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    Il est temps de réparer les conséquences

     des essais nucléaires en Algérie

    Il est temps de réparer les conséquences   des essais nucléaires en Algérie

    Neuf députés, dont Cédric Villani (NI) Aurélien Taché (NI) ou Mathilde Panot (LFI), demandent à Emmanuel Macron de "publier les données et les cartes des zones" des déchets résultant des campagnes d'essais nucléaires menées au Sahara dans les années 1960.

    Leur tribune : "La rencontre a été repoussée 'sine die'! La cinquième session du comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français, qui devait se dérouler ce 11 avril, avait pour volonté de s'inscrire, comme vous l'avez exprimé, M. le Président, dans un contexte d'apaisement des contentieux historiques entre la France et l'Algérie. A cette fin, vous avez pris différentes initiatives, dont la dernière en date du 9 mars demandant à faciliter l'accès aux archives classifiées relatives à la guerre d'Algérie pour 'favoriser le respect de la vérité historique'. Vous avez désormais l'occasion d'impulser une action concrète en faveur des populations civiles et de l'environnement qui continuent d'être affectés par des déchets nucléaires enfouis par la France dans les sables du Sahara ; il vous faut la saisir.

    Courant février, le ciel d'une large partie de la France a arboré une teinte orangée créant une atmosphère particulière. Le sable du Sahara, porté par les vents, est à l'origine de ce phénomène. Selon les analyses de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, ce sable avait des teneurs en Césium-137 (élément radioactif) supérieures à la moyenne, mais sans danger pour l'être humain.

    Cet épisode météorologique est venu une nouvelle fois rappeler que la France a laissé une empreinte radioactive indélébile au cœur du Sahara

    Cet épisode météorologique est venu une nouvelle fois rappeler que la France a laissé une empreinte radioactive indélébile au cœur du Sahara. Dix-sept explosions nucléaires entre 1960 et 1966, atmosphériques et souterraines, ont été réalisées à Reggane et In-Ekker pour tester la bombe atomique française. En 2021, les connaissances sur ces essais, sur les accidents (Béryl, Améthyste, Rubis, Jade) et leurs conséquences sont nombreuses. Mais il manque toujours des informations clés, concernant les déchets (nucléaires ou non) pour la plupart enfouis volontairement dans les sables, pour assurer la sécurité sanitaire des populations résidant dans ces zones, protéger les générations futures et prendre les mesures nécessaires et appropriées en vue de la remise en état de l'environnement.

    En 1997, le député Christian Bataille, membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques français, reconnaissait que 'sur la question des déchets qui auraient pu résulter des campagnes d'essais réalisées au Sahara, il n'existe aucune donnée précise'. Une étude publiée par ICAN France et l'Observatoire des armements en août 2020* a dressé pour la première fois un inventaire recensant les déchets non radioactifs (élément ferreux, bidons de bitume…), le matériel contaminé enfoui dans le sable (outillages, avions Vautour, blindés, camions…) et les déchets nucléaires issus des essais et autres expérimentations (roches et galettes radioactives, sables vitrifié…).

    Après soixante longues années de silence et d'opacité, n'est-il pas temps de publier les données et les cartes des zones où ces déchets ont été enterrés?

    Plusieurs d'entre nous ont ainsi souhaité disposer d'informations supplémentaires pour comprendre la réalité de cette pollution. Nos questions écrites et orales adressées à la ministre des Armées et à la ministre de la Transition écologique ont fait l'objet de réponses qui démontrent une même volonté de conserver une certaine opacité sur ce sujet. Une attitude similaire est à déplorer concernant le ministère des Affaires étrangères, dont la direction Afrique du Nord et Moyen-Orient ne donne, pour l'instant, pas suite aux demandes d'entretien réalisées par la société civile.

    Nous refusons d'imaginer que le passé nucléaire de la France continue de générer des risques sanitaires, humanitaires et environnementaux. Nous refusons de croire, pour paraphraser Benjamin Stora, que cette 'question brûlante', inscrite dans le rapport qu'il vous a remis, soit étouffée par l'inaction politique ou des blocages d'ordre psychologique.

    Après soixante longues années de silence et d'opacité, n'est-il pas temps de publier les données et les cartes des zones où ces déchets ont été enterrés? L'histoire est ce qu'elle est, les centres d'essais du Sahara ont été démantelés, mais l'impact de la radioactivité est toujours présent, tout comme en Polynésie.

    En levant ce tabou, la France sortirait grandie et vous pourriez mettre les actes en cohérence avec les intentions, dans une nécessaire transparence

    Pour obtenir un début d'information objective sur ce sujet et engager la résolution de cette crise sanitaire et environnementale, il vous appartient, M. le Président, avec le gouvernement, de faire sauter le verrou législatif en déposant un projet de loi qui viendrait modifier l'article 17 de la loi du 15 juillet 2018 relative aux archives. D'ailleurs votre déclaration du 9 mars évoque la nécessité 'd'un travail législatif d'ajustement du point de cohérence entre le code du patrimoine et le code pénal pour faciliter l'action des chercheurs'. L'ouverture réelle des archives est une première étape indispensable. Elle serait également un gage de votre bonne volonté vis-à-vis des autorités algériennes qui considèrent à juste titre cette question comme prioritaire. En levant ce tabou, la France sortirait grandie et vous pourriez mettre les actes en cohérence avec les intentions, dans une nécessaire transparence.

    Vous êtes mobilisé, depuis le 16 mars 2020, pour engager 'le jour d'après' afin de résoudre une grave problématique sanitaire. Ne poursuivez pas la politique de vos pairs. Agissez en même temps sur cette autre crise qui perdure depuis soixante ans et qui entache durablement l'image de notre pays."

    * « Sous le sable la radioactivité ! », étude de Patrice Bouveret et de Jean-Marie Collin, Fondation Heinrich Böll. 

    Les signataires :  

    Moetai Brotherson, député (GDR) de Polynésie française
    François-Michel Lambert, député (LT) des Bouches-du-Rhône
    Jean-Paul Lecoq, député (GDR) de Seine-Maritime
    Paul Molac, député (LT) du Morbihan
    Sébastien Nadot, député (LT) de Haute-Garonne
    Mathilde Panot, députée (LFI) du Val-de-Marne
    Aurélien Taché, député (NI) du Val-d'Oise
    Maina Sage, députée (AE) de Polynésie française
    Cédric Villani, député (NI) de l'Essonne

    SOURCE : https://www.lejdd.fr/Politique/tribune-il-est-temps-de-reparer-les-consequences-des-essais-nucleaires-en-algerie-4037578 

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    Sur décision d’Alger, le CIHN

     algéro-français ne se tiendra pas

    aujourd'hui et demain :

    Les raisons d’un report

    Sur décision d’Alger, le CIHN algéro-français ne se tiendra pas demain :  Les raisons d’un report

    Si la situation sanitaire est, selon Matignon, à l’origine du report de la visite du Premier ministre français à Alger, comment expliquer que c’est cette même situation sanitaire qui avait été avancée quelques heures plus tôt pour justifier une visite réduite dans le temps et dans la composante de la délégation gouvernementale ?

    En effet, quelques heures après avoir été annoncée par Matignon pour dimanche et avec une délégation ministérielle réduite pour des considérations de Covid, la visite de Jean Castex est reportée pour les mêmes raisons.

    C’est le motif officiel invoqué à Paris.

    Le format réduit qui aurait mécontenté la partie algérienne au vu des importants et nombreux dossiers à traiter à la faveur de cette visite et du 5e Comité interministériel de haut niveau (CIHN) est en réalité à l’origine de ce report à une date non déterminée, avancent des sources proches du dossier. Selon des médias français citant des sources concordantes françaises et algériennes, la taille de la délégation ministérielle française, réduite à trois ou quatre membres du gouvernement en raison de l’épidémie, a été jugée insuffisante par les autorités algériennes, ce qui a entraîné cette annulation. «Le format de la délégation n’est pas à la hauteur», selon Alger, a ainsi indiqué une source française.

    Le gouvernement algérien a jugé la délégation pas assez importante, la visite trop courte au vu des enjeux entre les deux pays, selon la même source. «La visite a été réduite à une seule journée et la délégation à quatre ministres. C’est un sous-format alors qu’il y avait beaucoup de dossiers bilatéraux à étudier», a confirmé une source algérienne.

    La dernière fois qu’une telle réunion s’est tenue, c’était en 2017 à Paris. L’Algérie avait alors dépêché huit ministres. Et elle attendait une délégation similaire en retour. Impossible en raison de la Covid, a répondu Matignon qui a proposé de faire le déplacement en format restreint avec Jean-Yves Le Drian pour les Affaires étrangères, Gérald Darmanin à l’Intérieur, Jean-Michel Blanquer à l’Education et Bruno Le Maire à l’Economie.

    Une antenne de LREM à Dakhla occupée

    Sur décision d’Alger, le CIHN algéro-français ne se tiendra pas demain :  Les raisons d’un report

    L’annonce rendue publique jeudi de l’installation d’une antenne de la République En marche, le mouvement d’Emmanuel Macron (LREM), à Dakhla, en territoire occupé par le Maroc, – vue par ce dernier comme un premier pas vers la création d’un consulat –, ne serait-elle pas une autre raison du report de la rencontre intergouvernementale algéro-française ? La députée du Tarn, Marie-Christine Verdier Jouclas, vice-présidente du groupe d’amitié France-Maroc et porte-parole des députés macronistes à l’Assemblée nationale, a annoncé la création prochaine par la République En Marche d’un comité à Dakhla (en territoire sahraoui occupé), en ajoutant que ce comité se situe dans «les provinces du Sud marocain» et «qui vient renforcer notre présence auprès des Français de cette zone».

    La députée Verdier Jouclas et le représentant de LREM au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, Jaoued Boussakouran, se sont engagés à se rendre à Dakhla dès que les conditions sanitaires le permettront. «A l’occasion de l’anniversaire des 5 ans de La République en Marche, nous souhaitons saluer la dynamique du mouvement au sein de notre région», ont-ils ajouté. Ils se sont réjouis «particulièrement de la création du comité de LREM à Dakhla, situé dans les provinces du Sud marocain».

    Deux jours plus tôt se tenait une rencontre par visioconférence du groupe d’amitié du Sénat français avec son homologue marocain. Les deux groupes ont notamment examiné la question du «développement des territoires et la coopération décentralisée».

    La territorialisation étant l’habit-alibi du projet marocain d’autonomie du Sahara occidental annexé illégalement et validé par Paris comme étant la solution au conflit opposant le Maroc et le Front Polisario. Jeudi, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, s’est entretenu par visioconférence avec son homologue marocain, Nasser Bourita. Le MAE français a rappelé le soutien de son pays à la recherche d’une «solution politique juste, durable et mutuellement acceptable», conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Tout en rappelant que «dans cette perspective», «la France considère le plan d’autonomie marocain comme une base sérieuse et crédible».

    Alors que l’Algérie défend l’idée d’un référendum d’autodétermination, qui permettrait aux populations sahraouies de dire si elles souhaitent l’indépendance ou si elles veulent être rattachées au Maroc.

    Des lobbies agissants

    Dans son interview à Canal Algérie, l’ambassadeur d’Algérie à Paris a dénoncé des lobbies qui «travaillent contre une entente cordiale entre l’Algérie et la France». «C’est une action qui consiste à contrecarrer tout effort de développement entre les deux pays», a-t-il expliqué, tout en affirmant qu’«aujourd’hui, l’Algérie et la France entament une nouvelle période». Le diplomate algérien faisait certainement référence outre au traditionnel lobby «nostalgérique» représenté par des pieds-noirs nostalgiques de «l’Algérie française», de l’extrême-droite et de courants de la droite, mais aussi au lobby pro-marocain très actif au sein de l’Etat français et de ses institutions. Explicitant les fondements de la diplomatie algérienne, l’ambassadeur d’Algérie à Paris a rappelé sur Canal Algérie que notre pays «a des principes en politique étrangère.

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    N’oublions pas les lobbies algériens

    Pour Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po Paris, le véritable homme fort du pays n'est pas le président Tebboune, mal élu en décembre 2019, mais le chef d'état-major Saïd Chengriha et derrière lui "les "décideurs" militaires qui, sous une forme ou une autre, accaparent le pouvoir depuis des décennies".

    Or ces généraux, héritiers de l'insurrection qui a conduit à l'indépendance de l'Algérie en 1962, n'approuvent pas la "réconciliation mémorielle" car elle "remettrait en cause la propagande officielle (antifrançaise), fondamentale pour (leur) légitimation", sur fond de relations souvent tumultueuses entre les deux pays, relève le chercheur sur son blog.

    Signe de ce climat qui reste volatil et passionnel, près de 60 ans après la fin de la guerre d'indépendance, le ministre du Travail Hachemi Djaâboub a taxé la France d'"ennemi traditionnel et éternel", au moment même où la visite était annulée.

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    Ces principes sont le droit à l’autodétermination des peuples, la non-interférence dans les affaires intérieures des autres Etats et le respect des frontières héritées au moment de l’indépendance.» «Nous avons nos principes et nous les réaffirmons devant toutes les instances internationales, nous ne le disons pas uniquement à la France qui est un pays ami», a-t-il ajouté. Ainsi, l’annonce de l’ouverture prochaine d’un comité d’En Marche à Dakhla, à deux jours d’une visite du chef du gouvernement français ramenée à un jour avec un format ministériel réduit sont deux gestes qui ne pouvaient que mécontenter les autorités algériennes.

    La visite de Jean Castex était considérée quelques heures plus tôt, côté français, comme une «nouvelle étape» du rapprochement entre la France et l’Algérie, voulu par les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune. «La visite du Premier ministre s’inscrit dans le réengagement de la relation voulu par les deux présidents», soulignait l’entourage de Jean Castex à l’Hôtel Matignon, en saluant le «contexte de réchauffement» entre les deux pays, rapportait alors l’AFP. «Les deux présidents ont engagé une reprise de la relation franco-algérienne, dans un nouveau climat de confiance. Cela devait se traduire par la reprise de contacts bilatéraux et notamment par ce CIHN», a-t-on ajouté.

    Ce rendez-vous bilatéral a été programmé pour dimanche malgré la nouvelle vague de coronavirus, qui «mobilise pleinement l’Exécutif» et «complique tout déplacement international», afin de ne pas se tenir trop près des législatives anticipées prévues le 12 juin en Algérie, a-t-on indiqué encore à Matignon. La réunion avait pour but de tenir pour la première fois depuis décembre 2017 un «Comité intergouvernemental de haut niveau» (CIHN), co-présidé par Abdelaziz Djerad et son homologue Jean Castex. A son agenda des sujets d’intérêt bilatéral et régional. Rendez-vous manqué ? Simple report ? La voie vers un rapprochement entre Alger et Paris est décidément semée d’embûches.

