• Voici l’histoire très émouvante de la famille du célèbre animateur de télévision Jean-Pierre Foucault : son père assassiné à Alger en 1962 célébré parmi les Justes

     

    Jean-Pierre Foucault: «Je cède la place

     à la jeune génération»

    Voici l’histoire très émouvante de la famille du célèbre animateur de télévision Jean-Pierre Foucault : son père assassiné à Alger en 1962 célébré parmi les Justes

    La télévision française serait sur le point de vivre un tournant historique. Jean-Pierre Foucault pourrait quitter TF1, chez qui il travaille depuis 1987, d'ici la fin 2017. C'est Cyril Hanouna qui a révélé l'information par téléphone sur Europe 1 ce mardi 21 dans Le Grand Direct des Médias, assurant que l'animateur emblématique de la première chaîne d'Europe était en fin de contrat. "Je sais que 2017 est une année très importante pour lui, parce que vous savez moi je dis tout, il peut quitter TF1.

    S'il reste fidèle à la compétition de Miss France à chaque mois de décembre, on ne peut pas en dire autant pour le reste de l'année. En effet, les prime ponctuels de Qui veut gagner des millions sont de moins en moins fréquent. D'ailleurs, le dernier en date a été diffusé il y a près d'un an, le 1er janvier 2016... Sur TF1, il incarne régulièrement les tirages du Loto et d'Euro Millions, mais rien de plus. De surcroît, Jean-Pierre Foucault a annoncé sa retraite de la radio au moins de juin dernier, lors de l'ultime numéro de l'émission Les pieds dans le plat sur Europe 1 de Cyril Hanouna pour lequel il était chroniqueur.

    Pourquoi tant de discrétion ? TV Magazine lui a posé la question. "J'ai plus de 69 ans! Il est donc normal que je cède la place à la jeune génération montante d'animateurs, ne serait-ce que pour mon confort personnel. Quand j'ai pris les rênes de Sacré soirée à l'âge de 40 ans, des anciens ont eu aussi la courtoisie de laisser leur place. Je ne suis pas malheureux dans mon coin ! (...) J'ai besoin de vivre, de passer du temps avec mes proches et de voyager parce que j'ai beaucoup travaillé", a-t-il répondu, serein.

    Puisque Jean-Pierre Foucault semble vouloir prendre sa retraite à la fin de cette année 2017 rappelons-nous de sa remarquable histoire : 

     

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    Séjour très émouvant à Jérusalem pour l’animateur. Il y a parrainé le premier voyage « Mémoires de Justes », afin de rendre hommage aux Français qui ont sauvé des juifs pendant la Guerre. Parmi eux, son propre père.

    Gravée dans le marbre, la liste des 23 226 Justes parmi les Nations s’étale sobrement sur les imposantes stèles blanches de Yad Vashem. Perché sur les hauteurs verdoyantes du mont -Herzl, à Jérusalem, le mémorial accueille naturellement la cérémonie de Yom A Shoah, la journée nationale du souvenir. Pour avoir sauvé des familles juives de la barbarie nazie au péril de leur vie, les Justes du monde entier y sont honorés.

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    Paula et Marcel Foucault

    Un nom, celui de Marcel Foucault, vient de rejoindre ceux des 3 115 Français titulaires de la plus haute distinction honorifique de l’État hébreu. « Ma mère est décédée le 12 octobre 2008, raconte Jean-Pierre Foucault. Un an plus tard, jour pour jour, j’apprenais que mon père allait être reconnu en tant que Juste parmi les Nations, à titre posthume. C’est bien sûr une très grande émotion et un honneur», répète l’homme de télé, ému.

    À l’invitation de Nicole Guedj, présidente de la Fondation France Israël, il a accepté de parrainer le premier voyage « Mémoires de Justes » qui a mené vingt descendants de ces héros d’une période noire sur les traces de leur histoire.

    Née dans un petit village de Pologne, celle qui allait devenir la mère de Jean-Pierre Foucault, Pessa Leska, a fui les persécutions opérées dans son pays à l’encontre des juifs dès 1938, dans l’espoir de rejoindre l’Argentine. À -Marseille, elle fait la connaissance d’un négociant en fruits et légumes qui, en 1942, la cache dans une chambre de bonne du quartier de la Rose. Un catholique. Un résistant. Un certain monsieur Foucault qui deviendra, plus tard, son mari et le père de ses enfants. Jean-Pierre, l’aîné, naît en 1947.

