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    Elle a souhaité prendre le pseudo de « Madame Sourire », mais comme vous pourrez le lire, aujourd’hui elle est très en colère…

     

    L’impensable honte

     

    L’impensable honte

     

    Je ne vous écris pas de ma résidence secondaire où nous aurions fui. Nous ne cachons pas notre voiture avec une plaque 75. Nous ne vivons pas un conte de fée.

    Je vous écris de chez moi, résidence que je n’ai pas quitté depuis maintenant une semaine, refusant de sortir : entre la peur d’être malade et la colère que je ressens contre l’ensemble du monde. Je voudrais éviter d’exploser dans un rayon de Franprix. On n’a pas besoin de cela.

    Je vous écris en ne suivant pas une routine à la minute près « parce que c’est important pour le moral ». Je vous écris au moment où mon enfant a consenti enfin à faire une sieste, qu’il n’avait pas faite depuis une semaine. Je ne vous écris pas en étant habillée et maquillée, comme d’habitude, je vous écris en pyjama, sans soutif et sans lentilles, les cheveux sales, sentant un peu la friture parce que j’ai fait des falafels ce midi.

    Le temps s’est arrêté.

    On ne sait plus s'il est 10h, 14h ou 17h, si on est lundi ou samedi. D’ailleurs on s’en moque, parce que le programme sera toujours le même : essayer de ne pas péter un câble, maintenir l’équilibre psychique de chacun et chacune, ne pas se mettre la pression. Et attendre.

    Nous sommes les chanceux qui pouvons télétravailler. Je ne savais pas encore que mon métier pouvait se convertir si vite, en un week-end. Je ne savais pas que les inégalités d’accès pouvaient se finir aussi rapidement, en un week-end, mais PAF, il a fallu TOUT DE SUITE, qu’on soit adaptable alors que JAMAIS nous n’avons fait ça de notre vie.

    Mais l’école est un repère. Alors, face à l’impensable, on a fait. Pour nos élèves, pour leurs parents.

    Je n’ai pas envie de vous dire que depuis une semaine, c’est compliqué pour ma santé mentale. Parce que je sais très bien qu’il y a des gens qui gagnent moins d’argent que moi, qui se retrouvent en première ligne, alors qu’ils et elles rêvent de rester chez eux pour ne pas prendre de risques. Je pense à tous les personnels dans les magasins d’alimentation, je pense à tous les personnels dans un hôpital, de ceux et celles qui soignent à celles et ceux qui nettoient et qui accueillent. Je pense à ceux et celles qui se lèvent tôt le matin, encore, pour faire un travail utile, qui permettra à des gens comme moi de rester à la maison.

    Mais derrière la culpabilité de celle qui connait la réalité, il y a une colère monstrueuse, qui monte, qui monte, qui monte.

    Je suis en colère contre le gouvernement, je suis en colère contre ceux gouvernent. Je ne comprends pas comment ils ont pu se dire que tout allait bien se passer, alors que la Chine était en pleine expansion de l’épidémie. Mais ils ont loupé le cours de Quatrième sur la mondialisation ? Et le cours de Cinquième sur les pandémies ? (D’ailleurs je ris, mais je ris tellement quand je vois le programme et qu’on nous demande de dire que les pays européens s’en sortent mieux que les autres…)

    Je suis en colère contre ce gouvernement, de ne pas sortir l’argent qui est attendu par les médecins et de compter, COMME TOUJOURS, sur le dévouement de ses fonctionnaires, de ses soignants…

    COMME TOUJOURS, on espère que les individus vont suivre, on les responsabilise, on les culpabilise. Mais, ils n’ont pas le choix, eux qui prennent les transports, eux qui se savonnent les mains douze fois par jour, eux qui ne lisent pas les témoignages de ceux et celles qui meurent pour ne pas péter plus un plomb.

    COMME TOUJOURS, la communication est moisie, passant d’ordres à contre ordre : « allez voter, mais ne sortez pas » , « restez chez vous, mais allez travailler à l’usine » , « interdisons les rassemblements, mais laissons les entreprises et les usines ouvrir (et on se retrouve à la machine à café ?) »

    Et la honte de se retrouver à coudre des masques parce que l’État est un incapable. La honte de voir une levée de fond sur Facebook pour l’hôpital PUBLIC. La honte de voir une ministre ordonner aux personnes travaillant dans le BTP de continuer de travailler coûte que coûte. La honte d’entendre un ministre dire que toutes les plateformes fonctionnent pour récupérer les devoirs face à un père désespéré qui lui explique que non.

    La honte, la honte, la honte et encore la honte.

    Ce gouvernement est une honte, une magistrale honte.

    La honte de laisser les plus riches s’en sortir, testés à tour de bras, alors qu’on n’ose même plus appeler son médecin si on se sent mal, parce qu’on n’aura pas plus de réponse. On ne saura pas si c’est la grippe ou si c’est cette grosse merde.

    La honte de lire des récits de soignant.e.s qui disent que cela ne va pas, qu’ils et elles sont en train de craquer, qu’il va falloir choisir qui doit vivre ou mourir. La honte de voir qu’ils et elles sont en train de palier les défaillances d’un Etat qui était au courant et qui aurait dû agir bien avant. Et qui est incapable de bouger, comme un lapin en plein phare.

    Et pendant ce temps-là à notre échelle, on continue. On continue de créer un environnement sain pour nos enfants, on continue de ne pas sortir, de se rationner parfois, de ne pas céder à une envie quelconque. On continue de ne pas voir ses proches, ses amies et amis, sa famille. On essaye de garder des règles (pas d’écran, habillé chaque jour > pour moi, c’est cuit).

    On pense à tous ceux et toutes celles qui n’ont pas notre chance.

    Mais on laisse la colère monter.

    Parce qu’il faudra bien que la crise se termine. Et nous serons là pour rappeler la honte que nous avons eu à force de les voir comme des girouettes, suivant les vents du capitalisme et du libéralisme.

    On n’oubliera pas que vous n’avez pas pensé à l’humain.

    On sera là avec notre colère, pour vous rappeler vos hontes.

    Madame Sourire


    SOURCE : https://madamesourire.fr/limpensable-honte/?fbclid=IwAR2u3bavFI2S1I7yscr3dtNY4yoPgEqk7KOj47XZ-UbUQIxoy996cA3_WEA 

     

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    Pourquoi faut-il porter un masque ?

     

    Pourquoi faut-il porter un masque ?

    Une lettre ouverte de Florence de Changy, journaliste française à Hong-Kong à Martin Hirsch, Directeur de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. 

     

    Bonjour Monsieur,

     

    Pourquoi faut-il porter un masque ?

    Florence de Changy (Linkedin)

     

    Je suis journaliste à Hong Kong pour Le Monde, Radio France et RFI. Je vous envoie, à titre personnel, ce message qui était initialement
    destiné à mes amis (parmi lesquels plusieurs médecins mais aussi des gens susceptibles d’influencer les décideurs de notre pays) ainsi qu’à
    quelques consœurs et confrères. Après en avoir parlé avec certains d’entre eux, plusieurs m’ont suggéré de m’adresser directement à vous
    et m’ont transmis vos coordonnées.

    Comme tout le monde, j’observe la gravité de la situation. Or, sur la base de l’expérience hongkongaise, une solution simple pour enrayer
    l’aggravation de la situation me saute aux yeux. Car prévenir nos proches n’a servi à rien. En dépit de notre expérience à Hongkong, plusieurs membres de ma famille et des amis proches ont déjà attrapéle covid-19, à des degrés divers de gravité. D’autres n’y échapperont pas.

    « A la chinoise »

     

    Depuis une semaine, le gouvernement français a assigné à résidence la quasi-totalité de la population pour empêcher les gens de se contaminer les uns les autres, en interdisant même les promenades au grand air et sur les plages. Ces mesures extrêmes « à la Chinoise » ne sont pas viables ou soutenables au-delà de quelques jours. D’une part, les Français n’auront pas la docilité et la patience des Chinois face aux consignes gouvernementales. D’autre part, le terrible impact, social et économique, que va avoir ce confinement risque de s’avérer fortement disproportionné aux résultats obtenus sur la maitrise de l’épidémie.

    Par contraste, l’exemple Hongkongais a montré que lorsqu’une population dans son entière totalité adopte le port du masque, comme
    forme de confinement individuel, la propagation du virus peut être quasiment arrêtée. Malgré une densité démographique parmi les plus
    fortes de la planète (7 millions et demi d’habitants qui cohabitent pour la plupart dans des espaces minuscules avec une très forte proximité dans la vie quotidienne), malgré des échanges intenses de personnes avec la Chine, et malgré la proximité géographique des premiers épicentres (jusqu’à la fermeture des frontières mi-février), Hongkong doit déplorer à ce jour 4 morts du covid-19, oui quatre…

    Protéger les autres

     

    Je suis donc ahurie d’entendre les autorités sanitaires françaises continuer d’affirmer que le masque ne sert à rien ou à presque rien. Cela me semble grave et dangereux alors qu’il faudrait au contraire inciter tous les Français à en porter, pas seulement le corps médical et les forces de l’ordre.

    Car tout le monde s’accorde à dire que le virus se propage essentiellement par les mini-gouttes de salive porteuses du virus que tout un chacun émet, en plus ou moins grande quantité, en toussant et éternuant, mais aussi en parlant, en mangeant etc.. Le masque, même de
    mauvaise qualité, est donc l’écran physique le plus évident qui soit pour faire obstacle à la propagation du virus. Il ne sert pas à se protéger du virus (et c’est vrai qu’il protège assez mal), mais il sert à protéger les autres de soi. Exemple: plusieurs chauffeurs de taxi qui portaient le masque à Hong-Kong ont été contaminés car leurs passagers ne le portaient pas. À cet égard, quand un médecin ausculte un patient potentiellement porteur, il serait sans doute plus efficace pour protéger le médecin que ce soit le patient qui porte le masque et non l’inverse…

    Élémentaire

     

    Il faut donc promouvoir le port du masque comme un acte citoyen d’intérêt collectif. Dans une épidémie, chacun devrait se considérer comme porteur potentiel, et protéger les autres de soi, pas l’inverse.
    C’est ce message qu’il me semble important de faire passer. Dès lors qu’ils ont vu réapparaitre le spectre du Sras de 2003, fin janvier, les Hongkongais ont repris le port du masque comme un seul homme, du jour au lendemain, et en dépit de la grave pénurie qui avait lieu ici aussi. L’attitude des Hongkongais a été d’autant plus admirable qu’elle s’est faite en dépit des consignes gouvernementales lesquelles, comme en France, ne recommandaient le port du masque que pour les malades et les soignants.

    Se laver les mains est l’étape no2: utile quand le virus est déjà sur les claviers d’ordinateur, les rampes d’escalator, les billets de banque, les pièces, les cartes de crédit, les poignées de porte, les écrans tactiles, les étals de fruits, les caddys de supermarchés…
    Mais le port du masque réduit considérablement, en amont, la dispersion du virus. Cela parait élémentaire comme raisonnement.

    Surproduction de masques

     

    Alors que l’une de mes sœurs, médecin à Versailles (et mère de 5 enfants) a eu un mal fou à trouver ses 18 masques hebdomadaires (pharmacies en rupture de stocks), la Chine est actuellement en surproduction de masques. Je viens d’interviewer quelqu’un à Hangzhou qui m’a confirmé pouvoir livrer des millions de masques en France en quelques jours. Il est faux de dire qu’il n’y a pas de masques disponibles. Comme vous le savez sans doute, de nombreuses usines chinoises ont transformé leurs chaînes de production pour produire des masques (de différentes qualités, de ceux à usage unique jusqu’aux normes les plus élevées). Mais la France a imposé des restrictions (décret du premier ministre du 13 mars 2020 ci-joint) qui semblent compliquer et ralentir l’importation et la distribution des masques en France.

