• N’oublions pas dans le bilan… Un article de Jacques Cros...

    Jacques Cros pour cet article que j’approuve sans réserve

     

    N’oublions pas

     dans le bilan…

    On commémore ces jours-ci le 75ème anniversaire du débarquement en Provence. Les unités formées dans les colonies françaises y ont, on le sait, joué un rôle décisif. Modeste reconnaissance, Macron engage les maires des communes de France à donner le nom de lieux publics, rues, places… à ces soldats. 

    Il me paraît nécessaire de revenir sur le rôle que la France a fait jouer aux populations qu’elle avait soumises par la colonisation. Elle s’en est servie comme chair à canon pour ses guerres. Cela a commencé avec celle de 70, s’est amplifié avec l’horrible boucherie de 14-18, s’est poursuivi avec les guerres coloniales, au Rif, en Indochine et en Algérie. 

    Ici d’ailleurs l’armée française avait réussi à faire se battre les Algériens entre eux. Et dans ce cas précis on avait massivement mobilisé les appelés du contingent qui ont eu le malheur d’avoir 20 ans à cette époque. Ils n’avaient pas le choix, n’ayant d’ailleurs même pas le droit de vote mais le devoir de répondre à l’injonction qu’ils avaient reçue de l’institution militaire. 

    Qu’allions-nous faire en Algérie ? Cela n’était pas clairement dit et pour tout avouer ne l’est toujours pas 57 ans après la fin de ce conflit anachronique. Il s’agissait tout simplement de tenter de perpétuer le colonialisme, système social violent et injuste qui est une forme aggravée de l’exploitation capitaliste. Mais on masquait les choses avec l’objectif officiel de « Opérations de maintien de l’ordre et de la sécurité ». 

    Le comble de la manipulation des esprits était atteint pour ceux qui ne revenaient pas. On leur attribuait la mention « Mort pour la France » déjà contestable en 14-18. Comme l’a écrit Anatole France « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ». L’escroquerie était encore pire pour la guerre d’Algérie : qu’avait à voir  l’intérêt de la France dans cette affaire ? 

    Mais le conditionnement des esprits était tel que ça a marché un temps. L’Ecole de la République avait d’ailleurs contribué à la pénétration dans les consciences de la mission civilisatrice de la France. Toutefois l’aspiration à la paix avait fait son chemin chez les Français et les appelés du contingent manifestée chez ceux-ci par le célèbre « La quille bordel ! ». Cela n’empêchait pas un racisme banal et quotidien, les soldats reportant sur plus faible qu’eux ce qu’on leur faisait subir. 

    Aujourd’hui l’idéologie qui sous-tend de telles dérives a le vent en poupe et touche les anciens d’Algérie comme les autres citoyens. Le vote Front National est fréquent chez eux. Elle gangrène sûrement une fraction de la FNACA qui rappelons-le n’avait pas participé es qualité au contre rassemblement organisé lors du changement de nom de la rue du 19 mars 1962 à Béziers.

    Il me paraît utile de mettre un lien entre le sort qu’ont connu ces appelés du contingent et la logique qui prévalait et que la tentative du putsch d’avril 1961 et les actions criminelles de l’OAS ont tenté de maintenir. L’absence d’analyse en la matière ouvre la porte au racisme et à la xénophobie qui se colorent aujourd’hui d’islamophobie. Nous recevons de nombreux courriels qui en portent l’empreinte. 

    Reste la question fondamentale de la libération de la France à l’occupation nazie. Evidemment cela impose le respect d’un autre niveau pensons-nous que de baptiser un lieu public du nom des héros des opérations militaires qui y ont conduit. Et là il est nécessaire de situer le déclenchement de la Seconde guerre mondiale comme étant lié à la Première et comme étant la conséquence du Traité de Versailles ainsi que de la politique de concession de la France et de l’Angleterre aux prétentions d’Hitler. 

    La crise socio-économique que nous subissons permet la politique de domination militaire qui est la partition qu’ont en main les puissances impérialistes. La France est dans ce registre et renoue en quelque sorte, à des nuances d’adaptation près, avec son passé colonial. 

     

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6573318-n-oublions-pas-dans-le-bilan?fbclid=IwAR3u4wOK419_3EUp_yTPRBfLq1EOb7bjLtG9QSdN-8KmvVdrFmZsIGvyXEY

     

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