• Quatre-vingts pays sur les Champs-Élysées pour un message de paix Souvenirs du 14 juillet 2014

    Quatre-vingts pays sur les Champs-Élysées

    pour un message de paix

    Souvenirs du 14 juillet 2014

    En 2017  la vedette ? c’est le président américain

    "Trump excentrique, vulgaire, grossier et agressif"

    En 2014 c’était une délégation algérienne

    Quatre-vingts pays sur les Champs-Élysées pour un message de paix Souvenirs du 14 juillet 2014 En 2017 la vedette ? c’est le " vulgaire et fantaisiste" président américain Busch En 201

    Derniers préparatifs avant la célébration de la fête nationale qui sera pour l’année 2014 ouverte à 80 pays étrangers dans le but d’envoyer un message de paix, cent ans après le début de la Grande Guerre.

    La présence d’une délégation algérienne fait débat en France parmi les rapatriés et les harkis, et en Algérie parmi les vétérans de l’ALN.

    Mais cette polémique au sujet de la participation d’une délégation militaire algérienne n’a eu finalement que peu d’échos des deux côtés de la Méditerranée.

    Quatre-vingts pays ont rendez-vous avec la France, lundi 14 juillet, sur les Champs-Élysées, à l’occasion du traditionnel défilé militaire qui, en 2014, ouvre les cérémonies du centenaire de la Première Guerre mondiale. Ils ont été invités par François Hollande à venir honorer cette mémoire. Depuis qu’il a été créé en 1880, le défilé du 14 juillet n’aura jamais été aussi ouvert à la participation d’armées étrangères qu’en cette année 2014.

    Hommage aux victimes de la Première guerre mondiale

    Pour la première fois, la quasi-totalité des nations engagées de part et d’autre du front durant la Grande Guerre seront ainsi réunies. « Il s’agira de transmettre un message de paix et de solidarité », précise l’Élysée. Aucun chef d’État étranger ne sera présent. La plupart des nations invitées seront représentées par un officiel en tribune – le plus souvent le ministre de la défense – par un porte-drapeau et deux gardes pour une « parade aux emblèmes » qui se déroulera en ouverture du défilé devant la tribune officielle place de la Concorde, et par quatre jeunes – deux garçons et deux filles – qui participeront à la chorégraphie de clôture au même endroit.

    Les porte-drapeaux étrangers seront, comme leurs gardes, des militaires, en majorité des officiers. Ils seront encadrés par un peloton de soldats français en uniforme bleu-horizon de 1914. Sur fond de chants des Poilus entonnés par le Chœur de l’armée française, la parade aux emblèmes sera l’occasion de se souvenir de toutes les victimes de la Première guerre mondiale : alliés ou ennemis, Français de la métropole ou des colonies, étrangers d’Europe ou d’ailleurs, soldats ou travailleurs pour le compte du génie ou civils. Au total, le conflit a fait dix millions de morts.

    La participation de l’Algérie divise

    La participation d’une délégation algérienne à cette parade fait débat, depuis un mois, dans une partie de l’opinion de part et d’autre de la Méditerranée. En France, une pétition intitulée « Non au défilé des troupes algériennes le 14 juillet 2014 » a été mise en circulation à l’initiative du député frontiste Gilbert Collard et a recueilli près 18 000 signatures, tandis que l’association Jeune Pied-noir proteste aussi contre cette présence.

    Mais toutes les associations de harkis et leurs enfants ne sont pas sur la même longueur d’onde : si France-harkis a demandé l’annulation de la participation algérienne, ce n’est pas le cas du Comité national de liaison des harkis qui approuve au contraire cette venue au motif qu’elle est « un premier pas vers la réconciliation ».

    En Algérie, la polémique a été également circonscrite. L’Organisation nationale des moudjahidines (OMM, anciens combattants) s’est opposée publiquement à la présence de militaires algériens au défilé de Paris. Le même point de vue a été défendu par les islamistes du MSP. Le débat a cependant perdu de son intensité lorsque les autorités françaises ont précisé que l’Algérie ne participerait pas au défilé sur les Champs-Élysées, mais serait seulement représentée par trois soldats lors de la cérémonie d’ouverture. Peu d’Algériens se sentent, en réalité, concernés par cette polémique.

