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    Jean-Philippe Ould Aoudia :

     Mémoire, vérité et réconciliation

    Jean-Philippe Ould Aoudia : Mémoire, vérité et réconciliation

     

    Le président de la République française écrit, dans sa lettre de mission adressée à l’historien Benjamin Stora : «Je souhaite m’inscrire dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algériens [sic].»

    Cette mission s’inscrit dans une perspective politique clairement assumée puisque le 24 janvier 2020, Emmanuel Macron avait déclaré : «Les sujets mémoriels sont au cœur de la vie des nations […] ils disent ce que vous voulez faire de votre pays […]. La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique. Je le sais depuis ma campagne [en référence à la campagne électorale de 2017] […]. La guerre d’Algérie c’est ce qui fait la Ve République.»

    Le rapport établi dans le cadre de cette mission servira donc au candidat Macron à orienter ses choix politiques dans sa campagne pour les élections présidentielles et législatives de mars 2022 qui coïncideront avec le soixantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie.

    La respectabilité de l’État aurait gagné à ce qu’une telle démarche, éminemment complexe, s’accomplisse en toute neutralité et en toute justice, sans méconnaître une catégorie de victimes au profit d’une autre, sans privilégier une douleur mise en avant par rapport à telle autre restée digne et contenue.

    C’est loin d’être le cas puisque les 2700 victimes algériennes et françaises de l’OAS sont les grandes oubliées du rapport, alors même que cette organisation terroriste et raciste a établi une «quasi-guerre civile entre Français entre 1960 et 1962» et que, face aux multiples attentats de toute nature, la République a tenu bon grâce à celles et ceux qui lui sont restés fidèles et l’ont défendue au péril de leur vie.

    Les partisans de l’OAS ont attenté à plusieurs reprises à la vie du chef de l’Etat. Ils n’ont pas hésité à mitrailler des jeunes appelés du contingent. A l’exception d’un seul, les officiers supérieurs morts dans le cadre de ce conflit armé ont été assassinés par des terroristes français.

    Sans parler des policiers, des magistrats, des élus, des enseignants, algériens et français tous confondus, de simples passants abattus au faciès, etc.

    Le rapport dissimule au Président de la République cette face hideuse et meurtrière de la guerre. Les victimes et la douleur de leurs descendants sont ignorées. Or, si on veut apaiser les blessures mémorielles de la guerre d’Algérie, si le chef de l’Etat souhaite, comme il l’écrit, une réconciliation entre Français et Algériens, aucune victime de cette guerre ne doit être oubliée.

    C’est exactement ce qu’a déclaré le maire de Paris en inaugurant le 6 octobre 2011 au cimetière du Père-Lachaise une stèle érigée en hommage aux victimes de l’OAS : Je veux le dire pour les victimes, je veux le dire pour l’unité de la collectivité nationale : il n’y a pas d’unité du peuple français s’il a peur de la vérité. Il ne peut pas penser son avenir sur l’ambiguïté ou sur une sorte de lâcheté par rapport à l’Histoire. D’autre part, il ne faut pas taire la responsabilité de l’Algérie : les victimes de l’OAS sont absentes du récit national.

    Depuis 2005, il est impossible de se recueillir devant le mur criblé de balles où six enseignants ont été massacrés le 15 mars 1962 par un commando de l’OAS. On ne peut pas, même une seule fois par an, respecter une minute de silence à la mémoire de Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand et Salah Ould Aoudia, dirigeants de cette institution créée par l’amie de l’Algérie : Germaine Tillion.

    Pour le soixantième anniversaire de la fin de la guerre d’indépendance, une plaque commémorative pourrait être apposée au ministère algérien de l’Éducation nationale, en hommage à ces six hommes de paix et de réconciliation, et inaugurée par le ministre algérien de l’Éducation nationale en présence de son homologue français.

    Pour le soixantième anniversaire de la fin de la guerre d’indépendance, une stèle pourrait être élevée au cimetière d’El Alia en hommage aux Algériens et aux Français victimes de l’OAS et inaugurée par le maire d’Alger en présence de la maire de Paris. Pendant les mois meurtriers où l’OAS a livré sa guerre cruelle, elle a uni dans le sang et dans le deuil les peuples algérien et français. Ces victimes méritent d’être particulièrement honorées pour achever le travail de mémoire, de vérité et de réconciliation.

    Jean-Philippe Ould Aoudia
    Président de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons
     

    SOURCE : https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/memoire-verite-et-reconciliation-26-01-2021 

     

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    Le refus de repentance et d'excuses

    de la France envers l'Algérie

    est "inquiétant"

    Le refus derepentance et d'excuses de la France envers l'Algérie est "inquiétant"

    ALGER - La réaction de la France officielle qui refuse toute forme de repentance et d’excuses envers l’Algérie, suite au rapport de l’historien Benjamin Stora sur la colonisation, a été qualifiée d’"inquiétante" par le chercheur en Histoire, Gilles Manceron, qui appelle ainsi la "France à formuler des excuses". 

    M. Manceron fait référence au tweet de la présidence de la République française, juste après la remise du rapport de Stora, dans lequel, a-t-il précisé, il est mentionné que "des actes symboliques sont prévus, mais ni repentance, ni excuses", qualifiant ainsi ce tweet "d’inquiétant".

    Dans un entretien accordé lundi à l'APS, l'historien spécialiste du colonialisme français soutient que ce tweet "laisse présager une reprise très partielle du rapport, accompagnée de propos qui donneraient des gages aux nostalgiques de la colonisation", estimant que "cela est à suivre de près, car l’important, ce n’est pas le rapport, mais les conclusions que le Président (Macron) va en tirer".

    Il a rappelé que le thème du "refus de la repentance a été utilisé en France, notamment par Nicolas Sarkozy et ceux qui soutenaient sa présidence, comme un moyen de refuser la reconnaissance des crimes de la colonisation et de dire la vérité à leur sujet".

    M. Manceron a, en outre, fait observer que "la presque totalité des historiens, en France comme en Algérie, demandent une reconnaissance et un discours de vérité", relevant que ces derniers "écartent le terme de repentance, qui est une arme dans les mains des ennemis de la reconnaissance et de la vérité, un épouvantail qu’ils agitent pour les écarter".

    "En ce qui concerne l’idée d’excuses au nom des institutions de la France pour ce qu’elles ont commis dans le passé, cela me semble différent. Il faudra, à mon avis, que la France officielle vienne à un moment à formuler des excuses, mais l’important aujourd’hui est de faire avancer dans l’opinion l’idée qu’il faut une reconnaissance et un travail de vérité". 

    Au sujet de la torture pratiquée durant la colonisation en Algérie, l'historien a rappelé qu’Emmanuel Macron a fait une "déclaration importante en septembre 2018 quand il avait rendu visite à la veuve du chahid Maurice Audin, torturé et assassiné par des militaires français, en lui demandant pardon au nom de la France et en disant que cette pratique de la torture suivie d’exécutions sommaires était alors systématique".

    Et d’ajouter : "Mais il s’est arrêté là. Il aurait dû présenter les mêmes excuses au nom de la France à Malika Boumendjel, la veuve d’Ali Boumendjel, malheureusement décédée il y a peu sans les avoir reçues, comme le dit aujourd’hui sa nièce, Fadhila Chitour-Boumendjel", notant ainsi qu’"il reste beaucoup à faire de la part de la France officielle, pour les victimes connues comme pour les milliers d’autres que le site 1000autres.org essaie de sortir du silence et de l’oubli".


    Lire aussi : Colonisation: la France "doit des excuses à l'Algérie" 


    M. Manceron a également expliqué que "ce qui peut justifier qu’en France, on commence par évoquer le cas de Boumendjel, c’est que c’était un avocat et un brillant juriste, élève d’un professeur de droit très connu, René Capitant, qui avait été ministre du Général de Gaulle et quitté son enseignement pour protester contre l’assassinat d’Ali Boumendjel".

    Toutefois, l'historien a rappelé que "d’autres personnalités algériennes ont été torturées et assassinées au même moment, lors de la Bataille d’Alger", citant entre autres le président de l’Association des Oulémas algériens, Larbi Tebessi, "qui suscitait, dès les années 1930, l’enthousiasme des Algériens par ses déclarations en faveur d’une Algérie libre du joug colonial où tous ses habitants auraient leur place, quelles que soient leur origine et leur religion".

    Rappelant que "des parachutistes français avaient enlevé Larbi Tébessi à son domicile à Alger, le 4 avril 1957 et qu’il n’y eut plus jamais de nouvelles de lui", M. Manceron a estimé que "la famille de cette personnalité musulmane doit recevoir, elle aussi, les excuses de la France".

    Des forces au sein de l’armée française derrière le blocage des archives

    Enchaînant sur la question relative à la levée du secret-défense sur les archives, M. Manceron a relevé que des forces au sein de l’armée française sont derrière le "blocage", signalant qu'il y a aujourd'hui une bataille menée par de nombreux historiens, archivistes et juristes pour s'ériger contre ceux qui "veulent empêcher la libre communication des archives, prévue par la loi, au prétexte d’un processus complexe de 'déclassification', document par document, par les institutions qui les ont émis, c’est-à-dire le plus souvent l’armée".

    "Encore aujourd’hui, il y a dans l’armée française des forces qui s’opposent à la reconnaissance et à la vérité sur cette page de notre passé. C’est de là que vient le blocage", a-t-il relevé. 

    Toutefois, a-t-il ajouté, "il y a d’autres forces dans la société française qui demandent la reconnaissance et la vérité sur cette page de notre histoire", soulignant que ces "forces l’emporteront tôt ou tard. J’espère bientôt".

    "La demande de connaissance et de vérité sur la lutte d’indépendance nationale qui se manifeste actuellement dans la société algérienne, va dans le même sens que ce combat d’une partie de la société française", a-t-il conclu.

    SOURCE : https://www.aps.dz/algerie/116464-gilles-manceron-le-refus-de-repentance-et-d-excuses-de-la-france-envers-l-algerie-est-inquietant 

     

     

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    L'OAS rincée par la République

    COMMUNIQUÉ 

     

    Le 60e anniversaire de l'entrée en guerre de l'OAS, c'est ce jour

     
    25 janvier 2021

       

    La longue série des commémorations de la période 1961-1962 de la guerre d'Algérie commence avec le soixantième anniversaire de l'assassinat à Alger de Maître Pierre Popie, avocat libéral, tué par l'OAS quelques jours avant l'acte de naissance officiel de ce groupe armé qui ne tardera pas à s’ériger en authentique partie belligérante dans le cadre de ce conflit.
    Vont prochainement revenir à la surface :
    - le 31 mars, le souvenir de Camille Blanc, maire d'Évian ;
    - le 22 avril, celui de Pierre Brillant, maréchal des logis, victime du putsch des généraux à Ouled Fayet ;
    - le 31 mai, celui de mon père, commissaire central du Grand Alger ;
    - et puis, et puis de tant d'autres, par centaines, pour atteindre quelque 2.700 morts (et d'innombrables blessés !).
    Les dix-huit mois à venir seront une épreuve insupportable pour les descendants de victimes de l'OAS si la République et la Nation ne prennent pas enfin conscience de la nécessité de leur rendre justice en en reconnaissant officiellement la douleur et en honorant leurs pères et leurs mères à la hauteur de leur sacrifice.

