• «Toi, le père que j'ai trop peu connu»

    «Toi, le père que j'ai trop peu connu»

    «Toi, le père que j'ai trop peu connu»

    http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/02/1983540-toi-le-pere-que-j-ai-trop-peu-connu.html 

    Alors qu'en Algérie on commémore le 1er novembre 1954, le 60e anniversaire du début de la guerre d'Algérie, le journaliste Jean-Claude Escaffit présente «Sur les traces du père, questions à l'officier tué en Algérie» (ed. Salvator). L'auteur dresse un portrait touchant de son père, tué lors d'un attentat en Petite Kabylie, en 1959. «J'avais 8 ans quand mon père est décédé. Je l'ai peu connu, j'avais gardé de lui une image figée», annonce Jean-Claude Escaffit.

    Né à Castres, le capitaine Jean-Marie Escaffit (photo ci-dessus) était chef de poste SAS à Djidjelli. «Je sais qu'il a appris qu'il allait être assassiné, explique son fils. Je me suis toujours demandé pourquoi on cherchait à le tuer. Y avait-il quelque chose de particulier contre lui ?»

    Jean-Claude Escaffit portait en lui cette quête silencieuse jusqu'au jour, où il décide de se rendre dans la zone où son père vécut et mourut. Il part accompagné de son frère. «C'est une zone contrôlée par les islamistes. On était escortés par des hommes armés.»

    Sur place, Jean-Claude et son frère sont surpris par la chaîne de solidarité mise en place par les Algériens, par leur accueil, leur fraternisation. Ils feront la connaissance d'un vieil homme qui leur racontera par le menu l'attentat contre leur père…Les deux frangins rentrent avec des révélations bouleversantes sur l'humanité dont avait fait preuve leur paternel.

    «A travers ce récit, je voulais prouver qu'il n'y a pas de devoir de mémoire sans devoir de vérité. Cela vaut aussi bien pour les Français que pour les Algériens.»

    Yasmina Khadra signe une préface remarquable. «Il a eu un coup de cœur pour mon manuscrit. Son père a fait la guerre d'Algérie mais de l'autre côté. Lui-même a été officier supérieur de l'armée algérienne. Pour moi, c'était important de signifier cet esprit de réconciliation à travers lui», conclut l'auteur.

    SUR LES TRACES DU PÈRE  
    Questions à l’officier tué en Algérie 
    de Jean-Claude Escaffit Salvator, 156 p., 18 €

    L’absence du père peut provoquer des comportements déviants chez l’enfant ou l’adolescent. Elle est en tout cas, assurément, presque toujours source de questions insistantes sur qui fut ce géniteur trop tôt disparu ou évaporé. Toute une vie peut passer à s’interroger ainsi. Pour Jean-Claude Escaffit, les réponses ont fini par s’imposer, un demi-siècle après, à l’issue d’une recherche menée avec détermination et fièvre.

    Le temps de la retraite venu, l’auteur s’est mis en mouvement pour en savoir enfin un peu plus sur son père, le capitaine Jean-Marie Escaffit, ancien résistant, mort pour la France à 38 ans, le 3 octobre 1959, en Kabylie, lors de la guerre d’Algérie. L’officier commandait une des sections administratives spécialisées (SAS) créées pour gagner la confiance des populations musulmanes. Il fut victime d’un attentat à la bombe organisé par des moudjahidines sur une route.

    La quête du père a été lancée avec une certaine appréhension de la part de cet ancien journaliste (à La Croix puis à La Vie) aux convictions de chrétien humaniste et anti raciste, épris de paix et enclin à douter par principe du pouvoir répressif, civil comme militaire.

    Ce fils, Jean-Claude, interpelle inlassablement «papa» Jean-Marie sur le mode intimiste. Touchante est cette façon de tenter, sans effusion excessive, de renouer un dialogue affectueux et exigeant à la fois, après tant d’années où se sont mêlées l’indifférence, la retenue et aussi – il faut bien le dire – la honte. En France, le débat sur l’ampleur du recours à la torture par l’armée française en Algérie a rebondi une nouvelle fois au début des années 2000 avec les révélations du général Paul Aussaresses et du général Jacques Massu. Il en est résulté une image caricaturale faisant passer tout militaire ayant participé au conflit – décédé ou survivant – comme un ex-tortionnaire peu ou prou. Dans ces conditions, les «fils ou filles de» sont poussés à s’interroger d’une manière obsessionnelle sur la culpabilité présupposée de leur père.

    Pour trouver la réponse, les archives familiales ou publiques peuvent aider. Pour les Escaffit (Jean-Claude a associé dans l’entreprise mémorielle son frère cadet Serge), les premières sont très réduites, leur mère ayant par une extrême pudeur détruit avant de mourir de sa belle mort les lettres de son défunt de capitaine. Ne subsistent comme souvenirs que 120 photos prises sur place, dont certaines représentent l’officier parmi ses hommes et les autres des paysages, des soldats bivouaquant ou crapahutant, des villageois. Des clichés précieux certes, mais pas assez parlants pour ce qui est recherché. Et les documents administratifs ou militaires restent eux-mêmes insuffisants.

    Alors, pour connaître la vérité sur Jean-Marie, Jean-Claude se lance dans une véritable investigation journalistique. Il entre en contact avec d’anciens frères d’armes saint-cyriens ou appelés grâce à des associations de vétérans. Surtout, il se rend à plusieurs reprises en Algérie sur les traces de son père. Une véritable aventure, le lieu où l’officier était affecté faisant désormais partie d’une zone investie par la rébellion islamiste.

    Le fils ne saurait y accéder sans aide. Sans difficulté, il rencontre des Algériens qui lui offrent leurs services, jouent les intermédiaires en prenant parfois des risques pour leur propre vie, l’accueillent chez eux. Il est étonné par leur générosité, lui qui vient mettre ses pas dans ceux de celui qui avait pour mission de défendre l’Algérie française. Il appelle cela, à juste raison,«l’esprit de réconciliation». Un esprit qui va lui permettre, dans des circonstances rocambolesques, de résoudre l’énigme qu’était pour lui depuis si longtemps le capitaine Escaffit.

    L’auteur est revenu de l’aventure empreint de sérénité et, de son propre aveu, davantage instruit sur la guerre d’Algérie et les hommes qui l’ont faite des deux côtés. En plus de l’émotion qu’il provoque, son récit nous permet à nous aussi de mieux saisir la complexité d’un conflit qui a commencé le 1er novembre 1954, voilà soixante ans.

    Entretien avec Stéphane Babey, journaliste, écrivain auteur du livre "France-Algérie l'impossible divorce". (Voir notre article qui a parlé de Stéphane Babey) mais aujourd'hui parlons de Jean-Claude Escaffit, journaliste et auteur du livre "Sur les traces du père....

     

     

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