• Monument "Algérie française" de Toulon : lettre ouverte de la LDH locale au sénateur-maire Hubert Falco

    Monument "Algérie française"  de Toulon : lettre ouverte  de la LDH locale au sénateur-maire Hubert Falco

    Monument "Algérie française"  de Toulon : lettre ouverte  de la LDH locale au sénateur-maire Hubert Falco

    Monument "Algérie française"

    de Toulon : lettre ouverte

    de la LDH locale au sénateur-maire Hubert Falco

    - à l’attention de Mesdames et Messieurs les adhérents, amis et correspondants de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) -

    14 mai 2015.

    Il y a trente-cinq ans, la ville de Toulon, alors dirigée par le député Maurice Arreckx, s’apprêtait à inaugurer, au pied des remparts de la Porte d'Italie, à l'entrée de la vieille ville, un imposant Mémorial dédié à l'Algérie française et à ses "martyrs", condamnés à mort et fusillés pour leur participation aux milliers de crimes et attentats terroristes commis par l’OAS en 1961 et 1962 de part et d’autre de la Méditerranée.

    L’ANPROMEVO appuie la démarche de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme engagée en début d’année - et réitérée début mai (cf. infra) - tendant à ce que M. Hubert Falco, actuel maire de Toulon, sénateur du Var, ancien secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants, fasse œuvre de vérité et de transparence en dotant ce monument controversé d’une signalétique qui en précise la genèse, la destination et l’usage.

    Jean-François Gavoury

    Président de l’Association nationale

    pour la protection de la mémoire

    des victimes de l’OAS

     

    [Source : http://ldh-toulon.net/lettre-ouverte-de-la-LDH-de-Toulon] 

    Lettre ouverte de la LDH

     de Toulon adressée

     à Hubert Falco  

     

    Toulon possède un monument surprenant : le monument à l’“Algérie française” de la Porte d’Italie. Son histoire et son sens sont souvent mal connus - constatation d’autant plus étonnante que de nombreux Toulonnais ont un lien avec l’Algérie : les uns sont Pieds noirs ou descendants de Pieds noirs, d’autres sont harkis ou venus avec l’immigration de travail.

    Toulon ne peut pas se tenir à l’écart du mouvement de recherche de la vérité qui se développe en France concernant son passé colonial en Algérie. C’est pourquoi la LDH de Toulon s’est adressée au sénateur-maire de la ville pour lui demander de rendre accessibles des informations sur ce monument. Hubert Falco n’ayant pas répondu de façon favorable à cette demande, l’association a décidé de faire connaître sa démarche par une lettre ouverte que vous trouverez ci-dessous.

    Monument "Algérie française"  de Toulon : lettre ouverte  de la LDH locale au sénateur-maire Hubert Falco

     

    Monsieur le Sénateur-Maire,

    Le 3 février 2015, nous nous sommes adressés à vous pour un problème d’ordre essentiellement symbolique mais auquel nous attachons de l’importance. Il s’agit du monument de la Porte d’Italie “Aux martyrs de l’Algérie française”.

    Vous n’ignorez pas les circonstances de sa mise en place suivie d’une destruction, quelques jours avant une inauguration mouvementée en 1980. Certes les tensions et les rancœurs autour de ce monument se sont apaisées, mais cette stèle fait à l’occasion l’objet de récupération politique. De fait, ce monument est devenu “historique”, il fait maintenant partie du patrimoine de la Ville.

    Il n’en demeure pas moins une ambiguïté que nous souhaiterions lever. En effet, aucune explication n’accompagne cette stèle dont le message, perçu par certains comme une provocation, ne peut que susciter la perplexité des passants, touristes ou Toulonnais

    C’est la raison de notre démarche : nous souhaitons en effet que soit installée à côté du monument une plaque expliquant sa signification et le contexte de sa mise en place. Cet hommage à un ancien de l’OAS ne peut selon nous rester sans explication et il ne doit pas être difficile de trouver un historien impartial qui pourrait rédiger un texte respectant les différentes mémoires de cette période au cours de laquelle notre pays s’est déchiré.

    Votre réponse par un courrier du 12 mars a été pour nous une grande déception. Vous nous informiez de votre décision de ne pas suivre la voie du respect de la vérité historique, alors que vous l’aviez fait en juin 2005 à propos du “carrefour Salan”.

    Certes vous déclarez « concevoir » nos « remarques » mais c’est une fin de non-recevoir que vous nous avez adressée.

    Les Toulonnais sont des démocrates, respectueux les uns des autres, et cela explique que ce monument « ne suscite plus aucune manifestation hostile ». Mais vous faites erreur quand vous croyez pouvoir en déduire qu’il « ne fait plus polémique pour personne ».

    Notre société est plurielle, multiculturelle. Pour vivre ensemble et éviter les communautarismes, il est nécessaire de connaitre les autres dans leurs différences : leur passé, leurs valeurs, leur culture. C’est notamment un des rôles de l’école. Aujourd’hui, les programmes officiels d’histoire abordent le thème des colonies en classe de quatrième et une partie du programme de la classe de troisième est consacrée au thème “Des colonies aux États nouvellement indépendants”. Il faut que les collégiens toulonnais puissent avoir connaissance des monuments du passé de leur ville.

    Comment les Français, et particulièrement ceux qui sont d’ascendance algérienne peuvent-ils ressentir la stèle “Algérie française” de ce monument? Il ne fera véritablement partie du patrimoine toulonnais que lorsqu’il sera compris de tous.

    Le “devoir de mémoire” des uns ne peut pas s’imposer aux autres, mais le devoir de vérité s’impose à tous.

    C’est pourquoi, Monsieur le Sénateur-Maire, la Ligue des droits de l’Homme de Toulon insiste et maintient sa demande d’explication historique concernant ce monument.

     À Toulon le 4 mai 2015 

    Monument "Algérie française"  de Toulon : lettre ouverte  de la LDH locale au sénateur-maire Hubert Falco

     

    Documentation 

     

    Juin 1980 : inauguration à Toulon d’un monument

     à l’Algérie Française 

    Un monument aux “martyrs de l’Algérie Française” a été inauguré à Toulon le 14 juin 1980 par Jacques Dominati, secrétaire d’État aux Rapatriés, en présence de 3 000 personnes. La stèle qui représentait Roger Degueldre, chef des commandos terroristes de l’OAS, condamné à mort et fusillé en 1962, avait été plastiquée quelques jours auparavant.

    De nombreux élus de la région – Maurice Arreckx, François Léotard, Arthur Paecht, Jacques Médecin – des représentants des rapatriés et d’anciens chefs de l’OAS – Edmond Jouhaud, Antoine Argoud, Pierre Sergent, Joseph Ortiz, le bachaga Boualem – étaient présents lors de l’inauguration.

    Le monument a été relevé par la suite, mais la municipalité toulonnaise n’a pas encore jugé opportun de l’accompagner d’un panneau explicatif informant de façon objective les passants sur son histoire.

    Journal télévisé de Provence Méditerranée (France 3), le 14 juin 1980

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