• Rencontre avec les «autres» pieds-noirs : ceux restés en Algérie

     Rencontre avec les «autres» pieds-noirs : ceux restés en Algérie

    Pierre Daum

    http://blog.lefigaro.fr/algerie/2012/01/decouvrez-les-autres-pieds-noirs-ceux-restes-en-algerie.html 

    Ni valise ni Cercueil, les pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance, le livre du journaliste Pierre Daum, publié chez Actes Sud, est un ouvrage inédit. Comme le souligne Benjamin Stora dans la préface, «aucune étude approfondie n’avait jusqu’à présent été entreprise sur le sort des Européens et des Juifs restés en Algérie après 1962». S’il en fallait d’autres, voici cinq autres bonnes raisons de le lire…

    Pierre Daum rappelle que les pieds-noirs

    ne sont pas tous des rapatriés 

    "Pour mener une étude fine sur les pieds-noirs, il faut les interroger dans leur diversité. Or depuis cinquante-deux ans, un seul discours domine : celui d’un petit groupe de rapatriés qui monopolise les récits sur les pieds-noirs. Et ce discours écrasant repose sur deux idées piliers : «Nous sommes "tous" partis en 1962» et «Nous n’avions pas d’autre choix». Cette argumentation a permis à tous ces rapatriés, à la fois de se maintenir dans la position confortable de la victime innocente et d’éviter qu’on leur pose la question : «Pourquoi êtes-vous partis ?». Mon travail fait vaciller ces deux piliers. Car à la fin de 1962, ils étaient un peu plus de 200000 pieds-noirs à être restés en Algérie. Et tous les témoignages concordent : ceux qui ont choisi de rester disent qu’ils ne risquaient absolument rien, les violences s’étant subitement arrêtées à la fin de l’été 1962."

    Comment obtient-on le chiffre de 200 000 pieds-noirs restés en Algérie ?


      

    Pierre Daum par melanimes

    L’auteur revient sur le massacre du 5 juillet 1962 à Oran, peu connu 

    "Il y a un lien entre cet événement et l’histoire générale. Si le massacre du 5 juillet 1962 à Oran est une date familière chez tous les pieds-noirs, il reste inconnu en dehors de ce milieu. Avec la fusillade de la rue d’Isly, ces deux événements sont des points forts de la construction du discours des rapatriés. Dans le cas du massacre d’Oran, ces derniers disent : «Nous ne pouvions pas rester, c’était la valise ou le cercueil ! Regardez ce qui s’est passé à Oran !» Alors qu’en réalité, les rapatriés étaient déjà revenus en masse en avril, mai et juin. La violence du 5 juillet 1962 n’était pas le fait de tous les Algériens mais d’une foule hystérique et s’explique par les six mois qui ont précédé le drame. Les Algériens d’Oran, victimes de la folie meurtrière de l’OAS, vivaient depuis des mois les pires pressions, les pires atrocités. En ce début juillet, alors qu’ils défilent pour fêter l’indépendance, des coups de feu sont tirés contre des manifestants sans que l’on sache d’où ils viennent. Pensant que c’est l’OAS, des manifestants se lancent alors dans une chasse à l’Européen, une chasse au faciès, dans laquelle plusieurs Algériens sont tués. Bilan : au moins 150 personnes, peut-être jusqu’à 400, en quelques heures."

    Pour en savoir plus sur cet événement : lire le reportage "Chronique d'un massacre annoncé. Oran, 5 juillet 1962".

    Il fait tomber une idée reçue : les pieds-noirs restés en Algérie ne sont pas tous des personnes âgées ou des militants de la cause algérienne… 

    "Les quelques travaux qui ont été faits sur les pieds-noirs restés en Algérie sont passés inaperçus et ont eu tendance à véhiculer l’idée que ces pieds-noirs s’étaient engagés aux côtés des Algériens pour l’indépendance. Mon travail m’a permis de découvrir l’extrême diversité de leurs profils. D’abord une diversité idéologique : on trouve des pieds-noirs impliqués auprès du FLN -même s’ils sont minoritaires, d’autres qui n’avaient pas une idée arrêtée sur le sujet, d’autres encore clairement en faveur d'une Algérie française, voire même des sympathisants forts de l’OAS. Il y a ensuite une diversité géographique : les pieds-noirs ne sont pas concentrés dans les grandes villes (une autre idée reçue), ils sont nombreux à être restés dans de petites villes et des villages. C’est l’intérêt de la liste des 150  personnes publiée dans le livre, pour lesquels j’ai indiqué notamment le lieu de résidence après 1962. Enfin, on relève aussi une grande diversité sociologique et professionnelle. Avant l’indépendance, les pieds-noirs n’étaient pas tous des colons ! La classe moyenne était bien représentée, il y avait aussi des pauvres. On retrouve aujourd’hui toutes ces catégories sociales.