    SOURCE : https://www.elwatan.com/a-la-une/sur-decision-dalger-le-cihn-algero-francais-ne-se-tiendra-pas-demain-les-raisons-dun-report-10-04-2021 

     

     

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    Le Parquet national antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d’ultradroite OAS

     

    Le Parquet national antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d’ultradroite OAS

    Photo Le Parisien : Logan Nisin, chef du groupe OAS, avait été membre d'Action française Provence, un groupuscule royaliste d'ultradroite. AFP/Bertrand Guay

    Le PNAT requiert que les suspects soient jugés pour « association de malfaiteurs terroriste », rapporte une source judiciaire.

    Leur groupuscule était soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon ou des musulmans : le Parquet national antiterroriste (PNAT) a finalement demandé un procès en correctionnelle pour neuf membres du groupe d’ultradroite surnommé « OAS ».

    Dans son réquisitoire définitif, rendu jeudi 8 avril, le PNAT a demandé que les suspects soient jugés pour « association de malfaiteurs terroriste », six devant le tribunal correctionnel et les trois autres, mineurs au moment des faits, devant le tribunal pour enfants, selon une source judiciaire.

    La décision finale revient désormais aux juges d’instruction d’ici un mois, le chef autoproclamé du groupe, Logan N., étant en détention provisoire.

    « Je n’attendais que ça », s’est réjoui auprès de l’Agence France-Presse Eric Bourlion, l’avocat de Logan N. qui se trouve depuis quatre ans en prison dans l’attente d’être jugé. « A la fin, on lui reproche un délit, c’est un soufflé judiciaire servi trop froid. »

    Suspecté d’avoir voulu s’en prendre

     à Castaner et Mélenchon

    Le groupuscule avait été démantelé en octobre 2017. Logan N., alors âgé de 21 ans, avait été arrêté quelques mois plus tôt, le 28 juin 2017, à la suite d’une enquête menée par la direction générale de la sécurité intérieure et la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire.

    Originaire de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et un temps militant en 2016 de l’organisation royaliste d’extrême droite Action française, il avait reconnu devant les enquêteurs avoir fondé un groupuscule sous le nom d’OAS, soit le même sigle que l’Organisation armée secrète, responsable d’une campagne sanglante contre l’indépendance de l’Algérie dans les années 1960. Le groupe ambitionnait d’« enclencher une remigration basée sur la terreur ».

    Il était suspecté d’avoir voulu s’en prendre à l’ancien maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), Christophe Castaner, aujourd’hui président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale et ancien ministre de l’intérieur, ainsi qu’au chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

    Des attaques contre des « kebabs » de Marseille ou le « chantier de la grande mosquée de Vitrolles » avaient également été évoquées.

    L’objectif de faire le « buzz »

    Devant les enquêteurs, Logan N. avait minimisé la portée de ces menaces, affirmant que le groupe avait abandonné ces projets, faute d’avoir « les capacités » de les mettre en œuvre.

    Avec l’OAS et une page Facebook à la gloire du terroriste d’extrême droite norvégien Anders Breivik (qui a tué 77 personnes en juillet 2011) dont il était l’administrateur, il voulait faire le « buzz » dans les milieux nationalistes et obtenir des « like », avait-il avancé.

    Logan N. avait par ailleurs participé aux campagnes présidentielle et législatives 2017 du Front national (FN) dans sa région. Le parti avait assuré qu’il n’avait toutefois jamais été adhérent et condamné ses activités.

    Le dossier avait ensuite pris une tournure politique avec l’annonce de M. Mélenchon de se constituer partie civile, au vu des menaces supposées contre lui, dont il dit n’avoir jamais été informé. Mais la justice lui avait finalement refusé ce statut.

    Plusieurs enquêtes contre des groupuscules antiterroristes

    Au moins quatre autres enquêtes antiterroristes liées à des projets d’action violente de l’ultradroite sont en cours depuis 2017.

    Un an après l’arrestation de Logan N., un autre groupuscule soupçonné de vouloir frapper des cibles musulmanes avait été démantelé. A l’automne 2020, quinze membres ou proches de ce groupe appelé Action des forces opérationnelles (AFO), teinté de survivalisme d’extrême droite, étaient mis en examen dans l’enquête, qui se poursuit. Depuis, un groupuscule, issu d’un groupe Facebook surnommé « Les Barjols » et accusé d’avoir voulu attenter à la vie du président Emmanuel Macron, a été démantelé en 2018.

    Deux autres enquêtes antiterroristes liées à l’ultradroite portent, l’une, sur un groupe proche de l’idéologie néonazie soupçonné de viser des lieux de cultes juifs et musulmans, l’autre, sur un suprémaciste admirateur de l’auteur de l’attentat en 2019 contre des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

    En 2016, déjà, Patrick Calvar, alors patron du renseignement intérieur, avait mis en garde contre une possible « confrontation entre l’ultradroite et le monde musulman », exacerbée par le terrorisme islamiste.

    Le Monde avec AFP

    SOURCE : https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/09/le-parquet-antiterroriste-demande-un-proces-contre-le-groupuscule-d-ultradroite-oas_6076113_3224.html 

    Additif 

    Dans un long portrait que Le Monde lui consacre, Logan Alexandre Nisin est décrit comme un chaudronnier intérimaire, célibataire, qui gravite dans les milieux d'extrême droite nationalistes. Il était depuis plusieurs années dans le collimateur des services de renseignement, qui ont renforcé leur surveillance lorsqu'ils se sont rendus compte qu'il était l'administrateur d'un page Facebook qui faisait l'apologie du tueur norvégien Anders Breivik. 

    Proches de groupuscules de l'Œuvre française 

    Logan se serait progressivement rapproché de l'extrême droite pendant son adolescence. Souffrant d'un léger tic au visage (le clignement intempestif d'un oeil), il est alors décrit comme un ado solitaire, bouc émissaire de la cour de récréation de son école de Vitrolles où sont scolarisés de nombreux enfants des cités voisines. Il écoute des groupes de rock ou de rap radicaux comme Kroc Blanc, Goldofaf ou Amalek. Selon Le Monde, il se rapproche des activistes de Jeunesses nationalistes, émanation des identitaires de l'Oeuvre française. Mais un an plus tard, sa branche parisienne (les Jeunesses nationalistes révolutionnaires) est impliquée dans la rixe qui conduira à la mort de Clément Méric, à la suite de quoi le mouvement est dissout par les autorités. 

    Logan entre alors dans un groupuscule marseillais qui s'assume «pétainiste», le Mouvement populaire nouvelle aurore (MPNA). Il participe aux actions publiques et contribue à la gestion du site internet ou de la post-production des vidéos tournées lors de leurs sorties. Mais le groupe s'éparpille en juin 2014, après une action à Marseille. Des militants, dont Logan, lancent des chants xénophobes devant une statue de Missak Manouchian, un poète et résistant communiste arménien, qu'ils recouvrent d'un drap blanc. Deux militants arrêtés ce jour-là sont condamnés, et le groupe s'autodissout. 

    Bref passage au FN

    Le Parquet national antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d’ultradroite OAS

    SOURCE : https://www.20minutes.fr/faits_divers/2153695-20171018-ultra-droite-photo-inspirateur-presume-marion-marechal-pen-circule-toile 

    Logan se rapproche ensuite des royalistes de l'Action française (AF) de la section d'Aix-en-Provence. Il s'inscrit en sociologie, puis en droit. Il participe activement aux tractages ou au actions anti-blocages menées par cette section très estudiantine de l'AF. Il quitte le groupe un an et demi plus tard, après les attentats du 13 novembre 2015, car il trouve l'AF pas assez intransigeante. Enfin, il fait un bref passage par le FN où il participe aux tractages et collages de la campagne présidentielle. 

    À ce stade de sa dérive, les services de renseignement considèrent son profil trop dangereux et décident de l'interpeller. Les enquêteurs retrouvent plusieurs armes au domicile de sa mère, raconte Le Monde : un fusil à pompe Baikal calibre 12 et deux revolvers à poudre de collection, dont il cherchait à modifier les barillets pour pouvoir tirer des munitions modernes. Il s'était aussi doté d'un gilet pare-balles et avait pris des renseignements sur des armureries de l'Yonne et des Vosges. Il aurait également réfléchi à des moyens de se procurer des faux papiers, voire à se fabriquer un lance-flammes. 

    Dans son projet avorté baptisé «OAS», en référence à l'Organisation de l'armée secrète qui avait mené des attentats contre l'indépendance d'Algérie, Logan avait identifié plusieurs cibles: le marché aux puces de Marseille, un restaurant indien d'Aix-en-Provence ou encore des personnalités comme Jean-Luc Mélenchon ou le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

    En conclusion je vous rappelle mes articles

    de 2017 et 2018

    http://www.micheldandelot1.com/ombre-terroriste-sur-l-ultra-droite-francaise-quand-l-ultradroite-defe-a145595158 

    http://www.micheldandelot1.com/sous-le-titre-aucun-groupuscule-n-a-le-droit-de-se-revendiquer-de-l-oa-a132349188 

     

     

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    ET LE CIRQUE CONTINUE...

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    Algérie : La visite de Jean Castex à Alger prévue dimanche annulée au dernier moment

    Algérie : La visite de Jean Castex à Alger prévue dimanche annulée au dernier moment

    Le Premier ministre Jean Castex, à Nantes le 26 février 2021. — Mathieu Pattier/SIPA

     

    Officiellement, la visite de Jean Castex en Algérie est annulée pour raisons sanitaires, officieusement c’est pour des raisons diplomatiques

    Une visite du Premier ministre français à Alger, prévue dimanche et perçue comme un signe de réchauffement entre les deux pays aux relations complexes, a été reportée sine die jeudi, officiellement pour cause sanitaire, mais pour raisons diplomatiques, selon des sources proches du dossier. « L’épidémie de Covid-19 ne permettant pas à ces délégations de se retrouver dans des conditions pleinement satisfaisantes », ont annoncé les services de Jean Castex.

    Le comité intergouvernemental franco-algérien, cadre prévu pour cette rencontre, « est donc reporté à une date ultérieure, lorsque le contexte sanitaire sera plus favorable », ont ajouté les services du Premier ministre. Mais en fait, de sources concordantes françaises et algériennes, le format de la délégation française, réduit en raison de l’épidémie, a été jugé insuffisant par les autorités hôtes, mécontentes, ce qui a précipité cette annulation tardive.

    Une visite trop courte au gout d'Alger

    « Le format de la délégation n’est pas à la hauteur » selon Alger, a ainsi indiqué une source française ayant connaissance du dossier. « La visite à été réduite à une seule journée et la délégation à quatre ministres. C’est un sous-format alors qu’il y avait beaucoup de dossiers bilatéraux à étudier », a confirmé une source algérienne. La visite du Premier ministre français devait marquer une nouvelle étape dans le réchauffement bilatéral engagé par les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune.

    Les deux pays entretiennent des relations tumultueuses depuis des décennies, fruit de l’histoire coloniale et de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962). En France comme en Algérie, cette histoire partagée est un sujet sensible pour une frange importante de la population. Emmanuel Macron, premier président français né après la guerre d’Algérie, a fait certains gestes d’ouverture pour tenter d’apaiser cette relation, comme par exemple la reconnaissance de l’assassinat d’un militant indépendantiste, ou encore une ouverture des archives françaises de la période de la guerre. Les initiatives d’Emmanuel Macron font partie des recommandations mémorielles de l’historien Benjamin Stora dont le rapport a été critiqué en Algérie parce qu’il ne préconise pas notamment des « excuses » de Paris.

    Pas de réunion depuis 2017

    La réunion de dimanche avait pour but de tenir pour la première fois depuis décembre 2017 un « Comité intergouvernemental de haut niveau », co-présidée par Jean Castex et son homologue Abdelaziz Djerad, afin de faire le point notamment sur la coopération économique entre les deux pays. Le mouvement de protestation populaire du « Hirak » qui a conduit à la chute du président Abdelaziz Bouteflika en 2019, la crise sanitaire, mais aussi l’état de santé du président Tebboune, n’ont pas permis la tenue récente d’une nouvelle édition de ce CIHN.

    En préambule à la visite désormais reportée, le chef d’Etat major des armées français, le général François Lecointre, a été lui reçu à Alger jeudi par le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) Saïd Chanegriha pour un déplacement non annoncé au cours duquel le militaire algérien a sollicité l’assistance de Paris pour la « réhabilitation » des sites des essais nucléaires français au Sahara il y a soixante ans.

    SOURCE : https://www.20minutes.fr/monde/3017327-20210409-algerie-visite-jean-castex-alger-prevue-dimanche-annulee-surprise 

     

     

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    Covid-19 : en Côte-d’Or

    ils chantent pour remercier

    les soignants

    Covid-19 : en Côte-d’Or ils chantent pour remercier les soignants

     

    Covid-19 : en Côte-d’Or ils chantent pour remercier les soignants

    Glorieux soignants de Bourgogne

     

    Elles deviennent souvent virales, ces vidéos de musiciens ou de chanteurs, confinés chez eux qui apparaissent à l’unisson à l’écran. En Côte-d’Or, deux vidéos circulent actuellement pour soutenir les personnels soignants.

    La réputation des Cadets de Bourgogne n’est définitivement plus à faire ! Leur chanson traditionnelle « Joyeux enfants de la Bourgogne » est déjà connue dans le monde entier. Une nouvelle version vient d’être publiée sur internet, rebaptisée cette fois « Glorieux soignants de la Bourgogne ». 

    L’objectif est clair, réadapter les paroles au contexte de crise sanitaire actuel, pour remercier et soutenir l’ensemble du personnel soignant de la région. Douze chanteurs ont participé à cet hommage, en s’enregistrant chez eux, et le résultat final permet de retrouver le chœur d’hommes, à l’unisson grâce à un montage.

    Les Cadets de Bourgogne rappellent ainsi leurs liens historiques avec le monde hospitalier. Le Clos de Vougeot, célèbre siège de la Confrérie du Tastevin, a toujours été liée aux hospices de Beaune notamment. Depuis l’arrivée du coronavirus Covid-19, des colis de produits régionaux sont aussi préparés sur place pour remercier les soignants des différents établissements. 

    Il était essentiel pour les Cadets de Bourgogne de continuer à apporter la bonne parole en soulignant leur soutien aux soignants dans cette période particulière. L’initiative est originale et marquante, tant la chanson connue de tous est réadaptée symboliquement à la crise. Ils ont, eux aussi, joué le jeu des outils digitaux pour partager leur soutien et permettre cette composition. C’est un chant qui, nous l’espérons, ira bien au-delà de la Bourgogne et touchera les soignants à travers le monde
    Jean-Bernard Guiboux, Maître de Chapelle des Cadets de Bourgogne

    C’est le Clos de Vougeot qui s’est occupé ensuite du montage et du mixage de la nouvelle chanson, et qui a communiqué les nouvelles paroles.  

