• Se moucher du coude ?

    Se moucher du coude

    Se moucher du coude

    À moins que je n’y comprenne rien à la morphologie humaine, une recommandation gouvernementale m’a tout d’abord plongé dans un abîme de perplexité. Il me fallut faire appel à toutes mes ressources en imageries mentales afin de comprendre réellement le sens de cette position relevant bien plus du kamasutra que de la mesure élémentaire d’hygiène.

    Puis en citoyen obéissant, je me suis mis en demeure d’appliquer à la lettre l’injonction que l’état d’urgence de l’heure impose à chacun. Ne me mouchant rarement du pied, c’est d’un pas alerte que j’ai essayé de complaire au conseil de défense. J’ai voulu me moucher dans mon coude comme il était spécifié sur toutes les antennes du pays.

    J’avoue n’être parvenu qu’à des résultats incertains accompagnés de douleurs dorsales. De plus l’état de mon pulloveur m’a fait penser que nos conseillers gouvernementaux étaient de mèche avec le consortium des laveries du pays. Soit j’avais le nez trop court, soit je manquais cruellement de souplesse. Il est vrai que l’on m’a souvent tancé pour mon incapacité à plier l’échine.

    Poussant plus avant l’expérience, je me suis rendu dans un endroit propice à l’accomplissement de cette prouesse. C’est tout naturellement dans une taverne que je me suis présenté, m’installant face à un bar muni comme il se doit d’une barre en cuivre au niveau des chevilles. J’ai levé le coude tant et plus, j’ai bu de la Coronna, la bière à la mode mais je n’ai jamais réussi, même en état d’ébriété à satisfaire à la demande.

    Il y avait sans doute un problème, une erreur d’interprétation ou bien une tare personnelle. J’ai lu dans leurs yeux une perplexité sans borne. Que voulait donc ce triste personnage ? Se moucher du nez n’est-t’il donc pas la chose la plus naturelle au monde ? Rapidement, devant mon insistance, ils m’eurent dans le nez et me firent grise mine. Je n’avais qu’à prendre un mouchoir, y faire un nœud et me lancer à nouveau dans l’expérience.

    C’est justement ce qui dénoua le mystère. Je pris un dictionnaire et découvris que le coude avait deux faces, l’une intérieure nommé fosse cubitale et l’autre extérieure, la seule que jusqu’alors je connaissais et qu’on désigne tout bonnement par le vocable de coude. Ce n’est donc pas avec sa face externe qu’il fallait opérer. C’était là le secret de la consigne.

    Se moucher du coude

    Bien sûr, je comprends les experts en communication, dire à la population : « Lorsque l’envie d’éternuer, soudainement, vous tenaille alors que vous êtes en société, il est conseillé de mettre en relation votre fosse nasale avant expectoration et votre fosse caudale afin d’éviter toute projection virale sur vos voisins ! », serait de nature à perturber le bon peuple.

    En attendant, mes tentatives pour enfin réaliser cette mesure élémentaire de bon sens m’ont conduit à souffrir désormais d’une redoutable épicondylite qui outre qu’elle m’interdise de satisfaire à la consigne gouvernementale qu’importe la face du coude concernée, me fait un mal de chien. Me voilà une fois encore en état de rébellion à l’ordre public bien malgré moi.

    Je sais que beaucoup, à la différence de votre serviteur ont pris par dessus le coude ces messages qui tournent en boucle sur les ondes. Je ne vais par le leur reprocher, mon civisme m’a placé dans une situation délicate. Je tiens cependant, malgré la douleur, à témoigner de cette malheureuse expérience afin de vous éviter de commettre la même confusion.

    Désormais je me tiens à carreau, non pas que je renonce pour toujours à prendre au pied de la lettre les conseils du pouvoir, mais tout simplement parce que j’ai fait le choix de ressortir de mes armoires les vieux mouchoirs en tissus de mon enfance. Quand j’étais un petit morveux, se moucher était alors un geste naturel qui n’imposait pas des communiqués spéciaux.

    Ce matin, à 8 h précises, j’étais devant mon bureau de vote, et pourtant un jeunot réchauffé puisqu'habillé avec une chemise alors qu'il faisait 1 degré, mais aussi plus pressé passe à côté de moi et à ce moment précis, il se met à éternuer en me regardant… j’ai vu se poser sur mon blouson en cuir bleu marine quelques gouttelettes blanches-grises. « Vous n’avez pas entendu les consignes gouvernementales ? », lui dis-je et ce mal élevé me répond « Il y a longtemps que je ne crois plus à rien Pépère… mais je tiens à vous rassurer je ne suis pas contagieux ». OUF ! je l'ai échappé belle !!! En espérant toutefois qu'il ne mente pas... Y'en a tellement en ce moment...

    Se moucher du coude

    Quand même cette situation désagréable fait que je ne suis pas à toucher avec des pincettes pour la journée…

    Mais peut-être que cette mésaventure me portera chance et que ce soir la liste de gauche pour laquelle j'ai voté sera élue, car dans ma ville, comme il n'y a que 2 listes, il n'y aura pas de deuxième tour.

    Toutefois ce morveux, c'est sûrement un LREM !

    ne m'a pas empêché de voter : la preuve 

    Se moucher du coude ?

     

    Morveusement vôtre. 

     

     

    « Quand le coronavirus permet de détecter Macron positif au virus populiste... l'hypocrite a parlé..." LA PESTE " d’Albert Camus »
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 15 Mars à 17:55

    Et si je peux me permettre j'ajoute "Qui se sent morveux, qu'il se mouche". Et même compléter encore d'un "La peste soir de l'avarice et des avaricieux" qui a précédé la première citation.

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