• Victor Hugo : les barbares

     

     

     

    Toute ressemblance avec des personnes ou des événements existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. 


     

    Victor hugo : les barbares 

    En 93, selon que l’idée qui flottait était bonne ou mauvaise, selon que c’était le jour du fanatisme ou de l’enthousiasme, il partait du faubourg Saint-Antoine tantôt des légions sauvages, tantôt des bandes héroïques.

    Sauvages. Expliquons nous sur ce mot. Ces hommes hérissés qui, dans les jours génésiaques du chaos révolutionnaire, déguenillés, hurlants, farouches, le casse-tête levé, la pique haute, se ruaient sur le vieux Paris bouleversé, que voulaient-ils ? Ils voulaient la fin des oppressions, la fin des tyrannies, la fin du glaive, le travail pour l’homme, l’instruction pour l’enfant, la douceur sociale pour la femme, la liberté, l’égalité, la fraternité, le pain pour tous, l’idée pour tous, l’édénisation du monde, le Progrès ; et cette chose sainte, bonne et douce, le progrès, poussés à bout, hors d’eux-mêmes, ils la réclamaient terribles, demi-nus, la massue au poing, le rugissement à la bouche. C’étaient les sauvages, oui ; mais les sauvages de la civilisation.

    Ils proclamaient avec furie le droit ; ils voulaient, fût-ce par le tremblement et l’épouvante, forcer le genre humain au paradis. Ils semblaient des barbares et ils étaient des sauveurs. Ils réclamaient la lumière avec le masque de la nuit.

    En regard de ces hommes, farouches, nous en convenons, et effrayants, mais farouches et effrayants pour le bien, il y a d’autres hommes, souriants, brodés, dorés, enrubannés, constellés, en bas de soie, en plumes blanches, en gants jaunes, en souliers vernis, qui, accoudés à une table de velours au coin d’une cheminée de marbre, insistent doucement pour le maintien et la conservation du passé, du moyen-âge, du droit divin, du fanatisme, de l’ignorance, de l’esclavage, de la peine de mort, de la guerre, glorifiant à demi-voix et avec politesse le sabre, le bûcher et l’échafaud. Quant à nous, si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares.

     

    Victor Hugo,  Les Misérables.

     

    « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
    Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front,
    Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime
    Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime ».
     

    Poète, auteur, dramaturge, romancier, journaliste, historien, Victor Hugo est avant tout un homme de principes obsédé par la défense de la liberté et la passion de lutter contre l’injustice sociale. Sa phrase : «je suis une conscience» peut, en effet, résumer toute son œuvre et toute sa vie. Conscience des événements qui ont fait vibrer l’âme de son temps, de ses tourments, de ses espoirs, de ses conquêtes mais aussi de la beauté et de la laideur de la nature humaine. Son engagement aux valeurs universelles va faire de lui la voix des faibles et des exclus, revêtant un caractère particulier. Ni l’art pour l’art ni l’art pour la politique mais l’art pour le progrès et pour le bien de l’humanité. Car les Droits de l’Homme ne sont pas, pour lui, un mot vide de sens. Les Droits de l’Homme sont vivants et doivent être défendus en acte. Hugo, qui se disait « porte-parole de l’humanité», a mis sa plume au service «des opprimés de tous les pays et de tous les partis ».

    LE COMBAT CONTRE LA MISÈRE 

    «Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère
    Victor Hugo, Discours à l’Assemblée Législative

    LA CAUSE DES ENFANTS ET LE DROIT

     À L’INSTRUCTION 

    «L’enfant doit être notre souci. Et savez-vous pourquoi ? Savez-vous son vrai nom ? L’Enfant s’appelle Avenir.»
    Victor Hugo, Actes et Paroles, pendant l’exil, 1869

    LA LUTTE POUR LES DROITS DE LA FEMME 

    «Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité, il faut l’y faire rentrer : donner pour contrepoids au droit de l’homme le droit de la femme.»
    Victor Hugo, Actes et paroles

    POUR L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE 

    «Un seul esclave sur la Terre suffit pour déshonorer la liberté de tous les hommes.»
    Victor Hugo, journal La Gironde, 17 janvier 1862

    CONTRE LA PEINE DE MORT 

    «La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie.»
    Victor Hugo, Discours à l’Assemblée constituante, 15 septembre 1848
     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Octobre à 11:51

    Oui ce teste sur les "barbares" a des résonances dans l'actualité. Avec une nuance, ce ne sont pas les mêmes, ceux de 1789 qui ont fait une Révolution bourgeoise, et ceux qui aujourd'hui sont appelés à en finir avec le système économique et social qui est le nôtre et qui s'avère incapable de résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés. 

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