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    Assassinat du militant Henri Curiel en 1978

      La justice rouvre l'enquête

    Assassinat du militant Henri Curiel en 1978  :  La justice rouvre l'enquête

    Henri Curiel a été assassiné en 1978.@ GERARD FOUET / AFP

    La justice a rouvert une enquête sur l'assassinat du militant Henri Curiel en 1978 après la revendication d'un membre de l'Action française dans un livre posthume.

    Une juge d'instruction a été désignée pour enquêter de nouveau sur l'assassinat en 1978 à Paris du militant tiers-mondiste Henri Curiel, après les aveux posthumes d'un membre de l'Action française revendiquant ce crime jamais élucidé, a annoncé mardi l'avocat de la famille. Une information judiciaire a été ouverte le 27 décembre et une juge a été désignée début janvier, a précisé Me William Bourdon, confirmant une information de Mediapart.

    Revendication posthume. La famille d'Henri Curiel avait déposé plainte avec constitution de partie civile en 2015 après la parution d'un ouvrage dans lequel René Resciniti de Says, membre de l'Action française décédé en 2012, revendiquait l'assassinat du militant d'extrême gauche Pierre Goldman et celui d'Henri Curiel. Selon ce témoignage posthume, recueilli par le journaliste Christian Rol dans le livre Le roman vrai d'un fasciste français, René Resciniti de Says aurait agi sur ordre de Pierre Debizet, patron du SAC, le service d'ordre du parti gaulliste. "Quarante ans après cet assassinat, l'identification des auteurs et des donneurs d'ordre semble désormais possible", s'est félicité Me Bourdon, ajoutant : "Tous les indices nous poussent à croire que nous avons affaire à un crime d'Etat."

    Deux fois classée sans suite. Henri Curiel a été assassiné le 4 mai 1978 à la sortie de son domicile par deux hommes armés. Son meurtre a été revendiqué par un mystérieux groupe d'extrême-droite "Delta" mais les auteurs ne seront jamais identifiés. Après un non-lieu en 1992, l'enquête avait été rouverte dans les années 2000 sur la base de nouveaux témoignages avant d'être une nouvelle fois classée sans suite en 2009. Né en 1914 au Caire, Henri Curiel a soutenu le Front de libération nationale (FLN, indépendantiste) pendant la guerre d'Algérie en rejoignant le réseau fondé par Francis Jeanson, "Les porteurs de valise". Arrêté en 1960, puis libéré après la signature des accords d'Évian mettant fin à la guerre d'Algérie, il fut l'une des chevilles ouvrières des mouvements de libération des années 1960 et 1970 en Afrique, Asie et Amérique latine.

    Par Rédaction Europe1.fr avec AFP

    SOURCE : http://www.europe1.fr/societe/assassinat-du-militant-henri-curiel-en-1978-la-justice-rouvre-lenquete-3547814 

    Assassinat du militant Henri Curiel en 1978  :  La justice rouvre l'enquête

    Aussaresses a eu l'aval de Giscard d'Estaing 

    pour faire assassiner Henri Curiel 

     (Alain Gresh) 

    Aussaresses a eu l'aval de Giscard d'Estaing  pour faire assassiner Henri Curiel   (Alain Gresh)

    Paul Aussarresses, l’assassin de Larbi M’Hidi, est le commanditaire du meurtre d’Henri Curiel. L’accusation lancée par Philippe Aghion à Alger est partagée dans la famille. Alain Gresh, le fils d’Henri Curiel, souligne qu’Aussaresses ne peut avoir agi qu’avec l’aval du président Giscard d’Estaing. 

    De passage à Alger, le professeur Philipe Aghion a fait sensation en évoquant l’implication du colonel Paul Aussaresses, l’assassin de Larbi Ben M’Hidi, dans le meurtre du grand militant anticolonialiste Henri Curiel, le 4 mai 1978, à Paris. 

    Le Pr Philppe Aghion désigne Paul Aussaresses comme l'assassin

     de son oncle Henri Curiel  

    Une conviction largement partagée dans la famille Curiel, dont son fils, Alain Gresh met en cause également l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing. 

    En 1978, l’assassinat avait été revendiqué par un "groupe Delta" (qui fait clairement référence aux sinistres sicaires de l’OAS) mais tous les éléments d’une opération "omo" décidée au sein du pouvoir français ont été peu à peu réunis à travers les témoignages et des révélations.  

    Aussaresses a eu l'aval de Giscard d'Estaing  pour faire assassiner Henri Curiel   (Alain Gresh)

    Le militant anti colonialiste Henri Curiel a été assassiné à 63 ans, le 4 mai 1978. Crédits Photo : GERARD FOUET/AFP 

    En 2015, la publication du livre de Christian Rol, Le roman d'un fasciste français, consacré à au barbouze Rene Resciniti de Says (un ancien para membre du SAC – service d’action civique) confirme que la revendication au nom du Groupe Delta avait été "adressée à l'Agence France-Presse depuis la préfecture de police. Elle mentionnait un certain groupe "Delta". "Pour brouiller les pistes, bien sûr". 

    Autre lien avec l’Algérie, les experts de la police française ont établi que l’arme qui a servi à l’assassinat du porteur de valise -un pistolet de calibre 11,43- a été utilisée dans l’assassinat le 2 décembre 1977 Laïd Sabaï, gardien à l’Amicale des Algériens en Europe. C’est également un "commando Delta" qui avait accompli le forfait. 

    Interrogé par le HuffPost Algérie, le journaliste Alain Gresh, le fils d’Henri Curiel, se dit "persuadé que Aussaresses est impliqué dans l’assassinat". Il souligne également l’implication du pouvoir français dans ce meurtre. "Aussaresses n’aurait pu "agir à l’époque sans l’aval du président Valéry Giscard d’Estaing. C’est mon intime conviction", dit-il. 

    Alain Gresh rappelle à cet effet qu’Aussaresses avait-lui-même admis sa responsabilité dans l’entretien qu’il avait accordé à la journaliste française Emilie Raffoul pour son documentaire sur Curiel. 

    "L’entretien qu’Aussaresses avait donné à Emilie Raffoul pour son documentaire sur Curiel le confirme ; Il avait avoué devant caméra sa responsabilité avant de se dédire (il était avec son avocat Gilbert Collard, aujourd’hui député du Front National) et donc cet aveu n’a pu être diffusé sur les ondes". 

    La responsabilité directe des autorités françaises dans l’assassinat de Curiel est aussi l’intime conviction de Sylvie Braibant, la fille de Guy Braibant, cousin germain de Curiel. Elle l’a dit dans son blog sur le site du TV5 monde. 

    "Au sommet de l’Etat giscardien régnaient d’anciens militants de l’Algérie française qui n’avaient pas fait leur deuil de cette guerre-là", rappelle-t-elle. 

    "Le général Aussaresses regrettait lors de la sortie de ses mémoires en 2001 ne pas avoir fait tuer des porteurs de valise au temps de la guerre d'Algérie. Plus tard il admettra ne pas être étranger à l'assassinat de cet « Homme à part (titre du beau livre de Gilles Perrault) (ndlr Henri Curiel) qui empêchait tellement de torturer en paix les dirigeants sud-africains et sud-américains...." 

    La famille avait exigé en octobre 2015 la réouverture de l’enquête sur l’assassinat d’Henri Curiel. Une plainte avec constitution de partie civile avait été déposée alors auprès du doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris par l’avocat des proches d’Henri Curiel, Me William Bourdon. 

    LIRE AUSSI: 

    SOURCE : http://www.huffpostmaghreb.com/2017/07/07/aussaresses-a-eu-laval-de-giscard-destaing-pour-faire-assassiner-henri-curiel-alain-gresh_n_17420770.html

      

     CURIEL: “UNE AFFAIRE D’ÉTAT” SELON MAMÈRE

    Il y a 9 ans nous avons vu cette vidéo

     

     

    Assassinat du militant Henri Curiel en 1978  :  La justice rouvre l'enquête

     

    QUI A TUÉ HENRI Curiel ?

    Canal+ vient de diffuser un excellent documentaire qui relance une affaire que tout le monde, ou presque, avait voulu oublier. Il y a 30 ans cette année, Henri Curiel, un révolutionnaire égyptien, réfugié et France était abattu dans son ascenseur par un mystérieux commando d'extrême droite.
    Le député Vert Noël Mamère, a saisi l'occasion de cette nouvelle enquête journalistique pour lancer le projet d'une Commission d'Enquête Parlementaire chargée de faire la lumière sur cette "affaire d'Etat" sans doute volontairement non élucidée.

    Lors de la conférence de presse qui s'est tenue mardi 30 septembre à l'Assemblée Nationale, étaient présents autour du député, la journaliste qui a dirigé l'enquête, Emilie Raffoul (qui a été ma patronne à Canal...) et le très informé Gilles Perrault. Cet écrivain et journaliste est l’auteur d’un livre de référence sur la vie et la mort d’Henri Curiel, paru six ans après son assassinat. Pour Perrault, nous sommes probablement en présence d'un "crime d'Etat", car à cette époque de guerre froide et de tension extrême entre la France et l'Algérie, sous la présidence de Valérie Giscard d'Estaing, les services secrets n'abattaient pas un homme sans un feu vert venu d'en haut. Reste à découvrir qui a tiré, on saura alors qui a pu donner l'ordre...

    Le chemin est encore long pour que le projet d'enquête parlementaire lancée par Mamère voit le jour.

