• Pour la paix des mémoires de la guerre d’Algérie (Mon état d'esprit)

    Pour la paix des mémoires  de la guerre d’Algérie

    Oui cette image est une utopie... mais il y a des utopies qui se sont réalisées...

    "Les utopies ne sont souvent que des vérités prématurées" a dit Lamartine.

    Quelques exemples parmi d’autres :

    (La fin de l'esclavage, la démocratie, la libération de la femme...) ont d'abord été imaginées par des utopistes, à une époque où personne n'y croyait. 

    Pour la paix des mémoires

     de la guerre d’Algérie

    Il faut entendre toutes les souffrances, les comprendre et surtout ne pas instrumentaliser l’histoire afin de ne pas entretenir la guerre des mémoires. 

    Il a fallu attendre 37 ans pour que le terme « guerre d’Algérie » soit reconnu par la quasi unanimité du Parlement.

    Il a fallu attendre 50 ans pour qu’une majorité de gauche au Sénat fasse du 19 mars « Journée nationale du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats de la Tunisie et du Maroc ».

    Cette date est celle du Cessez-le-Feu décidée la veille par les accords dits « d’Evian » elle a mis fin au conflit et ouvert la voie de l’indépendance de l’Algérie.

    Mais cette date du 19 mars est vivement contestée par la droite et l’extrême droite… Il y a eu, disent-elles de nombreuses victimes après cette date. Il y en a eu, en effet, des victimes dont la responsabilité est à affecter aussi bien à des éléments incontrôlés du FLN qu'à l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète).

    Les feux sont donc toujours mal éteints… Dernièrement on a entendu un ancien président de la République promettre, s’il était élu, l’abrogation de cette date. Tout récemment encore, un candidat à la présidence de la République qualifiait la colonisation de… « crime contre l’humanité »… une plainte a même été déposée pour ses propos…

    Nous mesurons donc la difficulté de la France à tourner la page de son passé colonial.

    L’histoire de cette guerre empoisonne encore le présent.

    Pourquoi ? Comment expliquer aux jeunes générations ces blessures de l’histoire non cicatrisées ?

    Pour comprendre la complexité de la guerre d’Algérie il faut savoir que le contexte international était à la décolonisation.

    Après 130 ans de présence française, la société algérienne était très inégalitaire. La France était en contradiction avec ses propres valeurs républicaines et malgré quelques réformettes elle n’a pas su, ou pu ou voulu voir le fossé qui se creusait entre les communautés.

    Cet aveuglement a provoqué trois affrontements simultanés et fratricides 

    Une guerre Algéro-algérienne entre le Front de Libération Nationale, les militants de Messali Hadj et les sympathisants français (première guerre civile).

    Une guerre Franco-algérienne entre l’Armée et les indépendantistes (deuxième guerre civile).

    Une guerre Franco-française entre l’Armée et l’Organisation de l’Armée Secrète (troisième guerre civile).

    Il faut entendre toutes ces souffrances, les comprendre et surtout ne pas instrumentaliser l’histoire afin de ne pas entretenir cette Guerre des Mémoires. 

    Mémoires des « pieds-noirs » qui ont payé un lourd tribu notamment entre le 19 mars 1962 et le 5 juillet 1962, jour de l’indépendance de l’Algérie pour ensuite tout perdre en s’exilant vers la métropole.

    Mémoire des soldats du contingent qui ont fait leur service militaire obligatoire et qui ont eu la malchance d’avoir 20 ans à cette époque.

    Mémoire des victimes de l'OAS : elles étaient 2700 assassinées par cette organisation terroriste et criminelle.

    Mémoire des « Harkis », les troupes supplétives de l’Armée française qui, eux aussi, ont subi les pires exactions.

    Mémoire des anciens combattants algériens qui se sont battus pour l’indépendance de leurs pays avec des milliers de victimes dans leurs rangs.

    Maintenant, il faut respecter toutes ces mémoires et chercher le chemin de l’apaisement et de l’espoir. Laissons la place aux historiens, chercheurs et étudiants de tous pays en dehors de tout organisme officiel, afin d’éviter les interprétations, les préjugés, les stéréotypes et les discriminations, pour enfin jeter un pont entre les peuples algérien et français et entre Français eux-mêmes pour gagner la plus belle des Paix, la Paix des Mémoires.

    C'est mon état d'esprit.

    Et maintenant avec un nouveau président de la République, un nouveau chapitre de la relation franco-algérienne ?

    Les relations entre les deux pays patinent. Le nouveau président français saura-t-il tisser avec l’Algérie l’équivalent d’une relation franco-allemande ?

    Le grand mérite du président François Hollande fut d’avoir normalisé les relations entre la France et l’Algérie, dès son arrivée à l’Elysée en 2012, et d’avoir hissé ces relations au rang d’un véritable partenariat stratégique. Toutefois, cinq ans après, ces relations bilatérales patinent et ne semblent pas avoir, concrètement, été à la hauteur de ce que beaucoup espéraient. Trop souvent encore, les mots l’emportent sur les actes. L’élection à la présidence de la République d’Emmanuel Macron, un « ami de l’Algérie », selon les termes du président Abdelaziz Bouteflika, pourrait ouvrir une nouvelle ère. Une ère plus que jamais nécessaire.

    En reconnaissant que la colonisation a constitué un crime contre l’humanité, le nouveau président français a tourné une page importante de l’histoire. A 39 ans, il incarne une génération pragmatique qui veut surmonter le passé et bâtir un partenariat mutuellement avantageux entre les deux pays. Rénové, approfondi, ce partenariat pourrait prendre pour modèle la relation qui s’est construite au lendemain de la guerre entre la France et l’Allemagne. Le couple franco-algérien pourrait ainsi être à l’espace euro-méditerranéen ce que le couple franco-allemand est à l’Union européenne, un moteur indispensable.

    Bien sûr pour les Français, surtout les plus pauvres, les relations franco-algériennes ne sont pas la priorité, c’est la capacité ou non de résoudre la plaie du chômage, c’est la capacité ou non de revaloriser leur pouvoir d’achat. C’est sur ces critères que François Hollande a été jugé et même dans l’incapacité de pouvoir se représenter… parce qu’il a échoué. C’est principalement sur ces deux critères que les Français attendent Emmanuel Macron… Cela aussi doit être dit. 



     

     

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