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    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ

     PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    ERIC ZEMMOUR GIFLÉ  PAR BENJAMIN STORA

    Benjamin Stora pour avoir rétabli la vérité

    dans la vidéo à la fin

    Ainsi que le témoignage suivant :

     

    5 Juillet 1962, après 132 ans de colonisation française, 90% du peuple algérien était analphabète, un peuple réduit à la clochardisation, une seule université à Alger à l’usage presque exclusif des Français de souche Européenne, très peu d’écoles, de collèges et de lycées, la grande majorité du peuple algérien en était réduit à vivre dans des gourbis et à tenter de cultiver les terres les plus pauvres et encore je ne vous dis pas tout mais petit rectificatif pour Zemmour : en 1830 il y avait bien plus de 2 millions d’habitants, la preuve ? la voici : à travers le rapport qu’a fait le criminel de guerre Bugeaud à sa hiérarchie en 1842, soit 12 ans seulement après le début de l’invasion de l’Algérie " Je peux vous affirmer que depuis le début de notre arrivée en Algérie notre armée a tué plus de 3 millions d’Arabes " ! Alors Zemmour ? Qui dit vrai, vous ou bien celui qui était à la manoeuvre le criminel de guerre Bugeaud ? L’Algérie est indépendante depuis 55 ans et les Algériens sont loin de regretter la présence de la France et de ses pieds-noirs qui ont parasité leur pays durant 132 trop longues années !

     

     

     

     

     

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  • Vente de la maison de Jean Moulin

    à Béziers : la justice donne raison

     à la mairie

    Vente de la maison de Jean Moulin  à Béziers : la justice donne raison à la mairie

    L'association des Amis de maison de Jean Moulin est déboutée.

    PIERRE SALIBA

     

    Le tribunal administratif de Montpellier vient de débouter, ce jeudi 21 septembre, l'association biterroise les Amis de la maison de Jean Moulin. 

    Quinze jours après l'audience au tribunal administratif de Montpellier dans l'affaire opposant la Ville de Béziers et l'association les Amis de la maison de Jean Moulin, autour de la vente d'une partie de l'immeuble où est né le héros de la Résistance, l'affaire est désormais tranchée. La juridiction a en effet décidé de suivre la requête du rapporteur public donnant gain de cause à la municipalité. 

    La cession de la maison en question

    Les juges se sont prononcés sur le fond du dilemme. Pour mémoire, il a démarré lors du conseil municipal du 15 décembre 2015. Après des débats houleux, les élus avaient voté à la majorité la cession, sauf une partie du rez-de-chaussée, de la maison au promoteur immobilier de la société A & F Promotion des frères Arikan pour 600 000 €. A charge pour eux de réhabiliter le bâtiment et de créer un musée au troisième étage, dans l'appartement de la famille Moulin, et ensuite, de le rétrocéder à la municipalité. Cette opération s'appelle une dation. Qui, selon les Amis de la maison de Jean Moulin ne respecterait pas la législation sur les marchés publics.

    L'association devra verser 1 500 € à la Ville

    La décision stipule que "la requête de l'association les Amis de la maison de Jean Moulin est rejetée. Et que l'association devra "verser la somme de 1 500 euros à la commune de Béziers au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

    Robert Ménard : "C'est un procès politique qui a été fait

     à la mairie"

    Robert Ménard, le maire FN de la Ville de Béziers, se dit "satisfait de cette décision. Cela veut dire que les reproches qui étaient fait par l'association sont erronées sur le fond. Ses membres ont déclaré que nous allions tout transformer. Tout cela est faux. On garde tout ce que l'on peut garder du lieu. C'est un procès politique qui est fait à la municipalité. Le souci est que l'association retarde le projet. Et si elle fait appel de la décision, cela voudra dire que ses membres sont bien décidés à ce que l'on ne rende pas hommage comme on devrait le faire à Jean Moulin". Et de reprendre : " Tout est prêt. Le travail des architectes a été fait. Cela est passé devant la commission des Monuments historiques. La façade est protégée, j'en suis ravi, le toit est  protégé, j'en suis ravi. Jean Moulin n'appartient à personne. Il appartient d'abord à la France puis à Béziers puisqu'il est né ici".

