• Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) : Les réflexions du professeur Jean-Yves Boursier sur le rôle des commémorations. Une « fièvre commémorative »

    Jean-Yves Boursier vit à Chalon-sur-Saône. Il est membre du Comité du souvenir Jean Pierson. Il était professeur des universités à Paris, puis à Nice. Photo F. P

    Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire)

    Les réflexions du professeur Jean-Yves Boursier sur le rôle des commémorations. Une « fièvre commémorative »

     70e anniversaire de la Libération oblige, les cérémonies s’enchaînent aux quatre coins du Bassin minier. Mais que commémore-t-on exactement ? Éléments de réponse avec J.-Y. Boursier.

    Spécialiste de la mémoire de la guerre, Jean-Yves Boursier a publié plusieurs ouvrages sur les politiques mémorielles, la construction du passé, et du récit historique.

    Plusieurs grandes commémorations marquent cette année 2014. Que cela vous inspire-t-il ?

    Cette fièvre commémorative date d’une trentaine d’années environ, et qui fait que l’on commémore tout. En 2014, c’est le 70e anniversaire de la Libération. Mais en quoi est-ce plus important que le 68e ou le 69e ? On commémore aussi le début de la Grande Guerre, mais si on était logique, on commémorerait aussi le 60e anniversaire du début de la guerre d’Algérie…

    Pourquoi ce choix dans les événements célébrés ?

    Parce que la commémoration n’est pas utile pour le passé, mais pour le présent. C’est plus facile de produire du grand spectacle sur 14-18, quand il n’y a plus d’acteurs vivants. Alors que pour la guerre d’Algérie, vous avez encore beaucoup de monde, toute la classe 42. À mon sens, si on fait du grand spectacle, c’est parce qu’on pense avoir affaire à un passé apaisé, donc on peut se promener sans risques sur les champs de ruines. Le terrain est encore miné sur l’Algérie.

    Que commémore-t-on aujourd’hui ?

    C’est toute la question. Qu’est-ce que la Libération ? L’arrivée de l’armée de De Lattre ? La lutte des maquisards ? La Libération, c’est une foule en liesse et le départ des Allemands. Mais pendant ce temps-là, les camps de concentration fonctionnaient à plein. On n’a pas, avec 39-45, une date unique de commémoration, comme l’État l’a imposé avec le 11-Novembre. Pour la Seconde guerre, on a le 8-Mai, la journée de la Résistance, celle de la Déportation, il n’y a pas de consensus général. Après 39-45, les plaques, les stèles, ont été installées à l’initiative des familles, comme à Collonge-en-Charollais. On n’a pas, à Montceau-les-Mines, de plaque qui rend hommage aux Montcelliens qui étaient dans les maquis du coin. Il n’y a pas de politique de l’Etat dans ce domaine. Cela tient aussi au fait que les Allemands ont mené plusieurs guerres en 39-45 (contre les Juifs, les Tsiganes, les maquisards, etc.). Du coup, on assiste à une déclinaison des mémoires que chacun veut récupérer une mémoire qui a été oubliée dans la mémoire officielle.

    N’y a-t-il pas quelque chose qui transcende toutes ces mémoires ?

    En créant un apparat, la commémoration donne un lieu pour se retrouver ensemble. Mais n’est-ce pas une apparence qu’on utilise avec les opérations à grand spectacle, avec le tourisme de mémoire ? S’agissant de la Libération, que peut-on mettre en valeur, à part l’aspiration à la liberté d’une partie de la population ? Et quelle partie ? On n’a pas vu beaucoup de foule dans la Résistance, et c’est ce qui fait sa grandeur. S’il y a quelque chose à commémorer, c’est le combat des Résistants et des Forces françaises libres contre l’occupant et contre Vichy.

     

     

    « Ces oeuvres qui ont fait scandale : Quand les paras montent 
à l’assaut du piton Jean Genet théâtrePolémique. La gaffe de Mme de Fontenay à l'élection de Miss Algérie… Mais c’est trop marrant… Je vous en fais profiter !!! Estrosi aussi a crié « Vive l’Algérie française !!! »
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