• Sud-Aveyron : assemblée générale des Anciens appelés d'Algérie "Ne les appelez pas anciens combattants, ne leur proposez pas de décorations...

     

    Sud-Aveyron : assemblée générale

     des Anciens appelés d'Algérie

    “Plus d’un million de jeunes soldats sont allés en Algérie.” M. M.

    Gilles Manceron était invité à Nant, à l'assemblée générale des Anciens appelés d'Algérie contre la guerre.

    Gilles Manceron, 72 ans, a passé le week-end au Domaine du roc nantais. Cet historien, spécialiste du colonialisme et de l'Algérie, par ailleurs responsable national de la Ligue des droits de l'Homme, était invité par 4ACG. L'association, dont l'ancien maire de Montjaux, Armand Vernhettes, récemment décédé, a été l'un des quatre fondateurs, rassemble depuis 2004 des hommes appelés dans leur jeunesse en Algérie. Ces derniers ont refusé de toucher leur pension d'anciens combattants et d'en redistribuer les bénéfices en faveur d'actions de paix.

    Gilles Manceron a pris la parole samedi après-midi, face à près de 160 personnes, aux côtés de deux historiennes et un ancien ministre algériens. Radio Larzac a enregistré l'ensemble des conférences, qui ont aussi été couvertes par Arte Radio.

    En tant qu'historien, sur quoi travaillez-vous ? 

    Je travaille sur l'histoire coloniale de la France, dont l'épisode algérien constitue un élément essentiel.

    Pourquoi essentiel ? 

    Parce que ce conflit colonial, qui va de la guerre de conquête entre 1830 et 1871, jusqu'à la guerre d'indépendance qui prend fin en 1962, est l'un des plus longs en France, voire en Europe. Et parce qu'il a été particulièrement violent, dès le départ. Et compliqué.

    Qu'est-ce qui a été compliqué ? 

    La guerre a été compliquée par l'existence d'une immigration de peuplement d'origine européenne. Un million de personnes, qui deviendront les Pieds noirs, ont été encouragées à s'y installer. Cette présence compliquait les choses, puisqu'ils étaient des acteurs de la crise. Et cela est un fait rare dans l'histoire coloniale. Il n'y a guère que l'Afrique du Sud qui soit comparable. Dans l'Empire français, c'est le seul cas.

    Pouvez-vous résumer le conflit algérien ? 

    Le 1er novembre 1954 se forme le FLN, Front de libération national, qui est rejoint par des forces politiques algériennes, y compris des gens qui avaient essayé de négocier avec les Français. À partir de là, la guerre se déroule sur sept ans, avec l'envoi du contingent. Des jeunes Français de 18 à 20 ans sont envoyés pour combattre, dans un territoire français, des hors-la-loi.

    Combien sont-ils ? 

    Durant cette période, on compte deux millions d'appelés, mais tous ne sont pas allés là-bas. La France occupait l'Allemagne à l'époque. Et il y avait d'autres destinations et d'autres conflits, comme au Cameroun. Je n'ai pas le chiffre exact, mais disons qu'il est certain que plus d'un million de jeunes soldats sont allés en Algérie.

    Combien sont morts ? 

    30 000 sont morts sous l'uniforme. Seulement la moitié pour faits de guerre, car il y avait aussi les maladies et les accidents. C'était la première fois qu'on utilisait les hélicoptères dans un conflit.

    Et parmi la population civile ? 

    C'est difficile de compter. Plusieurs dizaines de milliers de civils d'origine européenne sont morts. Et côté algérien, au moins 350 000, voire 400 000. On approche le demi-million de morts sur un territoire de 10 millions d'habitants. Rapporté au territoire de la France à l'époque, c'est plus que la Première Guerre mondiale. Toutes les familles algériennes comptent des morts dans ce conflit.

    Pourtant, en France, on n'en parle pas beaucoup... 

