• Retour de la plaque de la rue du 19 mars 1962 *** Un article de Jacques CROS

    Retour de la plaque de la rue du 19 mars 1962

     

     

    Dans un article publié dans l’édition du dimanche 20 mars de Midi Libre, nous avons appris que la rue du 19 mars 1962 avait provisoirement retrouvé son nom. Dans la nuit du 18 au 19 mars une plaque avait en effet été posée sur celle qui, selon la décision du maire de Béziers, l’a remplacée le 14 mars 2015.

    Bien sûr ce retour n’est que symbolique. La guerre des mémoires continue. Nous avons relevé une certaine évolution, encore insuffisante à nos yeux, sur l’analyse de ce qu’a été la guerre d’Algérie. La présence du chef de l’Etat lors de la cérémonie au Quai de Branly, la teneur du discours qu’il a tenu, sont à prendre en considération.

    Il reste qu’on ne peut pas continuer à faire l’impasse sur la nature de ce qu’a été ce conflit qui a duré près de huit ans et qui s’est soldé par des drames sur les deux rives de la Méditerranée. La guerre d’Algérie a été une tentative de maintenir un système que l’histoire a condamné, le colonialisme.

    On peut se torturer l’esprit en évoquant le sort des Pieds Noirs, celui des harkis, on ne peut continuer à taire les malheurs du peuple algérien et ceux des appelés du contingent, enrôlés malgré eux dans une armée qui n’avait pas le beau rôle. De ce point de vue il est nécessaire de clarifier et d’aller à l’essentiel.

    L’essentiel c’est la condamnation d’une guerre menée contre un peuple qui se battait pour son indépendance, sa liberté, sa dignité. On ne peut pas jouer avec cette réalité et noyer la question dans des considérations qui nous feraient oublier ce qui était réellement en cause.

    Non, on ne peut pas maintenir une deuxième journée, celle du 5 décembre, pour commémorer la fin d’un épisode qui a connu des phases particulièrement tragiques. Oui, le 19 mars est l’entrée en vigueur du cessez-le feu. C’est une date historique, avalisée par le Parlement, on ne peut pas tricher avec ce qu’elle représente.

    D’autant plus doit-on ajouter que les expéditions militaires dans lesquelles la France est aujourd’hui engagée nous ramènent à cette période de l’idéologie colonialiste où la force primait le droit. Aussi nous appelons chacun à se positionner sans confusion pour la paix et l’amitié entre les peuples.

     Jacques Cros

    « Si chère parole libre de Simone de BollardièreLa tendance OAS, qui n’a jamais baissé les bras, pleure aujourd’hui les drames humains de 1962 qu’elle a elle-même causés. »
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