    Covid-19 : en Côte-d’Or ils chantent pour remercier les soignants

    Covid-19 : en Côte-d’Or ils chantent pour remercier les soignants

    © Château du Clos de Vougeot 

     

    Mais en ce moment les « Joyeux Enfants de la Bourgogne) ne sont plus joyeux, ils se battent contre un autre virus… les gelées… C'est notamment à Rully (Bourgogne) que la mobilisation maximale a eu lieu

     

    Covid-19 : en Côte-d’Or ils chantent pour remercier les soignants

    Covid-19 : en Côte-d’Or ils chantent pour remercier les soignants

    Rivés sur les 11 stations météo de l'appellation, les viticulteurs de Rully espéraient tant se dispenser d'avoir recours aux bougies de parafine pour se prémunir des risques de gel de leurs productions, mais la météorologie aura été plus forte dans la nuit de mardi à mercredi. Un manteau de glace a très vite recouvert l'ensemble de la Côte Chalonnaise obligeant les viticulteurs à sortir les gros moyens pour essayer de limiter la casse. Un spectacle saisissant pour les non-initiés mais surtout le déploiement de tous les moyens pour les professionnels face aux caprices de la météorologie. Après le coup de chaud de la semaine dernière, le risque est maximal notamment sur les blancs plus précoces... Pour le moment, difficile à dire si la mobilisation a payé, il faudra attendre quelques jours et le retour du beau temps pour mesurer l'impact du coup de froid du jour. 

     

    SOURCE : https://www.info-chalon.com/articles//2021/04/07/49045/face-au-gel-la-cote-chalonnaise-s-est-enflammee-ce-mercredi-matin/

     

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    "La présence de pieds-noirs dans l'Algérie indépendante est un fait historique largement ignoré"

    En réponse à tous les nostalgériques extrémistes qui viennent m’insulter sur mon blog… sauf que je mets sans hésitation leurs nauséabonds commentaires à la poubelle en leur disant que si l’OAS n’avait pas existé les tragédies du 26 mars 1962 et du 5 juillet 1962 n’auraient pas existé non plus ainsi que les 2700 victimes de cette organisation criminelle et terroriste d’avant et d’après le 19 mars 1962. Et en complément je leur rappelle le livre de Pierre Daum qu’ils détestent « Ni valise, ni cercueil. Les pieds noirs restés en Algérie » ainsi qu’une vidéo pour terminer en beauté…

    "La présence de pieds-noirs dans l'Algérie indépendante est un fait historique largement ignoré"

    Michel Dandelot

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    "La présence de pieds-noirs dans l'Algérie indépendante est un fait historique largement ignoré"

    "La présence de pieds-noirs dans l'Algérie indépendante est un fait historique largement ignoré"

    Dans une passionnante enquête historique, « Ni valise, ni cercueil», publiée chez Actes sud, le journaliste Pierre Daum déconstruit le mythe d’un départ de tous les Européens d’Algérie en 1962. En retraçant les parcours des pieds noirs restés dans le pays après l’indépendance, il esquisse une histoire singulière de l’Algérie algérienne. 

    Vous avancez dans votre ouvrage, « Ni valise, ni cercueil. Les pieds noirs restés en Algérie », le chiffre de 200.000 pieds-noirs encore présents sur le sol algérien en 1963. Pourquoi le mythe d'un départ de tous les pieds-noirs en 1962 est-il si enraciné ? 

    Pierre Daum. J'ai établi ce chiffre de 200.000 pieds-noirs encore présents en Algérie en janvier 1963 en confrontant plusieurs sources d'archives. Je précise que le 5 juillet 1962, jour de la fête de l'indépendance, 400.000 pieds-noirs se trouvaient encore en Algérie. Je n'ai pas voulu mettre en avant ce chiffre, car la situation à cette date était encore très confuse et tendue : c'était encore une phase de départs.

    La présence de pieds-noirs dans l'Algérie indépendante est un fait historique largement ignoré depuis 59 ans. En fait, dès la fin de la guerre d'Algérie, les Français, soulagés, ont voulu tourner radicalement la page. D'où l'enfouissement brutal du passé colonial dans les mémoires. Mais surtout, depuis 59 ans, le discours médiatique sur les pieds-noirs est monopolisé par une poignée de responsables d'associations de rapatriés. Ceux-là ne sont pas du tout représentatifs de l'ensemble des pieds-noirs, car seuls les nostalgiques, héritiers des ultras de l'Algérie française, se sont véritablement organisés. Ils ne représentent pas la diversité des pieds-noirs, qui ne constituent pas du tout un groupe social et politique monolithique. Or ces responsables d'associations assènent depuis 59 ans le même discours : « Nous sommes tous partis en 1962, nous n'avions pas le choix, c'était la valise ou le cercueil ». Sous-entendu : « Nous étions tous des victimes pures et innocentes et ceux d'en face, c'est à dire le FLN, voire l'ensemble des Arabes étaient des assassins en puissance  dont la seule idée fixe était de massacrer les Français jusqu'au dernier ».

    Quels rôles tiennent, dans ce raisonnement, la fusillade de la rue d'Isly le 26 mars 1962 et le massacre d'Européens à Oran le 5 juillet 1962 ? En quoi ces évènements ont-ils été instrumentalisés, selon vous ? 

    Pierre Daum. Dans le discours de ces représentants autoproclamés des rapatriés, trois événements historiques sont sans cesse invoqués et instrumentalisés: la fusillade de la rue de Isly le 26 mars 1962, le massacre d'Européens à Oran le 5 juillet 1962 et enfin les enlèvements et assassinats d'environ 3000 Européens et Juifs.

    Dans la construction de ce discours sur « la valise ou le cercueil », le massacre de la rue d'Isly a un statut un peu particulier, puisque c'est l'armée française, et non des Algériens, qui sont en cause. L'armée, dans ce discours victimaire, est accusée non seulement de ne pas avoir protégé les Européens, mais aussi de s'être en quelque sorte retournée contre eux.

    Le massacre du 5 juillet à Oran est l'évènement le plus instrumentalisé. En effet, ce jour-là, une foule algérienne complètement incontrôlée s'est lancée pendant quelques heures à une chasse à l'Européen. Mais l'étude précise de ces évènements révèle que ces agissements étaient circonscrits à la ville d'Oran. Ils s'expliquent par les massacres quotidiens d'Algériens perpétrés par l'OAS pendant les six mois qui avaient précédé.  L'OAS, soutenue par la population oranaise, a semé la terreur, tuant en moyenne cinq personnes par jour. Ce que les gens qui instrumentalisent cette journée oublient systématiquement de rappeler. D'autre part, ce n'est qu'une partie de la foule qui a plongé dans une hystérie meurtrière, alors que la plupart des Algériens sont rentrés chez eux. D'autres encore, et parmi eux des soldats et officiers de l'ALN, se sont organisés pour sauver les vies de dizaines d'Européens. Même ce fait-là est présenté dans les mémoires de certains pieds-noirs comme une exception miraculeuse. Dans certains récits, des Européens qui ont eu la vie sauve vont même jusqu'à oublier qu'ils ont été sauvés par des Algériens. L'instrumentalisation des événements du 5 juillet 1962 à Oran est typique: on part d'un fait très localisé, où seule une partie des Algériens s'est trouvée impliquée, pour l'extrapoler et mettre ainsi en accusation toute la population algérienne.

    Au fond, vous suggérez, dans ce livre, l'idée selon laquelle de nombreux Européens ne se voyaient pas vivre dans une société non ségrégationniste, à égalité de droits avec les Algériens, sentiment qui les aurait poussé au départ... 

    Pierre Daum. Je ne veux surtout pas substituer un discours monolithique, caricatural et faux à un autre. Je ne prétends pas que les pieds-noirs sont tous partis par racisme. Par ailleurs, mon livre ne porte pas sur les 800.000  partis en 1962. Mon objectif n'était pas du tout de travailler sur les raisons de leurs départs. Cependant la déconstruction du discours sur "la valise ou le cercueil" crée un vide qui me conduit à dégager des pistes de recherche. Je propose de remplacer cette thèse monolithique par un éventail de raisons possibles à l'exode de 1962. Dans cet éventail, il y a en effet la peur de mourir. Il faut questionner cette peur, forcément subjective. Et il y a aussi cette question du racisme, sur laquelle il faudrait enfin travailler de façon sérieuse. L'entreprise coloniale est structurellement raciste. La France de 1789, celle-là même qui affirma l'égalité entre tous les hommes, s'est appropriée d'autres pays, dont les habitants ont été tenus hors des lois de la République et se sont vus dénier cette égalité. Le France coloniale, pour résoudre une telle contradiction, s'est appuyé sur la thèse de la hiérarchie des "races". C'est le principe de "l'indigène", tenu pour inférieur. Le racisme est consubstantiel à l'entreprise coloniale. C'est indéniable. Certains de mes témoins m'ont avoué avec beaucoup d'honnêteté avoir tété le racisme dans le sein de leur mère. Ils avaient reçu en héritage, dès l'enfance, ce mépris, cette condescendance vis à vis des Algériens. Pour rester dans la nouvelle Algérie, celle où enfin les lois étaient les mêmes pour tous, ils ont dû procéder à une véritable reconversion morale.

    Parmi ceux qui sont restés, vous identifiez plusieurs vagues de départ ultérieures. Lesquelles ? 

    Pierre Daum. Je parle moins de « vagues » que d'un filet continu de départs. Toutefois, on peut distinguer deux phases. D'abord les dix premières années de l'Algérie algérienne. Alors qu'ils étaient 200 000 en janvier 1963, il ne restait plus, au début des années 1970, que 50 000 pieds-noirs. Cette réduction forte de la présence des pieds-noirs est moins due aux évènements politiques qu'au changement brutal des conditions de vie. Avant 1962, l'Algérie était artificiellement maintenue dans la famille des pays développés. Mais en vérité, en 132 ans de colonisation, la France n'a jamais permis à ces départements d'Algérie de participer au mouvement de développement économique que connaissait l'Europe. En 1962, le tissu industriel de l'Algérie aurait pu tenir tout entier dans le quartier des Batignolles à Paris. En outre, la France n'avait jamais formé de cadres, de techniciens, de médecins algériens. Les Algériens qualifiés, ayant suivi des études, étaient très marginaux. Avec l'exode de 1962, brutalement, l'Algérie est apparue pour ce qu'elle était en réalité : un pays sous-développé. Or pour ces 200 000 pieds noirs restés dans le pays après la proclamation de l'indépendance, ce choix impliquait de vivre dans un pays sous-développé, à égalité politique, sociale et économique avec l'ensemble de la population. Pour des Français qui jusque-là avaient eu le droit, contrairement à la majorité des Algériens arabo-berbères, de jouir des bienfaits du développement économique, le choix de rester était synonyme de dégradation brutale des conditions de vie. Par la suite, dans une seconde phase, les départs n'eurent rien de spécifique aux pieds-noirs, qui s'inscrivirent dans le mouvement d'émigration algérienne vers la France. Un mouvement commencé dès les années 30, qui ne s'est pas du tout tari après 1962.

    Et pendant la décennie noire ? 

    Pierre Daum. Devenus des Algériens comme les autres, les Algériens d'origine européenne subirent les terribles violences du début des années 90 dans les mêmes conditions que l'ensemble de leurs compatriotes. Nombreux furent, parmi eux, les militants de la démocratie à prendre le chemin de l'exil, au même titre que des dizaines de milliers de démocrates, d'intellectuels algériens. Il est vrai, cependant, que certains ont pu s'inquiéter de devenir des cibles particulières des appels au meurtre d'islamistes, du fait de leurs noms français.

    Parmi les Algériens d'origine européenne recensés dans votre livre se trouvent de nombreux progressistes qui se sont engagés en faveur de l'indépendance. Cet engagement a-t-il facilité, par la suite, leur vie en Algérie? 

    Pierre Daum. Je tiens à préciser les conditions d'élaboration de cette liste, qui donne en fait une image inexacte de la réalité. Ma démarche est celle d'un journaliste et non celle d'un historien. J'ai établi cette liste de fil en aiguille, au hasard de mes rencontres, guidé par mes interlocuteurs ou par des documents d'archives. Mais le hasard obéit à certaines règles. Les pieds-noirs restés en Algérie ont eu tendance à mener leur vie chacun de leur côté, sans se fréquenter entre eux ni se mettre en réseau, à l'exception des communistes du PCA, qui appartenaient à une structure. Du coup, lorsque je rencontrais un communiste, il me citait ses camarades. C'est pour cette raison que les anciens militants du PCA son surreprésentés dans ma liste.

    En vérité, ces communistes ont été des gens admirables. Il était pour ainsi dire inconcevable, lorsqu'on était pied-noir dans les années 50, d'embrasser la cause de l'indépendance. Il y avait une différence radicale de vision du monde entre les Français de métropole et les Français d'Algérie. Ces pieds-noirs communistes étaient mus par une incroyable force intellectuelle pour s'extirper des mentalités colonialistes en vigueur à l'époque. Après l'indépendance, ils n'en ont pas du tout été récompensés. Et même, ils ont subi les pires brimades de la part des dirigeants de la nouvelle Algérie. Dès novembre 1962, Ben Bella, qui ne considérait pourtant pas les communistes comme des ennemis, les a exhortés à se fondre dans le FLN, appelé à devenir un parti unique. D'où l'interdiction du PCA dès le 29 novembre 1962.

    L'un des témoins de mon livre, Fernand Gallinari, affirme en outre qu'au sein même du PCA, les pieds noirs ont été tenus fraternellement, mais fermement à l'écart, le peuple n'étant pas jugé "assez mûr" pour accepter des Algériens d'origine européenne dans l'organigramme du parti. Ce point doit encore être discuté, par exemple avec des militants comme William Sportisse, qui, je crois, ne partage pas ce point de vue. Les pieds-noirs qui s'étaient engagés dans la guerre de libération ont aussi ressenti comme une brimade les démarches administratives qui leurs étaient imposées pour obtenir la nationalité algérienne. Le nouveau code de la nationalité proposait pour cela deux voies. La première était prévue par les accords d'Evian : tout pied-noir souhaitant opter pour la nationalité algérienne pouvait le faire par une simple déclaration en mairie. La seconde voie permettait à toutes les personnes du monde entier ayant participé à la guerre de libération d'obtenir la nationalité algérienne. Naturellement, il fallait prouver cet engagement et constituer un dossier, examiné par l'administration. Ce qui a provoqué quelques grincements chez ces pieds-noirs communistes qui avaient risqué leur vie pour l'indépendance et se retrouvaient face à des fonctionnaires pointilleux au moment de prouver leur engagement dans la guerre de libération.

