• Wissous, la ville où la guerre d'Algérie ne s'est pas arrêtée *** MISE A JOUR

     

     

    J’ai déjà mis en ligne trois articles, le premier en 2014, le second en 2016, le troisième début 2018 que vous pourrez vous remémorer ci-dessous concernant le fils du colonel Roger Trinquier, ancien chef de l’OAS (Organisation de l’armée secrète, qui combattait pour le maintien de la présence française en Algérie), il a été dans les années 1980 sur les listes du FN, à Nice. Voici donc un quatrième article sur cet individu violent, raciste, islamophobe d’extrême-droite... mais cette fois-ci c'est pour être jugé...

    Michel Dandelot

     

     

    Essonne : le maire «shérif» jugé mercredi pour avoir menacé des gens du voyage

    Wissous, la ville où la guerre d'Algérie  ne s'est pas arrêtée *** MISE A JOUR

    Richard Trinquier le 10 juillet 2014 à Wissous (Essonne). Photo JACQUES DEMARTHON. AFP

     

    Alcoolisé, armé d’un sabre japonais et d’une étoile de shérif, il aurait menacé des gens du voyage: le maire Debout la France de Wissous (Essonne), Richard Trinquier, est jugé mercredi par le tribunal correctionnel d’Évry.

    A 69 ans, l’élu local est poursuivi par le parquet pour violences volontaires avec usage ou menace d’une arme, conduite sous l’empire d’un état alcoolique et port d’arme de catégorie B (fusil, tasers) et D (matraques, poignards...)

    Les faits se sont déroulés au mois d’avril lorsqu’une dizaine de caravanes de gens du voyage s’était installée sur le parking d’une crèche en construction de cette ville de la banlieue parisienne de 8.000 habitants.

    Alertée, c’est d’abord la police municipale qui intervient, puis des adjoints au maire se succèdent pour «négocier avec le chef du camp» une solution de relogement.

    Mais en fin de journée, le maire Richard Trinquier, alcoolisé selon des éléments de l’enquête «mais pas ivre», précise-t-il à l’AFP, se rend sur les lieux.

    Gilet pare-balles sur le dos, étoile de shérif siglée «police» accrochée à sa veste, il exhibe un katana d’un mètre de long avec lequel il aurait menacé des gens du voyage, qui appellent la police.

    Il est interpellé et placé en garde à vue dans la foulée avec un membre des gens du voyage.

    «Le katana était le seul moyen pour moi de les tenir à distance car ils avaient des armes blanches. Je l’ai pris sur indication des mes policiers municipaux qui m’ont prévenu qu’ils étaient armés», a-t-il déclaré à l’AFP, en indiquant qu’il plaiderait la légitime défense.

    Maire depuis 1995 avec une interruption entre 2008 et 2014, l’édile, né d’un père français colonel pendant la guerre d’Algérie et proche de l’OAS (Organisation de l’armée secrète), et d’une mère vietnamienne, est un habitué des controverses.

    Comme lorsqu’il déclare qu’il ne boit plus d’eau d’Evian depuis les accords d’Evian de 1962 qui ont mis fin à la guerre d’Algérie et ouvert la voie à son indépendance.

    En 1995 et alors qu’aucune loi n’encadre les polices municipales, il avait armé ses agents de 357 Magnum, puis de fusils à pompe et s’était octroyé le port d’arme avant d’être finalement désarmé par le Conseil d’État.

    Personnalité ambivalente, il avait accepté en 2015 par «souci d’humanité» qu’un bébé rom qui avait succombé à la mort subite du nourrisson soit enterré dans sa ville après le refus du maire de la ville voisine de le voir inhumé dans son cimetière.

    AFP

    SOURCE : https://www.liberation.fr/societe/2018/10/09/essonne-le-maire-sherif-juge-mercredi-pour-avoir-menace-des-gens-du-voyage_1684135 

     

    Alcoolisé et armé, un maire de l’Essonne menace des gens du voyage avant d’être placé en garde à vue

    Au moment de proférer ces menaces, l’élu était accompagné de son premier adjoint et de policiers municipaux.

    Wissous, la ville où la guerre d'Algérie  ne s'est pas arrêtée *** MISE A JOUR

    Le maire de Wissous (Essonne), Richard Trinquier, a été placé en garde à vue, dimanche 8 avril 2018, après avoir menacé des gens du voyage alors qu’il était armé et ivre. « Il a menacé les gens du voyage avec un katana », a expliqué le parquet d’Evry, confirmant une information du journal Le Parisien. En plus du sabre japonais, l’édile était équipé d’un gilet pare-balles et d’une arme de poing.