    Un père assassiné à Alger en 1962

    L’histoire accidentée de sa famille, l’enfance insouciante, la double culture et la tragique disparition de son père, assassiné à Alger en 1962 dans des circonstances jamais élucidées… tout cela l’animateur l’a raconté dans un livre, Le Sourire aux larmes, paru en 2005. « Il a accepté sans hésiter de partager ce moment si personnel avec notre groupe, se réjouit Nicole Guedj, instigatrice de ce rapprochement entre descendants de Justes et Israéliens. Ici, les Justes et leurs familles ne sont pas des visiteurs comme les autres. Et au fond, personne ne souhaite qu’il ne reste de la France dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale que le récit de la collaboration. »

    Il a fallu sept ans de démarches à la famille Foucault pour prouver à la commission des Justes la véracité des actes héroïques du patriarche. « Mon père n’en parlait pas, convaincu d’avoir accompli un geste normal, se souvient Jean-Pierre Foucault. Ma mère n’a accepté de me raconter son histoire qu’à l’âge de 93 ans. À la maison, elle parlait à voix basse quand elle évoquait sa religion, comme si les murs avaient des oreilles. »

    De peur que la mémoire ne s’efface avec les derniers témoins, les descendants de rescapés recherchent avec encore plus d’énergie ceux qu’ils appellent nos Justes, plus enclins à fouiller ce passé douloureux que les rescapés eux-mêmes. Chaque année, la commission chargée d’attribuer le titre reçoit en moyenne cinq cents dossiers. Elle-même descendante d’un héros de la résistance, Michèle Forgues interpelle l’animateur : « Vous avez vu ça, monsieur Foucault ? Nous sommes voisins ! », lui lance-t-elle. Du doigt, elle désigne le nom qui précède celui de Marcel Foucault : Michel et Francisca Tendero. Ses grands parents. « Ça alors, c’est vrai », s’étonne le Marseillais. Et d’ajouter doucement : « Il faudra que je revienne, au calme, avec mes sœurs, cette fois. »

      Cérémonie émouvante à la Mairie de Marseille

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    Les enfants de Paula et Marcel Foucault

    Où eu lieu en présence des personnalités civiles, religieuses et militaires, la remise à titre posthume de la médaille et du diplôme de "Juste parmi les Nations" à Marcel FOUCAULT. Le fils, de ce héros de la 2ème guerre mondiale, Jean Pierre Foucault, très ému, accompagné de sa fille et de ses 2 soeurs, a retracé l'histoire de sa mère juive d'origine Polonaise sauvée et cachée par Mr Marcel Foucault au péril de sa vie. Simona Frankel, Consul Général d'Israêl à Marseille, et Robert Mizrahi président du comité Français de l'institut Yad Vashem de Jérusalem ont raconté "l'histoire" de celui qui a sauvé des griffes des Allemands pendant l'occupation entre 1940 et 1944, Madame Paula LESKA qui allait devenir, Mme Foucault.
    Marcel Foucault a notamment sauvé d'autres personnes juives.
    La Médaille des Justes est décernée par l'Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des juifs au péril de leur vie. "Qui sauve une âme sauve l'humanité toute entière!" voilà ce qui est inscrit à Yad Vashem.
    Par cette remise de médaille et diplôme, la nation juive et l'Etat d'Israël n'oublient pas ces actes de bravoure héroïques!
    LA MEDAILLE DES JUSTES PARMI LES NATIONS est la plus haute distinction décernée par l'Etat d'Israël.

     

    http://jssnews.com/2009/11/11/jean-pierre-foucault-ne-de-mere-juive-et-de-pere-juste/

     La mère de Jean-Pierre Foucault s'exprime

    « J’ai vu le jour le 27 février 1916 à Mogelnica, en Pologne. J’étais la troisième de neuf enfants d’une famille juive traditionnelle. Mes parents tenaient une boulangerie-pâtisserie où ils travaillaient très dur.
    Comme il n’y avait aucun avenir pour moi en Pologne, je suis partie en 1938 pour la Belgique où j’ai rejoint ma soeur Anna qui tenait avec son mari un supermarché de produits frais. Je faisais de mon mieux pour l’aider à tenir le magasin et élever ses deux enfants, Paulette et Maurice.
    Et puis les Allemands sont arrivés en Belgique. Je suis alors partie sur les routes à pied, sans ma soeur, mon beau-frère et les enfants qui pensaient ne rien risquer…

    En juin 1940, après l’armistice, j’ai pensé rejoindre l’Argentine en prenant le bateau à Marseille. Là, dans cette ville, je n’avais qu’un seul contact : Monsieur Falek. C’est grâce à lui que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon sauveur, celui de ma famille et plus tard mon mari : Marcel Foucault.

