• Le premier procès de la retraite à points s'est tenu sur le plateau des Glières

    Le premier procès de la retraite à points s'est tenu sur le plateau des Glières 

    Le premier procès de la retraite à points s'est tenu ce dimanche 16 février 2020 sur un haut lieu de la résistance: Le plateau des Glières. Hommage au CNR (Conseil National de la Résistance) qui a imaginé puis fait mettre en œuvre notre système de retraite que le gouvernement actuel s'acharne à détruire.

     

    SOURCE : En direct des Glieres : le procès de la retraite à point © WhataBeautifulWorld Youtube Channel 

     

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  • Du séparatisme communiste au séparatisme musulman

    Article signalé par nos amis

    Du séparatisme communiste au séparatisme musulman

    Vieilles lunes, nouvelles sorcières · Le président de la République Emmanuel Macron a prononcé à Mulhouse, mardi 18 février 2020, un discours contre le « séparatisme » musulman, dont il espère faire un thème central de sa campagne bien mal partie pour les élections municipales. Avant de se lancer, il aurait dû réfléchir à l’expérience de son illustre prédécesseur Charles de Gaulle, engagé dans la lutte contre le « séparatisme communiste ».

    Du séparatisme communiste au séparatisme musulman

    Gonzalo Fuentes/Pool/AFP

     

    « Notre premier devoir, c’est de guérir cette plaie affreuse du séparatisme, c’est de refaire l’unité nationale à partir de laquelle on refera, sans aucun doute, la puissance, la prospérité, le bonheur de la France… » . Qui est l’auteur de cette envolée lyrique ? Emmanuel Macron ? Ou celui dont il disait s’inspirer au début de son quinquennat « vertical » : Charles de Gaulle ? Évidemment le second !

    Si ce discours date de 1952, c’est en 1947 que de Gaulle, écarté du pouvoir et qui cherche à y revenir, crée son propre parti politique, le Rassemblement du peuple français (RPF). C’est le moment où il commence à dénoncer le « séparatisme communiste », celui d’un parti très puissant (un quart des suffrages environ) à l’époque, qui fait peur et suscite la haine dans les milieux bien-pensants. Dans un discours célèbre prononcé à Rennes le 27 juillet 1947, il s’écrie :

    Mais, si l’unité nationale put être maintenue malgré ceux qui avaient accepté la loi de Hitler, tout le monde sent qu’elle est aujourd’hui et de nouveau en péril. Je dis qu’elle est en péril par le fait d’un groupement d’hommes, dont ceux qui les mènent placent au-dessus de tout le service d’un État étranger. Je le dis avec d’autant plus de force que j’ai moi-même, comme c’était mon devoir, essayé, jusqu’aux limites du licite et du possible, de les attirer vers le service de la France. Oui ! À la Libération, j’avais, avec la Résistance tout entière, jugé qu’il fallait offrir à ces « séparatistes » l’occasion de s’intégrer dans la communauté nationale.

    En 1951, le RPF perd les élections législatives. À nouveau de Gaulle tente de relancer ce thème du « séparatisme », comme l’indique la citation en tête de cet article. Une campagne s’organise. Dans d’innombrables meetings, les orateurs gaullistes clouent au pilori ceux qui regardent vers Moscou, et ses fidèles se bagarrent avec les militants du Parti communiste, faisant ici et là des victimes. Cette campagne va durer un peu plus d’un an, mais elle ne permet pas de remobiliser, et nombre de députés RPF désertent, cherchent à rallier telle ou telle force, se précipitent vers « la gamelle ». En 1953, l’échec de de Gaulle est acté. Il se retire de la vie politique, voyage en Afrique avant de rentrer à Colombey-les-Deux-Églises.

    Remplacer Moscou par La Mecque

    Près de 70 ans plus tard, son lointain successeur reprend le thème dans l’avion le ramenant d’Israël fin janvier 2020 : « Il faut essayer de dire sans diviser. Il faut accepter, en disant de parfois bousculer. Mais il faut accepter qu’il y ait, dans notre République aujourd’hui, ce que j’appellerais un séparatisme. » On peut se demander quel conseiller en communication lui a soufflé ce thème destiné à remplacer le communautarisme et sa menace, et s’il a conscience de prétendre se mettre dans les pas du général de Gaulle. Ou, peut-être dans ceux d’un autre de ses prédécesseurs, François Mitterrand, ministre de la IVe République qui dénonçait la montée de « mouvements séparatistes » en Afrique, identifiés au communisme, et prônait « l’insertion des pays colonisés dans une communauté plus vaste et plus puissante » — c’est-à-dire une Union française qui ébauche ce que sera la « Françafrique » . Moins de trois ans plus tard, les "séparatistes" sont "séparés" et, pour certains, gardent le pouvoir plusieurs décennies durant.

    Plus proche de nous, dans Le Figaro du 19 mars 2018, cent intellectuels, allant de la droite la plus radicale à la gauche islamophobe signaient un texte en ce sens, mais avec assez peu d’échos, sinon un soutien de Manuel Valls, qui cherche à faire oublier des échecs successifs en France comme en Espagne — comme par hasard, on apprend que le personnage vient de se réconcilier avec Emmanuel Macron.

    Comme de Gaulle, Macron est en difficulté au plan politique, à la veille d’échéances électorales majeures et a besoin de se « refaire », comme disent les joueurs de poker. Mais la cible a changé, les communistes ont été remplacés par les musulmans. Les séparatistes, accuse-t-on, ne regardent plus vers Moscou, mais vers La Mecque, Riyad, Doha ou Ankara.

    Cependant, comparaison n’est pas raison et on aura du mal à comparer la force du Parti communiste au début des années 1950, représentant un quart de la population, avec les différents courants de l’islam politique en France, implantés très localement, divisés, parmi une population qui ne représente qu’une minorité des habitants de l’Hexagone. Et si on nous promet un projet de loi contre le séparatisme, on conçoit mal ce qu’il peut contenir de nouveau. Si l’on en croit Le Point (6 février), on veut supprimer les cours de langue et de culture d’origine, enseignements assurés par du personnel venant de Turquie ou du Maghreb, sous prétexte qu’ils véhiculeraient des idées contraires à celle de la République. Noble objectif, mais la République est-elle disposée à assurer ces cours avec ses propres enseignants ? On peut en douter quand on connaît le statut de l’enseignement de l’arabe en France.

    Les vieilles sorcières communistes ne font plus peur, il faut en trouver de nouvelles, et l’islam politique est tout désigné. Les nouveaux inquisiteurs préparent des bûchers pour sauver leur peau électorale. Pourtant, le précédent gaulliste démontre en l’espèce qu’on peut tout faire avec le « séparatisme », sauf gagner des élections.

    SOURCE : https://orientxxi.info/magazine/du-separatisme-communiste-au-separatisme-musulman,3638?fbclid=IwAR2YjouKrCg3fEhVPNhgXsTfLSx5sX8i1_2O0ZtyZTSzHAagLYIlrsE6tbY 

     

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  • Nantes. La fresque en hommage

    à Steve recouverte de noir

    et d’une croix celtique 

    C’est la deuxième fois en une semaine que cette œuvre située à la pointe ouest de l’île de Nantes est dégradée.

    Nantes. La fresque en hommage à Steve recouverte de noir et d’une croix celtique

    La fresque en hommage à Steve Maïa-Caniço a de nouveau été dégradée. | PHOTO PRESSE OCÉAN – AHDAfficher le diaporama

    Il y a une semaine, des messages nauséabonds étaient apparus sur la fresque peinte en hommage à Steve Maïa-Caniço sur un bâtiment du quai Wilson, à la pointe Ouest de l’île de Nantes. Ce jeune homme de 24 ans est mort noyé la nuit de la Fête de la musique, le 22 juin 2019, après une chute dans la Loire, lors d’une opération de police controversée. 

    Restaurée une première fois

    Les tags avaient été rapidement effacés et la fresque restaurée par les artistes qui l’ont créée.

    Mais, dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 février, la fresque a de nouveau été dégradée. Cette fois-ci, le mur a été largement recouvert d’une matière visqueuse noire, qui pourrait être du goudron. Le portrait de Steve Maïa-Caniço n’est plus visible et une grande croix celtique, symbole souvent repris par l’extrême droite, a été dessinée par-dessus la fresque.

    Ce mur est devenu depuis un espace de recueillement pour les proches du jeune homme comme pour une partie des Nantais. Sur sa page Facebook, le groupe Nantes révoltée fait savoir que les peintres vont la restaurer dans les plus brefs délais.

     

    Restaurée il y a une semaine la stèle de Steve

    est une nouvelle fresque-hommage au Hangar

    à bananes... hélas tout est à restaurer

    le fascisme est passé par là !!!

    Nantes. La fresque en hommage à Steve recouverte de noir et d’une croix celtique

    La mobilisation citoyenne ne faiblit pas autour de Steve Maia Caniço. Un immense graff a surgi ce samedi sur le mur d’un bâtiment du Hangar à bananes.

    Quai Wilson, à Nantes, les messages rageurs ou poétiques recouvrent le bitume et les murs du bunker qui sert de QG aux amis de Steve Maia Caniço, animateur périscolaire de 24 ans qui n’a plus donné signe de vie depuis la nuit de la Fête de la musique au terme d’une opération de police controversée.

    Pas une semaine sans que des proches ou des citoyens anonymes se mobilisent « pour inscrire Steve dans les esprits de chacun », ainsi que l’a promis Aliyah, une amie. Ce samedi, des artistes graffeurs ont également apporté leur contribution, décorant le mur d’un bâtiment situé à l’entrée du parking du Hangar à bananes, à Nantes.

    Les passants ne cachent pas leur émotion. Ainsi, ce quatuor de quadragénaires se recueillant ce samedi soir devant la fresque et qui confie : « Ça nous fait quelque chose de voir cette fresque, on ne connaissait pas Steve mais cette histoire nous touche, inévitablement. »

    SOURCE : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-la-fresque-en-hommage-a-steve-recouverte-de-noir-et-d-une-croix-celtique-b7537e12-523a-11ea-823f-2d0b1eb426f1?utm_source=ownp_po_newsletter-tulalu&utm_medium=email&utm_campaign=po_newsletter-tulalu&utm_content=20200218&vid=2264076&_ope=eyJndWlkIjoiMjI2NDA3NiJ9

    LA FRESQUE POUR STEVE

    TOTALEMENT SACCAGÉE

    PAR L’EXTRÊME DROITE

    - Appel à soutien pour restaurer la peinture -

    L'été dernier, une grande fresque en hommage à Steve, mort noyé dans la Loire lors d'une charge de la police, était réalisée au bord du fleuve sur l’île de Nantes. Depuis, ce mur était devenu un espace de recueillement pour les proches du jeune homme comme pour une partie des nantais et des nantaises.

    La semaine dernière, des tags obscènes souillant la mémoire du défunt étaient réalisés sur cette fresque. Des tags de l'extrême droite, se réjouissant du drame. Ces dégradations étaient immédiatement recouvertes par les artistes, qui ont restauré la peinture en un temps record à la demande d'amis de Steve.

    La nuit dernière, la fresque a été totalement saccagée par des néo-nazis. Cette fois ci, les dégâts sont très importants : une croix celtique – symbole fasciste – de plusieurs mètres de haut à la peinture noire recouvre le portrait du jeune homme tués. Des tags racistes et néo-nazis sont présents sur les côtés. La quasi totalité de cette grande peinture est endommagée.

    Ce nouvel acte fasciste intervient dans un contexte troublant. La semaine dernière, une banderole antisémite avait été déployée à l'université. La même soirée, des tags injurieux et confus contre « Nantes Révoltée » étaient tagués sur le campus. Ambiance délétère.

    La réalisation de cette fresque présente un coût : du temps, de l'argent. Les peintres vont la restaurer dans les plus brefs délais, mais ils auront besoin de soutien pour acquérir de la peinture, et éventuellement de quoi protéger la fresque d'autres attaques fascistes.

