• Nantes. Ils se repassent le film de cette sale guerre d’Algérie *** A Marseille un débat a eu lieu sur la disparition de Maurice Audin puis la diffusion du film " Retour en Algérie"

     

    Nantes. Ils se repassent le film de cette sale

    guerre d’Algérie

    Nantes. Ils se repassent le film de cette sale  guerre d’Algérie

    Emmanuel Audrain, réalisateur de « Retour en Algérie ». Son documentaire, sorti en 2014, est projeté dans plusieurs salles du département, à partir de jeudi 4 octobre. | OUEST-FRANCE

     

    Ils avaient 20 ans pendant la guerre d’Algérie. Ils en ont 75 à 85 aujourd’hui. Sorti en 2014, « Retour en Algérie », film d’Emmanuel Audrain, raconte l’histoire de ces appelés qui ne sont jamais totalement revenus de leur guerre.

    Entretien 

    Emmanuel Audrain, réalisateur du documentaire

      « Retour en Algérie »

    Votre documentaire s’intéresse à ces appelés, peu nombreux, qui ont décidé de renoncer à leur pension militaire et de la verser à des œuvres humanitaires en Algérie. Comment est né ce film ? 

    Au départ, j’envisageais plutôt un film sur le général Jacques de Bollardière qui s’est opposé à la torture en Algérie. On s’est vite aperçu qu’il y avait un autre sujet, avec ces anciens appelés, qui préfèrent reverser leurs pensions de guerre à une association pour mener des projets humanitaires en Algérie.

    Mais ils ne cherchent pas à faire la leçon à qui que ce soit. En menant des actions humanitaires en Algérie, c’est un peu un retour sur eux-mêmes qu’ils effectuent.

    Une attitude qui a parfois suscité de très vives réactions, de la part de certains appelés. Il y en a toujours ? 

    Lors des toutes premières projections, le film a parfois été chahuté par des anciens appelés qui réagissaient très vivement. Ils disaient, et ils avaient raison, qu’ils n’avaient pas volé leur pension, que les anciens appelés n’étaient pas tous des tortionnaires.

    Quel regard portez-vous sur ces appelés qui consacrent leur pension à ces projets ? 

    Simone de Bollardière a dit un jour, en parlant d’eux, qu’ils avaient été jetés dans un chaudron maléfique et qu’elle les admirait pour leur courage. Je suis moi aussi bouleversé par ce courage.

    Je me souviens par exemple de cet appelé, tout tremblant, qui avait pris la parole, après une projection. Vous parlez de mémoire, avait-il dit, mais moi, j’ai tout fait pour oublier. Et il s’était rassis. C’était bouleversant.

    Ou de cet autre, qui a parlé de ses cinq copains tombés dans une embuscade et qui conserve toujours, aujourd’hui encore, sur sa table de nuit, la photo de ses camarades.

    Comment s’est manifesté ce courage, au cours de la guerre ? 

    Par de toutes petites choses, parfois. Un appelé qui donne à boire à un moudjahidine ligoté à un poteau, qui sera fusillé quelques heures plus tard, un autre qui a desserré les liens ou encore empêché qu’un viol soit commis.

    Il y a eu beaucoup d’actes de résistance, parfois modestes, mais bien réels.

    Et puis, il y a la torture ? 

    Une torture humiliante pour celui qui la subit, dégradante pour celui qui la pratique. Certains s’en veulent de n’avoir pas assez dénoncé.

    Le président de la République vient de reconnaître la responsabilité de la France dans la disparition de Maurice Audin, en évoquant un « système » qui aurait permis l’usage de la torture. Vous pensez que ça les conforte dans leur démarche ? 

    Oui, je crois. J’ai eu récemment certains d’entre eux. Ils ont toujours dénoncé l’existence d’un véritable système en Algérie. 

    Ils ont eu 20 ans, entre 1954 et 1962. Comme deux millions de jeunes Français, leur service militaire ce fut la guerre d’Algérie. La torture, les « corvées de bois »… sont les blessures dont leur génération n’a pas pu parler. Plus de 50 ans plus tard – à l’heure de toucher leur retraite du combattant – certains, sortent de ce long silence. Ils se regroupent en association et refusent – pour eux-mêmes – cet argent de la guerre. Ils le collectent et le redistribuent à des associations algériennes. Puis, affrontant leur douleur et leur honte, ils parlent.Le documentaire « Retour en Algérie » d’Emmanuel Audrain donne la parole à ces hommes simples et remarquables qui ont dû faire face à l’horreur de la guerre et à la culpabilité : «Les cris des torturés – pendant des mois – c’est vraiment ce qu’on a vécu de plus dur » témoigne Pierre ou encore Rémi : « Quand j’ai été appelé à témoigner, j’ai été « emporté » par tout ce que cette guerre avait enfoui en moi. La peur, l’incompréhension, les cris des prisonniers… C’est sorti d’un coup ! » Recueillir cette parole, raconter la création de cette association «4ACG », retourner en Algérie avec ces anciens combattants, c’est toute cette histoire émouvante que retrace dans son documentaire Emmanuel Audrain, un film-mémoire nécessaire qui permet de tourner une nouvelle page de cette histoire, de leurs histoires, cette fois-ci « solidaire et fraternelle ».

     

     

    A Marseille (9e) un débat a eu lieu sur la disparition de Maurice Audin avec ensuite la diffusion du film "Retour en Algérie" d'Emmanuel AUDRAIN, film documentaire de 52 minutes, de 2014 en présence de Jacques PRADEL Président de l'Association des Pieds Noirs Progressistes.

    L’association 4ACG a été montée par 4 petits paysans qui ont décidé de refuser 700 € par an de retraite. Ils ont collecté cet argent. 