    Humain et efficace

     

    Inonder le marché français de masques et en imposer l’utilisation par tous permettrait de lever assez rapidement le confinement. Les masques pourraient être subventionnés ou distribués gratuitement, ce qui couterait beaucoup moins cher à l’économie que les conséquences d’un confinement drastique ‘à la chinoise’. Entre le confinement et le port du masque comme forme de confinement individuel et mobile, les Français ne devraient pas hésiter longtemps.
    Je vous remercie de votre attention en espérant sincèrement que ce rapport d’expérience pourra vous être utile et incitera les autorités françaises à vite évoluer dans leur gestion de cette crise afin de privilégier des solutions humaines et efficaces, à commencer par le port du masque comme mode de confinement mobile et individuel.

    Bien sincèrement…
    Florence de Changy

     

    SOURCE : https://infodujour.fr/sante/31785-pourquoi-faut-il-porter-un-masque 

     

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    D'une guerre l'autre…

     

    PAR ANNE GUÉRIN-CASTELL

    Un ami médecin vient de m'envoyer ce texte écrit après lecture de l'enquête «Masques : les preuves d'un mensonge d'État» de Yann Philippin, Antton Rouget et Marine Turchi publiée le 2 avril dans Mediapart.

     

    Mai 1940 – Mars 2020

    De Paris à Ryad, les Etats criminels ***  Un communiqué de Jean-Philippe Ould Aoudia

    Le manque de masques de protection contre le Covid-19 fait la Une depuis déjà deux mois. Les responsables politiques en annoncent tous les jours la livraison, mais aucune ne vient rassurer la population et en particulier le personnel soignant, en première ligne sur le front de la maladie. Sans être efficacement armés et donc protégés dans ce combat, infirmières, médecins, aides-soignants, biologistes, etc. se battent néanmoins avec courage, pour certains au péril de leur santé, voire même au prix de leur vie. Début mars 2020, les infirmières d’un hôpital de province étaient dotées d’un seul masque FFP2, dont l’efficacité de filtration ne dure que 3 heures, pour être protégées pendant leurs 12 heures de travail. Fin mars, elles recevaient deux masques pour toute la durée de leur mission de soins auprès des patients.

    Dans la mesure où le président de la République a déclaré que nous étions en guerre, il est logique de faire un parallèle entre ce manque de moyens d’aujourd’hui et celui d’hier.
    Ainsi, en mai 1940, la 9compagnie du 9régiment de zouaves venu d’Alger est positionnée sur le front de Sarreguemines, en première ligne face aux troupes allemandes. Un de mes oncles, jeune professeur de lettres classiques au lycée Notre-Dame d’Afrique d’Alger, commande une section de 20 hommes et rapporte dans son livre La 9 du 9 les faits suivants.

    Le lieutenant-colonel Tasse, à la tête du régiment, vient soutenir ses hommes : « Si l’ennemi attaque, il vous suffit de tenir 3 heures et vous recevrez des renforts. »
    Le chef une fois parti, un soldat s’inquiète : « Sergent, je n’ai pas compris. Comment je fais pour tenir 3 heures avec 3 cartouches ? »
    Mon oncle lui répond, fataliste : «  C’est facile : tu tires une cartouche par heure. »

    Y aurait-il une sorte de fatalité dans l’impréparation des commandements civils ou militaires pour protéger les Français ?

    Plus grave encore. Pour gérer la pénurie de tests de dépistage viral, prétendument pas toujours utiles, une consigne imbécile et potentiellement criminelle n’autorise toujours pas de tester les infirmières asymptomatiques. Lesquelles, peut-être « porteurs sains », vont immanquablement contaminer leur entourage professionnel encore indemne. À l’impréparation s’ajoutent mensonge et bêtise froidement calculés.

    Il est cependant raisonnable d’espérer que les unités de soignants placées en première ligne, après avoir fait preuve d’actes de dévouement inouï, ne seront pas anéanties en 2020, comme le fut en 1940 le 9zouaves après avoir accompli des actes héroïques de résistance face à l’ennemi.

    Dans ces 2 guerres, l’Allemagne a mieux armé ceux qui étaient à l’avant. Par chance aujourd’hui, les Allemands sont nos alliés et, malgré l’épidémie qui se propage aussi dans leur pays, ils prennent en charge nos patients les plus gravement atteints par le Covid-19.

    Jean-Philippe Ould Aoudia

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/anne-guerin-castell/blog/030420/dune-guerre-lautre?utm_source=20200404&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20200404&M_BT=25840487733

    De Paris à Ryad, les Etats criminels ***  Un communiqué de Jean-Philippe Ould Aoudia

    Anne Guérin-Castel

    D’avoir mis en ligne sur votre blog dans Mediapart cet article signé Jean-Philippe Ould Aoudia, c’est votre ami médecin, écrivez-vous, mais c'est aussi mon ami et c’est pourquoi je tiens à faire figurer ici sa biographie et l’un des nombreux articles de mon blog concernant notre ami médecin :

    Jean-Philippe Ould Aoudia

    Jean-Philippe Ould Aoudia suit des études de médecine et il passe en 1971 à Paris, une thèse de doctorat intitulée La Tuberculose ganglionnaire externe en Algérie. Devenu médecin généraliste et écrivain, il est aussi historien, à l'occasion. Il écrit parfois sous le pseudonyme de Jean-Philippe Nottelet.

    Son père, Salah Henri Ould Aoudia, fut l'un des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs assassinés par l'OAS le 15 mars 1962, lors de l'attentat dit Assassinat de Château-Royal. De ce drame naitra un essai intitulé L'assassinat de Château-Royal, paru en 1992.  (Source Wikipedia)

     

    De Paris à Ryad

    les Etats criminels

    Un communiqué

     de Jean-Philippe Ould Aoudia

    En souvenir de Me Amokrane Ould Aoudia tué le 23 mai 1959  Une plaque en l’honneur d’un avocat assassiné ?

    Le meurtre de Jamal Khashoggi le 2 octobre 2018 sur ordre du pouvoir saoudien, nous rappelle que les dictatures comme les démocraties pratiquent les exécutions extra judiciaires.

    En effet, le 23 mai 1959, l’avocat français au barreau de Paris Me Amokrane Ould Aoudia, était abattu de deux balles de révolver muni d’un silencieux, en sortant de son étude dans le 2è arrondissement de la capitale.

    Il est aujourd’hui établi que l’avocat a été assassiné sur ordre du gouvernement de l’époque, pour avoir publiquement dénoncé la pratique de la torture dans les locaux de la DST, rue des Saussaies, à quelques mètres de l’Elysée, ainsi qu’au commissariat de police de Versailles.

    Emmanuel Macron, président de la République, a reconnu l’institutionnalisation de la torture pendant la guerre d’Algérie. L’avocat liquidé en 1959 avait raison d’en dénoncer la pratique au cœur même de Paris.

    Ce meurtre constitue un cas d’école en matière de crime d’Etat car la chaîne des responsabilités politiques et opérationnelles découvertes par les historiens est connue, elle a été diffusée sur une télévision française et cautionnée par l’assassin lui-même. Elle n’a fait l’objet d’aucun démenti ni contestation.

    Devant les télespectateurs de l’émission Les brûlures de l’histoire diffusée le samedi 27 janvier 1996 sur FR3, l’auteur des coups de feu mortels validait le travail des historiens en affirmant que l’ordre de supprimer l’avocat avait pour motif qu’il portait tort à la France en disant que la torture y était pratiquée.

    Pour assassiner le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui critiquait le régime de son pays, Ryad a utilisé plus d’une dizaine de membres des services de sécurité dépêchés à Istanbul dans deux avions privés.

    Pour assassiner l’avocat français Amokrane Ould Aoudia, qui dénonçait la torture dans la République, Paris a fait appel à trois unités de commandos appartenant à l’unité d’élite du 11è bataillon parachutiste de choc, une pour le repérage, une pour l’exécution et une troisième pour la protection et le repli.

    Il n’est pas un seul gouvernement, démocrate ou dictatorial, qui ne soit à l’abri d’actes déshonorants. Tels les Etats-Unis avec les enlèvements et les séquestrations suivies de tortures à Guantanamo, ou la Russie avec la tentative d’assassinat de Sergueï Skripal, pour ne citer que les forfaits les plus récents.

                                                                                                                                                                    Jean-Philippe Ould Aoudia

     

     


     

     

    En souvenir de Me Amokrane Ould Aoudia tué le 23 mai 1959  Une plaque en l’honneur d’un avocat assassiné ?

     

    Le site « Histoire coloniale et postcoloniale »

    Site dont l’origine est la LDH de Toulon

    communique :

    En souvenir de Me Amokrane Ould Aoudia

    tué le 23 mai 1959

    Une plaque en l’honneur d’un avocat assassiné ?

    Vendredi 29 septembre 2017

    Pendant la guerre d’Algérie, au début de la Ve République, en plein Paris, le 23 mai 1959, avec l’aval du Premier ministre, Michel Debré, a été ordonné l’assassinat d’un avocat inscrit au Barreau de Paris, Me Amokrane Ould Aoudia qui défendait les indépendantistes algériens. Un voeu relatif à l’apposition d’une plaque commémorative au 10, rue Saint-Marc a été adopté le 14 septembre 2017 par le Conseil du 2e arrondissement de Paris.

    Le quotidien Le Monde du 24-25 mai 1959 signale l’assassinat en plein Paris, le 23 mai 1959, d’un avocat inscrit au Barreau de Paris, Me Amokrane Ould Aoudia qui faisait partie du collectif des avocats organisé par le FLN pour la défense des indépendantistes algériens. Le crime a été commis lorsqu’il sortait de son cabinet, au 10 de la rue Saint-Marc, dans le IIe arrondissement, par des agents du Service action du SDECE. Le commandant Raymond Muelle, un ancien d’Indochine et d’Algérie qui appartenait à ce service, installé au Fort de Noisy-le-Sec et ayant à sa tête le colonel Robert Roussillat, a rapporté que leurs équipes agissaient en toute illégalité et dans un secret total, couvertes par le préfet de police, Maurice Papon, le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre. Le SDECE avait alors pour chef, depuis septembre 1957, le général Paul Grossin (1).

    L’assassinat de Me Ould Aoudia est en lien direct avec ses efforts pour dénoncer les actes illégaux, tortures et assassinats d’Algériens. Il avait envoyé notamment le 8 septembre 1958, une lettre ouverte, co-signée par Me Jacques Vergès et adressée à André Malraux, ministre délégué à la présidence du conseil, dont on trouvera le texte ci-dessous. Ce sont les efforts de cet avocat pour dénoncer la torture alors pratiquée en plein Paris qui ont rendu furieux le premier ministre Michel Debré et l’ont conduit à donner l’ordre de commettre cet assassinat.

    En souvenir de Me Amokrane Ould Aoudia tué le 23 mai 1959  Une plaque en l’honneur d’un avocat assassiné ?

