• Mgr Henri Teissier à Alger il a pris la nationalité algérienne, il est critiqué en France par des "algéniaristes"

    Mgr Henri Teissier à Alger

    Il a pris la nationalité algérienne

    Il est critiqué en France par des "algérianistes"

     

    Mgr Henri Teissier à Alger  il a pris la nationalité algérienne

    Mgr Henri Teissier chez lui à Alger photo Zinedine Zebar

    Henri Teissier, 85 ans, un "frère différent" en empathie avec les musulmans depuis l'âge de 17 ans. 

    Henri Teissier est parmi les Algériens... depuis 1946. Il avait 17 ans. Il en a 85 ans. De la période coloniale à l’indépendance, cet homme a aimé l’Algérie. Il a côtoyé de grands chrétiens comme le très charismatique père Jean Scotto, le curé d’Hussein-Dey, chez qui il fait un stage et découvre la réalité des "frères différents", les musulmans.

    D’après une source « algérianiste » c’est ce qui m’incite à mettre en ligne cet article : le 27 février dernier, Henri Teissier aurait honoré de sa présence une cérémonie du souvenir au cimetière Saint Eugène d’Alger. Cette cérémonie aurait rendu hommage à Fernand IVETON guillotiné pour l’exemple le 11 février 1957. Le 11 février 1957, Fernand Yveton, ouvrier CGT, militant du Parti communiste algérien (PCA), "pied-noir" né en Algérie, militant indépendantiste, est condamné à mort par la justice coloniale française et guillotiné dans la cour de la prison de Barberousse, à Alger. Son recours en grâce avait été refusé par le président de la République, René Coty, avec l’accord du garde des Sceaux de l’époque, François Mitterrand, et du chef du gouvernement socialiste, Guy Mollet.

    Henri Teissier aurait lu une lettre de l’aspirant MAILLOT tué le 5 juin 1956 dans une embuscade tendue par les supplétifs (harkis) de l'armée française, menés par le Bachagha Boualem, dans la région d'El Karimia (Chlef). A bord d'un camion chargé d'armes et de munitions, l'aspirant Maillot avait déserté, quelques mois plus tôt, l'armée française pour rejoindre les rangs de l'ALN (Armée de libération nationale) dans la wilaya IV. 

    Henri Teissier s'éprend très jeune de ce pays alors en pleine mutation. La guerre, l'indépendance en 1962 et le départ de 700000 français vers l'Europe, la guerre civile, la montée des extrémismes ne l'effraient pas. Il en fait une force, un moteur. Choisit de rester, pour se rendre utile et continuer à entourer les fidèles. Ordonné prêtre en 1955, évêque d'Oran en 1972 et archevêque d'Alger en 1988, il s'efforce de créer un lien entre la communauté chrétienne algérienne (qui compte entre 10 à 15 000 fidèles), et la communauté musulmane. Malgré les différences spirituelles, culturelles, traditionnelles profondes. L'archevêque retraité de 85 ans parcourt la région pour parler de son expérience et cette « nécessité d'améliorer les relations et la connaissance réciproque des deux cultures ».

    Un discours qui prend encore plus son sens dans la région où vit une importante communauté maghrébine, à une époque où la montée des extrémismes en France et en Europe est forte. « Il y a un développement d'un courant islamophobe, y compris chez les chrétiens traditionalistes. Une certaine radicalisation du côté chrétien comme musulman. D'ailleurs, chaque événement ici à un impact là-bas, sur les relations entre les communautés. C'est pour cela que chaque rapprochement doit être mis en valeur. » Loin d'être utopiste, Mgr Henri Teissier sait que le chemin peut être long. Mais il croit aux initiatives locales. D'ailleurs, il ne manque pas d'anecdotes, de projets et souvenirs. « Comme cette femme dans les années 90 qui a créé et développé cinq institutions pour les handicapés dans un quartier en guerre. Ou cette association musulmane qui milite pour le droit des enfants et des femmes au pied de la cathédrale d'Alger. » Si le lien se crée autour de réflexions spirituelles, « il peut aussi se faire au niveau social, culturel, dans la vie quotidienne  ». Loin de tout prosélytisme, Mgr Teissier croit à l'ouverture « nécessaire, surtout quand elle touche des thèmes de société  ».

    Le souvenir de Tibhirine

    De ces cinquante-quatre années en Algérie, où il vit toujours, Mgr Teissier évoque ses amitiés, ces moments d'entraide, mais aussi des souvenirs plus douloureux. L'enlèvement et l'assassinat par des extrémistes de plusieurs membres de la communauté chrétienne, dont sept moines de Tibhirine, en 1996, dont il était proche, fait partie de ces épreuves dont il s'appuie pour parler de son attachement à ce pays et l'importance des relations entre les communautés religieuses « qui malgré leurs différences peuvent et doivent, au quotidien, oeuvrer ensemble ».

    « Des Côte-d’Oriens se souviennent des dernières manifestations interdites pendant la guerre d’Algérie *** Ajouté l'analyse de Jacques CROS Raymond Poulidor a fêté ses 80 ans le 15 avril 2016 *** Mais il nous parle aussi de sa guerre d'Algérie »
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