    Au moment de proférer ces menaces, l’élu était accompagné de son premier adjoint et de policiers municipaux, selon une source proche de l’enquête. Son test d’alcoolémie s’est avéré positif. « Visiblement, il y avait déjà eu des tensions entre ce maire et la communauté. Il va falloir déterminer s’il avait cette arme à la ceinture », a précisé le parquet. Le maire a un permis pour faire du tir sportif avec ce pistolet, mais pas un permis de port d’arme.

    Soutien de Debout la France

    L’enquête pour violence avec armes en état d’ivresse a été confiée à la sûreté départementale de l’Essonne. Un membre de cette communauté des gens du voyage a également été placé en garde à vue, car un fusil a été retrouvé dans sa voiture, selon le parquet. Il est lui visé par une enquête pour transport d’arme, confiée au commissariat de Massy.

    Exclu du parti Les Républicains, M. Trinquier avait parrainé Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) à la dernière élection présidentielle, avant d’appeler à voter pour la candidate du Front national (FN), Marine Le Pen, au second tour. Il est le fils du colonel Roger Trinquier, ancien chef de l’OAS (Organisation de l’armée secrète, qui combattait pour le maintien de la présence française en Algérie), qui a été dans les années 1980 sur les listes du FN, à Nice.

    Prises de karaté

    En 2014, le maire de Wissous avait fait parler de lui en interdisant l’accès à « Wissous-Plage » – un terrain de jeu aménagé pour l’été – à toute personne portant « de manière ostentatoire des signes religieux susceptibles d’occasionner un trouble à l’ordre public (niqab ou burqa, croix ou étoile de dimensions manifestement excessives) ». Lors de l’inauguration du site, trois femmes voilées, accompagnées de leurs enfants, avaient été exclues à sa demande. Deux versions de l’arrêté municipal avaient été annulées par le tribunal administratif de Versailles.

    Lors d’une rencontre avec M le magazine du Monde, en 2016, Richard Trinquier se vantait d’avoir été le premier maire à armer sa police municipale en 1995 et racontait comment, grâce à ses prises de karaté de 5e dan, il avait mis à terre quatre Roms « parce qu’ils n’avaient pas respecté le “deal” » – la quarantaine de personnes qu’il avait accepté d’accueillir étant devenues 800 dans deux bidonvilles finalement évacués.

    En mars de la même année, un documentaire sur France 4 avait choqué, en répercutant des propos racistes tenus par certains de ses adjoints sur leurs pages Facebook et sur la sienne.

    SOURCE : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/04/08/alcoolise-et-arme-un-maire-de-l-essonne-menace-des-gens-du-voyage-avant-d-etre-place-en-garde-a-vue_5282636_1653578.html 

    Au mois d’octobre 2014 je mettais en ligne un long article qui parlait de la ville de Wissous et de son maire, le fils du tristement célèbre colonel Roger Trinquier tortionnaire et militant OAS. Aujourd’hui, en 2016, l’islamophobie s’aggrave dans cette ville et ce maire n’a jamais été exclu de l’UMP devenu  LR...

    Le premier épisode, comme tant d'autres, illustre l'héritage toujours vivant et toujours nuisible de la guerre d'Algérie et des pro-Algérie française : il n'est pas anodin qu'une partie des maires FN nouvellement élus, tels Fabien Engelmann de Hayange, revendiquent leurs ascendants colons. Il n'est pas anodin non plus que le nombre de stèles rendant hommage à l'OAS soit en hausse depuis le début des années 2000. Il est à noter que Richard Trinquier prolonge explicitement  les "valeurs" de son père, le tristement célèbre colonel Roger Trinquier qui s'est illustré en tortionnaire puis en militant OAS lors de la guerre d'Algérie. Trinquier père était un ami personnel de Jean-Marie Le Pen et comptait se présenter aux législatives de 1986 sous l'étiquette FN ; il est décédé juste avant.