    Une cagnotte est mise en ligne : www.lepotsolidaire.fr/pot/x56nez2h 

    Merci d'avance.

     

    Et nous avions déjà constaté un couac

    dans la majorité LREM

    C’était le 3 juillet 2019

     

    Disparition de Steve à Nantes :

     un député LREM accuse… l’Etat

    Nantes. La fresque en hommage à Steve recouverte de noir et d’une croix celtique

    Selon Mounir Belhamiti, le gouvernement a grandement manqué de tact et de compassion après la polémique sur l’intervention musclée des forces de l’ordre lors d’une Fête de la musique en bord de Loire.

    Le député de Loire-Atlantique, qui a remplacé François de Rugy quand celui-ci est devenu ministre, estime que « l’Etat se met en faute » dans ce dossier. Facebook - Mounir Belhamiti

    C'est « délicat », convient-il lui-même. Mais le député LREM de Nantes Mounir Belhamiti estime qu'il est de son devoir de s'exprimer sur ce sujet, quitte à froisser la direction de la majorité dont il est issu. Dans une tribune publiée sur Facebook, l'élu de Loire-Atlantique revient donc longuement sur la dispersion polémique d'une Fête de la musique par les forces de l'ordre, notamment marquée par la disparition de l'un des jeunes spectateurs, Steve Caniço, 24 ans.

    Nantes. La fresque en hommage à Steve recouverte de noir et d’une croix celtique

    Dans la nuit du 21 au 22 juin, un peu après 4 heures, les forces de l'ordre interviennent quai Wilson pour mettre un terme à cette soirée électro qui dure au-delà de l'heure prévue. Mais pendant l'intervention, où du gaz lacrymogène et des grenades de désencerclement sont utilisés, 14 personnes tombent dans la Loire. Steve n'a lui plus donné signe de vie.

    « L'Etat se met en faute »

    « Une enquête de l'IGPN (la police des polices, ndlr) est en cours, à la demande du ministre de l'intérieur, concernant les conditions d'intervention […]. Je souhaite qu'elle permette de faire toute la lumière sur les faits, et les éventuelles responsabilités engagées », explique d'abord celui qui a remplacé François de Rugy à l'Assemblée lorsque ce dernier est devenu ministre. Et de poursuivre : « S'il ne m'appartient pas de me prononcer sur les conclusions des enquêtes à venir, je crois de mon devoir de parlementaire et d'élu de la majorité de m'exprimer aujourd'hui. Je suis élu d'une majorité qui a inscrit la bienveillance, et le respect de la dignité humaine au cœur de ses valeurs. Je suis élu d'une majorité qui a fait de l'évaluation de l'action de l'Etat une mission essentielle des parlementaires. Et lorsque la première réponse de l'Etat, par la voix de son représentant, et avant même que ne soit diligentée l'enquête de l'IGPN, consiste à déclarer, trois jours après les faits, que l'intervention policière s'est déroulée de manière proportionnée, je le dis sans ambages : l'Etat se met en faute. Parce que nul ne saurait considérer comme proportionnée une intervention qui conduit une dizaine de jeunes à se jeter dans la Loire. »

    Mounir Belhamiti poursuit : « Lorsque le représentant de l'Etat rappelle, par un communiqué lapidaire, les règles d'organisation de manifestations, et met en garde contre des rassemblements festifs à caractère musical non autorisés, alors qu'est prévu un rassemblement de solidarité envers les proches du jeune disparu, et d'expression de l'émotion populaire, le tout sans un mot de compassion, je le dis sans ambages : l'Etat se met en faute. »

    Une plainte collective, notamment de Nantais

    Enfin, selon le député de la majorité, « l'Etat se doit de témoigner bienveillance et empathie envers les Nantaises et les Nantais qui expriment une inquiétude et une incompréhension parfaitement légitimes et ne sauraient être traités par une forme d'indifférence qui confine au mépris. »

    Ce mercredi, 85 personnes ont par ailleurs décidé de déposer une plainte collective contre X pour mise en danger de la vie d'autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l'ordre public.

    Sur les grilles de la préfecture, des amis de Steve ont accroché une banderole sur laquelle est écrit « À jamais dans nos coeurs », accompagnée des mots « Justice pour Steve/Victime de la répression/On lâchera rien ».

    SOURCE : http://www.leparisien.fr/faits-divers/disparition-de-steve-a-nantes-un-depute-lrem-accuse-l-etat-03-07-2019-8109201.php

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    RETRAITES. LA MACRONIE A PEUR

    DU PEUPLE

    Par Hillel Roger

    Roger Hillel est l'auteur de la Triade nostalgérique. Un ouvrage-témoignage sur le combat contre les lieux de mémoires des nostalgiques de l'OAS à Perpignan… mais c’est un autre débat…

    La majorité parlementaire a rejeté lundi 17 février la motion référendaire, par 160 voix contre 70 voix, alors que 67 % des Français se déclarent favorables à un référendum.

    Nouveau déni de démocratie sur la réforme des retraites : en dépit des contestations sociales et de son rejet massif par les Français, les députés LaREM ont largement repoussé la motion référendaire déposée par le groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR), lundi soir à l’Assemblée nationale, par 160 voix contre 70.
    Pour être recevable, cette motion devait être signée par au moins 58 députés, qui avaient pour obligation d’être tous présents en même temps dans l’hémicycle en vue de son examen. L’objectif des 61 parlementaires signataires issus des rangs du PCF, de la FI, du PS et du groupe LT était simple : soumettre le projet de loi sur les retraites à un référendum.
    Chacun leur tour, ils ont soutenu cette motion. A la tribune, le député PCF Fabien Roussel a ouvert les débats. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple, ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? », a interrogé le secrétaire national du PCF. « Êtes-vous seulement à l’écoute du Président ou êtes-vous à l’écoute de tous les Français ? », a-t-il également demandé.

    A ses yeux, l’exigence du référendum est la seule sortie par le haut possible. Un constat partagé par François Ruffin. « Bien sûr qu’on le veut ce référendum, bien sûr qu’on veut voir si les Français avalent vos bobards ! », a insisté l’insoumis auprès des députés LaREM. « La voilà votre justice sociale : vous l’avez vu cette publicité d’Axa qui présente votre réforme ? Pour combler la baisse des pensions à venir, Axa offre de cotiser un plan épargne retraite. C’est un hold-up préparé dans l’ombre ! », s’indigne-t-il. Moins tonitruant, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, se dit « prêt » à ne pas voter cette motion référendaire à condition que « le 49.3 ne soit pas enclenché par le gouvernement. » Pour l’heure, l’exécutif ne compte pas recourir à cet article explosif de la Constitution., mais n’a fait aucune promesse.
    Sans surprise, les arguments de la gauche ont été balayés d’un revers de main par la majorité et le gouvernement. « Je ne peux m’empêcher de me demander quelle serait la question qui serait posée aux Français », s’interroge, non sans malice, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des retraites. Avant d’énumérer avec arrogance: « Pour ou contre un système solidaire par répartition ? Pour ou contre le maintien des départs anticipés pour celles et ceux qui mettent leur vie en danger pour protéger la nôtre ? Pour ou contre le maintien d’un système dans lequel les pensions des femmes sont 40% moins élevées que celle des hommes ?».

    Le membre de l’exécutif se garde bien de dire que son système prétendu universel va aggraver en réalité les inégalités de pensions entre les sexes. Surtout, sa réforme par points va baisser mécaniquement les pensions au gré des aléas économiques. Qu’importe, Laurent Pietraszewski tacle sévèrement l’opposition de gauche, voyant dans la motion référendaire un simple « artifice de procédure » pour empêcher le débat parlementaire.
    Un peu plus tôt dans l'Hémicycle, Fabien Roussel (PCF) avait pourtant prévenu : « En refusant d'écouter le mouvement social, en refusant de donner le temps du débat au Parlement, vous prenez un grand risque. Celui d’une fracture profonde avec nos concitoyens, avec les syndicats, les partenaires sociaux. Celui d’un fossé qui va se creuser entre des députés et les Français et abîmer encore plus la politique.»

     

     

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    Nora a retrouvé son père grâce à l'aide...

     de l'ex-maire

    C'est une histoire émouvante : Nora a retrouvé son père grâce à l'aide... de l'ex-maire

    « Je ne parviens pas à l’appeler « papa ». Je l’appelle « mon petit père » raconte Nora, 49 ans. Cette ancienne habitante de Saint-Fargeau-Ponthierry, dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France, est encore émue par les tournures qu’ont pris les événements. 

    « C'est la richesse de cette fonction de maire. On découvre des gens, des histoires, des problèmes aussi qu'on tente de résoudre. J'ai passé la journée entière avec Nora et cela lui a permis d'avancer. » Commentaire enthousiaste de Lionel Walker (PS), ancien maire de Saint-Fargeau-Ponthierry, qui de fait, a aidé Nora Chartier, 49 ans, alors qu'elle recherchait son père biologique.
    « Ma mère travaillait à l'usine Cotelle de Saint-Fargeau. Elle y a rencontré un Algérien, Belkacem Abdelouhad. Ils ont vécu ensemble et je suis née à Melun le 7 août 1965. Mais mon père avait un grand frère dont la mission était de le ramener en Algérie. Ma grand-mère maternelle, elle, voulait qu'il épouse ma mère. Ce n'était pas simple. Alors un jour, ma mamie est venue nous chercher, ma mère et moi, et nous a ramenées chez elle. Elle voulait protéger sa fille, elle avait peur que ma mère parte en Algérie. J'avais plus de 1 an. »
    Au final, Belkacem Abdelouhad regagne son Algérie natale et la mère de Nora finit par se remarier. « J'ai cru qu'il était parti avant ma naissance. Pour moi, mon père adoptif est mon père, il m'a aimée, élevée. » Tout bascule en avril 2013 quand le parrain de Nora lui montre une photo d'elle, bébé, dans les bras de Belkacem. « J'ai trouvé injuste qu'il ait été séparé de sa fille. Je voulais lui dire que ça allait pour moi », raconte-t-elle. Résidant du côté de Brive (Corrèze), Nora se lance dans des recherches. A la mairie de Saint-Fargeau, on lui dit que l'usine Cotelle n'existe plus. Dans le même temps, elle répond à l'annonce d'une maison de production en recherche de secrets de famille. « Le réalisateur Patrick Dedole a contacté la mairie et le tournage s'est fait une journée de juin 2013 . Lionel Walker a été extraordinaire ! », assure Nora.
    L'élu lui montre le site de l'usine Cotelle, aujourd 'hui friche industrielle. surtout, il lui présente M. Allouche, président de l'association des Algériens de Dammarie-lès-Lys. « C'est la première personne qui se souvenait de Belkacem Abdelouhad !», sourit Lionel Walker. Nora contacte ensuite le consulat d'Algérie puis, le 23 janvier, elle publie son appel sur la page Facebook du journal « Liberté Algérie ». « J'ai eu l'immense chance que le cousin direct de mon père le lise. Il m'a envoyé une photo de Belkacem prise dans les années 1970 et je l'ai reconnu ! »
    Dès lors, Nora découvre son père sur Skype, puis en chair et en os le 23 juin. « Il a 67 ans et quatre enfants en Algérie. Mais il ne m'a jamais oubliée. Il est tellement chaleureux. Il est quelqu'un de très important à mes yeux. »

    SOURCE : http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-et-marne-77/nora-a-retrouve-son-pere-grace-a-l-aide-de-l-ex-maire-09-09-2014-4119433.php 

    Voici donc  l’histoire émouvante de Nora qui a retrouvé son père kabyle… 

     

     

     

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    RETRAITES : LE CHIFFRE

    QUI TUE

    RETRAITES : LE CHIFFRE QUI TUE

    Selon une étude de l'Insee, le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté a subi sa plus forte augmentation depuis 8 ans. 

     

    1 pauvre sur 4 meurt avant la retraite. Oui, vous avez bien lu. On n'est pas tous égaux face à la vieillesse, et certains - les cadres, les riches - profitent beaucoup plus de la retraite que d'autres : les gens au SMIC et en-dessous, les ouvriers, les petits employés…  On ferme les yeux sur ce qui est en réalité le VRAI problème des retraites. Pire, Macron va aggraver ces inégalités énormes en reculant encore l'âge de la retraite pour tous.

