• Présentation du livre "Nostalgérie" d'Alain Ruscio à Nantes *** Alain Ruscio : « Ils veulent gagner la guerre des mémoires » *** Alain Ruscio contre les OAStalgiques

    Présentation du livre "Nostalgérie"

     d'Alain Ruscio à Nantes

    Alain Ruscio : « Ils veulent gagner la guerre des mémoires »

    L'association l'ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, des Combattants pour l'Amitié, la Solidarité, la Mémoire, l'Antifascisme et la Paix) a invité Alain Ruscio, docteur en Histoire à venir présenter son livre Nostalgérie – L'interminable histoire de l'OAS. Cette conférence-débat se déroulera le 14 avril 2016 Médiathèque Jacques Denis, 24 quai de la Fosse à  Nantes, Salle Jules Vallès.

    Ce livre n'a pas de vocation militante.  Il n'est pas démonstration de circonstance. Il se veut simple rappel. Des faits rien que des faits.

    Nous avons souhaité réaliser cette présentation pour Débloquer l'histoire. En effet il y a 54 ans se terminait la dernière guerre coloniale menée par la France. Il y a 54 ans, après les accords d’Evian du 18 mars, signés par le gouvernement français et le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, le cessez-le-feu était proclamé, le 19 mars 1962, acté massivement par le peuple français lors du référendum du 8 avril 1962.

    Aujourd’hui bien que la date du 19 mars ait été reconnue officiellement par le Parlement Le décret fixant une commémoration au 5 décembre existe toujours et fait polémique.  Notre association, l'ARAC  demande l’abrogation, du décret fixant au 5 décembre de chaque année «une commémoration», sans rapport historique, avec le cessez-le-feu qui a permis la fin de la guerre d’Algérie et qui entretient encore la confusion dans l’opinion publique

    Les peuples français et algériens souffrent encore de blessures pas toujours cicatrisées de ce drame vécu par nos deux pays.

    Nous pensons qu'il est plus que temps, que chacun assume son passé, qu’un traité de paix et d’amitié vienne régulariser la situation, les rapports entre nos deux pays.

    Pour cela, il nous faut faire toute la lumière sur cette guerre et combattre ceux qui entretiennent les séquelles empoisonnant encore notre présent (racisme, haine, violence, xénophobie, réhabilitation des criminels de l’OAS etc…)

    L’Algérie n'a jamais été cet Éden que l'on nous a prôné, la guerre d’Algérie a commencé le 14 juin 1830 à Sidi-Ferruch à 27 km d'Alger dès ce moment : La  « situation coloniale était créée avec  ses maîtres  - toujours blancs , selon les critères de l'époque – et ses  indigènes – toujours basanés. »

    Pour l'ARAC de Loire-Atlantique, Jean-Claude Salomon, président départemental Membre du Bureau National 

     

    Alain Ruscio : « Ils veulent gagner

    la guerre des mémoires »

    Alain Ruscio : « Ils veulent gagner la guerre des mémoires »

    Photo : Sylvain Thomas/AFP

    En débaptisant la rue du 19-mars-1962 pour lui donner le nom d’un ancien putschiste, le maire de Béziers Robert Ménard se pose en héritier du colonialisme.

    L’historien Alain Ruscio, spécialiste de la guerre d’Algérie, rappelle le travail de sape des « descendants idéologiques de l’OAS ».

    Que signifie commémorer, en France aujourd’hui, le 19 mars 1962 ? 

    Alain Ruscio : Ce n’est pas seulement la guerre d’Algérie qui s’est arrêtée, mais un cycle qu’on peut qualifier de décolonisation tragique : depuis 1945 et pendant dix-sept ans, la France a été en guerre, du Vietnam à l’Algérie. Cette dernière guerre avait profondément marqué, blessé, voire tué les sociétés française et algérienne. Il y a eu une sorte de soupir de soulagement à voir la France se libérer de ce poids en reconnaissant à ces peuples le droit à disposer d’eux-mêmes.

    On assiste à un mouvement de recul idéologique. Des maires Front national et de droite refusent de commémorer cette date, effacent cette histoire, mettent en berne les drapeaux français… 

    Alain Ruscio : Le grand drame des Français d’Algérie a été de penser que l’Organisation armée secrète (OAS), les pires des racistes et des colonialistes, pouvait les sauver. L’OAS, responsable de plusieurs milliers de crimes en Algérie et sur le sol français au nom de l’Algérie française. Aujourd’hui encore, les descendants idéologiques de l’OAS continuent leur combat d’arrière-garde. Ils réussissent à laisser penser que l’histoire aurait pu tourner autrement. À contre-courant des historiens et des citoyens qui savent bien que l’indépendance de l’Algérie était inéluctable. Ces gens-là ont perdu la guerre sur le terrain mais veulent gagner la guerre des mémoires.

    Avec l’arrivée aux exécutifs locaux d’élus sensibles à leurs thèses, leurs réseaux se réorganisent. 

