimes, sous De Gaulle,

    de la violence injustifiée et brutale de la police

    aux ordres de Papon, Préfet de Police

    et du Ministre de l'Intérieur Roger Frey !

    le 8 fevrier 1962 est gravé à jamais dans les mémoires

    des "vrais" Républicains

     

    Marina Vlady : « Le choc de Charonne »

    Marina Vlady : « Le choc de Charonne »
    Ils s'appelaient :

    Jean-Pierre BERNARD, Dessinateur aux PTT, 30 ans, Fanny DEWERPE, Sténodactylographe, 30 ans, Daniel FERY, Employé de Presse, 15 ans,  Anne GODEAU, agent d’exploitation aux PTT, Édouard LEMARCHAND, Employé de Presse, 40 ans, Suzanne MARTORELL, Employée de Presse, 40 ans, Hippolyte PINA, 58 ans, Maurice POCHARD, Raymond WINTGENS, imprimeur typographe, 44 ans. militant du Syndicat du Livre Parisien CGT

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     Un témoignage bouleversant

    Celui de Marina VLADY, une comédienne adorable, engagée, que nous n'oublions pas

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    Comédienne, ayant participé à la manifestation
    25 mars 2011
    par Comité Charonne

     

    Extrait du livre "DU CŒUR AU VENTRE" (éd. Fayard)

    de Marina VLADY

    "Ce soir, grande manifestation. La rue donne de la voix ! Indignés par les attentats de l’OAS, les gens sont sortis de leur torpeur habituelle. Plusieurs avec excitation vivent leur premier mouvement de foule. Je marche au coude à coude avec des ménagères, des peintres barbus, des Algériens endimanchés pour l’occasion. Quelques cinéastes communistes qui vont et qui viennent parmi nous, exaltés par cette ferveur populaire. Les reporters de radio (en 1962 très peu de téléviseurs) interviewent fiévreusement les manifestants. J’ai bourré mon bonnet de journaux froissés, suivant en cela les conseils de mes copains de bagarre italiens, ça amortit les coups sur la tête. J’en ai ainsi évité à Rome, au cours des grandes marches en faveur des ROSENBERG. Une jubilation enfantine gagne nos rangs. Nous sommes forts, car solidaires, unis par nos bras entrelacés, mais également par notre lutte contre la barbarie et accessoirement l’ordre public représenté ici par les flics que l’on n’appelait pas encore CRS ! Une foule compacte, révoltée par la violence aveugle des derniers jours, emplit le boulevard Voltaire. Nous scandons des "OAS ASSASSINS !" à pleine gorge, nous exigeons que "cessent les lâches attentats qui frappent les innocents".

    Lorsqu’à quelques dizaines de mètres, nous voyons progresser vers nous un mur d’hommes casqués, armés de longues matraques, bouclier brandi en avant, les premiers rangs deviennent subitement muets, ralentissent, puis s’arrêtent. Le silence gagne de proche en proche. Tout se fige, comme se tait la nature avant l’orage. Durant quelques secondes on ne perçoit plus que les bruits lointains de la ville. Après quoi retentit un ordre pareil à un aboiement, et les policiers se mettent en branle.

    De toutes parts s’élèvent des cris : "Ils n’oseront pas ..Ils arrivent.. Ils vont nous massacrer. Foutons le camp…" Les femmes se mettent à courir, perdant leurs chaussures, bousculées par des hommes qui se fraient de force un chemin vers l’arrière. Certains font face. Déjà les coups pleuvent. On entend hurler. Une main puissante me saisit soudain par le bras. C’est le cinéaste Louis DAQUIN, qui m’entraîne vers un porche où il y a déjà beaucoup trop de gens. Je sais par expérience qu’il ne faut jamais se laisser coincer dans un lieu clos. Je m’arrache donc de son étreinte et fais quelques enjambées, lorsque le sol se dérobe sous mes pieds.

    Happée par le vide, je tombe dans une bouche de métro, soudée à tous ceux qui m’entourent. Mue par un instinct de conservation, je me débats aussitôt. Comme un nageur qui cherche à sortir la tête de l’eau après avoir été surpris par une grosse lame, je remonte à la surface en prenant appui sur ceux qui étouffent au dessous de moi. Les hurlements redoublent. Des grilles d’arbres en fonte sont descellées et jetées par les flics sur cette multitude affolée.