    Voir le témoignage d'un chef de gare 

     

    Il nous fait partager des récits intimes de personnes peu habituées

    à se dévoiler 

    "Un des aspects fondamentaux de ce métier est de faire parler les gens : cela fait partie de ma façon de pratiquer le journalisme –car ce livre est une livre de journaliste et pas d’historien. J’ai procédé de la même manière pour mon premier livre sur les travailleurs Indochinois, des gens qui n’avaient jamais raconté leur histoire. Et pour cela, il faut prendre du temps ! Je porte ce projet depuis deux ans et demi, trois ans. J’avais identifié une cinquantaine de pieds-noirs restés en Algérie. Après être entré en contact avec une trentaine d’entre eux, j’en ai sélectionné une quinzaine en fonction de différents critères, l’objectif étant de donner un éventail de profils le plus complet possible. Mais il est vrai que la tendance générale chez les pieds-noirs restés en Algérie est de ne pas parler…"

     Il nous fait découvrir l’Algérie algérienne 

    "Je voulais, à travers le récit de ces pieds-noirs restés en Algérie, faire connaître des bouts de cette Algérie algérienne, via des sujets comme le cinéma, le combat des femmes, l’agriculture... En France, les articles, les livres, les documentaires sur l’Algérie française ne manquent pas mais il n’existe rien sur ce qui s’est passé après l’indépendance. Comme si la porte de l’intérêt pour l’Algérie s’était refermée en 1962…"

    Français d'Algérie : deux soeurs, une mer

    Rencontre avec les «autres» pieds-noirs : ceux restés en Algérie

    Alors que des centaines de milliers de pieds-noirs ont quitté l'Algérie en 1962, Germaine, ici à Arzew en février 2012, a décidé de rester.
    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/francais-d-algerie-deux-soeurs-une-mer_1094027.html 

    Il y a cinquante-deux ans, après les accords d'Evian, des centaines de milliers de pieds-noirs quittent l'Algérie. Parmi eux, Yvette, qui vit aujourd'hui à Palavas, dans l'Hérault. Sa cadette, Germaine, a choisi de rester à Arzew, près d'Oran. Rencontres entre deux rives.

    J'espère que cela ne sera pas de sitôt, mais, quand mon heure arrivera, c'est là-haut que je veux être enterrée. Face à la mer, pour la regarder, comme au premier jour, se balancer d'une crique à l'autre. Je suis née dans ce pays, je lui ai toujours appartenu. C'est logique que ma dernière demeure soit ici". Germaine montre du doigt le vieux cimetière marin, construit en terrasses sur la Méditerranée et peuplé de sépultures chrétiennes dont certaines sont en piteux état. Il n'est qu'à quelques minutes en voiture du modeste pavillon que la vieille dame occupe depuis les premiers jours de l'indépendance algérienne, au lieu-dit de la Fontaine-des-Gazelles, non loin d'Arzew. Française d'Algérie depuis quatre générations, Germaine tient avec son fils, Pierre, sur la place centrale de cet ancien port de pêche devenu après l'indépendance la grande ville pétrolière de l'Ouest algérien, un restaurant aux nappes à carreaux rouges et blancs, la Germainerie. Elle l'a ouvert au début des années 1960, à la place du bar acheté en 1930 par ses parents. 

    Les Pieds-noirs

    L'expression désigne les Européens et les juifs d'Algérie, c'est-à-dire les non-musulmans qui vivaient en Algérie au moment de l'indépendance. Tous jouissaient en 1962 de la pleine nationalité française. 

    Germaine Ripoll, 87 ans, est l'une des quelque 200.000 pieds-noirs qui ont fait le choix en 1962, au moment de l'indépendance, de rester en Algérie. Cette année-là, sa soeur Yvette, de deux ans son aînée, s'est installée avec sa famille en France, où leur mère l'a rejointe peu après. Aujourd'hui, Yvette coule ses vieux jours, elle aussi, au bord de la Méditerranée, mais sur l'autre rive. Elle et son mari habitent depuis quelques années un appartement dans une petite résidence à l'entrée de Palavas-les-Flots (Hérault). Yvette confie que le port de Palavas, "avec les pêcheurs qui vendent leurs poissons sur les quais", lui rappelle celui d'Arzew - avant la raffinerie construite dans les années 1970 par la Sonatrach et l'alignement des tankers dans la rade... "Arzew, se souvient pour sa part Germaine, était ouverte sur la mer. Il n'y avait que le soleil, la plage, les criques, le phare et les pêcheurs". Les photos qu'elle conserve des années 1946-1947 la montrent en pin-up, souriant à la vie et au bleu du ciel et de l'eau. "Ma mère m'a tricoté le maillot deux-pièces que je portais. Mouillé, il était lourd. Mais il m'allait bien".

