• Marseille. « Gaudin et toute sa clique doivent démissionner »

     

     

    Marseille. « Gaudin et toute sa clique doivent démissionner »

    Marseille. « Gaudin et toute sa clique doivent

    démissionner »

    La marche blanche organisée, samedi, en hommage aux huit victimes de l’effondrement de deux immeubles a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Entre dignité et colère, les habitants du quartier demandent désormais des comptes.

    Derrière une banderole « Noailles meurt, Marseille en deuil », la marche blanche en hommage aux victimes s’est terminée, samedi, devant une mairie de Marseille, où les drapeaux avaient enfin été mis en berne, au cri de « Gaudin démission » ! Partis de Noailles, le quartier où deux immeubles se sont effondrés lundi dernier, faisant huit morts, cinq hommes et trois femmes selon le bilan définitif, des milliers de Marseillais, 8 000 selon la police, ont arpenté le centre-ville pour exprimer leur colère et leur désarroi après le drame. Au croisement de la rue d’Aubagne, où les deux bâtiments se sont écroulés, le cortège a observé une émouvante minute de silence, suivie d’une salve d’applaudissements.

    « Aujourd’hui, on est là pour les morts, se souvenir d’eux et leur rendre hommage. Mais on ne va pas en rester là, on va demander des comptes à la mairie. Pendant que les pompiers prenaient des risques pour fouiller les décombres, les élus participaient à une soirée chocolat, ils l’ont même tweeté. C’est un mépris horrible, prévenait Nathalie, une manifestante particulièrement remontée. Gaudin et sa clique doivent démissionner, j’espère que la justice démontrera leur responsabilité. » Le maire LR a justifié son absence à la marche blanche en expliquant qu’il « ne voulait pas créer de tension ».

    404 habitants ont été relogés en urgence

    Les familles et les proches des huit victimes – dont un artiste peintre, une étudiante italienne de 25 ans, une mère de famille comorienne, un jeune Sénégalais… – avaient pris la tête de ce cortège plein de dignité et de tristesse, mais où pointaient également la colère et l’écœurement. « Je pense à mes amis Chérif et Tahar qui étaient venus dormir chez moi et qui sont morts comme presque tous mes voisins. Je venais de sortir de l’immeuble pour aller acheter des cigarettes quand tout s’est effondré », témoignait ainsi Rachid, un miraculé encore traumatisé. « L’immeuble tombait en ruine, des pierres s’en détachaient… »

    Alors que les gestes de solidarité d’associations, de commerçants et de particuliers se multiplient, de nombreux bâtiments de ce quartier central de Noailles ont été évacués par précaution dans l’attente de l’arrivée d’experts envoyés par Paris. 187 familles, soit 404 habitants, ont été relogées en urgence dans des hôtels, majoritairement dans les quartiers Nord.

    Comme un symbole de l’état de délabrement d’une partie du parc locatif marseillais, un balcon s’est effondré samedi après-midi, lors du passage de la marche blanche, sur le boulevard Garibaldi. Une grand-mère et son petit-fils de 7 ans qui regardaient passer la marche ont chuté du premier étage et une jeune fille a été atteinte par des gravats. Tous trois ont été hospitalisés et l’immeuble a été évacué par précaution.

    « On ne peut même plus marcher dans la rue dans cette ville ! » pestait André, un des nombreux riverains scandalisés. « Je connais bien le quartier, mon activité me fait visiter de nombreux immeubles et tout le monde sait que c’est dégradé et insalubre. J’ai alerté depuis des années la mairie de secteur, mais à chaque fois c’est la même réponse : ce n’est pas grave. Eh bien oui, c’est grave, mais il faut attendre des drames pour que nos élus le comprennent. » 

    Associations et habitants prévoient

     d’autres rassemblements

    « Il y a des rats dans les murs et tout est laissé à l’abandon depuis trop de temps », renchérissait un voisin. « Il faut dire au maire qu’une ville, ce n’est pas que des hôtels de luxe et des boutiques pour les touristes. »

    Le quotidien local la Marseillaise a lancé, la semaine dernière, une enquête citoyenne en partenariat avec plusieurs organisations comme Emmaüs Pointe Rouge, Droit au logement, le Donut infolab, ou encore la Confédération nationale du logement sous le #BalanceTonTaudis, pour recenser les immeubles dangereux. Une fois l’hommage aux victimes passé, les associations et les habitants de Noailles prévoient, eux, d’autres rassemblements cette semaine, cette fois pour demander des comptes à la municipalité sur sa gestion, en vingt-trois ans de mandat, de l’habitat insalubre. En 2015, un rapport remis au gouvernement par l’inspecteur général honoraire Christian Nicol faisait état de 40 000 logements indignes à Marseille hébergeant 100 000 personnes, soit 13 % du parc des résidences principales, alors que la moyenne nationale est de 6 %. À Noailles, ce chiffre atteint 48 % !

