• Ne renonçons pas au bonheur

    Ne renonçons pas au bonheur

    Un petit monsieur hargneux voudrait nous interdire de comprendre. Il faudrait regarder béatement les « bâtisseurs de ruines » et même les applaudir, renoncer à penser. Ou plus encore : mettre la pensée au service du fric. Remercier les apostats (mais ont-ils été un jour « de gauche » ?) de propager, de semer l’injustice, la guerre de tous contre tous, l’impitoyable compétition sociale, la haine, la peur de l’autre. Ne sont-elles pas de surcroît inévitables et le prix à payer pour « l’ordre » et la « sécurité » ? D’ailleurs, peut-il y avoir des « gagneurs » sans « perdants », aurait dit un jour d’orage Monsieur de Lapalisse. La « paliza », en espagnol, c’est la « raclée ». Que de raclées qui se perdent sur de vrais et faux culs!

    Gagner, s’enrichir, cela se mérite bon dieu, c’est inscrit dans les gènes. Sí señor ! « Il faut de tout pour faire un monde », ma bonne dame, ne nous en déplaise. N’est pas « gagneur » le tricard qui veut. Il y faut bannir scrupules, philanthropie, altruisme, honnêteté, solidarité. Alors, pour notre bien, acceptons l’ordre naturel des choses. Répétons ensemble : « Je mets mon espoir dans le capital, je suis sûr de ses bienfaits, aits, aits...». Ne troublons rien, frères et camarades. Renonçons à notre histoire, à nos luttes, à nos utopies, à savoir ce que nous voulons , à nos saintes et non-saintes colères, à dé-chemiser les très zélés. Laissons sonner le glas. Laissons faire les « experts », les démolisseurs, les charognards, les faussaires, les usurpateurs, la « gauche libérale » ( avec cette gauche, pas besoin de droite !).

    Dans ce pays est en marche forcée une vaste opération-restauration, aux relents pétainistes, de colonisation des individus « de l’intérieur », d’anéantissement de l’intelligence, du don de soi, de la fraternité, une sorte « d’épuration sociale ». Au nom de « l’ordre ». A vos ordres CAC 40 ! A vos ordres président Marché ! « Méfiez-vous de celui qui veut rétablir l’ordre », mettait déjà en garde Diderot. Méfiez-vous de ceux qui voudraient séparer la République (qu’ils découvrent soudain) de la justice sociale. Il n’y a de véritable humanité que dans et par la justice sociale. Ce type de « républicains » est à la République (vide de contenu) ce que sont les mouches à m.  à la nourriture, comme l’on dit chez moi à Labastide. Alors, appelons-les des imposteurs  Nommons-les comme ils le méritent ! « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » (A. Camus).

    Ces minuscules moulins à malheur se prennent pour des géants. N’est pas don Quichotte le premier venu. Ce fou si lucide, si sage et déraisonnable, révolutionnait le monde.

    Au milieu des ruines d’aujourd’hui, soyons donquichottesques ; il n’y a que l’idéal, la folie, la mémoire, l’engagement, qui puissent nous sauver.

    Puisons notre force dans nos valeurs humanistes, dans l’internationalisme, dans nos combats d’hier, dans les nouvelles résistances d’aujourd’hui, même si elles ne sont pas ce que nous voudrions. « Céder un peu, serait capituler beaucoup », (souvenir de 1968). Sous les décombres, il reste toujours quelques braises.

    Alors, battus : peut-être ; vaincus : jamais ! Tout paraît noir, désespérément noir. Est-ce une raison suffisante pour désespérer, renoncer au bonheur ?

    Le noir chez le Peintre Soulages n’est autre que la lumière, « la lumière qui se réfléchit (qui réfléchit) dans le noir »

    Jean Ortiz

     

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