• Un message pour la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation *** Un témoignage concernant le déporté André Verchuren

     

    Un grand déporté de Dachau : André Verchuren né le 28 décembre 1920 qui nous a quitté le 10 juillet 2013 *** Témoignage de Paul HAIRAUT, écrivain

    Un message pour la Journée nationale

     du souvenir des victimes et héros

     de la Déportation

    Un message pour la Journée nationale du souvenir des victimes et héros   de la Déportation *** Un témoignage concernant le déporté André Verchuren

    La Fédération nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP), la Fondation pour la mémoire de la Déportation ( FMD), l’Union national des associations de Déportés, Internés et Familles de disparus-Fédération nationale des Déportés et Internés de la Résistance (UNADIF-FNDIR), avec le concours des Associations de mémoire des camps et de la déportation délivre ce message pour la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation du dimanche 28 avril 2018.

    « La journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation permet chaque année de remettre en mémoire ce que fut la déportation avec son cortège infernal de trains partis de France entre 1940 et 1944. Ces trains ont conduit vers les camps de concentration ou d’extermination de l’Allemagne nazie des populations de tous âges et de toutes conditions, victimes de la répression et des persécutions pratiquées par l’occupant nazi avec le concours du régime de collaboration en France.

    La journée nationale a aussi pour but de rendre hommage aux victimes et de rappeler l’engagement de celles et ceux qui ont choisi de poursuivre dans la résistance la lutte contre l’ennemi et son idéologie. Nous pensons avec beaucoup d’émotion à ces disparus, femmes et hommes qui ne sont pas revenus de la tragédie qui a frappé tant de combattants et auxquels nous devons une part de notre liberté.

    Leur combat pour le respect de la dignité humaine est particulièrement chargé de sens en cette année du 70e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des Droits de l’homme. Le travail de mémoire n’est jamais achevé. L’acharnement des déportés à transmettre a valeur d’exemple et s’explique par la force d’un engagement qui ne tolère ni l’érosion de l’âge, ni les difficultés de la vie.

    Ce sacrifice, ils veulent le donner en partage aux générations suivantes afin de les inciter à rejeter toute manifestation de haine, inspirée de considérations ethniques, religieuses, culturelles ou nationalistes.

    Le message d’aujourd’hui se veut un appel à oeuvrer pour un monde de paix dont l’Europe doit demeurer le symbole ».

    Un grand déporté de Dachau : André Verchuren né le 28 décembre 1920 qui nous a quitté le 10 juillet 2013 *** Témoignage de Paul HAIRAUT, écrivain

     

    Témoignage de Paul HAIRAUT, écrivain

     

    Juste un petit souvenir au roi de l'accordéon 

    André Verchuren 

     Né le 28 décembre 1920

    à Neuilly-sous-Clermont  

    dans l'Oise et mort le 10 juillet 2013 (à 92 ans) 

    à Chantilly

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    Le roi de l'accordéon André Verchuren est mort d'un arrêt cardiaque à l'âge de 92 ans, le mercredi 10 juillet 2013. Membre de la Résistance durant la Seconde guerre mondiale, il avait passé treize mois dans le camp de concentration de Dachau (Allemagne). André Verchuren était commandeur de l'ordre national du Mérite.  


    André Verchuren a été déporté avec le matricule " 77676 "

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    André Verchuren à DACHAU

    1939/1945. La France va vivre les années les plus sombres de son histoire. Après 14/18 on pensait: " Plus jamais ! "...

     

    ...Il ne faut jamais dire jamais...

    A la déclaration de guerre, André Verchuren a tout juste 19 ans. Lors d'un gala dans l'Oise, en ces jours de septembre 1939, le Maire et le garde-champêtre font irruption dans la salle de bal , ordonnent d'arrêter la musique car c'est la déclaration de guerre entre la France et l'Allemagne. André qui animait de nombreux galas en compagnie de son père Raymond Verchuren range son accordéon. 