    Parmi les figures évoquées dans ce livre se trouve Georges Acampora, décédé le 11 février 2012. Qui était-il ? 

    Pierre Daum. Georges Acampora était issu de cette immigration espagnole très pauvre qui constituait le petit peuple de Bab-el-Oued, majoritairement engagé au Pari communiste dans les années trente. Avec la guerre, cette population a basculé dans le camp de l'Algérie française. Heureusement, à plusieurs exceptions près, dont la famille de Georges Acampora, dit "Jojo". Il est entré très jeune au PCA, c'était un compagnon de Fernand Yveton. Il a participé à la préparation d'attentats visant l'armée française, ce qui lui a valu d'être condamné à mort. Sa peine a finalement été commuée en prison à vie. Il a passé deux longues années en prison, d'abord à Barberousse, à Alger, où sa femme, Juliette, essuyait à chaque visite les insultes destinées à l'épouse du « rouge allié aux fellaghas ».  Il a été libéré après les accords d'Evian. En 1962, il est retourné dans son modeste appartement de Bab-el-Oued, à deux pas de la Place des trois horloges. Après l'indépendance, Georges a réintégré les sapeurs-pompiers, où il a mené une brillante carrière. La famille Acampora a toujours joui d'une profonde estime en Algérie. Il était l'un des membres reconnus de l'Association des anciens condamnés à mort. Les Algériens lui témoignaient une grande affection. Dans les années 90, alors que Bab-el-Oued était devenu l'un des fiefs du Front islamique du salut et qu'aucun démocrate n'osait plus mettre les pieds dans ce quartier, le couple Acampora n'a jamais été inquiété.

    Au travers de ces parcours de pieds-noirs retracés dans votre livre se dessine une certaine histoire de l'Algérie indépendante. En quoi leur regard sur ces cinquante ans écoulés est-il singulier ? 

    Pierre Daum. Ces pieds noirs devenus des Algériens d'origine européenne incarnent l'utopie d'une Algérie laïque, démocratique, pluriculturelle. Cette utopie n'a encore jamais été réalisée mais elle continue d'exister, dans l'esprit de nombreux Algériens, comme une extraordinaire force de transformation potentielle.


     

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    Relations franco-algériennes : Jean Castex attendu

    à Alger les 10 et 11 avril 2021

    Relations franco-algériennes : Jean Castex attendu à Alger les 10 et 11 avril 2021

    Le chef du gouvernement français Jean Castex est attendu à Alger les 10 et 11 avril. Il sera accompagné d'une importante délégation comprenant huit ministres, dont ceux des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Économie, ainsi que des hommes d’affaires et des dirigeants d’entreprise. Quels sont les enjeux de cette visite ? Va-t-on vers une réelle réconciliation ?  

     

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    Relations Algérie-France : aucune «renonciation» à la défense du dossier mémoriel, selon le président algérien Abdelmadjid Tebboune

    Relations Algérie-France : aucune «renonciation» à la défense du dossier mémoriel, selon le président algérien Abdelmadjid Tebboune

     

    « Nous ne renoncerons jamais à notre mémoire mais il ne faut pas en faire un fonds de commerce », avait déjà déclaré le président algérien dès le 1er mars. REUTERS 

    A l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (5 juillet 1962), le président algérien Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé que la défense du dossier de la mémoire nationale «ne saurait faire l’objet de renonciation ni de marchandage» dans le cadre des relations bilatérales entre l’Algérie et la France.

    Le rapport remis le 20 janvier et commandé par Emmanuel Macron à l’historien français Benjamin Stora sur la réconciliation des mémoires entre la France et l’Algérie avait soulevé de vives critiques, aussi bien en Algérie qu’en France, notamment pour ne pas avoir préconisé des « excuses » de Paris pour les crimes de la période coloniale (1830-1962).

    En même temps, Paris depuis le début de l’année, cherche a relancé sa relation bilatérale avec l’Algérie pour en faire un partenaire clé notamment dans les crises régionales en Libye et au Sahel. C’est pourquoi les déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur le sujet des relations passées sont attendues avec intérêt.

     « Nous ne renoncerons jamais à notre mémoire mais il ne faut pas en faire un fonds de commerce », avait déjà déclaré le président algérien dès le 1er mars. Dimanche dans un entretien télévisé, il a été un peu plus loin. Selon lui, la mémoire nationale « ne saurait faire l’objet de renonciation ni de marchandage » dans le cadre des relations bilatérales entre l’Algérie et la France.

    Il a indiqué que l’ouverture des archives était « une partie intégrante de la mémoire nationale », précisant que la France devait restituer à l’Algérie celles concernant « la période ottomane » et « les insurrections populaires » durant la colonisation.

    « Réconcilier les mémoires »

    À l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (5 juillet 1962), le président français Emmanuel Macron a engagé ces derniers mois une série d’« actes symboliques » afin de « réconcilier les mémoires » entre Français et Algériens.

    En juillet dernier, la France a remis à Alger 24 crânes de combattants nationalistes tués au début de la colonisation, qui étaient entreposés à Paris. En outre, Emmanuel Macron a récemment reconnu, « au nom de la France », que l’avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été « torturé et assassiné » par l’armée française pendant la Bataille d’Alger en 1957. Un assassinat maquillé à l’époque en suicide. Enfin, il a décidé de faciliter l’accès aux archives classifiées de plus de cinquante ans, notamment celles sur la guerre d’Algérie.

     « Nous n’avons actuellement aucun problème avec la France », a assuré, il y a quelques semaines Abdelmadjid Tebboune, qui a qualifié les relations bilatérales de « bonnes ». Toutefois, « nous ne privilégierons pas de bonnes relations au détriment de l’histoire et de la mémoire, mais les problèmes se règlent avec intelligence et dans le calme, et non avec des slogans », avait-il poursuivi tout en fustigeant « de puissants lobbys en France (…) qui perturbent ces relations », en faisant allusion aux anciens partisans de l’Algérie française.

    En attendant, plusieurs dossiers sont sur la table entre les deux pays en plus des dossiers de la Libye et au Sahel. La partie algérienne a réclamé à Paris « davantage de souplesse et de flexibilité » dans le dossier de « la mobilité des personnes entre l’Algérie et la France », en référence à la question épineuse de l’octroi des visas. Pour l’année 2019, le nombre des visas octroyés par la France était en baisse de 7,5 % (272 054 contre 293 926 en 2018).

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    S’il y a un problème franco-français (d’après certains) il y aurait aussi un problème algéro-algérien : L’homme le plus puissant d’Algérie ne serait pas le président Abdelmejid Tebboune qui serait un président sous tutelle ? et sur un autre plan n’oublions pas les marches du hirac qui ont reprises !!!

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    Les généraux algériens relancent

    la guerre des mémoires avec la France

    Le chef d’état-major Saïd Chengriha, en invoquant, au mépris de la réalité historique, les « millions de martyrs » tombés face à la France, ferme la porte à la réconciliation mémorielle. 

    Relations Algérie-France : aucune «renonciation» à la défense du dossier mémoriel, selon le président algérien Abdelmadjid Tebboune

    Le général Chengriha, le 19 décembre 2019 à Alger (Fateh Guidoum, AP) 

    L’homme le plus puissant d’Algérie n’est pas le président Abdelmejid Tebboune, bien mal élu en décembre 2019, dans un scrutin marqué par une abstention historique de 60%. Le véritable « homme fort » du pays demeure son chef d’état-major en tant que dirigeant de fait des « décideurs » militaires qui, sous une forme ou sous une autre, accaparent le pouvoir depuis des décennies. En ce même mois de décembre 2019 où Tebboune accède à la Mouradia, l’équivalent algérien de l’Elysée, Chengriha succède à la tête des armées algériennes à Ahmed Gaïd Salah, décédé « des suites d’un arrêt cardiaque à son domicile », selon le communiqué officiel. Gaïd Salah avait contraint le président Bouteflika à la démission en avril 2019, dans l’espoir d’apaiser la contestation pacifiste du Hirak, avant de pousser la candidature Tebboune pour en finir une fois pour toutes avec la protestation populaire.

    UN PRESIDENT SOUS TUTELLE 

    La discrétion ostensible de Chengriha tranche avec les interventions brutales et les discours volontiers menaçants de Gaïd Salah, à qui les « décideurs » ont reproché d’avoir exposé inutilement l’institution militaire. Le nouveau chef d’état-major se veut avant tout le garant d’une réconciliation interne à la clique dirigeante, avec l’acquittement en janvier dernier des anciens chefs des renseignements militaires, les généraux Mediene et Tartag, condamnés à 15 ans de prison après la démission de Bouteflika. Mais Chengriha n’hésite pas à brider le président Tebboune qui, après avoir annoncé un remaniement gouvernemental, le 19 février, ne parvient à changer ni le Premier ministre, ni les titulaires des portefeuilles régaliens. Le chef d’état-major n’est pas non plus favorable à un authentique travail de mémoire sur la « guerre de libération » anti-coloniale, qui remettrait en cause la propagande officielle, fondamentale pour la légitimation des généraux algériens.

    L’Armée nationale populaire (ANP) se pose en effet en héritière de l’Armée de libération nationale (ALN), le bras armé du Front de libération nationale (FLN) depuis le début, en 1954, de l’insurrection anti-française. Cette ANP émane pourtant d’une seule partie de l’ALN, « l’armée des frontières », qui fit mouvement à partir du Maroc et de la Tunisie, lors de l’indépendance de 1962, pour étouffer la résistance intérieure des maquis de l’ALN. Une telle militarisation du régime algérien renversa la hiérarchie traditionnelle des pouvoirs en faisant du FLN, parti unique jusqu’en 1989, le bras civil de l’ANP. C’est pourquoi l’exigence d’un gouvernement pleinement civil, enfin émancipé de la tutelle militaire, est au coeur des revendications du Hirak, dont les manifestations ont repris depuis plus d’un mois. C’est également pourquoi Chengriha s’efforce de caricaturer la contestation populaire en « complot de l’étranger », dont la France serait l’inspiratrice. Il a beau être le premier chef d’état-major sans aucun passé anti-colonial, il choisit ainsi de relancer la guerre des mémoires pour conforter un statu quo aussi favorable aux généraux algériens.

    LA SURENCHèRE DES VICTIMES 

    Le 17 mars, Chengriha ouvre avec emphase un séminaire intitulé « Mémoire et unité nationale »:  « Les positions du peuple algérien sont comme les montagnes, immuables et inébranlables, puisqu’elles s’inspirent de notre doctrine nationale et de notre glorieuse révolution de libération, scellée par le sang de millions de chouhada » (martyrs). L’exaltation de la lutte anti-française comme seule et unique « révolution » est une constante du discours officiel, ne serait-ce que pour disqualifier toute forme de contestation radicale. L’invocation de « millions » de martyrs est plus troublante dans un pays où, jusque là, était plutôt avancé le chiffre d’un million, voire d’un million et demi de morts (les historiens français considèrent quant à eux que le nombre d’Algériens tués de 1954 à 1962 est de l’ordre du quart de million, dont environ un cinquième par le FLN). Une telle inflation victimaire a été encouragée par la polémique entre la France et la Turquie sur le génocide arménien, le président Erdogan ayant révélé que, selon Tebboune, « la France a massacré plus de cinq millions d’Algériens » en 132 ans d’occupation.

    Le discours du 17 mars de Chengriha est d’autant plus combatif qu’il appelle à « préserver le citoyen des dérives alternatives influencées par différents canaux médiatiques ». Là aussi, c’est la France qui est dénoncée pour l’écho qu’elle accorderait aux revendications et aux manifestations du Hirak. Le chef d’état-major balaie les gestes déjà accomplis par Emmanuel Macron en vue d’une réconciliation des mémoires entre la France et l’Algérie, qu’il s’agisse du rapport de l’historien Benjamin Stora, de l’ouverture relative des archives publiques ou de la reconnaissance de la responsabilité de l’armée dans la mort d’Ali Boumendjel. Tebboune, malgré les échanges directs qu’il a eus avec son homologue français à ce sujet, est contraint de s’aligner, le 22 mars, par la voix d’Abdelmajid Chikhi, son « conseiller pour la mémoire nationale », directeur des archives: le rapport Stora ne serait qu’un « rapport franco-français » et « officiellement, c’est comme si ce rapport n’existait pas ». Un tel verrouillage au sommet indigne les historiens algériens qui, le 25 mars, demandent publiquement à Tebboune un accès enfin libéré aux archives nationales.

    Il est malheureusement à craindre que les généraux algériens continuent de promouvoir leur propagande d’auto-justification, au détriment d’un regard apaisé sur l’histoire partagée entre leur pays et la France.

    SOURCE : https://www.lemonde.fr/blog/filiu/2021/04/04/les-generaux-algeriens-relancent-la-guerre-des-memoires-avec-la-france/ 

    Les marches du Hirak en Algérie marquées par des dizaines d’interpellations

    Relations Algérie-France : aucune «renonciation» à la défense du dossier mémoriel, selon le président algérien Abdelmadjid Tebboune

    Hirak : 110éme vendredi à Alger 

    Comme chaque vendredi depuis la reprise du mouvement de contestation, le 22 février, les protestataires ont lancé des slogans hostiles au pouvoir et à l’armée, le pilier du régime.

    Ils ne désarment pas. Les marches du mouvement prodémocratie du Hirak en Algérie ont été marquées vendredi 26 mars par des dizaines d’arrestations à travers tout le pays, selon des organisations de défense des droits humains.

    La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a fait état de « dizaines d’interpellations dans plusieurs wilayas [préfectures] à Alger, Blida, Tiaret et Relizane ». La plupart des personnes arrêtées ont été relâchées en fin de journée, a-t-elle précisé.

    « La LADDH, tout en exprimant sa pleine solidarité avec le mouvement Hirak, dénonce cette répression et réitère son appel à l’arrêt de la répression et de la diabolisation du Hirak, et rappelle le respect des libertés publiques et des droits humains », a affirmé le vice-président de la Ligue, Saïd Salhi.

    A Alger, le militant hirakiste Mohamed Tadjadit, un ex-détenu, et trois étudiants ont été arrêtés à la fin de la manifestation hebdomadaire qui a rassemblé des milliers de personnes dans le centre de la capitale, a annoncé le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien aux prisonniers d’opinion.

    « Le militant et poète Mohamed Tajadit arrêté à la fin de la manifestation (…) dans la rue Didouche Mourad à Alger-centre, et embarqué dans une Toyota blanche, aucune nouvelle de lui », a tweeté le journaliste indépendant Khaled Drareni.

