• Pendant la guerre d'Algérie et même avant l'armée coloniale demandait déjà aux femmes musulmanes de se dévoiler

     

    L’affaire du voile qu’on nous rabâche en

    2019 date de près d’1 siècle… Alors les

    extrémistes nostalgiques du colonialisme

    si vous n’aviez pas colonisé l’Algérie

    pendant 132 ans vous n’auriez pas ce

    problème de voile aujourd’hui…

     

    Pendant la guerre d'Algérie

    et même avant l'armée coloniale

    demandait  déjà aux femmes

     musulmanes de se dévoiler 

     

    Tout était dirigé contre une communauté celle des musulmans et une religion l’Islam… Que ce soit la polémique sur le voile ou concernant les repas de substitutions dans les cantines scolaires le jour où le porc est au menu mais tous ces islamophobes subissent de jour en jour une véritable déroute… la Justice française remet en cause toutes les délibérations des Conseils municipaux… 


    Pendant la guerre d'Algérie  et même avant l'armée coloniale demandait  déjà aux femmes musulmanes    de se dévoiler


      L'obsession française pour le voile islamique 

    En 2016, la France a été secouée par une incroyable polémique autour du burkini qui a débordé sur le voile islamique. À l’étranger, les mesures françaises visant à interdire ces habits dans les lieux publics suscitent beaucoup de critiques et surtout de l’étonnement. La France reste en effet le seul pays occidental à prendre de telles mesures. 

    Mais cette situation n’est pas nouvelle. Cela fait plusieurs décennies que l’État français démontre sa volonté d’ôter le voile des femmes musulmanes, rappelle justement le journal américain Foreign policy. Référence clairement faite à l’époque coloniale française en Algérie durant laquelle les autorités appelaient les « femmes indigènes » à se dévoiler. La campagne était alors menée à coup d’affiches de propagande telle que l’image ci-dessous élaborée en 1957 par le cinquième bureau d’action psychologique de l’armée française. Les femmes étaient donc invitées à ôter leur haïk afin de laisser paraître leur visage. 

    Mais ce qui fit l'une des spécificités de cette guerre de décolonisation, se cache dans les replis d'un vêtement, comme l'avait écrit Frantz Fanon, installé à l'hôpital psychiatrique de Blida, dans le premier chapitre de sa "Sociologie d’une révolution" : "L'Algérie se dévoile". Dans ce texte, qui fut critiqué par des féministes américaines comme Diana Fuss ou Gwen Bergner parce que trop fondé selon elles sur un relativisme culturel, le psychiatre montre comment le voile est instrumentalisé par l'administration coloniale pour assoir son pouvoir. 
    "Nous allons voir que ce voile, élément parmi d’autres de l’ensemble vestimentaire traditionnel algérien, va devenir l’enjeu d’une bataille grandiose, à l’occasion de laquelle les forces d’occupation mobiliseront leurs ressources les plus puissantes et les plus diverses, et où le colonisé déploiera une force étonnante d’inertie. La société coloniale, prise dans son ensemble, avec ses valeurs, ses lignes de force et sa philosophie, réagit de façon assez homogène en face du voile. Avant 1954, plus précisément depuis les années 1930-1935, le combat décisif est engagé. Les responsables de l’administration française en Algérie, préposés à la destruction de l’originalité du peuple, chargés par les pouvoirs de procéder coûte que coûte à la désagrégation des formes d’existence susceptibles d’évoquer de près ou de loin une réalité nationale, vont porter le maximum de leurs efforts sur le port du voile, conçu en l’occurrence, comme symbole du statut de la femme algérienne. Une telle position n’est pas la conséquence d’une intuition fortuite. C’est à partir des analyses des sociologues et des ethnologues que les spécialistes des affaires dites indigènes et les responsables des Bureaux arabes coordonnent leur travail. À un premier niveau, il y a reprise pure et simple de la fameuse formule : « Ayons les femmes et le reste suivra. »" 
    Une bataille homérique qui se poursuit sur le sol français 58 ans après la fin de la guerre, mais aussi en Algérie
    Les Algériennes furent ainsi incitées, pour ne pas dire obligées, de se dévoiler au nom de l'émancipation des femmes par des associations féminines qui se voulaient charitables. Le 13 mai 1958, des musulmanes sont installées sur un podium à Alger, place du Gouvernement. Dans une mise en scène très orchestrée, elles brûlent leur voile. (En 1960, le photographe Marc Garanger, alors jeune appelé, fut bouleversé par le travail qu'on lui imposa : faire des photos d'identité de Kabyles, voile arraché.)  Jusqu'à ce que les gouvernants découvrent que derrière ces jeunes femmes "européanisées" pouvaient se cacher des combattantes déterminées.

