• Ternier (Aisne) Pays chaunois : la nouvelle bataille des anciens combattants… Un comité d’entente exemplaire… Un sujet de réflexion…

    Ternier (Aisne) Pays chaunois : la nouvelle bataille des anciens combattants… Un comité d’entente exemplaire… Un sujet de réflexion…

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    « Notre rôle, à l’orée de nos 80 ans pour la plupart, c’est de transmettre notre vécu à la jeune génération, rappelait ce dimanche Christian Bassibey, président du Comité départemental de la FNACA. Espérons qu’ils sauront après nous perpétuer le devoir de mémoire… »

    Un souhait qui se fait de plus en plus pressant dans le monde des anciens combattants. Car la plupart ont servi sous les drapeaux au plus tard dans les années 60-70. Or, la «nouvelle » génération de militaires a du mal à reprendre le flambeau. Et à l’heure où les commémorations s’intensifient, dans le cadre du Centenaire de la Première Guerre mondiale, les rangs désertés aux cérémonies laissent un goût amer.

    « Au point de vue renouvellement, on a du mal à recruter », admet Philippe Delville, président du Comité d’Entente Ternois, faisant presque figure d’exception âgé tout juste de 53 ans. Un Comité d’Entente d’Anciens Combattants qui avait vu le jour en réponse à un manque d’effectifs. Regroupant la section locale de la FNACA, l’Union nationale des combattants (UNC) de Vouël-Tergnier et la Fédération des Cheminots Anciens Combattants, les adhérents ont fait fi de leurs différences.

    « C’est un comité modèle, estime Michel Pugin, trésorier de la FNACA ternoise. Il a été créé parce que, à un certain moment, on s’est dit qu’au lieu de se séparer à droite, à gauche, il valait mieux se réunir. »

    Si la date du 19 mars 1962 fut parfois l’objet de conflit entre sections, les retraités de la cité des Cheminots, et même du Grand Tergnier, ont décidé de passer outre : « On est tous des anciens combattants d’arme », insiste Michel Pugin. Ils se réunissent donc à chaque occasion.

    « Le travail de mémoire, à Tergnier, est partagé par de nombreux acteurs », relevait également Odile Rémiat, première adjointe à la Ville, hier. D’autres associations s’y attellent, en dehors de celles dites « patriotiques », ainsi que les écoles.

    « Depuis deux ans, on travaille avec le collège Joliot-Curie », indique ainsi Dominique Compra, président du comité laférois du Souvenir français. Si celui-ci n’est pas une association d’anciens combattants au sens propre, il s’efforce de transmettre « le flambeau à la jeune génération ». Et donc soutient financièrement le déplacement des élèves sur les sites de mémoire, tels que la Caverne du Dragon ou le Musée de la Résistance et de la Déportation.

    Par l’enseignement

    Car dans ce manque de « renouvellement » des effectifs, les anciens militaires redoutent surtout la perte d’une partie de l’Histoire. Seuls les porte-drapeaux arrivent à recruter des adolescents, intrigués le plus souvent par un passé familial.

    La FNACA développe désormais le GAJE, ou Guerre d’Algérie, jeunesse et enseignement, afin que l’histoire ne tombe pas dans l’oubli. Une exposition de 35 panneaux a donc circulé sur le Pays chaunois pour présenter un conflit encore mal connu en France. « J’ai servi de guide pour expliquer aux enfants le pourquoi », témoigne même Michel Pugin.

    Reste que les associations se vident. En 2013, la section ternoise de la FNACA a enregistré 5 décès. « Les bruits courent qu’en 2018 on sera déjà bien ennuyés et qu’en 2020 on devra peut-être décrocher », s’inquiète le trésorier.

    Et les militaires d’aujourd’hui dans tout ça ? « À un moment on avait envisagé d’inviter [ceux] qui sont en OPEX (opérations extérieures, ndlr.), mais les grands maîtres de la FNACA à Paris n’ont pas voulu. » L’ouverture des associations a encore du mal à s’envisager. Mais « l’avenir avec un grand A » pose aujourd’hui question.

    « Il faut laisser un héritage suffisant pour que les nouvelles générations puissent perpétuer le souvenir », a conclu Christian Bassibey. Une nécessité pour la mémoire collective.

    « Je voulais juste connaître ce monde »

    Le monde des anciens combattants serait-il réservé aux aînés ? C’est ce que l’on pourrait croire, au premier abord, en assistant à un repas dansant ou une assemblée générale.

    Pour autant la relève est là, discrète et encore (trop) clairsemée. À 53 ans, Philippe Delville dénote presque au milieu de retraités militaires. Car il est l’un des rares adhérents âgés de moins de 70 ans. Ce qui l’a conduit à s’investir ? « Tout simplement, mon papa était déjà porte-drapeau. » Il a donc marché sur les traces de son père, rejoignant une section après son service militaire.

    Lui a fait trois ans au service de la Nation, dont « six mois et demi » au Liban. Puis, « j’ai porté le drapeau une dizaine d’années ». Aujourd’hui, il a repris la présidence du Comité d’entente des anciens combattants de Tergnier. « Je voulais juste connaître ce monde, explique-t-il, avoir un peu plus d’information.»

    Une démarche dans laquelle peu se lancent. « Nous, personnellement, on essaie de recruter dans la période 11-12 ans. » Des adolescents qui se montrent plus intéressés qu’on pourrait le croire. « Il y en a un qui est très branché », reconnaît Philippe Delville, la raison étant que son grand-père faisait partie de la section. «Mais ça restedifficile.»

    Là encore, l’idée est avant tout d’agir contre l’oubli. Et si les anciens combattants disparaissent peu à peu, les mairies devront peut-être à leur tour reprendre le flambeau pour poursuivre les commémorations et, ainsi, le devoir de mémoire.

     

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