     

    Rencontre avec les «autres» pieds-noirs : ceux restés en Algérie

    Yvette, à Palavas-les-Flots

    Yvette et Germaine descendent d'une vieille famille catalane, installée en Algérie peu après la conquête du territoire par l'armée française en 1830. Leurs quatre grands-parents comme leurs parents sont nés dans cette partie du littoral oranais qui s'étend d'Arzew à Gdyel, l'ex-Saint-Cloud. Leur grand-père paternel dirigeait à El-Guessiba, à 4 kilomètres d'Arzew, une ferme qui appartenait à un colon français; converti à l'islam, il était devenu un marabout respecté. C'est là que les deux soeurs voient le jour, l'une en 1923 et l'autre en 1925. Un frère, Vincent, né en 1922, sera engagé volontaire et mourra à la guerre, à 21 ans, en 1943.

    Rencontre avec les «autres» pieds-noirs : ceux restés en Algérie

     

    Lorsque leurs parents s'installent à Arzew, Yvette et Germaine ont 5 et 3 ans. Inscrites aux Enfants de Marie, un patronage, elles apprennent leurs premiers mots de français, avant de rejoindre l'école communale. L'une et l'autre donnent ensuite un coup de main à leurs parents, qui tiennent, outre le bar, un entrepôt de vins et liqueurs. Yvette rêve déjà d'aller en métropole. A l'époque, cependant, une jeune fille ne voyage pas seule... Au milieu des années 1940, elle fait la connaissance d'Alain Chauderlot, un fusilier marin, de trois ans son aîné, alors basé à Arzew avec son régiment. C'est en jeune mariée qu'elle découvrira peu après l'Hexagone, et d'abord les Ardennes, dont il est originaire. Mais le couple décide de rester en Algérie. Alain entre aux Affaires maritimes, devient syndic des gens de mer. Trois enfants naissent, un garçon et deux filles. 

    Amoureuse de la mer, excellente nageuse, Germaine réussit à se faire accepter dans un club d'aviron où, précise-t-elle, "il n'y avait que des hommes". Elle y rencontre celui qui deviendra son mari, un Français de métropole, originaire du Creusot et descendant d'une famille russe ayant fui la révolution de 1917. "Il était beau, il m'a plu et nous nous sommes mariés au cours de l'été 1950". Ensemble, ils auront un fils unique, Pierre. Né en 1956 et aujourd'hui marié à Leila, native d'Oran et originaire d'une famille berbère du Maroc, ce père de quatre enfants, deux garçons et deux filles, dirige désormais la Germainerie. 

    Jeunes mères de famille, les deux soeurs traversent les années de guerre sans vraiment s'en rendre compte. "A Arzew, il n'y avait pas de problèmes, affirme Yvette. Juste quelques Français de souche qui se poussaient un peu du col... Nous nous entendions bien avec les Arabes, comme avec les Juifs. Les violences, ce sont des Arabes venus de Tunisie [l'armée des frontières] qui les ont commises". A l'époque, pour les deux soeurs, l'Algérie, c'est la France. Et elle doit le rester. L'une et l'autre auront le sentiment d'avoir été trahies par le général de Gaulle. 

    Yvette n'est revenue qu'une fois après l'indépendance

    Rencontre avec les «autres» pieds-noirs : ceux restés en Algérie

    Germaine, à son mariage en 1950.

    Le 18 mars 1962, le gouvernement français et la rébellion algérienne signent les accords d'Evian, premier pas vers l'indépendance. Le texte précise que les droits et les biens des Européens d'Algérie seront respectés. Mais tout se précipite au cours de l'été: l'OAS bascule dans un combat de plus en plus désespéré. Face à cette "politique de la terre brûlée", les chefs du FLN ne parviennent pas à empêcher de sanglantes représailles. Faut-il partir? Peut-on rester? Les 6000 pieds-noirs d'Arzew, comme tous les autres, s'interrogent. 

    Yvette et son mari, Alain, sont inquiets. Lui qui parcourt tous les jours la route qui sépare Arzew d'Oran, voit monter l'insécurité. Des Arabes sont tués par des pieds-noirs, pêcheurs d'Arzew. Des Français sont enlevés. "Tout le monde s'en prenait à tout le monde", résume Yvette. Et puis il y a les journaux, de plus en plus alarmistes. Le couple décide de mettre les enfants, alors âgés de 12 à 16 ans, à l'abri chez leurs grands-parents, dans les Ardennes. Yvette les accompagne. Aujourd'hui encore, elle se souvient du bateau pour Marseille, bondé, des familles entassées sur le pont, des gens malades... Le retour, en avion, est plus facile. Mais la situation, sur place, est de plus en plus tendue.  