    Amokrane Ould Aoudia 

     

    De sa nomination en janvier 1959 jusqu’à sa démission en mars 1962, en raison de son désaccord avec les accords organisant l’indépendance de l’Algérie signés à Evian le 18 mars, le Premier ministre a donné l’ordre de nombreuses « opérations homos ». Entre septembre 1960 et mars 1961, en liaison avec la Force de police auxiliaire (FPA) qu’il avait créée et confiée à Maurice Papon (2), de nombreux assassinats ont été commis en particulier dans le XIIIe arrondissement de Paris (3), aussitôt attribués par la Préfecture de police au FLN, ces attributions inexactes étant fréquemment reprises dans la presse. Constantin Melnik, alors conseiller du Premier ministre pour les questions de sécurité, a confirmé l’existence de ces méthodes, par exemple le meurtre d’un policier auxiliaire algérien soupçonné de vouloir quitter la FPA, meurtre faussement attribué au FLN (4). Répondant aux questions de Patrick Rotman dans l’émission « Les Brûlures de l’histoire », en janvier 1996, Raymond Muelle a raconté : « On nous a […] donné l’ordre de participer, nous, en tant que “service action”, à certaines actions que ne pouvait pas assumer la police. Par exemple, faire disparaître certains chefs FLN ou certains FLN de deuxième niveau ». A la question « L’ordre venait d’où ? », il répond sans hésiter : « Du Premier ministre personnellement. Ça allait du Premier ministre au général commandant du SDECE, le général Grossin à l’époque. Mais la plupart du temps […], les contacts étaient directs entre le chef du “service action”, M. Foccart, et le premier ministre (5) ». Melnik rapporte qu’au cours de la seule année 1960, cent trente-cinq personnes ont été tuées lors des « opérations homo » du SDECE, qui, avec son importante base d’entraînement à Cercottes, dans le Loiret, et un total que quelque mille cinq cents agents, constituait l’une des plus puissantes machines à tuer du monde contemporain (6). Le 5 juillet 1959, à Rome, un enfant italien de 10 ans a été tué lors d’un attentat du SDECE qui visait le représentant du FLN, Taïeb Boularouf. Ces « opérations homos » seront encore facilitées quand le Premier ministre Michel Debré aura obtenu du général de Gaulle le remplacement en mai 1961 du ministre de l’Intérieur, Pierre Chatenet, jugé par lui trop « scrupuleux » et pas assez « efficace » dans la répression telle qu’il la concevait, par un homme totalement à ses ordres, Roger Frey, et surtout, fin août 1961, le départ du ministre de la Justice Edmond Michelet, adversaire résolu des méthodes du Premier ministre et proche de Témoignage chrétien.

    Dans le cas de l’assassinat de Me Amokrane Ould Aoudia, le 23 mai 1959, Raymond Muelle a déclaré qu’il a été commis par l’un de ses « camarades » du service action du SDECE, un de ses « bons amis », toujours vivant à la date de cette émission et qui tenait à garder l’anonymat (7).

    Quel était le mobile de cet assassinat ? Le surlendemain du jour où il a été commis devait s’ouvrir, le lundi 25 mai 1959, et s’est ouvert devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, le procès d’une dizaine d’Algériens, dont plusieurs étudiants, arrêtés en décembre 1958 et qui avaient été abominablement torturés dans les locaux parisiens de la DST, rue des Saussaies, entre le 2 et le 12 décembre 1958. Les témoignages de cinq d’entre eux avaient été recueillis et seront reproduits en juin 1959 par les éditions de Minuit dans le livre La Gangrène, qui sera aussitôt saisi (8). Or, Me Ould Aoudia devait figurer parmi leurs défenseurs. Un tel assassinat décidé par un Premier ministre d’un avocat parisien pour l’empêcher de plaider est unique dans l’histoire de France.

    Lettre du 8 septembre 1958 adressée par Me Ould Aoudia et Me Jacques Vergès, avocats au barreau de Paris, à André Malraux, ministre délégué à la présidence du conseil.

    Paris, le 8 septembre 1958

    Monsieur André Malraux
    Ministre délégué à la Présidence du Conseil
    57, Rue de Varenne
    PARIS (7e)

    Monsieur le Ministre,

    Avec Roger Martin du Gard, Messieurs François Mauriac et Jean-Paul Sartre vous sommiez, il y a quelques mois, les pouvoirs publics « au nom de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, de condamner sans équivoque l’usage de la torture qui déshonore la cause qu’il prétend servir ».

    Depuis, vous avez affirmé qu’à votre connaissance la torture avait disparu.

    Notre lettre a pour but, aujourd’hui, précisément, de vous soumettre deux cas de tortures.

    Tous les deux sont postérieures à votre déclaration, tous les deux sont contrôlables, tous les deux sont particulièrement graves puisqu’ils montrent que la torture, loin de disparaître, prolifère aujourd’hui en France même.

    Le premier cas concerne Monsieur Rezgui Hocine, demeurant à Eaubonne (Seine-et-Oise) ouvrier aux usines Potez à Argenteuil. Arrêté le 4 Juillet à 10h30 à son chantier en plein travail, Monsieur Rezgui a été détenu 30 heures au commissariat de police d’Argenteuil.

    « Interrogé » par six policiers dirigés par un nommé B., Monsieur Rezgui se plaint d’avoir été mis nu puis tour à tour battu à coups de poings et à violents coups de pieds dans le ventre, d’avoir été soumis la nuit à des jets d’eau mélangée de sable, et enfin à quatre reprises torturé à l’électricité.

    En tout cas, à sa sortie du commissariat, il dut être transféré à l’infirmerie de la prison de Versailles, 28 avenue de Paris, puis hospitalisé un mois à l’Hôpital central de Fresnes où il fut opéré d’un éclatement de la rate. Il porte encore une cicatrice de 10 centimètres.

    Le deuxième cas concerne Monsieur Mohamed Krama, conducteur aux usines Teka de Courbevoie, marié, père de famille, soutien de sa mère âgée de 80 ans. Arrêté à son domicile, rue Henri Barbusse à Argenteuil, le 30 août à 5 heures du matin, à l’occasion d’une « vérification d’identité » Monsieur Mohamed Krama fut gardé 36 heures au commissariat d’Argenteuil. Là il se plaint d’avoir été « interrogé » à l’électricité par 4 policiers européens parlant arabe et semblant être originaires d’Afrique du Nord.

    Les deux interrogatoires auraient eu lieu le 30 août à 19h. puis à 21 heures. En tout cas, Monsieur Krama en est sorti avec encore visibles aujourd’hui, au genou gauche, trois plaies disposées en demi-circonférence, à la face externe de la cheville gauche, quatre plaies disposées de la même façon, à la face interne de la cheville gauche, une plaie au pied gauche, cinq plaies correspondant chacune à la naissance d’un orteil. Au coude gauche trois plaies disposées en demi-circonférence, à la cuisse droite, deux plaies de cinq centimètres de diamètre environ, au coude droit, cinq plaies. Au genou droit, huit plaies dont cinq disposées en demi-circonférence, à la face externe de la cheville droite, cinq plaies disposées de la même façon, à la face interne de la cheville droite, une plaie unique. Enfin, sur la poitrine et les parties sexuelles, des excoriations diverses en voie de disparition.

    Trois avocats du barreau de Paris ont pu voir ces traces le 4 septembre à la prison de Versailles.

    Nos clients ont porté plainte pour coups et blessures et se sont constitués parties civiles entre les mains du doyen des juges d’instruction de Versailles.

    Nous avons demandé une expertise contradictoire par le médecin expert commis par le doyen des juges d’instruction de Versailles et un professeur à la Faculté de Médecine de Paris.

    Nous espérons que satisfaction nous sera accordée.

    En tout cas, puisque vous proposiez, Monsieur le Ministre, à MM. François Mauriac et Albert Camus de se rendre en Algérie pour constater (et Monsieur Mauriac se demanderait alors comment), que la torture y avait disparu, nous nous permettons de vous suggérer de leur demander plus simplement d’aller à la prison de Versailles et au commissariat de police d’Argenteuil.

    Pensant que la dénonciation de la torture ne saurait être confidentielle, nous estimons devoir rendre notre lettre publique, persuadés que vous nous comprendrez d’autant mieux que c’est également la forme que vous avez adoptée au mois d’avril dernier pour vous adresser à Monsieur le Président Coty.

    Nous vous prions, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de notre haute considération.

    A. Ould Aoudia Jacques Vergès
    10, rue Saint Marc 61, rue du Cherche Midi

    avocats au barreau de Paris

    Voeu relatif à l’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Monsieur Amokrane Ould Aoudia, assassiné le 23 mai 1959 au 10, rue Saint-Marc

    Conseil du 2e arrondissement de Paris – 14/09/17.

    V 02017077 - Voeu relatif à l’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Monsieur Amokrane Ould Aoudia, assassiné le 23 mai 1959 au 10, rue Saint-Marc.

    Considérant la mort par balles le 23 mai 1959 de Maître Amokrane Ould Aoudia, 34 ans, avocat au Barreau de Paris, à la sortie de son Etude située dans l’immeuble sis 10, rue Saint-Marc dans le 2e arrondissement,
    Considérant que désormais le consensus des historiens et des universitaires s’accorde pour considérer que cet acte violent est un assassinat commandité puis réalisé par le SDECE (Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage), c’est-à-dire les Services spéciaux de l’Etat français de l’époque (9),
    Considérant que Maître Ould Aoudia était co-fondateur du Collectif des avocats défenseurs des militants du Front de Libération National Algérien (FLN) avec d’autres avocats qu’ils devaient rejoindre le soir même de son décès (10), pour réfléchir sur les arguments juridiques en vue d’assurer la défense d’ étudiants algériens dont les aveux avaient été obtenus sous la torture,
    Considérant qu’à ce jour, rien n’a officiellement été effectué pour honorer la mémoire de Maître Amokrane Ould Aoudia,
    Considérant la volonté des descendants, exprimée par le docteur Jean-Philippe Ould Aoudia, en faveur de toute initiative favorisant le nécessaire travail de mémoire auquel ce dernier a d’ailleurs contribué en consacrant un livre à ce sujet où il consolide l’incrimination d’assassinat à ces faits et en argumentant la thèse consensuelle du « crime d’Etat » (11),
    Considérant la démarche de la Ville de Paris et de sa Maire Anne Hidago qui a su, à plusieurs reprises, mener ce complexe travail mémoriel pour confronter l’Etat français à son passé colonial, comme par exemple en commémorant officiellement les massacres du 17 octobre 1961,
    Considérant le discours tenu le 6 octobre 2011 au Cimetière du Père-Lachaise par le Maire de Paris Bertrand Delanoë à l’occasion de l’Inauguration de la Stèle en l’Hommage de toutes les victimes de l’OAS en Algérie et en France au cours duquel il a précisé que « Pour unir, pour rassembler, pour servir la paix, pour être ensemble, il n’y a qu’un moyen : la vérité, l’humilité et la dignité de savoir dire quelles sont les victimes »,
    Considérant la démarche constante de la Mairie du 2e en faveur de la reconnaissance des crimes commis à l’encontre de ceux qui se sont mobilisés contre les méfaits de toute colonisation,
    Considérant le caractère humaniste et rassembleur de cette démarche incitant à ériger un Hommage municipal à un symbole de la défense du Droit et de la Liberté,
    Considérant la procédure relative à l’apposition d’une plaque commémorative prévue par la délibération D-168 du 5 mars 1979 du Conseil de Paris,
    Ainsi, sur proposition d’Olivier Maillebuau, Adjoint au Maire du 2e arrondissement (PRG) et avec le soutien du Maire Jacques Boutault (EELV) et des élu.e.s écologistes, de Véronique Levieux (PS), de Maxime Des Gayets (PS) et de Béatrice Bonneau (PCF), le Conseil du 2e arrondissement de Paris demande la réalisation d’une Plaque commémorative à la Ville de Paris afin de rendre hommage à Monsieur Amokrane Ould Aoudia, assassiné le 23 mai 1959 au 10, rue Saint-Marc dans le 2e arrondissement.


    (1) Raymond Muelle, Sept ans de guerre en France. Quand le FLN frappait en métropole, Éditions du Patrimoine, Monaco, 2001, p. 179.

    (2)  « Par décision du Premier ministre, il est créé une force de police auxiliaire […]. Les personnels qui seront recrutés à cet effet seront mis à la disposition du Préfet de Police ». Décision portant statut de la FPA, 30 novembre 1959. Archives de la Préfecture de police.

    (3) Raymond Muelle, op. cit., p. 188-189.

    (4) Constantin Melnik, La Mort était leur mission. Le Service Action pendant la guerre d’Algérie, Plon, 1996, p. 181. Le meurtre du policier auxiliaire Rachid Khilou relaté par Raymond Muelle, La Guerre d’Algérie en France, 1954-1962, Presses de la Cité, 1994, p. 192-194, est confirmé par Rémy Valat sur la base des archives de la préfecture de police (Les Calots bleus et la bataille de Paris. Une force de police auxiliaire pendant la guerre d’Algérie, Michalon, 2008, p. 126-129).

    (5) Le Second Front : la guerre d’Algérie en France 1954-1962, « Les Brûlures de l’Histoire », France 3, émission diffusée le samedi 27 janvier 1996 à 22h30, propos reproduits dans Le Monde daté de ce jour, p. 27.

