• Saint-Symphorien-sur-Coise : Le Progrès de Lyon s’entretien avec André Montagne : « J’espère que je n’ai pas été un salaud »

    Saint-Symphorien-sur-Coise

    Le Progrès de Lyon

     s’entretien  avec André Montagne :

     « J’espère que je n’ai pas été un salaud »

    André Montagne, ancien appelé d’Algérie anime les débats qui suivent la diffusion du film « Dis Papy raconte-moi, ta guerre d’Algérie ». Nous lui avons posé 3 questions.

     

    Saint-Symphorien-sur-Coise  Le Progrès de Lyon   S’entretien  avec André Montagne :   « J’espère que je n’ai pas été un salaud »

    André Montagne témoin de la Guerre d'Algérie d'un appelé

      Photo Bruno PHILIPPE

    Pourquoi votre démarche ?

    « À l’origine, la lecture du livre « Retournez les fusils » de Jean Ziegler. Je me suis mis à réfléchir, et me rendre compte combien on nous avait menti, je ne connaissais rien en fait de la vraie histoire et j’ai découvert une autre version, par exemple sur les événements de Sétif ou ce qu’il s’est passé à Madagascar, j’ai donc voulu rétablir la vérité, ou en tout cas ma vérité. Beaucoup se taisent, et l’on peut penser qu’ils ont fait du mal. »

    Comment le contact s’est fait ?

    « Au début, c’est ma petite-fille qui m’a posé des questions, mon fils également. Je voulais m’exprimer, mais je manquais de méthode. J’ai donc fait un DVD avec un copain, J’ai ensuite rejoint l’association « Mémoires d’Algérie » et je m’y suis trouvé bien par rapport à d’autres associations plus « anciens combattants ». Mais j’ai quand même mis 3 ans à leur faire voir le DVD ! Ensuite on a fait une expo à Saint-Martin-en-Haut il y a 2ans avec « Grand Ensemble », puis le tournage avec les élèves d’Alexis Carrel et dorénavant les projections débats. »

    Que cela vous apporte-t-il personnellement ?

    « Ça me fait du bien, j’essaie de faire voir aux gens qu’il est possible d’en parler, je connais d’ailleurs des gens qui devraient en parler même si sur le fond j’en laisse le choix à chacun. Ma petite-fille est très fière de moi et pour ma part, voir les jeunes attentifs et touchés parfois aux larmes, ça m’a vraiment beaucoup ému. Parler ouvre l’esprit et peut éviter les bêtises. A mon retour d’Algérie, j’avais quelquefois des attitudes qui me choquent maintenant, mais vous savez à 20 ans et dans ces conditions, l’on peut être très influençable ! J’espère simplement que je n’ai pas été un salaud. »

    SOURCE : http://www.leprogres.fr/rhone/2015/12/30/andre-montagne-j-espere-que-je-n-ai-pas-ete-un-salaud 

     

    Rencontre avec André Montagne préparée et filmée par les élèves    de terminale sanitaire et sociale   Lycée Carrel, Lyon

    André Montagne et les élèves de terminale sanitaire et sociale, lycée Carrel, Lyon

    André Montagne est né en septembre 1936 dans une famille paysanne des Monts du Lyonnais. Il passe le certificat d’études primaires puis commence à travailler à 14 ans dans la ferme familiale. Il n’a ni instruction politique, ni syndicale lorsqu’il est appelé sous les drapeaux en janvier 1957. Il reste d’abord 14 mois, en Allemagne, pour une formation militaire de base qui lui permet de monter en grade. Il devient  ainsi sergent sans passer de concours. En mars 1958, il est envoyé pour une « mission de pacification » de l'autre côté de la Méditerranée.
    C'est pourtant dans une guerre qu'il se retrouve plongé à son arrivée en Algérie. Il est d’abord nommé dans une 
    SAS (Section administrative spécialisée) avec 4 hommes sous ses ordres qui montent la garde, nuit et jour, dans un bâtiment. Le 31 mai, envoyé en mission, il est engagé dans un premier combat. Quelques jours plus tard il est témoin de la mort de deux camarades. Les missions s'enchaînent dessinant un quotidien où il s'efforce de préserver tant bien que mal son intégrité physique et morale. Ses supérieurs incitent à des comportements indignes. Sa peur d'être tué s'accroît au fil du temps et est à son comble lorsqu'il est prolongé pour un mois supplémentaire après avoir déjà effectué 27 mois de service.
    A son retour à la vie civile, il se marie le 5 juillet 1962  (qu'il remarque être la date de l'indépendance de l'Algérie) et s'applique à oublier cette guerre.
    Il revient tardivement sur son expérience algérienne, dans les années 80. La lecture du livre de Jean Ziegler Retournez les fusils ! est un choc à partir duquel il recompose sa mémoire du conflit. Il découvre alors les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du 8 mai 1945, ceux de  la répression française à Madagascar en 1947, et prend conscience de son ignorance quant aux enjeux de la guerre dans laquelle il a été plongé. Il n'a de cesse depuis de questionner cette mémoire, de l'élaborer, de tenter de lui donner sens et de la partager. Il ne se reconnaît dans aucune association d'anciens combattants.

    Rencontre avec André Montagne
    préparée et filmée par les élèves

      de terminale sanitaire et sociale

     Lycée Carrel, Lyon

    André Montagne, né en 1936, est un jeune agriculteur des Monts du Lyonnais. Il est appelé en janvier 1957 pour faire son service militaire dont il ignore qu’il se prolongera pendant 27 mois. Il rejoint l’Algérie en 1958. Il  se retrouve engagé dans une guerre dont il ne comprend pas les enjeux. Au fil des années, il remet en perspective son expérience algérienne. Face à lui, des lycéennes d'une filière sanitaire et sociale l’écoutent et réagissent. Un grand nombre d'entre elles ont un grand-père qui a été appelé en Algérie, mais dans leur famille « on n'en parle pas ».

    André Montagne s'exprime avec une profonde sincérité. Il traduit le cheminement de la mémoire et la construction d'une position morale par rapport à son expérience militaire. 

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