    John Paul Lepers
    Images: Matthieu Martin
    Montage: Anthony Santoro

    Les extraits du documentaire sont diffusés avec l'aimable autorisation de Canal+/Spécial Investigation
     

     

     
     

     

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    France-Algérie : 55 ans d’une relation compliquée

    La visite de tous les présidents Français

     en Algérie depuis l’indépendance

     de ce pays en 1962

     

    Depuis l’indépendance mis à part la période du septennat de de Gaulle, où les mémoires encore vives ont fait que les relations étaient tout au plus correctes. Il y eut ensuite Valéry Giscard d‘Estaing qui n’a pas trop laissé de souvenir dans l’imaginaire des Algériens. Ce fut encore ensuite la période chaotique du président Mitterrand que les Algériens n’ont jamais apprécié au vue d’une part de son passé, n’a-t-il pas en effet refuser la grâce à des dizaines de patriotes envoyés à la guillotine, cette peine de mort qu’il déclare indigne de l’image   qu’il se fait de la dignité humaine au point de l’abolir. Du point de vue politique, ce fut la pire époque. N’est ce pas en effet l’Elysée qui avait deux fers au feu qui entretenait des relations avec le FIS en même temps qu’elle avait un double langage avec le pouvoir algérien.

     

     

    Tiens, tiens... Sur un point François Mitterrand parlait déjà de l'avenir comme Macron

    Rien à voir avec la présidence Chirac. D’une façon irrationnelle les Algériens sont en empathie avec le président Chirac, malgré ses positions sur le « bruit et l’odeur… » Les Algériens ont apprécié qu’il fit le déplacement lors des inondations catastrophiques de Bab el Oued Il faut bien admettre aussi que la position courageuse de Jacques Chirac dans le bras de force qui l’oppose à George Bush est appréciée par les Algériens peut-être autant, sinon plus que toutes les approches de rapprochement sur la base des intérêts bien compris des deux parties. Le président qui disait à juste titre qu’un Français sur sept avait des racines algériennes avait la volonté de construire une relation durable un traité à l’image du traité signé par la Régence et le roi Louis XIV et qui veut durer cent ans…

     

     

    Avec l’avènement de Sarkozy dont nous avons eu un échantillon sur l’affection qu’il porte à l’Afrique, ce fut véritablement le calvaire, il n’a cessé de détricoté le patient travail de Chirac et Bouteflika qui voulaient signer un traité d’amitié. Nous étions tellement emballés, que j’ai cru bon de graver dans le marbre en écrivant un ouvrage intitulé : De la traite au traité : une utopie à construire ». les hasards de l’édition ont fait que l’ouvrage est « sorti » sous la triste mandature de Sarkozy , changement de la deuxième partie du titre : « Histoire d’une utopie ». Bref avec Sarkozy c’est le coup d’éclat permanent.

    On se souvient de ses discours paternalistes de Dakar de Constantine et celui de Tunis où il plaint les Tunisiens de n’avoir pas la chance d’avoir des voisins pareils ! A tort Sarkozy campe un personnage qui avec toujours la mentalité coloniale il dicte la norme, sans un minimum d’éthique en politique. Souvenons-nous d’un de ses méfaits: On apprend, qu’il aurait été tenté d’utiliser les relents nostalgiques de certains Français. Les faits remontent à 2012,  Le candidat UMP était alors conseillé par Patrick Buisson, d’extrême droite. Ce dernier, lui aurait glissé l’idée de «dénoncer les accords d’Evian» Une idée à laquelle Nicolas Sarkozy l’homme au Karcher était très réceptif,  Enfin l’expédition honteuse de Libye avec la mise à mort en directe de Kadhafi nous a fait définitivement ranger Sarkozy comme un président exécrable sous le plan humain et qui a démonétisé l’image de la France.

     

    François Hollande en 2012

     

    Nous pensions naïvement qu’avec Hollande dont le seul ennemi était la finance, les relations allaient de nouveau repartir du bon pied après la parenthèse Sarkozy, il n’en fut rien , avançant au millimètre sur le dossier de la reconnaissance des crimes contre l’humanité, il est resté dans l’imaginaire algérien comme le va –t-en guerre en Syrie et le Schwarzkopf au Mali pour des résultats discutables tant il est vrai que les racines des conflits sont les conséquences d’une France-Afrique toujours actuelle avec les habits d’un néo-colonialisme winn winn. De plus c’est sous le quinquennat Hollande, que le premier ministre de passage à Alger a par son comportement non éthique s’étant permit d’être dans le vent de la modernité en twittant une photo du président Bouteflika diminué physiquement. Cela a fait mal ! Il faut bien reconnaître que l’Algérie a toujours eu des problèmes avec la gauche française.

     

    Le 6 décembre 2017

    Macron à Alger. Restitution de la mémoire à dose homéopathique

    Macron à Alger. Restitution de la mémoire à dose homéopathique

    Pour la sixième fois depuis l’indépendance, dans l’histoire des relations tumultueuses passionnées et passionnelles entre l’Algérie et la France, le peuple algérien accueille un président français pour une visite d’Etat, Il s’agit cette fois du président de la République française, Emmanuel Macron qui, il faut le témoigner, a fait bouger les lignes.

     

    Il n'était que candidat à la présidentielle...

    La colonisation est un crime contre l’Humanité (Macron)... Oui il l'a dit alors qu'il ne cède pas maintenant à tous les nostalgiques de la France coloniale


      Le candidat Macron et le parler vrai 

    Pour la première fois les Algériens découvrent un candidat qui ne fait pas dans la langue de bois: «Mal nommer les choses, écrivait Camus, c’est d’ajouter au malheur du monde.» La plaie algérienne est toujours aussi béante et les présidents qui se sont succédés par manque de vision du futur ou par calcul électoral n’ont jamais franchi le pas. Les Algériens ont un préjugé favorable envers Macron, jeune, ouvert sur le futur et qui sort des sentiers battus. On se souvient qu’en novembre 2016 le candidat Macron déclarait à l’hebdomadaire Le Point: «Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie.» Le 14 février, le candidat Macron dans une interview accordée à la chaîne Echourouk News à Alger, déclarait: «La colonisation fait partie de l’histoire française et c’est un crime contre l’humanité J’ai toujours condamné la colonisation comme un acte de barbarie. La barbarie fait partie d’un passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes.»

    Cependant, on ne peut pas mettre sur la même balance 132 ans de dépersonnalisation, de crimes, de tentative de détricotage de l’identité sans qu’il en reste des traces. L’imaginaire des Algériens a subi un tsunami un matin de juillet 1830 avec des répliques toujours actuelles. S’il ne faut pas tomber dans «la culture de la culpabilisation» comment rendre justice?

    Le message du chef de l’Etat algérien à l’occasion de la fête nationale française du 14 Juillet, adressé à son homologue Emmanuel Macron a une un forte teneur politique, Il y est question du partenariat d’exception qui reste à construire entre les deux pays, de la pacification de la mémoire coloniale, de la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel et le chef de l’Etat algérien réitère à l’occasion sa «pleine disponibilité» et sa «volonté résolue» à oeuvrer, de concert, avec son alter ego français, pour «consolider davantage» la coopération bilatérale afin de la porter «à la hauteur du partenariat d’exception que les deux pays ont décidé d’édifier ensemble». «Le partenariat d’exception algéro-français reste à édifier.» 

    Bref inventaire de l’oeuvre positive de l’Algérie

     pour la France 

    S’il est inscrit dans le génome des nostalgériques que la colonisation avait fait oeuvre positive, nous voulons pour notre part et a contrario parler de l’oeuvre positive de l’Algérie, pour la France. Il est connu que les relations de la France avec l’Algérie, les Français nous connaissent et nous les connaissons, 132 ans cela laisse des traces Deux raisons essentielles, expliquent cela. Par atavisme ou par habitude nous «lions» notre destin à l’ancienne puissance coloniale qui continue toujours de nous traiter de façon paternaliste et non en partenaire qui peut apporter beaucoup de sérénité dans une région qui a un grand besoin de stabilité. La deuxième raison est que nous ne savons pas faire valoir des arguments objectifs. Le compagnonnage douloureux avec la France a fait que les Algériens ont été de toutes les guerres depuis celle du Levant, à celle du Mexique, de Sedan, du chemin des Dames, des Ardennes, de la Provence, des francs-tireurs partisans. Dans le même ordre, il nous faut aussi évoquer rapidement les «tirailleurs bétons» qui à l’instar des R.T.A (Régiments de Tirailleurs Algériens) qui ont participé à la libération de la France, ces derniers ont participé à la reconstruction de la France. Sans être exhaustif, il nous faut aussi parler des racines algériennes de 6 millions de Français et de ce que nous faisons pour la France dans le domaine de la culture car sans être dans la francophonie qui, pour les Algériens a des relents de paternalisme, nous faisons plus pour le rayonnement de la langue française que plusieurs pays réunis, sans rien demander en échange. Nous enseignons dans une langue à 11 millions d’Algériens chaque année. C’est au total plusieurs dizaines de millions qui maîtrisent la langue de Voltaire, qui consomment pour ainsi dire français sans compter les 200.000 visas annuels octroyés à des touristes potentiels.

    Est-ce que l’Algérie est seulement un marché

     ou un réservoir de diplômés à choisir ? 

     «Les Algériens, écrit Houari Achouri, connaissent d’Emmanuel Macron surtout sa position courageuse de dénonciation du colonialisme français qu’il a qualifié de crime contre l’humanité. Des horreurs ont bel et bien été commises durant cette période de l’histoire de France. Doit-on en conclure qu’avec Macron à l’Elysée, tout baignera dans l’huile pour les relations algéro-françaises? Il dit vouloir construire un «avenir apaisé» avec les partenaires du Sud et il classe l’Algérie parmi les «partenaires essentiels». «Il faut s’attendre, cependant à ce que Macron poursuive la démarche du gouvernement français concernant la question du Sahara occidental, c’est-à-dire dans le refus de reconnaître le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination en vue de l’indépendance de son pays. Les choses ont l’air d’être plus claires dans le chapitre économique des relations algéro-françaises; sous la présidence Macron les affaires économiques et commerciales ont eu une place importante dans sa visite. On sait que, sur le marché algérien, la France fait maintenant face à une concurrence très forte de la part de la Chine, mais aussi d’autres pays européens.» 