     

     

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  • Une réforme des retraites contraire à l’esprit d’Ambroise Croizat : Entretien avec Pierre-Caillaud-Croizat. 

    CLIQUEZ SUR CE LIEN POUR VOIR LA VIDéo de pierre caillaud-croizat :

    Une réforme des retraites contraire à l’esprit d’Ambroise Croizat : Entretien avec Pierre-Caillaud-Croizat.


    https://debat-retraites.fr/index.php/2020/02/12/une-reforme-des-retraites-contraire-a-lesprit-dambroise-croizat-i-entretien-avec-pierre-caillaud-croizat/ 

     

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    Décidément il se croit le roi du Monde ce Macron

     

    Des soldats français à la frontière russe : que vont-ils faire dans cette galère ? par Jean LEVY

     

    L'armée française va être déployée 

    en Estonie 

    à la frontière de la Russie dès 2021 

    La France déploiera ses forces en Estonie, à la frontière avec la Russie, dès mars 2021, a déclaré jeudi 13 février la ministre française des Armées, Florence Parly.

    «Aujourd'hui à Bruxelles, j'ai annoncé les prochains déploiements des forces françaises au sein du dispositif de "présence avancée renforcée" [de l'Otan, ndlr]. L'armée française sera notamment déployée dans le cadre de l'OTAN pendant un an en Estonie avec les forces britanniques dès mars 2021», a indiqué Mme Parly sur Twitter. 

    En principe, la tâche de l'armée française est de défendre les frontières de la France. 

    Macron et sa ministre en ont décidé autrement. 

    Ils envoient en Estonie un contingent bivouaquer, dans le cadre de l'OTAN, face à la Russie.  

    Celle-ci menace -t-elle notre pays, située à plus de 3000 kms de nos frontières ?  

    Réponse classique : "Poutine a envahi et annexé la Crimée, territoire qualifié d'ukrainien. La vigilance s'impose donc à l'Ouest et s'étend même aux pays baltes, eux-mêmes menacés par l'ours russe".. 

    Que valent ces affirmations ? 

    L'Ukraine, berceau de l'empire russe, dont elle faisait partie depuis des siècles, est devenue naturellement à la révolution bolchévique une des républiques soviétiques. La Crimée était alors séparée administrativement de l'Ukraine. Et chacun sait que les lois qui régissaient, les citoyens soviétiques étaient, à l'époque, pour l'essentiel, identiques. Le rattachement de territoires d'une république à l'autre avait autant d'importance que le classement aujourd'hui de la Loire Atlantique au sein des Pays de Loire ou de la Bretagne. 

     Selon Le Monde, du 15 mars 2014,  

    "En 1954, d'un simple décret, en 1954, Khrouchtchev, le dirigeant soviétique de l'époque, fit don de la Crimée à l'Ukraine alors que la Crimée avait été russe depuis la fin du XVIIIe siècle" 

    Ce qui n'empêche pas le quotidien de dénoncer aujourd'hui "l'agression russe" vis-à-vis de l'Ukraine.  

    Quand aux pays baltes, ils appartenaient du temps du tsar à son empire. 

    Perdus entre les deux guerres, l'armée Rouge  les libèrent en 1944 de l'occupation nazie, mais ils font sécession lors l'implosion de l'URSS.  

    Derrière le discours haineux à l'égard de Poutine - "l'homme au couteau entre les dents" n'est pas loin - la propagande occidentale, celle des médias français,en particulier, vise à réduire la puissance russe , dont l'économie est fermée aux intérêts occidentaux avides de nouveaux marchés.. Et quand Macron feint d'adoucir ses propos à l'égard de Moscou, c'est pour  avouer qu'il vise à enfoncer un coin entre Russie et Chine...  

    En fait, Washington et ses alliés de l'Otan ne supportent pas l'inversion, en leur défaveur, du rapport de force à l'échelle du monde. Qu'il est loin le temps où ils péroraient sur la "fin de l'Histoire" et sur leur suprématie mondiale. Ils croyaient celle-ci définitivement acquise avec la chute du pouvoir soviétique.  

    Une vingtaine d'années seulement nous sépare de cette sombre période... 

    Aujourd'hui, pour tenter d'inverser le cours de l'histoire, faute de pouvoir utiliser victorieusement la force militaire, compte-tenu de la puissance russe et de son allié chinois, l'état profond américain et ses dociles alliés décrètent des sanctions économiques et exercent une pression militaire aux frontières ouest de la Russie.  

    C'est donc pour justifier leur politique agressive que les Occidentaux mènent une offensive idéologique contre le pouvoir russe.  

    A nous de la contrer. 

    Jean LEVY 

    SOURCE : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2020/02/des-soldats-francais-a-la-frontiere-russe-que-vont-ils-faire-dans-cette-galere.html 

     

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    Puisque le Secret défense ferme

    les archives des répressions coloniales

    j'ajoute cet article terrifiant

    d'un professeur, chercheur algérien

    COLONISATION DE L’algérie  Par la france Crimes contre l'humanité et génocides :  Pas 5, mais 12 millions   de victimes !

    COLONISATION DE L’algérie

    Par la france 

     

    Crimes contre l'humanité

     et génocides :

     

    Pas 5, mais 12 millions

     de victimes !

     

    La polémique née après la rencontre Erdogan - Tebboune et qui a frisé l'incident diplomatique à propos du nombre de victimes de la colonisation pose un réel problème de mémoire puisqu'à ce jour il n'existe pas d'étude précise sur le nombre de morts durant les 132 ans de colonisation française. Selon M. Tebboune «la France a massacré plus de 5 millions d'Algériens en 130 ans». (Daily Sabah du 29 janvier 2020).



    Un nombre d'habitants volontairement réduit pour cacher l'horreur



    Par sentiment de culpabilité, les auteurs français affirment unanimement que la population algérienne ne dépassait pas 3 millions en 1830. Cette affirmation ne repose sur aucun critère objectif sinon à crédibiliser les recensements de populations effectués dans la 2ème moitié du XIXème siècle. Les auteurs algériens sont en droit alors de s'interroger : comment un peuple si peu nombreux et dispersé sur un immense territoire a-t-il pu résister, trois siècles durant, à plus de 80 agressions venant de l'étranger ? La disparition des archives de la Casbah, relatives notamment aux impôts, aux agglomérations et aux Mahalla (zones rurales et tribus), a-t-elle vraiment été une fatalité ? Hamdan Khodja, très au fait du sujet, parlait de 10 millions d'habitants dans son livre «Le Miroir» paru à Paris en 1833. Le Bey de Constantine estimait en 1831 à cinq millions le nombre de la population de sa province. Le général Desmichels qui gouvernait Oran, estimait en 1834 la population de cette région à 2 millions d'habitants. Le général Bugeaud, gouverneur militaire, estimait la population à 8 millions en 1840 avant de parler de 4 millions en 1845 ! Quel que soit le chiffre avancé, on constate qu'il a diminué lors du 1er recensement de 1856 qui donnait une population globale de 2,3 millions d'habitants. En 1876, soit 20 ans plus tard, cette population n'avait augmenté que de 6% (la population algérienne a été multipliée par 2 entre 1962 et 1978) ? Où est donc passé le «manque à gagner» ?



    Crimes contre l'humanité et génocides



    Les exactions coloniales de différents degrés comprenant des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et des génocides, bien que l'agression soit elle-même un crime, ont été pour beaucoup dans la disparition de pans entiers de la population algérienne.

    Bugeaud a écrit les pages les plus sanglantes de la colonisation. Il a fait régner le régime du sabre. C'est le responsable des enfumades, le père des hordes infernales, des razzias, de la terre brûlée... Son culte du détail et de la minutie d'exécution de tant de crimes fait de lui le père des génocidaires de l'armée coloniale. Les six colonnes infernales, qui comprenaient 83.000 hommes en 1842, 90.000 en 1844 et 108.000 en 1846, étaient chargées «d'empêcher (les Arabes) de semer, de récolter, de pâturer...», en un mot, de faire une politique de la terre brûlée. Le général Bugeaud a d'ailleurs expliqué lui-même pourquoi une force aussi considérable était nécessaire dans ce pays, alors que l'Italie par exemple avait pu être conquise avec une armée de 30.000 hommes... «Ce n'est que par leur multiplication [razzias] et en prenant les tribus les unes après les autres, que nous sommes parvenus à vaincre les Arabes». (Vignon L., La France en Algérie, Hachette Ed, Paris, 1893, p. 21). Bugeaud a défini lui-même son action : «C'est la guerre continue jusqu'à l'extermination». La politique des razzias incitait les militaires au viol, au pillage, au meurtre, à la destruction...

    Aux razzias ont succédé des crimes aussi abjects : massacre de la Zaâtcha, le 26 novembre 1849 commis par plus de 8.000 soldats français. Tous les hommes du village âgés de plus de 15 ans ont été pendus publiquement dans les décombres «pour l'exemple». (Garrot, Histoire générale de l'Algérie, impr. P. Crescenzo, 1910, pp. 885-886). Un journaliste français Baudicour qui a assisté à la prise de la Zaâtcha rapportera : «Les zouaves, dans l'enivrement de leur victoire, se précipitaient avec fureur sur les malheureuses créatures qui n'avaient pu fuir. Ici, un soldat amputait, en plaisantant, le sein d'une pauvre femme qui demandait comme grâce d'être achevée et expirait quelques instants après dans les souffrances ; là, un autre soldat prenait par les jambes un petit enfant et lui brisait la cervelle contre la muraille ; ailleurs c'était d'autres scènes qu'un être dégradé peut seul comprendre et qu'une bouche honnête ne peut raconter» (Dresch J., Ch-A. Julien, La question algérienne, les Editions de Minuit, Paris, 1958). Le massacre de Laghouat, le 2 décembre 1852, a vu pour la première fois dans l'histoire l'utilisation de gaz de combat contre les populations civiles. Le colonel Pein rapporte dans ses «Mémoires» : «Le carnage fut affreux ; les habitations, les tentes des étrangers dressées sur les places, les rues, les cours furent jonchées de cadavres. Une statistique faite à tête reposée et d'après les meilleurs renseignements, après la prise, constate le chiffre de 2.300 hommes, femmes ou enfants tués...» La pacification de la Kabylie en 1857 : «On avait tué femmes, enfants, vieillards». (cf. L. de Baudicour (1815-1853), La guerre et le gouvernement de l'Algérie, Paris, Sagnier et Bray, 1853, p. 371 ; Sur l'expédition en Kabylie). La répression d'El Mokrani de 1871, «La répression fut terrible, écrit Théodore Rinn, et, pour beaucoup, hors des proportions avec la culpabilité...» Le massacre d'El Amri en 1876 qui a subi le même sort que la Zaâtcha et Laghouat.

    La répression des Aurès de 1879, la répression de l'insurrection de Bouamama dans le Sud oranais (1881-1883), la répression de l'insurrection d'Aïn Turki (actuelle Arioua, ex-Margueritte) en 1901, la répression des Béni Chougrane et Mascara (septembre-octobre 1914)...

    L'histoire coloniale en Algérie est encombrée d'évènements tragiques. Si «la liste des excès, des humiliations, et même des crimes de guerre, est très longue», peut-on parler de génocide ? Certains historiens français pour ne citer que certains considérés comme anticolonialistes, tel le regretté Claude Liauzi ou Gilbert Meynier en 2005, le rejettent et accusent même ceux qui en parlent de «désinformation victimisante» ! Pourtant, le mot «extermination» a été utilisé de nombreuses fois par les suppôts du colonialisme. Ce mot était très explicite comme le montre le «Littré» de 1872, «exterminer» peut être considéré comme synonyme, de «chasser entièrement, faire périr entièrement», c'est-à-dire commettre un génocide. Il était pratiqué couramment au XIXème siècle : «L'idée d'extermination eut longtemps cours en Afrique [du Nord]» (Hippolyte Castille, Le général de Lamoricière, Sartorius F. E.d, Paris 1858, p. 13) C. de Feuillide dira à ce propos : «Quand nous occupâmes le Sahel, il fallut raser le sol et exterminer les races ; sans quoi, disaient ces hommes, on ne pourrait ni s'établir ni cultiver. On rasa, on extermina. (C. de Feuillide, L'Algérie française, p. 65, Plon Ed, Paris 1856).