     

    Jean-François Gavoury
    Président de l’Association nationale pour la protection
    de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)
     

     

    L'OAS rincée par la République

    Et aujourd’hui j’ai reçu un mail

    de Jean-Philippe Ould Aoudia

    dont je vous informe partiellement

    du contenu :

    Votre mail de dimanche soir est très beau : il célèbre une amitié profonde, durable, et je vous en remercie.

    L’audience des actions de l’Anpromevo et de l’association Marchand-Feraoun, dépend pour beaucoup de votre travail de diffusion, surtout depuis la fermeture du site de F. Nadiras.

    Les gens ont été longtemps tétanisés en lisant le rapport de BS ne sachant pas comment l’attaquer sur le fond. Grâce à votre site, une porte a été ouverte avec la publication de mes commentaires et vous n’imaginez pas le nombre et la qualité des soutiens que je reçois.

    Avec ma grande amitié

    Jean-Philippe

     

    Le site de François Nadiras me manque beaucoup aussi depuis sa fermeture, c’est pourquoi je tiens à remettre en ligne cet article dont le titre explique pourquoi il y a tant de stèles, tant de manifestations, tant de dégradations pro-OAS dans le sud de la France. Le titre de cet article est très révélateur et scandaleux :

    « L’OAS rincée par la République »

    Michel Dandelot

    Mais avant voici la toute dernière dégradation des pro-OAS

    Cela s’est passé la semaine dernière

    Michel Dandelot

    « Nous ne laisserons pas les assassins de la mémoire agir dans notre ville » nous dit

    Laurent Jamet 

     Elu, à Groupe Communiste, Front de gauche et Citoyen - Bagnolet 

    L'OAS rincée par la République

    « Voilà la photo que je viens de recevoir. Un ou des individus souillent la mémoire de Maurice Audin, assassiné par l’armée française car militant communiste et pour l’indépendance de l’Algérie, et de son épouse Josette.

    Cette tache doit être effacée sans délai ».

    L’esprit colonial et néo-colonial n'a pas sa place à Bagnolet. Josette et Maurice Audin sont vivants, au panthéon de nos mémoires.

    L’innommable. Au lendemain de la remise du rapport de l'historien Benjamin Stora sur la guerre d’Algérie au Président de la République, les nostalgiques de la guerre d’Algérie ont décidé d’agir et de souiller la mémoire de nos camarades Josette et Maurice Audin, deux militants, honneur de la France, qui ont sacrifié leurs vie pour l’indépendance de l’Algerie et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Maurice Audin a été torturé et assassiné à l'âge de 25 ans par l'armée française pendant la bataille d'Alger, en 1957. Ces fascistes ont osé, parce que la parole raciste et xénophobe s’est libérée. Cet acte ignoble montre que l’histoire coloniale et du système colonial français, dans tous ses aspects, reste à faire et doit être assumée par tous.

    À l’État d’accomplir les actes nécessaires pour la reconnaissance de la responsabilité de la France, pour assumer les crimes contre l’humanité qui ont été commis, alors que l’extrême droite continue d’exploiter et d’instrumentaliser l’histoire de la colonisation.

    Au Maire de Bagnolet de porter plainte contre ces ignobles.

    Aux progressistes de continuer leur combat pour honorer leur mémoire.

    Notre soutien et notre entière solidarité vont aux enfants Audin. Nos camarades Josette et Maurice Audin sont vivants au panthéon de nos mémoires. 

     

     

    L'OAS rincé par la République

     

    L'OAS rincée par la République : En particulier pour les anciens de l'OAS qui ont (presque) tout obtenu de la République… Ne nous étonnons pas si des stèles honorant des criminels et terroristes de l’OAS sont toujours en place à Béziers et Perpignan puisque la République n’a jamais rien fait pour les interdire… 

     

    Le 5 juillet est un jour de commémoration mais surtout un "jour de fête" pour les nostalgiques de l’Algérie française. En particulier pour les anciens de l’OAS qui ont (presque) tout obtenu de la République.
    Tant d'années après la loi du 23 février 2005, qui avait osé promulgué "le rôle positif de la colonisation", on aurait pu croire que c’en était fini des réminiscences. Malgré le retrait de l’alinéa polémique de l’article 4 par Chirac en 2006, on s’aperçoit qu’un arsenal législatif est finalement passé quasi incognito. Zoom sur l’article 13 où “Peuvent demander le bénéfice d’une indemnisation forfaitaire les personnes de nationalité française (..) en relation directe avec les événements d’Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d’expulsion, d’internement ou d’assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle”. En clair, cette loi bénéficie aux anciens de l’OAS qui ont dû cesser de travailler pour s’être opposé aux forces régulières !! De Gaulle en mangerait sa casquette.
    Une association et un homme ont particulièrement oeuvré. Philippe de Massey, français de métropole, ancien engagé volontaire dans les parachutistes en Algérie. Il a, pour le compte de l’ADIMAD - Une association créée par le général Salan et défendant les anciens de l’OAS- battu le pavé pendant quatorze ans pour obtenir des allocations substancielles.
     

     

    Dans cette vidéo nous pourrons revoir le regretté François Nadiras qui est mort ça fera 4 ans le 27 octobre 2017... François nous ne t'oublions pas.

     

     

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    Rappelez-vous de cette vidéo "La France est grande quand elle reconnait ses crimes coloniaux" Bertrand Delanoë, le 8 février 2012, citant Willy Brandt à genoux demandant pardon...

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    Un homme se met à genoux, une nation se relève 

     

    SOURCE :  http://dipitadidia.unblog.fr/2007/01/20/un-homme-se-met-a-genoux-une-nation-se-releve/  

     

    A la fin de la seconde guerre mondiale, le monde a découvert avec effroi le visage la systématisation de la haine. Les camps de la mort ont été livrés au regard de l’histoire et l’opprobre est tombée sur cette Allemagne coupable du pire. Comme il a dû être difficile pour les Allemands fils et filles de nazis de porter leur identité avec fierté. Ce pays a dû faire un travail de mémoire pour faire face à son histoire.

    Et un jour, le 7 décembre 1970, Monsieur Willy Brandt, chancelier allemand, le jour de la signature de l’accord de Varsovie entre la Pologne et ce qu’on appelait alors la RFA, est tombé à genoux après avoir déposé une couronne devant le mémorial du ghetto juif en mémoire des victimes du nazisme. Son geste a été étonnant, incompris pour beaucoup, condamné par plusieurs. Mais le jour où cet homme d’Etat, représentant son pays s’est mis à genoux, la nation allemande, à mon humble avis s’est relevée. 

    Il y a des moments immenses. Celui-ci à mes yeux, en est un. 

    Il n’est pas étonnant qu’il ait reçu en 1971 le Prix Nobel de la Paix. 

    Bravo et merci à lui.

     

    Et ne manquez pas cette autre vidéo concernant Willy Brandt à genoux demandant pardon en cliquant sur le lien ci-dessous :

    https://www.arte.tv/fr/videos/101119-000-A/l-archive-willy-brandt-a-varsovie/ 

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    Regarder un passé qui ne passe toujours pas ?

    Celui de la guerre d’Algérie et de la colonisation.

    Regarder un passé qui ne passe toujours pas ? Celui de la guerre d’Algérie et de la colonisation.

    Présenté par : Ali Baddou, Jean-Michel Apathie, Antoine Genton, Mélanie Taravant, Tiga, Eva Roque

    Cette semaine Benjamin Stora remettait un rapport très attendu à Emmanuel Macron. De nombreuses propositions, et une question: “faut-il s’excuser?” On en débat avec l’un des grands spécialistes de la colonisation et des enjeux de mémoire : l’historien Pascal Blanchard.

     

    Ne manquez pas cette émission en cliquant sur le lien ci-dessous :

    https://www.france.tv/france-5/c-l-hebdo/c-l-hebdo-saison-5/2246939-algerie-comment-reconcilier-les-memoires-c-l-hebdo-23-01-2021.html 

     

     

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    Une blessure algérienne impossible

    à cicatriser

    Une blessure algérienne impossible   à cicatriser

    Le rapport remis mercredi 20 janvier à Emmanuel Macron par l’historien Benjamin Stora n’est pas de nature à tourner la page de l’aventure algérienne de la France, écrit Richard Werly, journaliste au quotidien suisse Le Temps édité à Lausanne.

    Trop de larmes, de frustrations et de sang versé continuent d’empoisonner cette impossible décolonisation psychologique.

    Une blessure algérienne impossible   à cicatriser

     Perpignan : la stèle pro OAS au cimetière du Vernet, fait toujours polémique 

    Tout observateur de cette tragédie historique qu’est l’aventure coloniale de la France en Algérie devrait se rendre au cimetière Haut Vernet à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Là, entre les tombes bien alignées de familles de rapatriés, contraints de quitter la rive sud de la Méditerranée entre «la valise et le cercueil» après le référendum sur l’indépendance du 1er juillet 1962, un monument se dresse, montrant un homme en train de s’écrouler, attaché à un poteau. Cette stèle des fusillés, toujours fleurie, a été érigée en mémoire des combattants de l’OAS, l’Organisation de l’armée secrète qui, rien qu’en 1962, tua plus de 1600 personnes, dont 239 Européens. La blessure impossible à cicatriser est là, incarnée par cet hommage de pierre et de bronze à celui qui tenta, le 22 août 1962, d’en finir avec le «traître» Charles de Gaulle lors de l’attentat du Petit-Clamart : l’ex-lieutenant-colonel Jean Bastien-Thiry, exécuté à 35 ans. Les braises de la haine, depuis, ne se sont pas éteintes.

    Une blessure algérienne impossible   à cicatriser

     

    Attentat du Petit-Clamart contre le Général de Gaulle. Le 22 août 1962, un journaliste montre le point d'impact de la balle dont Madame de Gaulle faillit être victime. © AFP / AFP 


     

    Un mur d’incompréhension

    Il faut avoir cela en tête en lisant le rapport qu’a rendu, mercredi 20 janvier, l’historien Benjamin Stora, dont on recommande l’excellente compilation Une Mémoire algérienne (Bouquins, Ed. Robert Laffont). L’Algérie est une tragédie française que beaucoup refusent encore de regarder en face. Une tragédie qui ne se limite pas à l’épouvantable décolonisation, sur fond de guerre et d’horreurs, entre la Toussaint rouge du 1er novembre 1954 – première offensive du Front de libération nationale – et le départ du dernier contingent français d’Alger, clôturant une conquête entamée en juin 1830.

    Hervé Bourges, ancien patron de TF1 décédé en 2020, l’avait bien expliqué dans son livre De mémoire d’éléphant (Ed. Grasset). Il avait été de ceux qui, après l’indépendance, choisirent d’aider la nouvelle République en conseillant son premier président, Ahmed Ben Bella. «Il suffit de se rendre dans le sud de la France pour se rendre compte que certains n’admettent toujours pas l’indépendance de l’Algérie, expliquait-il dans son ouvrage. On érige des monuments à la gloire de l’OAS, mais dès qu’on parle de l’Algérie demeurent les clichés de l’islamisation. Mais ce pays est autre chose. On dénonce à juste titre le terrorisme en France, mais on a fermé les yeux pendant dix ans sur les 200 000 victimes du terrorisme en Algérie.» En bref : un mur d’incompréhension.

