• Un désaccord entre le maire de Bergerac et les anciens combattants d'Afrique du Nord

    Un désaccord entre le maire de Bergerac et les anciens combattants d'Afrique du Nord

    Le président des anciens combattants souhaitait déposer une bougie pour les victimes des attentats de Paris, après l’évocation des combats d’Afrique du Nord. Refusé !

    Un désaccord entre le maire de Bergerac et les anciens combattants d'Afrique du Nord

     Samedi, Hubert Chazeau, président des anciens combattants (2e à droite), a malgré tout évoqué les attentats du 13 novembre dans son discours. © Photo Pauline Pierri

    Samedi à 16 heures, à Bergerac, l'association des Anciens combattants et prisonniers de guerre d'Afrique du Nord (ACPG-CATM) souhaitait prolonger la cérémonie d'hommage aux anciens combattants du Maroc, de la Tunisie et de l'Algérie par le dépôt d'une bougie symbolique pour les victimes des attentats du 13 novembre à Paris. 

    La démarche avait été dévolue à l'association du Souvenir français, représentée par Frédéric Gontier. Elle faisait écho au geste effectué, quelques heures auparavant, devant le mémorial départemental de la guerre d'Algérie à Coursac, en périphérie de Périgueux.

    Le veto absolu du maire

    Mais, quelques minutes avant que la cérémonie ne débute à Bergerac, un vif échange a opposé Hubert Chazeau, président des ACPG-CATM, au maire de Bergerac, Daniel Garrigue. Ce dernier a refusé catégoriquement ce qu'il qualifie « d'amalgame ».

    « Je considère qu'il est déplacé d'évoquer dans une même cérémonie le FLN [NDLR, Front de libération nationale] et Daesh, en rendant à la fois hommage aux combattants d'Algérie et aux victimes d'attentats. Le FLN n'était pas un mouvement islamique, mais un mouvement nationaliste, qui se battait pour l'indépendance de son pays, dans la lignée de la décolonisation amorcée dans les années 1950 et aboutie dans la décennie suivante. Les combattants algériens avaient des revendications civiques et aucunement religieuses », expliquait dimanche Daniel Garrigue, qui assume totalement le refus qu'il a opposé à Hubert Chazeau. 

    De son côté, le président des ACPG-CATM ne peut que regretter que son initiative n'ait pas été suivie. D'une part en référence au consensus qui s'était exprimé à Coursac le matin même, d'autre part parce qu'il souligne que les enfants des victimes des attentats de Paris sont devenus, tout comme ceux des anciens combattants de toutes les guerres, des Pupilles de la nation. « Je trouve dommage, dans le contexte actuel, d'avoir exclu ces enfants de la cérémonie officielle. Le terme de “guerre”, pour qualifier la situation dans laquelle la France se trouvait après les attentats de Paris, a été employé par le président de la République dès les heures qui ont suivi. Alors qu'il a fallu des mois avant qu'il ne soit utilisé pour ce qui a longtemps été appelé “les événements d'Algérie” », rappelle Hubert Chazeau.

    « Ne cédons pas à la peur »

    Si le dépôt d'une bougie à la mémoire des victimes des attentats n'a pu avoir lieu, le discours qu'il avait préparé évoquait néanmoins l'actualité récente. «Nous évoquons aujourd'hui un épisode dramatique de notre histoire, qui a fait 30 000 morts de l'autre côté de la Méditerranée. Et nous nous inclinons aussi pour les victimes du drame du 13 novembre à Paris, et nous pensons aux familles endeuillées par la barbarie commise par Daesh. Ne cédons pas à la peur. Restons unis. Les justes ont toujours le dernier mot», avait-il notamment écrit.

    Des paroles qui n'ont semble-t-il pas choqué les Bergeracois, très nombreux à s'être rassemblés, à deux pas des animations du Téléthon, devant le monument aux morts de la place de Lattre-de-Tassigny, plus précisément dédié aux combattants d'Afrique du Nord.

    Les commentaires

    Michel Dandelot

    08/12/2014

    "Confondre les combattants du FLN (période 1954-1962) avec DAECH (aujourd'hui) est une honte, Messieurs les anciens combattants, nostalgiques de la France coloniale en Algérie. Le F.L.N. se battait pour une cause juste, l'indépendance de l'Algérie, même si vous pensez comme tous les extrémistes de tous poils... en ce qui me concerne j'en veux, pour la vie, à ceux qui m'ont fait perdre 21 mois de ma jeunesse dans cette sale guerre imbécile d'Algérie"

     


     

    CROS Jacques

    08/12/2015 

    Bien sûr qu'il ne faut pas amalgamer le FLN et DAESH ! Par contre on peut rapprocher les tenants du colonialisme et  les fauteurs de guerre, même quand ils se réclament de la démocratie ou de la civilisation ! Honte à ceux qui, hier et aujourd'hui, voient dans le recours à la force armée la réponse aux problèmes. 

     

    PONSOT Danièle

    08/12/2015

    La réponse du maire de Bergerac est frappée au coin du bon sens!!! Pas d'amalgame intempestif!

     

    Justafrog

    07/12/2015 

    "L’expansionnisme colonial porté par les grandes nations européennes est une tragédie mondiale dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences. Je suis toujours étonné de lire qu'il y a encore des nostalgiques de cette sombre époque qui n'ont rien appris des leçons de l'histoire.
    Il n'est pourtant pas si difficile de comprendre qu'un monde fait de peuples dominés par des conquérants aux mobiles troubles n'a aucune chance d'être en paix. Charles X, roi de France, envahissant l'Algérie en 1830 et Georges Bush, empereur des Etats-Unis envahissant l'Irak en 2003, ont durablement provoqué des désastres économiques, écologiques et humains sous couvert d'amener civilisation, progrès, culture, lutte contre la barbarie ... La liste est longue des mauvaises raisons qu'ils ont tous les deux utilisés et malheureusement le résultat est toujours le même".

     

    gilles24

    07/12/2015

    "Nous évoquons aujourd'hui un épisode dramatique de notre histoire, qui a fait 30000 morts de l'autre côté de la Méditerranée .

    Tiens donc la guerre d’Algérie n'aurait fait que 30000 morts ?
    Ah oui c'est vrai les morts "indigènes" ne semblent pas compter, pourtant pour tous les conflits existants ou ayant existés on compte le nombre total des morts et dans ce cas là il faut multiplier ce chiffre par au moins 15 et encore....
    Ils semblent ne pas avoir tiré les leçons de l'histoire et c'est dommage qu'ils ne fassent pas un travail de mémoire véritable sur cet épisode de notre histoire ou la République a été mise entre parenthèses dans ces territoires".

    SOURCE : http://www.sudouest.fr/2015/12/07/la-memoire-desaccordee-sur-l-hommage-a-rendre-2209461-1733.php

     

     

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