    Marcel Foucault m’a aidée tout au long de la guerre. Il prenait pour moi, comme pour d’autres juifs, des risques énormes. Il nous fournissait de faux papiers, essayait de nous trouver des logements et mettait sans cesse sa vie en péril pour sauver la nôtre.
    En 1941, il avait rejoint le réseau « Combat », la plus importante organisation de Résistance en zone sud, où il tenait une rôle de « boîte aux lettres » dans les services de liaison, s’occupait aussi des dépôts d’armes et surtout de la fabrication de tickets d’alimentation et de faux documents.

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    Le diplôme

    Quand les rafles ont commencé à Marseille, alors qu’il me connaissait à peine, il m’a cachée chez une dame de la Rose, Madame Garnier, et m’a donné de faux papiers. Il payait lui-même ma logeuse chaque mois et me rendait visite sans cesse.
    Quant à mes neveux, Maurice 5 ans et Paulette 9 ans à l’époque, s’ils sont en vie encore aujourd’hui, ils ne le doivent qu’au courage et à la générosité de Monsieur Foucault qui a pris tous les risques imaginables pour les sauver des griffes des Allemands.

    Je peux vraiment dire que toute la famille que j’ai aujourd’hui, je la dois à celui qui est devenu mon Mari, car c’est lui qui a sauvé, au péril de sa vie, le peu de famille que les Allemands n’ont pas réussi à m’arracher. »

    « Mais la générosité de Monsieur Foucault à l’égard des juifs ne s’arrêtait pas à aider ma seule famille. Je sais qu’il a fourni à sa secrétaire, qui était juive, de faux-papiers. Malheureusement, elle fut arrêtée et forcée de dénoncer celui qui lui avait fourni sa carte d’identité. Vous n’imaginez pas le combat qu’il a fallu mener pour sortir Monsieur Foucault des mains de la Gestapo. Quinze jours très douloureux dont il est ressorti encore plus fort et convaincu de s’opposer à l’occupant.

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    La remise de la Médaille des Justes à Marseille

    La Médaille des Justes est décernée par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des juifs au péril de leur vie. “Qui sauve une âme sauve l’humanité toute entière!” voilà ce qui est inscrit à Yad Vashem.
    Par cette médaille et ce diplôme, la nation juive et l’Etat d’Israêl n’oublient pas ces actes de bravoure; et en décernant “LA MEDAILLE DES JUSTES PARMI LES NATIONS “la plus haute distinction décernée par l’Etat d’Israël, ils manifestent ainsi leur reconnaissance à ces “Justes”!!

      Dans l'émission "On n'est pas couché" :

    Jean-Pierre Foucault rend hommage à son père

    tué en Algérie

    La Médaille des Justes est décernée par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des juifs au péril de leur vie. “Qui sauve une âme sauve l’humanité toute entière!” voilà ce qui est inscrit à Yad Vashem.
    Par cette médaille et ce diplôme, la nation juive et l’Etat d’Israêl n’oublient pas ces actes de bravoure; et en décernant “LA MEDAILLE DES JUSTES PARMI LES NATIONS “la plus haute distinction décernée par l’Etat d’Israël, ils manifestent ainsi leur reconnaissance à ces “Justes”!!

      foucault-ok.JPGOn connaît de lui sa bonne humeur, moins ses fêlures.

    Dans "La couleur des souvenirs"  livre publié chez Albin Michel, Jean-Pierre Foucault se raconte et s'attarde notamment sur la disparition de son père, tué à Alger en 1962. Un épisode qui a ému les chroniqueuses d'On n'est pas couché, où l'animateur était venu hier soir présenter son autobiographie. 

    "J'avais 14 ans et très vite je suis devenu adulte" se souvient Jean-Pierre Foucault. L'animateur vedette de TF1 était hier soir sur le plateau de France 2, l'invité de Laurent Ruquier à l'occasion de la sortie de son autobiographie, "La couleur des souvenirs"
      publiée chez Albin Michel. Il aborde alors la mort mystérieuse de son père lors "des évènements en Algérie". Ce dernier sera tué de deux balles dans le dos et l'affaire ne sera jamais élucidée. Pourtant Jean-Pierre Foucault a mené des recherches, en vain. Il croit aujourd'hui que son père venu à Alger pour vérifier les finances de son entreprise, aurait été victime d'un règlement de compte. Mais ce que l'animateur raconte surtout dans son dernier livre, c'est sa solitude de jeune adolescent confronté à la disparition de son père et au silence de sa mère. 