    Emmanuel Macron a lui-même, en 2016, ravivé

     cette mémoire blessée

    Il faut aussi avoir en tête, une fois le rapport Stora ouvert avec ses 22 recommandations – parmi lesquelles la mise en place d’une commission «Mémoire et Vérité»; construire une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader; reconnaissance par la France de l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel durant la bataille d’Alger de 1957; publier un «guide des disparus» de la guerre d’Algérie; faciliter les déplacements de harkis (les «Algériens» qui se rallièrent à la France) de l’autre côté de la Méditerranée… – qu’Emmanuel Macron a lui-même, en 2016, ravivé cette mémoire blessée.

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    Lorsqu’il qualifie, à Alger, la colonisation de «crime contre l’humanité», celui qui aspire alors à la fonction suprême fait le choix de rompre le pacte du silence. Le vote de la communauté d’origine maghrébine pèse lourd. Né en 1977, quinze ans après l’indépendance, le candidat Macron frappe fort : «J’ai toujours condamné la colonisation comme un acte de barbarie» énonce le futur président français au micro du journaliste vedette d’Echorouk News, Khaled Drareni (emprisonné depuis dix mois pour incitation à un attroupement non armé). Et d’ajouter: «La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Cela fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers qui nous avons commis ces gestes.»

    Revendications communautaires

    Voilà le tableau que la France de 2021 a devant elle. Il est historique, émotionnel, religieux, culturel, social, familial. Avec ce que cela suppose d’arguments «civilisationnels» hérités du passé, impossibles à faire entendre à l’heure des légitimes revendications communautaires des jeunes générations. Les coulisses de l’histoire franco-algérienne sont, depuis plus d’un siècle, les oubliettes de la République. Le grand nombre de binationaux (on parle de 4 millions) panique les autorités françaises à chaque crise politique survenue à Alger. L’Etat social français y perd pied, piégé par sa générosité et sa bureaucratie. La jeunesse des deux pays se désespère devant l’enlisement du «hirak» (le soulèvement pacifique de 2019-2020), la prédation organisée de l’armée algérienne et la mainmise de l’islamisme. Le rapport Stora est une épitaphe. Le cimetière colonial n’a pas fini d’accueillir les cercueils.

    SOURCE : https://www.letemps.ch/opinions/une-blessure-algerienne-impossible-cicatriser 

     

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    Communiqué du collectif « 17 octobre 1961 :

    pour la Mémoire et contre l’Oubli »

    COMMEMORATION 17 OCTOBRE 1961 PARIS LES ORANGES *** Le 17 octobre 2020

    Le rapport de Benjamin Stora sur la Guerre d’Algérie et la décolonisation, dans les mains d’Emmanuel Macron. Palais de l’Elysée, Paris le 20 janvier 2021. CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP

    Suite à la remise du rapport de Benjamin Stora, « Les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie » à Emmanuel Macron, le 20 janvier dernier, le collectif « 17 octobre 1961 : pour la Mémoire et contre l’Oubli » a rédigé un communiqué de presse. Un document dans lequel le collectif rend hommage au travail de l’historien et annonce la suite de ses actions.

    Communiqué

    du collectif« 17 octobre 1961 : pour la Mémoire et contre l’Oubli »

    Rapport STORA – Maintenant tout commence.  

    Ivry-sur-Seine, le 21/01/2021

    Le mercredi 20 janvier 2021, l’historien Benjamin Stora a remis son rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, au Président de la République.

    Créé dans la continuité de la Tribune « 17 octobre 1961, pour la Mémoire et contre l’Oubli », notre collectif tient à saluer et remercier ici la qualité et le sérieux du travail de M. Benjamin Stora, qui offre ainsi une base de réflexion solide et des pistes de travail multiples pour avancer sur ces questions ô combien sensibles qui empoisonnent depuis maintenant trop longtemps les relations entre la France et l’Algérie.

    Nous nous félicitons de la création d’une commission « Mémoire et Vérité » proposée dans ce rapport. Cette commission, composée d’experts et de personnalités engagées dans les relations France-Algérie, devra également permettre l’écoute des différentes associations de mémoire qui œuvrent depuis plusieurs années à la reconnaissance de ce terrible épisode de l’histoire de notre pays.

    Les 22 propositions contenues dans ce rapport, si elles sont mises en œuvre, permettront d’avancer sur le chemin de l’apaisement et de la réconciliation. Ce rapport reprend ainsi de nombreuses propositions portées par les associations de mémoire, telles que l’ouverture des archives, l’organisation de commémorations pour les massacres du 17 octobre 1961 ou encore par la panthéonisation de Gisèle Halimi.

    Si le travail des historiens diffère forcément du travail de mémoire porté par la société civile et les associations, il est nécessaire de les faire converger. La mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie reste une plaie béante pour ces deux pays qui partagent pourtant beaucoup plus que ce passé douloureux. L’apaisement et la réconciliation ne pourront être sérieusement envisagés qu’avec la pleine reconnaissance par notre pays du caractère profondément injuste et violent du fait colonial. Il est également urgent que les responsables politiques sortent des postures visant à instrumentaliser ce douloureux passé. Nous sommes en attente depuis si longtemps et voulons que ce rapport soit suivi d’actes concrets et préférons l’investissement sérieux de toutes et tous. Nous refuserons les postures et annonces sans lendemain en période pré-électorale !

    Pour participer pleinement à ce travail, aux côtés des historiens et des associations déjà existantes, notre collectif a décidé de se constituer en association intitulée « Pour la Mémoire, contre l’Oubli » dont l’objet sera d’obtenir l’ouverture totale des archives françaises sur la colonisation et l’organisation d’initiatives mémorielles et de commémorations sur ces sujets.

    SOURCE : https://www.lecourrierdelatlas.com/communique-du-collectif-17-octobre-1961-pour-la-memoire-et-contre-loubli/ 

     

     

    COMMEMORATION 17 OCTOBRE 1961 PARIS LES ORANGES

    Le 17 octobre 2020

    COMMEMORATION 17 OCTOBRE 1961 PARIS LES ORANGES *** Le 17 octobre 2020

     

    J’aperçois sur la gauche de la vidéo mon ami Henri Pouillot qui a connu en Algérie la villa Sésini tristement célèbre pour ses innombrables tortures pendant la guerre d’Algérie. Je salue donc Henri et je remercie mon ami M’hamed Kaki pour sa remarquable prise de paroles.

    Michel Dandelot

     

     

     

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    LE rapport qui va permettre

     la RÉCONCILIATION
    entre les peuples français et algérien

    LE rapport qui va permettre la RÉCONCILIATION entre les peuples français et algérien  Jean-Philippe OULD AOUDIA, Président de l’Association des Amis de Max Marchand et Mouloud FERAOUN

    Jean-Philippe OULD AOUDIA, Président de l’Association des Amis de Max Marchand et Mouloud FERAOUN

    Ce document de 157 pages fera date dans l’historiographie de la guerre d’Algérie. En effet, de la même manière que Bach et Mozart écrivaient des partitions à la demande des princes qui leur permettaient de pratiquer leur art, BS rédige, à la demande du Président de la République française, un document pour lui permettre de « s’inscrire dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algériens (sic)».

    C’est donc sous le prisme de la réconciliation (répétée 2 fois dans la lettre de mission du Président, 6 fois p. 39 et 1 fois p. 92) que sont traitées « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie », titre du document.

    LE rapport commence par la citation d’une phrase de Camus et une autre extraite du Journal de Feraoun ce qui ne pouvait que me satisfaire. L’ensemble du document est très intéressant, très documenté, très précis, rédigé par un historien universitaire de talent, rompu aux relations entre mémoire et histoire, ici entre mémoires et histoires de la guerre d’Algérie « entraînant une compétition victimaire où chacun se pose en victime supérieure à l’autre dans l’abandon (p. 92) ».
    La compétence et la maîtrise du sujet par l’auteur autorisent à dire que ses oublis, ses périphrases, ses non-dits n’en sont pas vraiment. C’est bien une écriture partisane de l’histoire qui nous est donc proposée dans le but – certes tout à fait louable – d’une réconciliation entre les peuples algérien et français.

    À la condition qu’elle ne se fasse pas au détriment de qui que ce soit !

    BS parle en p. 17 d’André Rossfelder, qui « raconte son engagement pour le maintien de l’Algérie dans la France ». Ce que ne précise pas BS, c’est que l’engagement de Rossfelder s’est fait dans l’OAS. Condamné à mort par contumace pour sa participation à la tentative d’assassinat du président de la République, Charles de Gaulle, au mont Faron, à Toulon, le 15 août 1964. C’est le terroriste Rossfelder qui a transmis à un ami une liste de condamnés à mort par l’OAS, avec la mention « fait », ou bien « loupé » ou bien «  en cours de préparation » en face des noms (voir Annexes p. 130 de La Bataille de Marignane).

    BS rend un nouvel hommage, en page 39, au « beau livre d’André Rossfelder, ami d’A. Camus ». Bien des auteurs, cités par BS, auraient été heureux de voir qualifier de beaux leurs ouvrages.

    Quand on lit les précisions de toute nature que sait apporter BS tout au long de son rapport, et qui font d’ailleurs son intérêt, on reste admiratif devant la dualité du rédacteur, surtout lorsqu’il déplore plus loin l’« effacement de faits pouvant ouvrir à un négationnisme généralisé ».

    En page 32, dans la note de bas de page no 25 :

    Ce « monde du contact » a été brisé par les exactions commises, notamment à la fin de la guerre d’Algérie, par certains commandos extrémistes de l’OAS, comme l’assassinat le 15 mars 1962, de l’enseignant Mouloud Feraoun et ses compagnons des centres sociaux fondés par Germaine Tillion. Voir sur ce point d’histoire, L’Assassinat de Château-Royal, par Jean-Philippe Ould Aoudia, Paris, Ed. Tirésias, 1992. Et aussi, les initiatives de Jean-François Gavoury, dans l’Express, « Le dernier combat de l’OAS », le 7 novembre 2005 à propos d’une stèle érigée à Marignane en faveur de l’OAS. 

    Relisons : Par certains commandos extrémistes de l’OAS. Selon Stora, il y aurait, parmi les groupes terroristes de cette organisation criminelle, des commandos extrémistes et d’autres qui le seraient moins. Voire modérés. Ou pas extrémistes du tout, comme Rossfelder qui, sereinement, raconte dans un beau livre son engagement pour le maintien de l’Algérie dans la France .
    Feraoun et ses cinq collègues auraient eu, selon BS, la malchance de tomber sous les balles d’un commando extrémiste de l’OAS.

    BS parle à plusieurs reprises du 17 octobre 1961, date du massacre d’Algériens par la police parisienne placée sous les ordres du préfet de police Maurice Papon. Il précise que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s’est rendu plusieurs fois à la commémoration. C’est bien de le dire.

    Par contre, on ne lit rien sur la répression sanglante de la manifestation organisée pour dénoncer les crimes de l’OAS, au métro Charonne, le 8 février 1962, par la même police parisienne placée sous les ordres du même Papon. La grande manifestation de centaines de milliers de Français contre l’OAS ne mérite pas de figurer dans la chronologie de la guerre d’Algérie écrite par l’historien de Cour.