    S’il est vrai que c’est de bonne guerre qu’une politique d’immigration choisie ou sélective, qui n’accorde l’hospitalité qu’aux talents et compétences étrangers dont ils ont besoin. presque rien n’est fait en aval, pour les retenir, c’est à chaque fois une perte sèche pour notre pays, une saignée à blanc de son potentiel le plus dynamique, une sorte de «hold-up du siècle» de ses meilleurs enfants. En mai 2015, l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Monsieur Bernard Emié, a révélé que 23 000 étudiants algériens poursuivaient leurs études en France, 8% du total des étudiants étrangers inscrits dans les universités françaises. Des milliers de nos meilleurs diplômés sont aspirés chaque année sans aucune contrepartie. Nous consommons pour 9 milliards de dollars de produits français. Notre tourisme s’élèverait à plus de 1 milliard de dollars par an. Pratiquement rien en échange si ce n’est des projets cosmétiques, mais ni transfert de technologie ni reconnaissance d’être en face d’un partenaire.

    La visite-éclair du président Macron 

     Il faut le reconnaître elle a été dense, le parler vrai a dominé. Les jeunes Algériens qui ont discuté avec lui ont dit ce qu’ils pensaient. Et ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas vécu la colonisation qu’ils ne doivent pas en parler. Cependant, on peut comprendre monsieur Macron quand il dit que des Français ont aimé l’Algérie. Il eut fallu qu’il précise simplement lesquels? Les Français d’en bas qui ont vécu côte à côte avec les Algériens, certains de ces Français natifs d’Algérie, ont combattu pour la libération de l’Algérie du joug colonial ont les mêmes droits que les autres Algériens, d’ailleurs, la plateforme du FLN lors du congrès de la Soummam leur rend hommage. Quant aux autres, les Borgeaud, les Schiaffino, les Blachette n’ont aucune empathie pour les Algériens et encore moins pour la révolution. D’ailleurs, bien avant la fin de la guerre ils avaient replié l’essentiel de leurs activités en métropole. Ceux qui ont trinqué en dehors du calvaire des Algériens musulmans, ce sont les Européens natifs d’Algérie qui n’ont pas compris ce qui leur arrivait le coup de sirocco qui les a déracinés du fait d’une politique de la terre brûlée menée par l’OAS. S’il est vrai que l’Algérie actuelle garde par-devers elle le reliquat de l’oeuvre positive de la colonisation et qu’elles essaie de le bonifier, il eut été correct de dire que ces infrastructures n’ ont pas profité aux Algériens.

    Un scoop : la restitution des 37 crânes et des copies

     de la mémoire 

     S’agissant des apports positifs de cette visite, qui marque de notre point de vue un déverrouillage, voire un dégel dans la bonne direction, nous pouvons noter que 55 ans après l’indépendance, la France accepte de restituer les 37 crânes des patriotes entreposés au Musée de l’homme et pour l’histoire, les pétitions d’il y a deux ans par des cohortes d’universitaires n’ont fait que reprendre une publication de l’anthropologue Ali Farid Belkadi en 2011 qui en fait mention dans son ouvrage sur Boubaghla. Justement s’agissant de Boubaghla, lors de la rédaction de mon ouvrage L’éducation et la culture en Algérie des origines à nos jours paru en 1999 aux Editions Enag, j’en avais fait mention dans l’avant-propos. Il est heureux que la France accepte enfin de restituer les crânes des patriotes algériens, comme elle l’a fait en 2002 pour la Venus Hottentote à la demande de Nelson Mandela, en 2010 pour les 15 crânes Maoris et pour le rebelle calédonien Ataï en 2014, Il reste encore 17000 crânes au Musée de l’homme….
    On l’aura compris, la reconnaissance se fait au compte-gouttes. Souvenons-nous il a fallu plus de quarante ans pour que les évènements d’Algérie deviennent la guerre d’Algérie. De plus, il est à se demander pourquoi les archives originales ne sont pas restituées d’une façon franche. Les évènements sont prescrits depuis longtemps. Il faut tout de même savoir que l’original d’un document a une charge symbolique autrement plus importante qu’une copie quand bien même elle serait en couleur. De plus, nous ne saurons jamais quel est le contenu réel du fond des archives. On l’aura compris graduellement, les pouvoirs successifs au gré des circonstances lâchent du lest à dose homéopathique comme ce fut le cas du message de l’ambassadeur à Sétif. Est-ce moral que ce compagnonnage de 132 ans dont l’Algérie n’ a vu que pour le pire doit se terminer par un solde de tout compte? L’idéal si l’on veut écrire une histoire à deux mains, que les documents soient mis à plat et des historiens des deux rives en dehors de toute interférence tenteraient d’établir un récit de ce qui s’est passé depuis le tremblement de terre de juillet 1830 qui a vu l’Algérie basculer dans l’horreur. Naturellement, il y a des zones d’ombre de part et d’autre et sur lesquelles il faut mettre la lumière. C’est à cette seule condition qu’après la Vérité, la Réconciliation est envisageable

    Ce qui pourrait être fait dans l’égale dignité

     de chaque peuple 

    Au-delà des coopérations classiques que l’Algérie et la France vont développer, et de la mise en chantier du dossier archives, l’Algérie pourrait faire un nouveau chemin avec la France dans un véritable partenariat d’exception. Le grand investissement de la France serait là aussi d’une façon symbolique de contribuer à la mise en place d’une grande bibliothèque numérique, ce sera d’autant plus apprécié que ce sera aussi un symbole, voire une réparation de l’incendie de la bibliothèque de l’université d’Alger, où en une nuit 300.000 volumes, certains très rares partirent en fumée… Dans le même ordre sachant qu’en définitive tout revient à l’éducation; le meilleur capital, la meilleure richesse de l’Algérie consiste en la mise en place graduelle d’un système éducatif performant. Rien ne doit être refusé à la formation, à la recherche. Nous devons former et protéger l’élite en y mettant les moyens. Nous ferons émerger des lycées d’excellence, des Ecoles d’ingénieurs d’excellence, des Ecoles de médecine, de droit, de sciences économiques d’excellence. et faire en sorte que sans arrière-pensée il y aurait un véritable partenariat pour la mise en place d’un système de formation de l’élite avec les mêmes critères que les grandes écoles en France.

    Conclusion 

    Les peuples algérien et français ne peuvent pas se tourner le dos ad vitam aeternam. En tant qu’intellectuels et universitaires, pour avoir mesuré le déficit d’instruction du peuple algérien, la déstructuration de sa société, nous sommes nombreux à penser que le moment est peut-être venu de miser sur la connaissance pour renouer le fameux dialogue des cultures et des civilisations. Une université de tous les savoirs, notamment de ceux qui participeront au rapprochement des deux peuples, devrait être érigée et confortée. Les Algériens ne demandent pas tant qu’on leur fasse la quête ou qu’on compatisse à leur sort que d’être traités dignement.

    L’Algérie c’est bien plus qu’un grand pays par sa surface ( le premier d’Afrique), c’est aussi une culture, c’est une profondeur stratégique, c’est une histoire. Le passage de la France en Algérie, bien qu’il ait été tragique, n’a été en définitive qu’un épisode dans l’histoire plus de trois fois millénaire du pays. Le grand aguellid Massinissa battait monnaie il y a 22 siècles de cela, pendant que l’Europe émergeait difficilement des ténèbres vers les temps historiques.  Ce parler vrai du président Macron , est la première étape d’une vraie thérapie qui fera que, 55 ans après, l’Algérie et la France se regardent en face et décident d’unir leur vécu et leur pesanteur historique dans une région méditerranéenne qui a grand besoin de stabilité.

    Professeur Chems Eddine Chitour 

    Ecole Polytechnique Alger

    Photos et vidéo ajoutées et insérées dans cet article ne sont pas de l'auteur.

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca

    Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2017

    SOURCE : https://www.mondialisation.ca/macron-a-alger-restitution-de-la-memoire-a-dose-homeopathique/5621475 

     

     

    Macron effectuera une nouvelle visite

    d’Etat de trois jours 

    en Algérie le 3 février 2018 



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  • Un monument pacifiste en hommage

     aux fusillés pour l'exemple sera érigé

     à Chauny, dans l'Aisne

    Un monument pacifiste en hommage   aux fusillés pour l'exemple sera érigé   à Chauny, dans l'Aisne

    A la fin de l’année 2018, la commune de Chauny érigera en son centre un monument rendant hommage à tous les fusillés pour l'exemple de la Première guerre mondiale. Un pas dans le combat pour leur réhabilitation, et surtout une main tendue pour son maire.

    C'est une première en France. Un monument rendant hommage aux 639 fusillés pour l'exemple pendant la Première guerre mondiale sera érigé à Chauny, dans l'Aisne, où 52 d'entre eux ont été tués. 

    Un monument à tous les fusillés


    Il aura fallu un siècle pour réhabiliter ces centaines de Poilus victimes d'une politique de terreur en réaction aux mutineries de 1917. L'association La Libre pensée a beaucoup milité pour la création de ce monument.

    "C'est un monument qui sera en pierre, d'environ quatre mètres de hauteur, qui représente les soldats au moment où ils sont fusillés" montre Nicolas Aurigny, sa présidente, le croquis préparatoire en main. "L'un est déjà tombé, l'autre semble protester contre sa destinée.

    Un geste politique ? Pour le maire de Chauny Marcel Laonde, il s'agit davantage d'une main tendue, qui évoque "des années de conflit où quand les gens allaient sur le front,  ils savaient que presque personne reviendrait. Donc à un moment, il peut y avoir quelques faiblesses".

    Le monument, qui se tiendra dans un parc au centre de Chauny, sera érigé fin 2018. Sur les 100.000 euros de coût du projet, près de la moitié de la somme a été récolté grâce aux dons.
     

