• Merci à Fatima Besnaci-Lancou de m'avoir fait connaître la Fondation Seligmann et aussi cette grande résistante Françoise Séligmann

    Merci à Fatima Besnaci-Lancou de m'avoir fait
    connaître la Fondation Seligmann.
     

    Merci à Fatima Besnaci Lancou de m'avoir fait connaître la Fondation Seligmann et aussi cette grande résistante  Françoise Séligmann

     
     Et aussi cette grande résistante
     
    Françoise Séligmann

    Résistante, femme politique française opposée au colonialisme et engagée contre la torture en Algérie, présidente d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, militante pour la défense des droits des femmes, Françoise SELIGMANN (1919-2013) est une femme de combats et de conviction. En 2006, elle crée la Fondation Seligmann qui travaille au rapprochement entre les citoyens et les résidents étrangers de toutes origines sur le sol français.
     
     
    Mais pour commencer
     
     
    qui est Fatima Besnaci-Lancou ?
     

    Merci à Fatima Besnaci Lancou de m'avoir fait connaître la Fondation Seligmann et aussi cette grande résistante  Françoise Séligmann

    Auteur de plusieurs ouvrages, Fatima Besnaci-Lancou est née en 1954 à Sidi Ghiles (Algérie) (localité baptisée Novi pendant la colonisation française). Elle a notamment écrit Fille de harki et Les harkis dans la colonisation et ses suites, en collaboration avec Gilles Manceron, parus respectivement en 2003 et 2008 aux éditions de l’Atelier. Fatima Besnaci-Lancou est par ailleurs la présidente de l’association « Harkis et Droits de l’Homme ».

    Merci à Fatima Besnaci Lancou de m'avoir fait connaître la Fondation Seligmann et aussi cette grande résistante  Françoise Séligmann

    Françoise Seligmann commença par faire la guerre ; elle rappelait que les Droits de l’Homme meurent pendant les guerres. Mais sa guerre était juste, elle était nécessaire. C’était même une guerre pour la défense des Droits de l’Homme. Face aux nazis triomphants et à leurs soutiens serviles de Vichy, il n’y avait que trois choix, rappelait-t-elle : la collaboration, la majorité silencieuse ou la résistance. Pour la jeune khâgneuse qui avait alors à peine dépassé vingt ans, la voie était claire. Elle allait prendre les armes pour combattre. Elle ne les déposera que lorsque les barbares furent chassés. Mais pour autant elle ne cessera jamais le combat. « Ces années ont fait de moi une inconditionnelle de la liberté. Depuis lors, le moindre abus de pouvoir m’est insupportable et, dans la mesure de mes faibles moyens, je m’efforce de réagir et d’aider ceux qui en sont victimes. Bref, je me suis engagée dans le camp très minoritaire des défenseurs des droits de l’homme et je suis devenue cette espèce de phénomène dérangeant que le commun des mortels considère avec un brin de condescendance : une “militante”. »Françoise Seligmann, Liberté, quand tu nous tiens…,... Dans la fièvre de la Libération avec l’équipe de Combat, confiant à Albert Camus le soin d’exprimer dans des textes superbes, mieux qu’ils ne l’auraient fait eux-mêmes, leurs rêves et leurs espoirs de combattants, ils constataient qu’il fallait maintenant aller « de la Résistance à la Révolution », que les apparences de la liberté ne sont pas la liberté, que c’est combattre « le règne de l’Argent » qui avait pourri la République. Ils étaient tous pleins d’illusions et beaucoup, qu’ils soient revenus à l’anonymat tranquille de la vie quotidienne ou qu’ils se soient projetés vers le pouvoir dans la fièvre de l’action publique, oublieront ces proclamations enflammées. La paix sera, elle aussi, difficile. Françoise Seligmann restera toute sa vie fidèle aux enthousiasmes de sa jeunesse combattante.