    Pas un mot non plus sur l’inauguration, par le même Bertrand Delanoë, de la stèle érigée au Père-Lachaise à la mémoire des victimes françaises et algériennes de l’OAS.

    Silence de l’historien sur les hommages annuels rendus chaque 19 mars et chaque 6 octobre aux 2.700 victimes civiles et militaires, algériennes et françaises, de l’OAS.

    Voilà un exemple de l’écriture hémiplégique de l’histoire justement dénoncée par BS.

    À plusieurs reprises, BS cite les nombreux groupes de personnes traumatisées par la guerre, en particulier en page 7, dans la note de bas de page où il liste 8 groupes parmi lesquels ne figurent pas les descendants de victimes de l’OAS, lesquels, pour BS, ne sont pas des personnes traumatisées.

    Reconnaissons tout de même à l’historien le mérite de parler « de quasi-guerre civile entre 1960 et 1962, avec les attentats de l’OAS » et de citer « la monographie importante sur l’OAS » écrite par Alain Ruscio (p. 21).

    En annexe, BS cite les noms des nombreuses personnes avec lesquelles il s’est entretenu avant de rédiger LE rapport. Dix d’entre elles font partie de nos amis et de nos soutiens. L’association Marchand-Feraoun n’a jamais été sollicitée, elle qui honore six fonctionnaires de l’Éducation nationale « victimes de leur engagement pour les valeurs de la République et pour l’indépendance de l’Algérie dans une relation fraternelle avec la France ».

    Or c’est ce que dit aussi la première phrase de la lettre de mission du Président de la République : « une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algériens » (sic). Notre association est en harmonie avec l’objectif du Président de la République.

    Mais alors, Monsieur Stora,  pourquoi ne pas l’avoir consultée?

    Parmi les 25 propositions formulées dans LE rapport en vue de réconcilier les peuples algérien et français, la plus subtile – sinon diabolique – est celle portant le n° 2 :

    Un geste pourrait être l’inclusion dans le décret 2003-925 du 26 septembre 2003 instituant une journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie d’un paragraphe dédié au souvenir et à l’œuvre des femmes et des hommes qui ont vécu dans des territoires autrefois français et qui ont cru devoir les quitter à la suite de leur accession à la souveraineté.

    Non, Monsieur Stora ! Ce n’est pas l’indépendance de l’Algérie qui a provoqué l’exode des pieds-noirs. Serait-ce là de votre part une remise en cause du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

    Ce sont, et vous le savez, toutes les horreurs commises par l’OAS qui ont incité les pieds-noirs,-et parmi eux tous les membres de ma famille maternelle- à fuir l’Algérie de peur des représailles à la suite, entre autres atrocités dont l’OAS s’est rendue coupable envers les Algériens : les tirs de mortier sur la Casbah surpeuplée, la pose de bombe devant le centre d’embauche des dockers, les malades tués à bout portant sur leurs lits, les « ratonnades », les femmes de ménage poignardées, etc.

    Au bout du compte : 2700 victimes surtout algériennes mais aussi françaises.

    Et vous le savez très bien, vous, historien spécialiste de la guerre d’Algérie.

    Mais alors, pourquoi ne pas l’écrire au Président de la République ? Pourquoi cette négation de l’OAS dans l’histoire de la guerre d’Algérie ? Pourquoi, après réflexion, induire délibérément en erreur le Président de la République en pratiquant l’effacement de faits pouvant ouvrir à un négationnisme généralisé comme vous l’écrivez ?

    Non Monsieur Stora ! Nous n’acceptons pas que la réconciliation entre Français et Algériens se fasse au détriment de la mémoire des victimes de l’OAS et de la négation de la souffrance de leurs familles. Nous formulons cette proposition en complément de la vôtre :

    Un geste pourrait être l’inclusion dans le décret 2003-925 du 26 septembre 2003 instituant une journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, d’un paragraphe dédié au souvenir et à l’œuvre des femmes et des hommes victimes de leur engagement pour les valeurs de la République et pour l’indépendance de l’Algérie dans une relation fraternelle avec la France.

    Jean-Philippe Ould Aoudia 

     

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    Jean-François Gavoury

    Jean-François Gavoury et le rapport  Stora

     et le rapport  Stora

    OBJET : Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie - Rapport de M. Benjamin Stora au Président de la République (20 janvier 2021).

    Chaville, 21 janvier 2021.

    Le rapport si attendu de Benjamin Stora a été très officiellement remis hier au Président de la République et aussitôt publié sur le site Internet de l’Élysée.

    Vous en trouverez la teneur via le lien ci-après :

    https://www.elysee.fr/.../0586b6b0ef1c2fc2540589c6d56a1ae... 

    Le discours est en phase avec celui, immuable, des services tant du ministère en charge des anciens combattants que de l’un de ses établissements publics, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre :

    - on parle des soldats Morts pour la France en oubliant non seulement certaines victimes civiles mais aussi (sinon surtout) l’ensemble des membres des forces de l’ordre ;

    - on ne dit pas de quelles organisations certains "civils" ont été les victimes, car citer celles de l’OAS reviendrait à les placer au même rang que les victimes du FLN et les rendre par conséquent éligibles à la qualité de Mort pour la France alors que le Conseil d’État ne reconnait admissibles à ce statut que celles d’une seule partie belligérante, le FLN.

    Je retiens d’une lecture cursive des 157 pages du rapport de M. Benjamin Stora les éléments ci-après :

    1°) Le mot "victimes" est mentionné huit fois.

    2°) À plusieurs reprises, dans ce rapport, il est question de la commémoration du 17 octobre 1961, en particulier par le maire de Paris en 2001 et 2012, mais celles du 8 février 1962 à Charonne sont occultées.

    3°) À nul endroit, il n'est fait état de l'initiative de Bertrand Delanoë concrétisée le 6 octobre 2011 au cimetière du Père-Lachaise (première stèle d’une institution française érigée en hommage et à la mémoire de toutes les victimes civiles et militaires de l’OAS en Algérie et en France).

    4°) Le président de la Maison des agriculteurs et des Français d'Afrique du Nord (MAFA), ami des nostalgiques de l’Algérie française et des anciens activistes de l’OAS, a pu échanger avec - et recevoir les remerciements de - Benjamin Stora ... à propos de qui Jean-Félix Vallat déclarait en novembre 2020, dans le bulletin d'information de son association : « Si ce chargé de mission est naturellement libre des conclusions qu'il formulera, dont on peut imaginer qu'elle reflètera son tropisme anticolonial, il ne saurait dénaturer sa démarche en ignorant la mémoire douloureuse des vaincus politiques de la guerre d'Algérie ».

    5°) Une note de bas de page (n° 25 en pages 32 et 33) comporte une allusion aux victimes de l’OAS ainsi libellée :

    "Ce « monde du contact » a été brisé par les exactions commises, notamment à la fin de la guerre d’Algérie, par certains commandos extrémistes de l’OAS, comme l’assassinat le 15 mars 1962, de l’enseignant Mouloud Feraoun et ses compagnons des centres sociaux fondés par Germaine Tillion. Voir sur ce point d’histoire, L’assassinat de Château-Royal, par Jean-Philippe Ould Aoudia, Paris, Ed. Tirésias, 1992. Et aussi, les initiatives de Jean-François Gavoury, son article dans L’Express, « Le dernier combat de l’OAS », le 7 novembre 2005 à propos d’une stèle érigée à Marignane en faveur de l’OAS."

    Le combat pour la célébration de la mémoire de nos victimes est plus que jamais d’actualité à la veille du soixantième anniversaire de la création de ce groupe armé insurrectionnel.

    Bien cordialement,

    Jean-François Gavoury

    Président de l’Association nationale pour la protection

    de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

     

    Jean-François Gavoury et le rapport  Stora

    anpromevo.com 

    ANPROMEVO – Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

    Le huitième anniversaire de la première stèle dédiée par une institution publique à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France a donné lieu à des cérémonies tant à Paris (cimetière du Père-Lachaise) qu’à Alençon (place de la Résistance).

    Commentaires

    Michel Dandelot 

    Merci cher Jean-François Gavoury. 

    Je vais relayer votre article sur mon blog car je connais très bien votre histoire, vos combats et vos victoires judiciaires contre les extrémistes, nostalgiques de l'Algérie française, je me souviens de ce 6 octobre 2011, j'étais présent, le jour de l'inauguration de la stèle en hommage des victimes de l'OAS... Il y a en effet des occultations dans le rapport de Benjamin Stora, c'est très dommage, mais de toute façon que va en retenir le président Macron, ce sera à l'approche de l'élection présidentielle de 2022 en guise de propagande pré-électorale comme en 2017 lorsqu'il avait déclaré "La colonisation est un crime contre l'humanité" mais depuis il n'en n'a plus fait allusion.

     

    Benjamin Stora a occulté la commémoration du 8 février 1962

    de Charonne

    Jean-François Gavoury et le rapport  Stora

    - pour information,  le texte d’une intervention remarquée lors de la cérémonie d’hier en fin de matinée au Métro Charonne, en présence d’un nombre particulièrement élevé de participants, 

    - de la part et avec les salutations les meilleures de Jean-François Gavoury (ANPROMEVO). 

     

    Paris, le 8 février 2016 

     

     Commémoration Charonne - Discours Émilie Lecroq[1]  

     

     

    Chers amis, Chers camarades, 

    « Ils n'étaient pas nés pour cela et pourtant ils ébranlèrent le monde ». 

    Jean-Pierre ; Fanny ; Daniel ; Anne-Claude ; Édouard ; Suzanne ; Hippolyte ; Maurice ; Raymond. 

    Leur histoire, c'est celle de femmes et d'hommes qui ont répondu par un mouvement pacifique à la violence et à la haine propagées par l'OAS. 

    Nous nous réunissons aujourd'hui pour commémorer une manifestation non violente, ensanglantée par une répression d’État qui a fait 9 morts.  

    Nous nous réunissons pour commémorer leur combat et le faire désormais nôtre. 

    En 1962, ces hommes et ces femmes se battaient pour permettre l’autodétermination d'un peuple, le peuple algérien.  

    Une liberté que l’État colonial leur refusait avec le soutien d'une extrême droite violente.  

    Se souvenir de l'histoire, de cette période, est d'autant plus important, que cela permet de garder en mémoire, le vrai visage de cette extrême droite qui voudrait aujourd'hui nous le faire oublier. 

    La mort tragique des neuf de Charonne aura au moins permis une prise de conscience en France. Cette guerre, qui ne disait pas son nom, devait prendre fin.  

    Leur mort n'aura pas été inutile, si nous savons nous souvenir d'eux. 

    Bien sûr, l'histoire ne repasse jamais les mêmes plats, mais elle nous montre cependant que les démons d'hier peuvent ressurgir aujourd'hui. 

    En effet, cette commémoration se déroule dans un climat lourd et pesant.  

    Ces derniers mois, nos rues ont résonné de cris qu’on croyait, qu’on voulait éteints pour toujours.  

    L'année 2015 restera marquée dans nos cœurs comme celle d'un véritable désastre.  

    Par deux fois, l'horreur s'est produite sur notre territoire.  

    Par deux fois, des fanatiques, au nom d'une idéologie fascisante, ont frappé.  

    D'abord Charlie et l'Hyper Cacher en janvier 2015, puis le 13 novembre où ils ont frappé aveuglément.  

