• Mes souvenirs de l’Ex

     

     

    C'est bien de remettre en lumière certains faits .... Car hier soir et ce matin en entendant les commentaires officiels, j'ai eu l’impression que VGE était presque un saint.... Pas tout-à-fait ce qui me restait de l'époque… Le dicton : « Quand tu es mort tu as toutes les qualités » n'a jamais porté aussi bien son nom.

    L’affaire des diamants de Bokassa, qui a contribué à sa défaite de 1981, est indissociable de l’image de Valéry Giscard d’Estaing, décédé à Paris le 2 décembre à l’âge de 94 ans. 

    Mes souvenirs de l’Ex

    Le décès de l’ancien président Giscard d’Estaing sera l’occasion d’un concert de louanges célébrant celui qui fut un président « jeune », « réformateur », « moderne », « européen », etc… Déjà...

    Mes souvenirs des années Giscard et de celui que Le Canard Enchaîné avait surnommé « l’Ex » sont pourtant quelque peu différents.

    Giscard, ce fut la mort de Vital Michalon, le 31 juillet 1977, tué par une grenade offensive lancée par les forces de l’ordre lors de la manifestation contre la centrale nucléaire Superphénix, à Creys-Malville (voir ici). A la suite de la plainte contre X déposée par les parents de la victime, une ordonnance de non-lieu a été rendue le 21 novembre 1980. Déjà…

    Giscard, ce fut la nomination, en 1978, du ministre du Budget de Maurice Papon, l’ancien préfet de police responsable du massacre de centaines de manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961 et de huit militants communistes au métro Charonne le 8 février 1962. Un préfet qui déclarait aux policiers parisiens quelques jours avant le 17 octobre 1961 : « Vous serez couverts. » Déjà…

    Giscard, ce fut la répression de la très longue mobilisation populaire contre le projet de centrale nucléaire de Plogoff entre 1978 et 1981, avec le déploiement de commandos-parachutistes, l’emploi de grenades interdites et le tabassage de journalistes (voir ici). Déjà…

    Giscard, ce fut le démantèlement de la sidérurgie lorraine qui donna lieu à un mouvement social très dur, et très durement réprimé. Le 23 mars 1979, la marche des sidérurgistes lorrains sur Paris se termina par une grande manifestation à Paris. A la suite des pillages dans les beaux quartiers, le gouvernement arrêta des sidérurgistes mais on apprit plus tard que des sociétés privées de sécurité avaient été utilisées par la police pour infiltrer les « autonomes » (voir ici et ). Déjà…

    Giscard, ce fut la loi « Sécurité et Liberté » de 1981, présentée par le ministre de la Justice Alain Peyrefitte sous le prétexte d’attentats terroristes et renforçant l’arsenal répressif au motif que « la sécurité est la première des libertés » (voir ici). Déjà…

    Giscard, ce fut la nomination en 1977 du Premier ministre Raymond Barre, qui déclarait en 1980 (voir ici) : « Les chômeurs pourraient chercher à créer une entreprise plutôt que de se borner à toucher les indemnités de chômage. » Déjà…

    Giscard, ce fut l'ami des dictateurs. Celui qui recevait des diamants de son « cousin » Bokassa Ier, empereur d’opérette et marionnette de la France en Centrafrique, avec qui il partageait le goût des parties de chasse (voir ici). Celui qui vint au secours du président Mobutu au Zaïre (aujourd’hui RDC) par une intervention militaire en 1978 contre des rebelles soutenus par l’Angola et Cuba. Celui qui fit mettre les drapeaux en berne à la mort de Franco en 1975. Celui qui proposa au Chah d'Iran d'éliminer Khomeini, alors réfugié en France. Déjà...

    Mes souvenirs de l’Ex

    Giscard, ce fut celui qui tint ces propos dans un entretien au Figaro Magazine en 1991 (voir ici) : « Le type de problème auquel nous aurons à faire face se déplace de celui de l’immigration vers celui de l’invasion. » Déjà...

    Dans un communiqué publié hier soir, Emmanuel Macron déclare notamment à propos de Giscard : « Les orientations qu'il avait données à la France guident encore nos pas. » Elles guident les siens, assurément.

    Jusqu'à l'au revoir en 2022 ?

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/marugil/blog/031220/mes-souvenirs-de-l-ex 

    « Mémoires de la guerre d’Algérie : des gestes d’apaisement nécessairesLe président d'un parti politique fier d'être le fils d'une porteuse de valise du FLN. »
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  • Commentaires

    1
    Vendredi 4 Décembre 2020 à 13:50

    Giscard d'Estaing représentait à mes yeux la grande bourgeoisie française, celle qui a le plus grand mépris pour le bas peuple dont je fais partie. Sa politique sociale était à l'encontre des mes intérêts de classe.

    En 1981 j'ai par mon vote contribué à sa défaire. Je ne sautais pas de joie devant les perspectives que nous présentait son successeur. L'expérience m'enseigna rapidement que mon jugement était correct.

    En 2005 ce même Giscard d'Estaing avait rédigé le projet de Traité de Constitution Européenne que les électeurs ont rejeté mais qui a quand même été mis en place via me Traité de Lisbonne pour lequel Jospin avait oeuvré. 

    Voilà, j'ai fait le tour de ce que je pouvais dire sur cet ancien président de la République.

    Je ne suis pas loin de mettre Macron dans le même sac !

    Ah, j'oubliais, pendant la guerre d'Algérie j'ai été un moment sous les ordres d'un capitaine qui s'appelait Giscard d'Estaing, un nom pas très fréquent. Lors du putsch des généraux factieux il avait fait enlever les photos de De Gaulle du mess des officiers et sous-officiers. Après l'échec du putsch on ne l'a plus revu dans notre batterie.

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