    Si, quand même. Cette guerre est rentrée dans les manuels scolaires en 1983. Depuis, on est censé en parler. Depuis la présidence de François Hollande, il existe une option dans le programme de terminale sur la mémoire de la guerre d'Algérie. Mais la plupart des professeurs lui préfèrent la mémoire du Second conflit mondial.

    C'est un thème mieux installé, mieux connu, il y a plus de documents et c'est surtout beaucoup plus glorieux. Car il y a certes eu la collaboration, mais on insiste en général plus sur la Résistance, et tous les mythes fondateurs qui en sont issus. Comme si la France entière avait été résistante. Ce qui n'est pas le cas. Bref, c'est un autre sujet…

    Pourquoi cette guerre crée-t-elle des polémiques ? 

    Car elle fait partie d'une page de notre histoire qui, à mon avis, est contradictoire avec les principes que la France et ses Républiques successives proclamaient. La Seconde, puis la Troisième et la Quatrième, ont été coloniales. Même la Cinquième, à ses débuts. Alors que toutes étaient basées sur le triptyque fondateur : liberté, égalité, fraternité. Trois principes qui n'étaient pas appliqués dans les colonies. C'est gênant et en décalage.

    Que faudrait-il faire de cet héritage ? 

    Je fais partie des historiens qui pensent qu'il faudrait sortir du déni de cette page d'Histoire, qu'on n'a pas assez regardée en face.

    Comment ? 

    En ce sens, je rejoins la volonté de 4ACG, fondée par des anciens appelés qui ont tous été marqués, voire frappés et traumatisés, par cet épisode de leur jeunesse. Et lorsqu'ils ont reçu leur avis de pension pour leurs 18 à 24 mois passés en Algérie, ils se sont dits : “Non, on ne va pas toucher ça, on va se servir de cet argent pour des actions de réflexion et de pédagogiques.” Et aussi d'actions sur le terrain, puisqu'ils sont retournés en Algérie, y compris dans des villages où ils ont parfois rencontré des gens contre qui ils se battaient et qui les ont très bien accueillis.

    C'est une démarche de sortie de l'oubli et de reconnaissance de tous ces traumatismes. Pour cela, il y a aussi d'autres actions en cours. Notamment auprès du chef de l'État.

    Qu'est-ce que vous demandez à Emmanuel Macron ? 

    La Ligue des droits de l'Homme et d'autres associations ont rappelé plusieurs fois au chef de l'État, depuis un an, qu'il a promis, durant sa campagne, “des actes forts” à ce sujet. Il a qualifié la colonisation de “crime contre l'humanité” lors d'un déplacement à Alger et évoqué “un passé qu'il serait temps de regarder en face”, lors de sa campagne présidentielle.

    SOURCE : http://www.midilibre.fr/2018/05/14/sud-aveyron-assemblee-generale-des-anciens-appeles-d-algerie,1670423.php 


     

     

    Si chère parole libre

     de Simone  de Bollardière

     

    Si chère parole libre   de Simone  de Bollardière

    Simone de Bollardière, chez elle, au vieux Talhouët, à Guidel dans le Morbihan. | Thierry Creux

    La veuve du général, qui a dit non à la torture, était présente à l'assemblée des anciens appelés en Algérie et de leurs amis contre la guerre (4ACG), à Blainville-sur-Mer.

    Il y a trente ans, le 22 février 1986, Jacques Pâris de Bollardière mourait. En 1957, lors de la bataille d'Alger, ce jeune et brillant général s'oppose à la torture. Un refus d'obéissance de la part d'un des officiers les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale.

    Ce refus de la « barbarie », Jacques de Bollardière, compagnon de la libération, l'a dénoncé à travers une lettre publiée dans l'Express. Ce qui lui a valu soixante jours de forteresse. En 1961, il quitte l'Armée et devient alors « un général non-violent », comme il aimait à se définir.