    Des blessures du passé au présent, le combat pour la liberté

     

    C’est l’affaire Finaly qui sera le point de départ de son engagement le plus constant, le plus total, celui de la défense des Droits de l’Homme : « Un combat ingrat, certes, moins héroïque que la Résistance sous l’Occupation, mais tout aussi indispensable, fait de toute une série d’actions militantes tolérées, en temps de paix, sous un régime démocratique, pour faire pression sur l’opinion et les pouvoirs publics » , devait-elle écrire. On se souvient que les enfants Finaly, dont les parents étaient morts à Auschwitz, avaient été recueillis par une demoiselle Brun qui, après les avoir fait baptiser, refusait de les rendre à leur tante. Pour résister aux décisions que la justice française, longtemps hésitante, avait fini par rendre, une véritable cabale catholique s’était mise en place autour de Mademoiselle Brun pour cacher les enfants de couvents en institutions religieuses ; des agissements qui évoquent la chaîne des planques qui, pendant des dizaines d’années, permirent au milicien criminel Touvier d’échapper à la justice. La gauche laïque, entraînée par la Ligue des Droits de l’Homme, s’indignait avec force ; les milieux de la Résistance protestaient ; Françoise qui - selon ce qu’elle prétend - était « en train de [s’] endormir dans le confort et le luxe »  fut saisie d’une rage froide et se dressa à nouveau, constatant que le combat pour les libertés n’est jamais achevé. 

    Elle se mobilisa avec son mari et compagnon de Résistance, François-Gérard. C’est en 1949, en sortant d’un meeting houleux où la haine des intégristes catholiques se déchaînait, qu’ils se décidèrent à mener désormais un combat collectif. C’est François-Gérard qui le formula : « Nous devons adhérer à la Ligue des droits de l’homme. Ce n’est pas un parti politique. C’est une organisation qui défend les idées pour lesquelles nous nous sommes battus pendant l’Occupation. » À peine a-t-elle rencontré, dans les locaux vétustes de la rue Jean Dolent, le Président Emile Kahn, qu’elle devient Présidente de la section du 7ème arrondissement de Paris et le plus jeune membre du Comité central. Elle en devient Vice-présidente, et le restera jusqu’en 1994, où atteinte par une limite d’âge, alors statutaire, elle sera nommée par le Congrès Présidente d’honneur, comme l’avait été avant elle, sans avoir effectivement présidé l’association, Robert Verdier. Elle ne cessa jamais de militer, d’intervenir, allant de conférences en meetings, de réunions en réunions, poussant toujours à l’action, pas toujours d’accord avec la direction ou même avec la majorité des ligueurs, mais vigilante, créant des débats féconds, posant des questions difficiles qu’on avait ignorées, voire voulu ignorer.


    Elle s’engagea politiquement, auprès de Pierre Mendès France, de l’Union des forces démocratiques, en 1958, quand la classe politique (majorité de la SFIO comprise) se soumit à De Gaulle et à sa nouvelle constitution, faite pour lui et qui pèse encore sur nos institutions, qu’elle n’a jamais cessé de condamner et de vouloir réformer. Puis, elle adhéra au Parti socialiste, auprès de François Mitterrand, mais fut une militante intransigeante. Elle ne s’éloigna jamais de son souci - presque obsessionnel - de la défense nécessaire et active des Droits de l’Homme. Il n’est qu’à lire le rappel de ce que fut son activité de sénatrice dans le trop court laps de temps où le Parti socialiste accepta d’être représenté par cette gêneuse impénitente : propositions de loi sans lendemain relatives, par exemple, à la transparence de la vie publique ou interdisant le cumul des mandats (au Sénat aussi !) ou rétablissant les dispositions anti-corruption qu’avait fait supprimer Édouard Balladur en arrivant au pouvoir lors de la cohabitation de 1993 !

    D’Après-demain à la Fondation Seligmann, un engagement toujours plus fort pour les Droits de l’Homme


    Est-il besoin de rappeler son engagement constant pour les différents aspects, parfois négligés, des Droits de l’Homme et du Citoyen : droits des femmes, lutte contre le colonialisme et ses guerres, plus particulièrement contre les exactions commises au nom de la France pendant les guerres coloniales, sa constante revendication pour une justice plus juste, sa préoccupation, datant là aussi de sa jeunesse, des jeunes en danger (ou considérés comme dangereux, ce qui est la même chose), les droits des étrangers, son attachement viscéral à la laïcité.


