• Piquemal, « frère d’armes » de l’extrême droite

    Piquemal, « frère d’armes »

    de l’extrême droite

     

    AP

    Le procès du vieux général est reporté, mais ce dernier est devenu, en un week-end, l’égérie de la droite « anti-migrants ».

    Vedette du maigre rassemblement anti-migrants de samedi dernier, à Calais, Christian Piquemal, un ancien patron de la Légion étrangère et nostalgique du général Bigeard, devait être jugé, hier, en comparution immédiate pour « participation à un attroupement qui ne s’est pas dissous après sommation ». Mais l’homme, âgé de 75 ans, a perdu de sa vaillance et a été victime d’un malaise juste avant son procès. Sans doute a-t-il succombé à la rançon d’une gloire acquise en un week-end parmi les pourfendeurs de l’immigration. Depuis son interpellation, la droite et l’extrême droite serrent les rangs. Marion et Marine Le Pen, Gilbert Collard, Robert Ménard pour le Front national, Nicolas Dupont-Aignan, Thierry Mariani, Guillaume Larrivé, pour la droite parlementaire, ont tous apporté leur soutien au général quatre étoiles. Sur les sites Internet identitaires, on pleure ce nouveau martyr de la « décadence » de la nation. Riposte laïque va jusqu’à l’adouber « nouveau chef de la Résistance militaire face à l’islamisation de la France ».

    Mais que sait-on du soldat Piquemal ? Chef adjoint au cabinet militaire de Michel Rocard, d’Édith Cresson puis de Pierre Bérégovoy, il commande la Légion étrangère entre 1994 et 1999. Promu général, il préside ensuite, de 2004 à 2014, l’Union nationale des parachutistes, révélant ainsi son penchant idéologique factieux. L’organisation a, en effet, été créée en 1963 par les « bérets rouges » pour réintégrer les paras égarés du putsch d’Alger, en 1961. « Il y avait eu trop de soldats ‘‘perdus’’ chez les parachutistes parce qu’ils avaient fait le choix de l’honneur, explique notre homme, en 2010, dans le quotidien d’extrême droite Présent. Il fallait leur venir en aide par solidarité. » Ce nostalgique du temps des généraux a récemment créé le Cercle des citoyens patriotes, avec qui il souhaite « rapprocher le monde civil et militaire en vue d’encourager le redressement du senti- ment national et patriotique ».

    Samedi matin, en amont du rassemblement à Calais, le militaire animait une réunion de « patriotes », où il qualifiait le regroupement familial de « gangrène », s’en prenant aux familles « musulmanes et polygames ». Dès jeudi 4 février, il lançait, dans un communiqué annonçant le maintien du rassemblement xénophobe, largement diffusé sur les réseaux identitaires : « Serrons les rangs ! Du plus profond de notre patrie, jaillira toujours une flamme que rien ni personne ne pourra jamais éteindre ! » Christian Piquemal sera jugé le 12 mai. Hier, en fin d’après-midi, deux des quatre « frères d’armes » du général, interpellés à la manifestation avec sur eux un Taser et des bombes lacrymogènes, ont écopé de deux et trois mois de prison ferme.

    SOURCE : http://www.humanite.fr/piquemal-frere-darmes-de-lextreme-droite-598398

     

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