• Revue de presse française et aussi celle que vous ne verrez jamais en France !!!

     

    Revue de presse française

    Et aussi celle que vous ne verrez jamais

    en France !!!

    La guerre d'Algérie, un conflit aux plaies encore vives

    Revue de presse française et aussi celle que vous ne verrez jamais en France !!!

    Tlemcen se prépare à accueillir François Hollande en visite officielle de deux jours en Algérie le 20 décembre 2012. Le président français avait alors reconnu la domination coloniale «brutale» de la France sur le peuple algérien, sans s'en excuser, alors qu'il cherchait à lancer une nouvelle ère dans les relations avec l’Algérie. (Bertrand Langlois/Pool/AFP) 

    • Emmanuel Macron reconnaît en 2018 que le mathématicien Maurice Audin est mort sous la torture de l'armée française en 1957, et demande «pardon» à sa veuve
    • En septembre, le président Macron demande «pardon» aux harkis qui furent «abandonnés» par la France après avoir combattu pour elle

    PARIS : Soixante ans après la fin de la guerre de l'Algérie (1954-1962), les plaies sont encore vives de part et d'autre malgré des gestes symboliques au fil des ans de la France, qui exclut toutefois «repentance» ou «excuses».

    Introspection douloureuse

    Il faut attendre près de 40 ans, en 1999, pour que la France qualifie officiellement de «guerre» cette période douloureuse et sanglante ayant scellé l'indépendance de son ancienne colonie.

    Comme Valéry Giscard d'Estaing, premier chef d'État français à effectuer en 1975 une visite officielle dans l'Algérie désormais indépendante, François Mitterrand et Jacques Chirac se gardent de condamner la colonisation durant leurs mandats élyséens.

    En 2007, en visite à Alger, le président Nicolas Sarkozy déclare que «le système colonial a été profondément injuste», mais évoque «d'innombrables victimes des deux côtés».

    En 2012 à Alger, François Hollande va plus loin en déclarant que «pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal». Le 19 mars 2016, il est le premier président à commémorer la fin de la guerre d'Algérie, provoquant une levée de boucliers parmi une partie de la classe politique.

    Cinq ans après, en février 2017, Emmanuel Macron, alors candidat à l'élection présidentielle, provoque un tollé à droite et parmi les rapatriés d'Algérie en déclarant que la colonisation « c'est un  crime  contre  l’humanité », « une vraie barbarie ». « Ca fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes », ajoute-t-il. 

    «Actes symboliques»

    En septembre 2018, devenu président, M. Macron reconnaît que le jeune mathématicien communiste Maurice Audin est mort sous la torture de l'armée française en 1957, et demande « pardon » à sa veuve.

    Après la publication du rapport de l'historien français Benjamin Stora, en janvier 2021, il s'engage à des « actes symboliques » pour tenter de réconcilier les deux pays, mais exclut cette fois « repentance » et « excuses ».

    Début mars, il reconnaît ainsi, « au nom de la France », que l'avocat nationaliste Ali Boumendjel a été « torturé et assassiné » le 23 mars 1957 par l'armée française, contredisant la thèse officielle de son suicide.

    En septembre, le président Macron demande « pardon » aux harkis qui furent « abandonnés » par la France après avoir combattu pour elle, et annonce un projet de loi « de réparation », adopté le 15 février 2022.

    Regain de tension avec Alger

    Le 2 octobre 2021, Alger rappelle, pour trois mois, son ambassadeur à Paris, en réaction indignée aux propos d'Emmanuel Macron affirmant devant des jeunes que l'Algérie, après son indépendance, s'est construite sur « une rente mémorielle » entretenue par « le système politico-militaire ».

    Le 16 octobre, M. Macron déclare que « les crimes commis le 17 octobre 1961 sous l'autorité de Maurice Papon sont inexcusables pour la République », 60 ans après le massacre de manifestants algériens pacifiques à Paris.

    Après avoir annoncé un accès facilité aux archives classifiées, Paris annonce le 10 décembre l'ouverture de celles concernant « les enquêtes judiciaires » de la guerre d'Algérie.

    Le 26 janvier 2022 Emmanuel Macron exprime « la reconnaissance » de la France envers les rapatriés d'Algérie et invite à reconnaître comme tels deux « massacres » ayant eu lieu après la signature des accords d'Evian : la fusillade de la rue d'Isly à Alger, le 26 mars 1962, et le « massacre du 5 juillet 1962 » à Oran.