    L'association devrait faire appel

    Olivier Guiraud, le président des Amis de la maison de Jean Moulin confiait à chaud : "On s'oriente vraissemblablement vers un appel de la décision. Mais je ne suis pas tout seul à décider. Nous allons nous réunir pour la suite à donner à ce dossier. Le plus important pour nous est que l'appartement soit aujourd'hui classé aux Monuments historiques pour que l'on n'y touche pas".

    SOURCE : http://www.midilibre.fr/2017/09/21/vente-de-la-maison-de-jean-moulin-a-beziers-la-justice-donne-raison-a-la-mairie,1564157.php 

     

    Vente de la maison de Jean Moulin  à Béziers : la justice donne raison à la mairie *** L'association devrait faire appel

    Les révisionnistes avec leur chef Ménard veulent effacer les traces de la Résistance face à la barbarie des nazis

    La Justice devait se prononcer 

    sur des recours  

    contre la municipalité

     de Béziers 

    Béziers : la vente de la maison natale  de Jean Moulin devant la justice

    Béziers : la vente de la maison natale

     de Jean Moulin devant la justice

    Béziers : la vente de la maison natale  de Jean Moulin devant la justice

    L'affaire a été jugée sur le fond le jeudi 7 septembre 2017, devant le tribunal administratif. Une association avait déposé un recours pour s'opposer à la vente par la Ville de la maison du héros de la Résistance.

    Le 15 mars dernier, la commission régionale du patrimoine et des sites a proposé l'inscription au titre des Monuments historiques de l'appartement où est né Jean Moulin, au 6, de la rue d'Alsace. La demande avait été faite par l'association Les Amis de la maison de Jean Moulin, présidée par Olivier Guiraud, ancien avocat biterrois et conseiller municipal sous l'ère Raymond Couderc, aujourd'hui magistrat à Bourges.

    Législation sur les marchés publics

    C'est cette même association qui a déposé un recours, devant le tribunal administratif de Montpellier, pour s'opposer à la vente par la Ville de la maison du héros de la Résistance à la société A & F Promotion des frères Arikan. Elle a été, dans un premier temps, déboutée, par ce même tribunal, pour le sursis à exécution de la délibération du conseil municipal. Les juges avaient estimé qu'il n'y avait pas d'urgence. Le 7 septembre, ils se sont prononcer sur le fond de l'affaire. Nous attendons le délibéré.

    Elle a démarré lors du conseil municipal du 15 décembre 2015. Après des débats houleux, les élus ont voté à la majorité la cession, sauf une partie du rez-de-chaussée, de l'immeuble aux promoteurs pour la somme de 600 000 €. À charge pour eux de réhabiliter le bâtiment et de créer un musée au troisième étage, dans l'appartement de la famille Moulin, puis de le rétrocéder à la Ville. Cela s'appelle une dation.

    Et selon l'association des Amis de la maison de Jean Moulin, cela ne respecte pas la législation sur les marchés publics. En vendant directement à A & F Promotion, également chargée de la réhabilitation avant la rétrocession, la Ville s'exempterait de passer par des appels d'offres.

    Protection du patrimoine

    Au-delà, Olivier Guiraud et les adhérents, veulent surtout préserver ce patrimoine. En mars dernier, il avait d'ailleurs déclaré à Midi Libre : “Il n'y a qu'une maison Jean Moulin, et elle est à Béziers. Le maire dit qu'ils vont garder tout ce qu'ils peuvent, mais ils vont tout casser, même les cheminées, et mettre du GerflexR et des panneaux de bois. Je sais bien que les meubles de cuisine ont changé, ainsi que la salle de bain. Mais les gens veulent voir les mêmes poignées de portes que Jean Moulin, les mêmes plafonds, les mêmes cheminées, le même carrelage. Personne ne viendra voir un appartement refait à neuf.”

    Le président des Amis de la maison de Jean Moulin a, en ligne de mire, le label Maisons des Illustres, créé par le ministère de la Culture et de la Communication. Toutes conservent et transmettent la mémoire de femmes et d'hommes qui les ont habitées et se sont illustrés dans l'histoire politique, sociale et culturelle de la France.