    Alain Ruscio : Ceux qui se réclament de l’héritage gaulliste (et je rappelle que c’est De Gaulle lui-même qui a voulu signer l’indépendance de l’Algérie) n’hésitent plus à passer des alliances avec des anciens de l’OAS, les mêmes qu’ils avaient combattus. Il y a une porosité inquiétante entre l’extrême droite et la droite classique.

    Dans leur livre le Mauvais Génie, Ariane Chemin et Vanessa Schneider écrivent que Patrick Buisson a presque réussi à faire revenir Sarkozy sur les accords d’Évian. Est-ce possible ? 

    Alain Ruscio : La France et l’Algérie sont deux pays totalement indépendants, maîtres de leur destin, et nul n’y pourra rien changer : aucun gouvernement au monde ne reviendrait sur des accords signés par deux gouvernements légaux et validés par l’entrée de l’Algérie à l’ONU. Même si, dans la pire des hypothèses, les Le Pen arrivaient au pouvoir, ils ne le pourraient pas, à moins de vouloir faire replonger les jeunes Français dans une deuxième guerre d’Algérie.

    Alain Ruscio

    Alain Ruscio contre

     les OAStalgiques

    Le chercheur rafraîchit les mémoires

    sur les ignominies de l’armée secrète

    Il y a le sourire de Robert Ménard, maire de Béziers, quand il débaptise, au milieu du mois de mars, la rue du 19 mars 1962, date des accords d’Evian mettant fin à la guerre d’Algérie, pour dévoiler la plaque de la rue Commandant-Denoix-de-Saint-Marc. Et puis il y a ses mots : «Notre paradis à nous, comme disait et dit toujours ma mère.»

    Passons sur l’ancien commandant du 1er Régiment étranger de parachutistes, admirable pendant la Seconde Guerre mondiale, respectable en Indochine et misérable en Algérie quand il participe à la bataille d’Alger et au putsch des généraux en retraite, qui n’étaient pas 25, un quarteron, mais quatre : Salan, Jouhaud, Challe et Zeller.

    Nostalgérie, l’interminable histoire de l’OAS devrait rafraîchir les mémoires. «Notre paradis… ma mère», toute la guerre tient en quatre mots pour les nostalgiques. Après, il y a les chiffres et l’histoire d’un mouvement qui passera alternativement de l’horreur absolue à la bêtise, du ridicule à l’ignominie. Alain Ruscio dresse un bilan de ceux qui rêvaient de se mettre dans les pas de Franco marchant sur Madrid, pour conquérir Paris. Les chiffres : 15355 attentats, faisant 1622 morts (2700 suivant une autre source) (239 Européens, 1383 musulmans), entre mars 1961 et avril 1962, au nom du paradis que représentait l’Algérie pour quelques militaires en rupture de ban et des «braves gens» pour reprendre une expression du Canard enchaîné pour désigner des hommes de main.

    «Scorpions». «Le 15 mars 1961, un commando armé envoyé par Roger Degueldre, dirigé par deux chefs des commandos Delta, Jo Rizza et Gabriel Anglade, et comprenant Félicien "Kiki" Gardiola, "Petit Vincent", "Pierrot la Grue", "Jeannot" Martinez, fit irruption et exécuta froidement six hommes désarmés, collés au mur : Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand et Salah Ould-Aoudia.» Voilà l’affaire dite du Château-Royal, au cours de laquelle ces «braves gens» règlent leur compte aux dirigeants des centres sociaux éducatifs fondés par Germaine Tillion. Des méthodes si proches de l’attentat contre Charlie Hebdo. Pourquoi ? Ils répondaient à la violence du FLN et des «barbouzes» gaullistes. Sans doute, mais le niveau de haine - réciproque - touche à l’indicible. Le 19 février 1962, Francine Dessaigne, partisane de l’Algérie française, rend compte d’une opération : «Hier à midi, un commando OAS a tiré sur une voiture qui sortait de l’hôpital Maillot. Il y avait quatre barbouzes. La voiture a pris feu […]. Un cercle s’est formé. On a regardé se consumer le véhicule et ses occupants dont certains n’étaient que blessés […]. Qui n’a jamais dans sa vie tué des rats ou brûlé des scorpions.»

    L’imbécillité avait sa place aussi, comme le rappelle Alain Ruscio : «En février 1962, le siège des Editions sociales françaises, maison totalement apolitique spécialisée dans les publications de droit du travail, fut plastiqué à la place des Editions sociales, émanation du PCF… En mars, l’appartement d’un certain M. Léon, journaliste à la retraite, fut à son tour détruit, le commando l’ayant confondu avec Georges Léon, critique musical à l’Humanité…» A force de se tromper de cible et de méthodes, les plastiqueurs de l’OAS vont perdre tout soutien populaire, comme en témoignent les résultats aux référendums de janvier 1961 (74,9% des suffrages approuvent l’autodétermination) et d’avril 62 (90,8% en faveur de la ratification des accords d’Evian). Bilan de l’OAS, qui voulait rendre coup pour coup au FLN, mettant un terme à tout espoir de cohabitation entre les «indigènes» et les «Européens» : la guerre totale promise par des officiers qui avaient choisi de désobéir se transformait en une défaite totale.