    Le 8 février, il rend hommage aux manifestants morts au métro Charonne à Paris le 8 février 1962 lors d'un rassemblement pacifique contre l'OAS très violemment réprimé par la police. C'est le premier président à rendre hommage aux neuf victimes de ce rassemblement organisé entre autres par le parti communiste, la CGT, et l'UNEF.

    MARSEILLE REVISITE SES « HISTOIRES » D'ALGÉRIE

    Avant-poste de la France coloniale, port d'arrivée pour des milliers d'ouvriers algériens puis pour les rapatriés à l'indépendance de l'Algérie il y a 60 ans, Marseille concentre des histoires franco-algériennes multiples et souvent douloureuses qu'elle commence à revisiter.

    Dans la deuxième ville de France, « on estime que sur plus de 800.000 habitants, près de 200.000 sont concernés de près ou de loin par l'Algérie », souligne Samia Chabani, directrice d'Ancrages, centre de ressources sur l'histoire et les mémoires des migrations à Marseille.

    Parmi elles, les pieds-noirs, Européens originaires de France, d'Espagne ou d'Italie, établis en Algérie depuis des générations et rapatriés dans l'urgence et la douleur après une guerre qui fit près de 500.000 morts civils et militaires, dont quelque 400.000 Algériens, selon les historiens.

    Mais aussi des Harkis, supplétifs de l'armée française, des Marseillais appelés à combattre en Algérie, ainsi que des immigrés algériens, parfois militants indépendantistes, et les descendants de tous ces groupes.

    Les grandes cités de Marseille construites à la va-vite dans les années 1960 virent passer une partie de ces populations ballottées entre les deux pays.

    Des Algériens fuyant la « décennie noire » (1991-2002) ou des étudiants ont ensuite rejoint la ville portuaire. Chaque semaine, les ferries blancs reliant Alger symbolisent les liens toujours forts entre ces cités méditerranéennes «miroirs».

    Quand il s'agit d'évoquer la guerre d'Algérie et les 132 ans de colonisation, les mémoires restent «compartimentées», constate l'historienne Karima Dirèche, spécialiste de l'Algérie au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). S'il existe un monument aux rapatriés, il n'y a pas de lieu du souvenir faisant consensus entre les mémoires blessées.

    Certains à Marseille travaillent pourtant au dialogue de ces histoires.

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    Comme Jacques Pradel, président de l'Association nationale des pieds-noirs progressistes, qui, avec Ancrages et des associations de la diaspora algérienne et antiracistes, organisent des commémorations pour les accords d'Evian. Une démarche peu commune, beaucoup de pieds-noirs refusant de commémorer ces accords qu'ils vivent comme un moment sombre.

    Né à Tiaret (nord-ouest de l'Algérie), Jacques Pradel a grandi dans « une famille de colons français, un milieu privilégié», même si l'ancêtre arrivé au XIXe siècle «était un petit paysan du Tarn chassé par la misère »

    « Comme mes parents étaient fondamentalement antiracistes, cela m'a aidé à ouvrir les yeux sur la réalité » du système colonial, raconte à l'AFP ce scientifique retraité. A 18 ans, pour éviter d'être enrôlé de force dans l'Organisation de l'armée secrète (OAS) luttant contre l'indépendance de l'Algérie, il part en France. Ses parents suivront.

    « Réconciliation sincère »

    Même si des blessures restent, l'exil, la perte de cet ami d'enfance algérien qui se détourna de lui pendant la guerre, il milite pour une réconciliation «sincère et durable» entre les deux pays. Sa bibliothèque regorge d'ouvrages sur l'Algérie, mais sans nostalgie, avec nombre d'auteurs algériens contemporains.

    La réconciliation passe par la pénétration dans la société du « formidable travail des historiens », dit celui qui approuve la déclaration du président français Emmanuel Macron admettant que la colonisation était «une vraie barbarie».

    Ancrages raconte de son côté les histoires souvent oubliés des Algériens de Marseille. Comme ces ouvriers recrutés en masse par les industries de la région et qui s'étaient reconstitués un foyer dans les rues étroites de Belsunce.