    Dans de telles circonstances, comment ne pas se rappeler de l'attentat commis par l'OAS sur le train Strasbourg-Paris qui causa la mort de 28 personnes et en blessa 170 autres ? 

    Comment oublier les nombreux attentats de février et mars 1962 qui ont ravagé Alger et les algérois ?  

    Aujourd'hui comme hier, combien de morts, de familles endeuillées par des actes d'une extrême violence, qui alimentent une guerre d'identités supposées. 

    Aujourd'hui comme hier, disons le haut et fort : Qu’elles soient de Paris, Bamako, Tunis ou Alger, les victimes de la barbarie ne se différencient pas.  

    Ni par la couleur de leur peau, ni par leur religion ou absence de religion, ni par leur nationalité.  

    Les drames qui se sont et continuent de se succéder démontrent combien les amalgames et les manipulations, sur fond de racisme, ne protègent personne du terrorisme mais fragilisent la capacité d'y faire face. 

    Aujourd'hui comme hier, pour se souvenir mais surtout pour construire, continuons de dénoncer le colonialisme, les discriminations de toutes sortes, continuons d’œuvrer avec force pour la paix, l'égalité et la liberté. 

    Rendre hommage à nos camarades, c'est exiger l'abandon de « la guerre contre le terrorisme », au profit de coopérations nouvelles entre les peuples pour un règlement politique des conflits, c'est lutter contre toutes les discriminations, les divisions qui minent notre société. 

    Car aujourd'hui comme hier, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, le pouvoir en place tente de nouveau d'imposer les mêmes réponses : diviser et apeurer pour mieux régner. 

    Hier, c'était le couvre-feu pour les Français musulmans d'Algérie. 

    Aujourd'hui, le gouvernement décide de s’attaquer au droit du sol et à la nationalité remettant en cause les fondements mêmes de notre République.  

    54 ans après, ces choix politiques participent à accentuer les divisions, les inégalités, à faire grandir le sentiment d'humiliation et renforcent les idées d'extrême-droite. 

    Rendre hommage à nos camarades, c'est faire vivre, aujourd'hui, l'histoire et les valeurs de ces militantes et militants syndicaux de la CGT, communistes, qui ont multiplié les luttes sociales pour que la liberté, l'égalité et la fraternité, trouvent les voies de leur réalisation concrète sans distinction sociale, de genre, d'origine ou encore de confessions.  

    54 ans après, le gouvernement choisit à nouveau d'instaurer l’état d'urgence. 

    54 ans après, l'objectif est le même : éliminer de la réalité et des consciences la République sociale au profit d'un État de « l'ordre », voire d'un « État autoritaire » sans résultat dans la lutte contre le terrorisme.  

    L'inscription de l'état d'urgence dans la Constitution, qui a commencé à être discuté à l'Assemblée nationale, est un symbole fort de la société dans laquelle on veut nous enfermer.  

    Au nom du droit légitime à vivre en sécurité, c'est la surveillance généralisée, la suspicion, la restriction des libertés et, singulièrement, en direction de tous ceux qui n'acceptent pas l'ordre établi dans lequel on voudrait nous faire vivre. 

    C’est au nom de ce principe sécuritaire que neuf de nos camarades ont été assassinés à Charonne, sur ordre du préfet Papon, et que ces assassinats ont été couverts. 

    C'est parce que nos camarades portaient avec détermination ces valeurs de liberté, d'égalité, de solidarité et de fraternité que, le 8 février 1962, ils ont été victimes d'un crime d’État.  

    Un nouveau crime après celui d'octobre 1961.  

    Un crime qui fait tant honte à la France que ses dirigeants nous ont refusé, pendant vingt ans, le droit de faire vivre, dans le présent, leur histoire. 

    Et même si parfois la situation actuelle paraît compliquée, même si des doutes existent sur la possibilité de changer la donne, n'oublions pas le courage de ceux qui sont morts à Charonne. 

    La situation actuelle, c'est un peu comme un feu de bois : quand les braises paraissent s'éteindre, soit on laisse faire, soit on souffle dessus jusqu'à ce que la flamme se rallume et de nouveau nous éclaire et nous réchauffe. 

    Je vous propose que nous soufflions ensemble sur les braises, mêmes si elles semblent parfois très faibles, même si elles semblent parfois presque froides. 

    Soufflons avec le plus grand nombre jusqu'à ré-ouvrir de l'espoir, du tous ensemble, de l'en-commun, de la conscience de classe 

    Soufflons pour faire vivre la mémoire et les valeurs de nos camarades morts à Charonne. 

    « Ils n'étaient pas nés pour cela et pourtant ils ébranlèrent le monde. »  

    Nous ne sommes peut-être pas nés pour cela, mais nous ébranlerons le monde. 

    [1]   Membre du Conseil national du Parti communiste. 

    "Charonne" après le "17 Octobre 1961", fut le dernier massacre d’État avant la signature des accords d'Évian, le 19 mars 1962, accords qui mettaient fin aux combats et traçaient, pour l'Algérie, le chemin de l'indépendance.
    Depuis l'insurrection du 1er Novembre 1954, violences, haines, tortures, assassinats, attentats... jalonnent 8 années de conflit.
    Ce film (dont nous n'avons ici que des extraits) est un hommage à toutes celles et ceux qui étaient à Charonne, les victimes, les blessés, dont certains garderont des séquelles lourdes et définitives, à tous les démocrates qui se sont levés pour défendre les libertés.
    Pour comprendre "Charonne", nous devions inscrire cette tragédie dans l'Histoire: l'histoire de la guerre d'Algérie, de la colonisation, plus largement l'histoire du colonialisme. 

    CHARONNE, N'OUBLIONS JAMAIS. 

     

     

    Benjamin Stora occulte l'initiative de Bertrand Delanoë concrétisée le 6 octobre 2011 au cimetière du Père-Lachaise (première stèle d’une institution française érigée en hommage et à la mémoire de toutes les victimes civiles et militaires de l’OAS en Algérie et en France).

     

    Rappelons-nous que le 6 octobre 2011 fut pour les Républicains, les anti colonialistes, les anti extrémistes, les anti racistes… une date d’espoir, une date de paix, une date historique…

     

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!!

     

     

     

    « Paris aujourd’hui relève la tête en disant que l’OAS était une organisation idéologiquement criminelle et, dans ses actes, barbare. » Bertrand Delanoë, maire de Paris, le 6 octobre 2011.

     

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!! Mais une date historique : le 6 octobre 2011...

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!! Mais une date historique : le 6 octobre 2011...

    Chaque 6 octobre au cimetière du Père-Lachaise est organisé l’anniversaire du dévoilement de la stèle de la Ville de Paris aux victimes de l’OAS le 6 octobre 2011, n’ayant aucunes informations concernant 2020, peut-être que le Covid fera annuler ce rassemblement, cette année encore, comme les 8 années précédentes je tiens à rappeler cette journée du 6 octobre car en 2011 j’étais présent invité par mon ami Jean-François Gavoury fils de Roger Gavoury qui fut le premier fonctionnaire tué par l'OAS, organisation séditieuse qui le choisit pour cible parce que ce serviteur de l’État, « tout entier dévoué à son pays, à son métier et à l’institution policière », incarnait la loyauté et « plaçait l’obéissance à la République au premier rang de ses devoirs " 

    Rappelons-nous c’était le 6 octobre 2011

     

     

     

     

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    Dense et riche, le rapport Stora peut

    permettre d'aller au-delà du conflit

     franco-algérien

    Dense et riche, le rapport Stora peut  permettre d'aller au-delà du conflit franco-algérien

    L'historien Benjamin Stora et Emmanuel Macron, à l'Elysée, mercredi. Photo Christian Hartmann. Reuters

     

    L’historien Pascal Blanchard a lu le rapport de Benjamin Stora sur les «questions mémorielles portant sur la colonisation, et la guerre d’Algérie». Il propose une foison de propositions très diverses et concrètes mais qu'en retiendra Emmanuel Macron ?

    Benjamin Stora vient de remettre, ce mercredi à 17 heures, son «Rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation, et la guerre d’Algérie» au président de la République, Emmanuel Macron. Le rapport était attendu, comme ses conclusions et préconisations. Il est dense, riche et d’une qualité historiographique impressionnante. Le grand spécialiste de l’Algérie retrace, dans celui-ci, soixante ans de débat franco-algériens, mais surtout franco-français sur les méandres et les fractures de ce récit dans nos mémoires. Nous savons déjà, qu’au regard de ce travail de synthèse remarquable, les éditions Albin Michel vont le publier sous la forme d’un livre le mois prochain.

    Il rappelle en préambule que ces «conflits» sont liés depuis des décennies au fait que chacun a voulu choisir une mémoire ou un «camp», alors que précise-t-il : «Tout groupe appartenant à cette histoire est spécifique, mais aucun n’est exceptionnel et nul ne doit être placé au-dessus des autres.» Il a fondamentalement raison, c’est cette capacité à penser toutes les mémoires, de manière inclusive, qui permettra de structurer un récit commun sur cette histoire commune. Car les mémoires, elles, resteront parcellaires.

    En outre, appréhender l’histoire de la guerre, c’est aussi regarder «sur la temporalité très longue d’une présence coloniale française», c’est donc replacer, précise Benjamin Stora, ce conflit si spécifique dans l’histoire coloniale et dans sa globalité. Il faut aussi tenir compte de la relation si particulière avec l’Algérie, en lien avec la présence migratoire en France (7 millions de personnes sont liées, par leurs histoires, à l’Algérie), mais aussi avec l’importance diplomatique et économique de pays (premier marché́ africain pour les exportations françaises).

    Un sujet intimement politique

    Enfin, avant de plonger dans ces recommandations, il rappelle que la «posture» des Présidents français a toujours été centrale dans ce long cheminement de la mémoire. Sous le général de Gaulle ou Valéry Giscard d’Estaing, bien entendu, où le silence a dominé, mais aussi avec François Mitterrand après son voyage officiel en décembre 1981 en Algérie qui va conduire à l’initiative du 29 septembre 1982 de Pierre Mauroy qui fera polémique, présentant un projet de loi symbolique de la volonté de François Mitterrand, de pardonner… aux ultras de l’Algérie française (avec la réintégration de huit généraux putschistes d’avril 1961). L’opposition fut telle que l’article 49-3 fut nécessaire pour faire passer le texte de loi dans son intégralité.

    Il faudra attendre Lionel Jospin pour que le 10 juin 1999 l’Assemblée nationale reconnaisse enfin le terme de «guerre d’Algérie» pour définir explicitement cette période de l’histoire. Dans la foulée, Jacques Chirac s’empare lui aussi de la question et inaugure à Paris (quai Branly, face à «son» musée), le 5 décembre 2002, un «mémorial national» à la mémoire des soldats français morts en Algérie, au Maroc et en Tunisie de 1952 à 1962.

    Il retrace ensuite les enjeux de mémoire et conflit, notamment autour de la date «commune» de commémoration du conflit, du projet de musée nostalgique sur la colonisation de Marseille abandonné par Nicolas Sarkozy, du projet de Montpellier sur l’Algérie de la municipalité (également arrêté) et surtout de loi sur la «colonisation positive» de février 2005 et son article 4 qui fit scandale et qui sera déclassé par le Conseil constitutionnel en janvier 2006.