    «Corps». En voulant aller contre l’histoire - le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, affirmé par le général de Gaulle -, les amis de Jean-Marie Le Pen, que l’on croise une douzaine de fois dans le livre d’Alain Ruscio, opposaient la force de quelques-uns à la volonté populaire. Ils auraient dû lire Alexis de Tocqueville qui écrivait en 1830 : «La société musulmane et la société chrétienne n’ont malheureusement aucun lien, elles forment deux corps juxtaposés, mais complètement séparés […]. Tous les jours cet état de choses tend à s’accroître par des causes contre lesquelles on ne peut rien.» Dire notre «notre paradis à nous», c’est encore naviguer entre le ridicule et l’ignoble pour faire plaisir à sa maman, sans rien avoir appris de l’histoire.

    Philippe DOUROUX 

    Alain Ruscio Nostalgérie, l’interminable histoire de l’OAS La Découverte, 316 pp., 21 €.

    SOURCE : http://www.liberation.fr/livres/2015/04/15/alain-ruscio-contre-les-oastalgiques_1241904

    Alain Ruscio : « Ils veulent gagner la guerre des mémoires »

    Effacer les échos d’une mémoire pervertie

    pour débloquer l’histoire

    Nostalgérie, l’interminable histoire

    de l’OAS  d’Alain Ruscio.

    C’est l’adjectif qu’il convenait d’employer : « interminable ». Car l’historien Alain Ruscio, qui connaît par cœur cette histoire de l’un des mouvements terroristes intimement lié à la décolonisation, réitère le douloureux constat de la façon dont les idées et l’action de l’Organisation armée secrète – ou des hommes qui l’ont composée avant même sa fondation – ont imprégné et continuent d’exercer un certain attrait au sein de la politique française, à droite, à l’extrême droite. D’une certaine façon, ils ont « bloqué l’histoire ». La « persistance de la foi en une cause », l’Algérie française et, partant, la préservation de l’empire colonial français, s’explique pour partie, note Ruscio, par la « ténacité » de ce lobby, mais aussi par « la perméabilité des parois qui séparent droite classique et monde extrémiste en ce domaine ». En témoignent les hommages sous forme de stèles, de plaques, que les élus de droite et d’extrême droite du Sud (à Béziers, Nice, Grasse, Perpignan, Narbonne…) inaugurent à grand renfort de discours magnifiant le « paradis » perdu, avant tout pour flatter un électorat pied-noir abusivement considéré d’un seul tenant. C’est que, de Jean-Marie Le Pen et Pierre Poujade à Louis Aliot et Robert Ménard, en passant par Valéry Giscard d’Estaing (longtemps soupçonné d’être « l’agent 12 A », premier informateur de l’équipe 12 de l’OAS-Métro), des liens, apparents ou cachés, existent qui consacrent une « fraternité » des nostalgériques. Dans une enquête historique très détaillée, multipliant les sources (13 pages de bibliographie et filmographie !), l’historien suit le parcours de ces Français d’Algérie à la « mentalité d’assiégés », qui, dès que la France a pris pied sur ce bout de continent africain, en 1830, se sont constitués en milices. Une genèse qui ne pouvait que favoriser un rapprochement avec l’extrême droite, notamment avec « le dernier bastion fasciste d’Europe », l’Espagne (où l’OAS est née en février 1961). Aujourd’hui encore, les échos de ce mouvement résonnent dans la société française. Une « restauration coloniale » est à l’œuvre depuis que les relais politiques demandent « l’amnistie » pour les tueurs de l’OAS (15355 attentats revendiqués, 1622 morts (2700 suivant une autre source) et 5048 blessés européens et musulmans) ou que la République giscardienne a réintégré les « enfants perdus » de cette aventure, Alain Griotteray ou Pierre Sergent (un des premiers membres du FN). Plus près de nous, c’est un Nicolas Sarkozy participant à la « perversion de l’histoire réelle » par une « lecture partiale d’un bilan mettant en avant les ‘‘aspects positifs’’» qui œuvre à la « réhabilitation des ‘‘valeurs’’ qui naguère ont fait la force de l’idéologie coloniale ». Pour ne pas répéter les errements, relire cette histoire à l’aune des discours présents est essentiel.

    SOURCE : http://www.humanite.fr/effacer-les-echos-dune-memoire-pervertie-pour-debloquer-lhistoire-571557

     

     

    « Guerre d’Algérie. Ils témoignent pour une mémoire apaisée *** MISE A JOUR D'UN LONG COMMENTAIRE URGENT ! SAUVONS LA PAIX NI GUERRES, NI ETAT DE GUERRE »
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