    Devoir de mémoire

    Et même les rares Algériens qui affirment l’être sont en fait partagés. Alors française, l’Algérie a perdu près de 23 000 hommes dans la Première Guerre mondiale. Le ministre des affaires étrangères Lamtane Lamamra met en avant ce devoir de mémoire : « Le peuple algérien assume toute son histoire et honore ses propres contributions à la liberté à travers le monde », a-t-il dit.

    Un argument qui n’empêche pas Said Abadou, secrétaire général de l’OMM, d’exprimer une opinion critique : « Plusieurs centaines de milliers d’Algériens sont morts entre 1954 et 1962 sous le feu de l’armée française. L’armée algérienne ne peut donc parader avec elle à Paris. En tout cas, tant que des excuses officielles n’auront pas été présentées par la France au peuple algérien. »

    À l’issue du défilé, environ 250 garçons et filles venus des pays invités formeront un tableau composé par le chorégraphe José Montalvo et suivi d’un lâcher de colombes. À leur arrivée en France, ces jeunes ont été accueillis par François Hollande à l’École militaire. Très impliqué dans la préparation de ce 14 juillet, le président de la République souhaite qu’en cette occasion « un message de confiance » soit porté aux Français. C’est ce qu’il avait déjà affirmé en novembre 2013 en présentant le programme des commémorations qui rythment 2014 : celles du centenaire de 14-18 et celles du 70e anniversaire des débarquements de Normandie et de Provence.

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    La présence d’armées étrangères, une tradition : 

    > Créé en 1880, le défilé du 14 juillet a lieu d’abord au parc de Longchamp. Il se déroule aux Champs-Élysées à partir de 1919. Cette année-là, l’armée britannique y participe. Elle est à nouveau invitée le 14 juillet 1939.

    > Le 14 juillet 1945, un important détachement américain, notamment motorisé, descend la célèbre avenue avec les troupes françaises.

    > À partir de 1994, la participation d’armées étrangères s’impose avec la présence de soldats allemands de l’Eurocorps. Depuis, ont été invitées les armées du Brésil (2005), de l’Union européenne (2007), de l’ONU (2008), de l’Inde (2009) et des pays africains de l’ancien empire colonial français (2010) à l’occasion du cinquantième anniversaire de leur accession à leur indépendance.

    Guerre d’Algérie, le long travail

    Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, la guerre d’Algérie débutait par des attentats revendiqués par le FLN. Allaient suivre huit années de violences et de passions qui aboutirent à l’indépendance de l’Algérie. Soixante ans après, l’apaisement de la mémoire de ce conflit semble en marche.

    Quatre-vingts pays sur les Champs-Élysées pour un message de paix Souvenirs du 14 juillet 2014 En 2017 la vedette ? c’est le " vulgaire et fantaisiste" président américain Busch En 2014 d’était une dé

    Un militaire français à Alger. Pour les historiens, « la reconnaissance des vécus douloureux de la guerre » a permis l’apaisement des mémoires. / (Nicolas Tikhomiroff / Magnum Photos)

    Il est 10 heures du matin, ce 14 juillet 2014, place de la Concorde à Paris. François Hollande vient de prendre place dans la tribune présidentielle où l’attendent de nombreuses personnalités. À ce moment-là, en prélude au défilé des troupes qui va descendre les Champs-Élysées, les délégations militaires (un porte-drapeau et trois gardes chacune) de 80 pays de la planète prennent position devant la tribune, pour rendre hommage aux millions de morts de la Première Guerre mondiale.

    Parmi elles, l’Algérie, dont la présence ne soulève pas véritablement de polémiques dans l’Hexagone, comme d’ailleurs à Alger. Quelques associations de pieds-noirs ont protesté, un mois auparavant, à l’annonce de cette participation. Mais c’est tout : il n’y a aucune manifestation spontanée dans les parages de « la plus belle avenue du monde » pour contester.