     

    Médaille des Justes parmi les nations

     

    Natacha Polony qui reconnaît s'intéresser rarement à ce type de récit, avoue cette fois avoir été touchée par l'histoire singulière de l'animateur. Outre la mort du chef de famille, il est un autre sujet dont on ne parle pas chez les Foucault : la Shoah. Et pourtant, la mère de Jean-Pierre Foucault de confession juive, perdra neuf membres de sa famille dans les camps. Elle sera cachée par celui qui deviendra son mari. "Pour lui, c'était normal", explique l'animateur qui précise que son père avait ensuite été décoré de la médaille des Justes parmi les nations. 

      

    Vel'd'Hiv'. Jean-Pierre Foucault :

    « Mon père a sauvé ma mère »

    Jean-Pierre Foucault dévoile l'histoire de sa famille au travers de son père, résistant héroïque, qui a sauvé celle qui deviendra sa femme et dont la famille fut entièrement décimée pendant la Deuxième Guerre mondiale.

    Propos recueillis par Caroline Rochmann - Parismatch.com

    Ce n’est que très tardivement que j’ai appris mes origines et encore plus tard, au début des années 2000, que ma mère, âgée de plus de 80 ans, s’est mise à raconter son histoire et celle de sa famille.

    Mes sœurs et moi avons grandi à Marseille dans la religion catholique, et notre mère insistait beaucoup pour que nous ne rations ni une messe, ni un cours de catéchisme. De son côté, nous n’avions ni grands-parents, ni oncles et tantes, ni cousins. Elle nous répondait juste, de façon évasive, qu’ils étaient morts pendant la guerre. Elle éludait toujours et nous n’insistions pas. Nous sentions que nous lui faisions de la peine en abordant la question.

    «Une famille entière exterminée»

    Nous avons découvert sa judéité petit à petit. Jusqu’au jour où ma propre fille, devenue adulte à son tour, lui a dit: «Raconte-nous!» Elle a alors accepté de publier son histoire dans un petit livre à compte d’auteur. La dame qui a rédigé ce fascicule m’a d’ailleurs confié: «C’est incroyable, quand votre mère évoquait sa religion, elle baissait la voix.» Les huit frères et sœurs de ma mère, ainsi que ses parents, avaient été exterminés à Auschwitz. Elle n’en avait jamais parlé.

    En fait, ma mère, Paula, était née en 1916 à Mogelnica, en Pologne, où ses parents tenaient une boulangerie-pâtisserie. Elle était la troisième d’une famille juive traditionnelle de neuf enfants. En 1938, elle décide d’aller rejoindre en Belgique sa sœur aînée, Anna, qui tient là-bas un petit supermarché de produits frais avec son mari. Lorsque les Allemands arrivent en Belgique, Anna et sa famille choisissent de se réfugier en France, dans un tout petit village de Haute-Savoie, Aiguebelle-le-Lac. Ma mère refuse de les accompagner. Elle dit que c’est une bêtise, qu’ils vont se faire repérer. Comme elle a eu raison!

    Un matin, les Allemands sont arrivés dans la petite pension de famille et ont raflé Anna. Par miracle, ils ont laissé les deux enfants, Paulette, 9 ans, et Maurice, 5 ans. Ma mère, elle, avait décidé de se rendre à Marseille et d'y prendre un bateau pour l’Argentine. Elle n’avait qu’un contact, un certain monsieur Falek, importateur de fruits et légumes, qui devait lui trouver une place sur un bateau. C’est grâce à lui qu’elle a rencontré celui qui allait devenir son sauveur et son mari. Mon père, Marcel Foucault. Marcel Foucault qui, durant toute la guerre, a pris des risques énormes pour sauver des juifs, leur fournissant de faux papiers, faisant son possible pour leur trouver des logements, mettant sans cesse sa vie en péril pour sauver la leur.

