• Vire (Normandie) Claude raconte la fin de la Guerre d’Algérie

     

    Vire (Normandie)

    Claude raconte la fin de la Guerre d’Algérie

    À la demande de ses deux enfants, Claude Poupion, 77 ans, a publié ses mémoires de la Guerre d’Algérie. | Ouest-France 

    Claude Poupion publie ses mémoires. Il raconte son service militaire passé en partie en Algérie, entre 1960 et 1962. Et propose une réflexion sur cette période mouvementée.

    Les gens d’ici 

    Le 1er septembre 1960, Claude Poupion s’apprête à prendre pour la première fois le train. Ce Virois de vingt ans s’apprête à rejoindre Paris faire son service militaire. Sur le quai de la gare, le jeune homme est attentif à tout « Le chef de gare avec sa casquette, son marteau et son arrosoir pour huiler les roues, les annonces… C’était une première pour moi », sourit-il aujourd’hui.

    À la retraite, et « à la demande de mes enfants », Claude Poupion publie, aux éditions Corlet, ses mémoires de la Guerre d’Algérie. « Je leur ai souvent parlé de ma vie là-bas. Quand ils ont grandi, mon fils et ma fille m’ont poussé à coucher ces histoires sur papier », justifie l’ancien combattant aujourd’hui.

    « C’est tellement beau ici, pourquoi y faire la guerre ? »

    Après ses classes à Montlhéry et Chartres, Claude Poupion embarque à Marseille pour Alger où la guerre se poursuit. Dans ces années, les conscrits savaient qu’ils risquaient de partir sur « le théâtre des opérations extérieures ». « Je n’avais aucune envie d’y aller, c’est certain. Mais on n’avait pas le choix », poursuit-il.

    Claude se souvient avoir été estomaqué par « la beauté » des collines qui sortent de la brume de mer et des maisons blanches d’Alger : «C’est tellement beau ici, pourquoi y faire la guerre? », s’interroge-t-il alors.

    Il fallait « choufer »

    Dans ses mémoires, Claude retrace ses premières missions, « à la recherche d’une cache d’arme » ou pour « surveiller l’usine Renault de Maison-Carrée », menacée par l’OAS. Intégré au 504e bataillon du train, le Virois sillonne l’Algérois. Accompagné jour et nuit par son fusil, il « choufait » à bord de son camion ou à pied. « Ça veut dire se tenir aux aguets, observer, écouter… C’est la guérilla qui voulait cela. »

    Après un accident de camion, Claude est blessé et hospitalisé. « Il a eu des complications qui le poursuivent toujours aujourd’hui », raconte pudiquement Jacqueline, sa femme. En mai 1962, son bataillon est dissous. « On a tous levé les bras au ciel, se souvient Claude. On pensait qu’on allait rentrer directement au pays. »

    Il faudra attendre un peu. Claude est alors réaffecté à une autre unité. Il devient chauffeur d’un capitaine. Le 3 juillet 1962, l’Algérie est indépendante. « Nous sommes restés jusqu’en octobre. L’idée, c’était de maintenir l’ordre, même si nous n’avions plus d’armes », détaille le retraité.

    « Il aurait fallu négocier »

    À son retour, « il a fallu quelques mois pour se réadapter à la vie civile », reconnaît-il. En février 1963, Claude trouve une place de mécanicien agricole chez Duval-Molinié, à Vire, avant d’intégrer quelques années plus tard Le Profil industrie.

    Claude a ajouté à ses mémoires une réflexion sur ces mois passés en Algérie. « Cette guerre était inutile. Il aurait fallu négocier et ne pas en arriver à cet affrontement sanglant pour les deux camps », regrette l’ancien combattant qui dit « n’avoir jamais eu de mauvais rapports avec les Algériens ».

    Depuis son premier voyage en train pour Paris, Claude a fait du chemin. Avec Jacqueline, sa femme, il s’apprête à rejoindre son fils pour passer un mois au Canada. 

    Claude Poupion raconte son Algérie

    Claude Poupion et son livre, entourés du maire Marc Andreu Sabater, d’anciens combattants et d’amis virois. | Ouest-France

    C’est donc à la demande de ses enfants, le Virois a couché sur le papier son expérience de la guerre à travers le souvenir de ses deux années passées en Algérie. Il vient d’enrichir son livre.

    Un train pas comme les autres.  Ce train, c’est le Granville-Paris qui a emmené Claude Poupion au service militaire en région parisienne, en 1960. C’est aussi le titre du livre dans lequel le Virois raconte le régiment mais surtout l’Algérie et la guerre qu’il a vécue en 1961 et 1962. « J’ai écrit tous ces souvenirs en y ajoutant un aspect historique sur le service militaire et l’Algérie », explique ce natif de Chérencé-le-Roussel près de Sourdeval.

    Claude Poupion vient d’enrichir son livre. Il a présenté cette deuxième édition, vendredi 8 décembre 2017, à la mairie, en présence du maire Marc Andreu Sabater et de ses amis anciens combattants. En retraçant en quelques minutes son parcours d’appelé, Claude Poupion, ancien mécanicien agricole et ancien salarié de l’automobile, s’est souvenu de sa première impression dans le bateau en voyant Alger surgir dans la brume. 

    Un train pas comme les autres, de Claude Poupion, aux éditions Corlet, 262 pages. En vente à l’office du tourisme de Vire. Prix : 20 €.

    SOURCE : https://www.ouest-france.fr/normandie/vire-normandie-14500/vire-normandie-claude-raconte-la-fin-de-la-guerre-d-algerie-5441781 

    SOURCE : https://www.ouest-france.fr/normandie/vire-normandie-14500/vire-l-ancien-combattant-claude-poupion-raconte-son-algerie-5440241 

    « Si je dois choisir un souvenir et une année qui m'ont marqués eh bien ce sera 2015 année de tant de drames et aussi avec cette belle histoire. Rappelez-vous :De Bollardière : ce général français qui dénonça la torture en Algérie »
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  • Commentaires

    1
    Mercredi 27 Décembre 2017 à 10:54

    Eh oui l'Algérie était sans doute un beau pays mais la guerre qu'on y faisait n'était pas une bonne chose. Et l'institution militaire ne l'était pas davantage. Quelle horreur !

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