    Le dévoilement, une violence coloniale 

    13 mai 58 à Alger, place du Gouvernement : des musulmanes montées sur un podium pour brûler leur voile. L’enjeu de cette mise en scène est de taille : il faut pour les autorités coloniales que les femmes algériennes se désolidarisent du combat des leurs. Leur exposition sert de langage : celui d’une puissance coloniale qui oeuvre pour gagner les femmes à l’émancipation et à la pérennité de la "civilisation française". Réaction épidermique de la société algérienne : maintenir - et c’est vital - les femmes hors de l’invasion coloniale pour préserver l’être algérien. "Certaines, décrit Franz Fanon, dévoilées depuis longtemps reprennent le voile affirmant ainsi qu’il n’est pas vrai que la femme se libère sur l’invitation de la France et du Général de Gaulle". 

    Aujourd’hui, 58 ans après l’indépendance, les méthodes ont changé dans la forme, mais pas dans le fond, car l’esprit colonial, toujours vivace, continue d’imprimer l’inconscient français. Duplice, il invoque constamment les grands principes qui fondent la République, mais préside à toutes les entreprises politiques qui disqualifient les fils et filles d’indigènes et valorisent un républicanisme franco-français prétendument universaliste. Ainsi, le corps des musulmanes, écartelé au nom des nobles principes de la République, s’est peu à peu défiguré, perverti en banal objet médiatique, figure repoussoir d’une idéologie franco-centrée décidément incapable de penser l’altérité et de penser sa responsabilité dans ce qui fait l’autre et son identité contrariée. 

    13 mai 1958, campagne anti haïk en Algérie 

    Pendant la guerre d'Algérie  et même avant l'armée coloniale demandait  déjà aux femmes musulmanes    de se dévoiler

    Le 13 mai 1958 débute une campagne d’occidentalisation (c’est le terme employé par les médias de cette époque) et visant la femme algérienne. Le pouvoir colonial aidé par la population européenne veut, par la contrainte et la force, obliger les femmes algériennes à se débarrasser du haïk, voile traditionnel, symbole de l’identité et de l’histoire du pays, porté depuis des lustres par la gente féminine algérienne. 

    S’en suit des actes de menaces, de renvoi des femmes musulmanes de leur travail ou des actes délibérés d’arrachage de voile sur la voie publique par la population européenne. 

    Sous les cris de joie et du slogan «vive l’Algérie française» martelé à l’envie par les Européens. On assiste à des scènes de prosélytisme barbare où des femmes musulmanes sont exhibées sur des podiums improvisés pour les dévêtir de leur voile et le brûler ainsi sur la voie publique. 

    Le haïk est bien plus qu’un symbole culturel bien ancré dans la société algérienne, c’est également une arme efficace contre l’occupant. Pendant la guerre d’Algérie et notamment lors de la bataille d’Alger, cet accoutrement a permis aux femmes de transporter au péril de leur vie des armes et des bombes destinées aux combattants algériens afin de mener des actions armées contre les forces de l’occupant. Ce vêtement a donc été un moyen d’émancipation et de combat pour les femmes algériennes et qui leur a permi de s’engager pleinement dans le processus de libération du pays. 