    SOURCE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/aisne/monument-pacifiste-hommage-aux-fusilles-exemple-sera-erige-chauny-aisne-1392217.html 

     

     

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  • La publication hebdomadaire « Journaux de guerre » se consacre cette année à la guerre d’Algérie. Cinquante-deux numéros relatant la période 1954/1962 vue par les quotidiens français et algériens, du Figaro à l’Echo d’Alger, du Monde à Alger républicain, en passant par L’Humanité, Résistance algérienne, L’Express, France Observateur, France-Soir, la Dépêche de Constantine, etc…. 

    Dans le premier numéro, sorti le 8 janvier, le début de la guerre à travers la reproduction intégrale des exemplaires du Figaro et d’Alger Républicain, datés du 2 novembre 1954. Dans l’édito de ce dernier quotidien est évoqué « le problème vital pour l’immense majorité des gens de ce pays, le problème de la suppression de l’état de fait colonial ».

    Chaque semaine un « document spécial » sera proposé en complément. Le « document de la semaine » de cette première publication est une notice de 1903 adressée à la population de métropole l’incitant à partir vers les trois départements qui constituaient alors l’Algérie française. Sous le titre « Colonie cherche colons » elle propose des concessions de terre gratuites, exonérées d’impôts, aux futurs migrants.

    En prime de cette première publication : le DVD du film de Gillo Pontecorvo,  La Bataille d’Alger.

    Diffusée en kiosques chaque jeudi, la revue compte parmi ses conseillers historiques et auteurs : Raphaëlle Branche, Daho Djerbal, Patrick Eveno, Catherine Brun, Tramor Quemeneur…

    pour obtenir

     tous les renseignements cliquez

    sur le lien ci-dessous : 

    Infos : http://lesjournauxdeguerre.fr/ 

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    à quand des aveux complets ?

    L’Etat fait encore un petit pas

     dans l’affaire Audin

    A quand des aveux complets ?  L’Etat fait encore un petit pas dans l’affaire Audin

    Maurice et son épouse Josette Audin

    A l’occasion, le 12 janvier, d’une réunion d’hommage au mathématicien Gérard Tronel, président de l’Association Maurice Audin récemment décédé, Cédric Villani est intervenu sur l’affaire Audin. Il a dit qu’après en avoir parlé avec le président de la République, Emmanuel Macron, il pouvait déclarer que : « Maurice Audin a été exécuté par l’Armée française ». C’est un petit pas de plus de la part de l’Etat français vers l’aveu de la vérité… accompagné de beaucoup d’hypocrisie et de lâcheté.

    Un bel hommage a été organisé, vendredi 12 janvier 2017, dans un auditorium du campus universitaire Jussieu à Paris, au mathématicien Gérard Tronel, qui a relancé en 2005 le Prix Audin de mathématiques et présidé jusqu’à son décès l’Association Maurice Audin. A cette occasion, le président de Sorbonne Université, Jean Chambaz, a réaffirmé la volonté de l’université française de voir reconnaître par l’Etat la vérité sur la mise à mort du jeune universitaire, âgé de 25 ans, enlevé le 11 juin 1957 par des militaires français, qui était sur le point de soutenir sa thèse de mathématiques. L’engagement de l’avocat de la famille Audin, Roland Rappaport, lui aussi mort récemment, à demander à l’Etat la reconnaissance de la vérité, a été rappelé par l’une de ses collaboratrices.

    Une table ronde a porté sur "Le prix Maurice Audin et l’affaire Audin". Présidée par Cédric Villani, Université Claude Bernard-Lyon et député de l’Essonne, elle a rassemblé Mohamed Amara, président de l’Université de Pau et des pays de l’Amour, Jean-Pierre Raoult, de l’Association Maurice Audin et du Mrap, et Emmanuel Treillat, Sorbonne Université et lauréat du Prix Maurice Audin 2010. Josette Audin était présente ainsi que Pierre et Michèle Audin, enfants du disparu. Pierre Audin, qui a longtemps travaillé au Palais de la Découverte, est lui-même intervenu sur "Gérard Tronel et la vulgarisation des mathématiques pour le grand public". On notait la présence dans la salle de l’historienne Marianne Debouzy, l’une des secrétaire du Comité Maurice Audin présidé, de 1957 à 1965, par Pierre Vidal-Naquet.

    A quand des aveux complets ?  L’Etat fait encore un petit pas dans l’affaire Audin

    Cela a été l’occasion pour Cédric Villani de dire qu’après s’en être entretenu avec le président de la République, Emmanuel Macron, il pouvait s’en faire le porte-parole pour déclarer que « Maurice Audin a été exécuté par l’Armée française ». Il n’a mentionné aucun témoignage ni document à l’appui de cette déclaration « autorisée », il a même affirmé qu’il n’existait pas de trace de cette « exécution par l’Armée française » dans les archives, soit qu’il n’en ait jamais existé, soit que des pièces d’archives aient disparues. Tout en ajoutant que c’était aux historiens de travailler pour en savoir davantage.

    Un tout petit pas de plus

    C’est un tout petit pas, car aucune déclaration présidentielle n’a été lue, aucun message, aucun communiqué n’a été rendu public par l’Elysée. Mais c’est quand même un petit pas de plus de la part de l’Etat français vers l’aveu de la vérité. Car les mots « Maurice Audin a été exécuté par l’Armée française » n’ont jamais été prononcés auparavant par un représentant, officiel ou officieux, de l’Etat. Et le mot "exécuté" a un sens précis, qui renvoie non seulement à une intention meurtrière délibérée, mais à une décision, qu’elle soit judiciaire ou extrajudiciaire ; dans ce cas, en l’absence de toute procédure judiciaire et de tout procès, il désigne clairement une décision d’assassinat extrajudiciaire. Et l’auteur de cet assassinat est désigné comme n’étant pas « un militaire français » ou « des militaires français », qui auraient pu désobéir, outrepasser des ordres ou agir, volontairement ou par maladresse, en l’absence d’un ordre reçu, mais comme étant bien "l’Armée française". Il s’agit donc d’un meurtre, et ce meurtre relève d’un ordre de la hiérarchie de l’Armée. Une armée dont le chef d’état-major en Algérie était alors le général Raoul Salan et le commandant dans la région d’Alger, le général Jacques Massu, chef de la 10e division parachutiste. Il est clair que, si un tel ordre d’exécution a été alors donné par l’Armée, c’est-à-dire les généraux Salan et Massu, il a été forcément partagé par le ministre résidant d’alors, Robert Lacoste, qui partageait totalement avec eux la conduite de la "bataille d’Alger".

    Rappelons que, le 17 juin 2014, en recevant à l’Elysée Josette et Pierre Audin et en rendant public le lendemain un message à l’occasion de la remise du Prix Maurice Audin de mathématiques (1), le Président de la République François Hollande avait contredit ses déclarations de l’année précédente selon laquelle les archives ne permettaient pas de savoir le sort de Maurice Audin. Il a déclaré dans son message que « les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé, il est mort durant sa détention ». Il avait donc mis fin en juin 2014, en parlant d’une « mort durant sa détention », à la version qui a été la thèse mensongère officielle de l’Etat pendant 57 ans, celle de l’évasion. Cela contredisait ses déclarations faites un an plus tôt, tout en ne disant rien des causes de la mort de Maurice Audin alors qu’il était détenu par les parachutistes. François Hollande disait dans son message de juin 2014 qu’il avait ordonné « que soient engagées des recherches sans précédent dans les archives du ministère de la Défense, afin de découvrir si des documents officiels permettaient d’éclairer de façon définitive les conditions de la disparition de M. Audin en juin 1957. Ces recherches n’ont pas permis de lever les incertitudes qui continuent d’entourer les circonstances précises de la mort de M. Audin, que la justice n’a plus les moyens d’éclairer. C’est aux historiens qu’il appartient désormais de les préciser ». C’est ce que répète la présente déclaration de Cédric Villani, porte-parole officieux d’Emmanuel Macron, puisque, tout en indiquant qu’Audin a été assassiné sur un ordre de l’Armée, il reprend cette affirmation de François Hollande concernant l’absence d’archives.

    Ni document, ni témoignage à l’appui

    Pourtant, ces dernières années, des archives ont été découvertes, des témoignages importants ont été publiés. En mars 2012, une journaliste du Nouvel Observateur, Nathalie Funès, a révélé que le colonel Yves Godard a écrit dans des carnets déposés à l’Université de Stanford (Californie) qu’Audin a été tué, sur ordre, par le sous-lieutenant du 6e RPC Gérard Garcet — qui était au début de 1957 l’officier d’ordonnance du général Massu http://ldh-toulon.net/Maurice-Audin-serait-bien-mort-aux.html. Peu avant sa mort le 3 décembre 2013, le général Paul Aussaresses, commandant, à l’époque, au 1er RCP et chargé notamment par le général Massu des exécutions extrajudiciaires, a confié au journaliste Jean-Charles Deniau — qui l’a rapporté dans son livre La vérité sur la mort de Maurice Audin, paru en janvier 2014 aux éditions Equateurs — que l’ordre de tuer Audin était venu du général Massu et que le sous-lieutenant Gérard Garcet est bien celui qui l’avait mis en œuvre. Autre indice, le général Maurice Schmitt présent à Alger à partir du 4 septembre 1957 comme commandant du 3e RCP et proche de Massu, dans son livre Alger-été 1957. Une victoire sur le terrorisme, paru en 2002, nomme Maurice Audin, dans la phrase suivante : « Il est clair que Boumendjel, Maurice Audin et Larbi Ben M’Hidi auraient dû être traduits devant un tribunal ». Or, comme on sait avec certitude qu’Ali Boumendjel et Larbi Ben M’Hidi ont été assassinés sommairement sur ordre, sa phrase reconnaît qu’Audin a été, lui aussi, l’objet d’une décision de mise à mort extrajudiciaire.