    Il existe de nombreux exemples de génocides : le massacre de Blida de novembre 1830 ordonné par Clauzel, commandant en chef de l'armée d'Afrique : «J'ai ordonné aux bataillons de détruire et de brûler tout ce qui se trouve sur leur passage». L'extermination de la tribu d'El Aouffia à Maison Carrée le 6 avril 1832 qui a fait 12.000 victimes. Les «enfumades» et les «emmurades» de la Dahra qui sont des «chambres à gaz» de fortune et dont seulement quatre épisodes sont connus car des directives ont été données aux militaires de taire leurs crimes. Bugeaud a donné à ses officiers l'ordre d'être «impitoyables». Il a précisé dans une note écrite datée du 11 juin 1845, à propos des habitants de la Dahra qui ont l'habitude, en cas de danger, de se réfugier dans des grottes : «Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac : fumez-les à outrance comme des renards» (Maspero F., L'honneur de Saint-Arnaud, p. 205, Casbah Ed., Alger, 2004). Des tribus entières ont disparu à jamais comme les Ouled Riah et les Sbéahs. Cynique, Tocqueville, l'un des théoriciens de la colonisation écrira quelque temps plus tard : «J'ai pu sans péril traverser avec vingt-cinq personnes le Dahra dont nous avons décimé la population, il y a six mois» (Lettre du 1er décembre 1846 adressée à Corcelles, in Oeuvres complètes, op.cit. t. XV, 1, p. 224, cité par le Cour Grandmaison). Des variantes aux enfumades vont se répéter au cours du XXème siècle avec les asphyxiés de Zéralda (1942), les fours à chaux de Guelma, Héliopolis et Belkheir en 1945, l'enfumade du douar Terchioui (1957), les caves ont souvent été utilisées comme dernière sépulture de nombreux militants et civils durant la Guerre de libération (1954-1962).

    Les crimes contre l'humanité ne se sont pas manifestés uniquement par des tueries, des assassinats ou des exécutions sommaires, ils concernent également les lois iniques mises en place comme le Code de l'Indigénat qui a réduit la population autochtone à l'esclavage, l'internement des populations qui a été mis en place dès 1834, les punitions collectives qui ont commencé par le massacre des Aouffias en 1932, les amendes collectives, généralisées par Bugeaud en 1844, le séquestre des biens immobiliers, des terres et même des mosquées qui a commencé avec la confiscation des biens publics dits Beylik en 1833, le cantonnement des populations, leur regroupement au cours de la grande famine, la déportation des Algériens vers Calvi en Corse, puis dans le sud de la France, à Sète (1846) et dans les Iles Sainte Marguerite (1843), puis en Nouvelle–Calédonie (à partir de 1853) et en Guyane (1888), leur nombre total avoisine les 50.000 personnes dont des femmes et des enfants, la grande majorité est morte lors du transfert ou sur place...

    Suite à leur conscription obligatoire, de jeunes Algériens se sont trouvés mêlés à différentes guerres menées par la France : guerre de Crimée (1853-56), guerre contre l'empire austro-hongrois en Italie (1859), guerre du Mexique (1861 à 1867), guerre franco-allemande de 1870, grande guerre (1914-1918) Seconde Guerre mondiale (1939-1945) et guerre d'Indochine (1946-1954). Les pertes ont été particulièrement lourdes lorsqu'on sait que les Algériens ont été utilisés comme chair à canon, elles sont estimées à plus de 100.000 morts et un nombre plus important de blessés et de handicapés à vie.

    La colonisation de l'Algérie a été une période de non-droit avec des prisons surpeuplées, des camps d'internement appelés pudiquement d'hébergement gérés par les préfectures, des camps militaires clandestins, des laboratoires de torture... dont le nombre global dépassait les 400 et qui enfermaient plus de 150.000 personnes. Les rafles, les exécutions sommaires, les viols, la torture, les condamnations à mort avec des décapitions en chaîne, les attentats ciblés menés par la «main rouge», les mutilations, les cadavres exposés en public, les profanations de lieux de culte et de mausolées, la destruction de cimetières, l'exportation d'ossements humains...

    Les crimes commis contre les populations civiles lors des évènements de Mai 1945 avec 45.000 morts ; les évènements du 20 Août 1955 avec 12.000 morts, les manifestations du 17 Octobre à Paris avec des centaines de morts.

    Les essais nucléaires français en Algérie avec 4 explosions atmosphériques et 13 souterraines en plus des 57 essais plus réduits ont exposé directement plus de 2 millions d'Algériens à des radiations ionisantes. Les descendants de ces derniers vont continuer à payer indéfiniment un lourd tribut en maladies génétiques en cancers et en malformations. Les méfaits des expérimentations chimiques et balistiques de Hammaguir sont peu connus bien que celles-ci aient été menées jusqu'en 1986. La guerre de libération nationale a exacerbé l'agressivité du colonialisme et s'est terminée par un véritable holocauste commis par l'OAS. L'Algérie parle de 1,5 million de morts et la France reconnaît seulement 200.000 !

     

    Victimes des épidémies, des famines et des camps

     de regroupement

     

    L'occupation française de l'Algérie a aggravé durant le XIXème siècle la situation sanitaire et épidémiologique des populations algériennes. Les redoutables épidémies de peste des XVIIème et XVIIIème siècles ont été remplacées par la violence meurtrière du choléra, du typhus, de la syphilis, de la tuberculose, des famines... Il est aujourd'hui établi que de nombreuses infections ont été importées et propagées par l'armée française et les colons, certaines ont été réactivées et rendues très virulentes par une importation massive de réservoirs humains. Ainsi, les épidémies de choléra ont, en effet, été importées et diffusées par les militaires français, les plus importantes ont eu lieu en 1834, 1835, 1837, 1839, 1846, 1849, 1855, 1859, 1865, 1866, 1884 et 1893. Les Rickettsies, agents du typhus historique, ont été ramenées en Algérie avec le pou de corps humain, que des milliers de va-nu-pieds d'Europe portaient sur eux, au moment ils étaient envoyés pour coloniser l'Algérie. La syphilis a été réactivée à travers les nouveaux réservoirs ramenés en Algérie pour entretenir le moral des soldats mais également à travers les multitudes de centres de dépravation mis en place par les autorités militaires françaises au niveau des villes-garnisons. La tuberculose était pratiquement inconnue en Algérie à la veille de l'occupation, elle a été propagée par la main-d'œuvre algérienne appelée à soutenir l'effort industriel français, mais placée dans un état d'insalubrité, de promiscuité et de carence alimentaire tel qu'elle a contracté le bacille de Koch puis est revenue dans le pays pour mourir, essaimant à tout va le bacille meurtrier. Le paludisme reste une exception épidémiologique car s'il était bien présent avant l'occupation, son épidémiologie a littéralement explosé avec les bouleversements écologiques opérés par les autorités coloniales, l'anophèle (femelle du moustique), agent de transmission du parasite, s'est allié aux habitants pour retarder la colonisation du pays. Globalement, il n'est pas exagéré de dire que les épidémies ont tué plus d'un million et demi de personnes en Algérie durant l'occupation française. A titre de comparaison, Noin évalue à 1.450.000 décès, les ravages de la peste, du choléra et de la variole au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle au Maroc (Noin, 1970). Les autres épidémies ayant eu de grands impacts, notamment la variole, la rougeole, la scarlatine, la dysenterie, la typhoïde... ne sont pas comptabilisées !

    Les famines observées en Algérie durant l'occupation française ont, par leur envergure et le nombre de victimes occasionnées, été les plus meurtrières de l'histoire d'Algérie. La responsabilité de l'occupant dans les famines de 1838, de 1847, de la grande famine 1866-1868, de celles de 1891-1892 et de 1921-1922 est liée à la déstructuration de la société autochtone, à la dépossession des terres, à la confiscation des terres pastorales, à l'altération des pratiques sociales qui permettaient traditionnellement à la population de faire face aux calamités (dispersion des populations, constitution de silos de réserve [mtamers], développement de l'élevage, prêts sans intérêt [mouaouana], etc.). Ces famines ont été responsables au minimum d'un million et demi de victimes. La grande famine seule a tué plus d'un million de personnes. (Djilali Sari, Le désastre démographique, Sned Ed, Alger 1982)

    Les camps de regroupement mis en place en dehors de tout cadre légal dès 1955, ont abrité plus de 2,5 millions jusqu'au 19 mars 1962. L'absence d'une hygiène minimale, des conditions d'habitat proches de celles des SDF et l'existence d'une sous-alimentation chronique ont été responsables d'une très forte mortalité dénoncée en 1957 par le rapport de Michel Rocard. Selon ce dernier, il y avait plus d'un décès par jour pour 1.000 habitants ce qui donne en 5 ans (mars 1957 à mars 1962) plus de 4,5 millions de victimes.



    La colonisation de l'Algérie : un défi mémoriel

    pour la France



    Emmanuel Macron qui est né en 1977 n'a pas le complexe des enfants de la guerre coloniale menée par son pays. Il avait qualifié lors de sa visite à Alger le 15 février 2017, durant sa campagne électorale que la colonisation française est «un crime contre l'humanité». Il y a quelques jours, il récidive considérant la colonisation de l'Algérie comme l'un des plus grands défis mémoriels pour la France : «La guerre d'Algérie est sans doute le plus dramatique» a-t-il déclaré. Il ajoute : « je pense qu'il a à peu près le même statut que la Shoah» (AFP/RP, 25 janvier 2020). En termes de responsabilité de la France, la colonisation de l'Algérie ne peut aucunement faire l'objet d'une comparaison avec la Shoah car d'une part le régime de Vichy ne représentait qu'une partie de la France et d'autre part ce qui a été commis contre les Algériens dépasse largement les 12 millions de victimes.

    Mostefa Khiati

    Professeur, chercheur

    SOURCE : http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5286602 

     

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    Secret défense contre l’histoire : fermeture

    des archives des répressions coloniales

    Les chercheurs fréquentant les archives publiques françaises, dont le Service historique de la Défense (SHD), se voient depuis peu dans l’impossibilité de consulter de très nombreux documents d'après 1940 accessibles selon la loi : tous ceux qui furent tamponnés «secret» ou «très secret» lors de leur production, durant les répressions coloniales à Madagascar, en Indochine ou en Algérie. Par Gilles Manceron et Fabrice Riceputi.

    Secret défense contre l’histoire : fermeture des archives des répressions coloniales

    Secret défense contre l’histoire : fermeture des archives des répressions coloniales

    La plupart de ces documents auxquels les chercheurs ne peuvent actuellement avoir accès étaient librement communiqués jusqu’ici, souvent depuis des années, après l'expiration des délais de communication légaux, ou bien par dérogation.

    Cette situation est le fruit d’une décision prise à la fin de l’année 2019 par le Secrétariat général de la Défense et de la sécurité nationale (SGDSN), rattaché aux services du Premier ministre : celle d’appliquer de façon différente de ce qui avait été le cas auparavant une instruction interministérielle, texte non législatif du 30 novembre 2011, émise huit ans auparavant vers la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy, au nom de la protection du « secret défense ».