    Elle avait la passion de la presse et de sa liberté, et se souciait de la formation des jeunes - qui le lendemain prendraient la relève - ce qui l’amena en pleine guerre d’Algérie à fonder un Centre d’Éducation Politique des Futurs Électeurs où s’organisait conférences et débats, réunissant lycéens et étudiants qui, avec elle, lanceront en 1957 Après-demain, journal de documentation politique fondé par la Ligue des Droits de l’Homme, dont le titre même montre sa volonté de regarder devant, toujours plus loin, de préparer l’avenir. Et ce journal, évoluant avec les temps successifs de la vie de la République, se maintient depuis 56 ans grâce à son inflexible ténacité. Cet amas considérable de réflexions, de débats sur la société, constitue sans doute le plus extraordinaire trésor qui puisse se concevoir sur la place des Droits de l’Homme, civils et politiques, économiques, sociaux et culturels. Elle a toujours veillé à ce qu’une question de société, qu’elle soit politique, économique ou sociale, soit toujours regardée sous l’éclairage spécifique de son rapport avec les Droits de l’Homme et du Citoyen.


    Et la Fondation Seligmann, qu’elle a créée après la mort de François-Gérard, entend dans le respect de l’idéal laïque, œuvrer pour la victoire de la raison et de la tolérance, et promouvoir le rapprochement entre les citoyens et résidents étrangers de toutes origines rassemblés sur le sol français. Elle a pour but de combattre les sources du racisme et du communautarisme : fondamentalismes religieux, relents du colonialisme, peur irrationnelle de l’inconnu, ségrégations fondées sur la condition sociale, le niveau d’instruction, les traditions héritées du passé.


    Qu’est-ce donc que tout cela sinon les Droits de l’Homme ? Comme le Prix Seligmann contre le Racisme, il lui fallait après la mort de François-Gérard, et en prévision de la sienne, assurer la survie du combat de leur vie.


    Dans ses derniers blogs, si récents encore, elle continuait : elle défendait la circulaire Taubira sur la reconnaissance des droits des enfants nés à l’étranger de parents français d’une procréation médicalement assistée, qui n’avaient pas jusque-là d’identité juridique, ou encore protestait contre le retard à mettre en œuvre le droit de vote des résidents étrangers non européens aux élections municipales. Ainsi, jusqu’à la mort, elle sera une militante obstinée, tranquillement déterminée, suivant la route tracée dans les engagements héroïques de sa jeunesse.

    Les combats de Françoise Seligmann

     par Pierre Joxe

    Décédée mercredi 27 février 2013, le même jour que Stéphane Hessel, Françoise Seligmann (1919-2013) était une indignée de toujours. Résistante, journaliste et femme politique, dans les sillages de Pierre Mendès France et de François Mitterrand, elle fut du mouvement Combat et du quotidien du même nom, comme l’a rappelé Pierre Joxe dans l’hommage qu’il lui a rendu, vendredi 1er mars 2013, lors de ses obsèques au cimetière du Montparnasse à Paris.

     

    COMBAT !

     
    Ce journal n’est pas à vendre, d’ailleurs il n’est pas du jour, il n’est même pas d’avant-hier : il a plus d’un demi-siècle, il a 69 ans. Daté du 21 août 1944, il titre : « L’insurrection fait triompher la République à Paris ». Et en effet ce jour-là dans Paris (à moitié) libéré, une jeune femme de 25 ans transporte en voiture des milliers d’exemplaires de ce journal là. Avec au recto, l’insurrection, et aussi « De Gaulle à Cherbourg », et au verso : « Les derniers moments du gouvernement de Vichy ».

    Ce jour-là, Combat, jusque là clandestin, est mis en vente dans la rue. Soudain, place de la Madeleine, une patrouille allemande apparaît. La jeune femme – c’est Françoise – dit à ses camarades : « Nous sommes morts… » Mais un officier allemand approche, il voit les journaux et… il demande le prix. « 2 francs, c’est écrit dessus », déclare la jeune femme. L’officier paye et Françoise Seligmann, avec ses amis, continuera à livrer ce premier numéro, ce premier numéro non clandestin. Car un encadré le précise : « Après quatre ans de lutte clandestine contre l’ennemi, Combat paraît tous les matins ».

    Françoise Seligmann a toujours aimé la presse. Et elle n’a jamais eu peur de rien. Peur de rien.

    Etudiante lorsque la guerre éclate, elle dut abandonner ses études pour gagner sa vie quand sa mère, Laure Beddoukh, professeur, fut chassée de l’enseignement public par le « Statut des juifs », la loi ou plutôt « acte dit loi » signé par Pétain le 3 octobre 1940 à Vichy. Françoise choisit alors de devenir assistante sociale puis éducatrice, se tournant, déjà, vers les jeunes, comme elle le fera toute sa vie. Très rapidement, elle entra dans la Résistance. Dans la clandestinité, elle accomplit toutes sortes de missions – très ordinaires… – qu’on a fini par lui faire raconter dans un livre intitulé Liberté, quand tu nous tiens.