    Par ailleurs, les forces de l’ordre ont dispersé, en faisant usage de spray de gaz liquide, les manifestants à Oran (nord-ouest) ainsi que dans la ville voisine de Mostaganem dès le début du défilé, a précisé un journaliste local sous couvert de l’anonymat.

    Des marches ont également eu lieu à Tizi Ouzou, Bouira et Béjaïa, villes de Kabylie (nord-est), ainsi qu’à Constantine et Annaba (est), selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. Les rassemblements sont en principe interdits en raison de la pandémie de Covid-19.

    « La Caserne contre le Peuple »

    Comme chaque vendredi depuis la reprise du Hirak, le 22 février, les protestataires – dont le nombre est difficile à évaluer en l’absence de chiffres officiels – ont lancé des slogans hostiles au pouvoir et à l’armée, le pilier du régime.

    Ils ont fustigé la décision du président, Abdelmadjid Tebboune, d’organiser des élections législatives anticipées le 12 juin pour tenter de répondre à la grave crise politique et socio-économique qui ébranle le pays le plus peuplé du Maghreb.

    Illustration des difficultés quotidiennes des Algériens : une bouteille d’huile vide tenue par une canne à pêche, brandie par un hirakiste, en écho à la pénurie d’huile de table et la cherté de la sardine, deux produits alimentaires de base.

    « Pas d’élections avec la Bande [au pouvoir] », a scandé le cortège dans les rues d’Alger. « L’Algérie est le seul pays au monde à vouloir organiser des élections sans peuple », a déploré un manifestant, Aziz Boucheban. « La Caserne, à travers sa façade civile, convoque le corps électoral officiel, et le Peuple répond avec le vrai corps électoral dans la rue », a résumé ce commerçant de 33 ans.

    Recours à un 3e scrutin depuis la fin de 2019

    Face à la contestation populaire qui persiste, malgré des divisions, le régime apparaît déterminé à appliquer sa « feuille de route », à savoir le recours à un 3e scrutin depuis la fin de 2019, en restant sourd aux aspirations du Hirak et en alternant gestes d’apaisement et répression. La présidentielle de décembre 2019 et le référendum constitutionnel de novembre 2020 ont été sanctionnés par des taux d’abstention record.

    Né en février 2019 du rejet massif d’un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, impotent et reclus, le Hirak réclame un changement radical du « système » politique en place depuis l’indépendance du pays, en 1962, synonyme à ses yeux de corruption, de népotisme et d’autoritarisme.

    « Le peuple algérien a décidé qu’il veut une gouvernance civile et non militaire », a affirmé Kamel, un fonctionnaire de 59 ans. « Nous patientons depuis 1962 et c’est comme si nous n’avions pas vécu l’indépendance. C’est maintenant notre indépendance si Dieu le veut », a-t-il ajouté.

    Le mouvement populaire inédit en Algérie est pacifique, pluriel – des laïcs aux islamistes – et sans véritable leadership ni structure politique à ce jour. Ce qui lui vaut des critiques pour son manque d’unité et de propositions politiques.

    Le Monde avec AFP 

    SOURCE : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/03/26/les-marches-du-hirak-en-algerie-marquees-par-des-dizaines-d-interpellations_6074626_3212.html#xtor=AL-32280270 

     

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    Le 2 avril 2021, ce Blog personnel

    qui doit être aussi le vôtre

      a eu 11 ans d’existence !

    Aujourd’hui, 2 avril 2015, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3100 articles

     

    On m'avait dit " Tu verras la palmeraie de Tiout (Algérie) c'est très beau ", alors du 8 mai 1961 au 5 janvier 1963 je n'ai vu qu'un camp où on montait la garde... ou on se "tapait" la corvée de pluche ou de vaisselle... ou on effectuait des kilomètres dans des camions traînant des canons sur des pistes bosselées... ou on écrivait des lettres pour dire qu'on allait bien même si on allait mal, car l'ennui était là, toujours pesant et laminant le moral, mais finalement c'était mieux que de tuer ou se faire tuer... car ma plus grande chance "je n'ai pas tué"... En fait je n'ai rien connu des drames de la guerre d'Algérie, en particulier et du colonialisme, en général, pour l'heureuse raison que là où j'étais, il ne s'est absolument rien passé, j'ai donc tout appris de nombreuses années après être rentré dans mon cher pays, la France et surtout depuis que je gère ce blog... en fait regardez ce que je faisais en opération dans la région d'Aïn Sefra : "je notais le nombre de tirs de canons" sans savoir, d'ailleurs pour qui étaient destinés ces tirs, plus précisément je ne voulais pas savoir et je me suis toujours refusé de poser la question tout en ayant la "tête ailleurs... car là où j'étais ce n'était pas mon pays la France... "  comme vous pouvez le voir je n'avais pas de "kalachnikov pour employer un terme d'aujourd'hui" dans les mains... heureusement je n'aurais peut-être pas su ou pas voulu m'en servir... sauf, avec un instinct de survie... pour me sauver la vie...

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Aujourd’hui, 2 avril 2015, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3100 articles

     

    Le 2 avril 2021
     
    ce Blog personnel
     
    qui doit être aussi le vôtre a eu 11 ans
     
    d’existence !
     
    Mais en 11 années j'ai eu le temps de caser
     
    plus de 12000 articles lus plusieurs fois
     
    par plus de 2 millions 600 000 visiteurs
     
    représentant
     
    donc plus de 4 millions 500 000 pages lues

     

    Puisque vous êtes toujours près de 1200 chaque jour à venir m’encourager je vais essayer de continuer encore quelques temps... Mais je le sais bien, à mon âge, ce temps peu s'arrêter du jour au lendemain… En tous cas, si je dois prendre une bonne résolution pour cette 11ème année, ça sera de toujours faire en sorte que mon blog reste un endroit sincère et vrai ou l’écriture de l’Histoire du colonialisme et de la guerre d’Algérie ne soit pas déformée par une mémoire sélective. J’espère vraiment que vous trouviez ici ce que vous venez y chercher.

     

    Mais aujourd'hui, compte tenu d'une situation de plus en plus grave de la France et du Monde j'ai décidé de faire évoluer mon blog, en clair je "colle" à l'information du moment qui est dramatique et inquiétante.

     

    Aujourd’hui 2 avril 2015 ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3300 pages

    Aujourd’hui 2 avril 2015 ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3300 pages

     

    Voilà 11 années que j’ai commencé à dialoguer avec vous, chers amis internautes de toutes les régions de France et même de l’autre côté de la Méditerranée.

     

    Je me rappelle du jour où je me suis installé devant mon PC pour mettre en ligne mon premier billet, j’ai l’impression que c’était hier, et pourtant depuis, il s’est passé énormément d'événements  tragiques ou heureux… J'ai connu des moments de joie, d'espoir mais aussi de grandes déceptions...

     

    Ce lien quotidien et privilégié que j’ai avec vous est devenu pour moi une obligation incontournable. Une aventure formidable que je ne regrette pas.

     

    Tout ce que je souhaite, c'est continuer le plus longtemps possible à partager cette passion avec vous. Et vu qu'un petit discours vaut mieux qu'un long, je vais juste me contenter de dire MERCI !

     

    dyn008 original 351 65 gif 2622397 9fa1abba4419e4131cbf125c

    Merci à vous qui me suivez, un peu, beaucoup ou occasionnellement, que vous laissiez une trace de votre passage ou pas.

    Bref, je pense que je ne vous dirai jamais assez merci, à vous toutes et tous qui faites que cette passion qui a beaucoup d'importance à mes yeux est ce qu'elle est aujourd'hui... intense et primordiale.

     

    Le titre en dit long, le blog fête ses ONZE ans d’existence. En effet, c’était le vendredi 2 avril 2010 que je décidais de le créer.

    En ONZE ans j’ai découvert le monde du web sous un nouveau jour, j’ai découvert l’activité du blogueur. En ONZE ans j’ai aussi fait la connaissance de pas mal d'internautes et de lecteurs, dont certains sont devenus de très bons amis… je n’en citerai aucuns, mais je pense à tous et principalement à ceux qui m’ont beaucoup aidé.

     

    J'ai des correspondants dans toute la France et même en Algérie qui m'envoient des informations intéressantes de leur région... Oui ! Même en Algérie car des Algériens ont compris que je militais pour l'amitié France-Algérie.

     

     

    Le 2 avril 2017, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre va avoir 7 ans d’existence !

    Mes chers lecteurs et amis !

     

    Ce blog existe grâce à vous !

    Je sais que les articles mis en ligne ne le sont  pas pour rien, je sais que mes informations ou les vôtres sont lues.

    Grâce à vos retours, je sais que ces articles vous font réagir, parfois vous aident, vous font réfléchir… etc.

    Alors essayons de continuer encore un peu si vous le voulez bien...

     

    Le 2 avril 2020, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a eu 10 ans d’existence !

     

    Aujourd’hui, 58 ans après, j’ai bien changé, comme Jean Gabin, j’ai dit souvent que je savais tout… Non ! simplement,  je sais beaucoup mais je sais aussi qu’on ne sait jamais tout… Alors je suis sûr que dans cette onzième année de mon blog je vais encore apprendre avec vous, au fur et à mesure que les archives concernant la guerre d’Algérie et le colonialisme vont s’ouvrir… J’espère surtout la reconnaissance officielle par la France des crimes coloniaux...

    J'espère  voiR aussi de mon vivant une autre france pour un monde meilleur.

     

    Aujourd’hui, 2 avril 2015, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! *** Informations importantes de Jean-François GAVOURY  

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    Commémoration du 60e anniversaire

    de la disparition de Camille Blanc

    Le 31 mars 1961

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

    EVIAN LE 31 MARS 2021

    Camille Blanc est né le 26 février 1911 à Thonon. Issu d’une famille de maraîchers, dont on dit qu’il avait gardé la sagesse et bon sens paysan.

    Combattant durant la guerre 1939-1945, il avait été décoré de la Croix de guerre en raison de son attitude courageuse. Affilié à un réseau de résistance, il avait été arrêté et torturé. Il a reçu à cet effet la médaille de la Résistance et la médaille de la Reconnaissance française. Chevalier de la Légion d’honneur, il a été également cité à l’Ordre de la nation à titre posthume le 2 avril 1961, par Michel Debré, premier ministre et Pierre Chatenet, le ministre de l’Intérieur.

    Marié à Maria-Gabrielle Pertuiset, il travailla d’abord en tant que cafetier à l’Eden bar, propriété de son épouse, qui fut le lieu de rencontre le plus prisé de l’époque. Il devint ensuite hôtelier au Beau-Rivage, hôtel qui jouxtait la mairie. Il n’a jamais délaissé les affaires publiques pour lesquelles il se passionnait.

    Maire d’Evian du 20 mai 1945 au 31 mars 1961. Ses qualités de battant associées à celle de fin politicien, sa gentillesse et sa simplicité lui valurent d’être élu maire successivement en 1945, 1947, 1953 et 1959. A chaque élection, il avait gagné avec une confortable majorité.  On l’appelait « l’homme des congrès » tant il travaillait pour la renommée de sa ville à l’extérieur des frontières du département.

    Il est mort le 31 mars 1961 dans un attentat revendiqué par l’O.A.S. Il n’aura pas eu le temps de voir la première conférence d’Evian qui devait, à partir du 4 avril, lancer les pourparlers entre le gouvernement français et le GPRA. C’était surtout à lui qu’on devait d’avoir su attirer les parties en présence dans la cité thermale. Il était père de deux enfants.

    Il y a soixante ans, le 31 mars 1961, Camille Blanc, maire d’Evian, ancien résistant de la guerre de 1939-1945, membre de l’organisation fondée par Jean Jaurès, et pacifiste, a été assassiné par un membre de l’OAS, une organisation qui prétendait ainsi militer contre l’indépendance de l’Algérie. Les ennemis de la liberté des autres ont toujours de bonnes raisons. Leurs motivations sont curieusement toujours au nom de l’intérêt collectif et ils prônent toujours des mesures liberticides voire criminelles contre ceux qui s’opposent à leurs délires. Nous en sommes encore là aujourd’hui, malgré une conception libérale. Nous y retrouvons l’idée même que le système démocratique par la loi de la majorité est elle-même liberticide.

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

    Camille Blanc, maire d’Evian, sur la même ligne politique que Jean Jaurès, promoteur de la paix en Algérie, assassiné par l’OAS

     

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

     

    Jean Jaurès, assassiné par un militant d’extrême droite, pour son pacifisme face à la flambée guerrière qui a fait basculer dans la guerre de 1939-1945

    ÉVIAN-LES-BAINS 

    En février 2016 

    Alger annonçait vouloir saluer la mémoire 

    de l’ancien maire Camille Blanc 

    ÉVIAN-LES-BAINS  Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

     

     

    Le gouvernement algérien a informé le maire d’Évian-les-Bains, Marc Francina, de son souhait de nommer une avenue d’Alger “Camille Blanc”, en hommage à l’ancien maire de la ville assassiné par l’OAS, le 31 mars 1961, lors de la conférence qui a présidé à la signature des Accords d’Évian. Ainsi qu’une “place Évian”. Des propositions visées favorablement par l’association locale des anciens combattants d’Afrique du nord. Les élus évianais vont à leur tour se prononcer.

    SOURCE : http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2016/02/14/alger-veut-saluer-la-memoire-de-l-ancien-maire-camille-blanc

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

    Le 31 mars 2016 une source officielle nous annonçait que le Conseil municipal d'Evian s'était prononcé pour cette proposition des autorités algériennes après avoir consulté les Associations d'Anciens combattants. 

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

     

     C’était le 31 mars 1961

    Le maire d’Evian était victime

    de l’OAS

    Alors j’ai voulu voir Evian

    * Son Hôtel de Ville

     * L’Hôtel Beau Rivage propriété

    de Camille Blanc où il fut assassiné

    * L'Hôtel du Parc où furent signés les Accords d'Evian

    hotel-du-parc.jpgLes négociations des accords d'Evian : en haut à gauche, la délégation française devant l'Hôtel du Parc,  en haut à droite la délégation algérienne, en bas à gauche, l'Hôtel du Parc aujourd'hui résidence privée transformée en logements, en bas à droite, Camille Blanc, maire d'Evian.

    Camille Blanc était maire de la ville d'Evian et propriétaire de l'Hôtel Beau Rivage où devait s'ouvrir, le 7 avril 1961 les négociations entre les délégations Algériennes et Françaises qui devait aboutir, 1 an après, aux accords d'Evian. Avant d'aller plus loin, il faut préciser que la Ville d'Evian avait été choisie pour sa proximité avec la Suisse qui permettait aux plénipotentiaires Algériens de se replier en zone neutre en dehors des séances de travail.

