• Michel Rocard est décédé ce samedi 1er juillet 2016

    Michel Rocard est décédé 

     ce samedi 2 juillet 2016

    Le 13 mars 2014 je mettais en ligne un article intitulé « Algérie : Michel Rocard a sauvé des milliers de vies » et j’ajoutais une vidéo « Une histoire algérienne » Jacques Cros avait donné son point de vue sur ce documentaire. Vous retrouverez cet article à la fin.  La carrière politique de Michel Rocard ne m'intéresse pas, je ne retiendrai que ce qui est beau, que ce qui est bien... son anti colonialisme...

     Michel Rocard est décédé   ce samedi 1er juillet 2016

     

    Lutte contre la guerre d’Algérie

    En conflit avec un père impérieux, grand savant et grand résistant, il avait refusé la carrière scientifique qu’on lui destinait pour entrer à Sciences-Po puis à l’ENA. A peine sorti de l’adolescence, il avait adhéré à la SFIO (Section française de l’internationale ouvrière) par conviction européenne et progressiste, tentant vainement d’y entraîner son ami et condisciple Jacques Chirac. Très vite, la politique algérienne de Guy Mollet le jette dans la dissidence. Secrétaire des Etudiants socialistes, il récuse la guerre menée par ses aînés et prépare la scission qui aboutira à la fondation du PSA (Parti socialiste autonome) avec Alain Savary et Edouard Depreux, les justes de la SFIO déshonorée par l’équipée coloniale.

    Haut fonctionnaire, il adopte le pseudonyme de Michel Servet, martyr du protestantisme et de la liberté. Il passe le plus clair de son temps dans les arrière-salles des cafés et des sièges de section, refaisant inlassablement le monde et le socialisme, petite main agitée et sans fatigue de la lutte contre la guerre d’Algérie.

    Militant du PSU (Parti socialiste unifié), il émerge en 1966 au colloque de Grenoble, qui jette les bases d’une gauche morale et réformiste dans la lignée de Pierre Mendès France. Le grand public le découvre en 1969 quand il est candidat du PSU à l’élection présidentielle, réalisant un score comparable à celui des candidats de la vieille gauche Defferre et Mendès. Le PSU est à la mode, son audace plaît aux intellectuels, son pragmatisme aux responsables, son parfum soixante-huitard à la jeunesse. Avec Edmond Maire, Jacques Delors, Jean Daniel ou Jacques Julliard, Rocard devient le porte-parole vif-argent d’une gauche renouvelée, à mi-chemin de la sagesse social-démocrate et de l’imagination de Mai 68.

    17 octobre 1961 et Michel Rocard

    Le Parti socialiste unifié est fondé sur une opposition double, contre la guerre d'Algérie et le gaullisme. Dès 1959, il critique la politique menée en Algérie où selon lui « l'égalité de tous les citoyens devant la loi, qui est le principe de base de notre Constitution, n'a jamais été pratiquée ». En octobre 1961, les membres du PSU réclameront des comptes à Maurice Papon, sur les crimes du 17 octobre. 

     

     

    Algérie : Michel Rocard a sauvé

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    En février 1959, Michel Rocard n'est alors qu'un jeune inspecteur des finances. Le rapport qu'il remet à sa hiérarchie sur les conséquences dramatiques du déplacement des populations paysannes va sauver des centaines de milliers de vies. Ce rapport alerte les autorités françaises sur la famine qui sévit dans les camps de regroupement. Auront lieu alors les premiers soins et l'afflux de vivres. Parmi ces enfants musulmans sauvés par le rapport Rocard se trouve Ben Salama, l'auteur du documentaire, Une histoire algérienne.

    "J'ai mangé grâce à lui, se souvient le documentariste que Le Point.fr a rencontré. Le matin, quand on se levait le ventre vide, nous n'étions pas sûrs de pouvoir manger. Grâce à Michel Rocard, la nourriture est arrivée au printemps." C'est un aspect assez méconnu de la guerre d'Algérie : à partir de 1957, l'armée française a déplacé jusqu'à deux millions de paysans pour les soustraire à l'influence du FLN, soit la moitié de la population musulmane rurale. Ce faisant, on privait ces chefs de famille de leurs terres, de leur bétail, et donc de leurs moyens de subsistance.

    L'horreur des camps de regroupement

    "J'ai été déplacé de 1957 à l'indépendance, raconte Ben Salama. Nous avons vécu à six dans une petite pièce avec ma mère, car mon père travaillait en France. Les gens agglutinaient du matériel de récupération pour se fabriquer des baraquements de fortune." À l'époque, il vivait en Kabylie, près de Bougie (aujourd'hui Bejaïa). "Mon avis, c'est que sont mortes de faim 200 000 personnes et en majorité des enfants", conclut Michel Rocard devant la caméra de Ben Salama.