    « Le temps a malgré tout fait son oeuvre »

    Cela peut étonner, compte tenu du climat passionnel qui a prévalu jusqu’à présent en France à propos de tout ce qui peut rappeler la guerre d’Algérie. Ainsi, au début des années 1980, la visite en France d’Ahmed Ben Bella (premier président de l’Algérie indépendante) avait déclenché les polémiques. « Il n’est toutefois pas surprenant que la présence de militaires algériens le 14 juillet dernier n’ait pas eu le même effet », estime l’historienne Raphaëlle Branche, spécialiste de la guerre d’Algérie et de l’évolution de sa mémoire.

    « Le temps a malgré tout fait son œuvre, dit-elle. Si l’actuel président algérien Abdelaziz Bouteflika appartient encore à la génération qui a combattu les Français en Algérie, la plupart des responsables politiques sont désormais plus jeunes, des deux côtés de la Méditerranée. Les populations, surtout, sont beaucoup plus jeunes et beaucoup plus éloignées de la guerre. »

    Reconnaissance des vécus douloureux de la guerre

    Un pan d’histoire bascule, en quelque sorte. Cela n’explique pas tout, reconnaît implicitement Raphaëlle Branche en notant qu’en France, à propos de la mémoire de la guerre d’Algérie, « les convergences sont réelles » et permettent de parler d’« un apaisement en marche ». Ces convergences reposent sur « les progrès depuis plus de vingt ans des connaissances historiques et leur diffusion, notamment par le biais de l’enseignement secondaire et de documentaires télévisés ».

    Il s’ensuit, dans l’opinion comme du côté des pouvoirs publics, une « reconnaissance des vécus douloureux de la guerre », celui des pieds-noirs, des harkis, des appelés et aussi des moudjahidins et des populations civiles algériennes.

    Cette évolution a pu également être encouragée par quelques initiatives fortes sur le plan politique, constate l’historienne. Et de citer celle prise, en 2006, par le président Jacques Chirac de faire supprimer la disposition décriée de l’article 4 de la loi sur les rapatriés de 2005 invitant les manuels scolaires à souligner les aspects positifs de la colonisation en Algérie.

    Ou, plus récemment, le discours tenu par François Hollande en décembre 2012 à Alger, dans lequel il s’est montré à l’écoute des revendications algériennes tout en s’attachant à construire l’avenir des relations entre les deux peuples.

    Une mémoire plurielle 

    « La mémoire de la guerre d’Algérie est plurielle », insiste Raphaëlle Branche. Il y a donc la mémoire des anciens appelés, celle des rapatriés, celle des harkis… Et chacune peut procéder à des rappels de sa spécificité, qui « ne sont pas nécessairement polémiques ». Car ces rappels s’inscrivent « de plus en plus dans des commémorations ritualisées, dont la dimension revendicative a diminué au fil du temps et des réponses apportées par l’État », notamment sous la forme de pensions et d’indemnisations.

    > A (re) lire : L’État accorde reconnaissance et réparation aux harkis 

    Pour l’historienne, les défenseurs de l’action de l’OAS peuvent « encore attiser quelques braises » comme l’ont montré l’une ou l’autre des manifestations publiques organisées ces dernières années. « Ces quelques incidents, cependant, ne sont que des exceptions, estime Raphaëlle Branche. Ce qui s’exprime dans l’espace public français aujourd’hui vis-à-vis de la guerre d’Algérie ne recueille pas l’assentiment de tous et témoigne de la pluralité d’interprétations. »

    ANTOINE FOUCHET

    SOURCE :  http://www.la-croix.com/Actualite/France/Guerre-d-Algerie-le-long-travail-de-memoire-2014-10-31-1230126

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    « Inauguration (6 juillet 2017) de la plaque commémorative Un article d'Henri POUILLOT présent à ce dévoilementLa nature rejoint la sculpture de cette femme ... Qui vivait heureuse auprès de son arbre ! »
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