    Comme François Hollande, Emmanuel Macron laisse apparaître un petit bout de la vérité. Mais ni l’un ni l’autre ne veulent dire sur quels témoignages et documents ils fondent leurs affirmations. Ils préfèrent dire ou faire dire qu’il n’y aurait rien dans les archives. Que penserait-on d’une autorité judiciaire qui affirmerait l’existence d’un crime avec préméditation tout en ne rendant public aucun témoignage ni document à l’appui, en disant qu’il y en a de « nombreux et concordants » mais en n’en montrant aucun (François Hollande), ou qu’il n’y n’avait aucune archives (Emmanuel Macron, via Cédric Villani). Cette affirmation peu crédible concernant l’absence d’archives, il faut probablement la comprendre comme : « Il n’est pas encore temps de faire état des documents et témoignages qui fondent nos affirmations sur le fait que Maurice Audin « a été exécuté par l’Armée ». Attendons que tous les exécutants et responsables de cet assassinat soient morts. Gérard Garcet vient de mourir, mais tous les responsables ou complices — militaires ou politiques — de ce crime décidé par le commandement de l’armée française en Algérie et le ministre résidant, et endossé par l’Etat, donc de ce crime d’Etat, n’ont pas encore disparu. En attendant, Mesdames, Messieurs, comprenez que nous continuions à mentir… ».

    Notons aussi que Cédric Villani a mentionné à deux reprises, le 12 janvier, le nom de François Nadiras en rendant aussi hommage à son engagement dans le combat pour la vérité dans l’affaire Audin. Ceux qui poursuivent le site qu’il avait fondé n’hésiteront pas à continuer à dénoncer, comme il l’a fait, les hypocrisies, les contradictions et les lâchetés de nos gouvernants.

    Et ils n’oublieront jamais que Maurice Audin n’a été qu’un parmi des milliers d’Algériens colonisés restés inconnus. La reconnaissance officielle par l’État français de toute la vérité sur l’affaire Audin peut être une étape essentielle dans un combat plus important encore : celui pour la reconnaissance officielle des responsabilités de l’armée française dans des milliers d’autres disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires survenues pendant la guerre d’indépendance algérienne, victimes restées inconnues parce qu’il s’agissait d’« indigènes » et dont les familles, comme celle d’Audin, sont toujours aujourd’hui en attente d’informations sur le sort de leurs proches disparus et sur les responsables de ces disparitions.

    Gilles Manceron.

    (1)  Le lien vers ce message présidentiel sur le site de l’Elysée http://www.elysee.fr/declarations/article/message-du-president-de-la-republique-a-l-occasion-de-la-remise-du-prix-maurice-audin-pour-les-mathematiques/ne fonctionne plus. Le site de l’Elysée n’affiche plus ce qui est antérieur à l’élection d’Emmanuel Macron. Etrange conception de la continuité de l’Etat. 

     SOURCE : http://histoirecoloniale.net/L-Etat-fait-encore-un-petit-pas-dans-l-affaire-Audin.html 

    En 2014 sous la présidence

     de François Hollande une réponse

    du ministre de la Défense Le Drian 

     


      

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  • Après la venue de Nadine Morano, la Blanche Neige islamophobe mercredi dernier à Chalon-sur-Saône, nous allons avoir droit à la déambulation d’Eric Zemmour le plus grand menteur de la fachosphère, espérons qu’il rencontrera autant de désintérêt  que Morano puisque dans la plus petite salle de Chalon-sur-Saône elle n’a réussi à faire venir qu’environ 230 personnes composées de militants « Les Républicains »  du Chalonnais, de Côte-d'Or, du Jura et de la Nièvre. 230 personnes pour 4 départements… quel exploit minable…

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    Photo Benoit MONTAGGIONI (JSL)

    Le maire de Chalon-sur-Saône  Gilles Platret (LR) aussi islamophobe que le maire de Beaucaire, Julien Sanchez (FN), puisque tous deux ont supprimé les repas de substitution des cantines scolaires, ceci pour stigmatiser les Français  musulmans et en aucun cas pour défendre la Laïcité (RISIBLE), enfin pour Platret, le tribunal administratif de Dijon avait censuré cette décision fin août 2017. Donc Platret était présent pour recevoir le Blanche Neige islamophobe, « qui se ressemble s’assemble »

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    (Photo JSL)

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    Et maintenant voici ERIC ZEMMOUR GIFLÉ 

    PAR BENJAMIN STORA 

     

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ

     PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    Benjamin Stora pour avoir rétabli la vérité

    dans la vidéo à la fin

    Ainsi que le témoignage suivant :

     

    5 Juillet 1962, après 132 ans de colonisation française, 90% du peuple algérien était analphabète, un peuple réduit à la clochardisation, une seule université à Alger à l’usage presque exclusif des Français de souche Européenne, très peu d’écoles, de collèges et de lycées, la grande majorité du peuple algérien en était réduit à vivre dans des gourbis et à tenter de cultiver les terres les plus pauvres et encore je ne vous dis pas tout mais petit rectificatif pour Zemmour : en 1830 il y avait bien plus de 2 millions d’habitants, la preuve ? la voici : à travers le rapport qu’a fait le criminel de guerre Bugeaud à sa hiérarchie en 1842, soit 12 ans seulement après le début de l’invasion de l’Algérie " Je peux vous affirmer que depuis le début de notre arrivée en Algérie notre armée a tué plus de 3 millions d’Arabes " ! Alors Zemmour ? Qui dit vrai, vous ou bien celui qui était à la manoeuvre le criminel de guerre Bugeaud ? L’Algérie est indépendante depuis 55 ans et les Algériens sont loin de regretter la présence de la France et de ses pieds-noirs qui ont parasité leur pays durant 132 trop longues années !

     

     

     

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    VIVE LA GUERRE !

    Jacques-Robert SIMON

    Jacques-Robert SIMON : Chimiste, Chercheur au CNRS, Professeur à l'Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la ville de Paris (ESPCI). Devenu auto-entrepreneur afin d'éditer des textes scientifiques en Français et des commentaires politiques sans a priori militant. 

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    La guerre permet de vendre quantités d’armes, de resserrer les rangs du peuple autour d’un ennemi commun, d’augmenter sans risques d’explosion sociale les inégalités. Les guerres modernes présentent en plus l’avantage de pouvoir faire se battre entre elles les forces locales sans intervenir physiquement en première ligne. Alors, Vive la Guerre !

    VIVE LA GUERRE !  Jacques-Robert SIMON

    Il est fascinant de constater à quel point l’humanité peut accepter les pires abjections lorsque celui ou ceux qui agissent sont les plus forts et les plus fortunés. Le Proche et le Moyen-Orient est un foyer d’innombrables conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale et illustre à la perfection cette assertion.

    Tout débute par le démantèlement de l’Empire Ottoman, société multiculturelle. Des frontières sont tracées : la France et l'Angleterre reçoivent mandat de la Société des nations pour administrer des territoires : Syrie et Liban pour la France, Irak, Jordanie, Palestine pour l'Angleterre. L'Arabie Saoudite quant à elle reçoit la région de La Mecque. Dès le tout début du XXe siècle, les occidentaux lorgnent vers le pétrole qui se trouve dans la région. Les frontières ne respectant pas toujours la répartition des différents peuples, les Européens doivent réprimer diverses révoltes et quelques volontés d'émancipation. En 1948 est proclamé un état juif qui revient à expulser les palestiniens qui se trouvaient précédemment à cet endroit. Le mouvement sioniste voulait dès le XIXe siècle un état juif pour se défendre d’un antisémitisme de plus en plus violent, hésitant entre l’Ouganda et la Palestine. Quelques millions de juifs parmi des centaines de millions de musulmans ne pouvaient vivre que dans la paix, les juifs se diluant dans la multitude, ou dans une guerre constante. Les forces militaires arabes unies étant numériquement supérieures, il était impératif que les pays musulmans se divisent, ils vont l’être. Les États-Unis ont implanté dans la région des bases pour contrôler les routes d’acheminement du pétrole et s’allient avec l'Arabie Saoudite.

    Les Européens d’abord, les Etats-Unis ensuite, ont déterminé les frontières de nouveaux pays, guerroyé pour maintenir l’ordre, imposé la naissance d’un nouvel état, lié une fidèle alliance avec le plus rétrograde des pays dont le droit est basé sur la charia. Restait le pire : l’émergence du terrorisme.

    En 1979, l'URSS envahissait l'Afghanistan. Une « guerre sainte », est alors lancée contre l'Armée rouge qui a envahi une terre d'Islam. Parmi les « moudjahidin » qui vont combattre, des groupes pro-saoudiens sont lourdement financés. Mais il existe également parmi eux des Pakistanais, des Philippins, des Malaisiens et des jeunes venus des banlieues. Oussama ben Laden, aidé par un des innombrables princes saoudiens, a fait ses premières armes lors du conflit afghan et créé Al-Qaida. Les américains considèrent que l’affaiblissement de l’Union Soviétique est une priorité absolue, pour ce faire, ils vont s’allier avec le premier terroriste venu. Ils vont y réussir, l’URSS va subir une sorte de Vietnam sans qu'une goutte de sang américain soit versée.

    Une guerre par procuration d’un nouveau type était née : il y a suffisamment de forces antagonistes sur place pour ne pas avoir à intervenir militairement directement pour imposer ses vues. 