    Marc Bussone

    SOURCE : https://www.humanite.fr/marseille-gaudin-et-toute-sa-clique-doivent-demissionner-663469 

    La marche blanche et la déclaration

     du Collectif du 5 novembre Noailles

     en Colère

    Samedi 10 novembre, près de 8000 personnes, selon la police, ont défilé dans les rues de Marseille du cours Julien jusqu'au Vieux-Port devant l'Hôtel de ville lors d'une marche blanche en mémoire des victimes des effondrements d'immeubles de la rue d'Aubagne le matin du lundi 5 novembre.

    Devant l'Hôtel de ville, après un moment de colère de la foule et quelques prises de parole de proches de victimes, un porte-parole des habitants, associations et commerçants du quartier de Noailles a lu leurs revendications. Ils appellent à une marche de la colère le mercredi suivant, le 14 novembre, afin de "s'assurer que ces mesures soient mises en place et pour réclamer enfin partout dans Marseille un logement digne pour toutes et tous" et invitent "tous les quartiers, toutes les marseillaises et tous les marseillais" à les rejoindre.

    Alors qu'il ne pleuvait pourtant pas, un bout de balcon au 20 boulevard Garibaldi s'est effondré lors du passage du cortège. Bilan: 3 blessés légers.

     

    Une marche blanche au souffle de révolution

    à Marseille


    1. Une foule impressionnante de plusieurs milliers de personnes a participé samedi 10 novembre 2018 à une marche blanche en hommage aux victimes de l’écroulement de deux immeubles vétustes du centre-ville de Marseille.

    2. Vendredi soir, les corps des cinq hommes et trois femmes découverts sous les décombres de l’immeuble du 65, rue d’Aubagne, ont été identifiés.

    3. Lors du passage du cortège, un balcon s’est partiellement effondré devant le 22, boulevard Garibaldi, faisant 3 blessés légers.

    4. Plusieurs immeubles ont été évacués dans la semaine rue d'Aubagne et alentour par crainte d’un « effet domino ».

    5. Environ 360 habitants ont été relogées par la mairie. « Ils moquent de nous, ils nous envoient à l'extérieur de Marseille, dans le 15e arrondissement », dit un évacué, rencontré dans la marche blanche samedi.

    6. Imane, 28 ans, a perdu sa mère Oumoune morte dans les décombres du 65, rue d'Aubagne.

    7. Sur le Vieux-Port, Saïda, qui a perdu son cousin Chérif, éclate en sanglots.

    8. Sur le Vieux-Port, les claquements de main, qui parcourent la foule comme une vague, se propagent aux immeubles adjacents.

    9. À l'approche de la mairie, des huées montent de la foule, accompagnés de « Gaudin démission », « Gaudin assassin » et « Gaudin aux Baumettes ». « Ça ne sert à rien, il n'est pas là ! », lâche une femme à côté de moi. Sur la façade, les drapeaux sont en berne. 

    10. Après une minute de silence, un discours collectif des des habitant.e.s, associations et commerçant.e.s de Noailles réuni.e.s le 10 novembre 2018 est lu par un habitant de la rue d'Aubagne et militant de gauche. On peut le retrouver dans intégralité sur la page Facebook du Collectif du 5 novembre, Noailles en colère.

    11. « Il y a aujourd'hui des victimes, des morts à qui nous rendons hommage et, des familles de victimes avant tout à qui nous apportons toute notre solidarité et affection. Il y a aussi des centaines de personnes qui ne sont pas de simples évacués comme le dit la mairie mais des victimes indirectes, traumatisées psychologiquement.»

    12. « Nous, habitants, associations et commerçants du secteur seront extrêmement vigilants dans les jours et semaines à venir pour que ces mesures soient appliquées au plus vite. Nous refusons enfin que ce drame soit l'occasion pour la mairie ou les spéculateurs de "dégager" quiconque du quartier pour installer d'autres populations. »

    13. Une marche de la colère est prévue mercredi 14 novembre à 18 heures rue d'Aubagne afin de « nous assurer que ces mesures soient mises en place et réclament un logement digne pour toutes et tous ».