    En plein milieu de la nuit du 31 mars 1961, vers 2 heures du matin, Camille Blanc reçu un coup de téléphone lui proposant de s'approcher de la fenêtre de sa chambre. Dès son approche un engin explosif lui sauta à la figure. Sa femme légèrement blessée, probablement par les éclats de verre, son fils indemne dit la dépêche mais en fait traumatisé à vie comme toutes ces victimes de la barbarie aveugle du sinistre syndicat du crime qu’était l’OAS.

    Les fenêtres des immeubles qui cernaient la mairie s’éclairaient une à une, la ville se réveillait pétrifiée d’angoisses. Aux interrogations, succédaient très vite des bribes d’information. "Oui, c’est un attentat. Oui le maire était visé, il est blessé"…

    Au petit matin, les Évianais apprendront sa mort. Camille Blanc avait 49 ans. Généreux, affable et ambitieux pour sa ville, il était très apprécié de ses administrés. Depuis 1945, ils lui renouvelaient à une très confortable majorité leur confiance. Il était socialiste (SFIO).

    Dans la torpeur qui saisissait la ville, une évidence émergeait en forme d’épitaphe : « Camille Blanc voulait la paix en Algérie, il l’a payée de sa vie. »

    Entrer dans l’Histoire

    avec les Accords d’Évian

    En ce printemps 1961, la ville d’eau se préparait à accueillir les délégations françaises et algériennes qui depuis quatre ans planchaient en secret à l’écriture des conditions d’un cessez-le-feu d’une guerre qui ne disait pas son nom.

    Qu'avait fait ce brave homme, rien !

    Est-ce que lui et sa ville étaient responsables de quoi que ce soit, non !

    Il s'agissait bien d'un sempiternel acte de barbarie prémédité et destiné, une fois de plus à saboter toute idée d'accord politique irrémédiable.

    Une page d’Histoire à laquelle le maire avait accepté d’associer le nom de sa ville pour lui redonner du lustre... les terroristes et criminels de l’OAS ont accompli ici, comme ailleurs, un acte barbare… C’est insupportable quand on voit aujourd’hui les héritiers de ce « syndicat du crime »… se pavaner devant les stèles glorifiant le colonialisme, en souillant le drapeau français. C’est inacceptable quand on voit les adeptes du parti extrémiste, xénophobe et raciste, aller se recueillir sur les tombes… des Degueldre, Bastien-Thiry, Dovecar, Piegts, ces condamnés à mort et fusillés pour leurs crimes, par la Justice de la République Française.

         Le communiqué de l'AFP le 31 mars 1961

      j-de-Ge-attentat.png

     

     

    BONNE-copie-1.jpg

    L’Hôtel du Parc aujourd’hui transformé en logements : L'établissement qui faisait jadis partie du prestigieux complexe des bains de Thonon est désormais composé de résidences.
    C'est dans cet hôtel que les représentants de la France et du FLN se réunirent en mars 1962 pour mettre fin à la guerre d'Algérie.

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était victime de l’OAS, alors j’ai voulu voir Evian, son Hôtel de Ville, l'Hôtel Beau Rivage propriété de Camille Blanc où il fut assassiné

     ALORS J’AI VOULU VOIR EVIAN, SON HÔTEL DE VILLE, L'HOTEL "BEAU RIVAGE" PROPRIETE DE CAMILLE BLANC en 1961…

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

     

     

    Hôtel du Parc, les accords d’Évian

     entre la France et l'Algérie

    Le 18 mars 1962, une délégation algérienne du Front national de libération (FLN) emmenée par Krim Belkacem signait avec Louis Joxe, ministre d'État chargé des Affaires algériennes, un accord de paix afin de mettre un terme à la guerre d'Algérie. Cette signature eut lieu à l'Hôtel du Parc à Évian, dans le département de la Haute-Savoie.

     

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

    L'Hôtel du Parc à Évian-les-Bains, aujourd'hui ensemble résidentiel (Photo Angers etc.)..

    Situé en retrait de la route qui longe le lac Léman, face au port de plaisance, ce prestigieux hôtel d'Évian-les-Bains n'existe plus en tant qu'établissement hôtelier. Tout en conservant son aspect extérieur, il a été transformé par les promoteurs immobiliers en une copropriété de luxe sous le nom de Résidences du Parc. Au passage, les observateurs noteront qu'une partie de l'appellation antérieure a été conservée.

    Et c'est tant mieux car ce lieu est emblématique d'une époque qui a marqué l'histoire de France et de la Ville. Elle rappelle notamment la politique coloniale d'alors. Une ligne de pensée qui allait notamment trouver son terme, au moins sur le territoire algérien, grâce aux accords signés entre les délégations française et algérienne, et ce, après les réunions de mai-juin 1961 et de mars 1962. Deux circonstances pendant lesquelles Évian fut le siège de ces pourparlers.

    Les historiens attribuent ce choix à la proximité de la Suisse, pays dans lequel le gouvernement provisoire de la république d'Algérie (GPRA) s'était réfugié. Voisine de ce pays, la cité thermale se trouve à quelques kilomètres des frontières helvètes : à la fois de Genève (44 km) d'un côté et de Montreux (37 km) de l'autre. Sans compter que sur la rive opposée du lac, Lausanne se trouve à 14 km à vol d'oiseau.

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

    Théâtre des négociations franco-algériennes, l'hôtel du Parc, anciennement du Châtelet, à Évian-les-Bains (Photo ville-evian.fr).

    Successivement complexe thermal pour ses eaux minérales, puis hôpital de la Croix-Rouge américaine pendant la Grande guerre, l'Hôtel du Parc restera à jamais comme le théâtre des accords d'Évian. Reconnu un temps comme le plus bel hôtel de la ville, cet établissement (anciennement Hôtel du Châtelet) était pourvu d'un immense terrain avec une vue grandiose sur le lac Léman. Sur les cartes postales de l'époque, on s'extasie sur la distance qui séparait la limite de la propriété de la bâtisse elle-même. 

    De nos jours, l'immense terrain qui descendait en pente douce jusqu'aux rives du lac a été en partie livré à la spéculation immobilière, repoussant la belle demeure au second plan. La façade sur rue s'en trouve réduite par des constructions de facture plus contemporaine. Subsiste tout de même un accès privé pour accéder à la bâtisse, laquelle a heureusement conservé son charme d'antan. Encore faut-il pouvoir le vérifier, car dorénavant des barrières indiquent l'aspect privé du site.

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était assassiné par l’OAS *** Alger veut saluer la mémoire de l’ancien maire  Camille Blanc

    Tout juste visible du Quai Paul-Léger, l'ancien hôtel résiste fièrement.

    C'est un peu comme si un pan d'histoire locale se trouvait relégué dans les méandres de la chronique ordinaire. Reste qu'en se contorsionnant le cou, le féru d'histoire reconnaîtra aisément les lieux, car, même tronqués de leur vision globale, on les identifie d'emblée. Parions que les copropriétaires de la résidence ont dû s'habituer aux importuns de passage. 

     

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était victime de l’OAS, alors j’ai voulu voir Evian, son Hôtel de Ville, l'Hôtel Beau Rivage propriété de Camille Blanc où il fut assassiné

    L'Hôtel de Ville d'Evian aujourd'hui

     

    Evian-097.JPG

    Une plaque en hommage à Camille Blanc à l'intérieur

    de l'Hôtel de Ville d'Evian

    Evian-104.JPG

    Une plaque sur la façade de l'Hôtel Beau Rivage propriété

    de Camille Blanc en 1961

    img468.jpg

    Camille Blanc n'eut même pas le temps d'ouvrir les volets

    que vous voyez au-dessus du nom "Beau Rivage"

    car il fut tué par un engin explosif déposé

    par les criminels de l'OAS

    au moment où il s'approchait de la fenêtre

     

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était victime de l’OAS, alors j’ai voulu voir Evian, son Hôtel de Ville, l'Hôtel Beau Rivage propriété de Camille Blanc où il fut assassiné

    Le 19 mars 2017 une cérémonie a été organisée

    au cimetière du Père Lachaise à Paris en hommage

    à toutes les victimes de l'OAS dont faisait partie aussi

    l'ancien maire d'Evian Camille Blanc

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était victime de l’OAS, alors j’ai voulu voir Evian, son Hôtel de Ville, l'Hôtel Beau Rivage propriété de Camille Blanc où il fut assassiné

    Rappelez-vous c'était le 6 octobre 2011

    au cimetière du Père Lachaise à Paris

    le dévoilement de la première stèle en France

    en hommage et à la mémoire de toutes les victimes

    de l'OAS

     

    C'était le 31 mars 1961, le maire d’Evian était victime de l’OAS, alors j’ai voulu voir Evian, son Hôtel de Ville, l'Hôtel Beau Rivage propriété de Camille Blanc où il fut assassiné


    "1961-1962. En hommage à toutes les victimes de l’OAS en Algérie et en France. Civils, militaires, magistrats, fonctionnaires, élus, défenseurs des institutions et des valeurs de la République".

     


     

     

     

     

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    Je vais répondre à un individu du nom de Michel Lécuyer habitant le même département que moi, la Saône-et-Loire, il parle comme la droite, l’extrême droite ou l’UNC...

    Je vais répondre à un individu du nom de Michel Lécuyer habitant le même département que moi, la Saône-et-Loire, il parle comme la droite, l’extrême droite ou l’UNC...

    Souvenir de 2015, tous mes amis manifestent contre l'un des nombreux crimes de guerre de l'armée française.

    « Paroles de lecteurs » - Guerre d’Algérie : la repentance ne peut pas être à sens unique

     « Il n’est pas acceptable de dénoncer les crimes commis par l’armée française sans dénoncer ceux commis par les nationalistes algériens, écrit Michel Lécuyer après la publication dans « Le Monde » d’un article consacré aux viols commis par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Nous sommes placés dans une forme de manichéisme mémoriel très simplificateur. »

    Dans Le Monde du jeudi 18 mars 2021, je lis un article sur une double page titrée « Guerre d’Algérie : le tabou des viols » (commis par certains soldats français). On y découvre ces comportements indignes, ces actes inhumains commis par des hommes appartenant à l’armée d’un pays républicain porteur de hautes valeurs humaines. C’est inadmissible, intolérable, comme le furent aussi un certain nombre d’aspects de la colonisation française.

    La réalité historique de cette période est cependant plus complexe. Une nouvelle génération d’anticolonialistes s’est levée, qui mène le combat pour dénoncer cette faute capitale que nous devons tous expier : notre passé colonial et son cortège de crimes. C’est une version de l’histoire écrite en noir et blanc : d’un côté les « gentils » (le FLN, l’ALN, les partisans de l’indépendance et leurs soutiens); de l’autre les « méchants » (les pieds-noirs, l’armée française).

    Nous sommes placés dans une forme de manichéisme mémoriel très simplificateur. Bien sûr, il ne s’agit pas de justifier une violence par rapport à une autre. Mais de reconnaître que la vérité historique (si tant est qu’elle existe de façon définitive et sûre…) est difficile, complexe, comporte des zones grises.

    Car le terrorisme du FLN, cette branche dure et extrémiste du mouvement indépendantiste algérien, fut très meurtrier. Il se manifeste dès 1945, puis par les assassinats de la Toussaint rouge, le 1er novembre 1954 (dont ce jeune instituteur qui rejoignait son poste dans les Aurès), massacres dans le Constantinois en 1955 (Européens et Algériens pro-français), massacres d’Oran en juillet 1962, deux jours après l’indépendance (une centaine de tués parmi les pieds-noirs). Terrorisme dirigé de manière aveugle, y compris sur le territoire métropolitain, contre l’ensemble de la population européenne ou ses soutiens dans la population algérienne : viols, tortures, mutilations de soldats français capturés, familles de colons assassinées, etc.

    Quand ces faits sont-ils évoqués dans la presse nationale, à la radio, à la télévision ? Jamais. Est-ce aussi un tabou ? La repentance est à sens unique. Les Algériens boudent le rapport Stora. Le gouvernement algérien demande des excuses à la France. Le devoir de mémoire est essentiel pour restituer la totalité des faits, en confrontant les témoignages et la recherche historique.

    Il n’est pas acceptable de dénoncer les crimes commis par l’armée française sans dénoncer ceux commis par les nationalistes algériens (avant la guerre, pendant la guerre, après la guerre). Ce devoir de mémoire ne peut être à sens unique. J’attends donc de pouvoir lire dans Le Monde une page sur les violences et les atrocités commises par une partie des nationalistes algériens durant cette sombre période.

    Michel Lécuyer, Mont-Saint-Vincent (Saône-et-Loire)

     

    SOURCE : https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/04/02/paroles-de-lecteurs-guerre-d-algerie-la-repentance-ne-peut-pas-etre-a-sens-unique_6075359_5334984.html 

     

     

    Non M. Lécuyer on ne peut pas comparer les crimes du colonisateur et du colonisé, si l’on prend les chiffres des victimes de la guerre d’Algérie : 30000 du côté français, entre 400000 à 1 million 500000 suivant les sources du côté algérien. 

    Contrairement à ce que vous prétendez il ne s’agit pas de se repentir (repentance est un terme religieux), mais de reconnaître les crimes d’Etat, les crimes de guerre et même peut-être un crime contre l’humanité (terme employé par un candidat à l’élection présidentielle, le dénommé Emmanuel Macron, un jour de l’année 2017 en visite en Algérie) 

    J’ai honte de cette France là : celle du colonialisme 

    Mais un autre aspect "moral" mérite réflexion. La France peut-elle donner des leçons de morale dans un tel type de conflit ? Comme vous-même d’ailleurs ? Je ne prendrai que la Guerre d’Algérie (mais on pourrait citer aussi l’Indochine, Madagascar, le Cameroun...) :
    Combien de villages ont été rasé au napalm par l’aviation française (entre 700 et 800) ? Dans les ruines de l’un de ces villages de 800 habitants, tous brûlés vifs, comme à Oradour-sur-Glane, pas dans une église, mais dans leur mechta ! On trouve encore aujourd’hui des éclats de ces bombes sur le sol.
    Combien de "crevettes Bigeard" ont été jetées dans la Méditerranée ?
    Combien d’Algériens (quand je dis Algériens, c’est aussi Algériennes) sont morts dans les camps d’internement à la "française" (pudiquement appelés camps de regroupement) ? 200.000, 400.000 ? donc beaucoup.
    Combien d’Algériens sont morts sous la torture, dans des "corvées de bois" ?
    Combien d’Algériens sont morts lors de la répression du 17 octobre 1961 en plein centre de Paris ?
     

    Avant de donner des leçons de morale sur les actes répréhensibles dans un tel conflit, la France se devrait de reconnaître ses responsabilités et de les condamner, elle serait plus crédible… et vous aussi M. Lécuyer !!!