    Tout au long de son rapport, il montre que la guerre des histoires et des mémoires, en France comme avec l’Algérie, a été un long fleuve non-tranquille. Il rappelle le «consensus impossible» autour de la commémoration de la fin de cette guerre, la manière d’écrire une histoire commune et encore moins de trouver les fondements d’une «réconciliation». Il rappelle notamment qu’à la veille du voyage présidentiel de Nicolas Sarkozy en Algérie (après avoir donné aux Algériens le plan des mines posées pendant la guerre d’Algérie, aux frontières algérienne et marocaine), sera inauguré, en décembre 2007, un «mur des victimes du FLN», à Perpignan. Et même si des gestes importants ont existé, comme la condamnation en 2005 des «massacres» de mai 1945 par deux ambassadeurs français, la difficulté de faire émerger une politique cohérente est évidente.

    Quelles recommandations ?

    Dans ses propositions, Benjamin Stora ne recommande pas une loi mémorielle qui «entraverait tout exercice critique de l’histoire», précise-t-il. De même, il ne recommande pas un «grand discours» présidentiel mais il pense qu’il est «nécessaire d’emprunter d’autres chemins» pour bâtir «une juste mémoire». Il demande que nous regardions les enjeux dans d’autres pays à cet égard, comme au Japon ou en Afrique du Sud. Aucune réponse simple à un sujet intimement complexe. Et il a raison.

    Pour guider ce travail majeur et massif, il propose de créer – comme axe central de ses propositions – une «Commission Mémoire et Vérité» (s’inspirant directement de l’Afrique du Sud), avec pour priorité de soutenir les commémorations (19 mars, 25 septembre, 17 octobre) et le recueil des mémoires. Dans ce cadre, il propose une stèle de l’Emir Abdelkader pour commémorer le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022, d’établir un guide des disparus (des deux camps et notamment ceux d’Oran en juillet 1962), de dresser un inventaire des lieux des essais nucléaires en Algérie et leurs conséquences, de partager les archives (avec un travail en profondeur et de numérisation dans la continuité de l’accord de coopération datant du 6 mars 2009 entre nos deux pays), de faciliter le déplacement des Harkis et de leurs familles entre la France et l’Algérie, de faire l’histoire des camps d’internement en France des Algériens (il y en a 4), de soutenir l’idée que des noms de rues mettent en exergue des Français d’Algérie, de restituer les corps et restes de nos musées, de développer la coopération universitaire, de restituer plusieurs objets symboliques, de faire un travail foncier dans les manuels scolaires mais aussi la colonisation (le message est clairement à l’intention du ministre actuel de l’Education nationale !) et, même, de relancer le projet de musée à Montpellier. Un véritable programme…

    Il propose, également, de faire un travail commun de médiation (réédition de livres, films de cinéma ou documentaires) car pour l’historien «l’outil audiovisuel est un instrument décisif pour la préservation des mémoires» comme cette année l’a démontré le succès sur France 2 du documentaire Décolonisations : du sang et des larmes. Et de manière très spécifique, il insiste sur des gestes politiques forts, touchant en particulier les personnalités politiques du nationalisme algérien assassinées (comme l’avocat Ali Boumendjel) – mais il ne parle pas de l’action secrète de la Main rouge.

    Enfin, et surtout, actes forts et symboliques, il propose d’organiser dès cette année au Musée national de l’histoire de l’immigration (qui va commémorer le 90e anniversaire de l’Exposition coloniale) une grande exposition sur le passé colonial avec un colloque sur les décolonisations. Et, enfin, de faire entrer au Panthéon une personnalité symbole de la réconciliation des mémoires (Gisèle Halimi).

    Beaucoup de choses donc dans ce rapport. Plus qu’un discours, Benjamin Stora recommande donc des actes concrets qui au final «fabriquent» une politique pour aller au-delà des guerres de mémoires, au-delà du conflit entre la France et l’Algérie (parce que écrit-il joliment, «l’histoire n’a pas de nationalité»), pour qu’enfin la «réconciliation attendue» ouvre sur la possibilité du passage d’une mémoire communautarisée à une mémoire commune.

    Que retiendra le président de la République ?

    De tout cela que retiendra le président de la République, Emmanuel Macron, qui qualifiait lors de la campagne pour la présidentielle de 2017, la colonisation de «crime contre l’humanité» ? Dans ces propositions, à la fois riches, prudentes et ambitieuses, les choses les plus concrètes sans doute (des «actes symboliques» annonçait l’Elysée) : une grande exposition au MNHI (une proposition qui a néanmoins déjà disparu de la synthèse que fait l’AFP ce soir à 16 heures…), la stèle de l’Emir Abdelkader, les restitutions à l’Algérie de l’épée de l’émir Abdelkader et du canon de Baba Merzoug, l’enquête sur les disparus et la transparence sur la disparition de l’avocat Ali Boumendjel, mais aussi la libre circulation des Harkis et leurs familles…

    La question des archives, des programmes scolaires ou la mise en place d’une «commission Mémoire et Vérité» seront sans aucun doute plus complexes à mettre en œuvre… De fait, l’entourage du Président souhaite «une démarche de reconnaissance», mais pas de «repentance», ni d’«excuses». Pour le président de la République, ce «programme» permettrait, de fait, d’initier des fondations pérennes pour une véritable politique publique pour qu’enfin ce passé puisse passer.

    Pascal Blanchard vient de copublier Décolonisations française, la chute d’un Empire aux Editions de la Martinière (2020).

    Pascal Blanchard historien, chercheur-associé au CRHIM (Lausanne) 

    SOURCE : https://www.liberation.fr/debats/2021/01/20/dense-et-riche-le-rapport-stora-peut-permettre-d-aller-au-dela-du-conflit-franco-algerien_1818082 

     

     

    France-Algérie : les 22 recommandations

     du rapport Stora

    L’historien souhaite la mise en place d’une commission « Mémoire et Vérité » chargée d’impulser des initiatives mémorielles communes entre les deux pays.

    Le rapport de Benjamin Stora remis mercredi 20 janvier à Emmanuel Macron recommande la mise en place d’une commission « Mémoire et Vérité » chargée d’impulser des initiatives mémorielles communes entre la France et l’Algérie. L’historien propose que cette commission soit composée de « différentes personnalités engagées dans le dialogue franco-algérien », comme Fadila Khattabi, présidente du groupe d’amitié France-Algérie de l’Assemblée nationale, Karim Amellal, ambassadeur, délégué interministériel à la Méditerranée, des intellectuels, médecins, chercheurs, chefs d’entreprise, animateurs d’associations…

    Cette commission pourrait formuler des recommandations sur les 22 points suivants :

    Commémorations

    Poursuivre les commémorations, comme celle du 19 mars 1962 demandée par plusieurs associations d’anciens combattants à propos des accords d’Evian, premier pas vers la fin de la guerre d’Algérie. D’autres initiatives de commémorations importantes pourraient être organisées autour de la participation des Européens d’Algérie à la seconde guerre mondiale ; du 25 septembre, journée d’hommage aux harkis et autres membres de formations supplétives dans la guerre d’Algérie ; du 17 octobre 1961, à propos de la répression des travailleurs algériens en France. A tous ces moments de commémoration pourraient être invités les représentants des groupes de mémoires concernés par cette histoire.

    Témoignages

    Organiser le recueil par cette commission de la parole des témoins frappés douloureusement par cette guerre pour établir plus de vérités et parvenir à la réconciliation des mémoires.

    Emir Abdelkader

    Construire une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader, qui lutta contre la conquête de l’Algérie par la France au milieu du XIXe siècle, à Amboise (Indre-et-Loire), où il vécut en exil entre 1848 et 1852. Le monument pourrait être érigé à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, en 2022.

    Ali Boumendjel

    Reconnaissance par la France de l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel, ami de René Capitant et dirigeant politique du nationalisme algérien, tué pendant la bataille d’Alger, en 1957. Ce geste ferait suite à la déclaration du président Emmanuel Macron concernant Maurice Audin en septembre 2018.

    Disparus

    Œuvrer à la publication d’un « guide des disparus » (algériens et européens) de la guerre d’Algérie, sur la base des recherches du « groupe de travail » créé à la suite de la déclaration d’amitié signée lors de la visite du président François Hollande à Alger en 2012. Ce groupe avait été mis en place pour permettre la localisation des sépultures des disparus algériens et français de la guerre d’indépendance. Il devra poursuivre son travail.

    Essais nucléaires et mines

    Poursuivre le travail conjoint concernant les lieux des essais nucléaires français en Algérie, réalisés entre 1960 et 1966, et leurs conséquences, ainsi que la pose des mines aux frontières.

    Restes humains

    Poursuivre l’activité du comité mixte d’experts scientifiques algériens et français chargés d’étudier les restes humains de combattants algériens du XIXe siècle conservés au Muséum national d’histoire naturelle.

    Harkis

    Voir avec les autorités algériennes la possibilité de faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants entre la France et l’Algérie.

    Oran, juillet 1962

    Mettre en place une commission mixte d’historiens français et algériens pour faire la lumière sur les enlèvements et assassinats d’Européens à Oran en juillet 1962 ; entendre la parole des témoins de cette tragédie.

    Cimetières européens et juifs

    Encourager la préservation des cimetières européens en Algérie (travaux, entretiens, réhabilitations des tombes), ainsi que des cimetières juifs (comme ceux de Constantine et de Tlemcen).

    Noms de rues

    A l’instar de la mesure instaurée par le président de la République visant à donner à des rues de communes françaises des noms de personnes issues de l’immigration et de l’outre-mer, inscrire des noms de Français d’origine européenne particulièrement méritants, en particulier médecins, artistes, enseignants, issus de territoires antérieurement placés sous la souveraineté de la France.

    Archives

    Activer le groupe de travail conjoint sur les archives, constitué en 2013 à la suite de la visite du président Hollande en 2012. Le groupe s’est réuni à six reprises, jusqu’au 31 mars 2016. Ce groupe de travail sur les archives devra faire le point sur l’inventaire des archives emmenées par la France et laissées par la France en Algérie. Sur la base de ce travail d’inventaire, certaines archives (originaux) seraient récupérées par l’Algérie. Celles laissées en Algérie pourront être consultées par les chercheurs français et algériens. Le « comité de pilotage » pourrait proposer la constitution d’un premier fond d’archives commun aux deux pays, librement accessible.

    Visas de chercheurs

    La coopération universitaire pourrait, avant le règlement de la domiciliation des archives, trouver un moyen pour chacune des parties de montrer la volonté de transparence du passé commun. La France proposerait ainsi de donner chaque année à dix chercheurs, inscrits en thèse sur l’histoire de l’Algérie coloniale et la guerre d’indépendance dans un établissement universitaire algérien, la possibilité d’effectuer des recherches dans les fonds d’archive en France.

    Le visa de chercheur à entrées multiples serait d’une durée de six mois, pouvant être prolongé de trois mois, ce qui correspond à une année universitaire. Le chercheur pourrait ainsi effectuer des allers-retours en fonction des besoins de sa recherche. Ce visa pourrait être renouvelable.