    La position de Robert Ménard est “qu'il faut protéger évidemment l'appartement qui a été celui de la famille de Jean Moulin. C'est bien pour ça que l'on souhaite en faire un lieu de mémoire et qu'on le respectera tel qu'il est. Je sais que l'association qui est à la base de cette démarche n'a aucun souci du lieu. S'ils avaient eu des soucis il fallait s'en occuper avant que nous soyons à la mairie. Ils ne s'en sont jamais occupés. Aujourd'hui, c'est une démarche plus politique que pratimoniale.”

    Raymond Couderc, dans son livre Béziers toujours, paru aux Éditions du Mont, rappelle, lui : “Avant 2011, l'immeuble était habité et pas à vendre (...) j'ai proposé au conseil municipal de préempter en 2011 afin d'en faire un lieu de mémoire et de pédagogie.” Une exposition avait été présentée par Jean Sagnes et Alain d'Amato. Parallèlement, un groupe de réflexion a été constitué avec la Région, le Département, l'Agglo et la Ville, et une démarche engagée en direction de la Fondation du Patrimoine pour la prise en charge financière des travaux à venir.

    SOURCE : http://www.midilibre.fr/2017/09/06/beziers-la-vente-de-la-maison-natale-de-jean-moulin-devant-la-justice,1556764.php#xtor=RSS-5 

    La maison natale de Jean Moulin à Béziers protégée au titre des monuments historiques

    La commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) a proposé ce jour l'inscription au titre des monuments historiques de l'appartement où naquit et vécut Jean Moulin, ainsi que les façades et toitures de l'immeuble.

    À la demande de l'association "Les amis de la maison de Jean Moulin", un dossier de protection a été établi par les services de la direction régionale des affaires culturelles et présenté aux membres de la CRPS, présidée par le préfet de région, réunie aujourd'hui à la Drac Occitanie, en présence de représentants de la ville de Béziers, propriétaire de l'immeuble.

    Jean Moulin est né à Béziers, le 20 juin 1899, dans l’appartement de ses parents, au 3e étage de l’immeuble sis au 6, de la rue d’Alsace, à proximité de l’ancien Champ de Mars, dans le faubourg est de la ville.

    Après débat, la commission a fait valoir l'importance nationale du caractère mémoriel de ce lieu qui va bien au-delà des critères d'art et d'architecture habituellement retenus.

    Cette protection viendra compléter la liste des lieux de mémoire autour de Jean Moulin : le Pavillon de la conciergerie de l'Hôtel-Dieu à Chartres (Eure-et-Loir), lieu de sa première arrestation en 1940, et la Maison du Dr Dugoujon à Caluire-et-Cuire (Rhône), lieu de son ultime martyre en 1943.

    Béziers : la vente de la maison natale  de Jean Moulin devant la justice

     

    Plaque commémorative Yvon Comte, Drac Occitanie

    La commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS), présidée par le préfet de région, est composée de représentants d'associations patrimoniales ou de fondations, d'élus, de personnalités qualifiées et de membres de l'administration.

    SOURCE : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Drac-Occitanie/Actualites/Actualite-a-la-une/La-maison-natale-de-Jean-Moulin-a-Beziers-protegee 

    Ménard le révisionniste c'est aussi cela, souvenons-nous...

    Béziers : la vente de la maison natale  de Jean Moulin devant la justice

    BEZIERS : 

     LA MÉMOIRE

    PROFANÉE 

     DE JEAN MOULIN 

    20 janvier 2015.  

    Comme s’il brisait de ses mains la plaque apposée sur la maison qui vit naître Jean Moulin le 20 juin 1899 au 6 de la rue d’Alsace à Béziers, Robert Ménard a osé assimiler Hélie Denoix de Saint Marc à cette grande figure de la République française, ce héros national, panthéonisé, érigé en exemple par les défenseurs des principes et valeurs démocratiques.  

    C’est dans la dernière édition (numéro 5/janvier 2015) du Journal de Béziers - dont il est le directeur de publication - qu’il l’a fait, à la fin d’un article de deux pages consacré au projet de la municipalité de débaptiser la rue du 19 mars 1962 en vue de lui substituer le nom de l’officier putschiste, tristement célèbre.  