    En application de cette « IGI 1300 », les archivistes sont désormais tenus de mettre sous pli fermé ces papiers tamponnés, ainsi déclarés « classifiés », quel qu’en soit le contenu et la date. Et, si des chercheurs souhaitent les consulter, ils doivent s’adresser aux institutions qui les ont versées, le ministère de la Défense le plus souvent, pour obtenir, page par page, leur « déclassification ». Comme rien n’indique sur les cartons d'archives qu’ils contiennent de telles pièces, tous devront être passés en revue par les archivistes, qui devront examiner, au total, des centaines de milliers de pages, des dizaines de kilomètres linéaires d’archives. En l’absence de personnels, le centre le plus concerné, le SHD à Vincennes, a annoncé à ses usagers de sérieuses restrictions à la consultation. Pour des documents qui étaient pourtant, pour la plupart, ouverts aux chercheurs il y a encore quelques semaines, et souvent depuis des années.

    L’absurdité de cette mesure saute aux yeux. Elle est sans doute inspirée par l’obsession sécuritaire actuelle et par la crainte d’un débat en cours sur l’enjeu démocratique que représente pour les citoyens le droit à connaître la page coloniale de notre histoire. Une journée d’études a été organisée le 20 septembre 2019, sous l’égide de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), dans la salle Victor Hugo de l'Assemblée nationale, soutenue par les grandes organisations françaises pour la défense des droits de l’homme et contre la torture, dont les films vidéo ont été publiés par Mediapart et les Actes ont été publiés par la Revue des droits de l'homme du CREDOF.

    De nombreux travaux de recherche historique, projetés ou entamés, sont stoppés net. Quant à ceux qui ont pu profiter antérieurement de la libre communication ou de dérogations, leurs auteurs pourraient en théorie se voir reprocher d’avoir divulgué des secrets d’Etat, voire même être poursuivis pour « délit de compromission » et encourir de lourdes peines. La plupart de ces documents déclarés inaccessibles ne contiennent rien qui touche de près ou de loin, en 2020, au secret de la défense nationale, même dans son acception la plus large. « Les plans du débarquement en Normandie seront-ils dévoilés ? », ironise fort justement une tribune d’historien.ne.s. Les protestations se multiplient : des historiens des Etats-Unis ont écrit à Emmanuel Macron, des tribunes ont été publiées le 13 février dans Le Monde par des historiens français et étrangers, une pétition va être ouverte aux signatures. 

    Cette mesure de restriction de l’accès aux archives publiques est sans précédent et constitue une régression dans l’évolution récente des politiques de l’Etat en la matière. Cette simple mesure administrative semble en contradiction avec la législation en vigueur, la loi sur les archives de 2008 et le code du patrimoine. Elle intervient après une ouverture par dérogation générale des archives de la Seconde Guerre mondiale, publié le 24 décembre 2015, par François Hollande, comme l'explique l'historien Gilles Morin qui en avait été à l'origine. Et après plusieurs déclarations d’intention de transparence et d’ouverture de celles de la guerre d’Algérie, notamment sur l'assassinat de Maurice Audin par les militaires français qui le détenaient, et sur les autres disparus de la guerre d'Algérie, par le président de la République, Emmanuel Macron, le 13 septembre 2018. S’agit-il d’un tournant politique en la matière ? Par qui et pourquoi a-t-il été opéré ?

    Il nous apparaît que les principaux évènements concernés dépassent la Seconde Guerre mondiale et sont ceux des guerres d’Indochine et d’Algérie, ainsi que les répressions coloniales à Madagascar et au Cameroun. Les archives relatives aux opérations de l’armée française durant ces guerres et répressions coloniales sont constellées de mentions « secret ». Ce souci de discrétion, particulièrement lorsqu’il s’est agi de dissimuler des exactions, serait-il encore d’actualité en 2020 ? Faut-il accorder une importance durable au moindre tampon « secret », même si, dans certains cas, il a été apposé par les chefs de tortionnaires pour dissimuler leurs pratiques. Poursuivra-t-on le président Hollande parce qu’il a remis à Josette Audin des documents « classifiés » relatifs au sort de Maurice Audin et a démenti le mensonge proféré pendant des décennies par l'armée et les institutions françaises sur sa prétendue « évasion » ? Le président Emmanuel Macron a déclaré en septembre 2018 qu'Audin avait été assassiné par les militaires français qui le détenaient et qu'un système a été alors installé qui autorisait la multiplication de tels actes. Pourrait-on interdire aux historiens de faire, sur ces faits, leurs recherches dans les archives ?

    Les archives déclarées « classifiées » ne sont désormais plus communicables, cette rétention entrave considérablement et pour un temps indéfini la recherche de la vérité. Et on peut craindre qu'au prétexte d’une conception extensive du « secret défense », certaines d’entre-elles, qui ne seraient pas « déclassifiées », deviennent incommunicables.

    Or la consultation des archives a été considérée par la Révolution française comme un droit appartenant à tous les citoyens, déclarés égaux dans l’accès aux services publics. Le secret de la défense nationale ou les intérêts fondamentaux de l’Etat n’effacent pas pour autant les droits de l’homme et de tout citoyen. 

    Il faut que la France assume une ouverture très large, voire complète, de ses archives de la guerre d’Algérie, cinquante-huit ans après la fin de cette guerre. Le président Hollande, le 19 mars 2016, avait envisagé une ouverture totale. Dans son texte qui n'apparaît plus aujourd’hui sur le site de l’Élysée, on lisait notamment : « Depuis 2008, nos archives sur cette période sont pour l’essentiel ouvertes mais ici, je le dis, elles devront l’être entièrement, ouvertes et mises à la disposition de tous les citoyens. »

    Et il ne s’agit pas seulement d’un enjeu concernant la connaissance historique d’une période de l’histoire contemporaine de la France, c’est aussi un enjeu civique. Car la question n’est pas sans lien avec le fait qu’aujourd’hui en France existent des forces politiques qui se sont nourries des silences et des dénis d’histoire relatifs à la période coloniale. Le libre accès aux archives est aussi une des conditions pour que ce pays puisse espérer enfin mettre fin à leur ascension, qui est malheureusement prévisible si un tel travail archivistique, historique et mémoriel n’est pas entrepris.

    Gilles Manceron et Fabrice Riceputi font partie des animateurs des sites histoirecoloniale.net et 1000autres.org. Ce dernier est l'auteur de La bataille d’Einaudi, comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République, préface de Gilles Manceron (Le passager clandestin, 2015). 

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/gilles-manceron/blog/130220/secret-defense-contre-l-histoire-fermeture-des-archives-des-repressions-coloniales 


     

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    En ce jour de 1960

    C'était un 13 février, la première bombe atomique française

    En ce jour de 1960  C'était un 13 février, la première bombe atomique française *** Lettre ouverte

    Le 14 septembre 1966, le général de Gaulle, en tenue spéciale anti-radiations, assiste de la passerelle du croiseur «De Grasse» à l'explosion de la troisième bombe nucléaire française dans le Pacifique. Photo Gamma-Keystone. Getty Images

     

    Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas tous. Certains hantent toujours notre présent. «Libération» en fait le récit. Aujourd’hui, l'explosion de «Gerboise bleue» dans le Sahara.

    Une lumière blanche intense vient de faire pâlir le ciel pourtant si lumineux du Sahara algérien. A Reggane, province reculée du sud de l’Algérie où la France a installé son Centre saharien d’expérimentations militaires (CESM), «Gerboise bleue», première bombe A de conception hexagonale, vient d’éclater en ce 13 février. Cela fait tout juste soixante ans, et une semaine après que le président Macron a reposé les fondements de la doctrine de la dissuasion nucléaire française lors d’un discours à l’Ecole de guerre. Une apocalypse baptisée du nom d’un petit rongeur sauteur familier des étendues de sable.

    Avec cette première explosion, la France vient de se hisser dans le club très fermé des puissances atomiques mondiales avec un concept toujours de mise aujourd’hui, celui de la dissuasion du «faible au fort». Un rapport de force modèle cour de récré, mais efficace. Du style «si tu m’attaques je te montrerais que même si je suis tout petit, tu vas t’en prendre plein la gueule». Pas besoin de convoquer les grands frères. La France possède l’arme ultime, celle qui est capable de causer des ravages indescriptibles. Face alors à la menace soviétique, le message est clair. En lançant ses missiles, le gain que l’URSS pourrait obtenir est si négligeable qu’il ne vaut pas le coup de se voir atomiser en retour.

    Avanies et autre vexations

    Surtout, en se hissant à la hauteur des puissances de premiers plans, De Gaulle, qui n’a jamais vraiment supporté les avanies et autre vexations que lui avaient fait subir Roosevelt au cours de la Seconde Guerre mondiale, lui adresse un superbe pied de nez. La France peut se défendre sans le secours du bouclier nucléaire américain. Une logique qui poussera le pays à quitter le commandement intégré de l’Otan en 1966.

    Contrairement à l’idée communément admise, ce n’est pas le père de la France libre qui préside à l’élaboration de l’arme nucléaire. Les travaux avaient commencé sous la présidence du conseil de Pierre Mendès France en 1954. En avril 1958, Félix Gaillard, président du Conseil de René Coty, fixe la date de l’essai expérimental au début de l’année 1960.

    Au total, même après les accords d’Evian (1962) scellant la fin des «opérations de pacification», litote utilisée pour la guerre menée par la France sur le sol algérien, ce seront dix-sept essais nucléaires à l’air libre qui seront menés dans le Sahara. Ils ne prendront fin qu’en 1966. En avril 1961, suite au putsch des généraux d’Alger (Challe, Jouhand, Zeller et Salan), ce «quarteron de généraux en retraite» selon l’expression du président de Gaulle, les autorités font détonner dare-dare la bombe à Reggane de peur que le pouvoir insurrectionnel né d’un pronunciamento ne s’en empare.

    La France continuera ses expérimentations à l’air libre à Mururoa et dans l’atoll de Fangataufa. De 1966 à 1974, 46 bombes exploseront ainsi dans le ciel de la Polynésie. Avec toutes les conséquences qui font aujourd’hui l’objet de contentieux juridiques.

    Moratoire

    «La bombinette» française, telle que raillée par l’opposition au moment du premier essai de 1960, continue à être testée dans le Pacifique mais de manière souterraine jusqu’en 1991. Le 8 avril 1992, François Mitterand décrète un moratoire sur les expérimentations. Au total sous le corail des atolls, 147 bombes à la puissance représentant des dizaines de fois celle d’Hiroshima et de Nagasaki explosent.

    En 1995, lors d’une conférence de presse, Jacques Chirac, président fraîchement élu, annonce la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique pour mieux passer à la simulation en laboratoire. Une date particulièrement mal choisie alors que le monde commémore le largage de «Little Boy», la première bombe atomique américaine par le bombardier B-29 Enola Gay sur le site d’Hiroshima le 6 août 1945. De juin 1995 à janvier 1996, la France procédera à six essais nucléaires à Fangataufa.

    Depuis le démantèlement de la base de missiles terrestres du plateau d’Albion en 1999 – aujourd’hui site de visites touristiques – la force de dissuasion nucléaire française repose sur deux composantes, la force océanique stratégique (FOST) et quatre sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) qui se relaient perpétuellement en mer, équipés du dernier né des missiles mer-sol balistique, le M-51. Sa portée publique est d’un minimum de 4 500 km. La réelle est tenue secrète. Tout comme la capacité d’emport de son ogive qui contient plusieurs têtes nucléaires à trajectoire distincte. La deuxième composante est celle des forces aériennes stratégiques avec le porte-avions Charles de Gaulle.

    Le 13 février 60 démontre au monde que la France sait fabriquer «la bombinette». Mais «le plus important est de savoir où elle tombe» comme le chantait Boris Vian dans sa Java des bombes atomiques.

    SOURCE : https://www.liberation.fr/france/2020/02/13/c-etait-un-13-fevrier-la-premiere-bombe-atomique-francaise_1778046 

    Lettre ouverte

    «Emmanuel Macron, vous n'avez jamais fait l’expérience de l’inhumanité absolue des armes nucléaires. Moi, oui.»

    Par Setsuko Thurlow, survivante d'Hiroshima et militante de l'Ican (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires), organisation Prix Nobel de la paix 2017.  