    Afin que ces recherches puissent effectuées dans de bonnes conditions matérielles, un accord serait passé avec le Centre national des œuvres universitaires (Cnous) pour mettre à disposition une chambre au sein d’une cité universitaire proche des lieux d’archive dans des modalités pratiques à approfondir. Enfin, ces étudiants pourraient bénéficier pendant leur séjour en France de la même bourse d’étude que les étudiants français inscrits en thèse, au prorata de la durée de séjour.

    En parallèle, des étudiants français, dans un nombre qui reste à discuter avec les autorités algériennes, devraient pouvoir bénéficier d’un visa à entrées multiples et d’un accès facilité aux archives algériennes concernant la même période.

    Edition

    Favoriser la diffusion des travaux des historiens par la création d’une collection « franco-algérienne » dans une grande maison d’édition. L’objectif serait de poser des bases communes aux mémoires particulières, de définir un cadre acceptable par tous, des deux côtés de la Méditerranée.

    Traductions

    Créer un fonds permettant la traduction du français vers l’arabe et de l’arabe vers le français d’œuvres littéraires et à caractère historique. Ce fonds pourra également prendre en charge les écrits de langue berbère.

    Programmes scolaires

    Accorder dans les programmes scolaires plus de place à l’histoire de la France en Algérie. A côté d’une avancée récente – ne plus traiter de la guerre sans parler de la colonisation –, il convient de généraliser cet enseignement à l’ensemble des élèves (y compris dans les lycées professionnels).

    Jeunes créateurs

    Aller vers la mise en place d’un office franco-algérien de la jeunesse, chargé principalement d’impulser les œuvres de jeunes créateurs (œuvres d’animation, courts-métrages de fiction, création de plate-forme numérique pour le son et l’image).

    Musée

    Réactiver le projet de musée de l’histoire de la France et de l’Algérie, prévu à Montpellier et abandonné en 2014.

    Colloque

    Organiser en 2021 un colloque international dédié au refus de la guerre d’Algérie par certaines grandes personnalités comme François Mauriac, Raymond Aron, Jean-Paul Sartre, André Mandouze et Paul Ricœur.

    Exposition

    Organiser en 2021 au Musée national de l’histoire de l’immigration une exposition ou un colloque sur les indépendances africaines.

    Gisèle Halimi

    Entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, grande figure de l’opposition à la guerre d’Algérie. 

    Canon Baba Merzoug

    Créer une commission franco-algérienne d’historiens chargée d’établir l’historique du canon « Baba Merzoug » ou « La Consulaire », ravi lors de la conquête d’Alger en 1830 et installé à l’arsenal de Brest, et de formuler des propositions partagées quant à son avenir, respectueuses de la charge mémorielle qu’il porte des deux côtés de la Méditerranée.

    SOURCE : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/01/20/france-algerie-les-22-recommandations-du-rapport-stora_6066931_3212.html

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    LA PROPAGANDE

     Pré-électorale de macron

    France-Algérie : ce rapport Stora   sur la mémoire
     

    L'historien Benjamin Stora est engagé depuis longtemps sur les questions de mémoire entre la France et l'Algérie. © ULF ANDERSEN / Ulf Andersen / Aurimages via AFP

     

     

    Nous devrions connaître ce que contient le rapport de Benjamin Stora qu’il va remettre à Emmanuel Macron aujourd’hui 20 janvier 2021… mais nous ne devrions connaître les décisions et déclarations définitives et officielles de ce dernier qu’en 2022 ? Comme en 2017 il va s’en servir comme propagande pré-électorale… Rappelez-vous :

    France-Algérie : ce rapport Stora

     sur la mémoire

    TOURNANT. Remis au président Macron, ce rapport, qui prépare l’année historique 2022, ébauche une nouvelle approche des relations entre la France et l’Algérie.

    Le rapport Stora va servir de feuille de route pour préparer, au-delà de la commémoration des 60 ans d'indépendance de l'Algérie, la nouvelle approche des relations entre la France et l'Algérie. © DR

    Paris et Alger ne veulent pas rater ce rendez-vous symbolique de 2022, coïncidant avec les 60 ans de l'indépendance algérienne. « Nous cherchons, vis-à-vis des Algériens, à suivre une démarche idoine et à faire des gestes forts qui sont à l'étude », nous confie un officiel français. Cette « démarche idoine » et ces « gestes forts » peuvent être esquissés dans le rapport élaboré par l'historien Benjamin Stora sur « les mémoires de la colonisation et de la guerre d'Algérie », qu'il remettra ce mercredi 20 janvier au président Emmanuel Macron. Un rapport détaillant des propositions afin de parvenir à cette « nécessaire réconciliation des mémoires », selon la formule de l'Élysée.

     

    « Affronter ces événements douloureux »

    Pour rappel, les deux présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune ont désigné, chacun, un expert de la question mémorielle, Benjamin Stora côté français, et Abdelmadjid Chikhi, conseiller du président de la République chargé des archives nationales et du dossier de la mémoire, côté algérien, pour travailler sur la question de la réconciliation franco-algérienne. « Nous souhaitons que les deux historiens accomplissent leur travail dans la vérité, la sérénité et l'apaisement pour régler ces problèmes qui enveniment nos relations politiques, le climat des affaires et la bonne entente », avait déclaré le président algérien en juillet 2020. « Il faut affronter ces événements douloureux pour repartir sur des relations profitables aux deux pays, notamment au niveau économique », a-t-il ajouté. « Il n'est pas question d'écrire une histoire commune de l'Algérie, mais d'envisager des actions culturelles sur des sujets précis, à déterminer, comme les archives ou la question des disparus », avait déclaré Stora au quotidien Le Soir d'Algérie. Même son de cloche côté algérien : pour Abdelmadjid Chikhi, également directeur des Archives nationales, « il ne s'agit pas d'écrire l'histoire », mais de « voir comment amener les deux pays à gérer leurs mémoires », avait-il affirmé à l'AFP.

    Rien ne filtre sur le travail côté algérien, Abdelmadjid Chikhi se contentant dans ses sorties médiatiques de dresser des lignes rouges ou se plaignant du fait que le dossier mémoriel « n'avance pas en raison du manque de volonté chez la partie française ».
    Pour Abdelmadjid Chikhi, l'opinion publique en France « n'est pas unie face au passé colonial de la France (…) Il y a des lobbys et des associations françaises influentes qui font obstruction aux négociations sous prétexte que nous nous sommes emparés – selon ce qu'ils croient – de leurs terres et de leurs biens ».

    France-Algérie : ce rapport Stora   sur la mémoire

    Le président Macron a demandé à l'historien Benjamin Stora de faire un rapport sur la mémoire franco-algérienne.  © DR

    Macron face au défi mémoriel

    Côté français, on évite la polémique. Le rapport Stora devra, selon un communiqué de l'Élysée, « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie (…) (et) dresser un état des lieux précis du regard porté sur ces enjeux de part et d'autre de la Méditerranée ». « Il faudrait revenir sur les pas franchis par les différents chefs d'État français sur la question mémorielle entre l'Algérie et la France », soutient un haut responsable français. « Nous devons dire : voilà le chemin parcouru, et voilà ce qui reste à faire », poursuit-il.

    Une politique des petits pas, depuis Chirac, mais qui « peut s'accélérer » sous Macron, assurent nos sources, qui rappellent la phrase du candidat à la présidentielle d'alors, en février 2017 à Alger, « la colonisation est un crime contre l'humanité » ; la reconnaissance officielle par Macron que Maurice Audin, qui s'engagea dans la lutte armée aux côtés des Algériens, a bien été « torturé puis exécuté ou torturé à mort » par des militaires français en 1957 ; la restitution, en juillet 2020, à l'Algérie des restes de 24 résistants algériens à la colonisation française, qui se trouvaient au Musée de l'homme à Paris depuis 1880.

    France-Algérie : ce rapport Stora   sur la mémoire

    2022, année historique… et très politique

    En janvier 2020, Macron confia aux journalistes qui l'accompagnaient dans son voyage retour de Jérusalem qu'il souhaitait conférer au défi mémoriel entre l'Algérie et la France « à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995 ». « On a cette histoire entre nous, mais moi je n'en suis pas prisonnier », lançait le président Macron en visite à Alger en décembre 2017 à un jeune l'interpellant sur la colonisation. « Pour Macron, 2022 est une date qu'il veut marquer, au-delà de l'enjeu de la présidentielle. Il ne s'agit pas seulement de l'Algérie comme pays partenaire avec lequel nous devons aplanir toutes les tensions, y compris mémorielles, mais c'est aussi une démarche pour déminer les questions identitaires et historiques qui déchirent la société française », soutient un sherpa de l'Élysée de passage à Alger il y a quelques mois.

    Du côté du palais présidentiel d'El Mouradia à Alger, le ton est à l'apaisement. « Le président Tebboune s'est engagé à aller de l'avant avec Paris. Il sent que Macron a une volonté sincère pour avancer sur les questions de la mémoire, mais aussi sur les autres dossiers, politique et économique », tient à rassurer un haut responsable algérien. Ce dernier nuance : « Il ne faut pas se fier aux apparences, aux pics de tensions conjoncturelles entre les deux pays, en haut lieu, la priorité est à l'apaisement… et à l'avenir. » 

    SOURCE : https://www.lepoint.fr/afrique/france-algerie-ce-rapport-stora-sur-la-memoire-19-01-2021-2410247_3826.php 

     

     

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  •  France, comment en es-tu arrivée là ?

    Passer des 30 glorieuses aux 30 piteuses

    et aux 3 douloureuses

    France, comment en es-tu arrivée là ? Passer des 30 glorieuses aux 30 piteuses et aux 3 douloureuses

    La France a connu au long de son histoire des heures sombres, des temps difficiles, des guerres qui l'ont laminée, mais elle a toujours su rebondir et retrouver sa place de grande nation.

    Mais depuis 3 décennies, c'est une lente descente aux enfers, le bateau France tangue dangereusement et va buter d'iceberg et iceberg, sur des problèmes qu'il ne sait plus résoudre qui font que le naufrage est de plus en plus probable.

    Les 30 glorieuses 

    Les 30 glorieuses désignent la période de forte croissance économique et d'augmentation du niveau de vie entre 1945 et 1975.

    En 1945 nous étions dans le fossé mais tout le monde a retroussé ses manches, et si les deux premières années ont été difficiles, la croissance économique a transformé notre société grâce à une forte augmentation de la production industrielle et du revenu qui ont vu le pouvoir d'achat et la consommation augmenter.

    De la fin de la guerre de 1945 au choc pétrolier de 1973 qui a été la première fêlure économique, la France a connu un progrès technique de haut niveau qui a induit un développement économique remarquable

    Une croissance forte de la production industrielle dépassant les 5% annuellement

    Un optimisme général et une confiance dans l'avenir qui ont amené une situation de plein emploi, une croissance démographique (Baby Boom).

    La reconstruction d'un pays dévasté par la guerre avançait au pas de charge.

    Avec une croissance de 5 à 6 %, notre pays ne connaissait ni chômage, ni insécurité. Jamais la France n’avait connu une telle explosion du niveau de vie.

    Difficile de se souvenir qu'en 1975 la France était la deuxième puissance économique mondiale derrière les États-Unis.

    La France était à la pointe de toutes les technologies, avec son nucléaire civil et militaire, son TGV, ses paquebots géants, ses sous-marins nucléaires, Ariane, la Caravelle.