    «Le café nord-africain y constitue un lieu de sociabilité, d'expression musicale, mais c'est là aussi que s'organisent les revendications pour l'indépendance», rappelle Samia Chabani en illustrant ses propos avec la façade désormais murée du Moka.

    Pendant la guerre, « ces cafés seront très contrôlés par la police française et certains immigrés internés », rappelle-t-elle.

    Fatima Sissani, établie à Marseille, a réalisé un documentaire sur des femmes engagées dans le Front de libération nationale (FLN), pour comprendre l'histoire d'une guerre que ses parents, immigrés en France, taisaient.

    En mai dernier, Marseille a donné le nom d'un tirailleur algérien ayant participé à la libération de la ville en 1944, Ahmed Litim, à une école auparavant baptisée Bugeaud, un militaire colonisateur, même si mi-février aucune plaque n'était encore visible avec ce nouveau nom.

    « Une école ne saurait ériger en modèle un bourreau des guerres coloniales. Nous ne pouvons ni l'expliquer ni le justifier à nos enfants », avait plaidé le maire Benoît Payan.

    Fadila avait un grand-père algérien ayant combattu pour la France en 1914-1918. Cette Marseillaise aimerait que ces histoires soient mieux connues.

    Préférant taire son nom, car le sujet de la guerre d'Algérie reste sensible, elle voudrait qu'un jour les blessures cicatrisent : « Parce que la France et l'Algérie, on est liés, comme ça ensemble », dit-elle en croisant les doigts de ses mains.

    Source : https://www.arabnews.fr/node/208416/france 

     

    France-Algérie : une relation mouvementée 60 ans après les Accords d’Évian

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    Le 4 juin 1958, lors de la visite du général de Gaulle à Alger. - PHOTO AFP

    Le tumulte des mots et des mémoires : 60 ans après la fin de la guerre d’Algérie, la relation entre Paris et Alger, plutôt porteuse dans les décennies qui ont suivi l’indépendance, s’emballe régulièrement, prise au piège d’enjeux de politique intérieure.

    “Globalement, en dépit des apparences et des critiques, on a eu une relation stable, très équilibrée au regard de la situation coloniale et post-coloniale”, relève Luis Martinez, chercheur sur le Maghreb à Sciences Po Paris, alors que les deux pays s’apprêtent à commémorer sans effusion le 60e anniversaire du cessez-le-feu conclu à Evian le 18 mars 1962. Le courant passe bien entre les nouveaux dirigeants algériens et le général de Gaulle, respecté pour avoir ouvert la voie à la décolonisation de l’Algérie, son successeur Georges Pompidou ou François Mitterrand, pourtant ministre de l’Intérieur au début de l’insurrection algérienne en 1954. “Mitterrand était entouré de gens du Parti socialiste qui étaient tous pro-FLN. Il a su se mettre en retrait et apparaître comme l’homme des relations privilégiées avec ce pays”, raconte Pierre Vermeren, professeur d’histoire à La Sorbonne, en référence aux insurgés algériens du Front de libération nationale (FLN).

    A l’indépendance, la France est autorisée à poursuivre ses essais nucléaires dans le Sahara jusqu’en 1967. En secret, l’armée française y mènera aussi des essais chimiques jusqu’en 1978. En 1992, François Mitterrand condamne la suspension du processus électoral en Algérie après la victoire des islamistes au premier tour des législatives. En riposte, Alger rappelle son ambassadeur pour consultation. Au sortir de la décennie noire de la guerre civile, en 2000, le nouveau président algérien Abdelaziz Bouteflika, pourtant très proche de la France, opte ouvertement pour un discours antifrançais. “Pour reprendre en main le champ idéologique et politique après la guerre civile, ils vont oublier que la France les a aidés à combattre les islamistes et revenir à leur ennemi traditionnel”, décrypte Pierre Vermeren.

    “Dans le secret”

    L’association des anciens combattants, les idéologues du régime développent un discours de plus en plus virulent sur le “génocide” français durant la colonisation. Vingt ans plus tard, après le coup de tonnerre du mouvement de protestation du Hirak, le pouvoir en place continue à fonder sa légitimité sur la guerre de libération. Mais au-delà du discours officiel, en coulisses, la coopération entre les deux pays se poursuit. En 2013, l’Algérie donne ainsi discrètement son feu vert au survol de son territoire par les avions militaires français engagés dans la lutte contre la jihadisme au Mali. “Les relations franco-algériennes sont bonnes quand elles sont dans le secret. Elles sont plus heurtées quand c’est public”, résume Naoufel Brahimi El Mili, auteur de “France-Algérie, 60 ans d’histoires secrètes”.

