• Occupation nazie, guerre d'Algérie : le Covid-19, troisième couvre-feu de l'histoire de Paris

     

     

    Occupation nazie, guerre d'Algérie :

    le Covid-19, troisième couvre-feu

    de l'histoire de Paris

    Mesure exceptionnelle réservée aux temps de guerre, le couvre-feu a été appliqué pour la première fois en temps de paix à Paris le samedi 17 octobre 2020.

    Occupation nazie, guerre d'Algérie : le Covid-19, troisième couvre-feu  de l'histoire de Paris

    Un couvre-feu avait été instauré par l’occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi en 1961 pendant la Guerre d’Algérie. (©Musée de l’ordre de la Libération) 

    Un couvre-feu, ce n’est pas étranger à l’histoire de Paris. La capitale, avant de vivre celui décidé par Emmanuel Macron le samedi 17 octobre 2020 contre le coronavirus, en a vécu deux autres : pendant l’Occupation nazie et pendant la Guerre d’Algérie.

    Une première depuis 1961, et une première en temps de paix dans la capitale.

    « Se faire appeler Arthur » pendant la Seconde guerre mondiale

    En 2020, personne ne devrait « se faire appeler Arthur ». Cette expression, désuète et dont l’origine est discutée, signifie se faire disputer, et serait liée au couvre-feu imposé à Paris par l’occupant allemand, les soldats hurlant « acht uhr », à 20 heures, heure du couvre-feu.

    Entré en vigueur dès le début de l’occupation de la capitale le 14 juin 1940, le couvre-feu instauré de 20 heures à 6 heures n’a pas été effectif de façon linéaire  jusqu’à la libération de Paris, le 25 août 1944. Le premier, à l’entrée des allemands, n’a duré que 48 heures. 

    Ces quatre ans de couvre-feu seront le socle du film La Traversée de Paris.

    En 1961, un 17 octobre sanglant contre les Algériens

    Autre guerre, dix ans plus tard, et même mesure. Cette fois-ci, la France est à la manœuvre et l’applique uniquement aux « Français musulmans d’Algérie ». Discriminatoire, la mesure est d’abord instaurée un mois en 1958 par le préfet Maurice Papon, et se déroule bien.

    Les commissariats ont délivré à ceux qui étaient dans l’obligation de circuler la nuit une autorisation temporaire. Aucun incident sérieux n’a été enregistré au cours de cette expérience. Les contrôles n’ont plus lieu dans la soirée mais seulement la nuit. 

    Préfecture de policeNote de 1958

    Puis le 5 octobre 1961. Contre cette décision aussi utilisée en Algérie lors de la bataille d’Alger, une manifestation s’organise. Elle aura lieu le 17 octobre dans Paris, à l’appel du FLN contre lequel ce couvre-feu doit lutter. Les ouvriers d’origine algérienne se mobilisent.

    Ils seront des milliers à marcher depuis Nanterre (Hauts-de-Seine), lieu d’implantation du principal bidonville d’Algériens, et d’autres banlieues en direction de Paris. Totalement pris au dépourvu par l’ampleur de la manifestation, les policiers tendus se partagent de fausses informations par radio, faisant état de dizaines de morts dans leurs rangs.

    Aucun policier n’est mort le 17 octobre 1961. En revanche, entre 38 et  98 Algériens ont été tués par la police. Une réalité établie par les travaux menés par des historiens.

    " Il n'est pas contestable que durant toute la nuit des hommes aient été jetés dans la Seine depuis les ponts de Neuilly, d'Argenteuil ou d'Asnières. "

    Jim House et Neil MacmasterHistoriens auteur de "Paris 1961 : Algerians, state terror and memory" 

    Le couvre-feu durera jusqu’à la signature du cessez-le-feu du 19 mars 1962, date qui marque l’indépendance de l’Algérie, au terme de huit années de guerre. Avant cette date, celle du 8 février 1962 marquera celle de la mort de neuf cégétistes lors d’une manifestation anti-OAS au métro Charonne, tués à coups de matraque par la police.

    SOURCE : https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/occupation-nazie-guerre-d-algerie-le-covid-19-troisieme-couvre-feu-de-l-histoire-de-paris_36799139.html 

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 7 Novembre à 13:51

    Ah mais le 17 octobre 1961 on était en guerre ! C'était le temps de la guerre d'Algérie ! Il est vrai qu'à cette époque l'état de guerre n'était pas reconnu. Nous étions enrôlés là-bas pour des opérations de maintien de l'ordre et de la sécurité. ll est exact qu'à Paris aussi ce 17 octobre 1961 on maintenait l'ordre, l'ordre colonial cela s'entend.

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