    (6) Constantin Melnik, op. cit., p. 7-8. A propos de ces assassinats, qu’il juge plus nombreux que ceux des services secrets soviétiques, il écrit : « A l’instar de Jacques Chirac reconnaissant enfin la responsabilité française dans la déportation des Juifs sous Vichy, l’heure n’a-t-elle pas sonné d’admettre la culpabilité de l’Etat dans d’autres errements, certes moins graves mais également inacceptables ».

    (7) Raymond Muelle est mort en 2013.

    (8) La Gangrène, éditions de Minuit, 1959.

    (9) Vincent Nouzille, Les tueurs de la République, Fayard, 2015, 347 p. (ISBN 978-2-213-67176-5). Roger Faligot, Jean Guisnel, Rémi Kauffer, Histoire politique des services secrets français, La Découverte, 2012, 223p.

    (10) Patricia Tourancheau, La Main Rouge contre le FLN, Cahier Spécial du journal Liberation.fr, 18 juillet 2001

    (11) Jean-Philippe Ould Aoudia, Deux fers au feu. De Gaulle et l’Algérie : 1961, suivi de Un crime d’État : Paris, 23 mai 1959, éd. Tiresias, 160 pages, (ISBN 2-915293-88-0)

    SOURCE : http://ldh-toulon.net/Une-plaque-en-l-honneur-d-un-avocat-assassine.html

    En souvenir de Me Amokrane Ould Aoudia tué le 23 mai 1959  Une plaque en l’honneur d’un avocat assassiné ?

    Photo wikipedia

    Parmi les descendants de Maître Amokrane Ould Aoudia je tiens à signaler Jean-Philippe Ould Aoudia historien et écrivain français. Son père, Salah Henri Ould Aoudia, fut l'un des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs assassinés par l'OAS le 15 mars 1962.

    Michel Dandelot

    En souvenir de Me Amokrane Ould Aoudia tué le 23 mai 1959  Une plaque en l’honneur d’un avocat assassiné ?

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    Edwy Plenel revient sur l'enquête

     de Mediapart révélant les graves manquements

    du gouvernement  dans la crise du coronavirus

     

    Edwy Plenel revient sur l'enquête   de Mediapart révélant les graves manquements du  gouvernement  dans la crise du coronavirus

    BIOGRAPHIE d’edwy plenel


    Né à Nantes le 31 août 1952, Edwy Plenel est un journaliste d'investigation français connu pour ses enquêtes et ses révélations choc visant les personnalités les plus influentes de la République. 

    Après 25 ans de carrière au sein de la rédaction Le Monde, le journaliste est licencié du quotidien en 2005. Il crée alors avec un confrère Médiapart, un journal payant sur Internet qui verra le jour le 16 mars 2008. Ce journal en ligne désormais connu pour débusquer des affaires, a joué un rôle prépondérant dans la sortie des affaires Woerth et Bettencourt, Cahuzac et plus récemment, Aquilino Morelle.

    D'abord journaliste de presse, Edwy Plenel est également présent dans d'autres médias : de 1995 à 2007, il a présenté sur LCI une émission hebdomadaire sur les livres, Le Monde des Idées puis Entre Guillemets. On le retrouve depuis 2005 dans une chronique sur France Culture, d'abord Lignes de fuite, puis Le Monde selon Edwy Plenel. Sur France Ô, il a été chroniqueur de plusieurs émissions. Il voue une affection particulière à cette chaîne, ayant vécu aux Caraïbes jusqu'en 1962, son père étant vice-recteur de la Martinique et anticolonialiste convaincu. 

    Parallèlement, Edwy Plenel a écrit de nombreux ouvrages où il livre sa vision du monde. Parmi les plus connus, on peut citer L'effet Le Pen en 1984, l'Etat et l'école en France en 1992, Secrets de jeunesse publié en 2001, La découverte du monde en 2002, ou encore Le président de trop en 2011.

     

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    Le 2 avril 2020, ce Blog personnel

    qui doit être aussi le vôtre

      a eu 10 ans d’existence !

    Aujourd’hui, 2 avril 2015, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3100 articles

     

    On m'avait dit " Tu verras la palmeraie de Tiout (Algérie) c'est très beau ", alors du 8 mai 1961 au 5 janvier 1963 je n'ai vu qu'un camp où on montait la garde... ou on se "tapait" la corvée de pluche ou de vaisselle... ou on effectuait des kilomètres dans des camions traînant des canons sur des pistes bosselées... ou on écrivait des lettres pour dire qu'on allait bien même si on allait mal, car l'ennui était là, toujours pesant et laminant le moral, mais finalement c'était mieux que de tuer ou se faire tuer... car ma plus grande chance "je n'ai pas tué"... En fait je n'ai rien connu des drames de la guerre d'Algérie, en particulier et du colonialisme, en général, pour l'heureuse raison que là où j'étais, il ne s'est absolument rien passé, j'ai donc tout appris de nombreuses années après être rentré dans mon cher pays, la France et surtout depuis que je gère ce blog... en fait regardez ce que je faisais en opération dans la région d'Aïn Sefra : "je notais le nombre de tirs de canons" sans savoir, d'ailleurs pour qui étaient destinés ces tirs, plus précisément je ne voulais pas savoir et je me suis toujours refusé de poser la question tout en ayant la "tête ailleurs... car là où j'étais ce n'était pas mon pays la France... "  comme vous pouvez le voir je n'avais pas de "kalachnikov pour employer un terme d'aujourd'hui" dans les mains... heureusement je n'aurais peut-être pas su ou pas voulu m'en servir... sauf, avec un instinct de survie... pour me sauver la vie...

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Le 2 avril 2016, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 6 ans d’existence !

    Aujourd’hui, 2 avril 2015, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3100 articles

     

    Le 2 avril 2020
     
    ce Blog personnel
     
    qui doit être aussi le vôtre a eu 10 ans
     
    d’existence !
     
    Mais en 10 années j'ai eu le temps de caser
     
    plus de 7000 articles lus plusieurs fois
     
    par plus de 1 million 500 000 visiteurs
     
    représentant
     
    donc plus de 3 millions 500 000 pages lues

     

    Puisque vous êtes toujours près de 1200 chaque jour à venir m’encourager je vais essayer de dépasser cette décennie… En tous cas, si je dois prendre une bonne résolution pour cette 10ème année, ça sera de toujours faire en sorte que mon blog reste un endroit sincère et vrai ou l’écriture de l’Histoire du colonialisme et de la guerre d’Algérie ne soit pas déformée par une mémoire sélective. J’espère vraiment que vous trouviez ici ce que vous venez y chercher.

     

    Mais aujourd'hui, compte tenu d'une situation de plus en plus grave de la France et du Monde j'ai décidé de faire évoluer mon blog, en clair je "colle" à l'information du moment qui est dramatique et inquiétante.

     

    Aujourd’hui 2 avril 2015 ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3300 pages

    Aujourd’hui 2 avril 2015 ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! Mais en 5 années j'ai eu le temps de caser près de 3300 pages

     

    Voilà 10 années hier que j’ai commencé à dialoguer avec vous, chers amis internautes de toutes les régions de France et même de l’autre côté de la Méditerranée.

     

    Je me rappelle du jour où je me suis installé devant mon PC pour mettre en ligne mon premier billet, j’ai l’impression que c’était hier, et pourtant depuis, il s’est passé énormément d'événements  tragiques ou heureux… J'ai connu des moments de joie, d'espoir mais aussi de grandes déceptions...

     

    Ce lien quotidien et privilégié que j’ai avec vous est devenu pour moi une obligation incontournable. Une aventure formidable que je ne regrette pas.

     

    Tout ce que je souhaite, c'est continuer le plus longtemps possible à partager cette passion avec vous. Et vu qu'un petit discours vaut mieux qu'un long, je vais juste me contenter de dire MERCI !

     

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    Merci à vous qui me suivez, un peu, beaucoup ou occasionnellement, que vous laissiez une trace de votre passage ou pas.

    Bref, je pense que je ne vous dirai jamais assez merci, à vous toutes et tous qui faites que cette passion qui a beaucoup d'importance à mes yeux est ce qu'elle est aujourd'hui... intense et primordiale.

     

    Le titre en dit long, le blog fête ses DIX ans d’existence. En effet, c’était le vendredi 2 avril 2010 que je décidais de le créer.

    En DIX ans j’ai découvert le monde du web sous un nouveau jour, j’ai découvert l’activité du blogueur. En DIX ans j’ai aussi fait la connaissance de pas mal d'internautes et de lecteurs, dont certains sont devenus de très bons amis… je n’en citerai aucuns, mais je pense à tous et principalement à ceux qui m’ont beaucoup aidé.

     

    J'ai des correspondants dans toute la France et même en Algérie qui m'envoient des informations intéressantes de leur région... Oui ! Même en Algérie car des Algériens ont compris que je militais pour l'amitié France-Algérie.

     

     

    Le 2 avril 2017, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre va avoir 7 ans d’existence !

    Mes chers lecteurs et amis !

     

    Ce blog existe grâce à vous !

    Je sais que les articles mis en ligne ne le sont  pas pour rien, je sais que mes informations ou les vôtres sont lues.

    Grâce à vos retours, je sais que ces articles vous font réagir, parfois vous aident, vous font réfléchir… etc.

    Alors essayons de continuer encore un peu si vous le voulez bien...

     

    Le 2 avril 2020, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a eu 10 ans d’existence !

     

    Aujourd’hui, 57 ans après, j’ai bien changé, comme Jean Gabin, j’ai dit souvent que je savais tout… Non ! simplement,  je sais beaucoup mais je sais aussi qu’on ne sait jamais tout… Alors je suis sûr que dans cette dixième année de mon blog je vais encore apprendre avec vous, au fur et à mesure que les archives concernant la guerre d’Algérie et le colonialisme vont s’ouvrir… J’espère surtout la reconnaissance officielle par la France des crimes coloniaux...

    J'espère  voiR aussi de mon vivant une autre france pour un monde meilleur.

     

    Aujourd’hui, 2 avril 2015, ce Blog personnel qui doit être aussi le vôtre a 5 ans d’existence ! *** Informations importantes de Jean-François GAVOURY  

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    LOI « URGENCE CORONAVIRUS » : LA STRATÉGIE DU CHOC DU GOUVERNEMENT

    La loi "urgence Coronavirus" a provoqué de vifs débats dans l'Hémicycle © Tangui Morlier 

     

    LOI « URGENCE CORONAVIRUS » :

    LA STRATÉGIE DU CHOC

     DU GOUVERNEMENT

    Le projet de loi « urgence coronavirus », porté par le gouvernement afin de répondre à la crise sanitaire que traverse le pays, a été adopté définitivement par l’Assemblée nationale. 

    Certaines mesures promettent une régression considérable en termes de droit du travail : l’article 17 prévoit notamment que certains secteurs pourront déroger aux 35h, tandis que la possibilité pour l’employeur de choisir les dates de prise de RTT de ses employés a été retenue. 

    Promulguée dans un contexte de crise et d’urgence, le gouvernement a pourtant refusé d’inscrire le caractère provisoire de ces mesures dans cette loi.  

    Un coup rude pour les acquis sociaux des salariés, au sein d’une crise sanitaire qui frappe déjà de plein fouet les travailleurs aux statuts les plus précaires et les moins valorisés. 

    Le gouvernement profite-t-il de l’absence de toute possibilité de mobilisation citoyenne pour mettre en œuvre sa « stratégie du choc » ? 

    QU’EST-CE QUE LA LOI « URGENCE CORONAVIRUS » ? 

    Adoptée après quatre jours de débats au Sénat et à l’Assemblée nationale, la loi « urgence coronavirus » autorise l’exécutif à légiférer par ordonnance en de nombreux domaines afin de résoudre la crise du Covid-19. 