    André ne supporte pas tout ce qui se passe, avec la fougue de son jeune âge, il déclare la guerre lui aussi, mais à sa façon. Raymond Verchuren, son père monte une affaire de fruits et cultures maraîchères qui sert en fait de couverture pour cacher les parachutistes en attendant qu'ils repartent vers leurs destinations ceci afin de défendre le monde contre l'offenseur nazi. 

    Il en héberge un tout particulièrement qui s'appelle Harry Williams. Il sympathise un peu plus avec ce dernier. Madame Verchuren est sur le point de mettre au monde leur premier enfant. Harry Williams, avant de repartir en mission, promet à André que s'il en revient, il sera le parrain de ce premier fils. Malheureusement, Harry Williams sera abattu en bombardant au-dessus de l'Allemagne. André décide qu'il sera un peu le parrain à titre posthume et nomme son garçon Harry Williams en hommage à son ami. Ce sont donc ces deux vrais prénoms, il s'appelle Harry Williams Verchuren. 

    André, au péril de sa vie aide les parachutistes. Mais en juin 1944, sur dénonciation, il sera arrêté par la Gestapo et conduit au camp de Royallieu. Le 2 juillet 1944, à 5 heures de matin, ils sont réveillés.  6 heures départ pour la gare de Compiègne. Pendant leur transfert vers la gare,   il aperçoit sa maman abritée sous une porte cochère qui lui dit « André, André je t’embrasse ». Elle le reverra un moment après à la gare de Compiègne où les SS la voyant arriver la mettent en joue. André lui crie « Ne t’approche pas maman ils vont te tuer, ne t’inquiète pas dans 6 mois nous serons de retour ».
    Ils sont embarqués, que dis-je  entassés dans le train qui va les conduire vers l’enfer de Dachau.
    « Ce 2 juillet 1944 à 9H15 précises le Train de la Mort n° 7909 » s’ébranle vers cette destination maudite. 

    A l'arrivée plus d'un millier de morts. Il subira comme tous ses compatriotes tant de choses, que ses yeux, encore maintenant, ne peuvent que s'embuer, son regard devient lointain lorsqu'il évoque cette période. En aparté, il a fait part à l'auteur de cet article, de certaines choses qui font que cela ne peut s'oublier et qu'il taira par pudeur et respect pour cet homme qui a tant souffert dans son moral et sa chair. Il rentrera en 1945 à la libération des camps par les Américains, abattu, désemparé et amaigri de 40 kilos. Pourtant avant son départ du camp, devant tous ses camarades qui comme lui ont eu la chance d'en revenir, il empruntera l'accordéon d'un soldat allié et jouera l'Internationale et la Marseillaise.


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    Il retournera une fois à Dachau pour une émission de télévision "Portrait André Verchuren" sur FR3.

    Paris Match  n° 2866 du 22 avril 2004 rend hommage à André dans l'article "VERCHUREN LE SURVIVANT". André Verchuren y présente sa tenue de déporté :


     

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    Et le cadre dans lequel est conservé précieusement le diplôme de la reconnaissance des Etats-Unis remis par Eisenhower :


     

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    Photo du train qui avait transporté les déportés incapables de marcher. Destination Dachau, mais il fut arrêté à Osterbershen, en Avril 1945. (Photo prises par l'armée américaine également) 

    En tant qu'ancien déporté du camp de Dachau, il reçut les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur, le 5 mai 1986 (promu officier le 4 novembre 1997). Il est également Commandeur de l'Ordre National du Mérite (17 novembre 2006) pour ses 72 ans de carrière professionnelle :

    Hommage d'André Verchuren à Jean Moulin

     

     

     

    « Abolition de l'esclavage : faut-il débaptiser les rues aux noms d'esclavagistes ? Ces noms de rues qui réveillent le passéNON ! La Place du 19-Mars-1962 à Villeneuve-le-Roi ne doit pas être débaptisée ! »
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