• Roger Hillel : « L'idéologie de l'Algérie française est encore très prégnante »

    Roger Hillel : « L'idéologie de l'Algérie française

    est encore très prégnante »

     

    Roger Hillel nous livre son regard personnel sur cette période toujours douloureuse. Photo dr LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise

    Roger Hillel est l'auteur de la Triade nostalgérique. Un ouvrage-témoignage sur le combat contre les lieux de mémoires des nostalgiques de l'OAS à Perpignan.

    Qu'est-ce qui a motivé l'écriture de votre livre ?

    C'est un combat mené pendant plus de 7 ans au sein d'un collectif d'organisation. C'était rude, mais très beau, très fort, de réels liens de fraternité s'y sont noués. J'ai ressenti le besoin d'en faire un bilan, en livrant mon regard personnel.

    Qu'entendez-vous par triade « nostalgérique » ?

    « Nostalgérique », c'est un néologisme pour désigner les nostalgiques de l'Algérie française. La ville de Perpignan compte trois lieux au service de cette vision de l'histoire, je les nomme «triade» en assumant la connotation négative du mot. Il s'agit d'abord d'une stèle rendant hommage à l'OAS au beau milieu du cimetière. Ensuite, d'un monument aux disparus français de l'Algérie entre 1954 et 1963. Et enfin du centre de documentation des Français d'Algérie.

    En quoi constitue-t-elle un enjeu politique ?

    Il s'agit pour les promoteurs de cette triade d'encenser la présence française en Algérie et de souligner les « bienfaits » de la colonisation. L'Algérie a, en ce sens, une charge symbolique et politique beaucoup plus importante que d'autres ex-colonies, car il s'agissait d'une colonie de peuplement puis de trois départements. Il reste encore beaucoup de survivants de cette période, les rapatriés d'Algérie, qui constituent eux-mêmes un enjeu électoral. Une minorité d'entre eux repousse la nostalgie coloniale mais beaucoup d'autres continuent de penser aujourd'hui encore que l'Algérie aurait dû rester française. Il sont un point de jonction entre la droite et l'extrême droite du pourtour méditerranéen de la France.

    Vous écrivez dans votre ouvrage qu'« on n'en a pas fini » avec cette question. Pourtant elle est vieille de 50 ans...

    C'est vrai mais le souvenir de la guerre d'Algérie est encore très vivace. Le travail de mémoire est incomplet. Quid des générations qui vont suivre ? Des travaux de politologues soulignent un amoindrissement de l'attachement à l'Algérie française chez les descendants de pieds noirs mais difficile de savoir s'il signifie une prise de distance vis-à-vis de l'idéologie très prégnante qui est à sa source.

    Pourquoi estimez-vous que le combat contre la triade nostalgérique a été perdu à Perpignan ?

    Parce que la stèle OAS, le mur des disparus sont toujours là et que le centre de documentation des français d'Algérie a acquis un caractère officiel sous l'égide de la mairie de Perpignan. Il présente une histoire franco-algérienne frelatée, avec ses amnésies, ses dénis. Tout cela, légitimé aux yeux des visiteurs par la présence du centre au sein du pôle muséal de Perpignan.

    Vous avez néanmoins récemment remporté une victoire en justice.

    Les relations ont toujours été très rudes avec le cercle algérianiste mais elles étaient restées dans les limites de l'acceptable. Suite à une interview donnée à l'Indépendant, des réponses injurieuses à mon égard ont été publiées. On me traitait de stalinien, on m’assimilait à un révisionniste, un homme de haine. Cela m'a beaucoup atteint, moi qui ait été victime avec ma famille de la haine nazie. Ces propos de Mme Simon-Nicaise, représentante du cercle algérianiste [et adjointe au maire Ndlr], ont été condamnés en première instance. C'est la première fois. Je m'en félicite.

    Propos recueillis par Léo Purguette 

    l « La triade nostalgérique » de Roger Hillel, aux éditions Alter ego, 18 euros. 

    SOURCE : http://www.lamarseillaise.fr/culture/livres/49071-roger-hillel-l-ideologie-de-l-algerie-francaise-est-encore-tres-pregnante

     

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