• Qu'est-ce que «la doctrine Grimaud» réclamée par plusieurs personnalités ?

     

    Qu'est-ce que «la doctrine Grimaud» réclamée

    par plusieurs personnalités ?

    Qu'est-ce que «la doctrine Grimaud» réclamée par plusieurs personnalités ?

    Le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, avec le général de Gaulle en 1969.[JOEL SAGET / AFP]

    Elles demandent le retour de «la doctrine Grimaud», inventée par l'ancien préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, en mai 1968. Alors que les dénonciations de violences policières se multiplient, plusieurs personnalités publiques appellent au changement de la méthode du maintien de l'ordre.

    La gestion dans la capitale des manifestations – gilets jaunes et contre la réforme des retraites – par le préfet de police, Didier Lallement, est très critiquée. La maire Anne Hidalgo, sur France Inter, le 22 janvier a ainsi déclaré : «il faut que le préfet de police revienne à la doctrine Grimaud». L'ancien directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan, l'a également cité en exemple lors des voeux adressés à ses troupes, au début du mois de janvier, avant de partir à la retraite.

    Cité en exemple, Maurice Grimaud, qui a été préfet de police de la ville de Paris de 1966 à 1971, s'est distingué en mai 1968 pour avoir contenu les manifestations étudiantes parisiennes sans mort à déplorer d'un côté comme de l'autre.

    Qu'est-ce que «la doctrine Grimaud» réclamée par plusieurs personnalités ?

    Violences policières : les plaquages ventraux responsables de la mort de vingt personnes depuis trente ans. 

    Dans la théorie, le préfet Grimaud voulait à tout prix empêcher les forces de l'ordre de faire preuve d'une inutile brutalité pour ne pas tomber dans un engrenage inarrêtable. «Dites-vous bien et répétez-le autour de vous : toutes les fois qu'une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui souhaitent le venger. Cette escalade n'a pas de limites», peut-on lire dans la célèbre lettre, qu'il envoya à l'ensemble des forces de police lors de ce mois de révolte.

    Et selon lui, les bavures policières déshonoraient l'ensemble de la profession : «frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière», écrit-il dans cette même missive. La formule est passée à la postérité. 

    Emploi massif des forces et marche lente

    Concrètement, l'application de l'ordre s'organisait autour de deux principes : «l'emploi massif des forces plutôt que mise en place de commandos légers qui pourraient se trouver encerclés et n’avoir d’autre issue pour se dégager que l’emploi des armes», et le choix «de la marche lente vers le contact plutôt que des charges violentes», selon la revue Histoire@Politique. Le but était surtout d'impressionner par le nombre et l'uniforme plutôt que de charger à tout va. «En mai 1968, peu de corps-à-corps, malgré la légende. La troupe chargeait avec furia, mais prenait souvent soin de s'arrêter à vingt mètres de l'objectif», peut-on lire dans un article de Slate d'avril 2019.

    D'autant que le préfet Grimaud connaissait très bien la situation sur le terrain et le moral de ses troupes : il passait de longues nuit à leurs côtés, donnant l'image d'un supérieur humain et proche de ses hommes. Le chef de la police s'appliquait également à rester en contact avec les responsables du mouvement étudiant, notamment pour bien connaître les trajets des manifestations.

    Enfin, le préfet avait fait installer des équipes d'assistance médicale dans tous les commissariats, pour s'assurer que les manifestants interpellés ne soient pas passés à tabac, selon Philippe Nivet, l'historien qui a écrit la publication dans la revue Histoire@Politique.

    Qu'est-ce que «la doctrine Grimaud» réclamée par plusieurs personnalités ?

    Sur le même sujet : Guerre d'Algérie : Le 17 octobre 1961, des immigrés algériens étaient jetés dans la Seine. 

    A l'époque, la tactique du préfet de police a été une véritable rupture avec ce qui se faisait auparavant. Son prédécesseur, Maurice Papon (1958-1966) est en effet l'homme qui a réprimé dans le sang une manifestation des Algériens à Paris le 17 octobre 1961, provoquant la mort de plusieurs dizaines de manifestants. C'est également lui qui était, en février 1962, à la tête de la police parisienne lorsqu'elle a tué 9 personnes qui manifestaient contre la guerre d'Algérie à la station de métro Charonne à Paris. 

    SOURCE : https://www.cnews.fr/france/2020-01-22/quest-ce-que-la-doctrine-grimaud-reclamee-par-plusieurs-personnalites-919991

    « Renvoi du procès de Zemmour accusé de "provocation à la haine"A CAUSE DE MACRON ! La chanson des manifs »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    1
    Jeudi 23 Janvier à 10:04

    Eh non, la violence n'est pas le plus souvent du côté des manifestants ! Il arrive fréquemment que des ordres soient donnés aux forces de "l'ordre" qui sont alors transformées en forces de répression.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :