• Que va devenir la maison de Jean Moulin à Béziers, ville soutenue par le FN ?

    Que va devenir la maison de Jean Moulin

     à Béziers, ville soutenue par le FN ?

    Que va devenir la maison de Jean Moulin   à Béziers, ville soutenue par le FN ?

    La justice doit bientôt se prononcer sur l'avenir de la maison natale du héros de la Résistance, que le maire affilié au Front national veut transformer à sa façon.

    C'est à Béziers, au troisième étage de cet immeuble d'époque haussmannienne, qu'est né Jean Moulin, le 20 juin 1899. C'est là, avant son départ à l'âge de 19 ans, que ses parents - notamment son père Antoine-Émile Moulin, prof d'histoire-géo et conseiller municipal - ont éduqué "Max", le futur héros national de la Résistance. C'est un appartement de classe moyenne, typique de la fin du XIXe siècle : quatre pièces (un séjour et trois chambres).

    Jean Moulin, étudiant en droit à Montpellier, puis chef de cabinet, sous-préfet, puis préfet, y est revenu régulièrement, voir ses parents, jusqu'à ce qu'ils quittent l'appartement en 1937. Depuis, certes, une salle de bain a été créée. Mais les onze locataires qui se sont succédé dans les lieux ont suivi la consigne : respecter l'esprit des lieux occupés de la famille Moulin entrée dans l'Histoire. Rien n'avait donc bougé dans l’appartement quand en 2011, la mairie UMP de Béziers a racheté l'immeuble dont a hérité en 2014 le nouveau maire Robert Ménard, apparenté 
    Front national.

    Depuis, une bataille de la mémoire de Jean Moulin est engagée autour de cette maison. Robert Ménard a fait voter en conseil municipal (voir dès la page 77) la vente du bâtiment à une société pour qu'elle réhabilite les logements et l'immeuble, et qu'elle transforme l'appartement de Jean Moulin en musée, rétrocédé ensuite à la ville. Sauf que, quand les plans d'architecte ont été dévoilés, Olivier Guiraud, l'ancien adjoint à la culture, s'étrangle. Plus rien ou presque de l'existant n'est conservé. Faux plafond, vitrines... : les quatre pièces deviendraient un musée radicalement moderne. Effaçant la patine de l'époque.

    Ménard réplique sur le terrain politique

    Olivier Guiraud fonde alors une association des "Amis de la maison de Jean Moulin", et entre... en résistance. "Jean Moulin était plutôt un homme de gauche, donc à partir de ce moment-là, on peut penser qu'il ne plaisait pas à une certaine partie de personnes qui se reconnaissent dans un courant d'extrême droite. Certains membres de l'association sont persuadés que le projet est véritablement un projet de destruction de la mémoire de Jean Moulin", assure-t-il. "Cette maison doit rester dans le patrimoine national, au même titre que celles de de Gaulle et de Clemenceau. Elle doit être préservée. C'est un crime que d'effacer la mémoire d'un personnage célèbre, on ne peut pas le faire", argue-t-il.

    L'accusation portée par une partie de l’opposition, c'est que le projet de rénovation, sous couvert d'hommage à Jean Moulin, permettrait en réalité de "liquider" les traces laissées à Béziers par l'enfant du pays. Le maire dément tout volonté de dénaturer les lieux, et il réplique sur le terrain politique. "L'appartement était à l’abandon. Ce qui les insupporte, mes adversaires, c'est que ce soit nous qui nous préoccupons de la mémoire de Jean Moulin", affirme Robert Ménard.

    "Jean Moulin n'appartient à personne", dit-il. "Pas à la gauche. Jean Moulin était avant tout un grand Français. Et il incarne l'esprit rebelle de Béziers", affirme Robert Ménard, dont le projet est pour l’instant bloqué par des procédures en justice.

    Un dossier surveillé "de très près"

    L'association a attaqué le vote du conseil municipal de Béziers prévoyant l'opération immobilière et la rénovation. Elle a demandé parallèlement le classement de la maison de Jean Moulin par les Monuments historiques. Le préfet de région Occitanie devrait, sous peu, signer non pas le classement, mais l'inscription au patrimoine, au nom de "l'importance nationale du caractère mémoriel du lieu".

    Robert Ménard, officiellement, se félicite de cette inscription programmée. Mais désormais tous travaux et toutes modification dans les lieux devront être validés par le préfet qui, selon ses services, surveillent "ce dossier très sensible de très près".

     


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