    La guerre civile syrienne débute en 2011 dans le contexte des Printemps arabes par des manifestations majoritairement pacifiques en faveur de la démocratie contre le régime du président Bachar el-Assad. Certains vont jusqu’à parler d’une révolution Facebook ou Twitter tant la contribution des réseaux sociaux a été importante dans son déclenchement. Réprimé brutalement par le régime, le mouvement de contestation se transforme peu à peu en une rébellion armée. Un groupe djihadiste apparaît en Syrie en 2013 et prend le nom d'État islamique lorsqu'il proclame l'instauration d’un califat, Daech pour ses adversaires. Après 6 ans de guerre, près de 500 000 morts dont 90 000 civils, sur une population de 22 millions d’habitants, seront à déplorer. Dans chaque camp en présence sont commis des crimes de guerre d’une ampleur effarante. Les véritables adversaires impliqués sont les Etats-Unis contre la Russie d’une part, Israël contre l’Iran d’autre part, mais aucune des quatre puissances n’apparaîtront sur le terrain militaire, elles se contenteront d’ appuis aériens massifs lors des combats et de l’envoi de toutes sortes d’armes.

    Les guerres d’antan servaient aussi à conquérir par la force de nouveaux territoires. Louis XI durant la guerre de cent ans permit, grâce à d’incessants combats et de judicieux mariages, de rattacher à la France la Bourgogne, l'Artois, la Picardie entre autres territoires. Les combats à l’époque font peu de morts car les batailles engagent rarement plus de 10 000 hommes. La noblesse est la principale intéressée à ces pertes car vivant du labeur des paysans, le maître se doit de manifester sa bravoure et sa loyauté envers ses féaux. Ainsi, 70 % de la chevalerie Française est tuée à Azincourt en 1415. Mais l’élite se dégagea peu à peu des combats guerriers pour laisser les places exposées aux gens du commun. 

    La cause immédiate de la Première Guerre mondiale fut l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche à Sarajevo par un nationaliste serbe. Un ensemble complexe de traités opposèrent alors la Russie, la France et la Grande-Bretagne à l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’empire Ottoman. En 1914 plus de 8 millions de soldats français furent engagés. En 1918, 1,35 million d’entre eux ne reviendront pas. À peu près aucun d’entre eux ne discernait clairement les causes de cette grande guerre et se contentèrent de suivre un élan patriotique venu d’ailleurs. La Seconde Guerre mondiale fut le conflit militaire le plus meurtrier de l'histoire, de 60 à 80 millions de personnes ont été tuées. Cette fois, le nombre de civils tués est environ le double de celui des militaires.

    L’élite décidait des guerres mais n’intervenait plus, ou peu, sur les champs de bataille. Restait l’étape ultime : faire se tuer les natifs des pays convoités entre eux sans y mêler le sang des occidentaux… en introduisant les troubles en leur sein. Comment ?

    « Depuis 2011, la France se mobilise pour trouver une solution au conflit syrien. » selon les instances gouvernementales. Pour mettre en place le désordre, des émeutes de tout type peuvent être suscitées au nom de la Liberté : une quelconque fraction de toute société est toujours avide de jouir, il suffit de les activer. Les dirigeants locaux répriment généralement férocement ces troubles et les occidentaux s’indignent au nom des droits de l’Homme, seule arme fiable qui leur reste entre leurs mains épuisées. Dans cette atmosphère, les tenants d’un Islam rigoriste prospèrent en prêchant un anti-occidentalisme… jusque même dans les quartiers déshérités des pays occidentaux. En Syrie, et pour des raisons qui leur sont personnelles, ce sont les Kurdes qui permettront sur le terrain de se débarrasser de l’État Islamique. Les chevaliers, menée par les Nord-Américains et les Russes, ont délaissé leur monture pour l’avion et les drones (avant que les robots tueurs autonomes permettent de se passer même des kurdes). Les bombardements et les assassinats ciblés seront conformes à un jeu vidéo pour les occidentaux, mais les autres subiront de réelles atrocités. 

    Les richesses pétrolières d’une région sont convoitées. On les achète à des potentats locaux noyés par des flots qui dépasseraient leurs possibilités de dépense… si il n’y avait pas la guerre. Cet afflux de finances leur permet l’achat d’une quantité vertigineuse d’armes plus ou moins sophistiquées à ces mêmes occidentaux, la boucle est bouclée.

    Créer des problèmes et offrir des solutions est devenu un moyen classique de conduire une démocratie électorale. Cependant, personne ne se risquerait à organiser des attentats sanglants afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires. Mais laisser des obligés les financer plus ou moins directement est du domaine du possible ou du probable. Le terrorisme sert aux uns de propagande télévisuelle afin d’exister et permet aux autres de rogner jour après jour le cadre démocratique de leur société.

    La guerre de nos jours se caractérise donc par le fait que les principaux intéressés, les occidentaux, stimulent les combats par le verbe et la fourniture d’armes sans participer aux combats, laissant les « gueux » s’étriper. La guerre et les massacres battant leur plein, des masses de réfugiés tentent d’émigrer vers les pays occidentaux, avivant les tensions communautaires dans les pays d ‘accueil, augmentant les revendications identitaires et les menaces terroristes… Il faut alors que les occidentaux réagissent à cette guerre par le terrorisme qui leur est déclarée : ils détricotent leur tissu démocratique en édictant des lois liberticides, en élisant des gens dont on pensait qu’ils ne pouvaient plus exister après ce qu’avait connu l’Europe il n’y a pas si longtemps, en remplaçant peu à peu l’autorité par l’autoritarisme. Et tout ceci est conduit parce qu’ « on » est raisonnable, pragmatique, néo-libéral, en un mot moderne.

    Source : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vive-la-guerre-200568 

     

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    L’ignoble Trump : l’Afrique et une partie des Caraïbes sont des “pays de merde”…

    Réponse de Jack Lang : «Trump, Président de merde».

    Et nous les « riens » ils nous prennent pour des « citoyens de merde » alors revisualisons cette vidéo qui nous explique pourquoi « les guerres de merde » ne s’arrêteront jamais… sauf si : Un autre monde on a pas le choix…

    Un autre monde on a pas le choix… 

     

     

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    La belle histoire

    Grâce à sa petite-fille, un vétéran retrouve

    son compagnon d’arme en Seine-Maritime

    Elle avait lancé un appel via Normandie-Actu pour retrouver le compagnon d'arme normand de son grand-père, mercredi 10 janvier. Un appel entendu en Seine-Maritime !

    La belle histoire :  Grâce à sa petite-fille, un vétéran retrouve son compagnon d’arme en Seine-Maritime

    Jean-Marie Vandeputte (à droite) a retrouvé son copain de régiment normand Ghislain Grébauval  (à gauche) 60 ans après la fin de la guerre d’Algérie. (©DR)

     

    L’histoire est belle. Un ancien combattant de la guerre d’Algérie, Jean-Marie Vandeputte a lancé mercredi 10 janvier 2018, grâce à sa petite-fille belge Anaïs Van Bellegem, un appel via Normandie-Actu pour retrouver un de ses copains de régiment. Peu de temps après la publication de l’article, une dame a contacté la petite-fille de l’intéressé. Les retrouvailles sont déjà prévues.

    Elle reconnaît un ami après avoir lu Normandie-Actu

    « Finalement, il ne s’appelle pas André, comme le disait mon grand-père, mais Ghislain Grébauval. Mon grand-père a certainement retenu André car ils l’appelaient « Bourvil ». Il faut dire que c’était il y a 60 ans », souligne, heureuse, Anaïs Van Bellegem, la petite-fille de Jean-Marie Vandeputte, vétéran de la guerre d’Algérie qui a la double nationalité française et belge et qui souhaitait retrouver son compagnon d’arme normand.

    Une dame a vu l’article sur Normandie-actu et a reconnu la photo de Mr Grébauval, un ancien ami de jeunesse. Finalement, elle m’a communiqué les coordonnées de ce Monsieur. Il n’avait pas vu l’article mais se rappelait de mon grand-père. 

    Un questionnaire pour être certain

    Méfiante, Anaïs Van Bellegem a posé beaucoup de questions à Ghislain Grébauval. Au final il a fourni beaucoup de détails. « Il a dit des choses que lui seul pouvait savoir.

    Ils se sont ensuite contacté avec mon grand-père qui est à la fois très heureux et très ému.

    Ghislain Grébauval est bien Normand, comme l’affirmait Jean-Marie Vandeputte et habite aujourd’hui à Grandcourt, dans le nord-ouest de la Seine-Maritime.

    Retrouvailles en février

    Pourtant au cours de ses dix années de recherches, Anaïs Van Bellegem avait failli touché le but : « Nous avions pourtant déjà essayer de contacter son fils, sans savoir qui il était, via Facebook en 2011 suite aux recherches de tous les Gréboval qu’on pouvait trouver. Mais n’étant pas très Facebook, il n’avait jamais vu le message. »

    Vendredi 12 janvier, interrogée par Normandie-Actu, Anaïs était très émue : « Je ne pensais pas que ça irait aussi vite ». Des retrouvailles vont être organisées prochainement, probablement à la mi-février 2018.

    SOURCE : https://actu.fr/normandie/grandcourt_76320/belle-histoire-grace-petite-fille-veteran-retrouve-compagnon-arme-seine-maritime_15043745.html

    La belle histoire :  Grâce à sa petite-fille, un vétéran retrouve son compagnon d’arme en Seine-Maritime

    Anaïs Van Bellegem

    RAPPELEZ-VOUS du premier article 

    La belle histoire :  Grâce à sa petite-fille, un vétéran retrouve son compagnon d’arme en Seine-Maritime

     

     

    Ils ont fait la guerre d’Algérie ensemble :

     un vétéran recherche son ami

     un « Bourvil » de Normandie

    Anaïs Van Bellegem veut organiser des retrouvailles entre son grand-père Jean-Marie Vandeputte et André Gréboval. Tous deux ont combattu en Algérie et ne se sont jamais revus depuis.

    Ils ont fait la guerre d’Algérie ensemble :  un vétéran recherche son ami  un « Bourvil » de Normandie

    Jean-Marie Vandeputte (à droite), souhaite retrouver André Gréboval (à gauche), avec lequel il a combattu en Algérie. Qui saura reconnaître André Gréboval ? 