    MERCI DE CLIQUER SUR LE LIEN CI-DESSOUS POUR (RE) VOIR LE PREMIER ARTICLE :

    http://micheldandelot1.eklablog.fr/17-octobre-1961-une-histoire-toujours-actuelle-a112638024 

    TRINQUIER

    Richard Trinquier maire de Wissous 

     

    DEUXIEME EPISODE

    Wissous, la ville où la guerre d'Algérie

     ne s'est pas arrêtée

    Samedi 12 Mars 2016 Thierry Vincent 

    Non loin de l'aéroport d'Orly, la petite ville de Wissous semble vivre à une autre époque. Le maire LR, Richard Trinquier, entend-il se montrer le digne fils du colonel Trinquier, qui s'illustra en Algérie avec des méthodes particulièrement brutales ?

    TRINQUIER

    Les méthodes employées par la mairie de Wissous font débat. - Creative Commons

    A toute heure du jour ou de la nuit, le bourg semble assoupi. Sur le parking de la mairie sont garés quelques véhicules épars. La vieille église romano-gothique du XIIe siècle donne l'impression que le temps s'est arrêté. A l'entrée de ce gros village de 7.000 âmes, un panneau annonce l'ouverture de la saison de la pêche. Dans la rue principale, aucun commerce, à part un restaurant marocain et un bar-tabac. Très peu de piétons. Pas de barres HLM. Rien que le chant des oiseaux. Le calme de la campagne à 20 km de Paris.

    Impression trompeuse. Derrière cette apparence de quiétude, une sourde guerre ronge Wissous. Une guerre dont le personnage central est le maire Les Républicains (LR), Richard Trinquier. Héraut de la sécurité pour les uns, fasciste et raciste pour les autres.

    Depuis que, en 2014, l'édile a pris un arrêté municipal interdisant le port de signes religieux à l'intérieur de Wissous-Plage, la grande animation estivale de la commune, les habitants se déchirent. Des femmes musulmanes portant un discret foulard sur les cheveux ont été refoulées sans ménagement par la police municipale, devant leurs enfants. "Une humiliation", juge Marine Bourgeois, conseillère municipale d'opposition. L'arrêté a beau avoir été cassé devant le tribunal administratif, une plaie béante s'est creusée chez les Wissoussiens. "Des gens qui avaient de cordiaux rapports de voisinage ne se parlent plus", raconte, amère, Marine Bourgeois. Une musulmane portant le hijab se souvient que des parents d'élèves amis de ses enfants se sont mis à tourner les talons à la sortie des classes. Un Clochemerle nauséabond.

    Les frasques de l'édile

    Au bar-tabac derrière l'église, les consommateurs hésitent à évoquer le sujet du maire. Le patron se lance : "Il nous faut un homme fort comme lui, il a fait partir les racailles", dit-il, en rappelant que l'ultra sécuritaire édile a été le premier à armer sa police municipale, il y a vingt ans. Un homme éméché qui se dit gitan applaudit lui aussi le maire : "Il va nous débarrasser de ces racailles de Roms", allusion au camp qui jouxte l'autoroute en bordure de la ville.

    Un troisième ironise à voix basse : "Son père est un grand écrivain, il a publié a un super bouquin, il y explique comment torturer." Un raccourci, mais le géniteur du maire est un sacré personnage : le colonel Roger Trinquier, "héros" de la bataille d'Alger. Proche de l'OAS sans toutefois adhérer à l'organisation terroriste, Trinquier père est effectivement l'auteur de plusieurs livres, dont la Guerre moderne, écrit en 1961, qui fait figure d'ouvrage de référence en matière de "contre-insurrection". Il y décrit la torture comme une méthode de renseignement qui a fait ses preuves...

    "Des musulmanes comme ça, vêtues à la saoudienne, ça n'existe pas à Wissous"

    Est-ce derrière ce père disparu en 1986 que court derrière Richard Trinquier, médecin ayant effectué son service militaire comme para ? Le 11 novembre dernier, il a d'ailleurs fait défiler des bérets rouges. "Il continue sa guerre d'Algérie, il est resté bloqué à cette époque, il voit des musulmans fanatiques partout", lâche un opposant. Pour preuve, cette photo qu'il poste sur sa page Facebook : deux femmes intégralement voilées entourées de deux sacs-poubelle, avec cette légende : "photo de famille". "Des musulmanes comme ça, vêtues a la saoudienne, ça n'existe pas à Wissous, à part dans l'imagination du maire. Il y a quelques musulmans, mais aucun problème d'islamisme. Il a inventé un problème qui n'existait pas", lâche Olivier Perrot, conseiller municipal. De fait, le calme qui règne dans le tranquille village à l'église du XIIe siècle respire davantage la France millénaire que les invasions barbares...