    Avec Emmanuel Macron, premier président français né après la guerre d’Algérie, tout commence sous les meilleurs auspices. En février 2017, alors candidat à la présidentielle, il marque les esprits en déclarant depuis Alger que la colonisation est un “crime contre l’humanité”. Une fois élu, Emmanuel Macron multiplie les gestes mémoriels autour de la guerre d’Algérie, avec l’ambition de réconcilier les deux peuples.

    Mais il n’ira pas jusqu’à prononcer des excuses pour la colonisation, un sujet hautement sensible en France où le discours ultranationaliste ne cesse de gagner en audience, jetant un froid à Alger. En septembre 2021, le chef de l’Etat finit de doucher les espoirs de rapprochement en reprochant au système “politico-militaire” algérien d’entretenir une “rente mémorielle” autour de la guerre d’indépendance et en suggérant que la “nation algérienne” n’existait pas avant la colonisation en 1830. En réaction, l’Algérie rappelle son ambassadeur.

    “Il faut être deux”

    La relation semble de nouveau reprendre de la hauteur à quelques semaines de la présidentielle française d’avril, dans laquelle sept millions de rapatriés, immigrés, harkis, appelés du contingent ou leurs descendants pèseront d’une manière ou d’une autre. “L’Algérie vote Macron. Les Algériens sont convaincus qu’un Macron II sera plus audacieux”, estime Naoufel Brahimi El Mili. “Ils ne veulent pas de Valérie Pécresse avec un discours assez droitier. Ils ne veulent surtout pas de Zemmour ou de Marine Le Pen”, les deux candidats de l’extrême-droite, renchérit l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, auteur de “L’Enigme algérienne”.

    Pour autant, tout reste à faire. L’Algérie n’a pas saisi la main tendue du président Macron sur le travail de mémoire. La Chine est devenue son premier partenaire commercial. Elle s’est aussi rapprochée de la Turquie et a développé son partenariat militaire avec la Russie. “La relation franco-algérienne repart de zéro. On remet à plat et on essaie de voir sur quoi on peut s’entendre”, observe Luis Martinez. L’ex-ambassadeur se montre plus circonspect encore. “Il faut être deux pour avoir une relation”. Est-ce que l’Algérie le voudra après les élections ? “Je ne suis pas très optimiste”, esquisse Xavier Driencourt.

    Source : https://www.reforme.net/actualite/2022/02/22/france-algerie-une-relation-mouvementee-60-ans-apres-les-accords-devian/ 

     

    Algérie : 60 ans après les accords d'Evian

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    Sur cette photo d'archive prise le 18 novembre 1961, des manifestants crient des slogans en faveur de l'indépendance et de la paix en Algérie.   Copyright © africanews-/AFP or licensors

    Mohamed Mokrani, garde dans cette bibliothèque des souvenirs précieux de l'histoire de son pays l'Algérie. Cet ancien membre de l'Armée de libération nationale (ALN), a suivi minute par minute les négociations d'Évian depuis le quartier général de Ghardimaou, en Tunisie, où s'étaient réfugiés de nombreux "maquisards" (résistants). Soixante ans après les accords d'Evian marquant la fin de la guerre d'Algérie et le départ des colons après 130 ans d'occupation française, cet ancien responsable de l'ALN se souvient d'un jour ordinaire.

    "Pour nous, soldats, officiers et commandants, le 19 mars était, un jour, ordinaire qui ne méritait pas d'être mentionné, car nous étions toujours dans une guerre en cours. Sauf qu'il donnait la date du référendum - le 3 juillet - et la date de l'indépendance - le 5 juillet 1962." 

    Après la signature de l'accord le 19 mars 1962, les chefs de l'ALN ont maintenu leurs troupes en position et "en état d'alerte maximum, jusqu'à l'annonce de l'indépendance en juillet de la même année. Les chefs de l'ALN craignaient à l'époque des provocations de l'OAS, l'Organisation armée secrète hostile aux accords d'Evian, et opposés à l'indépendance de l'Algérie.