    En tout, ce sont 43 ordonnances qui ont été votées en présence d’un personnel politique restreint afin de limiter les possibilités de contamination, dans une atmosphère oscillant entre tensions partisanes et volonté d’unité nationale. Les efforts des ministres et parlementaires se sont principalement concentrés sur la situation économique du pays. 

    En effet, ce n’est déjà plus un secret, la crise du coronavirus portera un très rude coup à l’économie française : de nombreuses entreprises sont à l’arrêt, certaines ne rouvriront peut-être jamais leurs portes, tandis qu’une récession de la croissance semble inévitable. Il s’agissait donc pour le gouvernement de proposer un plan de sauvetage conséquent, comme l’avait promis Emmanuel Macron dans son allocution du lundi 16 mars : report de charges, de versements de loyers professionnels, renoncement à des pénalités… 

    Pourtant, ces promesses de relance économique se sont traduites dans la proposition de loi « urgence coronavirus » par une politique anti-sociale portant un coup rude aux droits des salariés que Marianne révélait dès le mercredi 18 mars. Si l’amendement permettant de modifier les « conditions d’acquisition des congés payés » a finalement été abandonné par le gouvernement face à la levée de boucliers des partis d’opposition, le reste des mesures annoncées demeure malheureusement valable. 

    Ainsi, les 35h et le repos dominical pourront souffrir de nombreuses dérogations, notamment dans les sociétés telles que la SNCF, la RATP ou encore dans le secteur de la santé, mais aussi dans des entreprises comme Renault ou Air France. La semaine de 60h pourra donc être banalisée, ignorant avec complaisance les régulations européennes qui limitent le temps de travail supplémentaire à 48h hebdomadaires. 

    Pire encore, les employeurs pourront aussi choisir les date des RTT de leurs employés et imposer des congés selon leur bon vouloir, en s’affranchissant des délais dits « de prévenance » pour informer les personnels concernés. 

    Cette mise à l’arrêt forcée vise bien entendu à minimiser les pertes pour les entreprises, tout en piétinant allègrement les droits fondamentaux des salariés. 

    Cette mise à l’arrêt forcée vise à minimiser les pertes pour les entreprises, tout en piétinant allègrement les droits fondamentaux des salariés.

    Néanmoins, cette mesure ne pourra être appliquée que si un accord d’entreprise ou de branche a été passé au préalable, ce qui n’était pas prévu dans la toute première version du projet de loi. L’exécutif a donc accepté, grâce à cette révision, de faire entrer les syndicats dans la boucle, sous la pression des partis d’opposition au cours de houleux débats à l’Assemblée nationale. 

    En contre-partie, les amendements favorables aux droits des salariés semblent être de bien pauvres compensations : limitation des ruptures de contrat de travail, non-indemnisation de jours d’arrêt maladie suspendue dans le public comme dans le privé. Cependant, l’exécutif a bien pris soin de spécifier que cette mesure ne vaut que « pour la seule période de l’urgence sanitaire ». 

    Une précision de la plus haute importance qui a néanmoins été absolument occultée dans les amendements du projet de loi. 

    UN ÉTAT D’URGENCE… À DURÉE INDÉTERMINÉE 

    En effet, si les mesures concernant le champ social et le droit du travail sont annoncées comme devant être « provisoires » pour « faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du virus Covid-19 », le texte ne fait étrangement figurer aucune date limite. Il est permis de croire que ces dernières resteront en vigueur bien au-delà de la crise sanitaire, pour une période encore indéterminée, voire absolument illimitée. 

    Raphaël Kempf, dans une tribune publiée dans Le Monde dénonce ainsi une loi, qui « présentée comme un état d’exception, a vocation à être durable ». Selon l’avocat pénaliste, cet état d’urgence est synonyme de la disparition d’un État de droit, dans un contexte où l’État est désormais amené à légiférer sur la liberté de circuler des citoyens. 

    De même, gouverner par ordonnance permet de se soustraire au contrôle des institutions parlementaires, et donc de déroger aux fondements du droit constitutionnel français.  

    Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à Paris 1, réitère cette mise en garde contre les états d’urgence, qui risquent de devenir la norme dans la vie démocratique. En effet, la permanence des régimes d’exception est un mouvement de fond qui traverse la législation française : l’on peut songer bien-sûr à l’intégration en 2017 de l’état d’urgence sécuritaire, promulgué à la suite des attentats de 2015, dans notre droit commun. 

    L’État d’urgence proclamé aujourd’hui par le gouvernement repose d’ailleurs sur le même principe, établi sur le modèle de la loi du 3 avril 1955, créée en pleine guerre d’Algérie : établissement par décret, prorogation par le Parlement au bout de quinze jours, message politique envoyé à la population dans la création d’un régime d’exception… Il s’agit aussi, par-delà le geste politique que constitue l’instauration d’un état d’urgence, de court-circuiter les éventuels contre-pouvoirs citoyens, associatifs et politiques. 

    Tout permet donc de craindre que ces mesures resteront en vigueur bien au-delà de la crise sanitaire, pour une période encore indéterminée, voire absolument illimitée.

    Dans le cadre de la loi « urgence coronavirus », on peut en effet légitimement se demander en quoi déroger au droit du travail permet concrètement de lutter contre la pandémie. Il aurait été nettement plus efficace dans ce contexte d’investir dans les services publics, en particulier dans le domaine de de la santé par des mesures concrètes : revalorisation du statut de fonctionnaire, réouverture d’hôpitaux de proximité, relocalisation de la production de matériel médical. Alors qu’Emmanuel Macron ne cesse de réaffirmer que nous sommes en guerre, ces mesures antisociales qui cassent le code du travail semblent bien dérisoires et secondaires, par rapport au sauvetage des vies de nos concitoyens. De même, il est problématique que cette demande de sacrifice ne s’adresse pas aux plus riches : aucun rétablissement de l’ISF n’a pas exemple été envisagé pour participer à ce qui est pourtant d’ores et déjà appelé un « effort national ». 

    Enfin, il reste à déplorer que cette crise ne soit pas l’occasion de la part du gouvernement d’une véritable remise en question de sa politique sociale, économique et écologique. Ainsi, l’amendement destiné à intégrer au projet de loi un « Grand plan de relance et de transformation de la société française en faveur du climat, de la biodiversité et de la justice sociale » a été rejeté samedi soir lors des discussions à l’Assemblée. Ces signaux forts ne laissent rien présager de bon pour l’après-coronavirus, qui semble irrémédiablement vouloir persévérer dans la brèche déjà engagée, celle d’une politique néolibérale qui creuse les inégalités entre les classes sociales. 

    VERS UNE STRATÉGIE DU CHOC ? 

    Il est alors légitime de questionner les conséquences sur le long-terme de cette loi d’urgence sanitaire. 

    En effet, après une telle crise, deux voies semblent s’ouvrir à la société française : 

    Soit une politique de relance économique engagée par l’État, comme cela avait été mis en place pour reconstruire la France suite à la Seconde Guerre mondiale, avec l’application de politiques keynésiennes, la création de la sécurité sociale ou des régimes de retraite par répartition ; 

    Ou bien une politique d’austérité, semblable à celle imposée à la Grèce après la crise des subprimes en 2008, notamment. Ce processus de changement de modèle économique après une crise est un phénomène décrit par la journaliste américano-canadienne Naomi Klein dans son ouvrage fondateur intitulé La stratégie du choc. Elle y analyse en effet un mécanisme historique récurent au cours du XXe siècle, au travers duquel les élites converties à l’idéologie néolibérale profitent de l’état de choc dans lequel sont plongées les sociétés pour s’imposer au pouvoir. 

    Ces états de chocs peuvent être liés à des catastrophes naturelles, à un brusque changement de régime politique, ou bien à une crise économique ou sanitaire. 

    Si les situations de choc varient, les conséquences, elles, demeurent les mêmes : les acteurs privés prennent le contrôle de l’économie, procèdent à des privatisations, au démantèlement des services publics et mettent fin aux prestations sociales, pour concentrer les richesses entre les mains de quelques uns. 

    La population civile paie alors le coût de ces mesures antisociales, appauvrie et écrasée par les plans d’austérité. Cette cooptation des richesses par les élites néolibérales a notamment pu être observée au Chili sous la dictature de Pinochet, mais aussi en Indonésie sous le régime de Soeharto, ou encore en Pologne et en Russie suite au démantèlement de l’URSS au cours des années 1990. 

    Une logique similaire a pu être observée après l’ouragan Katrina qui a ravagé la Nouvelle-Orléans en 2005, ou le tsunami de 2004 en Indonésie. 

    Il semble que le gouvernement profite de l’impossibilité de toute forme de contestation citoyenne et de l’instauration de l’état d’urgence pour poursuivre ses réformes anti-sociales, qui reviennent sur des acquis sociaux et démocratiques fondamentaux.

    Il va sans dire que la pandémie du coronavirus constitue un choc mondial à part entière, qui aura des conséquences économiques, sociales, et environnementales durables. Ainsi, dans ce contexte de crise, il semble que le gouvernement français profite de l’impossibilité de toute forme de contestation citoyenne et de l’instauration de l’état d’urgence pour poursuivre ses réformes anti-sociales, qui reviennent sur des acquis sociaux et démocratiques fondamentaux. 

    Dans le contexte particulier du confinement, où tout rassemblement, toute manifestation ou assemblée générale est empêché, aucun mouvement de grève ou de contestation de grande ampleur ne peut-être initié. Cette inertie politique forcée laisse un boulevard à l’exécutif, qui profite maintenant du statut législatif d’exception de l’état d’urgence pour imposer par le haut ses injonctions néolibérales. 

    S’il est encore impossible de connaître précisément l’impact général de la pandémie, il est évident que le gouvernement Macron semble s’engager vers le modèle d’une « stratégie du choc », bien plus que vers un plan de relance économique. 

    En l’absence d’organisation de tout contre-pouvoir citoyen, seules demeurent la capacité à s’informer, à interagir, et à s’indigner, même de façon dématérialisée, contre la disparition des acquis sociaux. La « stratégie du choc » est encore réversible, car un autre modèle est possible, loin de cet avenir social et environnemental désastreux qui nous est promis. 

    SOURCE : http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2020/04/loi-urgence-coronavirus-macron-tente-t-il-le-coup-d-etat-social.html 

     

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    En 2018, on pouvait fabriquer 200 millions

    de masques par an en France

    En 2018, on pouvait fabriquer 200 millions de masques par an en France


    Il y a moins de deux ans, il existait en France une usine capable de fabriquer 200 millions de masques par an, soit près de 20 millions par mois, grâce à des machines pouvant produire chacune 4.000 masques à l’heure. Pourquoi cette usine, située à Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, a-t-elle fermé fin 2018 ? Jeudi 26 mars, l’Union syndicale Solidaires du département a publié un communiqué dénonçant un « scandale d’État », et réclamant une remise en route du site industriel.

    Que s’est-il passé exactement ? L’histoire de cette entreprise bretonne nous est racontée par Ouest-France. Vieille de près de cinquante ans, l’entreprise de fabrication de masques Sperian a été achetée en 2010 par la multinationale Honeywell. La santé de l’entreprise était alors florissante : entre 2006 et 2009, dans le sillage du Sras puis du virus H1N1, le gouvernement français avait commandé pour 80 millions d’euros de masques respiratoires au fabricant breton, dont les fameux FFP2. Celui-ci avait alors investi dans deux nouvelles lignes et recruté jusqu’à 280 salariés à Plaintel, pour atteindre une capacité de production de 250 millions de masques par an.

    En 2010, les salariés ont vu d’un mauvais œil le rachat de leur usine par le géant étasunien, et s’en sont même inquiétés auprès de la Commission européenne. Dès 2011, l’activité de l’usine a ralenti car l’État français n’a pas renouvelé ses commandes de masques. Au même moment, un gros client a interrompu son contrat et un premier plan social était lancé. Sept ans et quatre plans de réduction d’effectifs plus tard, Honeywell a fermé le site de Plaintel, en septembre 2018, délocalisé la production de masques de protection en Tunisie, et licencié 38 salariés. Cerise sur le gâteau, en novembre 2018, la plupart des machines ont été envoyées chez le ferrailleur. La direction avait alors justifié cette fermeture « pour rationaliser nos opérations mondiales et mieux servir [ses] clients ».

