• Niger : cinq minutes pour comprendre le bras de fer entre la France et les putschistes

     

    Niger : cinq minutes pour comprendre le bras

    de fer entre la France et les putschistes

    Niger : cinq minutes pour comprendre le bras de fer entre la France et les putschistes

    Les partisans des militaires ayant pris le pouvoir se sont retrouvés dans le stade Seyni Kountché, le plus grand du Niger, samedi 26 août. REUTERS/Mahamadou Hamidou© STRINGER

    Le point de non-retour est tout proche. Plus d’un mois après un coup d’État au Niger, qui a propulsé le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au pouvoir avec à sa tête le général Abdourahamane Tiani, les relations entre Niamey et Paris ne cessent de se détériorer. Vendredi, les putschistes ont donné 48 heures à l’ambassadeur de France au Niger pour quitter le pays.

    Un ultimatum qui traduit une volonté claire de ne plus avoir le moindre lien diplomatique avec Paris, selon les experts. Le Parisien fait le point sur une situation très tendue. Que s’est-il passé ? Vendredi, le CNSP a décidé d’expulser l’ambassadeur de France au Niger, Sylvain Itté, pour avoir snobé une « invitation » du ministère nigérien des Affaires étrangères mais aussi pour « d’autres agissements du gouvernement français contraires aux intérêts du Niger ». Sylvain Itté a jusqu’à ce dimanche soir pour quitter le pays. Samedi, 20 000 Nigériens se sont retrouvés à Niamey pour soutenir le régime militaire issu d’un coup d’État et cette décision prise la veille. Même chose ce dimanche : des milliers de personnes ont manifesté à proximité de la base militaire française à Niamey. Que signifie une telle décision… ? «Cette décision prouve que le Niger ne veut plus aucune relation diplomatique avec Paris », affirme au Parisien Thierry Vircoulon, coordinateur de l’Observatoire sur l’Afrique centrale et australe à l’institut français des relations internationales (IFRI). « Elles sont en train d’être déconstruites et vont s’arrêter. Les putschistes s’inspirent de ce qu’il s’est passé dans d’autres pays du Sahel, au Mali et au Burkina Faso, où il n’y a plus d’ambassadeur de France», explique-t-il.

    Quelle a été la réaction de la France ? Face à cette annonce du pouvoir en place, Paris a fait savoir que « les putschistes n’ont pas autorité pour faire cette demande, l’agrément de l’ambassadeur émanant des seules autorités légitimes nigériennes élues », à savoir celles du président Mohamed Bazoum, qui n’a toujours pas démissionné de son poste.

    En d’autres termes, la France demande à son ambassadeur de rester sur place. Que va faire l’ambassadeur ? «L’ambassadeur va rester, Paris lui en a donné l’ordre », avance Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, au Congo Brazzaville et au Sénégal et auteur du livre « Le grand livre de l’Afrique ». « Sur le plus long terme, Sylvain Itté va quitter le pays », parie-t-il. « Mais pour ça il faut que la situation politique se dénoue puisqu’il y a actuellement un président légal qui n’a pas démissionné mais qui est emprisonné, et un président de fait, le putschiste ».

    Que risque-t-il en restant ? « On n’est pas non plus dans la situation de l’Iran en 1979, où les gardiens de la révolution islamique appuyés par Téhéran avaient attaqué l’ambassade américaine et pris les diplomates en otage », rappelle Nicolas Normand. « Un scénario de ce type est très improbable au Niger. Les putschistes sont plus dans une logique populiste que révolutionnaire », développe-t-il. Une analyse corroborée par le discours d’un dirigeant du CNSP samedi, lors de la grande manifestation à Niamey. « Pour les chasser (les Français, NDLR) ne partez pas à leur ambassade (…) après que chacun rentre chez lui, ils vont finir par partir », a alors dit à la foule le colonel Ibro Amadou. Comment en est-on arrivé là ? « La France a adopté une position assez intransigeante dès le début de la crise, alors qu’elle aurait pu être plus pragmatique comme les autres partenaires du Niger », explique Nicolas Normand. « Notre situation particulière vis-à-vis du Niger aurait plutôt dû nous inciter à la prudence En tant qu’ex-puissance coloniale et désormais partenaire du Niger, la France est désignée comme responsable des échecs économiques et sécuritaires des derniers gouvernements», regrette-t-il. « Les déclarations publiques hostiles de Paris depuis plusieurs semaines font le jeu des putschistes, en désignant la France comme adversaire et le bouc émissaire». En plus de l’ambassadeur, le CNSP veut le départ des 1 500 militaires français présents sur le territoire nigérien. « On n’y est pas », affirme Thierry Vircoulon. Preuve qu’une issue favorable à toutes les parties semble encore bien lointaine. 

    SOURCE : Niger : cinq minutes pour comprendre le bras de fer entre la France et les putschistes (msn.com) 

     

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