    Le parcours du documentariste est singulier et lui permet de réaliser un film où toutes les douleurs sont respectées : celle des musulmans, celle des harkis, celle des rapatriés, celle des appelés, comme l'ancien ministre Jean-Pierre Soisson jeté dans l'horreur d'une guerre qu'il ne comprend pas... Né français sous la colonisation, Ben Salama devient algérien à l'indépendance. Passionné de cinéma, il fréquente la cinémathèque d'Alger, y croise Truffaut, Godard, etc. Si bien qu'en 1972 il réussit le concours de l'Idhec, à Paris, et vient étudier le cinéma grâce à une bourse. Au début des années 1980, il décide alors de réintégrer la nationalité française de sa naissance. "Parce que ma vie était à Paris, que j'aime la France, ses valeurs", lâche-t-il.

     Juger les gens à leur enfer

    Dans sa famille, les liens avec l'Hexagone sont anciens. En 1917, durant la Grande Guerre, son grand-père déjà avait quitté l'Algérie et travaillait dans le sud de la France pour le compte d'une usine qui fabriquait du gaz de combat. En 1938, ce grand-père est rejoint par son fils de 16 ans. Le père de Ben Salama, disparu en 2003, n'est jamais retourné en Algérie. Tout le documentaire de Ben Salama traduit la complexité, les choix de ces destinées prises au piège des événements et de l'enchaînement infernal à partir du moment où la guerre s'enclenche. "Dans tous les conflits armés, ce sont les ultras des deux bords qui mènent la danse", observe Ben Salama.

    Une histoire algérienne recueille les témoignages dépassionnés de ceux qui ont, de tous côtés, connu l'horreur de cette danse macabre. Zohra Drif, la poseuse de bombes du FLN, devenue depuis la présidente de l'association Algérie-France au sénat algérien, fait part de sa compassion pour les victimes du camp adverse : "On imagine ce que l'autre a souffert, parce que nous, dans notre chair, on l'a vécu depuis très longtemps." Témoignage également bouleversant de Raphaël Draï, politologue français, rapatrié, absolument dépourvu de ressentiment, qui livre sa réflexion à travers une citation de l'écrivain Marcel Arland : "Il faut juger les gens à leur enfer." "Ce film m'a servi de thérapie", confie l'auteur qui, dernier mouvement de balancier à l'âge mûr, vient de récupérer un passeport algérien en plus de sa nationalité française. "J'ai senti qu'il y avait une envie chez mes enfants de ce retour aux origines," glisse-t-il.

     "Une histoire algérienne", le documentaire de Ben Salama revient sur les destins de la guerre d'Algérie.

    La guerre d'Algérie est le dernier acte du mouvement de décolonisation des territoires de l'Empire français, dans les années 50 et 60. Elle a causé des blessures qui ne sont toujours pas cicatrisées, cinquante-quatre ans plus tard. Cette guerre de huit ans a généré des souffrances qui sont toujours ressenties des deux côtés de la Méditerranée. Près d'un million d'Européens ainsi qu'une centaine de milliers d'Algériens, les harkis, combattants du côté de l'armée française, ont été contraints de quitter leur terre natale. Ce document, réalisé par un natif d'Algérie qui a vécu cette guerre lorsqu'il était enfant, est un récit à plusieurs voix de cette période douloureuse, celles de trois écrivains, de la fille d'un militant indépendantiste, de la fille d'un harki et d'un fils de pied-noir.

     
    C’est le point de vue de Jacques Cros

     

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    C’est un documentaire réalisé par Ben Salama. L’auteur y raconte entre autre la situation de famine créée pendant la guerre d’Algérie avec les camps de regroupement. 

    Dans les années 1959 Michel Rocard, qui vient de débarquer  en tant qu’inspecteur des finances dans ces structures, découvre la triste réalité. Il alerte sa hiérarchie et obtient une amélioration substantielle des choses.

    Ben Salama réchappe sans doute à une mort telle qu’en connaissent des milliers d’enfants de son pays ! Cela est évoqué dans le film qu’avait diffusé France Cinq le 18 mars 2012 et que notre ami Michel Dandelot a mis en ligne sur son blog.

    Naturellement c’est l’ensemble des problèmes auxquels sont confrontés les protagonistes le déchirement de la communauté européenne qui doit quitter un pays qui était le sien !

    Le sort réservé aux harkis est relevé cependant que les méthodes auxquelles sont engagés les Pieds Noirs, si lourdes de conséquences pour la fin de l’histoire, sont présentées sans complaisance.

    Le contingent est absent du débat. On ne perçoit nullement l’évolution de son niveau de conscience, depuis l’acceptation  de ce qui est demandé par l’autorité militaire qui conditionne les esprits dans le sens que l’on sait, jusqu’au refus de suivre les généraux qui ont tenté de prendre le pouvoir.

    Peut-on évoquer la guerre d’Algérie sans parler de cet aspect essentiel ?  Il ne me semble pas mais c’est ma réponse en tant qu’ancien d’Algérie !

    Jacques CROS

     

     

    « Raymond Poulidor a fêté ses 80 ans le 15 avril 2016 *** Mais il nous parle aussi de sa guerre d'AlgérieNier le génocide arménien sera bientôt passible d'un an de prison et 45000 euros d’amende *** Un ami algérien réagit »
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