    « Ce n'est pas dangereux de parler »

    Du Larzac à Mururoa, tristement connu pour ses essais nucléaires, il sera de tous les « combats » « Je suis totalement responsable », plaide Simone de Bollardière. La veuve du général, le regard bleu d'une vie intense, se souvient. C'est elle qui encourage son mari à participer, à ses côtés, à une conférence à Lorient de Jean-Marie Muller, membre fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente : « Tous les mots qu'il prononçait, mon mari les ressentait au plus profond de lui. Nous sommes allés le saluer. Ils sont tombés dans les bras l'un de l'autre. »

    Simone de Bollardière est une militante libre. « Les manifs, j'aimais beaucoup », rigole cette dame âgée aujourd'hui de 94 ans. Opposition à la centrale de Plogoff, soutien aux objecteurs de conscience, défense d'une desserte ferroviaire à Quimperlé, elle suit sa voie, et sait faire entendre la voix.

    Au début des années 2000, elle signe l'appel des Douze, appelant l'État à condamner la torture pratiquée par la France en Algérie. Simone de Bollardière a également témoigné lors du procès du général Paul Aussaresses...

    « Une grande compassion »

    Pas étonnant alors, qu'en lisant « une brève dans Ouest-France », elle encourage dès la première heure la création de l'association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG). « J'ai une grande compassion pour eux. Trop d'entre eux sont revenus, malades d'avoir vu ou entendu l'insoutenable. » Simone de Bollardière est la présidente d'honneur. Elle a su leur dire : « Ce n'est pas dangereux de parler. »

    Cette grande dame était présente à l'assemblée générale de l'association 4ACG, qui se tenait à Blainville-sur-Mer, dans la Manche. Un hommage a été rendu à « Bollo », au général de Bollardière, qui repose à Vannes : « S'il était encore parmi nous ? Il se battrait simplement pour le respect de la personne et de la Nature. Il défendrait la liberté des différences. »

    SOURCE : http://www.4acg.org/4ACG-Assemblee-Generale-de-Blainville-sur-Mer-2016-Articles-Ouest-France



     

    Hubert Rouaud, un ami de la 4ACG m’a fait parvenir le film d’André Gazut, voici son message :

    Salut Michel,

     A l'occasion de l'Assemblée Générale de 4ACG à Blainville il avait été prévu d'illustrer l'hommage rendu au Gal de Bollardière en projetant le film qu'André Gazut ( par ailleurs ancien déserteur de la guerre d'Algérie) lui avait consacré, en 1974, pour la télévision suisse.

     André Gazut m'avait fourni en 2008 la copie qu'il détenait mais qui était en assez  mauvais état. (beaucoup d'inaudible pour de vieilles oreilles !))
    Avec son accord j'ai restauré le film et j'y ai ajouté des sous-titres et une série de documents montrant les difficultés pour passer le film en France...même en 2001.

     C'est cette version qui a été projetée à l'AG de 4acg et qui , avec l'accord du réalisateur, est visible sur mon espace Youtube.
     

     

     

    Si chère parole libre   de Simone  de Bollardière

     

     
    « Quelle haine crachée par le maire Didier Gonzales maire de Villeneuve-le-Roi. Quel hypocrite ! Quel menteur !Massacre à Gaza, rage et colère. Descendons dans la rue ! »
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  • Commentaires

    1
    Mardi 15 Mai à 10:06
    Eh non, je n'ai pas le profil d'un ancien combattant ! Pas du tout l'allure d'un baroudeur ! Je voudrais souligner que je n'ai pas à me réconcilier avec les Algériens car je n'ai pas de contentieux avec eux. Ils se battaient pour leu indépendance, pour la justice, la liberté, la dignité mises à mal par le colonialisme. On m'avait enrôlé dans l'armée qui s'opposait à leur juste combat, mais c'était contre ma volonté. Par contre ma rancoeur s'exerce contre les politiciens qui m'ont volé vingt-six mois de ma jeunesse dont j'aurais pu faire un meilleur profit et qui auraient sans aucune doute été plus constitué un meilleur investissement pour la France que d'aller guerroyer en Algérie.
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