• Olivier Le Cour Grandmaison «Le retour de discours apologétiques de la colonisation»

    Olivier Le Cour Grandmaison

    «Le retour de discours apologétiques de la colonisation»


     Olivier Le Cour Grandmaison  «Le retour de discours apologétiques de la colonisation»

     L’historien Olivier Le Cour Grandmaison

    La publication, il y a quelques jours, d’un texte révisionniste sur les tueries policières du 17 Octobre 1961 a suscité nombre de commentaires. 

    Olivier Le Cour Grandmaison, qui a travaillé sur cet événement de la Guerre d’Algérie et continue d’œuvrer à révéler les monstruosités coloniales, s’interroge : «Nouvelle écriture de l’histoire ? Non, c’est la poursuite d’une entreprise idéologique de réhabilitation des hommes qui ont combattu celles et ceux qui luttaient pour l’indépendance de l’Algérie dans un contexte politique français marqué aujourd’hui par le retour de discours apologétiques de la colonisation.»

    Au sujet des centres historiques qui ont prêté leur concours à cette tentative de réécrire de l’histoire, il indique : «Il faut tout d’abord rappeler quelques éléments relatifs au Centre de documentation des Français d’Algérie de Perpignan, au Cercle algérianiste et à certains des signataires qui se présentent comme des historiens soucieux de la vérité et animés par le seul désir de la connaissance.

    En effet, les responsables de cette première institution ont approuvé ce texte collectif en apportant à ces derniers une caution prétendument scientifique destinée à renforcer le supposé sérieux académique de leur communiqué portant sur le massacre, par la police française agissant sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon, des manifestants algériens rassemblés pacifiquement à l’appel du FLN, le 17 octobre 1961 à Paris et dans la banlieue parisienne.»

    Olivier Le Cour Grandmaison rappelle que le centre perpignanais, «dépourvu de tout comité scientifique, a été salué par certains comme ‘‘le conservatoire de l’Algérie française’’. On ne saurait mieux dire, et cet aveu, qui a le mérite de la sincérité, permet de comprendre les finalités véritables de cet établissement.

    Sous une appellation apparemment neutre, destinée à faire croire qu’il s’agit d’un établissement ayant pour vocation de soutenir les recherches sur les Français d’Algérie, prospère une entreprise de réhabilitation du passé colonial de la France conformément aux revendications du Cercle algérianiste dont ce Centre est, en quelque sorte, la vitrine officielle.» Et de rappeler que «ce Cercle, créé le 1er novembre 1973 par d’anciens partisans de l’Algérie française, a notamment pour objectif de ‘‘conserver la mémoire d’une province française’’ et de lutter contre ‘‘l’officialisation du 19 mars 1962’’ ».

    On sait qu’en cette année 2016, les Algérianistes ont fait partie de ceux qui ont conspué le président Hollande qui s’est recueilli le 19 mars dernier devant la stèle d’hommage du quai Branly à Paris. «Ses dirigeants ont soutenu l’action de Robert Ménard, maire de Béziers, pour renommer “la rue du 19 mars 1962” et lui donner le nom de “rue du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc,” officier parachutiste qui a participé au putsch des généraux à Alger en avril 1961 et qui fut condamné à dix ans de réclusion criminelle.»

    Enfin, Olivier Le Cour Grandmaison souligne que parmi les signataires du texte accusant le FLN d’être responsable de ce qui s’est passé le 17 octobre 1961, figure Maurice Faivre, «général qui a servi cinq ans en Algérie pendant la guerre. C’est le même qui, le 18 mars 2002, a signé le manifeste des 521 officiers généraux dans lequel on peut lire ce passage : ‘‘Nous tenons d’abord à affirmer que ce qui a caractérisé l’action de l’armée en Algérie ce fut d’abord sa lutte contre toutes les formes de torture, d’assassinat, de crimes idéologiquement voulus et méthodiquement organisés.’’ Stupéfiant et scandaleux négationnisme historique !

    En des termes plus euphémisés, les signataires du communiqué minimisent le nombre de morts algériens lors des rassemblements du 17 octobre 1961, avec la caution de J-P. Brunet. De plus, ils entendent faire porter la responsabilité des affrontements et des victimes au FLN pour mieux dédouaner M. Papon et les policiers qu’il dirigeait.»

    Walid Mebarek

    SOURCE : http://www.elwatan.com/actualite/le-retour-de-discours-apologetiques-de-la-colonisation-01-11-2016-331978_109.php 

     

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