• Soixante et onzième anniversaire de la mort de Simone Michel-Lévy, 13 avril 2016 au cimetière de Chaussin (Jura) *** MISE A JOUR 16/04/2016

    Soixante et onzième anniversaire de la mort  de Simone Michel-Lévy, 13 avril 2016  au cimetière de Chaussin (Jura)

    Soixante et onzième anniversaire de la mort

    de Simone Michel-Lévy, 13 avril 2016

    au cimetière de Chaussin (Jura)

    Soixante et onzième anniversaire de la mort  de Simone Michel-Lévy, 13 avril 2016  au cimetière de Chaussin (Jura)

    Danièle Ponsot a rendu un vibrant hommage à Simone Michel-Lévy.

      Photo Michèle FERNOUX

    Mercredi 13 avril 2016, en fin d’après-midi, au cimetière de Chaussin, un vibrant hommage a été rendu à Simone Michel-Lévy reconnue comme une des six femmes “Compagnons de la Libération”. Née à Chaussin le 19 janvier 1906 Simone Michel-Lévy est promise à un brillant avenir dans les PTT à Paris. Mais elle entre en résistance en 1940. Emma – son nom de guerre – est une femme d’exception qui, pendant cette période terrible de la collaboration, a fait l’honneur de son pays.

    Elle est déportée à Ravensbrück le 31 janvier 1944 puis à Holleschein, en Tchécoslovaquie, où avec deux de ses compagnes, elle sabote une fois de trop la presse de munitions de guerre. Toutes trois seront pendues sans procès, le 13 avril 1945. Danièle Ponsot présidente de l’ANACR Association nationale des Anciens Combattants de la Résistance – Nord Jura, a terminé son discours par ses mots : « Nous leur devons la vie, ne les laissons pas sombrer dans l’oubli. »

     

    Soixante et onzième anniversaire de la mort  de Simone Michel-Lévy, 13 avril 2016  au cimetière de Chaussin (Jura)

     

     

    Allocution de Danièle PONSOT

    Présidente de l’ANACR Jura Nord

    Madame le Maire, Monsieur le Député, Monsieur le Sénateur, Mesdames et Messieurs les Conseillers Départementaux, Monsieur le Président de la Plaine Jurassienne, Messieurs les Représentants des Corps constitués, Messieurs les Présidents d’Associations Patriotiques, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux, Mesdames, Messieurs.

    Le 13 avril 2015 était célébré en ce lieu, le 70ème anniversaire de la mort de celle qui nous réunit aujourd’hui : Simone Michel-Lévy.

    Les circonstances de son martyre et de sa mort, provoqués par la trahison de l’un des siens, m’ont remis en mémoire ces propos, prononcés par Hubert Falco, alors Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, en juillet 2010,  lors de l’hommage rendu aux « Justes de France »

        « Il y a 70 ans, l’Etat français s’engageait dans la voie de la collaboration et prenait part à l’arrestation puis à la déportation de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

        Ce fut le temps de la honte. Ce fut le temps du renoncement. Ce fut le temps du reniement.

        Au service de l’Allemagne nazie, des français trahirent les idéaux qui avaient fait la France, qui en constituaient le génie et la marque singulière devant l’histoire….. »

        La trahison avait été élevée, par le pouvoir pétainiste, au rang de devoir d’état et, parmi les innombrables  victimes de ce procédé infâmant, figure Simone Michel-Lévy, dénoncée et arrêtée le 5 novembre 1943.

    Celle-ci, née à Chaussin d’un père plâtrier et d’une mère « ouvrière en robes », était une brillante élève qui, dès l’obtention de son Brevet Elémentaire, à l’âge de 16 ans et demi, déménageait avec ses parents pour Chauny, dans l’Aisne, où elle commença  sa carrière dans l’administration des PTT.

    En 1939, elle y réussit le concours de rédactrice et fut nommée à Paris, au centre de recherches et de contrôle technique. En 1940, refusant l’idée même de collaboration, elle mit à profit ses compétences techniques et sa volonté inébranlable au service de la Résistance. Acheminement de messages, création d’une « Boîte Postale »….ne renonçant jamais, elle se révéla une organisatrice de talent. Ses compagnons reconnaissaient en elle une combattante active, au sein successivement de la Confrérie Notre Dame du colonel Rémy puis à l’Organisation Civile et Militaire. Responsable nationale à l’Etat- Major PTT, elle assura l’organisation des transmissions radio. Dès l’instauration du STO, en 1943, elle délivra plus d’une centaine de cartes professionnelles des PTT à de jeunes réfractaires.

    Le  soir du 5 novembre 1943, la trahison prit, pour elle, le visage d’un des membres de la CND, Robert Bacqué, alias Tilden. Celle qui fut successivement Emma, Françoise, Madame Royale, Mademoiselle Flaubert, Madame Bertrand, tomba ce soir-là entre les mains de l’ennemi. Après de multiples tortures qui jamais ne la firent parler, elle fut envoyée à Ravensbrück, dans un convoi à bestiaux, le 31 janvier 1944. Après la quarantaine, Ce fut le transfert en Tchécoslovaquie d’alors, au camp de Hollenschein.