    « Ils ont détruit des machines ultraperformantes et viré un personnel hypercompétent, accuse Serge Le Quéau, syndicaliste à Solidaires, joint par ReporterreOn a fermé la principale usine de fabrication de masques hospitaliers de France, pour des questions de rentabilité, et aucun responsable politique n’a levé le doigt pour s’opposer à la fermeture d’un site stratégique pour la sécurité sanitaire. » À l’époque, la fermeture s’est faite « dans un silence assourdissant », dit-il encore. En 2018, les sections CGT et CFDT de l’usine de Plaintel s’étaient même adressées à Emmanuel Macron et au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. En vain.

    Pour l’union syndicale Solidaires des Côtes-d’Armor, « la fermeture de l’usine Honeywell de Plaintel et la destruction de ses outils de production, comme l’inaction des autorités publiques, représentent un scandale qui doit être dénoncé ». Pour le sénateur du Morbihan Joël Labbé, « une fois la crise passée, il faudra, dans le cadre des enquêtes parlementaires, se pencher sur cette fermeture, symbolique de l’inconséquence des décisions politiques prises ces dernières années ».

    Solidaires a également proposé que « le site industriel de fabrication de masques de protection sanitaire soit récréé en urgence sous un statut d’établissement public industriel et commercial (Epic) ou sous la forme d’une société coopérative ouvrière de production (Scop) ». Pour Michèle Lecouturier, ancienne déléguée CFDT à Plaintel, contactée par Reporterre« il n’est pas possible à court terme de relancer l’usine, notamment parce que les machines ont été détruites ». Mais à moyen terme, l’idée d’une relance lui paraît « souhaitable » : « Sans avoir une forte production, ça permettrait d’avoir une continuité dans la fabrication de ces masques qui pourraient à tout moment être vendus ou cédés au milieu médical, dit-elle. Les salariés avaient beaucoup d’années dans l’entreprise, donc un savoir-faire important, et certains seraient prêts à reprendre du service. »

    SOURCE : https://reporterre.net/En-2018-on-pouvait-fabriquer-200-millions-de-masques-par-an-en-France
     

    Production de masques et capitalisme : le scandale Honeywell, entreprise de Plaintel (22) - Des syndicalistes de la CGT et de Solidaires dénoncent

     

    En 2018, on pouvait fabriquer 200 millions de masques par an en France

     

    L’entreprise de fabrication de masques HONEYWELL a d’abord commencé par réduire ses effectifs au fil des années à Plaintel (au sud de Saint Brieuc 22). En 2018 (et pas en 2020), ce groupe a licencié ses ouvrier.e.s (38) pour délocaliser en Tunisie afin de faire encore plus de profit à partir d’une main d’oeuvre moins chère ! 

    Elle a fait de même pour une autre usine à Condé sur Noireau au profit de la Roumanie, pays ou l’on travaille le plus en Europe, en moyenne 2000 heures par an environ au lieu de 1600 environ en France (cf carte européenne du volume de travail salarié) . 

    Là ou le volume de travail imposé aux travailleurs et travailleuses est très élevé il devient très pénible et très excessif tout à la fois de bien travailler et de bien vivre. Il y a un cercle vicieux du travaillisme (soit faire travailler plus celles et ceux qui travaillent déjà 35 heures hebdomadaires). C’est pire encore si au travaillisme s’ajoutent les bas salaires. Avec ce cumul du négatif, on est alors dans une forte exploitation de la force de travail. Il y a alors besoin de syndicats dignes de ce nom pour s’y opposer, pour la réduire au maximum. Autrement dit, il va s’agir de lutter sur deux plans (à minima) : – travailler moins (RTT à moins 35 heures hebdo) et pour être payé à l’identique, (voir plus si sur-exploité avant). Il y a, bien sûr, à être vigilant sur d’autres aspects. 

    Cette exploitation renforcée ne tombe pas du ciel ! On voit que les territoires à durée de travail supérieure (à la France) avec des salaires inférieurs sont vus comme des paradis extrêmement séduisants pour les exploiteurs capitalistes obsédés de gros profits à accumuler. La logique capitaliste mondialisée excuse et banalise cette forme d’immoralité. Et plus encore avec la financiarisation des entreprises et des économies. C’est toute une rationalité – dite néolibérale – qui est à contester ! 

    A Plaintel, il y a eu cette même logique de profit capitaliste qui écrase toute autre considération, tant le souci des bonnes conditions de vie des ouvriers et ouvrières que le souci de mise à disposition assurée d’un bien-marchandise que l’on sait à forte valeur d’usage en mars 2020 mais qu’on aurait du conserver en 2018 comme bien nécessaire au service public de la santé. 

    Dans ce monde-là (capitalisme mondialisé et financiarisé), les salarié.e.s souffrent au travail car on y fait trop d’heures pour des salaires modestes et souffrent encore d’en sortir et d’être au chômage car ils-elles ne perçoivent, soit plus rien, soit très peu ! Cercle vicieux encore, dont on doit sortir ! Syndiquez-vous ! 

    Reprenons l’activité à Plaintel – voire ci-dessous en fin de communiqué – avec une RTT à 32 heures et de bons salaires car ce serait alors une entreprise modèle au plan social et au plan du bien-marchandise produit. 

    Christian DELARUE (militant CGT – indecosa) et Serge LE QUEAU (SUD SOLIDAIRES 22) sont militants à ATTAC France 

    SOURCE : http://amitie-entre-les-peuples.org/CAPITALISME-HONEYWELL-et-PRODUCTION-de-MASQUES-en-Bretagne

     

    Que se cache-t-il derrière la fermeture de l’usine Honeywell de Plaintel ? Un scandale d’Etat ! 

     

    Fin 2018 le groupe multinational américain Honeywell fermait son site de production industriel de Plaintel pour le délocaliser en Tunisie licenciant en même temps 38 salarié(es). Cette entreprise, créée il y a une cinquantaine d’années et qui compta jusqu’à 300 salarié(es) avant son rachat en 2010 par Honeywell, au groupe Spirian fabriquait des masques respiratoires jetables et des vêtements de protections sanitaires en quantité considérable. Sa production était de 200 millions de masques par an, soit près de 20 millions par mois, fabriqués sur des machines ultras-modernes pouvant produire chacune 4000 masques à l’heure. 

    Non contente de faire appel aux aides de l’Etat pour financer les huit plans sociaux que la multinationale Honeywell à mis en œuvre pour se débarrasser de ses salariés, Honeywell a pris la décision irresponsable en novembre 2018 de détruire ses huit machines en les faisant concasser par la déchetterie située sur la zone industrielle des Châtelet à Ploufragan. 

    Les sections syndicales Cgt et Cfdt de l’usine de Plaintel avaient à l’époque, lancé un cri d’alarme pour empêcher la fermeture du site et la destruction de leur outil de production. Elles avaient multiplié les actions et les démarches pour éviter le pire. Elles s’étaient même adressées au Président de la République Emmanuel Macron et au Ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Mais ces derniers ce sont contentés d’accuser réception de leurs courriers mais se sont bien gardés d’intervenir. Ils pensaient sans doute en bon libéraux, qu’une intervention de l’Etat ne servirait à rien, puisque que dans un monde mondialisé et heureux, la main invisible du marché finirait par montrer son efficience pour préserver l’intérêt général. 

    Aujourd’hui, le retour au réel est brutal et c’est avec stupeur que le pays tout entier découvre avec la catastrophe sanitaire du coronavirus qu’il ne possède pratiquement pas de stocks de masques, pourtant indispensables pour protéger les personnels soignants, l’entourage des malades et tous les salarié(es) obligé(es) de travailler pour éviter que le pays tout entier ne s’écroule. Pour l’union syndicale Solidaires des Côtes d’Armor, la fermeture de l’usine Honeywell de Plaintel et la destruction de ses outils de production, comme l’inaction des autorités publiques représentent un scandale qui doit être dénoncé. La chaine des responsabilités dans cette affaire doit aussi être mise en lumière.  

    Les Dirigeants d’Honeywell et les autorités de l’Etat doivent aujourd’hui rendre des comptes au pays. D’ores et déjà Solidaires a demandé à plusieurs Parlementaires de la Région d’interpeller le Gouvernement sur ce scandale.  

    Solidaires propose également que le site industriel de fabrication de masques de protection sanitaire de Plaintel soit récréé en urgence sous un statut d’Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) ou sous la forme d’une Société Coopérative Ouvrière de Production (SCOOP). Le personnel compétent et disponible existe et ne demande que cela. De l’argent il y en a. La Banque Centrale Européenne vient de débloquer 750 milliards de liquidités. Que cet argent soit mis en priorité au service de l’urgence sanitaire et de l’intérêt général, plutôt que de laisser aux seules banques privées le privilège de le prêter ou pas. 

    Saint Brieuc le 26 mars 2020.
    Le Bureau Départemental de Solidaires des Côtes d’Armor
     

    SOURCE : https://solidaires.org/Que-se-cache-t-il-derriere-la-fermeture-de-l-usine-Honeywell-de-Plaintel-Un

     

    L’entreprise de fabrication de masques HONEYWELL a d’abord commencé par réduire ses effectifs au fil des années à Plaintel (au sud de Saint Brieuc 22). En 2018 (et pas en 2020), ce groupe a licencié ses ouvrier.e.s (38) pour délocaliser en Tunisie afin de faire encore plus de profit à partir d’une main d’oeuvre moins chère !

    Elle a fait de même pour une autre usine à Condé sur Noireau au profit de la Roumanie, pays ou l’on travaille le plus en Europe, en moyenne 2000 heures par an environ au lieu de 1600 environ en France (cf carte européenne du volume de travail salarié).

    Là ou le volume de travail imposé aux travailleurs et travailleuses est très élevé il devient très pénible et très excessif tout à la fois de bien travailler et de bien vivre. Il y a un cercle vicieux du travaillisme (soit faire travailler plus celles et ceux qui travaillent déjà 35 heures hebdomadaires). C’est pire encore si au travaillisme s’ajoutent les bas salaires. Avec ce cumul du négatif, on est alors dans une forte exploitation de la force de travail. Il y a alors besoin de syndicats dignes de ce nom pour s’y opposer, pour la réduire au maximum. Autrement dit, il va s’agir de lutter sur deux plans (à minima) : – travailler moins (RTT à moins 35 heures hebdo) et pour être payé à l’identique, (voir plus si sur-exploité avant). Il y a, bien sûr, à être vigilant sur d’autres aspects.

    Cette exploitation renforcée ne tombe pas du ciel ! On voit que les territoires à durée de travail supérieure (à la France) avec des salaires inférieurs sont vus comme des paradis extrêmement séduisants pour les exploiteurs capitalistes obsédés de gros profits à accumuler. La logique capitaliste mondialisée excuse et banalise cette forme d’immoralité. Et plus encore avec la financiarisation des entreprises et des économies. C’est toute une rationalité – dite néolibérale – qui est à contester !

    A Plaintel, il y a eu cette même logique de profit capitaliste qui écrase toute autre considération, tant le souci des bonnes conditions de vie des ouvriers et ouvrières que le souci de mise à disposition assurée d’un bien-marchandise que l’on sait à forte valeur d’usage en mars 2020 mais qu’on aurait du conserver en 2018 comme bien nécessaire au service public de la santé.

    Dans ce monde-là (capitalisme mondialisé et financiarisé), les salarié.e.s souffrent au travail car on y fait trop d’heures pour des salaires modestes et souffrent encore d’en sortir et d’être au chômage car ils-elles ne perçoivent, soit plus rien, soit très peu ! Cercle vicieux encore, dont on doit sortir ! Syndiquez-vous !

    Reprenons l’activité à Plaintel – voire ci-dessous en fin de communiqué – avec une RTT à 32 heures et de bons salaires car ce serait alors une entreprise modèle au plan social et au plan du bien-marchandise produit.