    Depuis deux décennies, Wissous était pourtant habitué aux frasques du maire. Elu depuis 1995, avec l'interruption d'une mandature socialiste entre 2008 et 2014, il en est à son troisième mandat. Il y a une dizaine d'années, il avait voulu baptiser une rue du nom du général putschiste d'Alger Raoul Salan, un ami de son père. Un peu plus loin dans le temps, en 1995, il avait envoyé à un opposant communiste d'alors, Fraboulet, un curieux article titré : "Internement psychiatrique : les pouvoirs du maire". Sur le coup, ça avait plutôt fait marrer Fraboulet : "Je m'étais demandé qui était le plus fou des deux, s'amuse-t-il. Moi, le 'bolchevique', on me menaçait d'internement, comme dans l'URSS de Staline. Un jour, le maire m'a aussi lancé : 'un bon communiste est un communiste mort.'"

    Mais l'incident de Wissous-Plage a marqué un tournant. Depuis, la parole raciste s'est libérée, généralisée, notamment sur la page Facebook du maire. Un tombereau de grossièretés et même des appels au meurtre. "Un bon crouille est un crouille mort", écrit Serge Potentier, responsable d'une association de vétérans parachutistes. "Tuons-les tous, femmes et enfants, Dieu reconnaîtra les siens", lance-t-il un autre jour. Contacté par téléphone, Potentier plaide la citation historique, avant de raccrocher brutalement. Cette "citation historique", Jean-Claude Le Clézio, propre beau-père du maire, la commente laconiquement sur Facebook : "La bombe !"

    "Harcèlement" 

    Certains adjoints du maire ne sont pas en reste, comme Danielle Jeannerot, qui fut en charge de la culture, dont la maîtrise approximative de la syntaxe fait douter de ses compétences : "Que ceux qui ont la double nationalité soient déchus de leur nationalité et retournent au cul de leurs ânes dont ils n'ont su évoluer". La palme revient au premier adjoint, Dominique Bouley : sa page Facebook regorgeait de posts du Bloc identitaire, un mouvement fascisant classé à la droite du Front national, qu'il a depuis effacés. Et cette phrase, tout en finesse : "Si ils [les musulmans] croient qu'on va leur piquer leurs laiderons parce qu'elles montreraient leurs cheveux... Il faudrait vraiment avoir faim !" Comme Dominique Bouley refusait une interview officielle, nous sommes allés le voir au karting de Wissous, dont il est le gérant. Cette phrase, il semble l'assumer : "J'ai mes goûts, je préfère les belles femmes sexy", dit-il, avant de concéder qu'à l'époque (au moment de Wissous-Plage), il était "énervé". Et les posts du Bloc identitaire ? "Je ne connais pas ce mouvement", affirme-t-il contre l'évidence. Puis il ponctue le tout d'un "Salut, gaucho !" en guise d'au revoir. Ambiance...

    "On n'a pas envie de l'exciter et qu'il recommence"

    Ce climat nauséabond est durement ressenti par les musulmans de la ville, qui ne veulent plus s'exprimer : "Pour l'instant, le maire nous fout la paix, dit l'un d'eux. On n'a pas envie de l'exciter et qu'il recommence". Seule une femme, Malek Layouni, qui a quitté la ville il y a un an, accepte de parler. Elle faisait partie de plaignantes de l'affaire Wissous-Plage. "Sur sa page Facebook et celle de la mairie, Trinquier a publié nos photos, noms et adresses. Après, nous avons reçu par courrier des articles antimusulmans de Riposte laïque", se souvient cette jeune femme, décrite comme "pratiquante et tolérante" par les opposants du maire. Le maire s'est justifié en disant qu'il ne faisait que publier un jugement public. "Avant Wissous-Plage, il ne se passait rien, je n'avais que de bons rapports avec tout le monde. Je n'avais jamais subi le racisme, raconte Mme Layouni avec émotion. Et puis après, la foudre s'est abattue sur moi. Une mère d'élèves dont j'allais parfois récupérer les enfants s'est mise à m'ignorer. Des gens m'insultaient dans la rue." Elle ouvre un commerce, un salon de thé bio, "A l'ombre des oliviers".