    14. À l'issue de la marche, des Marseillais se recueillent rue d'Aubagne. Plus haut, des experts perchés sur une grande échelle examinent les immeubles voisins à ceux effondrés. Certains pourraient encore être démolis.

    15. Les noms des 8 personnes mortes dans l'effondrement écrites sur un drap, devant les bougies et leurs photos, rue d'Aubagne, le 10 novembre 2018.

    16. À Noailles, un salon de coiffure le 10 novembre 2018. La vie continue, les cheveux ont toujours besoin d'être coupés.

    17. À la mairie des 1er et 7e arrondissements, la Croix-Rouge accueille tout le week-end les dons.

     

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/58110/blog/101118/une-marche-blanche-au-souffle-de-revolution-marseille 

     

    Immeubles effondrés : « On n'en a pas assez fait » reconnaît Jean-Claude Gaudin

    Près d'une semaine après les effondrements de deux immeubles qui ont fait 8 morts dans la cité phocéenne, le maire de la ville reconnaît ses torts.

    Source AFP  | Le Point.fr
    Le maire de la ville n'a pas participe a la marche blanche organisee samedi 10 novembre par les familles des victimes.

    Le maire de la ville n'a pas participé à la marche blanche organisée samedi 10 novembre par les familles des victimes.

    © BORIS HORVAT / AFP

    Au lendemain de la marche blanche en mémoire des 8 morts dans les effondrements d'immeubles à MarseilleJean-Claude Gaudin (LR) s'est exprimé. « On n'en a pas assez fait » pour éradiquer l'habitat insalubre, a-t-il reconnu dimanche. Selon lui, « c'est compliqué, parce qu'on ne nous laisse pas manœuvrer, et donc il est clair que l'insalubrité existe encore ». Celui qui est aux manettes de la ville depuis 23 ans a ajouté, lors d'une conférence de presse à l'hôtel de ville, vouloir s'attacher « à faire des efforts sérieux de ce côté-là ».

    Une note confidentielle de l'agence régionale de santé révélée par Le Monde étrille le service communal d'hygiène et de santé (SCHS) de la ville de Marseille, jugeant que ses agents ont tendance à « sous-évaluer » les dysfonctionnements dans les immeubles et à « minimiser » leur impact sur la santé des habitants. Jean-Claude Gaudin, interrogé par la presse sur cette note, a assuré que la mairie allait « renforcer ce service-là ». Tout en reconnaissant les failles de la mairie sur l'habitat insalubre (menaçant la santé des occupants), le maire a estimé, concernant les immeubles en péril, que « dès que nous sommes alertés, nous prenons (...) les arrêtés de péril ». Durant la conférence de presse, le maire a une nouvelle fois écarté la possibilité d'une démission, martelant « je ne fais pas tout bien, j'en suis sûr, mais je suis là et je reste là » !


    « Ma présence [à la marche blanche], peut-être aurait pu provoquer des tensions »

    Le maire de Marseille a aussi expliqué avoir préféré ne pas participer à la marche blanche de samedi, en hommage aux 8 victimes de la rue d'Aubagne : « Ma présence, peut-être, aurait pu provoquer des tensions. » La marche blanche organisée par les familles et les proches des victimes de la rue d'Aubagne a réuni dans les rues de Marseille 8 000 personnes selon la police, « une marée humaine » selon les organisateurs.

    Tout au long de la semaine, les critiques à l'égard de la gestion de Jean-Claude Gaudin (LR), aux manettes de la ville depuis 23 ans, n'ont cessé de croître. Un rapport remis en 2015 au gouvernement faisait état de 40 000 logements indignes à Marseille, menaçant la sécurité de près de 100 000 habitants (Marseille en compte plus de 860 000 selon l'Insee). Une enquête a été ouverte et confiée à la police judiciaire pour déterminer les circonstances exactes de la catastrophe et d'éventuelles responsabilités.

     

    « Centenaire de l’Armistice marquant la fin du premier conflit mondial Les Algériens de la Grande Guerre ces oubliés de l’HistoireHommage à Brigitte Lainé, l’infatigable conservatrice de notre mémoire »
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