    J’ai vu plusieurs fois le documentaire

     «  L’autre 8 mai 1945 »

    J’ai honte de cette France là : ce qui m’a le plus marqué dans le documentaire : «  L’autre 8 mai 1945 »  à la manière des nazis, l’armée coloniale française a employé des fours à chaux pour brûler des corps. 

    Le 8 mai 1945 signifie la fin du nazisme. Il correspond aussi à l’un des moments les plus sanglants de l’histoire nationale. La répression colonialiste venait d’y faire ses premiers accrocs face à une population farouchement déterminée à se promouvoir aux nobles idéaux de paix et d’indépendance. 

    Faim, famine, chômage et misère semblaient résumer la condition sociale de la population musulmane algérienne colonisée par la France, population surtout agricole souvent déplacée car les colons s’étaient saisis des meilleures terres, et de plus dans une période de guerre, de sécheresse et d’invasion de criquets. « Des hommes souffrent de la faim et demandent la justice… Leur faim est injuste. » écrivait Albert Camus début 1945 dans Combat. 

    Le 8 mai 1945 fut un mardi pas comme les autres en Algérie. Les gens massacrés ne l’étaient pas pour diversité d’avis, mais à cause d’un idéal. La liberté. Ailleurs, il fut célébré dans les interstices de la capitulation de l’état-major allemand. Ce fut la fin d’une guerre. La Seconde Guerre mondiale. Cela pour les Européens. 

    Mais pour d’autres, en Algérie, à Sétif, Guelma, Kherrata, Constantine et un peu partout, ce fut la fête dans l’atrocité d’une colonisation et d’un impérialisme qui ne venait en ce 8 mai qu’annoncer le plan de redressement des volontés farouches et éprises de ce saut libertaire. 

    « S'il n'y a pas de corps, il n'y a pas de victimes à recenser »
     

    Le gouvernement français provisoire, ordonne l'intervention de l'armée dans une répression violente contre la population musulmane. La marine y participe avec son artillerie, ainsi que l'aviation. La répression, menée par l'armée et ses milices, est d'une incroyable violence : exécutions sommaires, massacres de civils, bombardements de mechtas. Deux croiseurs, le Triomphant et le Duguay-Trouin, tirent plus de 800 coups de canon depuis la rade de Bougie sur la région de Sétif. 

    L'aviation bombarde et rase complètement plusieurs agglomérations kabyles. Une cinquantaine de mechtas sont incendiées. Les automitrailleuses font leur apparition dans les villages et elles tirent à distance sur les populations. Les blindés sont relayés par les militaires arrivés en convois sur les lieux. 

    À l'image d'une milice de 200 personnes qui se forme à Guelma sous l'impulsion du sous-préfet André Achinais qui distribue toutes les armes disponibles, soit les 60 fusils de guerre qui équipaient les tirailleurs et se livre à une véritable chasse aux « émeutiers ». 

    Pendant deux mois, l'Est de l'Algérie connaît un déchaînement de folie meurtrière. De nombreux corps ne peuvent être enterrés, ils sont jetés dans les puits et dans les gorges de Kherrata. 

    Des miliciens utilisent les fours à chaux pour faire disparaître des cadavres. Un témoin du massacre qui habitait à quelques centaines de mètres du four à chaux décrit l'insupportable odeur de chair brûlée et l'incessant va-et-vient des camions venant décharger les cadavres, qui brûlaient ensuite en dégageant une fumée bleuâtre. Les auteurs de cette épuration décidèrent de réemployer les «techniques» que les nazis allemands avaient utilisées dans les camps de la mort. Ils brûlèrent les corps dans des fours selon la logique voulant que «s'il n'y a pas de corps il n'y a pas de victimes à recenser». 

    L'histoire n'en retiendra rien, le négationnisme étant pour les autres. Un bachagha travaillant pour l'administration française expliqua dans les colonnes d'un journal de l'époque : «Jamais, tant que je vivrai, je n'oublierai le souvenir de ces viols, ces incendies, de ces canons, de ces mitrailleuses, de ces troupes, l'arme au pied, amassées aux abords du village et dans le village, de ces arrestations, de ces exécutions massives, de ces délations de fellahs terrorisés…». 

    Pendant de longs mois, les Algériens musulmans qui, dans les campagnes, se déplaçaient le long des routes continuèrent à fuir pour se mettre à l'abri, j'ai vu des Français faire descendre d'un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d'essence avant de les brûler vivants». Un massacre sans précèdant qui se produisait au moment ou des défilés officiels étaient organisés en Algérie même pour célébrer la capitulation allemande et la fin de la guerre. 

    Le nombre de victimes 

    Le nombre de victimes algériennes reste encore aujourd’hui impossible à établir mais on peut l’évaluer à plusieurs dizaines de milliers de morts. Le consul général américain à Alger parlera de 40.000 morts. Les Oulémas plus proches du terrain, avanceront le chiffre de 80.000 morts. 

    Selon l’historienne Annie Rey-Goldzeiguer, « la seule affirmation possible, c’est que le chiffre dépasse le centuple des pertes européennes et que reste, dans les mémoires de tous, le souvenir d’un massacre qui a marqué cette génération ». 

    L’autre 8 mai 1945 marque le début de la guerre d’Algérie et, aujourd’hui, en France, il y a encore des nostalgiques du colonialisme, il y a encore des nostalgiques de l’Algérie Française… vos amis… nous savons qui ils sont…  ce sont des xénophobes et des racistes…

    Honte à vous M. Lécuyer qui parlez comme eux !!! 

     

    souvenirs

    L'autre 8 mai 1945 (massacres de Sétif) manif Hôtel de Ville Paris 8 mai 2015

    Je vais répondre à un individu du nom de Michel Lécuyer habitant le même département que moi, la Saône-et-Loire, il parle comme la droite, l’extrême droite ou l’UNC...

     

    A l'instigation du Collectif National pour la reconnaissance des crimes d'Etat commis par l'Etat Français à partir du 8 mai 1945 (massacres de Sétif, Guelma et Kerrata) en Algérie, Danielle Simonnet, conseillère de Paris  a proposé un voeu pour cette reconnaissance qui a été approuvé à l'unanimité par le Conseil de Paris en avril 2015.

    En 2021 le Président de la République, paraît-il pourrait s’exprimer le 17 octobre 2021, voir mon article :  http://www.micheldandelot1.com/emmanuel-macron-pourrait-s-exprimer-a-l-occasion-du-60e-anniversaire-d-a207300886 

    Va-t-il reconnaître la responsabilité de l'Etat français dans ce crime d'Etat du 17 octobre 1961 ? Mais la reconnaissance de "L'autre 8 mai 1945 " n'est pas encore à l'autre jour...

    Le 8 mai 2015 de très nombreuses personnes (amis, partis politiques, associations et syndicats) se sont réunies pour dénoncer cet état de fait devant l'Hôtel de Ville de Paris. M'hamed Kaki, président de l'association "Les oranges", à l'origine de la pétition et de l'organisation de cette manifestation, Olivier Lecour Grandmaison, politologue spécialiste de la colonisation, Michel Berthelemy, secrétaire de l'association 4ACG et Danielle Simmonet, conseillère de Paris, ont pris la parole publiquement à cette occasion.

     



     

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    Les jours heureux… ceux du CNR

    et de son programme sont des jours

    de cauchemar pour l’ancien associé-gérant

    de la banque Rothschild

     

    Les jours heureux… ceux du CNR  et de son programme sont des jours  de cauchemar pour l’ancien associé-gérant  de la banque Rothschild

    Quels Jours Heureux ! 

    Les jours heureux… ceux du CNR  et de son programme sont des jours  de cauchemar pour l’ancien associé-gérant  de la banque Rothschild

    Sacré Manu,

    Incroyable ! Tu nous promets qu’on va retrouver les Jours Heureux !
    Les Jours Heureux !!! j’en suis encore sur le cul !
    Déjà manu, que tu saches ce qu’étaient les Jours Heureux m’émeut !
    Ce programme mis en place par le Conseil National de la Résistance.
    Ce programme ambitieux, solidaire, parlant de prévoyance...
    De protection sociale universelle tout au long de la vie ;
    De nationalisation des industries stratégiques, des banques et des énergies.
    D’Indépendance des médias vis à vis des puissances d’argents et de l’état,
    Du soutien et le développement des coopératives agricoles et de l’artisanat.
    Enfin pour résumer Manu ! De la défense de l’intérêt collectif au détriment de l’intérêt particulier.
     

    As-tu seulement conscience que ton changement ainsi annoncé, n’est qu’aveu !
    Qu’aveu que ce que tu nous promettais, c’était les Jours Malheureux.
    Sacré Manu ! et tu voudrais que je te crois.
    Que sans broncher je m’en remette à toi !
    D’autant qu’en ce jour de Pâques, ton discours cloche Manu !
    Il sonne faux.
    Tu remercies tout ceux que tu as méprisés, violentés, réprimés et appauvris
    Depuis que, les ors de la républiques, tu arpentes Manu militari.
    Tu sais, les personnels de santé, les caissières, les routiers, les éboueurs,…
    Tout ceux ignorés dans la rue et que tu découvres sur ton prompteur.
    Tu glorifies notre système de santé, l’état, les associations et les citoyens solidaires.
    Toutes organisations que tu n’as eu de cesse de détruire et faire taire.
    Cependant ! Tu mets en avant les victoires, les choix, les décisions prises,
    Tu avoues quelques ratés, mais tu nous dis avoir fait face à la crise !
     

    Mais Manu ! Ainsi, tu ne fais que rappeler les erreurs commises, les retards pris.
    Tu ne fais que souligner les incuries liées à la politique libérale suivie.
    Et benoîtement, sans en avoir l’air. De cette économie en difficulté respiratoire,
    Tu nous annonces que nous devrons aller à son chevet, sans faire d’histoire.
    Car enfin ! Il faudra bien la redémarrer de plus belle notre économie de marché.
    En temps et en conditions, par toi choisie, à marche contrainte et forcée !
     

    Et là je comprends plus Manu ! Il me semble déceler quelques incohérences !
    Mais oui, simple incompréhension des références.
    Les jours heureux que tu nous promets de retrouver, ce sont les tiens.
    Ceux du profit et du capital divin.
    Ceux qui nous ont menés à ce funeste destin.
    Ce n’est là que confusion ? Je n’en suis pas certain !
    Tu fais mine de comprendre, d’entendre, mais tu n’écoutes pas !
    Arrête toi Manu ! C’est le moment maintenant de le sauter le pas !
    Il est temps de rendre ton tablier, enfin, pardon ! ton costard ! Qui n’est pas rien.
    Oui Manu, il est temps de passer la main.
    D’autres ont la compétence de prévoir et d’organiser demain...
    Nos Jours Heureux
     

    Gérard 

     

    Pourquoi la référence

    aux “Jours Heureux”

    dans le discours de Macron ne passe pas

     

    “Nous retrouverons les Jours Heureux”, a promis Emmanuel Macron dans son allocution le 13 avril 2020. Une référence historique au programme du Conseil National de la Résistance qui fait grincer des dents.

    Depuis 2007, le documentariste Gilles Perret est engagé dans un vaste programme de défense et de mise en valeur de la mémoire du Conseil National de la Résistance (CNR). “On a fait des résistants des icônes, mais on a oublié leur projet !”, avait-il dénoncé en 2010, à l’occasion de la venue de Nicolas Sarkozy sur le plateau des Glières, qui accueille le monument national de la Résistance. Cofondateur de l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui, il a réalisé trois films qui portent sur le programme du CNR : Walter, retour en résistance (2009), Les Jours heureux (2013) et La Sociale (2016). Alors qu’Emmanuel Macron a fait référence, dans son allocution du 13 avril, aux “Jours Heureux”, nous l’avons interrogé à ce sujet.

    A la fin de son allocution du 13 avril 2020, Emmanuel Macron a déclaré : “Mes chers compatriotes, nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les Jours Heureux. J'en ai la conviction.”

     

    Comment réagissez-vous à cette référence au programme du Conseil National de la Résistance ?

     

    Gilles Perret Sur le moment je n’y croyais pas. C’est du même ordre que Nicolas Sarkozy citant Guy Môquet. Je me suis dit : non, pas lui ! Depuis une bonne centaine d’années, on n’a jamais eu un président aussi libéral qu’Emmanuel Macron, et donc aux antipodes du contenu et de la volonté du programme du CNR. J’avais juste envie de dire : tais-toi. Son numéro d’hier soir, je n’y crois pas une minute. Conclure sur les Jours Heureux, ce n’est pas possible.

     

    Cette référence était-elle volontaire à votre avis ?

     

    Bien sûr, je ne pense pas qu’il le dise à la légère, il sait très bien à quoi il fait référence, et c’est d’autant plus insupportable. Ce qui est à pleurer, c’est que les commentateurs à la télévision ne connaissent parfois pas la référence, et pensent qu’il nous souhaite le bonheur, en gros. C’est toujours assez pitoyable.

    Pouvez-vous expliquer en quoi consistaient les Jours heureux ?

    Quand je dis que c’est aux antipodes de la politique de Macron, c’est parce que le CNR est la grande période pendant laquelle l’Etat, les citoyens, le peuple reprennent le pouvoir sur l’économie. C’est cité dans le programme : l’intérêt général doit toujours primer sur l’intérêt particulier. Le texte fait référence à la domination de la finance dans les années 1930, à l’accaparement des richesses par une minorité, à la trahison des banques et des élites. Ils voulaient que l’Etat ait la main sur tous les secteurs qui sont prioritaires pour la vie d’une nation. Or, en tant que ministre de l’Economie, Emmanuel Macron a défait EDF – une création du CNR, qui avait nationalisé l’énergie, trop importante à ses yeux pour être laissée entre les mains du privé. Le parcours même de Macron, passé du privé au public, est contradictoire avec la volonté du CNR de séparer “les féodalités économiques du pouvoir politique”. Le niveau de collusion aujourd’hui entre ces pouvoirs est patent. Prenez le programme du CNR, et vous verrez que toute la logique de Macron est à l’opposé de ça, puisqu’elle subordonne les citoyens et le social à l’économie. Macron a tout fait pour détruire l’héritage du CNR, et pour que l’Etat ne soit plus là que pour éponger de temps en temps les méfaits du libéralisme.

     

    Les jours heureux… ceux du CNR  et de son programme sont des jours  de cauchemar pour l’ancien associé-gérant  de la banque Rothschild

     

    On peut donc parler d’une récupération mémorielle ?

     

    Oui, mais si on regarde l’ensemble de son discours, il y a une cohérence ironique. Ce discours aurait pu être tenu par Mélenchon ou Besancenot ! Alors, pourquoi ne pas faire une référence aux Jours Heureux ? Il a bien parlé de planification ! [“Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier”, a déclaré Emmanuel Maron, ndlr] Si tu fermes les yeux, tu ne sais plus qui est à la télé.