    En ce jour de 1960  C'était un 13 février, la première bombe atomique française *** Lettre ouverte

    Setsuko Thurlow lors de la réception du prix Nobelpar l'Ican, le 10 décembre 2017. Photo NTB Scanpix. Terje Bendiksby via Reuters

    Survivante d'Hiroshima et militante pour l'abolition des armes atomiques, Setsuko Thurlow interpelle le président de la République, qui a prononcé ce vendredi matin un discours sur la dissuasion.

    Lettre ouverte. Le président Emmanuel Macron a prononcé aujourd’hui un discours sur les centaines d’armes nucléaires de la France, refusant le désarmement nucléaire et invoquant le manque de réalisme des efforts en vue de les abolir au niveau mondial. Mais il n’a jamais fait l’expérience de l’inhumanité absolue de ces armes. Moi, oui. Et j’ai passé ma vie entière à avertir le monde de la menace réelle que ces armes posent, et à faire comprendre l’illégalité et le mal ultime qu’elles représentent.

    Le président Macron n’a pas répondu à ma demande de le rencontrer à Paris la semaine prochaine afin de partager avec lui les réalités de ce que sont les armes nucléaires et de ce qu’elles font aux personnes et à l’environnement. Mais les Français, et notamment les jeunes, méritent de connaître l’entière vérité sur les armes nucléaires.

    En août prochain, cela fera 75 ans que les Etats-Unis ont complètement anéanti ma ville natale, Hiroshima. J’avais 13 ans. À 8h15, j’ai vu par la fenêtre un éclair aveuglant, blanc bleuté. Je me souviens d’avoir eu la sensation de flotter dans l’air.

    Alors que je reprenais conscience dans un silence total et une profonde obscurité, je me suis retrouvée prise au piège du bâtiment qui s’était effondré sur moi. J’ai commencé à entendre les cris faibles de mes camarades de classe : «Maman, aide-moi. Dieu, aide-moi.» Alors que je sortais en rampant, les ruines étaient en feu. La plupart de mes camarades de classe ont été brûlés vifs. J’ai vu tout autour de moi une dévastation totale, inimaginable.

    Des processions de figures fantomatiques se sont mises à défiler. Des personnes grotesquement blessées saignaient, brûlées, noires et enflées. Des parties de leurs corps avaient disparu. Leur chair et leur peau pendaient, laissant leurs os à. vif. Certains tenaient leurs yeux dans leurs mains. D’autres, le ventre ouvert, les intestins pendants. La puanteur nauséabonde de la chair humaine brûlée remplissait l’air.

    Mythe de la dissuasion

    Chaque fois que je me souviens d’Hiroshima, la première image qui me vient à l’esprit est celle d'Eiji, mon neveu de 4 ans. Son petit corps a été transformé en un morceau de chair fondue méconnaissable. Il n’a cessé de mendier de l’eau, d’une voix faible, jusqu’à ce que la mort le libère de son agonie.

    Ainsi, avec une bombe atomique, ma ville bien-aimée a été anéantie. La plupart de ses habitants étaient des civils – parmi eux, des membres de ma propre famille et 351 de mes camarades de classe – qui ont été incinérés, vaporisés, carbonisés. Dans les semaines, les mois et les années qui ont suivi, des milliers d’autres personnes sont mortes, souvent de façon aléatoire et mystérieuse, des effets à retardement des radiations. Aujourd’hui encore, les radiations tuent des survivants.

    Monsieur le président Macron, vous voulez maintenir et moderniser des centaines de ces armes inhumaines, instruments de génocide, qui menacent d’indicibles souffrances tous les êtres vivants ? Il est profondément naïf de croire que le monde peut conserver indéfiniment des armes nucléaires sans qu’elles ne soient à nouveau utilisées. Toute utilisation d’arme nucléaire serait contraire aux règles et aux principes du droit international humanitaire. En perpétuant le mythe de la dissuasion, en en faisant un élément central de la politique de défense de la France, en investissant massivement dans ces armes (à hauteur de 37 milliards pour les cinq prochaines années), vous mettez en péril la sécurité européenne ; vous mettez en péril la sécurité mondiale. Soyez réaliste.

    Chère France, vous pouvez faire un autre choix.

    En 2017, j’ai accepté le prix Nobel de la paix au nom de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires – distinction obtenue pour le travail que nous avons accompli avec l’adoption de la première interdiction juridique internationale des armes nucléaires, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. A ce jour, 35 Etats ont ratifié ce traité et 81 l’ont signé.

    Epée de Damoclès

    Près de 20 villes françaises, dont Paris et Grenoble, ainsi que des dizaines d’élus français appellent la France à adhérer à ce traité et à s’engager sur la voie d’un monde sans armes nucléaires. La jeunesse française, cette nouvelle génération, a compris la menace inacceptable que représentent les armes nucléaires pour l’humanité. Selon un sondage publié en janvier par le Comité international de la Croix-Rouge, 81% des «milléniaux» pensent que l’utilisation des armes nucléaires n’est jamais acceptable. Et la semaine prochaine, des centaines d’étudiants et des militants se réuniront à Paris pour une conférence sur l’abolition des armes nucléaires.

    Comme l’a déclaré le pape François à Nagasaki en novembre dernier, l’histoire jugera sévèrement les dirigeants qui rejettent le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires et qui, au contraire, prononcent des discours à la gloire de leurs armes atomiques conçues avec l’intention de commettre une tuerie de masse. Les théories abstraites ne doivent plus masquer la réalité génocidaire de ces pratiques. Ne considérons la «dissuasion» comme rien d’autre que ce qu’elle n’est : la mise en péril certaine des peuples. N’acceptons plus d’avoir cette épée de Damoclès nucléaire au-dessus de nos têtes.

    Monsieur le président Emmanuel Macron, vos stratèges de la défense ont peut-être étudié la théorie nucléaire, mais j’ai moi-même fait l’expérience bien réelle de l’enfer atomique. Vous devez choisir un avenir meilleur pour la France et pour l’Europe. Adhérez au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, et éradiquez à jamais la menace de l’anéantissement nucléaire.

    Setsuko Thurlow survivante d'Hiroshima et militante de l'Ican (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires), organisation Prix Nobel de la paix 2017.  

    SOURCE : https://www.liberation.fr/debats/2020/02/07/emmanuel-macron-vous-n-avez-jamais-fait-l-experience-de-l-inhumanite-absolue-des-armes-nucleaires-mo_1777601 

     

     

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    Pour Emmanuel Todd, "si la réforme

     des retraites passe", ce sera

     "un coup d’État"

    Pour Emmanuel Todd, "si la réforme   des retraites passe", ce sera   "un coup d’État"

    Avec d'autres personnalités de gauche, le démographe réclame un référendum sur la réforme des retraites. Selon lui, le projet du gouvernement est contraire à la Constitution.

    Plus de 140 personnalités réclament un référendum sur la réforme des retraites.  Elles publient une tribune dans le journal L’Humanité, alors qu’à l’Assemblée nationale, une Commission spéciale a essayé d’examiner le projet du gouvernement… la commission a piétiné durant neuf jours et s’interrompt alors qu’il lui restait près de 14.000 amendements. 

    Le démographe Emmanuel Todd, l'invité éco du 10 février, a signé cette pétition. Selon lui, cette réforme est contraire à la Constitution. "Je n’ai pas peur du Parlement, explique-t-il sur Franceinfo, mais j’ai peur d’une réforme qui n’a pas été étudiée (…) Le travail démographique, le travail économique sur ce qui va venir n’a pas été fait. C’est une sorte d’acte de nihilisme législatif (…) On est au bord de la sortie de constitutionnalité".

    "Revenir dans les clous de la légalité constitutionnelle"

    Emmanuel Todd estime que cette réforme va mettre "tous les Français en état d’insécurité sociale car elle brise le pacte social", et qu’elle va "produire une délégitimation du pouvoir en place". Il insiste : "Si cette loi n’est pas constitutionnelle, si elle passe en force, ça voudra dire que le mandat des députés est de fait invalidé et que le mandat présidentiel est invalidé."

    Selon lui, seul un référendum permettrait de "revenir dans les clous de la légalité constitutionnelle" . En revanche, si la loi était adoptée, ce serait, selon Emmanuel Todd, un "coup d’Etat".      

    Emmanuel Todd vient de publier Les luttes de classes en France au 21e siècle (Seuil).

    Merci d’arrêter la vidéo après le sujet concerné, d’autres vidéos, sans rapport, suivent…

     

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    C’est une bien triste nouvelle que Tramor Quemeneur vient de nous communiquer. Bernard Gerland vient de nous quitter.

    Bernard Gerland vient de nous quitter

     

    Tramor Quemeneur écris donc « Je viens d’apprendre le décès de Bernard Gerland la nuit dernière. J’avais écouté et lu son témoignage poignant «Ma Guerre d’Algérie» au début des années 2000. Il y revenait sur son parcours d’appelé dans la guerre d’Algérie, ce qui avait complètement bouleversé sa vie. Nous nous étions rencontrés au début des années 2010. Je l’avais alors interviewé, il m’avait ouvert ses archives et j’avais rendu compte de son parcours dans plusieurs ouvrages. Nous avons participé à plusieurs rencontres ensemble, autour du 17 octobre 1961 ou de la répression en Algérie, en région parisienne et bien sûr à Lyon. Il avait enfin participé au documentaire « Algérie. La guerre des appelés » pour lequel j’étais conseiller historique, et dans lequel son témoignage est très fort. Le rencontrer, échanger avec lui a toujours été très agréable. Sa prévenance et sa gentillesse me manqueront. Salut l’artiste !

    Tramor Quemeneur

     

    Le spectacle-témoignage "Ma guerre d’Algérie" est programmé à Besançon, mardi 14 avrl 2015, salle Battant, à 20 h

    Le témoignage

     

    de Bernard Gerland

    Un spectacle, Ma guerre d’Algérie "Ce qui se ressemble chez les appelés et rappelés de la guerre d'Algérie "Le silence du retour"

    On a vite fait de basculer 

    Bernard Gerland, 21 ans à Foudouk, 75 ans à Lyon 

    Instituteur avant la guerre puis conducteur de travaux, Bernard est un militant de gauche. Il est envoyé deux ans en Algérie entre janvier 1960 et janvier 1962.  

    Pendant les premières années de la guerre, il contribue à la diffusion sous le manteau de “La question” d’Henri Alleg. Il est persuadé d’échapper à l’Algérie, persuadé que “les choses vont s’arranger” jusqu’à son appel sous les drapeaux. Bernard n’adhère pas aux valeurs de l’armée. Progressivement, il entre dans le jeu, subit la propagande quotidienne de ses supérieurs et finit sa guerre en bon “petit chef de guerre”. Depuis 2001, Bernard milite dans l’association “Parlons-en” et donne des représentations publiques de son spectacle “Ma guerre d’Algérie”.  

    Dans "Instantanés d'Algérie, les gusses témoignent", Bernard raconte son voyage d’un mois à travers l’Algérie pendant une permission, l’exécution d’un prisonnier qu’il a regrettée toute sa vie et ses relations amicales avec les harkis qu’il a dirigés pendant plusieurs mois.   

    Un spectacle, Ma guerre d’Algérie

    Bernard Gerland raconte comment il en est arrivé à se porter volontaire pour une « corvée de bois » en Algérie, puis comment il s’en est libéré trente ans après.

     Qui suis-je et qui étais-je avant l’armée ?

    Je suis né le 16 Août 1939 à Villefranche-s/Saône  (Rhône), où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 11 ans, puis ensuite à Lyon. J’ai été élevé dans une famille de tradition catholique, le second de ma fratrie (trois sœurs). Bien que n’aimant pas l’école à partir de la classe de sixième (j’étais plutôt un esprit rebelle et avais horreur des activités sédentaires), je suis allé jusqu’au baccalauréat, ce qui m’a permis à 19 ans d’être instituteur public remplaçant, avant d’être, à 20 ans,  incorporé dans l’armée comme appelé.

