• Qui héritera des archives coloniales de l’Algérie ?

     

    Qui héritera des archives coloniales

    de l’Algérie ?

     

    Qui héritera des archives coloniales  de l’Algérie ?

    En plein travail sur des documents « confidentiels », Andrew Smith, l’historien anglais spécialiste des décolonisations a pris ce cliché énigmatique en 2015. « J’ai rencontré aux archives nationales d’Outre-Mer, des chercheurs et universitaires mais aussi des gens venus découvrir ici leur histoire familiale », témoigne-t-il. Un point de jonction entre la grande et les petites histoires.( PHOTO Andrew Smith, avec son aimable autorisation )

     

    Les archives de l’Algérie coloniale, conservées à Aix-en-Provence font l’objet de demandes répétées de rétrocession, un débat très « politique ».

    Durant le processus d’indépendance de l’Algérie débuté avec le référendum de 1961, puis les Accords d’Évian, le gouvernement français a rapatrié des centaines de tonnes d’archives, dites « de souveraineté », provenant du gouvernement général d’Algérie, des préfectures et des sous-préfectures, des rapports administratifs, de police, des notes de renseignement, etc. Tandis que les archives dites « de gestion », sont laissées en Algérie au bénéfice du nouvel État Algérien. Quatre ans plus tard, en 1966, le premier bâtiment des archives nationales d’Outre-Mer est inauguré à Aix-en-Provence. C’est le premier service d’archives nationales décentralisé en France, il a pour objectif de conserver l’ensemble des documents portant sur les anciennes colonies françaises.

    Une mission diplomatique

    Cet été, Emmanuel Macron a confié à l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire de l’Algérie une mission sur« la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie » pour « favoriser la réconciliation entre les peuples français et algériens ». Une mission destinée à « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France ». Le rapport devait être remis à la fin de l’année 2020, puis en janvier, mais aucune date n’est encore fixée.

    De son côté, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, a nommé le directeur général du Centre national des archives algériennes, Abdelmadjid Chikhi, pour « penser un travail de vérité sur les questions mémorielles des deux pays ». En ce même mois de juillet, la France a restitué les restes mortuaires de 24 combattants algériens tués au XIXe siècle en s’opposant à la « conquête » militaire de l’Algérie. Un « effort », reconnu par le gouvernement algérien qui réitère aussitôt sa demande de « restitution » de l’ensemble des archives et exige de la France des « excuses ». « L’Algérie réclame la totalité de ses archives », lance encore, à la mi-décembre, Abdelmadjid Chikhi, lors d’une conférence de presse. « Les demandes de la partie algérienne sont claires et ne nécessitent pas de concertations », ajoute-t-il, « la question est immuable car le passé ne saurait être effacé ou oublié ».

    Cela fait déjà plusieurs décennies que le sujet est un nœud de discorde entre les deux pays, pour devenir un enjeu diplomatique et politique avant même d’être historique.

    D’autres voix sont plus nuancées, comme celle de Fouad Soufi, historien et archiviste algérien, « ce qui me paraît important, c’est de revenir au concept de “patrimoine commun” qui intéresse autant les Français que les Algériens et dans ces conditions les restitutions devraient être étudiées au cas par cas, par fonds, par séries, et même par sous-séries », expliquait-il, dès juillet, dans un entretien accordé au quotidien Le Monde. « Bien sûr, cela contredirait le principe archivistique fondamental de “respect des fonds” », poursuit-il, « mais le principe de “bien commun” permettrait de le dépasser ». Côté Français, les historiens sont plus que circonspects sur cet hypothétique retour des archives. Il y a toujours un vide juridique autour de la « propriété » de ces documents... La demande suppose que « l’État algérien existait déjà avant 1962 sous la forme de l’Algérie coloniale », fait remarquer Guy Pervillé, historien et spécialiste de l’Algérie, dans sa réponse au directeur du Centre national des archives. « Il serait plus raisonnable (...) de rechercher avec la France un arrangement, dans un esprit pratique, pour faciliter l’accès des deux parties aux archives qui peuvent leur être utiles », conclut-il, dans un souci d’apaisement.

    « Le gouvernement algérien revendique régulièrement, depuis les années 70, les archives transférées en France en 1961-1962 », rappelle la direction des archives nationales d’Outre-Mer, dans son projet scientifique, culturel et éducatif 2020-2024. « Ce sujet politique a été abordé par les premiers ministres français et algérien en décembre 2017, qui se sont entendus sur la remise de copies numériques à l’Algérie », poursuit-elle. Et de lister une série d’actions : « la transmission de l’ensemble des inventaires » ;« la remise de copie des fonds numérisés (...) dont celle des films réalisés par le gouvernement général » et la poursuite d’un énorme travail de numérisation des fonds et leur mise à disposition en ligne.

    SOURCE : https://www.lamarseillaise.fr/france/qui-heritera-des-archives-coloniales-de-l-algerie-LB5939094 

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 11 Janvier à 12:18
    Je ne suis pas spécialiste en matière d'archives mais n'y a-t-il pas possibilité de scanner les documents, de remettre les originaux à l'Algérie et de conserver les copies afin que les historiens des deux pays disposent de ce qui est nécessaire à leurs travaux ?
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