• Marseille : l’école Bugeaud rebaptisée au nom d'un tirailleur algérien

     

    Marseille : l’école Bugeaud rebaptisée

    au nom d'un tirailleur algérien

    Marseille : l’école Bugeaud rebaptisée au nom d'un tirailleur algérien

    Le conseil municipal a voté vendredi pour que l’école primaire du 3ème arrondissement porte désormais le nom d’Ahmed Litim, un trailleur algérien libérateur de Marseille. Il remplacera celui de Thomas Bugeaud, qui a joué un rôle décisif dans la colonisation de l'Algérie.

    Marseille : l’école Bugeaud rebaptisée au nom d'un tirailleur algérien

    "Marseille pourra se rassembler dans une vision partagée de notre mémoire où chacun retrouve une part de son récit dans le récit national", avait écrit Benoît Payan hier sur Twitter. 

    "Une école ne peut pas conserver ce nom car nous ne pouvons ni l’expliquer ni le justifier à nos enfants. A l’école on apprend à écrire, à lire, on apprend notre histoire".

    Le Maréchal Bugeaud a commis des horreurs lors des guerres en Espagne, dans la répression des mouvements démocratiques de 1834 à Paris puis lors de la conquête sanglante de l'Algérie brûlant des villages, enfumant des grottes où se cachaient femmes et enfants.

    La Ville de Marseille fait donc, comme il l'explique, le choix d'honorer "l'un de nos libérateurs, mort en héros à Marseille en 1944".

    Ahmed Litim, caporal de 24 ans engagé dans un régime de tirailleurs algériens, a été tué par un obus le 25 août 1944 au pied de Notre-Dame-de-la-garde, au cours d'un assaut porté contre les Allemands retranchés dans la basilique.

    Marseille : l’école Bugeaud rebaptisée au nom d'un tirailleur algérien

    De cette manière, le nom de Thomas Robert Bugeaud disparaîtra de l'école du 3e arrondissement. Ce maréchal est l’un de principaux acteurs de la conquête algérienne, connu pour avoir écrasé dans le sang les révoltes qui ont eu lieu au XIXe siècle.

    Ces noms que l'Histoire veut oublier

    Une pétition a été publiée sur le site change.org en février dernier pour demander le retrait de son nom des bâtiments officiels : "Bugeaud, ce sont les "enfumades" recommandées à ses officiers en des termes très clairs sur le but poursuivi : la destruction physique des « indigènes » [...] Bilan : près de 1000 morts", écrivent Olivier Le Cour Grandmaison, politologue, et M’Hamed Kaki, président de l’association mémorielle Les Oranges.

    Un mouvement de remise en cause de certains noms de rues s'est initié en France et dans le monde en 2020. Les pouvoirs publics prêtent de plus en plus l’oreille à ces préoccupations, et au message renvoyé par un nom controversé. Plus de parité, de diversité ou une légitimité historique écornée… les raisons sont multiples. 

    Les rues marseillaises sont elles aussi touchées par ce vent de changement, comme la rue Colbert, ou encore la rue Alexis Carell. Plus récemment, c'est l'avenue des Aygalades (15e) qui a changé pour prendre le nom d'Ibrahim Ali, en hommage à ce jeune homme tué par balles en 1995 par un colleur d'affiche du Front national. 

    SOURCE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/marseille-l-ecole-primaire-bugeaud-rebaptisee-au-nom-du-tirailleur-algerien-ahmed-litim-2099290.html 

     

    Marseille : l’école Bugeaud rebaptisée au nom d'un tirailleur algérien

    Mais il y a un mais…

    Polémique ou bien geste sincère ?

    «Chaque matin, les enfants rentrent sous un fronton où son inscrits à la fois la devise de la République – “liberté, égalité, fraternité” – et le nom de Bugeaud, ce qui est totalement contradictoire», ajoute le nouveau maire de Marseille qui indique aussi qu’il s’agit «d’une lecture critique de l’histoire, sans chercher à polémiquer, mais en prenant du recul et de la hauteur».

    Adjointe au maire et sénatrice à Marseille, Samia Ghali, d’origine algérienne, indique qu’il ne s’agit pas seulement de changement d’une plaque, mais d’un geste qui va aider la cité phocéenne à renouer avec sa véritable histoire. Toujours selon la même intervenante, rebaptiser l’école Bugeaud du nom d’un tirailleur algérien est un événement qui parle aux Marseillais, et qui leur dit : « regardez ce que vos ancêtres on fait, voyez comme vous pouvez être fiers d’être français, et fiers aussi, de vos origines »

    Je suis certaine que ce rappel de la grande histoire peut motiver les jeunes, en perte d’identité, de contribuer à faire rayonner Marseille ».

    Cependant, nos confrères d’El Watan on bien fait de souligner que l’école Bugeaud, qui est rebaptisée Ahmed Litim, est située dans le rue… Bugeaud, qui ne va pas, quant à elle, être rebaptisée. Pour rappel, le général Bugeaud a mis en place le politique de la terre brûlée, dont l’objectif était de dégoûter à jamais le population d’Algérie de toute résistance.  « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux sbéhas ! Enfumez-les à outrance comme les renards. », a conseillé le général Bugeaud à ses subordonnés dans le but de réduire les partisans de l’émir Abd El Kader, en 1845. ’’.

    SOURCE : https://www.algerie360.com/le-nom-dun-algerien-remplace-celui-du-general-bugeaud-a-marseille/ 

     

    « 8 mai 1945 : Saint-Denis commémore la «répression coloniale» en Algérie Jean-Philippe Ould Aoudia. Auteur de Alger 1957. La Ferme des disparus : « Pour les paras, tout Algérien est tenu pour suspect » »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    1
    Samedi 22 Mai à 09:09

    Sûr qu'il y en a qui vont regretter que l'on fasse disparaître du répertoire le fameux "L'as-tu vue, la casquette, la casquette, l'as-tu vue, la casquette du père Bugeaud ?"

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :