• Refusons la guerre civile... et évitons tout amalgame…

    Refusons la guerre civile... et évitons tout amalgame…

    Après l'attentat qui s'est produit aujourd'hui contre Charlie Hebdo il est trop tôt pour dénoncer la mouvance responsable d'un tel acte (extrême-droite ou islamisme) et ceux qui s'y adonnent prennent un grand risque. On peut être extrémiste de droite et crier "on a vengé le prophète" dans un but évident.

    Ce qui se passe aujourd'hui prend un tour terrible. Il y a une opposition dans laquelle nous sommes plongés entre les « nouveaux-nazis » et des populations ostracisés par le racisme et désespérées socialement. Nous sommes aujourd'hui effondrés. Notre impuissance et notre tristesse nous invite à partager ceci.

    Depuis des années, nous sommes nombreux et nombreuses à nous demander comment font les jeunes dits "des banlieues" pour se tenir si tranquilles malgré la violence qui leur est faite. Racisme institutionnalisé, ghettoïsation de la pauvreté. Deux méthodes ont jusqu'à aujourd'hui suffi à contenir cette jeunesse dans une tranquillité surprenante : la honte et la prison.

    La honte de ne pas coller au modèle, celle de ne pas pouvoir consommer selon les injonctions à la mode, celle d'appartenir à une classe sociale ou de porter une couleur de peau qui fait peur. Cette honte a souvent dégénéré en une haine de soi conduisant toujours aux mêmes conséquences: drogue, alcoolisme, violence contre les siens.

    D'autre part, la prison, en jetant "l'effroi sur les quartiers" (Foucault) a réussi à faire plier des populations qui n'en peuvent plus de tant d'injustices.

    Mais entre temps, cette situation a permis l'émergence d'un autre phénomène. Le racisme de moins en moins acceptable socialement s'est masqué derrière la défense légitime de la laïcité. La haine des Noirs et des Arabes s'est grimée en "défense" contre les Musulmans, d'abord intégristes, puis tous les Musulmans considérés comme une cinquième colonne.

    Aujourd'hui, des polémistes racistes popularisés par les grands médias (de service public) proposent la "déportation" les populations immigrées qu'ils considèrent comme "de remplacement". 

    Nous allons donc nous retrouver entre, d'une part les "nouveaux-nazis" (le terme s'applique ici parfaitement) et les exclus devenus fous (de dieu). Nous n'aurons pas à choisir un des deux camps. Seulement à subir deux folies qui s'affronteront parce que nous aurons été indifférents ou cyniques.

    Charlie Hebdo, hebdomadaire satirique et jouant donc sur un mauvais goût assumé, s'en est toujours pris à toutes les religions. Il s'en est inlassablement pris à l'extrême-droite. Le journal a parfois été accusé de racisme par des personnes qui ont fait une lecture malhonnête et très sélective de ses pages, oubliant les dessins et articles qui s'en prenaient à la chrétienté et au judaïsme. Les personnes et les organisations qui, hier soir encore, crachaient sur Charlie Hebdo, font aujourd'hui des communiqués hypocrites pour affirmer leur tristesse. Le journal a toujours joué avec la notion de blasphème, ce qui est parfaitement sain dans une démocratie laïque. Il en paie le prix aujourd'hui en étant pris dans une folie barbare, qu'elle soit commise par des nouveaux-nazis ou par des islamistes.

    Si nous voulons éviter une pareille catastrophe, il nous reste à nous les blancs, laïcs mais aussi révoltés par le racisme et les injustices sociales, à faire savoir que nous sommes là et que nous ne cèderons pas à cette folie qui nous emporte. Il nous faut résister et dire que nous n'avons pas peur de l'autre. Car nous lui ressemblons.

    Il nous reste à le faire... Nous pensons aujourd'hui à nos amis de Charlie Hebdo et à leurs familles. Nous pensons, bien sûr, aux policiers assassinés et leurs familles. Nous pensons aussi aux Musulmans de France, aux Arabes de France, aux Noirs de France, qui luttent quotidiennement pour vivre dignement dans une société qui les méprise et sans pour autant tomber dans la violence. Ces femmes et ces hommes paieront aussi le prix de cette barbarie s'il s'avère que l'attentat a été commis par des fous de dieu. Cela sera une injustice de plus... Et l'avenir est inquiétant car l'islamophobie, sans oublier tous les autres racismes qui sont déjà insupportables pourraient encore s'amplifier.

    Refusons la guerre civile... et évitons tout amalgame…

    Merci de signer aussi cette pétition qui circule sur le Web :

    https://secure.avaaz.org/fr/avec_charlie_4/?sjpoVbb

     

    À tous nos concitoyens:

    Nous, citoyennes et citoyens en France, exhortons nos responsables politiques à protéger la liberté d’expression et à mettre un terme à la flambée de violences et de peur. L’attaque atroce qui a eu lieu aujourd’hui ne doit pas nous diviser, rassemblons-nous contre les peurs et les préjugés. C'est notre meilleure arme contre les extrémismes et la meilleure voie pour le vivre ensemble auquel nous aspirons toutes et tous.

    L’attaque ce matin n’a pas seulement ôté la vie de Wolinski, Charb, Cabu et des autres journalistes de Charlie Hebdo: elle menace l'essence même de notre démocratie, notre liberté d'expression, nos droits, notre humanité partagée.

    Seule une poignée de personnes mal intentionnées jubile. À coup sûr, les terroristes et extrémistes de tous bords vont tenter d’utiliser ce drame pour diviser notre société, en jouant sur les peurs et les préjugés. Mais la tragédie de ce matin peut aussi nous rassembler comme jamais -- cela ne dépend que de nous.

    Si dans les prochaines 24h, aux quatre coins de France, nos voix ne font qu’une, que nous clamons tous ensemble notre solidarité et notre unité pour défendre la liberté de notre presse, notre diversité et notre tolérance, nous parviendrons à couvrir les discours haineux et le bruit des armes. Ne nous laissons pas diviser et réduire au silence. Cliquez pour s'unir contre la haine et défendre nos libertés -- lorsque nous atteindrons 100 000 personnes, nous ferons retentir notre message dans les médias: “Nous restons unis”, “Nous Sommes Charlie”.

    Refusons la guerre civile... et évitons tout amalgame…

     

    Le meilleur hommage que la République pourrait rendre, d'une part, à ces martyrs de la liberté d'expression serait de les inhumer tous ensemble dans un lieu public de Paris qui porterait leurs noms et de leur prévoir des obsèques nationales. Cet acte est à rappeler en permanence aux générations futures et leur dire sans cesse que pour éviter la guerre civile qui est à notre porte c'est de faire reculer la haine, d'autre part, nous espérons que la République saura rassembler tous ses enfants quelle que soit leur couleur de peau ou leur origine, dans les valeurs de Liberté, Egalité, Fraternité.

    « Rachid Mokthari s'entretient avec Jean-Paul Nozière dans le journal algérien "L'Est Républicain" *** « Le Journal de Saône-et-Loire » a rencontré aussi Jean-Paul Nozière Pour le caricaturiste algérien Dilem, «On est dans la barbarie extrême» »
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