    Pas franchement un repaire d'islamistes, avec ses smoothies bio et ses jeux pour enfants. Mais, malgré le soutien de nombreux Wissoussiens, l'ouverture de son établissement passe mal chez certains. Des badauds passent devant sa devanture en faisant des gestes menaçants. "Des gens m'ont dit que les pro-Trinquier avaient lancé un appel tacite au boycott", affirme-t-elle sans pouvoir évidemment en apporter la preuve. Elle dit également avoir fait l'objet d'un véritable "harcèlement" de la part du très droitier premier adjoint, Dominique Bouley : "Il me suivait à la sortie de l'école, prenait des photos de moi." L'élu, lui, affirme n'avoir fait que photographier la sortie des classes pour le journal. "Cette dame est parano", jette-t-il comme un verdict définitif, les dents serrées.

    Moins primaire, un opposant explique : "Richard Trinquier voit systématiquement les musulmans comme des ennemis." Mme Layouni se souvient d'une réflexion lourde de sens, au cours d'une réunion avec les musulmans de la ville : "Il m'a dit : 'Vous devriez vous inquiéter, de plus en plus de gens qui vont à l'église.' Mais pourquoi ça devrait m'inquiéter ? C'est incompréhensible, ça ne m'inquiète pas du tout ! Quelle drôle de mentalité ! Lui et moi ne vivons pas dans le même monde." Faute de clients, le salon A l'ombre des oliviers ferme en janvier 2015. Les Layouni, épuisés, décident de quitter la ville où ils ont résidé cinq ans. "Nous sommes certains en tous les cas que nous avons gagné en vous rencontrant, vous tous, qui nous avez soutenus, en détermination à lutter pour notre salut, qui est d'apprendre à vivre ensemble. Merci pour tout. Que la paix soit sur nous", écrit-elle, en guise d'adieux, sur le site de l'établissement.

    Injures et pugilats

    A Wissous, les conseils municipaux sont le théâtre d'algarades, d'injures, voire de pugilats. A la sortie de l'une de ces réunions, une militante associative, Isabelle Cassou, accuse un proche du maire, Marc Mercier, d'avoir tenu des propos racistes. Président de la Fédération française de catch, l'homme, qui avait un temps tenu une salle de sport dans la ville avant d'en être évincé par la précédente majorité de gauche, sort de ses gonds. Dans un enregistrement en notre possession, il injurie sans aucune retenue Isabelle Cassou : "Va te faire enc... grosse salope", puis, devant les accusations de racisme : "C'est les crouilles qui sont racistes... Je vais les fumer, moi, les crouilles. T'as qu'à demander aux condés, j'en ai déjà fumé un."

    "Je vais les fumer, moi, les crouilles" Nous sommes allés voir Marc Mercier pour qu'il s'explique. Avec sa carrure massive, l'homme est brut de décoffrage mais affable et débonnaire. Sa salle de catch de Villejuif est ornée de photos d'athlètes qu'il a formés : "Regardez, que des Rebeus et des Noirs, je suis tout sauf raciste. Je ne suis pas un facho, regardez, mes copains ici sont cocos", lâche-t-il, l'air sincère et ému, en nous montrant les affiches à la gloire des luttes sociales qui bordent le bar de la salle.

    L'endroit accueille effectivement une association de gauche, dont un des militants, d'origine maghrébine, est l'ami de Marc Mercier. Il n'empêche, en écoutant l'enregistrement, il semble tomber des nues : "C'est quoi, un crouille ?" lâche-t-il, dans un accès de naïveté peu crédible. "Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, je n'aurais pas dû. Je n'ai pas de filtre, quand on me casse les couilles, je me fâche. Et encore, je me suis calmé, dans ma jeunesse, je les aurais défoncées, ces connes". On ose quand même la question, timidement : a-t-il déjà tué un "crouille", comme il s'en vante dans l'enregistrement ? "Bien sûr que non, c'est juste une connerie, un accès d'énervement." Comme Dominique Bouley, le premier adjoint. Comme Serge Potentier, l'ancien para. Cela fait quand même beaucoup d'énervés autour du maire. Richard Trinquier, lui, garde le silence. Par le biais de son directeur de cabinet, il nous a fait savoir qu'il ne souhaitait pas s'exprimer, "dans un souci d'apaisement et de pacification". "Pacification", un terme colonial en vogue pendant les "événements" d'Algérie. Décidément, à Wissous, cette guerre-là semble ne jamais s'être arrêtée.