    “Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer – et moi le premier”, a-t-il également déclaré, comme pour justifier cette référence...

    Mais le CNR, c’était de l’idéologie pure et dure ! Certaines personnalités politiques que j’interrogeais dans Les Jours Heureux prétendaient que ce programme était issu d’un simple accord entre tous les partis politiques, mais non ! Ce programme a été gagné dans le rapport de force. Les forces progressistes, principalement communistes à l’époque, étant fortement investies dans la résistance, le rapport de force dans la négociation pour écrire un programme était en leur faveur. Les partis de droite, ultraminoritaires, ont été obligés de signer, car ils ne représentaient rien à la Libération. Toutes les forces politiques en présence ont donc signé un programme à forte inspiration communiste et socialiste. C’est le rapport de force, et pas la belle idée du “en même temps” de Macron, qui l’a permis. C’est pour ça que dans le texte, la première partie est intéressante. Elle porte sur la lutte armée contre l’occupant, et sur la nécessité de se battre pied à pied pour avoir la légitimité nécessaire à imposer ce programme social à la Libération.

     

    Cette référence prouve-t-elle que l’Etat social, et donc le programme du CNR, sont toujours d’actualité aujourd’hui ?

     

    Oui, et c’est le combat que nous menons depuis 13 ans avec Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui. Je pense que même les libéraux, les gens de droite, inconsciemment savent qu’il faudra contraindre la finance, faire des plans d’investissement pour protéger l’environnement, reprendre en main l’énergie, car on sait que ça va mal finir. Le programme du CNR est issu du Front populaire de 1936 et de la Révolution française. Ce sont les grandes réflexions politiques et philosophiques de deux siècles. Mais pour qu’il arrive au pouvoir, il faut que le rapport de force soit favorable. Ça a été possible en 1945. Si le Covid fait que c’est possible en 2021, on s’en réjouira. Mais je ne suis pas dupe de la manipulation. Il va falloir s’occuper de la partie 1 du programme, la bataille sur le terrain et le rapport de force.

     

    SOURCE : https://www.lesinrocks.com/2020/04/14/actualite/politique/pourquoi-la-reference-aux-jours-heureux-dans-le-discours-de-macron-ne-passe-pas/

     

     

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    Je décide, vous votez

    Parlement : la stratégie du isoler, oublier, négliger

    e décide, vous votez  Parlement : la stratégie du isoler, oublier, négliger

    KAK © Kak

    En demandant de voter sur des mesures déjà annoncées par Emmanuel Macron, l’exécutif a un peu plus signifié aux députés et sénateurs leur inutilité. Lesquels ont décidé de boycotter le scrutin.

    Au lendemain des annonces d’Emmanuel Macron, Jean Castex s’est exprimé devant l’Assemblée nationale, puis devant le Sénat pour détailler les mesures sanitaires afin de lutter contre la troisième vague de Covid-19. Les débats ont été suivis d’un vote que les oppositions ont décidé de boycotter dénonçant toutes une « mascarade ».

    Mercredi soir, les 925 parlementaires qui composent l’Assemblée nationale et le Sénat ont suivi à la télévision l’allocution solennelle du Président. Ils ont découvert, comme tous les Français, les nouvelles mesures de freinage : fermeture des écoles pour trois semaines, extension des règles en vigueur dans 19 départements… Emmanuel Macron a fait ses annonces, puis le Parlement a été appelé le lendemain à en débattre et voter. Une mise en scène de la décision politique qui consiste à décider, puis consulter. « Au moins, on a évité à des millions de Français d’avoir à écouter les parlementaires brailler dans l’hémicycle », assume parfaitement un conseiller de l’exécutif.

    Mais comment ces mêmes parlementaires pourraient-ils cautionner un débat et un vote alors même que l’ensemble des mesures ont déjà été actées? Comment prendre part à un scrutin qui n’aura aucune incidence sur la suite ? Que dire du contenu des mesures qui seront de toute façon appliquées dès ce week-end ? Tous  les groupes d’opposition ont décidé de ne pas prendre part à ce vote, pour lequel le gouvernement n’avait pas engagé sa responsabilité. Et tous (socialistes, insoumis, communistes, Libertés et territoires, UDI, Les Républicains) se sont alignés. « Il s’agissait de renvoyer au visage du Président le mépris qu’il a pour le Parlement », résume plusieurs députés.

    Bilan, à l’Assemblée nationale, 348 députés ont voté pour, 9 ont voté contre, parmi lesquels Marine Le Pen et les autres députés RN, et aucun ne s’est abstenu. Conclusion de l’histoire, la majorité est soudée mais isolée. Au Sénat, où la droite est majoritaire, la politique de la chaise vide a fait des dégâts plus perceptibles. Six des huit groupes n’ont pas pris part au vote. Seuls 39 sénateurs ont voté pour, 2 ont voté contre. « Ils pourraient au moins faire semblant en nous consultant avant. Imaginez si Nicolas Sarkozy ou François Hollande avait fait ça ? », tempête le chef de file des centristes au Sénat, Hervé Marseille. L’union nationale réclamée par Emmanuel Macron au début du premier confinement semble si loin.

    « Monarchie constitutionnelle ». Finalement, cette consultation après coup du Parlement aura été plus contreproductive qu’autre chose. Elle aura donné aux oppositions une tribune pour scander leur colère de voir leur institution si peu considérée. « C’est une application stricte et normale de la Constitution. Le gouvernement vient rendre compte devant le Parlement de décisions d’ordre réglementaire, répond-on à Matignon. S’il fallait débattre mesure par mesure, on en aurait pour six mois ». « Le gouvernement est dans son droit, abonde l’historien Stéphane Sirot. Mais cela pose un problème de légitimation des décisions et interroge les institutions de la Ve République. On est bien dans une monarchie constitutionnelle que certains évoquent ».

    Dans les faits, le Parlement a été consulté à cinq reprises depuis le début de l’épidémie, en vertu de l’article 50-1 de la Constitution. Le 27 mai 2020, sur la très contestée application StopCovid, le 28 avril 2020 sur le plan de déconfinement, le 29 octobre 2020 sur l’évolution de la situation sanitaire, le 16 décembre 2020 sur la stratégie vaccinale et ce jeudi. Mais ces consultations n’auront pas suffi.

    Dans cette crise sanitaire, le gouvernement a manqué son rendez-vous avec le Parlement. L’exécutif gère cette crise à coups de décrets, d’ordonnances et de recommandations. Certes, les présidents de groupes sont régulièrement consultés par Jean Castex à travers les « comités de liaisons parlementaires » mis en place en décembre par Matignon. Mais ils ressortent systématiquement déçus de ces échanges très académiques au cours desquels ils n’apprennent rien.

    Ils ont notamment gardé en travers de la gorge la réunion du 17 mars dernier. Jean Castex leur avait présenté trois types de confinement. Le lendemain, il annoncera un quatrième scénario dont il ne leur avait rien dit. « Quand on est parlementaire, on a intérêt à avoir la télé », rit jaune Hervé Marseille. Les oppositions n’ont pas non plus digéré que la majorité mette un terme fin janvier aux travaux de la commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire, censée évaluer les conséquences de l’épidémie…

    Miroir grossissant. En juin, Emmanuel Macron avait reçu toute la classe politique à l’Elysée sur l’après-Covid, des anciens présidents aux chefs de partis. Cette fois, le Président n’a pas fait semblant, la décision a été prise en Conseil de défense, sans consultation, pas même des corps intermédiaires alors même que plusieurs mesures sanitaires – comme la systématisation du télétravail – touchent à l’organisation du travail. En décembre dernier, le chef de l’Etat avait reçu à déjeuner les présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée et ceux du Sénat. Depuis, plus rien.

    Au-delà de l’épidémie qui a constitué un miroir grossissant du contournement du Parlement, l’exécutif a déjà maintes fois signifié aux parlementaires leur inutilité. Sur la proposition de loi sécurité globale, n’avait-il pas voulu créer une commission extérieure pour réécrire le fameux article 24 ? N’est-ce pas le Président qui avait mis en place une Convention citoyenne sur le climat pour rédiger un projet de loi ? N’est-ce pas encore lui qui a lancé l’idée d’un comité citoyen sur les vaccins ? N’est-ce pas encore le gouvernement qui avait tenté de proroger l’état d’urgence sanitaire sans avoir à passer par le Parlement avant d’y être contraint par sa majorité ? Les exemples foisonnent.

    Le coup de grâce de jeudi pourrait avoir des répercussions. Lorsqu’il reviendra devant le Parlement en juin prochain pour proroger l’état d’urgence sanitaire, qu’en diront les parlementaires ? « Il n’est pas certain que tous nos députés votent les prochaines lois d’urgence sanitaire, nous préférons le dire », a prévenu à la tribune Olivier Becht, président du groupe Agir ensemble. Avant cela, le gouvernement devrait revenir dans les quinze prochains jours devant le Parlement sur la question du report des élections régionales, toujours au nom de l’article 50-1 de la Constitution.

    A la décharge du gouvernement, lorsque des débats sur la crise sanitaire se tiennent à l’Assemblée nationale, les députés ne répondent pas toujours présent. Mercredi dernier, le ministre de la santé Olivier Véran s’est exprimé face à un hémicycle quasi vide, qui comptait à peine une vingtaine de parlementaires.

    SOURCE : https://www.lopinion.fr/edition/politique/parlement-strategie-isoler-oublier-negliger-240714 

    MEDIAPART

    e décide, vous votez  Parlement : la stratégie du isoler, oublier, négliger

     

    Edwy Plenel : « et si on choisissait

    le meilleur ? »

     

    « 2022, c’est dans un an. Tout est possible. Et si nous faisions en sorte que ce soit le meilleur »

    Tout est possible et d’abord le pire : un duel Macron-Le Pen. Ce ne sera pas un choix mais un piège ! À Mediapart nous sommes résolus à l’éviter. Voici pourquoi et comment. 

     

    Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter edwy plenel De mediapart

     

    https://www.facebook.com/Mediapart.fr/videos/2988968717991641/ 


     

     

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    Emmanuel Macron pourrait s’exprimer

    à l’occasion du 60e anniversaire

    de la sanglante répression

    de la manifestation d’Algériens, organisée

    à Paris le 17 octobre 1961

    Emmanuel Macron pourrait s’exprimer à l’occasion du 60e anniversaire de la sanglante répression de la manifestation d’Algériens, organisée à Paris le 17 octobre 1961

    Un militant indépendantiste algérien subit une fouille à la suite de la manifestation du 17 octobre 1961. © Sipa Press

    Selon nos informations, le musée national de l’histoire de l’immigration, situé Porte Dorée à Paris, prépare une exposition sur le 17 octobre 1961, dont le soixantième anniversaire sera célébré cette année. Ce jour-là, une manifestation d’Algériens organisée à l’appel du FLN est très sévèrement réprimée par les policiers, sous les ordres du préfet Papon. Le bilan des d’Algériens tués reste discuté par les historiens, mais il se compte en dizaines, certains corps étant jetés dans la Seine.

    A l’occasion de cette exposition, Emmanuel Macron pourrait prononcer un discours. L’idée de commémorer cette date avait été évoquée à l’Elysée lors de la remise du récent rapport de Benjamin Stora sur « la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie ». Le musée de l’immigration vient de changer de directeur général, avec la nomination de Pap Ndiaye, un historien spécialiste des minorités noires.

    Cocktail explosif. L’exposition, essentiellement à base de documents et de photos, ne se limiterait pas au 17 octobre. Cette répression s’inscrit dans un cycle plus long, qui a débuté à Paris dès le 14 juillet 1953, avec sept manifestants tués et plusieurs dizaines blessés par balles. En 2012, François Hollande avait publié un communiqué affirmant que « la République reconnaît avec lucidité (...) la répression sanglante » du 17 octobre et « rendant hommage à ses victimes ».

    Pour son successeur, l’exercice pourrait se révéler délicat, comme tout ce qui touche aux questions mémorielles et coloniales. Les policiers ne manqueront pas de rappeler que le 17 octobre s’est déroulé dans un contexte où les forces de l’ordre étaient, elles aussi, victimes d’attaques meurtrières du FLN. Par ailleurs, une partie de l’opinion et des responsables politiques refuse tout ce qui s’apparente à une forme de « repentance » sur la question coloniale. Le 17 octobre 1961 est d’autant sensible qu’il établit un lien évident entre colonisation, immigration et répression. Un cocktail explosif à six mois de la présidentielle.

    SOURCE : https://www.lopinion.fr/edition/politique/guerre-d-algerie-expo-17-octobre-musee-l-immigration-240737 

     

     

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    Hommage à Maurice Rajsfus :

    Une vie d’engagement anti-colonialiste

    et anti-raciste

    Hommage à Maurice Rajsfus : Une vie d’engagement anti-colonialiste et anti-raciste

    Maurice Rajsfus, activiste infatigable des droits de l’homme, laisse une œuvre importante, inspirée par une vie très active. Né le 9 avril 1928 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) d’une famille polonaise juive immigrée en France en 1923, il est mort le 13 juin 2020 à Antony (Hauts-de-Seine).

    Le 16 juillet 1942, Maurice Rajsfus a quatorze ans. Il est arrêté par la police française, avec sa sœur et ses parents lors de la rafle du Vél’ d’Hiv. L’un des deux policiers qui vient les arrêter est un ancien voisin de palier. Les deux enfants sont finalement libérés après une série d’ordres et de contre-ordres ; ils ne reverront jamais leurs parents. Rajsfus n’a cessé, jusqu’à sa mort, «de surveiller cette police au passé trop présent, sans remords et sans mémoire», écrit l’éditeur.

    D’abord membre du Parti communiste, dont il est exclu en 1946, puis de la IVe Internationale, dans les années 1950, il milite au sein du groupe Socialisme ou Barbarie de Claude Lefort et Cornelius Castoriadis. Il cofonde, en 1990, puis dirige le réseau Ras l’front dans le but de combattre le Front national et ses idées. En 1994, il crée l’Observatoire des libertés publiques, qui tient à jour, dans son bulletin mensuel «Que fait la police ?, la collection des violences policières. Il est l’auteur de plus de 60 livres, dont une vingtaine consacrée à la répression sous toutes ses formes, sur la période de Vichy et de l’Occupation, ainsi que sur Israël et la Palestine, sans oublier le 17-Ocotbre 1961 et Charonne, en février 1962 et ces autres formes au fil de décennies où il n’aura de cesse de rester en éveil.

    EN 1955, CONTRE LE DÉPART DU CONTINGENT

    EN ALGÉRIE