    Là encore, Simone démontra sa valeur et sa détermination inflexible. Aux heures les plus sombres de la déportation, même affaiblie par la maladie, humiliée, torturée et battue par ses tortionnaires, elle continua sa lutte inlassable ! Par de nombreux sabotages, elle retarda la fabrication des armes qu’elle et ses compagnes avaient l’ordre de fabriquer… et dans ce contexte terrifiant, l’amitié ne perdait pas ses droits : n’avait-elle pas aidé une de ses camarades d’infortune, à Ravensbrück, à créer une chorale pour éclairer un peu la vie de toutes ces malheureuses ?

    Par toutes ces actions, Simone est la parfaite illustration de la devise comtoise, qu’elle avait faite sienne :

           « Comtois, rends-toi !

           Nenni, ma foi ! »

         Comme Jean Moulin, comme d’autres femmes et d’autres hommes, muets, eux aussi, face à la mort, Simone a donné sa vie, pas ses amis !

    Le 29 septembre 1944, la presse où elle travaillait saute sous l’action des saboteuses….c’est le sabotage de trop ! Simone est démasquée et, avec deux de ses compagnes, odieusement battues, elles sont condamnées à être conduites à Flossenbourg pour y être pendues, sur ordre de Himmler, le 13 avril 1945, 10 jours avant la libération du camp.

    A la libération, ses mérites furent récompensés par de nombreuses distinctions et de multiples hommages :

    Chevalier de la légion d’Honneur,

    Compagnon de la libération (par décret du 26 septembre 1945) ,

    Croix de guerre 39/45 avec palme,

    Médaille de la Résistance….

    Pour ne citer que les plus prestigieuses.

    Son nom apparaît, pour y être honoré, dans différents endroits :

    Une plaque dans le hall du centre de recherches de France Télécom à Issy les Moulineaux,

    Un timbre- poste à son effigie, en 1958,

    Une maison de vacances de France Télécom baptisée de son nom, en côte d’Armor,

    Une place Simone Michel Lévy dans le 7ème arrondissement, à Paris, inaugurée en 2006…

    Une plaque sur sa maison natale, à Chaussin, dans la rue qui porte son nom.

    En 1952, en présence de M. Duchet, ministre des PTT, furent inaugurés la plaque chaussinoise et aussi le cénotaphe devant lequel nous nous trouvons. Ce jour-là, sa médaille de Compagnon de la Libération fut remise à sa maman, présente à la cérémonie. Ce jour-là, la vieille dame a dû penser au destin brisé de sa fille, disparue trop tôt, peut-être a-t-elle repensé à cette lettre, que Simone, prisonnière, avait expédiée à ses parents et  dans laquelle elle disait :

     « Ne pleurez pas, c’est un ordre, ne soyez pas triste, moi, je ne le suis pas. Mon cœur est calme autant que mon esprit. Dans ma petite cellule, j’interroge le ciel, je pense à tout ce qui est beau, à tout ce qui est clair…. »

     Mais sans doute, ce jour-là, la maman de Simone a-t-elle pensé aussi à toutes les vies que l’action de sa fille et de ses compagnons résistants avait permis de sauver !

    Simone et ses compagnons de martyre, connus ou pas, avaient privilégié la valeur de la vie avant leur propre vie, trouvant dans l’abnégation et le sacrifice un sens à leur existence, eux qui avaient refusé de courber la tête face à l’envahisseur !

    Devant cette conduite exemplaire, nous ne pouvons que nous incliner.

         Dans la période troublée que nous traversons aujourd’hui face aux extrémismes et à la barbarie, toujours vivaces, nous avons plus que jamais le DEVOIR de préserver la mémoire de ceux qui ont consenti à donner leur vie pour les autres, pour que les générations suivantes ne connaissent pas l’horreur qu’eux-mêmes venaient de subir.

         Nous avons le DEVOIR d’entretenir leur souvenir auprès de notre jeunesse et de préserver  la flamme de la Liberté, qui, grâce à l’action de toutes ces femmes et tous ces hommes de l’ombre, malgré toutes les menaces, malgré toutes les attaques, malgré tous les dangers n’a jamais cessé de briller !

    Nous leur devons de vivre libres : ne les laissons pas tomber dans l’oubli !!!

    Danièle PONSOT

     

    Nous constatons avec plaisir que le Cercle Jean Moulin a mis en ligne cet article sur son site. MERCI !

    http://cercle.jean.moulin.over-blog.com/2016/04/soixante-et-onzieme-anniversaire-de-la-mort-de-simone-michel-levy-13-avril-2016-au-cimetiere-de-chaussin-jura.html 

     

     

    « Travail forcé et exploitation coloniale : souvenons-nous !Absolument magnifique !!! »
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