    «Mon père a sauvé ma mère»

    A ma mère, qui avait pourtant un accent polonais à couper au couteau, il avait fait établir une carte d’identité au nom de Paulette Lefèvre, née à Brive-la-Gaillarde! Mon père a non seulement sauvé ma mère, mais également ses deux petits neveux orphelins, Maurice et Paulette, qu’il a fait revenir de Haute-Savoie, prévenu par la propriétaire de la pension, Madame Patate.

    Ils sont arrivés pied nus à Marseille. Pour les protéger, mon père les a immédiatement fait baptiser. Il parait que chaque jour, Maurice s’accrochait à la grille du jardin du logement que papa lui avait trouvé, en fixant intensément les tramways. «Mais que regardes tu comme cela?» lui avait demandé sa logeuse. «J’attends ma mère», avait répondu Maurice.

    Trente ans plus tard, Maurice a tenu à retourner dans la pension d’Aiguebelle-le-Lac, pour remercier Madame Patate qui lui avait sauvé la vie en prévenant mon père. Elle lui a dit: «Maurice, je t’attendais. Je voulais revoir mes enfants avant de mourir.» Elle est décédée vingt-quatre heures plus tard.

    «Nous élever dans la religion catholique

    pour conjurer le sort»

     

    Si nous avons été élevés dans la religion catholique, je pense que c’était avant tout, pour mon père, une façon de rassurer ma mère. Ils avaient peur que le mal revienne. C’était une sorte de protection. Mon père non plus ne parlait jamais de ce qu’il avait fait pendant la guerre. Je crois qu’il trouvait cela tout a fait normal. Il ne se considérait pas comme un héros. La médaille des Justes, remise aux personnes non juives qui ont sauvé des juifs au péril de leur vie, lui a été décernée à titre posthume le 12 octobre 2009 par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem. Ma mère, Paula, s’était éteinte exactement un an avant, le 12 octobre 2008, à l’âge de 92 ans.

    Deux articles de presse : Le Populaire et Le Figaro

    http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/haute-vienne/limoges/2012/12/10/jean-pierre-foucault-retrouve-la-voiture-de-son-pere-en-haute-vienne_1367645.html 

     

    Limoges le 10 décembre 2012

    Jean-Pierre Foucault retrouve la voiture

    de son père

    en Haute-Vienne

     

    Voici l’histoire très émouvante de la famille du célèbre animateur de télévision Jean-Pierre Foucault : son père assassiné à Alger en 1962 célébré parmi les Justes

    Voici l’histoire très émouvante de la famille du célèbre animateur de télévision Jean-Pierre Foucault : son père assassiné à Alger en 1962 célébré parmi les Justes

    Jean-Pierre Foucault ému reconnaît au son du moteur la Delahaye de son papa.? - photo Eric Roger

    Invité à rencontrer les lecteurs du Populaire , Jean-Pierre Foucault a retrouvé, vendredi, la Delahaye de son papa. Le propriétaire, installé près d’Oradour-sur-Glane, lui a offert un petit tour dans Limoges samedi matin.

    Jean Patier finira-t-il par céder à Jean-Pierre Foucault la Delahaye de son papa ? L'animateur de TF1 et de RTL en rêve. Cette voiture représente beaucoup pour lui. Son père Marcel, assassiné en Algérie en 1962 dans des circonstances terribles, avait fait l'acquisition de cette voiture en 1947, quelques mois après la naissance de Jean-Pierre. Après la mort de son époux, Madame Foucault décide de se séparer de l'automobile qui a depuis changé quatre fois de propriétaire. Mais Jean-Pierre Foucault ne l'a jamais quittée des yeux. Lorsque la voiture colorée de deux gris autrefois et repeinte en bleu par la suite est arrivée sur le parking de notre journal, vendredi, l'animateur n'a pu taire ses émotions. Il a sorti de son portefeuille une photo abîmée, qui ne le quitte jamais, prise du côté de Marseille par Marcel dans les années cinquante. Ce cliché montre le jeune Jean-Pierre, debout, sur le siège arrière et sa maman assise à la place du passager.