    Frantz Fanon, psychiatre en 1953 à l’hôpital psychiatrique de Joinville (Blida) est né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France en Martinique. Héros de la lutte antinazie en 1943 et figure de proue du combat contre le colonialisme et pleinement engagé pour l’indépendance de l’Algérie évoque dans son livre « Sociologie d’une révolution » le fait que le haïk de la femme algérienne était un des enjeux de la guerre libération. «Convertir la femme, la gagner aux valeurs étrangères, l’arracher à son statut, c’est à la fois conquérir un pouvoir réel sur l’homme et posséder les moyens pratiques, efficaces, de déstructurer la culture algérienne…Chaque voile qui tombe, chaque corps qui se libère de l’étreinte traditionnelle du haïk, chaque visage qui s’offre au regard hardi et impatient de l’occupant, exprime en négatif que l’Algérie commence à se renier et accepte le viol du colonisateur». 

    Il est fort intéressant de faire un parallèle avec l’actualité brûlante d’aujourd’hui et le débat prégnant qui secoue actuellement la société française.[…] Le hijab, ou voile islamique, foulard musulman s’est donc imposé ces dernières années comme un symbole. Il se positionne en balise entre le dedans et le dehors, le montré et le caché, le visible et l’invisible… mais, porté par des jeunes françaises issues de l’immigration maghrébine, il devient un signifiant polysémique, qui donne à voir autant qu’il cache. Le voile met l’accent sur un conflit identitaire plus que religieux. 

    Il semble pertinent de mettre en exergue le caractère relativement universel de la symbolique que l’on dénote à travers le port du voile. En effet, quelles que soient les obédiences et les traditions, on retrouve sous le voile l’idée de la Vérité, de la connaissance cachée ou révélée. Le dévoilement a une valeur initiatique et révélatrice et par conséquent ne relève pas du corps législatif ou décisionnaire. 

    Pendant la guerre d'Algérie  et même avant l'armée coloniale demandait  déjà aux femmes musulmanes    de se dévoiler

    Dans les années 50, Aimé Césaire expliquait : «Il n’y a pas de colonialisme sans racisme». Aujourd’hui en France, c’est la laïcité qui n’est pas appliquée sans racisme et discrimination. Le voile constitue ainsi une véritable obsession pour les autorités françaises qui démontrent une pressante volonté d’effacer sa présence de l’espace public. Pour y arriver, les autorités utilisent la législation depuis le début des années 2000. 

    La loi sur le port de signe religieux ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics est d’abord votée en 2004 sur fond de débat sur la laïcité. En 2011, la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public entre en vigueur, visant clairement les femmes portant la burqa et le niqab, pourtant très minoritaires en France. Celle-ci est justifiée par des questions « d’ordre public », expliquent alors les responsables politiques. Un discours qui rappelle celui tenu actuellement par les politiciens opposés au port du burkini. 

    En 2016, la volonté de légiférer sur le sujet ne vient plus du sommet de l’État mais des élus locaux qui s’empressent de prendre des mesures bafouant les libertés fondamentales, estiment la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF). D’autant plus que pour motif d’appliquer des arrêtés anti-burkini, qui ne sont d’ailleurs pas clairement définis, des policiers municipaux interdisent tout bonnement l’accès à la plage aux femmes portant simplement un foulard ou un turban sur la tête. 

    L’application de ces arrêtés est donc laissée à l’appréciation des forces municipales, toujours soutenues par les maires des villes comme cela a été le cas à Cannes ou Nice.

    Le Conseil d’Etat met un terme aux arrêtés « anti-burkini »

    Le Conseil d’Etat, saisi par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Comité contre l’islamophobie en France (CCIF), s’est prononcé, vendredi 26 août 2016, contre l’arrêté « anti-burkini » de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). L’ordonnance du tribunal administratif de Nice qui l’avait validé, le 22 août 2016, est ainsi annulée par la plus haute juridiction administrative française. L’exécution de l’arrêté est suspendue. Dans cette commune, porter des vêtements religieux à la plage n’est donc plus interdit.

