• VIVE LA GUERRE ! Jacques-Robert SIMON

     

    VIVE LA GUERRE !

    Jacques-Robert SIMON

    Jacques-Robert SIMON : Chimiste, Chercheur au CNRS, Professeur à l'Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la ville de Paris (ESPCI). Devenu auto-entrepreneur afin d'éditer des textes scientifiques en Français et des commentaires politiques sans a priori militant. 

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    La guerre permet de vendre quantités d’armes, de resserrer les rangs du peuple autour d’un ennemi commun, d’augmenter sans risques d’explosion sociale les inégalités. Les guerres modernes présentent en plus l’avantage de pouvoir faire se battre entre elles les forces locales sans intervenir physiquement en première ligne. Alors, Vive la Guerre !

    VIVE LA GUERRE !  Jacques-Robert SIMON

    Il est fascinant de constater à quel point l’humanité peut accepter les pires abjections lorsque celui ou ceux qui agissent sont les plus forts et les plus fortunés. Le Proche et le Moyen-Orient est un foyer d’innombrables conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale et illustre à la perfection cette assertion.

    Tout débute par le démantèlement de l’Empire Ottoman, société multiculturelle. Des frontières sont tracées : la France et l'Angleterre reçoivent mandat de la Société des nations pour administrer des territoires : Syrie et Liban pour la France, Irak, Jordanie, Palestine pour l'Angleterre. L'Arabie Saoudite quant à elle reçoit la région de La Mecque. Dès le tout début du XXe siècle, les occidentaux lorgnent vers le pétrole qui se trouve dans la région. Les frontières ne respectant pas toujours la répartition des différents peuples, les Européens doivent réprimer diverses révoltes et quelques volontés d'émancipation. En 1948 est proclamé un état juif qui revient à expulser les palestiniens qui se trouvaient précédemment à cet endroit. Le mouvement sioniste voulait dès le XIXe siècle un état juif pour se défendre d’un antisémitisme de plus en plus violent, hésitant entre l’Ouganda et la Palestine. Quelques millions de juifs parmi des centaines de millions de musulmans ne pouvaient vivre que dans la paix, les juifs se diluant dans la multitude, ou dans une guerre constante. Les forces militaires arabes unies étant numériquement supérieures, il était impératif que les pays musulmans se divisent, ils vont l’être. Les États-Unis ont implanté dans la région des bases pour contrôler les routes d’acheminement du pétrole et s’allient avec l'Arabie Saoudite.

    Les Européens d’abord, les Etats-Unis ensuite, ont déterminé les frontières de nouveaux pays, guerroyé pour maintenir l’ordre, imposé la naissance d’un nouvel état, lié une fidèle alliance avec le plus rétrograde des pays dont le droit est basé sur la charia. Restait le pire : l’émergence du terrorisme.

    En 1979, l'URSS envahissait l'Afghanistan. Une « guerre sainte », est alors lancée contre l'Armée rouge qui a envahi une terre d'Islam. Parmi les « moudjahidin » qui vont combattre, des groupes pro-saoudiens sont lourdement financés. Mais il existe également parmi eux des Pakistanais, des Philippins, des Malaisiens et des jeunes venus des banlieues. Oussama ben Laden, aidé par un des innombrables princes saoudiens, a fait ses premières armes lors du conflit afghan et créé Al-Qaida. Les américains considèrent que l’affaiblissement de l’Union Soviétique est une priorité absolue, pour ce faire, ils vont s’allier avec le premier terroriste venu. Ils vont y réussir, l’URSS va subir une sorte de Vietnam sans qu'une goutte de sang américain soit versée.

    Une guerre par procuration d’un nouveau type était née : il y a suffisamment de forces antagonistes sur place pour ne pas avoir à intervenir militairement directement pour imposer ses vues. 

    La guerre civile syrienne débute en 2011 dans le contexte des Printemps arabes par des manifestations majoritairement pacifiques en faveur de la démocratie contre le régime du président Bachar el-Assad. Certains vont jusqu’à parler d’une révolution Facebook ou Twitter tant la contribution des réseaux sociaux a été importante dans son déclenchement. Réprimé brutalement par le régime, le mouvement de contestation se transforme peu à peu en une rébellion armée. Un groupe djihadiste apparaît en Syrie en 2013 et prend le nom d'État islamique lorsqu'il proclame l'instauration d’un califat, Daech pour ses adversaires. Après 6 ans de guerre, près de 500 000 morts dont 90 000 civils, sur une population de 22 millions d’habitants, seront à déplorer. Dans chaque camp en présence sont commis des crimes de guerre d’une ampleur effarante. Les véritables adversaires impliqués sont les Etats-Unis contre la Russie d’une part, Israël contre l’Iran d’autre part, mais aucune des quatre puissances n’apparaîtront sur le terrain militaire, elles se contenteront d’ appuis aériens massifs lors des combats et de l’envoi de toutes sortes d’armes.

    Les guerres d’antan servaient aussi à conquérir par la force de nouveaux territoires. Louis XI durant la guerre de cent ans permit, grâce à d’incessants combats et de judicieux mariages, de rattacher à la France la Bourgogne, l'Artois, la Picardie entre autres territoires. Les combats à l’époque font peu de morts car les batailles engagent rarement plus de 10 000 hommes. La noblesse est la principale intéressée à ces pertes car vivant du labeur des paysans, le maître se doit de manifester sa bravoure et sa loyauté envers ses féaux. Ainsi, 70 % de la chevalerie Française est tuée à Azincourt en 1415. Mais l’élite se dégagea peu à peu des combats guerriers pour laisser les places exposées aux gens du commun. 