    Samedi matin, Jean Patier est revenu voir Jean-Pierre Foucault et lui a fait faire à bord de cette Delahaye si chère à son c'ur, le tour de la cité porcelainière. Escale à la mairie, place Denis-Dussoubs, petit café au Glacier où là, Jean-Pierre a montré les clichés enregistrés sur son téléphone. Ils montrent la Delahaye entourée de son premier cercle familial. Cette voiture a une âme. Jean Patier comprend, mesure la puissance émotionnelle de ce bolide qui à chaque fois remue à son passage des souvenirs enfouis. Attentif, sensible à ces clichés en noir et blanc, Jean Patier a fait un merveilleux cadeau à Jean-Pierre Foucault en le conduisant au Zénith de Limoges. La voiture bleue n'est pas passée inaperçue. Reste à savoir si un jour, la bleue Delahaye, rejoindra les rives azures de la Méditerranée. Peut-être en son fort intérieur, l'animateur prie-t-il la Bonne Mère?

    Jean-François Julien

    Jean-Pierre Foucault ...

     Article publié le 12 mars 2004

    http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/people/16280/jean-pierre-foucault-.html 

    Son père a été tué en Algérie, Jean-Pierre Foucault avait alors 14 ans. Pour la première fois, depuis ce tragique événement, l'animateur s'est rendu dans ce pays sur les traces des derniers jours de cet homme qu'il aimait tant. Un devoir de mémoire qui l'a bouleversé et soulagé.  

    Le 22 février 1962, dans une rue d'Alger, alors qu'il vérifiait un chargement de pommes de terre et d'oignons, le père de Jean-Pierre Foucault était abattu d'une balle dans le dos. Marcel Foucault, un Poitevin installé à Marseille et spécialisé dans l'import-export de fruits et légumes se rendait fréquemment à l'étranger chez ses producteurs. En Espagne pour les oranges, à Abidjan pour les ananas, en Tunisie, au Liban' « Il m'envoyait des cartes postales de tous ses voyages, me parlait de 'bateaux' de pamplemousses et de 'wagons' de tomates' C'était un autre langage. J'étais impressionné qu'il ait autant de bateaux et de trains' », se souvient l'animateur qui a encore en tête l'odeur des oranges que son père rapportait chez lui par caisses et qui embaumaient durant plusieurs semaines. « C'était l'époque où les fruits avaient encore leur goût et leur parfum. »

    À Alger, Marcel Foucault avait ses bureaux au 18 de la rue Michelet et c'est à quelques mètres de là que le drame eut lieu. Quarante-deux ans plus tard, son fils qui ne s'était jamais rendu dans ce pays, a tenu à aller mettre ses pas dans les derniers pas de son père. Pas pour connaître la vérité. « Je sais qu'il est trop tard pour comprendre ce qui s'est passé. Pourquoi lui ? Mon père n'était ni pied-noir, ni politique, ni activiste. Mais à l'époque où se déroulaient ce qu'on appelait pudiquement les événements d'Algérie, on tirait sur tout, sur tout le monde. Quand on était quelqu'un qui ne ressemblait pas à ceux du pays, on était forcément une cible. » Mais par devoir de mémoire, pour parfaire un travail de deuil. « J'avais envie de voir où il avait vécu les dernières heures de sa vie. À l'époque, j'avais 14 ans, on m'a d'abord caché sa mort. On m'a dit qu'il avait eu un accident de voiture. Je me souviens avoir passé des heures à regarder la rue en haut de notre maison en espalier. À tout moment j'imaginais qu'il allait arriver avec des béquilles. Je me demandais comment cet amoureux de la mécanique, qui m'a d'ailleurs transmis sa passion, avait pu avoir un accident. Je voulais qu'il me raconte' »

    Et puis sa mère, qui devait partir pour Alger faire rapatrier le corps, lui a annoncé la terrible nouvelle. « Je suis devenu adulte d'un coup. Mes deux soeurs Anne-Marie et Françoise étaient plus jeunes que moi, et lorsque nous sommes revenus de l'enterrement dans le Poitou, je me suis senti chef de famille. Mon esprit n'a plus été occupé que par ça, que par des questions sans réponses. Je ne me suis libéré que quatre ans plus tard en commençant à travailler sur RMC où j'avais remporté un concours d'animation. Le travail ne m'a pas fait oublier, mais m'a permis de vivre avec ce manque. »

    Quarante-deux ans, jour pour jour, plus tard, sans en parler au préalable à sa mère pour ne pas l'inquiéter, l'animateur s'est donc envolé pour l'Algérie avec son épouse Évelyne. « Depuis que nous nous connaissons, j'ai dû lui raconter cette histoire des dizaines de fois. Elle savait combien c'était important pour moi. Elle m'a beaucoup encouragé à y aller et évidemment elle voulait vivre cette expérience avec moi. »