    Début juillet, à Oran, des coups de feu sont tirés contre des Algériens qui défilent pour fêter l'indépendance. Convaincus qu'il s'agit de l'OAS, ils se lancent dans une sanglante chasse aux Européens. Au lendemain de cette tuerie, Yvette et Alain décident de partir, pour toujours. "J'aimais ce pays. Si j'avais été seule, je serais restée. Mais il y avait les enfants. Leur sécurité et leur avenir étaient en jeu." Le couple prend place dans un petit convoi en direction de l'aéroport d'Oran, manque les deux premiers vols, pour Bordeaux et Toulouse, et finit par embarquer à bord d'une Caravelle pour Paris. Après des semaines dans les Ardennes, Alain obtient un poste à Marennes, en Charente-Maritime. Il sera ensuite muté à Fouras, près de La Rochelle. "J'ai souffert de l'humidité et du froid", confie Yvette, heureuse d'avoir, quelque trente ans plus tard, retrouvé sa chère Méditerranée. Aujourd'hui, ses trois enfants ont fait leur vie, en France. Et elle est une grand-mère comblée. 

    Germaine n'a toujours "ni compris ni digéré"

    l'exode massif des pieds-noirs

    La Grande Bleue, Germaine ne l'a jamais quittée. Lorsque survient l'indépendance, elle est sur le point de divorcer et décide d'envoyer son fils, pour un temps, chez son père, qui a trouvé refuge à Toulon. Elle restera. "Bien sûr, il y avait l'OAS, les représailles et les morts... Mais ça se passait à Oran, qui nous semblait à des milliers de kilomètres. A Arzew, la vie était plutôt tranquille. Quand l'indépendance a été proclamée, des Arabes sont descendus de leurs quartiers vers le centre-ville européen, mais ils n'ont rien fait. Ils avaient presque peur d'y mettre les pieds, et ne voulaient pas que les Européens partent et abandonnent leur pays! Certains se sont dirigés vers mon restaurant. Je suis sortie sur le trottoir. Nous nous sommes regardés, puis embrassés. Je me souviendrai toujours de cet instant". Un demi-siècle plus tard, Germaine avoue qu'elle n'a toujours "ni compris ni digéré" l'exode massif des pieds-noirs. 

    Accords d'Evian

    Signés le 18 mars 1962, les accords d'Evian aboutissent à la proclamation d'un cessez-le-feu dès le lendemain sur tout le territoire algérien. Ils prévoient l'organisation d'un référendum d'autodétermination permettant aux Algériens de choisir l'indépendance. 

    Après son départ, Yvette n'est revenue qu'une seule fois en Algérie, trois ans après l'indépendance: la jeune femme est retournée à Arzew pour récupérer un chien de chasse que son mari avait dû laisser en 1962. L'ancien facteur, devenu maire d'Arzew, lui a offert un poste d'institutrice. Elle a poliment décliné. 

    Germaine, elle, a envisagé un temps de partir, à la fin des années 1960. Sa soeur lui avait trouvé un bar non loin de Fouras. Elle a fait le voyage et a même versé des arrhes. Mais elle a rapidement compris qu'elle ne se ferait pas à cette nouvelle vie et a repris le chemin d'Arzew. En 1993, pendant les années de sang, elle a reçu une lettre de menaces, la sommant de quitter l'Algérie. Les services consulaires français lui ont alors conseillé de faire ses bagages. Elle a refusé. "Je ne pouvais pas abandonner mon pays. Ni cette mer que je regarde chaque matin". 

    Ceux qui sont restés

    Le témoignage de Germaine Ripoll figure en bonne place dans un ouvrage publié en 2012 par le journaliste Pierre Daum. Son livre est le premier entièrement consacré aux pieds-noirs qui ont choisi, en 1962, de ne pas gagner la France et de tenter le pari de l'indépendance. Au total, quelque 200.000 Européens et juifs sont restés après l'été 1962, soit pour y finir leurs jours, soit pour finalement quitter le pays, peu à peu, au cours des décennies suivantes. Leurs motivations, comme leurs opinions, étaient diverses. Une réalité trop passée sous silence. Aujourd'hui encore, quelques centaines de pieds-noirs vivent en Algérie. La plupart ont conservé leur nationalité française. Pour le journaliste, 15 d'entre eux ont accepté de témoigner. Leur histoire permet de découvrir un aspect méconnu du passé colonial de la France. 

    Ni valise ni cercueil. les pieds-noirs restés en Algérie après l'indépendance, par Pierre Daum. 

     

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