    La petite-fille d’un vétéran de la guerre d’Algérie recherche le compagnon d’arme de son grand-père. Anaïs Van Bellegem, espère retrouver André Gréboval, fils d’agriculteurs de Normandie, avec qui son grand-père Jean-Marie Vandeputte a combattu il y a près de soixante ans, à la fin des années 1950. Connaissez-vous André ?

    André Gréboval, le monsieur « Bourvil » du régiment

    Anaïs Van Bellegem est la petite-fille d’un ancien militaire qui a combattu en Algérie à la fin des années 1950. Son grand-père, Jean-Marie Vandeputte, lui a toujours parlé d’un de ses amis de régiment, un normand, qu’il recherche depuis plusieurs années. Jusqu’alors les recherches ont été infructueuses. Anaïs Van Belegem lance un appel pour retrouver « André Gréboval ou Grébauval. Mon grand-père ignore l’orthographe précise du nom de famille car il ne l’a jamais vu écrit. »

    « Mon grand-père se rappelle également qu’on surnommait ce monsieur « Bourvil » et se souvient que ses parents étaient agriculteurs en Normandie », poursuit la jeune femme vivant en Belgique. « Une fois la guerre terminée, ils étaient tellement contents de pouvoir rentrer chez eux, qu’ils n’ont pas pensé s’échanger leurs coordonnées. » Autant dire que la recherche n’est pas des plus aisées.

    De l’Allemagne à l’Algérie au sein du 110e RIM

    Les deux hommes faisaient partie de la classe 58 1/A CII numéro 4 à la caserne Vauban, à Radolzeel, en Allemagne, de mars 1958 à mai 1959. Ensemble, ils étaient affectés au foyer après leurs classes. « ils s’occupaient des ravitaillements pour les soldats, en plus des patrouilles. »

    Ils étaient également ensemble en Algérie au sein du 110e RIM (régiment d’infanterie motorisée) à Vialar de mai 1959 à juin 1960. « En Algérie, Monsieur Greboval était tireur d’élite dans un commando du 110e RIM. Il faisait notamment des embuscades en montagne. Mon grand-père est certain qu’il n’est pas mort à la guerre. »

    Il serait né à la fin des années 1930

    « Nous n’avons pas plus de renseignements quant à sa date de naissance ou autre. Il doit avoir plus au moins le même âge que mon grand-père né en 1938. »

    Anaïs Van Bellegem a fait ses recherches dans les annuaires téléphoniques, sur les réseaux sociaux, dans les maisons de retraite, à même demandé de l’aide à des élus. En vain. « Nous aimerions tellement pouvoir faire la surprise à mon grand-père. »

    Si vous connaissez André Gréboval, vous pouvez contacter Anaïs Van Bellegem via son compte Facebook.

    Source : https://actu.fr/societe/un-ancien-combattant-recherche-ami-andre-greboval-a-combattu-algerie_14993920.html 

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    Que l'UNC se rassure les guerres vont produire de nouveaux anciens combattants !!!

    L’UNC recrute ! Voyant leurs rangs s’éclaircir au fil des années, les anciens combattants recrutent. L’UNC (Union nationale des combattants) est en pointe sur la question. Elle a créé en 1976, sous le nom de « Soldats de France », un statut spécial permettant à toute personne ayant fait simplement son service militaire, ainsi qu’aux anciens pompiers et gendarmes, d’intégrer ses sections d’anciens combattants. Le succès n’est pas toujours au rendez-vous, puisque seules quelques sections ont pu ainsi grossir leur effectif. A quand les anciens scouts ou les réformés ? Rétablissez vite le service militaire obligatoire. Ah mais qu’est-ce que vous attendez de provoquer plus de guerres qui produisent plus d’anciens combattants pour que l’UNC ne meure pas !!! Mais rassurez-vous, des guerres il y en a déjà beaucoup et ce n’est pas près de s’arrêter… en visualisant la vidéo ci-dessous un grand politologue italien nous en explique les raisons… 

    Riccardo Petrella, politologue et économiste italien affirme que “la guerre est l'activité économique la plus rentable après l'industrie pharmaceutique et informatique”. Bien que nous le savions déjà, il est important ici de le rappeler car nombreux sont ces compatriotes vivant en Occident et en Afrique qui ignorent complètement la réalité de ce bas monde. En effet, les dirigeants occidentaux détruisent les pays souverains via la guerre afin de faire vivre leurs économies. Par conséquent, il serait normal d’encourager les guerres car la plupart des pays occidentaux fabriquent des armes de destructions massives ou biologiques n’ont pas seulement pour faire la guerre aux autres pays mais aussi pour en vendre aux plus demandeurs sur le marché notamment des groupes armés et terroristes ainsi que des groupes rebelles qui s'opposent aux gouvernants corrompues. Dans cette vidéo ci-dessous, Riccardo Petrella explique que la guerre est le plus fructueux des business. Moins le monde est au courant de ce business, plus ce business est florissant ! Il déclare également que tout l'argent vient d'Afrique et que ce sont les occidentaux qui appauvrissent les africains...  

     

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    Michel Cornaton dénonce

     le «négationnisme érigé en système»

     par la France

    Michel Cornaton dénonce  le «négationnisme érigé en système» par la France

    «La Guerre d'Algérie n’a laissé que peu de place dans l’espace de vie

     des Français.» D. R.

     

    Par M. Aït Amara – Michel Cornaton, qui nous avait appris en premier le décès de l’historien et ami de l’Algérie Gilbert Meynier, nous fait l’amitié de nous informer de la prochaine parution de son livre portant sur le non-dit de la tragédie coloniale. Michel Cornaton a été parmi les premiers à dénoncer les camps de regroupement, mais le seul à avoir écrit plusieurs ouvrages sur ce sujet dont notre société continue à porter les stigmates.

    Dans La Guerre d’Algérie n’a pas lieu, du déni à l’oubli, chronique d’une tragédie, Michel Cornaton écrit : «Si les camps nazis appartiennent à l’innommable, que dire de la Guerre d’Algérie ? Dès le 22 mars et le 14 avril 1962, avec une indécence totale, des décrets sont pris dans la précipitation pour amnistier, sans les juger, les coupables d’infractions commises dans le cadre de la répression contre l’insurrection algérienne. Le 17 décembre 1964 est votée la première loi d’amnistie liée aux événements d’Algérie. Le flou terminologique continue, il symbolise le voile pudique dont on recouvre un événement anecdotique qui n’aurait rien à voir avec la tragédie du peuple algérien, et qu’il faut s’empresser de dissimuler, d’oublier. Dans la foulée, le 24 juillet 1968, l’Assemblée nationale efface toute peine pénale en lien avec la guerre. Quand le négationnisme est érigé en système pendant autant d’années, comment éviter que, pour des générations entières, il ne s’étende pas à d’autres domaines de l’histoire, niée, bafouée par la politique et ceux qui la font.»

    Le livre de Michel Cornaton, dont on espère qu’il sera édité en Algérie, revient, en effet, sur «cette guerre sans nom, qualifiée de simple événement» et qui «n’a laissé que peu de place dans l’espace de vie des Français. Au point de se demander si elle a vraiment existé».

    L’auteur souligne que la «principale leçon» qu’il tire de cette «sinistre période» est que «le plus souvent, ce ne sont pas les acteurs de l’histoire qui renoncent à l’écrire mais les décideurs politiques qui la refusent parce qu’elle les dérange. Ils écrivent l’histoire avec une gomme», ironise Michel Cornaton. «Il faut avoir en tête qu’à la différence des deux guerres mondiales, la guerre d’Algérie, durant des décennies, n’a laissé que peu de trace dans l’espace et la vie de tous les jours des Français. Sans nom, ce ne fut pas une guerre mais une espèce d’événement qui s’est déroulé dans un halo lointain», avait affirmé l’historien dans une interview exclusive à Algeriepatriotique.

    Michel Cornaton explique ce déni de la réalité par la France officielle, aggravé par le «mensonge de l’Etat», par une espèce de scotomisation : «L’Algérie était la France, celle-ci ne pouvait donc entrer en guerre contre elle-même. Reconnaître l’état de guerre signifiait la reconnaissance d’ennemis que les Français d’Algérie considéraient depuis toujours comme une autre espèce, les indigènes, pour ne pas les nommer des sous-hommes, ainsi qu’ils étaient pourtant traités», écrit-il.

    Michel Cornaton dénonce  le «négationnisme érigé en système» par la France

    Le souci de cacher les crimes commis par l’ancienne puissance coloniale dans notre pays y est pour beaucoup aussi : «Dans le même temps où l’Algérie se transforme en vaste camp de concentration, la circulaire Papon interdit l’utilisation du terme de camp, qui disparaît du vocabulaire. Cette dénaturation du langage s’est révélée si efficace qu’à leur retour au pays la plupart des deux millions de jeunes hommes enrôlés n’ont rien pu dire sur l’enfer vécu en Algérie.»

    M. A.-A.

    SOURCE : https://www.algeriepatriotique.com/2018/01/12/michel-cornaton-denonce-negationnisme-erige-systeme-france/#comments 

      

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    Guerre d’Algérie. Un mémorial

     pour les disparus de Seine-Maritime

    inauguré en 2018, à Rouen

    Le Mémorial départemental de Seine-Maritime, Algérie Maroc Tunisie, sera inauguré le 1er février 2018. Un projet voulu initialement par Jean-Pierre Marchand et son épouse Nadine.