    "Quelques jours - deux ou trois - après le cessez-le-feu, des ordres ont été donnés à minuit pour frapper les positions de l'ennemi français. L'état-major voulait faire savoir à l'ennemi français que quoi qu'il fasse, nous avions le doigt sur la gâchette." 

    Selon les historiens algériens, environ 1 million et demi de personnes ont été tuées pendant la guerre de libération qui a duré huit ans entre 1954 et 1962.

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     UNE VIDéo

    https://fr.africanews.com/embed/1848602 

    Source : Algérie : 60 ans après les accords d'Evian | Africanews 

    «J’étais persuadé que la France était le paradis terrestre», se souvient Brahim, ancien du bidonville de Nanterre

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    A Nanterre, dans l’ouest parisien, ils étaient plus de 10 000 habitants à vivre dans des bidonvilles construits à la hâte à partir des années 1950 lorsqu’affluait en France une main-d’oeuvre venue notamment des colonies du Maghreb. Retour et visite guidée avec Brahim, ancien habitant, sur cet habitat édifié à la va-vite entre des allées de boue, de parpaings et de tôle.

    Brahim Benaïcha, 68 ans, semble mélancolique lorsqu’il contemple l’espace scolaire des Pâquerettes, à Nanterre. Pourtant, il y a une soixantaine d’années, à la place de cet ensemble d’habitations HLM, se tenait un gigantesque bidonville. Celui de Nanterre était un des plus imposants de la région parisienne, avec plus de 10 000 habitants, majoritairement algériens. Ceux-ci étaient employés en France comme main-d’œuvre ouvrière, pour reconstruire le pays au sortir la Seconde Guerre mondiale. Le bidonville devint le symbole de la relégation des Nord-Africains, médiatisés lorsque des centaines d’Algériens en partirent pour manifester dans la capitale le 17 octobre 1961 à l’appel du Front de libération nationale. Brahim Benaïcha, ancien habitant, raconte « les conditions inhumaines » dans lesquelles il a vécu enfant.

    « C’était plus qu’une porcherie, on vivait avec les rats » aux portes de Paris, résume-t-il. Les conditions sont « plus que sommaires », l’exiguïté de mise et l’intimité impossible tant les cloisons sont fines. À la moindre pluie, la peinture se délave, « tout fuyait » et « c’était rafistolé avec des feuilles de goudron ». Mais « la mémoire adoucit la violence », glisse M. Benaïcha, qui confie que son enfance fut aussi « heureuse ». L’ambiance était « solidaire » dans ce « village » aux murs empreints d’une « culture préservée », se souvient-il, loin des images de « lèpre urbaine » souvent associée à ce qui servit d’habitat à des milliers de personnes jusque dans les années 1970. À cette époque, « ce fut extrêmement violent d’être obligé de bouger du jour au lendemain en cité de transit », se souvient M. Benaïcha qui a perdu la chaleur de ce voisinage pour des tours où la population sera marginalisée. Et « ce fut une déchirure de quitter le bidonville », finalement détruit deux ans plus tard.

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    https://www.leparisien.fr/video/video-jetais-persuade-que-la-france-etait-le-paradis-terrestre-se-souvient-brahim-ancien-du-bidonville-de-nanterre-22-02-2022-YTTPYGMXXNHY5D44AMG3ZLEJSE.php?dmplayersource=share-link 

     

    Source : https://www.leparisien.fr/video/video-jetais-persuade-que-la-france-etait-le-paradis-terrestre-se-souvient-brahim-ancien-du-bidonville-de-nanterre-22-02-2022-YTTPYGMXXNHY5D44AMG3ZLEJSE.php 

     

    « "Morts pour la France ou morts inutiles ? "Emmanuel Macron : le triomphe de l’histoire en miettes »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 23 Février 2022 à 10:52

    xcuses ou repentance ? Je ne crois pas que ces mots aient un quelconque intérêt. Mais reconnaissance que le colonialisme était un système nocif et la guerre menée pour le perpétuer atroce, ça oui !

    Une guerre dont ont souffert en premier lieu les Algériens, d'autres aussi, notamment les appelés du contingent. Je trouve légitime qu'ils aient le désir de commémorer le 19  mars 2022 le 60ème anniversaire d'un conflit anachronique et sans autre perspective que l'indépendance de l'Algérie.

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