    La moyenne d’âge de la 4ACG de 80 ans avec une énergie phénoménale, un enthousiasme et une jeunesse comme s’ils avaient 20 ans. Ils prennent toute leur part dans le combat anti-raciste. 

    Une de leurs actions a été de reconstruire une école que l’un d’entre eux avait détruite pendant la guerre. Avec leur pécule, ils soutiennent des associations diverses, notamment algériennes et de Gaza. L’association 4ACG est très minoritaire. 300 adhérents contre 300000 à la FNACA. Ils pèsent d’un poids considérable dans le débat car ils portent des paroles très différentes des autres associations, notamment sur le rapprochement et l’amitié entre les peuples et contre le racisme.

    Les voyages en Algérie ont été difficiles à mettre en place et à réussir. Organisés par la « 4ACG » et  « l’Association des Pieds Noirs Progressistes », suite à une rencontre et la compréhension de la même vision de la guerre d’indépendance de la guerre d’Algérie.  

    La FNACA organise des colloques sur des bases dans lesquelles on peut se reconnaître. Mais elle est diverse et il y a, hélas aussi, des personnes extrémistes à l’intérieur.  

    La 4ACG n’a pas jamais dit ni revendiqué une action de contestation pendant la guerre en Algérie. Ils ont été pris et broyé par cette machine. Il y a eu une autre association : « Les réfractaires non violents en Algérie ». Il y en a eu très peu.

    Certains d’entre eux et la 4ACG  parlent du fond chrétien et de leur l’éthique. Le film n’a pas la prétention de couvrir les forces de protestation de ce qui s’est passé hier.  

    Ils ont été pris comme gamins en toute ignorance avec un fond politique nul et des valeurs morales chrétiennes et balancés dans cette machine effroyable qu’est l’armée pour briser les consciences. 

    Il y a cinquante ans, le général Jacques de Bollardière condamnait la pratique de la torture. 

    Il a dit non publiquement et a été emprisonné durant deux mois dans une forteresse Il n’a pas été réhabilité. Sa femme a rejoint l’association 4ACG.

    La question de la légitimité.  

     

    En tant que conscrit, dans quelle mesure cela permet d’apporter un contre-pouvoir dans la hiérarchie militaire ? Comment cela a-t-il pu être mis à profit à ce moment-là ?

    Charles Sylvestre a connu les anciens combattants de l’Indochine, de l’Algérie et ceux de la 1ere guerre mondiale : 

    « Ce qui a été bénéfique aux soldats qui ont fait l’Algérie, c’est la reconnaissance d’avoir participé à une guerre. » 

    Son père, communiste, a été dénoncé par un notaire de village qui a envoyé une lettre à la Préfecture car il collait des affiches contre la guerre d’Algérie et du coup, il a  été muté. 

    On entend rarement parler de l’Indochine. C’est toujours un silence.

    Jacques Pradel. 

     

    La position du PCF était de conseiller à ceux qui pouvaient devenir officiers de le devenir. Ca a joué un rôle positif au moment du putsch. 

     

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Putsch_des_généraux 

    Jacques Pradel 

     

    La position claire du PCF était d’aller en Algérie pour porter une parole antifasciste et de résistance. Pour lui, la position était ambiguë. Le mot d’ordre était « la paix en Algérie » et représentait une position frileuse.  

    Son analyse a soulevé un vif débat ensuite parmi l’audience.

    Félix Girolami 

     

    Ce sont les jeunes communistes qui ont pris des initiatives dans les casernes avec des officiers républicains pour emprisonner les généraux qui avaient pris le pouvoir là-bas. 

    Je suis parti à Oran faire un an de service militaire dans le service de santé. On était au courant car on recevait les journaux du PCF. 

    Je ne voulais pas faire la guerre. En 1956, tous les partis de gauche étaient contre la guerre en Algérie. Or, le Parti Socialiste l’a amplifiée. Le service militaire est passé de 18 mois à 24. Il y a avait des refus de partir et ceux-ci étaient emprisonnés, notamment  Alban Liechti. Le PCF avait soutenu cette position, mais les refus étaient marginaux. Les emprisonnés étaient essentiellement des jeunes Communistes. En 1959, M Thorez est intervenu pour demander que  tous nos jeunes communistes qui ne sont pas dans l’armée y aillent, pour pouvoir tenir les armes en cas de révolution. 

    La 4ACG n’a pas jamais dit ni revendiqué une action de contestation pendant la guerre en Algérie. Ils ont été pris et broyé par cette machine. Il y a eu une autre association : « Les réfractaires non violents en Algérie ». Il y en a eu très peu. 

    http://refractairesnonviolentsalgerie1959a63.org/ 

     

     

    Désolé pour la mauvaise qualité de cette vidéo

    On avait conseillé à un jeune communiste de ne pas déserter pour éviter de se retrouver en prison pendant 3 ans. Leur stratégie était d’aller faire de la propagande. Avant la tentative du coup d’Etat par les quatre généraux, beaucoup de régiments n’ont pas bougé car un travail de fond anti-fasciste a été mené. La question du fascisme n’a jamais été nommée dans le documentaire. On n’a pas vaincu le fascisme en 1945. On a vaincu le nazisme, l’Italie, le Japon. L’épuration n’a pas été si bien faite que cela. On a « l’honneur ? » d’avoir à Aix-en-Provence un rond-point du général Bigeard (sans oublier ses crevettes !!! ce brave adhérent de la FNACA). Ils défendaient des intérêts économiques privés. Pour le futur de l’Algérie, c’était soit l’indépendance, soit la poursuite par d’autres moyens de la politique de la bourgeoisie française qui voulait garder l’Algérie.

    SOURCE : http://bmasson-blogpolitique.over-blog.com/2018/04/la-disparition-de-maurice-audin-debats-a-marseille-9e-pcf.html 



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