    La cause immédiate de la Première Guerre mondiale fut l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche à Sarajevo par un nationaliste serbe. Un ensemble complexe de traités opposèrent alors la Russie, la France et la Grande-Bretagne à l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’empire Ottoman. En 1914 plus de 8 millions de soldats français furent engagés. En 1918, 1,35 million d’entre eux ne reviendront pas. À peu près aucun d’entre eux ne discernait clairement les causes de cette grande guerre et se contentèrent de suivre un élan patriotique venu d’ailleurs. La Seconde Guerre mondiale fut le conflit militaire le plus meurtrier de l'histoire, de 60 à 80 millions de personnes ont été tuées. Cette fois, le nombre de civils tués est environ le double de celui des militaires.

    L’élite décidait des guerres mais n’intervenait plus, ou peu, sur les champs de bataille. Restait l’étape ultime : faire se tuer les natifs des pays convoités entre eux sans y mêler le sang des occidentaux… en introduisant les troubles en leur sein. Comment ?

    « Depuis 2011, la France se mobilise pour trouver une solution au conflit syrien. » selon les instances gouvernementales. Pour mettre en place le désordre, des émeutes de tout type peuvent être suscitées au nom de la Liberté : une quelconque fraction de toute société est toujours avide de jouir, il suffit de les activer. Les dirigeants locaux répriment généralement férocement ces troubles et les occidentaux s’indignent au nom des droits de l’Homme, seule arme fiable qui leur reste entre leurs mains épuisées. Dans cette atmosphère, les tenants d’un Islam rigoriste prospèrent en prêchant un anti-occidentalisme… jusque même dans les quartiers déshérités des pays occidentaux. En Syrie, et pour des raisons qui leur sont personnelles, ce sont les Kurdes qui permettront sur le terrain de se débarrasser de l’État Islamique. Les chevaliers, menée par les Nord-Américains et les Russes, ont délaissé leur monture pour l’avion et les drones (avant que les robots tueurs autonomes permettent de se passer même des kurdes). Les bombardements et les assassinats ciblés seront conformes à un jeu vidéo pour les occidentaux, mais les autres subiront de réelles atrocités. 

    Les richesses pétrolières d’une région sont convoitées. On les achète à des potentats locaux noyés par des flots qui dépasseraient leurs possibilités de dépense… si il n’y avait pas la guerre. Cet afflux de finances leur permet l’achat d’une quantité vertigineuse d’armes plus ou moins sophistiquées à ces mêmes occidentaux, la boucle est bouclée.

    Créer des problèmes et offrir des solutions est devenu un moyen classique de conduire une démocratie électorale. Cependant, personne ne se risquerait à organiser des attentats sanglants afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires. Mais laisser des obligés les financer plus ou moins directement est du domaine du possible ou du probable. Le terrorisme sert aux uns de propagande télévisuelle afin d’exister et permet aux autres de rogner jour après jour le cadre démocratique de leur société.

    La guerre de nos jours se caractérise donc par le fait que les principaux intéressés, les occidentaux, stimulent les combats par le verbe et la fourniture d’armes sans participer aux combats, laissant les « gueux » s’étriper. La guerre et les massacres battant leur plein, des masses de réfugiés tentent d’émigrer vers les pays occidentaux, avivant les tensions communautaires dans les pays d ‘accueil, augmentant les revendications identitaires et les menaces terroristes… Il faut alors que les occidentaux réagissent à cette guerre par le terrorisme qui leur est déclarée : ils détricotent leur tissu démocratique en édictant des lois liberticides, en élisant des gens dont on pensait qu’ils ne pouvaient plus exister après ce qu’avait connu l’Europe il n’y a pas si longtemps, en remplaçant peu à peu l’autorité par l’autoritarisme. Et tout ceci est conduit parce qu’ « on » est raisonnable, pragmatique, néo-libéral, en un mot moderne.

    Source : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vive-la-guerre-200568 

     

    commentaires

    L’ignoble Trump : l’Afrique et une partie des Caraïbes sont des “pays de merde”…

    Réponse de Jack Lang : «Trump, Président de merde».

    Et nous les « riens » ils nous prennent pour des « citoyens de merde » alors revisualisons cette vidéo qui nous explique pourquoi « les guerres de merde » ne s’arrêteront jamais… sauf si : Un autre monde on a pas le choix…

    Un autre monde on a pas le choix… 

     

     

    « La belle histoire : Grâce à sa petite-fille, un vétéran retrouve son compagnon d’arme en Seine-MaritimeA quand des aveux complets ? L’Etat fait encore un petit pas dans l’affaire Audin »
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 14 Janvier à 08:36

    Oui les puissances impérialistes utilisent les possibilités locales pour leurs guerres. Pendant celle d'Algérie la France avait réussi à faire se battre entre eux les Algériens. Et elle n'hésitait pas à mettre ceux qu'elle avait ralliés en avant. Comme quoi on avait déjà de l'affection pour les harkis tant qu'on a eu l'espoir d'endiguer l'aspiration des Algériens à la dignité dans l'indépendance. Quand la réalité s'est imposée au détriment des fantasmes entretenus par l'Action psychologique, on sait le sort qui a été réservé à ceux qu'on avait enrôlés pour prendre les armes contre leurs frères !

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