    Christian DELARUE (militant CGT – indecosa ) et Serge LE QUEAU (SUD SOLIDAIRES 22) sont militants à ATTAC France

    SOURCE : http://amitie-entre-les-peuples.org/CAPITALISME-HONEYWELL-et-PRODUCTION-de-MASQUES-en-Bretagne

     

    Que se cache-t-il derrière la fermeture de l’usine Honeywell de Plaintel ? Un scandale d’Etat ! 

    Fin 2018 le groupe multinational américain Honeywell fermait son site de production industriel de Plaintel pour le délocaliser en Tunisie licenciant en même temps 38 salarié(es). Cette entreprise, créée il y a une cinquantaine d’années et qui compta jusqu’à 300 salarié(es) avant son rachat en 2010 par Honeywell, au groupe Spirian fabriquait des masques respiratoires jetables et des vêtements de protections sanitaires en quantité considérable. Sa production était de 200 millions de masques par an, soit près de 20 millions par mois, fabriqués sur des machines ultras-modernes pouvant produire chacune 4000 masques à l’heure.

    Non contente de faire appel aux aides de l’Etat pour financer les huit plans sociaux que la multinationale Honeywell à mis en œuvre pour se débarrasser de ses salariés, Honeywell a pris la décision irresponsable en novembre 2018 de détruire ses huit machines en les faisant concasser par la déchetterie située sur la zone industrielle des Châtelet à Ploufragan.

    Les sections syndicales Cgt et Cfdt de l’usine de Plaintel avaient à l’époque, lancé un cri d’alarme pour empêcher la fermeture du site et la destruction de leur outil de production. Elles avaient multiplié les actions et les démarches pour éviter le pire. Elles s’étaient même adressées au Président de la République Emmanuel Macron et au Ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Mais ces derniers ce sont contentés d’accuser réception de leurs courriers mais se sont bien gardés d’intervenir. Ils pensaient sans doute en bon libéraux, qu’une intervention de l’Etat ne servirait à rien, puisque que dans un monde mondialisé et heureux, la main invisible du marché finirait par montrer son efficience pour préserver l’intérêt général.

    Aujourd’hui, le retour au réel est brutal et c’est avec stupeur que le pays tout entier découvre avec la catastrophe sanitaire du coronavirus qu’il ne possède pratiquement pas de stocks de masques, pourtant indispensables pour protéger les personnels soignants, l’entourage des malades et tous les salarié(es) obligé(es) de travailler pour éviter que le pays tout entier ne s’écroule. Pour l’union syndicale Solidaires des Côtes d’Armor, la fermeture de l’usine Honeywell de Plaintel et la destruction de ses outils de production, comme l’inaction des autorités publiques représentent un scandale qui doit être dénoncé. La chaine des responsabilités dans cette affaire doit aussi être mise en lumière. Les Dirigeants d’Honeywell et les autorités de l’Etat doivent aujourd’hui rendre des comptes au pays. D’ores et déjà Solidaires a demandé à plusieurs Parlementaires de la Région d’interpeller le Gouvernement sur ce scandale. Solidaires propose également que le site industriel de fabrication de masques de protection sanitaire de Plaintel soit récréé en urgence sous un statut d’Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) ou sous la forme d’une Société Coopérative Ouvrière de Production (SCOOP). Le personnel compétent et disponible existe et ne demande que cela. De l’argent il y en a. La Banque Centrale Européenne vient de débloquer 750 milliards de liquidités. Que cet argent soit mis en priorité au service de l’urgence sanitaire et de l’intérêt général, plutôt que de laisser aux seules banques privées le privilège de le prêter ou pas.

    Saint Brieuc le 26 mars 2020.
    Le Bureau Départemental de Solidaires des Côtes d’Armor

    SOURCE : https://solidaires.org/Que-se-cache-t-il-derriere-la-fermeture-de-l-usine-Honeywell-de-Plaintel-Un 

     

     

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    Thérèse Brel, la femme de Jacques Brel

     est morte

     

    Thérèse Brel, la femme de Jacques Brel est morte

     

    Thérèse Brel, l'épouse de Jacques Brel, est morte dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 93 ans. Celle que l'on surnommait "Miche" avait rencontré le chanteur en 1947 avant de l'épouser trois ans plus tard. Ils auront eu trois enfants ensemble.

    Elle s'en est allée rejoindre son mari. Thérèse Brel, la femme de Jacques Brel, est décédée dans la nuit de lundi à mardi, nous apprend le journal belge L'Avenir. Elle avait 93 ans. Le quotidien ne précise pas les raisons de la mort de l'épouse du célèbre chanteur, surnommée "Miche". Thérèse Michielsen, de son nom de jeune fille, secrétaire de profession, avait rencontré Jacques Brel en 1947, bien avant que le chanteur devienne une énorme célébrité, dans un mouvement de jeunesse catholique, la Franche Cordée. « Quel est ce farfelu qui remuait énormément d'air autour de lui ? A un moment donné, après quelques réunions où il était là, j'ai dit "si ce type vient encore, moi je ne viens plus"... Ça s'est terminé autrement » se souviendra-t-elle avec tendresse des années plus tard.
     

    Le couple aura trois enfants


    Les deux amoureux se marieront en 1950 et Thérèse Brel donnera naissance à trois filles : Chantal (née en 1951 et décédée en 1999), France (née en 1953) et Isabelle (née en 1958). Jacques Brel quittera sa Belgique natale pour venir s'installer à Paris au moment où il était en pleine gloire. De son côté, Thérèse restera élever ses enfants dans "Le Plat Pays". Si les infidélités de l'interprète de "Amsterdam" sont connues - on lui prête des relations avec Danièle Evenou, Annie Girardot ou l’actrice Maddly Bamy avec qui il a vécu une idylle jusqu'à sa mort en 1978 - Thérèse Brel n'a jamais voulu divorcer. Elle restera d'ailleurs l'unique épouse du chanteur.

      

    Miche raconte sa rencontre avec Jacques Brel :

     

    ​​


     

    Ecoutons une fois encore l’une des plus belles chansons de Jacques Brel :

     

    " Quand on a que l’amour "

     

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    Le pire des islamophobes français Zemmour prend ses rêves pour des réalités… Il espère une guerre civile contre les amis musulmans… Mais s’il y a une vermine à mettre en prison c’est d’abord lui, ainsi il pourrait fermer sa gueule, comme le dit si bien Patrick Sébastien dans sa chanson que vous entendrez à la fin.

    Le journaliste xénophobe Eric Zemmour prédit

    une guerre civile en France

    Le journaliste xénophobe Eric Zemmour prédit une guerre civile en France

    Par Sarah L. – Le polémiste français Eric Zemmour prédit une guerre civile en France. «Je pense qu’il va y avoir des sécessions et donc des affrontements, ce que vous appelez la guerre civile», a affirmé le journaliste sur la chaîne israélienne francophone i24. Pour lui, ce qui va arriver en France est pire que ce que prédit l’écrivain Michel Houellebecq. «Houellebecq est malin, il s’arrête en route et dit que ça va bien se passer», a ironisé l’auteur de Mélancolie française, avant d’ajouter : «Moi je pense que ce sera beaucoup plus sanglant que ce que dit Houellebecq parce que l’histoire est tragique.»

    Eric Zemmour pense que le président français, Emmanuel Macron, a «compris» que les choses se corsent en France et que la situation peut dégénérer. Il en veut pour preuve le fait que toutes les informations, «jusqu’au moindre délit», parviennent désormais jusqu’à l’Elysée. Le journaliste politique, connu pour sa xénophobie et son islamophobie, rapporte les propos d’un proche conseiller de l’ancien président socialiste François Hollande qui lui confiait que «lorsqu’on voit toutes ces fiches qui arrivent, on a l’impression d’être dans un pays en guerre». «Vous vous souvenez de Hollande qui, en quittant la place Beauvau (siège du ministère français de l’Intérieur, ndlr), dit que tout ça finirait par une guerre civile, les gens côte à côte finiront face à face», a-t-il fait remarquer.

    «Le Président voit tous les jours les choses terrifiantes qui se passent dans les quartiers dits sensibles, interdits, etc.», argue Eric Zemmour qui affirme que Macron «a pris conscience mais ne fera rien», estimant que le pouvoir en France est «dur contre les Gilets jaunes et mou contre les banlieues», en réponse à une question sur la mobilisation de l’armée pour intervenir lors des manifestations houleuses organisées à travers de nombreuses villes françaises tous les samedis et qui se soldent par des heurts, des saccages et des pillages. «C’est toujours la même chose et cela fait des années que ça dure parce qu’on a peur des affrontements, parce qu’on a peur de la mort, parce qu’on a peur de l’image de la France», a-t-il conclu.

    Eric Zemmour incite clairement à une intervention musclée contre la communauté musulmane concentrée dans les banlieues françaises, abandonnées et déshéritées, et brandit le spectre de la guerre civile pour exacerber le sentiment de haine envers les Maghrébins et les Algériens tout particulièrement.

    SOURCE : https://www.algeriepatriotique.com/2019/04/21/le-journaliste-xenophobe-eric-zemmour-predit-une-guerre-civile-en-france/

     

     

     

    Et maintenant voici ERIC ZEMMOUR GIFLÉ 

    PAR BENJAMIN STORA 


     

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ

     PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    Benjamin Stora pour avoir rétabli la vérité

    dans la vidéo à la fin

    Ainsi que le témoignage suivant :

     

    5 Juillet 1962, après 132 ans de colonisation française, 90% du peuple algérien était analphabète, un peuple réduit à la clochardisation, une seule université à Alger à l’usage presque exclusif des Français de souche Européenne, très peu d’écoles, de collèges et de lycées, la grande majorité du peuple algérien en était réduit à vivre dans des gourbis et à tenter de cultiver les terres les plus pauvres et encore je ne vous dis pas tout mais petit rectificatif pour Zemmour : en 1830 il y avait bien plus de 2 millions d’habitants, la preuve ? la voici : à travers le rapport qu’a fait le criminel de guerre Bugeaud à sa hiérarchie en 1842, soit 12 ans seulement après le début de l’invasion de l’Algérie " Je peux vous affirmer que depuis le début de notre arrivée en Algérie notre armée a tué plus de 3 millions d’Arabes " ! Alors Zemmour ? Qui dit vrai, vous ou bien celui qui était à la manoeuvre le criminel de guerre Bugeaud ? L’Algérie est indépendante depuis 57 ans et les Algériens sont loin de regretter la présence de la France et de ses pieds-noirs qui ont parasité leur pays durant 132 trop longues années !

     

     

     

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  • Annie Ernaux, écrivaine, fidèle à ses convictions en faveur de la justice sociale et de la paix, s'adresse au président de la république.

    Annie Ernaux, écrivaine, fidèle à ses convictions

    en faveur de la justice sociale et de la paix,

    s'adresse au président de la république. Merci

    à elle de dire ce qu'on est nombreux à penser.

    Annie Ernaux, écrivaine, fidèle à ses convictions en faveur de la justice sociale et de la paix, s'adresse au président de la république.

    Cergy, le 30 mars 2020

    Monsieur le Président,

    « Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie.

    Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre.

    Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd’hui.

    Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays : les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.

    Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause.

    Un temps pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité.

    Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » - chanson, encore, d’Alain Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

    Annie Ernaux

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    Coronavirus : Zemmour parvient à faire un lien avec les musulmans

    Coronavirus : Zemmour parvient à faire un lien

    avec les musulmans

    Coronavirus : Zemmour parvient à faire un lien avec les musulmans

     

    L’islamophobie zemmourienne ne connaît pas de répit y compris en période de pandémie de coronavirus. Dans son émission quotidienne, l’obsessionnel  Zemmour  constate avec une certaine excitation que   le  confinement  n’est pas respecté par des “africains”, ce qui signifie musulman dans l’esprit borné et  raciste  du  bateleur haineux de LCI.   Il prend comme exemple  la ville de  Nogent-sur-Oise  où les habitants, selon  ce pitre plusieurs fois condamné pour “provocation à la discrimination, à la haine”,   affirment  que le coronavirus  “c’est une maladie de Blancs, qu’ils sont protégés par Allah”. Quelle est la source du postillonnant  Zemmour?  On espère  par ailleurs que la distanciation sociale  est respectée avec la présentatrice présente sur le plateau qui risque gros en ces temps de coronavirus.  La fameuse  source de  Zemmour est un  policier qu’il aurait eu au téléphone. Dans  quelques jours, le venimeux  Zemmour  va nous expliquer qu’il a eu un épidémiologiste sur son smartphone,  qui lui a démontré  preuves à l’appui,  que le coronavirus vient de la viande halal consommée en grande quantité par les mahométans.