    Hors d’haleine, à moitié déshabillée, je rampe vers le couloir du métro Charonne sur un tas de corps entremêlés. La peur est si intense que je parviens, après une course folle, à escalader et à franchir les grilles qui interdisent l’accès au quai. Nous sommes quelques uns à nous retrouver hagards, les yeux fous, dans une première rame accessible. Déjà les forces de police ont envahi le quai. Des gaz lacrymogènes saturent l’atmosphère. Les dernières images, terribles, nous hantent : des gens matraqués, à genou, toussant et pleurant sous les coups ! Dans la voiture les passagers nous regardent ahuris. Ils n’ont pas la moindre idée de l’enfer dont nous venons de réchapper. Sans un mot nous ressortons à la station suivante. Tout est calme. Nous allons dans un premier café et commandons un cognac."

    Marina Vlady : « Le choc de Charonne »


    8 février 1962 Métro Charonne, «massacre d'État»

    pour l'Algérie française

    Le 8 février 1962, une manifestation est organisée à Paris par les syndicats et les partis de gauche français dont la CGT et le PCF. Ils protestent «contre le fascisme» et «pour la paix en Algérie». L’affrontement contre les forces de l’ordre fait neuf morts dans le métro Charonne. Selon le Temps d'Algérie, l'historien Alain Dewerpe, fils d’une des victimes, qualifie cet événement de «massacre d’État».

    55 ans après, aucun jugement ni aucune reconnaissance de l'Etat français. Pour ce sinistre anniversaire, un rassemblement est organisé le 8 février par les syndicats et les partis politiques qui exigent «la vérité et la justice». Bertrand Delanoë, maire de Paris, est aussi présent à l’entrée de la station de métro Charonne.

    Cinq semaines avant la fin de la guerre d’Algérie, l’OAS — Organisation de l’Armée Secrète dirigée par des ultras de l’Algérie Française — commet plusieurs attentats sur le sol français. Sont visées des personnalités contre la guerre d’Algérie comme André Malraux. Révolté, un collectif syndical appelle à des «manifestations populaires immédiates» sur les lieux des attentats.

    Malgré l’interdiction du préfet de police Maurice Papon, le rassemblement a lieu. La sociologue Maryse Tripier, lycéenne à l'époque, explique:

    «Nous savions bien que la manifestation était interdite, mais on y allait avec l'idée de se faire taper dessus comme d'habitude, pas avec l'idée de mourir

    Boulevard Voltaire, direction place de la Nation, le cortège est bloqué par un cordon de forces de l’ordre. Les premiers affrontements ont lieu et dans la précipitation, les manifestants s’engouffrent dans la station de métro Charonne. Les forces de l’ordre les poursuivent à coup de matraque et jettent des grilles sur la foule entassée dans la descente d’escalier, rapporte le quotidien algérien L'Expression.

    «Des grilles d'arbres en fonte sont descellées et jetées par les flics sur cette multitude affolée», écrit de son côté la comédienne Marina Vlady.

    Roland Florian, militant de gauche, témoigne:

    «J'affirme avoir vu un de mes voisins recevoir une grille sur la tête. Cela a fait un bruit mat, puis la tête de l'homme s'est renversée sur le côté, ses yeux se sont révulsés et son corps s'est laissé aller au gré du mouvement, glissant.»

    Neuf personnes y trouvent la mort, dont une après plusieurs mois de coma, et des centaines sont blessées. L’historien Olivier Le Cour Grandmaison explique la volonté répressive du gouvernement de l’époque par une hypothèse politique : « Le pouvoir n'avait pas intérêt à ce que le Parti communiste fasse démonstration de sa force.» Pourtant, le 13 février suivant, «un million de Parisiens ont fait de grandioses obsèques aux martyrs de la liberté», titre l’Humanité.

    Aujourd’hui, seule la mairie de Paris reconnaît l’implication de l’État français dans cette tragédie en inaugurant en 2007 la place du 8 février 1962. Une date qui à l’instar du meurtrier 17 octobre 1961 est ignorée par l’État français qui refuse de reconnaître toute responsabilité dans les crimes commis.

    Marina Vlady : « Le choc de Charonne »

    Dans cette vidéo du 8 février 1982 concernant la Commémoration du 20e anniversaire de la manifestation de Charonne, vous allez pouvoir entendre Marina Vlady qui participait à la manifestation et raconte comment elle a pu s'engouffrer dans le métro.
    Vous verrez aussi :

    - Une Photo de Delphine Renard visage ensanglanté après l’attentat chez MALRAUX.

    - Photos de la manifestation visages encerclés de manifestants qui mourront.

    « Eloge de la Gestapo : Jean-Marie Le Pen débouté en appel face à Arnaud MontebourgLe 7 mai 2017 nous connaîtrons le nom du nouveau président de la République... mais quel que soit le résultat nous continuerons à défendre les valeurs de liberté, de justice, de fraternité »
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