    Sur place, Jean-Pierre Foucault s'attendait à des réactions d'inimitié « dans mon esprit, puisque mon père y avait été assassiné, j'imaginais un peuple hostile. Je m'étais renseigné auprès de l'ambassade. J'en avais parlé à mon ami Renaud Muselier, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, qui a appelé son directeur de cabinet. Ils se sont tous portés garants, m'ont organisé mon séjour en toute amitié. C'est un vrai cadeau que l'on m'a fait. » C'est cependant en voiture blindée avec des gendarmes à bord et une escorte de policiers algériens que le séjour s'est déroulé, avec la résidence de l'ambassadeur pour hôtel. « Les autorités préféraient prendre des précautions même si l'ambassadeur m'avait assuré que je risquais plutôt de subir un excès de sympathie. Il n'avait pas tort. Pendant ce week-end algérois, je n'ai rencontré que des marques d'amitié chaleureuse. Pas une demi-seconde de méchanceté. » Une popularité qu'il doit à ses grands rendez-vous du petit écran comme à ses émissions de radio. On me disait : « Bienvenue ! » et « C'est votre dernier mot Jean-Pierre ? » Il faut dire que la télévision est extrêmement populaire. Lorsqu'on se penche sur les toits de la ville, ce n'est plus Alger la Blanche, c'est Alger la Parabole ! »

    Voici l’histoire très émouvante de la famille du célèbre animateur de télévision Jean-Pierre Foucault : son père assassiné à Alger en 1962 célébré parmi les Justes

    Hôtel El Djazaïr (Ex Saint-George) à Alger

    Jean-Pierre et Évelyne se sont donc promenés sans contrainte dans la ville. Ils sont allés à l'hôtel El Djezair, anciennement Saint-Georges, dans lequel son père descendait régulièrement et où, le 21 février 1962, il passa sa dernière nuit. Le lendemain, ils se sont rendus à l'endroit où il s'était fait tuer. « Là, par correction, les gens dans la rue m'ont laissé tranquille. Me retrouver là, c'était bouleversant et réconfortant ! » Sans trop savoir où était le bureau de son père, le présentateur de Qui veut gagner des millions ? est rentré dans l'immeuble. « Un jeune homme m'a reconnu et demandé ce que je faisais là ! Il m'a envoyé au troisième étage où sa grand-mère, qui était déjà là à l'époque, vivait encore. Elle m'a reçu comme si j'étais attendu ! Elle ne se souvenait pas de cet événement mais m'a suggéré de voir son fils qui à l'époque avait vingt ans et vivait avec elle. Il se trouve que maintenant, il est fonctionnaire de l'Unesco, à Paris ! Je compte bien le rencontrer prochainement. »

    Dans la foulée, Jean-Pierre et Évelyne se sont fait conduire jusqu'aux ruines de Tipaza sur les traces cette fois d'Albert Camus : « J'avais relu Les Noces à Tipaza juste avant. L'endroit est tellement sublime. J'ai compris tout ce que l'écrivain évoquait dans son livre' »

    Pour l'animateur, ce voyage a permis de retrouver le chaînon manquant de sa vie. « Il s'est passé des choses très fortes. J'ai regardé, senti, ressenti. Ce sont des moments que j'attendais de vivre depuis tellement longtemps. Mais peut-être qu'avant je n'étais pas prêt. Il y a quelques années, j'aurais sans doute voulu enquêter, partir à la recherche des propriétaires de cette voiture qui au moment de l'assassinat a démarré en trombe et dont on avait relevé la plaque minéralogique. Maintenant je sais que tout cela n'a plus d'importance. Je me sens simplement en parfait accord avec moi-même. Rasséréné. Cela ne changera rien à ma vie, mais j'en avais besoin. » Et c'est avec les photos de son séjour que Jean-Pierre aura pu le week-end suivant, lors d'une grande réunion familiale, fêter les 88 ans de sa maman et lui faire partager son émotion.

    Jean-Pierre Foucault fils d'un Juste


    Voici l’histoire très émouvante de la famille du célèbre animateur de télévision Jean-Pierre Foucault : son père assassiné à Alger en 1962 célébré parmi les Justes

    Jean-Pierre Foucault : "Du sourire aux larmes"

     

     

    « François Nadiras, un homme, une vie, une œuvre et un engagement sans faille dans la défense des droits humains. Rencontre.Aix-en-Provence : journée de mémoire et d'avenir au camp des Milles *** Oraison honore ses résistants »
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