• Que les journalistes à gage du pouvoir et du monde des affaires se taisent : depuis trente ans, ils ont tout faux

     

    Que les journalistes à gage du pouvoir et du monde des affaires se taisent : depuis trente ans, ils ont tout faux

    Acrimed (acronyme d'« Action critique Médias ») est une association française loi de 1901, de critique des médias. Cet observatoire des médias a été créé en 1996 à l'initiative d'Henri Maler et de quelques autres (dont Patrick Champagne, sociologue proche de Pierre Bourdieu), dans la foulée du mouvement social de novembre et décembre 1995, en réponse à la façon dont les grands médias auraient pris parti contre ce mouvement et neutralisé l'expression de ses acteurs.

    Se déclarant attentive à la vérification des faits, Acrimed réunit des salariés et usagers des médias, des chercheurs et des universitaires, et des acteurs de la vie associative et politique.

    Que les journalistes à gage du pouvoir

    et du monde des affaires se taisent :

    depuis trente ans, ils ont tout faux

     

    Que les journalistes à gage du pouvoir et du monde des affaires se taisent : depuis trente ans, ils ont tout faux

    Les économistes et journalistes aux ordres annoncent chaque jour de verts paturages et le bonheur pour tous ?
      

    30 ans de libéralisme et de libre marché

    Que les journalistes à gage du pouvoir et du monde des affaires se taisent : depuis trente ans, ils ont tout faux

     

    POUR LES UNS LES LINGOTS

    POUR LES AUTRES LE PAVE


    Que les journalistes à gage du pouvoir et du monde des affaires se taisent : depuis trente ans, ils ont tout faux

    Que les journalistes à gage du pouvoir et du monde des affaires se taisent : depuis trente ans, ils ont tout faux

     

    Acrimed : Au nom du pluralisme, taisez-vous ! :

     

    Une déclaration d’Acrimed qui invite les économistes à gages, les chroniqueurs et les éditocrates qui depuis trente ans chantent les louanges du libéralisme, à se taire au nom du pluralisme comme de la décence la plus élémentaire. 

    Voilà trente ans que les libéraux occupent tout l’espace médiatique, chantent les louanges de la mondialisation heureuse, de l’Europe des marchés, et de la baisse des déficits publics. 

    Trente années que ces zélateurs zélés du capitalisme nous abreuvent de doctrines libérales qui causent les crises, détruisent les emplois et bouleversent le climat. 

    Trente années qu’ils braillent contre les dépenses de l’État, appellent à réduire son périmètre, enjoignent d’alléger la pression fiscale, acclament la concurrence et roucoulent dès que l’on réduit le nombre de fonctionnaires. 

    Trente années qu’ils accompagnent la casse du droit du travail, qu’ils se félicitent des dividendes offerts aux actionnaires, prêchent inlassablement le « mérite » des riches et des rentiers. Trente années qu’ils accablent les travailleurs et les plus démunis, les « tire-au-flanc » et les « privilégiés » dans leurs médias gavés de subventions publiques. 

    Trente années que ces spécialistes de la pensée jetable se trompent sur tout. Qu’ils célèbrent la finance triomphante à la veille de la crise des subprimes. Qu’ils vantent la « solidarité européenne » quand sont imposées des coupes drastiques aux pays en difficulté. Qu’ils applaudissent, malgré la crise climatique, le capitalisme et le consumérisme effréné dans leurs médias saturés de publicités. 

    Trente années que les économistes à gages – qui cachetonnent dans les conseils d’administration des grandes entreprises du CAC40 – les chroniqueurs libéraux ou les simples éditocrates cadenassent la parole et monopolisent des plateaux faits par eux et pour eux. 

    De « l’État obèse » et « boursouflé » fustigé par Laurent Joffrin dans les années 1980 à la « suppression de la cinquième semaine de congés payés » prônée par Christophe Barbier en 2011, en passant par « la mondialisation heureuse » appelée de ses vœux par Alain Minc à la veille des années 2000, ils ont asséné tant de fois le même discours, le même message, qu’il est connu de tous, et par cœur : « Vive l’individualisme et le marché » ; « À bas la solidarité et la puissance publique » ! 

    Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, certains retournent (une nouvelle fois) leur veste : c’est l’État tant honni qui est appelé à la rescousse. Mais alors que le système de santé est à bout de souffle du fait des politiques libérales et des coupes budgétaires, alors que des vies sont en jeu, que penser des sommations à la « baisse des dépenses de santé » d’Éric Le Boucher ? Que penser des prophéties de Nicolas Bouzou en 2014, selon lesquelles « dans 10 ans, nous aurons deux fois trop de lits d’hôpitaux » ? Que penser des cris d’orfraie d’Agnès Verdier-Molinié contre « le taux d’absentéisme très élevé qu’il y a dans nos hôpitaux publics » ? Que penser enfin, en pleine crise du Covid-19, des railleries d’Yves Calvi contre « la pleurniche permanente hospitalière » (12 mars 2020) ? 

    Aujourd’hui plus que jamais, après ces trente années de captation de l’antenne, il est temps qu’ils se taisent. 

    Au nom du pluralisme comme au nom de la décence la plus élémentaire, nous demandons à Jacques Attali, Ruth Elkrief, Dominique Seux, Axel de Tarlé, Alain Minc, Jean Quatremer, Christine Ockrent, Jean-Michel Aphatie, Nicolas Baverez, Alain Duhamel, Christophe Barbier, Brice Couturier, Jacques Julliard, Franz-Olivier Giesbert, Arnaud Leparmentier, Éric Le Boucher, Nicolas Beytout, Yves de Kerdel, Élie Cohen, Christian de Boissieu, Raphaël Enthoven, François Lenglet, Daniel Cohen, Patrick Artus, Christian Menanteau, Éric Brunet, Yves Calvi, Laurent Joffrin, David Pujadas, Yves Thréard, François de Closets, Pascal Perri, Nicolas Doze, Jean-Marc Sylvestre, Nicolas Bouzou, Jean-Hervé Lorenzi, Olivier Truchot, Dominique Reynié, Philippe Dessertine, Agnès Verdier-Molinié et consorts, de ne plus prendre la parole dans les médias pendant trente ans. 

    Nous demandons également aux médias qui les emploient ou qui les invitent – et a fortiori les médias du secteur public – d’en profiter pour laisser la place, et faire entendre d’autres voix (qui ne soient pas leurs clones) pendant trente ans. 

    Dans trente ans, alors, on pourra débattre à armes égales. 

    Acrimed 

    Post-scriptum : Nous ne doutons pas que le Conseil supérieur de l’audiovisuel veillera à ce que le pluralisme soit ainsi strictement respecté. 

    SOURCE : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2020/04/que-les-journalistes-a-gage-du-pouvoir-et-du-monde-des-affaires-se-taisent-depuis-trente-ans-ils-ont-tout-faux.html 


     

    « « On va pas bloquer tout le pays pour quelques vieux qui vont mourir d’une minute à l’autre ».Face à un Macron en pleine débâcle, quel scénario pour "l'après coronavirus" ? »
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 19 Avril à 10:19

    Les idées dominantes sont celles de la classe dominante, diffusées par les médias à sa botte et hélas relayées par de nombre de gens qui sont pourtant victimes d'un système totalement impuissant à résoudre leurs problèmes qu'il s'agisse de la crise sanitaire ou des difficultés sociales.

    On en a présentement une illustration avec la campagne menée contre la Chine accusée d'avoir provoquée la pandémie. Un moyen de faire diversion par rapport à la responsabilité de nos dirigeants.

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