    J’étais peu politisé, mais malgré tout hostile à la guerre et particulièrement à celle d’Algérie dont je suivais l’évolution depuis l’âge de 15 ans. Je lisais Témoignage Chrétien , parfois  France Observateur . Je connaissais  La Question  d’Henri Alleg, j’avais lu Germaine Tillion sur l’Algérie. Je ne voulais pas devenir gradé,  avec néanmoins une contradiction : j’avais suivi la  préparation militaire, mais plus pour le sport que pour l’aspect militaire.

    Double jeu de la « pacification »

    Je suis incorporé en août 1959 (classe 59 2A) à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) au 92ème R.I.  Quatre mois de classes de biffin (l’aspect sportif ne me déplaisait pas) au cours desquels je subis une très forte pression pour suivre le peloton et devenir caporal puis sous-officier. Devant mon refus, réitéré à maintes reprises, on finit par m’expédier en Algérie : départ janvier 1960. J’y resterai deux ans.

    Je suis affecté au 117ème R.I., région de Blida. On tente de suite de m’intéresser à des affectations du genre instituteur. Je ne manifeste pas d’intérêt, et me retrouve affecté dans un poste  de montagne,  « Poitiers », poste en protection du village regroupé d’Aguitoune, au-dessus de Fondouk (aujourd’hui Khemiz el Khechna) d’un côté et du barrage du Hamiz de l’autre.

    Là,  je fais de la « pacification ». Je m’occupe de l’état civil instauré par l’armée, je fais le secrétariat de l’infirmier. J’en profite pour passer de longs moments à bavarder avec les chefs du regroupement, dans le village, ou au café maure avec les habitués du lieu. J’ai un excellent contact avec la population. J’en découvre le dénuement.

    Je suis chargé de recueillir des renseignements, de « jouer » la protection, de mettre en garde contre tout agissement qui porterait tort à la « pacification » et amènerait l’armée à procéder à représailles.

    Je retiens, de l’exercice de cette fonction, l’amitié liée avec l’un des chefs, la liberté que je me permettais dans mes déplacements dans le village, les contacts et discussions avec la population, mais aussi le désagréable double jeu qu’était la « pacification ».

    Je participe, en tant que grenadier-voltigeur, à des opération d’envergure où nous effectuons surtout des bouclages et  ratissages  dans la montagne, souvent loin du poste, à des embuscades de nuit dans le village ou dans la région, aux gardes évidemment, aux escortes de ravitaillement du poste et des autres postes plus éloignés dans la montagne, aux contrôles de la population.

    Installation dans la guerre

    Quelques jours après mon arrivée, premier accrochage, dans les rochers de Rivet. Le sergent Carrot est blessé, je ne le revis plus ; c’était un bon copain, un gars très apprécié de tous, une référence pour moi à cause de ses positions sur cette guerre et sur la vie en général – positions qui correspondaient aux miennes -, à cause aussi de son rayonnement humain et chrétien.

    Je me retrouve ainsi seul, sans en avoir toutefois claire conscience. Et peu à peu, sans m’en rendre compte, je m’installe dans la guerre, je fais mon boulot de soldat.  J’abandonne la prière, les quelques lectures qui auraient pu me tenir éveillé ;  je ne me nourris plus ni spirituellement, ni intellectuellement, ni politiquement.

    Seul le courrier, notamment à mes parents, me tient ; j’écris beaucoup.  Je cafarde aussi beaucoup. L’alcool (le vin au bromure, la bière et l’anisette) devient un bon compagnon, comme pour ceux qui m’entourent.

    Le capitaine du poste, en qui j’ai confiance, me propose le peloton de sous-officier, après qu’on m’ait nommé caporal, grade dont je n’ai jamais voulu porter le galon – ce qui ne m’empêchait pas,  en opération, d’assurer la fonction de chef de pièce FM. Et me voilà au centre de formation de sous-officiers de Dellys  (petite Kabylie), après avoir cette fois accepté de devenir gradé.

    Installation dans l’armée

    Je m’installe dans l’armée, après m’être installé dans la « pacification », le maintien de l’ordre et la guerre. Je commence aussi à entrevoir l’intérêt que peuvent représenter, pour un sous officier, la paye, un peu plus de confort, la considération, les responsabilités – notamment de conduite d’hommes (je savais faire ça, pour l’avoir fait dans le civil : éducation populaire, colos, enseignement). Là, l’instruction, quelques opérations, embuscades, escortes, gardes, patrouilles ; la vie de garnison en petite ville au bord de la mer ; quelques rares bons amis.

    Retour au poste de « Poitiers ». Je suis nommé sergent. J’ai en opérations  la responsabilité d’un groupe. Je  suis rapidement affecté dans une harka dont la base arrière se trouve tout près de Fondouk : une bonne cinquantaine de harkis, souvent très jeunes (à partir de 16 ans), recrutés sur le secteur ; un encadrement mixte d’ « active » et d’appelés ; dirigée un temps par un lieutenant appelé dont je garde un excellent souvenir : chef brillant, discret, sûr de lui sur le terrain, inspirant et méritant confiance. Je fais mon boulot de chef de groupe, au mieux, soucieux de « mes hommes » ; je crois avoir acquis et mérité leur confiance. Je noue une grande amitié avec mon adjoint, un sous-officier harki ; il m’apprend l’arabe que j’arrive à bien parler.

    La « corvée de bois »

    Je m’installe dans l’Algérie, j’envisage même sérieusement d’y rester après « la Quille ».

    Quelques accrochages en opérations et en embuscades. Deux passages à l’hôpital Maillot d’Alger, pour un ressort de PM  qui m’a sauté dans un œil (aie !…) et le coccyx cassé par l’explosion d’une grenade OF (lancée par moi !).

    Lors du « putsch des généraux » d’avril 1961, le Bataillon – fidèle au Général de Gaulle – se replie dans la montagne. Mon groupe accroche une petite bande de l’A.L.N. conduite par le chef historique du secteur ; celui-ci est mis hors de combat, fait prisonnier, puis soumis aussitôt  au « renseignement» au P.C. du Bataillon. Il s’ensuit une série d’opérations dont je ne me souviens pas qu’elles aient été fructueuses pour l’armée française. Jusqu’au jour où le prisonnier est amené à la harka pour être exécuté façon « corvée de bois ». Je me porte volontaire pour prendre le commandement de cette corvée, qui finit par  m’incomber avec un petit groupe de harkis.  Comme il était de coutume, je la « déguise » ensuite, dans une déclaration au commissariat de police de Fondouk, en une tentative d’évasion du prisonnier.

    Je termine mon temps d’armée au centre de formation de sous officiers de Dellys, où j’exerce surtout des tâches administratives auprès d’un capitaine de compagnie. Pour la conduite de « mes harkis » au cours de l’accrochage d’avril 1961, il m’est demandé de leur proposer une citation, ce que je fais.  Je suis également cité à l’ordre du Régiment ;  je reçois la décoration au cours d’une prise d’armes à Dellys, au grand étonnement des élèves sous-officiers qui me connaissent comme instructeur et administratif  plutôt pacifique et non comme « petit chef de guerre » ; je suis fier de cette décoration, je la porte sur mon uniforme de sortie en Algérie et à mon retour en France – ce qui me vaut les félicitations de mon père. Après avoir été fier du galon de sous-officier, me voilà fier de la décoration.

    J’avais utilisé ma « permission  longue durée »  pour faire un voyage d’un mois, en stop,  au Sahara.  J’avais pris aussi à deux reprises quelques jours de permission pour visiter l’Oranais et le Constantinois (je connaissais déjà bien l’Algérois, pour y « guerroyer »). Ce qui m’a amené à connaître des Algériens,  quelques Pieds-Noirs, et  ce magnifique pays où j’envisageais de rester après l’armée.

    Le silence au retour

    En janvier 1962, sans transition je retrouve la vie civile. Au cours de ma permission libérable effectuée en Algérie, je cherche et trouve du boulot là-bas. Revenu en France, avec ma lettre d’embauche en poche, je décide finalement,  pour raisons affectives, d’y rester.  Je retrouve assez vite du travail, dans le Bâtiment comme conducteur de travaux,  je dois investir beaucoup dans la vie professionnelle pour « faire mon trou ». Je me marie quelques mois après.

    Bien que ma pratique en Algérie ait été contraire à mes idées et à mes valeurs initiales, je n’avais néanmoins pas perdu complètement celles-ci, toujours présentes dans ma tête. Sans tarder, je m’engage syndicalement et politiquement.

    A part à mon épouse et peut être à quelques très proches (dont je ne me souviens pas,) je fais le silence sur ces deux années en Algérie,  je crois surtout par  honte de ce que j’avais fait et de ce dont j’avais été témoin, et par peur de représailles ; je préfère me faire « oublier ».  Plus ça va, plus j’enferme en moi, dans l’impossibilité de l’avouer – même à des amis intimes –,  la « corvée de bois » pour laquelle j’avais été volontaire.

    L’envie d’en parler

    Et puis … quelques trente ans après, m’est revenue de plus en plus fortement et de plus en plus souvent l’image de ce prisonnier, de cet acte, accompagnée du « mauvais goût » de ma lâcheté. L’envie d’en parler à mes enfants et à quelques amis intimes devient de plus en plus forte. Le film de Bertrand Tavernier  La guerre sans nom  est un déclencheur : au-delà de la guerre d’Algérie, il me montre tout simplement la nature humaine et sa fragilité, il renforce mon besoin de parler, et de parler avec d’autres anciens appelés – ce que je fais.  Je réalise alors combien nous portons tous au fond de nous une grande souffrance, difficilement partageable. 

    C’est alors que, en 1995, participant à un atelier sur le travail d’acteur avec des amis comédiens, l’occasion m’est donnée, dans le cadre du travail, de leur faire la confidence de l’exécution du prisonnier. Ce fut ma première expression publique : confidence difficile à dire de ma part, difficile à entendre de la leur. Ils me suggèrent de travailler à rendre cette confidence audible, partageable, présumant qu’un tel « travail» pourrait être salvateur pour moi et utile à d’autres.

    Un spectacle,  Ma guerre d’Algérie

    C’est de là qu’est né un spectacle, Ma guerre d’Algérie, après ce travail de plusieurs mois sur ma mémoire, sur la structuration de cette mémoire et son « appréciation » ;  je chemine  peu à peu avec mes amis dans l’écriture et la manière de la partager.

    Ma guerre d’Algérie  est un témoignage sous forme d’un grand poème sur l’Algérie, sur la guerre, sur les gens que j’ai côtoyés là-bas, sur la conscience, la fragilité de l’homme, sa « capacité » d’être lâche ; et par contre coup, sur la « résistance ». Le fil rouge du spectacle tient dans la phrase que je remets à chaque spectateur à la fin du récit de ma guerre d’Algérie, et qui ouvre sur la parole : « La guerre d’Algérie n’est pas terminée, elle se poursuit dans cet énorme silence qu’elle a creusé en nous. Comment ne pas voir que la honte peut entrainer la haine ; et que, sans une démarche de réconciliation avec soi-même et avec autrui, tout peut recommencer demain » (Bernard Sigg,  Le silence et la honte).

     

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    Le 11 février 1951, Ambroise Croizat décédait

    Il y a 69 ans jour pour jour, Ambroise Croizat, le père de notre régime général de la sécurité sociale décédait. Il laisse derrière lui un héritage révolutionnaire qu'il faut défendre et qu'il faut continuer. Comme lui, il ne faut pas défendre des droits mais se battre pour de nouveaux droits. Merci Monsieur Ambroise Croizat !

     

    Le 11 février 1951, Ambroise Croizat décédait

     

     Qui connaît encore Ambroise Croizat ?