     

    Passage à partir de 3″30

     

    SOURCE : https://oumma.com/coronavirus-zemmour-parvient-a-faire-un-lien-avec-les-musulmans/?utm_medium=oumma&utm_source=pushnotification&utm_campaign=pushnotification 

     

    J’espère que cette vermine

     

    islamophobe sera

     

    condamnée une fois de plus

     

    au mois de mai prochain

     

    mais en raison

     

     

    du confinement

     

    il n'est pas impossible

     

    que son procès

     

    soit repoussé

     

     

    pour la seconde fois

     

     

    Coronavirus : Zemmour parvient à faire un lien avec les musulmans

     

     

     

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  • De quelle guerre parlons-nous

    M. le Président ? 

    De quelle guerre parlons-nous M. le président ?

    Deux semaines après le début d’un difficile mais nécessaire confinement, les interrogations se multiplient sur les causes et conséquences d’un désastre sanitaire au long cours. S’il était suivi, l’appel à « l’union sacrée » permettrait de faire silence sur les responsabilités et imprévoyances dans la crise actuelle et, plus encore, sur les suites que le pouvoir compte lui donner.

    Certes, endiguer une telle pandémie n’est pas chose facile. Mais de pressantes questions demeurent. La guerre que prétend mener le président vise-t-elle à lutter contre l’austérité qui a conduit l’hôpital public à l’asphyxie, au cruel manque de masques, de tests, et de lits pour les assistances respiratoires ? Une guerre contre les doctes technocrates qui ont sabré la recherche publique, une guerre contre le système financier qui montre une nouvelle fois sa nocivité et son incapacité à agir dans le sens de l’intérêt général ? Et, que dire de cette Cours des comptes invitant à intervalles réguliers à sabrer dans les services publics.

    Les décisions et ambiguïtés gouvernementales plaident plutôt en faveur de la poursuite d’une guerre économique à l’intensité rehaussée pour garantir les intérêts du système capitaliste et de ceux qui le servent. Les valses hésitations du pouvoir sur l’attitude à adopter trahissent son dilemme : comment garantir les intérêts du capital national tout en évitant une catastrophe sanitaire ? L’équation n’est pas simple à résoudre et ce nouvel « en même temps », se fracasse sur la réalité des inégalités. Car les travailleurs, majoritairement ouvriers et employés n’ont aucun intérêt à monter au front d’une guerre qui n’aurait dès lors plus rien de sanitaire, mais viserait à préserver le taux de profit des grandes entreprises plongées dans le bain de la concurrence internationale.

    L’Italie qui devance la France de quelques jours dans la tragédie a pris la décision, après des mouvements de grève spontanés, d’arrêter toute activité « non indispensable ». Ce choix courageux risque de plonger la péninsule dans une crise économique redoublée si l’Union européenne persiste à rester la gardienne des absurdes dogmes libéraux. Et si le peuple italien venait à être sacrifié à l’autel de la stabilité monétaire, les institutions européennes commettraient un irréparable forfait.

    Dès aujourd’hui, l’utilisation des fonds débloqués par la Banque centrale européenne doit être contrôlée par les élus et par les travailleurs. Ce n’est ni aux banques ni aux fonds financiers de décider. Ce sont les travailleurs qui sont au front. Ils doivent avoir voix au chapitre.

    Comme souvent lors de crises de cette ampleur, se dessine en traits saillants l’affrontement entre le travail et le capital. Ces moments appellent à la vigilance et à la mobilisation, car ils sont précisément ceux où les classes possédantes cherchent à renforcer leurs positions.

    C’est ainsi que gouvernement institue une état d’urgence sociale et sanitaire qui, entre autre mesures, déroge au code du travail pour donner plein pouvoir aux employeurs sans durée limitée. Ces derniers pourront à loisir imposer aux salariés des jours de RTT et des semaines de travail bien supérieures aux 35h légales.

    Les nombreuses fois où les classes possédantes ont failli dans l’histoire de France, les travailleurs ont toujours su consentir à des efforts colossaux. Mais au prix d’une contrepartie qui posait les termes d’un compromis en faveur du monde du travail. Le gouvernement n’y semble pas prêt. La logique voudrait pourtant qu’après cette crise, il renonce définitivement à la casse du système de retraite, de l‘assurance chômage et aux coups de canifs contre la Sécurité sociale et les services publics.

    Les travailleurs répondront, comme ils ont toujours su le faire, au redressement du pays. Mais ils refuseront d’être les variables d’ajustement de la guerre économique. Ce moment de crise est aussi moment de vérité. Il doit pousser à l’audace les forces de transformation pour émanciper le peuple et les travailleurs des logiques terrifiantes qui les assaillent. 

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    ENORME Coup de Gueule

     

    du Dr Christophe Prudhomme

     

    vs un pitoyable C. Barbier Chien de Garde de Macron

     

    ENORME Coup de Gueule  du Dr Christophe Prudhomme  vs un pitoyable C. Barbier Chien de Garde de Macron

     

    Face à l'incurie désastreuse du gouvernement Macron / Philippe, le REQUISITOIRE EFFROYABLE du Dr Christophe PRUDHOMME urgentiste du SAMU 93 et porte-parole de l'Association des Médecins Urgentistes de France. 

    Enfin !!! Bravo et merci au docteur Prudhomme. Les propos d’un homme de terrain confronté aux discours policés des plateaux télé. Et aussi ce plaisir délicieux de voir ce Christophe Barbier qui, en soutien des gouvernants, confond politique et économie (ultra-libérale) SE FAIRE MOUCHER à deux reprises.

    ENORME Coup de Gueule  du Dr Christophe Prudhomme  vs un pitoyable C. Barbier Chien de Garde de Macron

    Vous verrez les propos du sinistre Barbier ont été mis en accéléré, sans doute ont-ils eu honte de ce qu’il bave le chien de garde de Macron mais finalement ça passe tellement mieux en accéléré, enfin l'autre et son écharpe rouge même en accéléré il donne mal à la tête. 

     

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    Pandémie et socialisme : une magistrale leçon

     

    politique !

     

    Pandémie et socialisme : une magistrale leçon politique !

     

    Des démocraties occidentales décomposées, au bord de l'implosion sanitaire, incapables de faire face à l'épidémie alors que nous n'en sommes qu'au début, et dont les dirigeants versatiles nous disaient en janvier qu'il n'y avait aucun problème, en février que ce n'était qu'une mauvaise grippe, et début mars qu'il fallait aller voter et nous agglutiner en chœur sur les terrasses des bistrots.

    Des dirigeants occidentaux qui comptent sur une immunité collective synonyme d'extermination de nos aînés pour éteindre l'épidémie, mais qui se gardent bien de le dire et invoquent une guerre qu'ils ont déjà perdue faute de vouloir la gagner ; des incompétents et des corrompus vendus à Big Pharma qui répugnent à admettre des résultats qui semblent faire leurs preuves et qui méritent d'être testés de façon massive ; qu’il s’agisse du confinement, du dépistage ou du traitement, une indécision et une cacophonie qui donnent l’impression qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion.

    Sous les projecteurs de curieux médecins qui, faute d'aller au front en blouse blanche, passent leur temps à pérorer sur les plateaux télé en compagnie de crapules journalistiques dont la vilenie transpire dans le moindre de leurs propos ; loin des projecteurs, en revanche, des personnels soignants qui se battent héroïquement sous le mépris de cette classe dominante qui a exigé le démantèlement de l'hôpital public pour accroître ses profits.

    Un système de soins qui faisait la fierté de la nation, et qu'on a sacrifié sur l'autel du capital à coups de réformes néo-libérales ; une sécurité sociale exemplaire créée par les communistes en 1945, qui a sauvé des millions de vies, mais que l'oligarchie a démantelée au détriment de la santé publique ; un abandon massif des populations à la logique du profit individuel, aujourd'hui, quand il faudrait mobiliser l'esprit de solidarité et saisir fermement les richesses là où elles se trouvent.

    Un échec patent, une incurie massive des soi-disant démocraties devant les défis que nous lance cette pandémie qui n'est pas la première et qui ne sera pas la dernière ; le désarmement unilatéral des populations les plus fragiles devant la maladie orchestré par des gouvernements qui ont livré le peuple de France à ses pires ennemis ; qui l'ont offert en pâture à une oligarchie qui vendrait sa mère pour épaissir son portefeuille dans le but illusoire de remplir une existence vide et plongée, comme dit Marx, "dans les eaux glacées du calcul égoïste".

    A l'autre bout du monde, des Chinois vilipendés sans relâche par nos médias, calomniés sans vergogne par les dirigeants des Etats-Unis, alors qu'ils ont tout fait pour juguler l'épidémie, en deux mois, sous l'égide d'un Etat pour qui la santé publique est une priorité nationale et la solidarité autre chose qu'un slogan de campagne électorale sponsorisée par des banquiers d'affaires ; des puissances asiatiques qui réussissent à endiguer le mal en mobilisant des moyens colossaux, s'appuyant sur des valeurs collectives qui n'y ont pas subi comme chez nous le laminage néolibéral ; un pays immense, la Russie, qui a réussi à contenir la progression de l’épidémie sur le sol national.

    Des équipes médicales chinoises, cubaines, vénézuéliennes et russes qui volent au secours de l'Italie, pays européen trahi par ses partenaires ; une Union européenne dont l'inutilité est patente, l'impuissance pathétique, le délabrement exposé au regard de tous dans cette incapacité à faire jouer le moindre mécanisme de solidarité ; des médecins cubains autorisés à intervenir en Martinique, véritable camouflet pour une grande puissance capitaliste contrainte d'appeler à la rescousse le seul Etat socialiste de la Caraïbe.

    Ce même pays, Cuba, qui contient l'épidémie en mobilisant un système de santé exemplaire, loué par l'OMS, et qui vaut au peuple cubain une espérance de vie de 80 ans, désormais supérieure à celle des Etats-Unis ; la réussite incontestable, donc, des pays dotés d'un Etat fort, souverain et soucieux de la santé publique ; des Etats prêts à consentir un ralentissement de la croissance, s'il le faut, pour sauver des vies humaines ; tandis que les dirigeants occidentaux font le choix inverse, au risque de sacrifier à la fois l'économie et la santé, au bout du compte, en laissant la situation empirer.

    Une formidable leçon de choses administrée aux peuples, une magistrale leçon politique, en définitive, sur les vertus comparées des soi-disant démocraties qui les abandonnent à leur sort et des soi-disant dictatures qui font tout pour les sauver d'une mort annoncée ; une leçon sur la supériorité du socialisme chinois ou cubain, et pour tout dire du vrai progressisme, sur des régimes qui n'ont que les droits de l'homme à la bouche, mais qui font comme si la pandémie était l'effet de lois naturelles et ont les yeux rivés sur les cours de la Bourse pendant que se poursuit l'hécatombe.

    Pandémie et socialisme : une magistrale leçon politique !

    Article écrit par Bruno Guigue ancien élève de l’Ecole normale supérieure et de l’Ecole nationale d’administration, Bruno Guigue est un ex-haut fonctionnaire français. Chercheur en philosophie politique et analyste politique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident », « Faut-il brûler Lénine?» et « Les Raisons de l’esclavage », publiés chez L’Harmattan. Chroniqueur de politique internationale, il a publié des centaines d’articles diffusés en huit langues par plusieurs dizaines de sites d’information indépendants.

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