     
    Dans le réseau « Combat » – le nom du journal –, Françoise accomplit sans frémir, avec des faux papiers, de nombreuses missions de liaison à la barbe des nazis et de leur complices collabos. Pour faire passer et accompagner jusqu’en Suisse des enfants juifs, avec l’aide du Pasteur de Pury, de Lyon, Françoise franchit la frontière franco-suisse clandestinement, par un petit tunnel à moitié inondé ou gelé. Aller en Suisse, retour en France… Non pas une fois, mais de façon répétée, presque régulière, pour passer – pour sauver – des dizaines d’enfants juifs. Il faut relire ses livres puisqu’on ne pourra plus l’écouter. Pour libérer une résistante blessée, torturée et prisonnière à l’hôpital de Blois, Françoise participa revolver au poing, dans une voiture volée pour l’occasion, au commando qui libéra, emmena et mis à l’abri la blessée…

    J’en passe…

    Françoise Seligmann n’a jamais eu peur de rien, et elle a toujours aimé la presse.

    Elle a participé, avec Albert Camus et Claude Bourdet, à la grande saga de Combat, ce journal qui portait le nom du réseau héroïque… mais qui finit tout autrement. Tout le monde ne sait pas qu’elle avait créé à la Libération un journal féministe : La Française, auquel collabora Albert Camus. Mais au même moment son aînée Hélène Lazareff lançait le magazine Elle. Ces deux beaux titres, Elle, La Française, n’ont pas eu la même destinée, on le sait.

     
    C’est dans un autre genre de presse que Françoise a réussi un tour de force : lancer avec la Ligue des droits de l’homme, dont elle est présidente d’honneur, une revue de documentation et de formation sous le titre de Après Demain, qui paraît à présent depuis… 55 ans. Je reconnais parmi vous pas mal d’auteurs.

    Je ne retracerai pas ici sa longue activité militante, bien connue : auprès de Pierre Mendès France, comme cheville ouvrière de l’Union des forces démocratiques ; puis avec François Mitterrand au Parti socialiste où elle a été longtemps au premier rang, mais sans rechercher la lumière des flashes. Au Sénat, on se souvient encore de sa trop brève carrière…

    Je n’évoquerai que sa dernière création, ce qui l’occupait ces dernières années : après avoir créé en 2004 un prix littéraire, le Prix Seligmann contre le racisme, dont la gestion est assurée par le Recteur de l’Académie de Paris, elle a créé la Fondation Seligmann. Une fondation reconnue d’utilité publique depuis 2006, créée en souvenir des combats menés avec son mari François Gérard contre le nazisme au sein de la Résistance, contre l’intolérance et l’injustice pendant la guerre d’Algérie.

    La Fondation Seligmann promeut, selon ses statuts qu’elle a rédigés, « le rapprochement entre les citoyens et résidents étrangers de toutes origines rassemblés sur le sol français, dans le respect de l’idéal laïque. Elle a pour but de combattre les sources du racisme et du communautarisme, les fondamentalismes religieux et les relents du colonialisme ».

     
    La Fondation intervient financièrement en zones urbaines sensibles et, particulièrement, dans le nord et l’est de Paris, dans l’Essonne, dans des quartiers d’Evry, de Grigny, aux Tarterêts, et à présent en Seine-Saint-Denis. A l’initiative de Françoise Seligmann, elle conduit depuis 2007 des actions d’accompagnement scolaire, d’alphabétisation, de prévention, de renforcement du lien social et d’ouverture sur la culture.

    Depuis 2007, elle a attribué 224 aides et bourses à des projets portés par 180 organismes différents dont 40 écoles maternelles et élémentaires, 41 collèges, 22 lycées et 74 associations locales ou nationales, au profit direct de plus de dizaines de milliers d’enfants, d’adolescents ou d’adultes en insertion.

    Après cette belle et longue vie, Françoise va reposer auprès de son mari, notre ami François Gérard Seligmann, son compagnon depuis la Résistance.

    Nous n’oublierons pas ce que nous leur devons, à eux deux, comme à tous ceux et celles qui ont résisté, combattu et mis leur vie en jeu, à cette époque sombre de notre histoire.

    Nous leur devons plus que la vie, plus que la liberté, nous leur devons l’honneur, et nous leur rendons honneur.

    Pierre JOXE

     

     

     
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