    SOURCE     : http://www.marianne.net/wissous-ville-guerre-algerie-ne-s-est-pas-arretee-100241051.html

    Wissous, la ville où la guerre d'Algérie  ne s'est pas arrêtée

    Le 15 mars 2016, le Tribunal doit rendre son verdict dans l’affaire des pages facebook discriminantes de la municipalité. Richard Trinquier le Maire (Les Républicains) est un adepte des petits commentaires racistes ou du partage de photos « hilarantes » (des femmes voilées comparées à des sacs poubelles par exemple), la plupart du temps likées par ses adjoints. C’est aussi à Wissous que l’on a retiré les menus de substitution à la cantine, (tient comme à Chalon-sur-Saône) opéré une descente municipale menaçante dans un camp rom etc…Visite guidée dans ce petit laboratoire identitaire de l’Essone.

     

    « « Bon anniversaire Yolande Liechti »Richard Trinquier : le compte rendu de son jugement devant le Tribunal d'Ivry »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    6
    Jeudi 11 Octobre à 15:30
    Cette ville enclavée entre voies ferrées et pistes de l’aéroport d’Orly a subitement grandi avec des programmes immobiliers sans suffisamment d’équipements sociaux, créant ainsi des barrières entre les gens. Ce maire ne fait qu’attiser les dissensions créant une ambiance délétère dans la commune. Pas plus républicain que Ménard!
    5
    Mercredi 10 Octobre à 23:09

    Je suis choqué en lisant ce qui se passe dans cette autre mairie en plus de la mairie où réside notre ami Jacques. J'ai l'impression que la France est devenue une véritable cour de récréation où n'importe qui se défoule , comme bon lui semble, pourvu qu'il ne trouve pas d'obstacle sur son parcours.

    C'est à la population  face à un Trinquier ou face à n'importe qui , de prendre son devenir en main et ne pas tolérer ces abus d'autorité. Il suffit de penser à la méthode pour plier aussi bien cet individu que ses semblables.

    Les autorités en haut lieu , sont trop occupés avec les prélèvements sur les pensions de ceux qui ont bâti la France  et préfèrent ne pas s'attarder sur ces maires  qui couvrent leur pilotage à vue . Que faut-il espérer d'un président de la république qui est tout ouïe devant les conseils du nain , celui même qui a été dégagé du revers de la main par le peuple de France ? 

    Je ne dirai pas davantage pour ne pas paraître désagréable mais, fonction de mon expérience personnelle , quand un pays s'occupe TROP de la politique étrangère (si au moins elle le faisait raisonnablement) il est normal qu'elle délaisse la politique intérieure. La solidarité citoyenne reste la seule arme pour réduire au silence ces responsables irresponsables qui exhibent des insignes de Shérif comme dans les films western.  

    Les citoyens mécontents qui abandonnent leur localité pour habiter ailleurs , ceux là rendent un ÉNORME service au représentant de la ville. C'est un signe de faiblesse puisqu'il y a absence de résistance.

    Le_Canari_de _retour

    Blida le : 10*10*2018 

    4
    Mercredi 11 Avril à 13:41

    La palme revient à Champlan (Essonne) Le maire de Wissous s'est déjà illustré il y a quelques années mais en bien, suite au refus d'un autre maire d'inhumer un enfant rom: on trouve toujours pire : Christian Leclerc, le maire de Champlan: ignoble.

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/01/03/01016-20150103ARTFIG00088-un-maire-refuse-l-inhumation-d-un-bebe-rom-sur-sa-commune.php

    3
    Mercredi 11 Avril à 10:39
    Je crains que l'attitude raciste du maire de Wissousne ne soit pas étrangère à ce qui domine chez de nombreux citoyens de notre pays. L'approfondissement de la crise socio-économique nous vivons ne s'accompagne pas spontanément d'une prise de conscience de ce qui est en cause. Il y en a qui sont trop heureux d'avoir des communautés ethniques sous la main pour servir de boucs émissaires. Ça fait diversion par rapport à leurs responsabilités de soutien à un système à bout de souffle.
    2
    Lundi 9 Avril à 21:01

    Le langage châtié des ces gens montre leur niveau...Des idées au ras du béret: qu'on les arrête une fois pour toutes pour troubles à l'ordre public!

    1
    Lundi 9 Avril à 13:13

    Famille, je vous hais.

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter