• Vénissieux n’oublie pas : Sétif, l’autre 8 mai 1945 et aussi : En souvenir du massacre du 17 octobre 1961

     

    Vénissieux n’oublie pas :

    Sétif, l’autre 8 mai 1945

    Vénissieux n’oublie pas :  Sétif, l’autre 8 mai 1945 et aussi : En souvenir du massacre  du 17 octobre 1961

    À l’invitation du collectif « Mémoire et réconciliation » de Farouk Ababsa, le journaliste Kamel Beniaïche était reçu à la Médiathèque Lucie-Aubrac, le 3 mai. Il a présenté puis dédicacé son ouvrage Sétif, la fosse commune devant une trentaine de personnes. Fruit de douze ans de recherches, l’enquête éclaire par de nombreux témoignages les massacres perpétrés par l’armée française et des milices de colons à Sétif, Guelma, Kherrata et dans tout le Constantinois du 8 mai jusqu’à fin juillet 1945.

    Vénissieux n’oublie pas :  Sétif, l’autre 8 mai 1945 et aussi : En souvenir du massacre  du 17 octobre 1961

    Un massacre colonial 

    Le mardi 8 mai 1945, l’un des défilés organisés pour fêter la fin des hostilités de la seconde guerre mondiale (où de nombreux algériens ont combattu) s’était transformé en manifestation nationaliste et avait dégénéré en affrontements meurtriers à Sétif. « Veuillez prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer tous agissements anti-français d’une minorité d’agitateurs » avait ordonné le général de Gaulle, chef du gouvernement, le 11 mai. Mais, loin de se contenter des meneurs, les autorités locales déclenchent une campagne de terreur coloniale à grande échelle. Ferhat Abbas arrêté, la police et l’armée sont déployées dans la région, des milices de colons écument les douars, des villages sont bombardés par l’aviation et la marine…

    Les opérations feront plus de 20 000 victimes selon la majorité des historiens (45 000 selon les chiffres officiels algériens). Elles seront le ferment de l’insurrection de 1954 et la lutte pour l’indépendance. « Ce jour-là, les enfants ont compris qu’il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres », dira Houari Boumédiène, futur président algérien.

    Devoir de mémoire, travail de vérité 

    Une participante, avocate d’origine sétifienne, constate que ces événements ne figurent pas dans le manuel scolaire de sa fille, en CM2 : « interpellons l’Éducation nationale pour qu’ils ne soient pas occultés ». La question de la transmission revient dans chaque intervention. « J’ai fait ce livre sans volonté de polémique ni esprit de vengeance, insiste Kamel Beniaïche, mais parce qu’un travail de vérité est indispensable pour construire une amitié franco-algérienne solide ». Farouk Ababsa relève que « Vénissieux est l’une des rares villes françaises à avoir une stèle commémorant le massacre d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Et bien peu de maires de France font comme Michèle Picard, qui cite les massacres de mai 1945 lors des cérémonies de la Libération et le 17 octobre ». Présente elle aussi à la conférence, Michèle Picard a appelé de ses vœux l’ouverture des archives, « pour faire connaître et reconnaître les crimes de la colonisation et permettre le travail des historiens ».

    En souvenir du massacre

     du 17 octobre 1961

    Vénissieux n’oublie pas :  Sétif, l’autre 8 mai 1945 et aussi : En souvenir du massacre  du 17 octobre 1961

    Le 17 octobre 2017, la Ville et le collectif “Devoir de mémoire et réconciliation” rendaient hommage aux victimes des manifestations pacifiques d’Algériens, réprimées dans le sang en 1961 à Paris. 

    C’est l’une des pages les plus noires de l’histoire de France. Le 17 octobre 1961, la police française réprimait dans le sang une manifestation d’Algériens, organisée à Paris par la fédération de France du FLN. Selon les historiens, il y aurait eu entre plusieurs dizaines et plusieurs centaines de morts.

    À l’époque, la France est en pleine guerre d’Algérie, et vient de subir une vague d’attentats orchestrés par le FLN. La manifestation est illégale, car un couvre-feu a été instauré envers les seuls Algériens. Les 20 000 à 30 000 personnes défilent pacifiquement. Mais la répression policière sera terrible. Plusieurs milliers de manifestants seront internés, des centaines expulsés, tandis que des dizaines d’autres au moins seront portés disparus, tués, et/ou jetés dans la Seine.

    Il aura fallu attendre 51 ans, le 17 octobre 2012, pour que l’État évoque cette répression. “Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression”, admet le président François Hollande dans un communiqué. Mais pas un mot sur le responsable de cette “sanglante répression”, la police parisienne, placée sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon.

    Vénissieux n’oublie pas :  Sétif, l’autre 8 mai 1945 et aussi : En souvenir du massacre  du 17 octobre 1961

    À Vénissieux, le 17 octobre est célébré tous les ans, devant la stèle du souvenir du parc Louis-Dupic. “Vouloir savoir, vouloir connaître, vouloir interroger, vouloir s’approprier l’histoire. La date du 17 octobre 1961 appartient à ce processus de lente maturation, de trop lente maturation, a observé le maire, Michèle Picard. Néanmoins, nous avons avancé, ces dernières années, sur cet événement tragique. Des historiens, des progressistes, des militants associatifs parfois descendants de victimes, ont fait sortir de l’oubli, du déni et de la censure un épisode douloureux de notre histoire.” 

    Le président du collectif “Devoir de mémoire et réconciliation”, Farouk Ababsa, a pour sa part rendu hommage à Simone Veil pour son action en faveur des prisonniers algériens durant la guerre d’Algérie. “À cette époque, elle était haut fonctionnaire au ministère français de la Justice, en charge des établissements pénitentiaires”, a-t-il rappelé. Avant de souligner qu’elle avait obtenu le transfert des prisonniers FLN en métropole, pour les protéger de possibles exactions, et qu’elle s’était ensuite investie à leurs côtés pour améliorer leurs conditions d’incarcération.

    Aujourd’hui, un collectif d’associations appelle le président de la République, Emmanuel Macron, à reconnaître la responsabilité de l’État. 

    SOURCE : https://www.expressions-venissieux.fr/2018-05-04-setif-lautre-8-mai-1945/ 

     

    « Nous les anciens appelés et rappelés de la sale guerre coloniale d'Algérie nous avons déjà entendu cette menace... A voir ou a revoir le film « Indigènes » sera diffusé ce dimanche 6 mai 2018 à 20:55 sur la chaîne 23 »
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Mai à 09:20
    Et pendant ce temps il y en a qui renvoient dos à dos colonisateurs et colonisés et d'autres qui nous vantent les bienfaits du colonialisme. Mais que faisaient les jeunes Français, appelés sous les drapeaux et envoyés en Algérie, entre 1954 et 1962 ? Ils apportaient la civilisation ?
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