    Une expérience malheureusement triste à réaliser est de se rendre dans la rue afin de demander aux passants qui est Ambroise Croizat, la majorité ne pourront pas vous répondre. Comment est-ce possible ? Pourquoi cet homme est-il oublié des livres d'histoire ? Des références politiques ? Pourquoi son œuvre n'est-elle pas étudiée ? Pourquoi sa mémoire n'est-elle pas honorée ? Parce qu'il est communiste ? Parce qu'il a mis en place une institution anticapitaliste de gestion communiste ? Parce qu’il a combattu politiquement De Gaulle ? C’est pourtant l'homme qui permet aux soignants, aux parents, aux chômeurs, aux accidentés du travail, aux malades, d'avoir un salaire (allocation) pour vivre en dehors de l'économie de marché. C'est pourtant l'homme qui a reçu un des plus grands hommages de toute l'histoire française : 1 million de personnes se sont déplacées sous une pluie torrentielle. Un hommage digne de celui de Victor Hugo. Si ce n'est pour ce dernier homme cité, jamais autant de personnes ne se sont déplacées pour rendre un tel hommage, alors pourquoi Ambroise est-il tombé dans l'oubli ?

    Ambroise Croizat, qui êtes-vous ?

    Avant de vous parler de son œuvre politique, laissez-moi vous présenter rapidement l'homme. Ambroise est né le 28 janvier 1901, il est fils d'ouvrier et d'employée. Comme beaucoup d'enfants de son époque, il travaille à l'usine à l'âge de 13 ans dans la métallurgie. En 1920, le Parti Communiste se crée en France et Ambroise s'y inscrit dés son ouverture. Il devient un militant convaincu du projet communiste et deviendra l'un des dirigeants des Jeunesses communistes entre 1920 et 1928. Il sera membre du bureau de la Fédération de la Jeunesse jusqu'à son décès. C'est en 1936 qu'il devient secrétaire général de la Fédération Unique de métallurgiste CGT, qui regroupe à l'époque 20 % de l'effectif du syndicat. Cette même année, il participera activement aux conquêtes sociales et aux négociations qui amèneront les congés payés, la semaine de 40 heures et la loi dont il est l'auteur sur les conventions collectives. 

    Mais la deuxième guerre mondiale approche et les communistes sont arrêtés et condamnés à la prison pour leur neutralité politique dans le conflit mondial. Ambroise est condamné à 5 ans de prison et après avoir transité dans 14 prisons les fers aux pieds, il finira emprisonné à Alger. L'Algérie est libéré très tôt par l'intervention américaine, et c'est pendant ces années de résistance à Alger avec d'autres camarades que va mûrir l'idée d'un système de protection sociale novateur et révolutionnaire. A la Libération, il devient ministre du Travail de 1945 à 1947 et pendant ces 2 ans, il construira cette institution qui rend la France si unique dans le monde entier.

    L’œuvre d'Ambroise Croizat

    Les ordonnances de 45 créent le Régime Général de la Sécurité Sociale. Il permet de socialiser une partie de la richesse produite annuellement (PIB), soit environ 20 % (480 milliards d'euros), afin d'être distribuée aux soignants, aux malades, aux chômeurs, aux retraités, aux parents.

    Selon Bernard Friot, le Régime Général n'est pas un organisme de solidarité entre les actifs et les inactifs comme on le répète souvent sur tous les plateaux de télévision. Selon lui, le but de ce mensonge est de dénaturer la subversion politique engagée d'Ambroise Croizat. D’abord le Régime Général n'est pas qu'une institution de solidarité de ceux qui travaillent vers ceux qui ne travaillent pas ou plus. Le Régime est révolutionnaire car il crée une valeur économique alternative à la valeur capitaliste. Il socialise 500 milliards notamment par la cotisation pour les répartir vers différentes caisses qui elles, donneront un salaire aux soignants, aux retraités, aux parents... C'est à dire que ces personnes ont un salaire qui reconnaît un travail sans être sur le marché de l'emploi ! Les capitalistes n'ont aucune prise sur cette richesse.

    Selon Friot, une retraite n'est pas le droit d'avoir une pension qui reconnaît que l'on a travaillé auparavant, mais c'est le droit d'avoir un salaire qui reconnait une production de valeur d'usage sans être sur le marché du travail. Idem pour les familles, les allocations familiales étaient appelées « sur-salaire » et constituées jusqu'à 50 % des revenus des ménages en 1945. C'est la reconnaissance du travail d'éducation des parents sans qu'ils le fassent sur le marché capitaliste de l'emploi. 

    Croizat sort donc le salaire de l'emploi, c'est à dire qu'il considère que les cotisations versées ne sont pas des aides, mais bel et bien du salaire et invente donc une autre reconnaissance du travail. Il ne suffit pas d'avoir un emploi pour avoir le droit à un salaire. Pourquoi si j'élève mon enfant, on me dit que je ne travaille pas alors que si c'est une auxiliaire qui le fait, cela devient du travail ? On se rend compte que la définition du travail capitaliste, ce n'est pas ce que l'on fait, mais c'est dans l'institution dans laquelle on le fait. Croizat change cette définition en reconnaissant le travail quotidien en dehors du marché de l'emploi. La révolution de Croizat, c'est qu'il change le sens du travail. Ambroise a ouvert la voie de l'émancipation du modèle capitaliste.

    Cette théorie de Friot sur la subversion du Régime Général est ambitieuse car on ne peut savoir si la volonté de Croizat s’inscrivait dans cette dynamique réflective. Du moins, Croizat s’est battu, tel un résistant contre les forces capitalistes non pour faire du ‘’social’’ comme aujourd’hui, mais bel et bien pour repousser au plus loin qu’il le pouvait la violence de la prédation capitaliste.

    Le 11 février 1951, Ambroise Croizat décédait

    Une deuxième chose à laquelle Friot n’est pas d’accord est cette affirmation : « le patronat a accepté le régime général car il était décrédibilisé par son collaborationnisme nazi ». Ainsi Ambroise Croizat a baigné dans un consensus entre le capital et le travail. Or ceci est totalement faux ! Le patronat n'était pas à genoux, il était omniprésent dans tous les partis du gouvernement de 1945 (Gaullistes, le SFIO, le MRP...). Ainsi ils se sont tous accordés sur la continuité de l'interdiction des augmentations de salaire. Mais le PC gagne les élections législatives de 1945 avec 26 % des voix. Avec 5 ministres communistes au pouvoir dont Croizat et 5 millions d'adhérents à la CGT, le patronat tremble et organise la pénurie avec les députés non communistes par l'interdiction de hausse des salaires avec l'augmentation des prix. C'est pourquoi le pouvoir d'achat en 1947 est inférieur à celui de 1944. La classe dominante attend que les ouvriers se retournent contre la CGT et le PC, beaucoup trop puissant en termes de militants et de puissance idéologique. Mais l'intelligence de Croizat est prodigieuse. Il va contourner l'interdiction de valorisation salariale en… doublant les allocations familiales, puis il introduit les 50 % pour les heures supplémentaires. Il supprime également la décote de 10 % sur les salaires féminins. Avant Croizat, une femme pour le même poste qu'un homme avec la même qualification perdait automatiquement 10 % de salaire. Croizat engendre une victoire de plus face au patronat collaborateur nazi et à tous les politiques qui le soutient !

    Puis en décembre 1946, les ministres communistes sont éliminés et Croizat partira en mai 47. C'est la fin de la participation communiste au gouvernement. Pour ce qui est de l’affaiblissement de la puissance de la CGT, c'est la CIA qui va s'en charger en organisant la scission de la CGT en 1947 avec l'aide du syndicaliste américain Irving Brown, pour créer Force ouvrière, afin de lutter contre les communistes et surtout pour soumettre la population au Plan Marshall.

    En conclusion, entre 1945 et 1947, 5 ministres communistes ont été suffisants pour révolutionner notre système social et de santé sur un mode de gestion communiste avec un salaire à vie, la co-propriété d'usage, le financement par l'investissement et tout cela avec une gestion ouvrière. Ceci sans parler de la fonction publique qui détache le salaire du poste de travail et qui en fait un salaire à vie, détaché de toute dynamique de marché. Entre 1947 et 1967, le Régime était géré par 3/4 de salariés et 1/4 de patrons. De Gaulle qui a toujours été contre le programme social du Conseil National de la Résistance et du Régime Général de la sécurité sociale, détruira la démocratie sociale du Régime Général notamment en 1967 en confiant sa gestion au patronat.

    Ambroise Croizat décédera en 1950 rongé par un cancer des poumons. Militant dans l'âme, ses derniers mots à l’assemblée seront « Jamais nous ne tolérerons que soit mis en péril un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès ».

    Et aujourd’hui ?

    Depuis les années 80, les gouvernements successifs essaient de casser morceau par morceau la construction d'Ambroise Croizat, que ce soit l'UMP/LR ou le PS ou LREM. Depuis sa création, on dénombre au moins une centaine d’attaques contre le Régime Général. L’expression « trou de la sécu », un autre argument fallacieux de la contestation politique bourgeoise, date de 1947 !

    Ambroise Croizat, que l'on appelait le ministre des travailleurs, était également le ministre de la subversion, de la fraternité populaire, du courage politique. Il faut défendre ce qu'il a construit avec ses camarades de la CGT. Croizat est celui qui permet encore aujourd'hui aux chômeurs, aux parents, aux malades, aux soignants, aux retraités de pouvoir vivre par la cotisation. La cotisation aujourd’hui détruite par les réformateurs de droite comme de gauche par le blocage du taux de cotisation, par la CSG, les exonérations, les fraudes.
    Merci Ambroise, merci ceux qui ont continué son combat. A nous maintenant de continuer la lutte non pas pour défendre nos droits, mais pour conquérir du droit !

    Le combat d’Ambroise n’a eu qu’un seul but, celui de :

    « Mettre définitivement l’homme à l’abri du besoin, en finir avec la souffrance et les angoisses du lendemain... La sécurité sociale est la seule création de richesse sans capital. La seule qui ne va pas dans la poche des actionnaires mais est directement investie pour le bien-être de nos citoyens. Faire appel au budget des contribuables pour la financer serait subordonner l'efficacité de la politique sociale à des considérations purement financières. Ce que nous refusons. » 

    Ambroise Croizat 

    Le 11 février 1951, Ambroise Croizat décédait

    Mettre un ouvrier au pouvoir politique, c'est conquérir des droits bien différents que les technocrates de l'ENA. Voici ci-dessous les différentes implications d'Ambroise Croizat dont il est soit l'initiateur, soit ayant participer activement à la réussite de la conquête du droit :

    -  Mise en place du Régime Général de la Sécurité Sociale

    -  La généralisation des retraites

    -  Augmentation des allocations familiales

    -  Négociation aux Conventions Collectives

    -  Négociation aux congés payés

    -  Les comités d’entreprise, la formation professionnelle

    -  La médecine du travail

    -  Le statut des mineurs, des électriciens et gaziers

    -  La prévention dans l’entreprise

    -  La reconnaissance des maladies professionnelles

    -  Amélioration du Code du Travail

    -  La caisse d’intempérie du bâtiment

    -  Réglementation sur les heures supplémentaires

    -  Le Statut des mineurs

    -  Donner un salaire sans être sur le marché de l'emploi (détachement du salaire de l'emploi)

    « Ne parlez pas d'acquis sociaux, parlez de conquis sociaux, parce que le patronat ne désarme jamais 

    Ambroise Croizat 

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/marcuss/blog/110220/le-11-fevrier-1951-ambroise-croizat-decedait 

     

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    1 commentaire
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    La commission "retraites" ne peut achever

    ses travaux sur le texte, situation inédite

     à l'Assemblée

    C'est donc la version du gouvernement qui sera examinée à partir du 17 février dans l’hémicycle, sans les petits changements votés en commission.

    A.F.P.

    Twitter/LCP La commission "retraites

     

    Noyée sous des milliers d’amendements, la commission spéciale “retraites” à l’Assemblée a mis un terme ce mardi 11 février tard dans la soirée à ses travaux sur le volet principal de la réforme en s’arrêtant au milieu du gué, une situation inédite.

    C’est donc la version du gouvernement qui sera examinée à partir du 17 février dans l’hémicycle, sans les minces changements votés en commission.

    “C’est un constat que j’établis à regret, cela va sans dire”, a reconnu la présidente de la commission Brigitte Bourguignon (LREM), tout en assurant que “le travail” accompli “ne restera pas lettre morte”.

    #Retraites :