    Guerre d’Algérie. Un mémorial  pour les disparus de Seine-Maritime  inauguré en 2018, à Rouen

    Après des mois de travail, les protagonistes de cette aventure de la mémoire pour les soldats de Seine-Maritime lors de la guerre d’Algérie ont pu annoncer qu’un Mémorial sera inauguré à Rouen, en 2018. (©Isabelle Villy) 

    Après des mois de travail, les protagonistes de cette aventure de la mémoire pour les soldats de Seine-Maritime lors de la guerre d’Algérie ont pu annoncer qu’un Mémorial sera inauguré à Rouen, en 2018. (©Isabelle Villy)

    « C’est émouvant quand une date est arrêtée, ça nous tombe dessus, comme ça », confie Jean-Pierre Marchand, président fondateur de l’association du Mémorial départemental de la Seine-Maritime « Algérie Maroc Tunisie 1952-1962 ». La date, c’est celle, désormais arrêtée, de l’inauguration du Mémorial, à Rouen (Seine-Maritime), après des années de recherches, à se pencher sur des noms, des histoires, des registres… des années passées à convaincre… des années passées à dépasser aussi, les embûches qui se sont inévitablement dressées sur leur route.

    Inauguration le 1er février 2018

    Car Jean-Pierre Marchand et son épouse Nadine se sont donnés avec passion, avec cœur, avec toujours en eux l’ambition de redonner leur place aux disparus, pour mener à bien ce projet et ont fini par rassembler autour d’eux des personnes d’horizons et de sensibilités divers. Et ce n’est pas là la moindre de leur réussite… C’est donc le 1er février 2018, à 16h, que toutes ces bonnes volontés se retrouveront autour des autorités, à Rouen, pour inaugurer une stèle, cours Carnot, devant l’Hôtel du Département de Seine-Maritime. Un emplacement concédé par la Ville de Rouen.

    Ils pourront alors, là, une fois encore, mesurer le chemin parcouru et se dire que les disparus de ces temps troublés que fut notamment la guerre d’Algérie, auront à jamais leur nom gravé dans la pierre, au vu et au su de tous. Espérant que chacun prendra un peu de son temps pour s’arrêter, se recueillir et tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer durant toutes ces années, regroupées dans les manuels sous le vocable de décolonisation.

    140 000 euros pour le projet

    140 000 euros : c’est la somme qu’il leur fallait réunir pour boucler ce projet et finalement, nombreux auront été ceux qui ont « mis la main à la poche », sentant évidemment combien cet acte du souvenir était important. Ministère de la Défense, ministère de la Culture, députés, sénateurs, Région Normandie, Département de Seine-Maritime, communes, quelques mécènes et autres particuliers se sont ainsi impliqués financièrement, chacun à son niveau.

    « Plus de 400 militaires seinomarins sont morts en Afrique du Nord entre 1952 et 1962 », rappelle pour sa part Jean-Pierre Marchand, pour expliquer pourquoi, à l’origine, il a créé cette association visant à ériger ce Mémorial, ajoutant aussitôt que le résultat est « un travail d’équipe ».

    Un travail qui va se traduire par cette stèle confiée au sculpteur Jean-Marc de Pas, qui a choisi de représenter deux femmes : la mère, ou la grand-mère, l’épouse, la sœur ou la fiancée… Entre elles, un espace vide qui symbolisera la douleur de l’absence alors que tout près, sur des barrettes de granit, seront gravés les noms des disparus.

    « Il a fallu passer par-delà des écueils, des remarques,

     des envies, de la jalousie »

    « Même s’il est passionnant, c’était un projet lourd et exigeant. Il a fallu passer par-delà des écueils, des remarques, des envies, de la jalousie. On sent aussi le poids des responsabilités qu’on endosse quand on se lance dans ce genre de projet », conclut Jean-Pierre Marchand qui n’avait dans toute cette aventure qu’une ambition : transmettre son histoire et celle de nombreux autres soldats qui avaient 20 ans, quand ils ont été envoyés en Algérie. Des enfants de la guerre en somme, qui n’ont pas toujours pu ou su raconter ce qu’ils ont vécu.

    Source : https://actu.fr/normandie/rouen_76540/guerre-dalgerie-memorial-sera-inaugure-2018-rouen-disparus-seine-maritime_13527190.html 

    Guerre d’Algérie. Un mémorial  pour les disparus de Seine-Maritime  inauguré en 2018, à Rouen

    En 2015 j’avais mis en ligne

    l’article ci-dessous

     sur l’un de mes blogs :

    Guerre d’Algérie. Un mémorial  pour les disparus de Seine-Maritime  inauguré en 2018, à Rouen

    411 morts en Seine-Maritime. 

     Enfin un Mémorial, à Rouen 

     pour les disparus de la guerre d'Algérie 

    Jean-Pierre Marchand et son épouse, Nadine, travaillent à un projet de Mémorial, à Rouen, pour ne pas oublier les 411 tués de la guerre d'Algérie, parmi lesquels neuf disparus. 

    Guerre d’Algérie. Un mémorial  pour les disparus de Seine-Maritime  inauguré en 2018, à Rouen

    Jean-Pierre Marchand et son épouse, Nadine, travaillent depuis de nombreux mois à l'élaboration d'un Mémorial pour les disparus de la Guerre d'Algérie, en Seine-Maritime (Photo © Isabelle Villy) 

    Il s’appelait André Alexandre. Enfant de l’Assistance publique, il résidait à Quévreville-la-Poterie, près de Rouen (Seine-Maritime), où il travaillait. Puis une peine de cœur le décidera à s’engager… sauf qu’à cette époque, c’était la guerre d’Algérie… ou plutôt ce qu’il convenait à l’époque d’appeler « Les événements d’Algérie », formulation qui rappelle combien cette guerre a longtemps refusé de dire son nom. Voici donc André Alexandre en Algérie, mais, en 1956, il écrit à ses patrons pour leur raconter ce qu’il vit et il annonce qu’il veut rentrer en France à la fin de son engagement. Son rêve, tel qu’il l’a exprimé ? «Envoyez-moi un poulet ! Je rêve de manger du poulet»… Enlevé avec deux de ses amis par les partisans, André Alexandre sera “trimballé” de village en village et trouvera une mort atroce, massacré par la population… 

    Des heures de recherches 

    Pendant quelque temps, il a fait partie des « disparus » en Algérie, ceux dont on n’avait aucune dépouille à rapatrier. Puis, un de ses amis se trouvant dans le secteur où il avait disparu, a recueilli les confidences du père d’un partisan, qui lui a révélé l’endroit où se trouvait Alexandre. Il a ainsi été retrouvé, quatre mètres sous terre, égorgé et les mains attachées dans le dos avec du fil barbelé… Aujourd’hui, André Alexandre repose au cimetière de Quévreville-la-Poterie. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune. Cette histoire, ce sont Nadine et Jean-Pierre Marchand, qui l’on, peu à peu, reconstruite, à force de recherches, d’heures de veille, penchés sur des registres d’état-civil, sur des documents en tous genres. 

    Seine-Maritime : 411 tués dont 9 disparus 

    La guerre d’Algérie, c’est une période inoubliable pour Jean-Pierre Marchand. Il l’a lui-même vécue et en est revenu comme nombre des jeunes hommes de son époque, marqué et meurtri. Des blessures qu’il tente toujours d’exorciser au travers d’écrits, secondé avec patience par son épouse, Nadine, qui met à sa disposition toute l’étendue de sa compétence. Leur dernier projet ? Un Mémorial pour les disparus d’Algérie. Une idée qui a germé peu à peu et dont les contours ont commencé à se dessiner jusqu’à jeter les bases du travail (immense) à accomplir. Le processus est désormais bien engagé, les démarches effectuées auprès des décideurs qui peuvent financer le projet, qui s’inscrit dans le cadre de l’association du Mémorial départemental de la Seine-Maritime, Algérie-Maroc-Tunisie 1952-1962. 

    Notre département a payé un lourd tribut à cette guerre, avec un chiffre, non exhaustif, de 411 tués, dont 9 disparus. Près de 200 communes ont été touchées. Ces 411 Seinomarins méritent que leurs noms soient rassemblés et gravés dans la pierre », plaide Jean-Pierre Marchand, qui a d’ores et déjà, avec son épouse, commencé à travailler sur une liste de 200 noms et 30 actes d’état-civil.  

    Un travail fastidieux confirme l’épouse du président, car sur tous les noms, « certains sont mal orthographiés, certains n’ont pas pris part à ce conflit ». Un travail de fourmi au cours duquel il convient de lever toutes les ambiguïtés ou confusions qui peuvent apparaître au sujet de certains noms. Un travail d’historien enfin, qui exige beaucoup de rigueur, en l’occurrence nourrie par la quête de Jean-Pierre et Nadine Marchand, qui ne s’écartent pas de la mission fixée au départ. 

    Un Mémorial cours Carnot, à Rouen 

    Au terme de 10 000 heures de recherches, entrecoupées de moments de découragement, ils peuvent aujourd’hui se dire qu’ils sont sur la bonne voie : la Ville de Rouen a d’ores et déjà accordé l’emprise de terrain qui accueillera (pour 2016 ?) le Mémorial des disparus de la Guerre d’Algérie : il se trouvera cours Carnot, devant les bâtiments du Département, près du monument de la Victoire et de la stèle des tués en Indochine. Un lieu ayant donc clairement vocation à créer une place du souvenir. Les disparus retrouveront une identité, plus de 50 ans après la signature des accords d’Évian, en 1962, qui mirent fin à des années de guerre. 

    Aller plus loin que la « mémoire officialisée » 

    " Nous aimerions que ce Mémorial permette d’aller plus loin que la mémoire officialisée. La vocation de ce lieu est qu’il soit un lieu vivant, fréquenté, animé, où devra se mettre en pratique une véritable pédagogie d’animation culturelle ", insiste Nadine Marchand, qui n’emploie pas, pour sa part, le terme de devoir de mémoire : non qu’elle en réfute le sens, bien au contraire, elle l’estime indispensable. Mais elle constate également que l’expression est devenue galvaudée, quelque peu vidée de son sens, tant elle est utilisée… 

    SOURCE : http://www.normandie-actu.fr/411-morts-en-seine-maritime-enfin-un-memorial-a-rouen-pour-les-disparus-de-la-guerre-d-algerie_169877/ 

     

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