    Nous avions le cinquième niveau de vie au monde derrière les USA et trois petits pays, la Suisse, le Luxembourg et la Suède.

    La croissance moyenne a été de 5 à 6% pendant 30 ans. On pouvait alors intégrer une immigration dans des conditions idéales.

    Bref, la France des Trente Glorieuses était un véritable paradis et l'épisode de mai 68, n'a été qu'un léger accroc et a été effacé en quelques mois. La croissance repartait illico de plus belle.

    Les 30 piteuses 

    Il a suffi de quelques décennies pour balayer l'héritage de ces 30 glorieuses. Des fossoyeurs de la nation, de droite comme de gauche ont participé à cette entreprise de démolition.

    L'âge d'or allait perdre son lustre irrémédiablement.

    De cette époque bénie il ne reste qu’un champ de ruines. Mondialisation, gabegie, désindustrialisation, incompétence, trahisons et lâchetés des uns et des autres, ont tout emporté.

    L'école 

    Qui était un fleuron de notre pays, dont nous étions fiers depuis Jules Ferry est en plein naufrage, nous sommes devenus les mauvais élèves de l'Europe. Chaque année le rapport Pisa nous relègue dans les bas fonds des classements.

    Notre service de santé 

    Glorieux en 1975, s'est dégradé au fil des ans. On se targuait d'avoir le meilleur service de santé du monde ce qui était sûrement vrai.

    On a vu s'accélérer la fermeture des hôpitaux, la suppression de lits par dizaines de milliers, la baisse des effectifs, le raz le bol du personnel mal payé et pressuré.

    Notre industrie 

    Glorieuse aussi en 1975 notre industrie a perdu plus de 3 millions d'emplois. Nous sommes devenus des nains en Europe.

    La mondialisation que nous n'avons pas su gérer a épargné d'autres pays, nous on a vendu ou délocalisé, un suicide économique.

    Notre agriculture 

    Elle faisait à juste raison notre fierté, elle ne vaut guère mieux.

    Sa part dans le PIB est passée de 6 % à 3 % depuis 1980.

    Nos agriculteurs vivent misérablement et leur nombre ne cesse de diminuer.

    En 2023, la France risque de devenir importatrice de produits agricoles !

    Les 3 douloureuses qui risquent d'être mortelles 

    Le peuple a fondé des espoirs sur ce jeune homme éloquent qu’elle a élu par défaut mais élu quand même. Pourtant, depuis 3 ans la dégradation générale s'est accélérée

    Bien sûr, notre président actuel n'est pas le responsable de ces 30 piteuses dont il a hérité, mais les trois ans passés ont été les plus néfastes de notre héritage.

    Le ras le bol est général. Trois ans de mouvements sociaux continuels. Ce président comme ses prédécesseurs n'a pas compris que notre système électoral conduisant à une monarchie et un pouvoir absolu pour 5 ans devenait insupportable.

    Mais le pouvoir est resté sourd.

    Alors on a eu les gilets jaunes, les manifestations hospitalières, celle des enseignants, le système de retraite contesté par tout le monde. On oublie de consulter le peuple, on le méprise parfois et alors la contestation est dans la rue.

    Tous les problèmes se sont aggravés, et le « en même temps » et la "com" continuelle ont lassé le peuple.

    Les mots ne guérissent pas les maux. Les Français attendaient une république exemplaire et un homme d'action et non un homme de discours gorgés d'emphase.

    Et pour aggraver l’ensemble, une pandémie, qui si elle n'est en aucun cas imputable au pouvoir a révélé son incompétence, ses mensonges et sa gestion déplorable. Gestion qui nous condamne à un avenir bien sombre.

    Les responsables auront démontré une incurie totale allant de la détermination du virus jusqu’à la mise en place de la vaccination en passant par la chienlit des masques, tant en valeur intrinsèque qu’en comparaison avec les autres pays

    France, comment en es-tu arrivée là ? Passer des 30 glorieuses aux 30 piteuses et aux 3 douloureuses

    Hausse record de la dette publique française

    La dette publique française a gonflé à 114,1 % du produit intérieur brut (PIB), soit 2.674,3 milliards d'euros, en hausse de 12,7 points par rapport à fin mars, soit la plus forte augmentation trimestrielle depuis que l'Insee publie cet indicateur.

    Le déficit public devrait atteindre 11,4 %. Du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Les Français décideront à nouveau de leur avenir en 2022.

    Ils ne doivent plus rechercher un homme providentiel, le moule est cassé, mais il faut un peuple providentiel donc modifier nos institutions afin que la représentation nationale ne soit plus un leurre, et que sur les sujets importants le peuple soit consulté par référendum.

    Référendums respectés contrairement à celui de 2005…

    C'est la seule voie si l'on pense que « la démocratie c'est le pouvoir au peuple par le peuple pour le peuple. » La seule alternative si l'on veut éviter le chaos de notre pays. 

     

     

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    France-Algérie: Le rapport sur la guerre d’Algérie attendu pour mercredi 20 janvier 2021

    France-Algérie: Le rapport sur la guerre d’Algérie attendu pour mercredi 20 janvier 2021

     

    Le rapport sur les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie préparé par l’historien Benjamin Stora à la demande du président français Emmanuel Macron sera rendu public mercredi, a indiqué dimanche l’Elysée. Le rapport doit aider à finir le travail historique réalisé sur la guerre d’Algérie.

    Le président Emmanuel Macron avait chargé en juillet l’historien, spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Algérie notamment durant l’époque de l’Algérie française, de rédiger un rapport sur la guerre et ses conséquences sur l’Algérie, et de formuler des propositions pour réconcilier les deux pays.

    Après presque 60 ans de la fin de la colonisation française, l’Algérie ne se défait toujours pas de son passé et réclame à maintes reprises réparation morale. Même les jeunes Algériens n’ayant pas connu la guerre restent attachés à cette période de conflit.

    Selon la présidence française, Benjamin Stora, né en Algérie et professeur d’histoire du Maghreb, « formule dans son rapport plusieurs recommandations qui visent à parvenir à cette nécessaire réconciliation des mémoires ». Il avait été chargé de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie ».

    En août, l’historien a expliqué son travail en affirmant qu’il n’allait pas écrire une histoire commune de l’Algérie, mais plutôt d’essayer de soulever des sujets comme les archives ou la question des disparus et envisager des actions culturelles qui pourraient en découler.

    Le président Emmanuel Macron s’est montré soucieux de terminer le travail historique sur la guerre en Algérie afin de pouvoir tourner la page. Il a également fait le parallèle entre les blessures du passé colonial en Algérie et le « séparatisme » islamiste.

    Un travail similaire a été engagé par Abdelmadjid Chikhi, un historien algérien désigné par le président Abdelmadjid Tebboune.

    En Algérie, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer réparation matérielle. Dans une lettre ouverte adressée au président français Emmanuel Macron dans le journal algérien El Watan, l’universitaire Seddik Larkeche, docteur en sciences politiques, a appelé la France à réparer financièrement l’Algérie pour ses plus de 130 années de colonisation, en évaluant à 100 milliards d’euros la somme des dommages.

    SOURCE : https://fr.hespress.com/185292-france-algerie-le-rapport-sur-la-guerre-dalgerie-attendu-pour-mercredi.html

     

    Journal Sud-Ouest (France)

    Mémoire : le rapport Stora sur la guerre d’Algérie sera rendu public mercredi 20janvier 2021

    France-Algérie: Le rapport sur la guerre d’Algérie attendu pour mercredi 20 janvier 2021

    L'historien Benjamin Stora a été missionné par l'Elysée. © Crédit photo : AFP

     

    L’historien Benjamin Stora remettra officiellement mercredi à Emmanuel Macron son rapport sur "les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie", avec des propositions pour parvenir à "une nécessaire réconciliation"

    Spécialiste reconnu de l’histoire contemporaine de l’Algérie, Benjamin Stora avait été chargé en juillet par Emmanuel Macron de "dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie". 

    L’historien Benjamin Stora "formule dans son rapport plusieurs recommandations qui visent à parvenir à cette nécessaire réconciliation des mémoires". "Cette mission avait pour objectif de dresser un état des lieux précis du regard porté sur ces enjeux de part et d’autre de la Méditerranée", précise l’Elysée. 

    60e anniversaire de l’Indépendance

    Les présidents français et algérien ont désigné chacun un expert – Abdelmadjid Chikhi pour l’Algérie – afin de travailler sur ce dossier toujours brûlant, à l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (1962).

    "Il n’est pas question d’écrire une histoire commune de l’Algérie, mais d’envisager des actions culturelles sur des sujets précis, à déterminer, comme par exemple les archives ou la question des disparus", avait expliqué en août l’historien.
    Emmanuel Macron l’a chargé de ce rapport dans le cadre de ses initiatives pour tenter de "finir le travail historique sur la guerre d’Algérie" parce que, a-t-il expliqué en décembre, "nous avons des tas de mémoires de la guerre d’Algérie qui sont autant de blessures".

    Dans son discours sur la défense des principes républicains, en octobre aux Mureaux (Yvelines), il avait déclaré que le "séparatisme" islamiste était en partie "nourri" par les "traumatismes" du "passé colonial" de la France et de la guerre d’Algérie, qui "nourrit des ressentiments, des non-dits". 

    "Besoin de réconcilier les mémoires"

    "J’espère beaucoup de ce rapport Stora parce qu’il y a besoin de réconcilier les mémoires" puisque "nous avons une histoire commune, mais des mémoires qui divergent", a insisté sur France Inter/franceInfo le premier secrétaire du PS Olivier Faure. 

    "J’aimerais qu’on puisse dire aux Françaises et aux Français: la République n’a pas été exempte de tout reproche, elle a commis des erreurs, même des fautes et voire même des crimes" mais "ça ne doit pas autoriser à dire que l’idée républicaine elle-même est condamnée", a-t-il fait valoir.

    Né en 1950 à Constantine en Algérie, Benjamin Stora enseigne l’histoire du Maghreb, des guerres de décolonisation et de l’immigration maghrébine en Europe à l’Université Paris 13 et à l’Inalco (Langues Orientales). Il est notamment l’auteur des essais "La gangrène et l’oubli, la mémoire de la guerre d’Algérie", "Appelés en guerre d’Algérie" ou "Algérie, la guerre invisible".  

    SOURCE : https://www.sudouest.fr/2021/01/17/memoire-le-rapport-stora-sur-la-guerre-d-algerie-sera-rendu-public-mercredi-8297264-10407.php 

     

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    "J'entends siffler le train"

    19 mars 1962 : C’est le cessez-le-feu de la guerre d’indépendance de l’Algérie, la même année Richard Anthony écrit la chanson «  J’entends siffler le train » qui reste son plus grand succès.

     

    Au début de l'été 1962, c'est dans le contexte de fin de guerre d'Algérie (5 juillet 1962), que sort J'entends siffler le train interprété par Richard Anthony. Sur une musique nostalgique, le refrain de cette chanson d'amour rappelle aux appelés et à leurs familles les trains qui les emmenaient au combat. Rétrospectivement, Richard Anthony évoque le fait : « Les jeunes partaient faire cette sale guerre d'Algérie. Ils chantaient ça paraît-il dans les baraquements. On l'a vraiment pas fait exprès. »