    Une décision qui fait jurisprudence 

    La décision du Conseil d’Etat concernant l’arrêté de Villeneuve-Loubet se veut un arrêt de principe, il fera donc autorité pour toutes les juridictions administratives de France, où une trentaine de communes ont interdit le port de tenues « manifestant de manière ostensible une appartenance religieuse lors de la baignade et sur les plages ».

    Cette décision « aura vocation à faire jurisprudence », s’est félicité Me Patrice Spinosi, avocat de la LDH, qui avait saisi le Conseil d’Etat. Cela signifie que soit les maires devront lever d’eux-mêmes les arrêtés, soit que ces derniers seront suspendus par les juridictions locales. « Oui, il y a une atteinte disproportionnée à la liberté des religions et le maire n’avait pas le pouvoir de restreindre cette liberté », a-t-il ajouté.

    « La mesure est suspendue, donc les policiers ne peuvent plus verbaliser », a réagi à chaud l’avocat niçois de la commune de Villeneuve-Loubet, Me Olivier Suarès, auprès de l’Agence France-Presse. Les femmes qui ont été verbalisées « pourront si elles le veulent contester leur verbalisation, puisque le fondement de cette verbalisation était manifestement contraire aux libertés fondamentales », ajoute Me Spinosi.

    Limitation des pouvoirs de police 

     des maires 

    « Si le maire est chargé (…) du maintien de l’ordre dans la commune, il doit concilier l’accomplissement de sa mission avec le respect des libertés garanties par les lois », écrit le Conseil d’Etat. En pratique, le Conseil d’Etat choisit donc de restreindre l’étendue du pouvoir de police des maires, qui ne peuvent réguler l’accès à un espace public en raison d’une tenue considérée comme manifestant une appartenance religieuse.

    Un arrêt non justifié  à Villeneuve-Loubet 

    Le Conseil d’Etat a souligné avec insistance qu’une restriction de l’accès aux plages ne pouvait être justifiée qu’en cas de « risques avérés » pour l’ordre public, et pour garantir « le bon accès au rivage, la sécurité de la baignade ainsi que l’hygiène et la décence ». Il réfute ainsi, point par point, les arguments retenus par le tribunal administratif de Nice.

    Un aspect important du jugement rendu par le tribunal administratif de Nice est notamment mis en cause : le « contexte » des attentats terroristes qui justifiait, selon le tribunal, l’arrêté de Villeneuve-Loubet. Sur ce point, le Conseil d’Etat réplique que « l’émotion et les inquiétudes résultant des attentats terroristes, et notamment de celui commis à Nice le 14 juillet 2016, ne sauraient suffire à justifier légalement la mesure d’interdiction contestée ». 

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/26/le-conseil-d-etat-suspend-l-arrete-anti-burkini-de-villeneuve-loubet_4988472_3224.html#maDBFiXDiK0sHxOE.99 

     

    Une association créée par les épouses des généraux Salan et Massu va organiser un dévoilement public en mai 1958 des femmes à Alger: dévoiler pour mieux régner et surtout pour contrôler ces consciences, cette arme colonisatrice s’est vue déployée lors de la guerre d’Algérie pour imposer le modèle civilisateur. Frantz Fanon: " Chaque nouvelle femme algérienne dévoilée annonce à l’occupant une société algérienne aux systèmes de défense en voie de dislocation, ouverte et défoncée." Un fait, peut-être moins connu, est que ce dévoilement perçu comme une violence identitaire, s’accompagnera d’un mouvement unanime de "revoilement". Les femmes algériennes vont porter le haik, (drapé qui couvre tout le corps) en signe de résistance face à l’oppresseur, comme le décrit Frantz Fanon, psychiatre antillais et militant anticolonialiste. Malek Halloula dénonce l’imagerie coloniale et cette érotisation du corps de l’indigène destiné aux militaires et aux touristes. La femme indigène s’est retrouvée progressivement «folklorisée», « érotisée », « docilisée » et déshumanisée par le biais de tout un « patrimoine » iconographique.

     


     

     

     

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