    Et c’est en ces termes qu’il a établi le rapprochement : « Que la ville de Jean Moulin honore la mémoire de cet éternel résistant, quoi de plus logique ? »  

    Il s’agit là d’une atteinte caractérisée à la mémoire de la personnalité de la Résistance la plus connue en France, son incarnation même aux côtés d’autres personnages tels que le général de Gaulle, Germaine Tillion ou Raymond Aubrac : le procureur de la République de Béziers aurait la faculté de se saisir de ce délit de presse, mais les institutions d’anciens combattants, le Cercle Jean Moulin et l’Association du corps préfectoral et des hauts fonctionnaires du ministère de l'intérieur peuvent intervenir dans le même sens auprès du tribunal de grande instance.  

    Mettre sur le même plan Jean Moulin et Hélie Denoix de Saint Marc relève du révisionnisme. C’est l’expression à la fois la plus indigne et la plus belliqueuse de cette même idéologie qui tend à la réhabilitation de Vichy, engendre le communautarisme, incite à la haine et propage des théories conspirationnistes et falsificatrices.  

    Le temps n’est plus à la constatation hébétée ni à la vaine dénonciation des dérives, transgressions et provocations du nouveau maire de Béziers : l’actualité souligne l’importance qui s’attache à ce que les cours et tribunaux mettent Robert Ménard hors d’état de nuire davantage à une concorde citoyenne dont la fragilité est patente tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de sa commune !  

    Jean-François Gavoury  

    Président de l’Association nationale  

    pour la protection de la mémoire  

    des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)  

     

    Béziers : la vente de la maison natale  de Jean Moulin devant la justice

    Extrait du discours d'André Malraux, en hommage

     à Jean Moulin lors du transfert des cendres de ce dernier

     au Panthéon le 19 décembre 1964

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  • « Disons NON au révisionnisme

    et au racisme ! »

    Disons NON aux nostalgériques extrémistes

     

    Salies-du-Salat (Haute-Garonne)  Une place pour honorer la fin de la guerre d'Algérie

     

    Salies-du-Salat (Haute-Garonne)  Une place pour honorer la fin de la guerre d'Algérie

     

     

    Salies-du-Salat (Haute-Garonne)  Une place pour honorer la fin de la guerre d'Algérie

    Œil pour œil- dent pour dent 

    pour la troisième génération du feu 

    LA PAIX DES MéMOIRES 

    FRANCO-FRANçAISE 

    N’EST PAS POUR DEMAIN…

    Nous serons morts mon frère...

    alors n'HéSITONS PLUS à continuer

    la guerre des mémoires...

    puisque Robert Ménard et Julien Sanchez, respectivement maires de Béziers et de Beaucaire dans le sud de la France et figures emblématiques de l’extrême droite, n’ont pas hésité à franchir le pas en prenant des arrêtés municipaux en 2015 pour changer les noms de deux rues qui célèbrent les accords d’Évian, marquant la fin de la guerre d’Algérie.
    Pis encore, Ménard n’a pas hésité à donner à la même rue le nom d’un ancien officier
    Putschiste de l’armée, Hélie Denoix de Saint Marc, partisan de l’Algérie française… Œil pour œil- dent pour dent DES MAIRES français ont honoré des algériens...

    Leurs noms sont attribués

    à de nombreux lieux publics

    Ces Algériens honorés par la France

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

    © D.R.

     

    MAIS AUSSI CONTINUONS D'INAUGURER DES LIEUX DU 19 MARS 1962... AUJOURD'HUI NOUS EN SOMMES à 8000...

    5000 artères du 19 Mars 1962

    1000 sites personnalisés 19 Mars 1962

    2000 autres lieux de mémoire 19 Mars 1962

    Et voici une nouvelle place

    du 19 mars 1962

    annoncée pour le 30 septembre

    prochain

    Salies-du-Salat (Haute-Garonne)  Une place pour honorer la fin de la guerre d'Algérie

    Salies-du-Salat (Haute-Garonne)  Une place pour honorer la fin de la guerre d'Algérie

    Salies-du-Salat (Haute-Garonne)  Une place pour honorer la fin de la guerre d'Algérie

     

    Salies-du-Salat (Haute-Garonne)

    Une place pour honorer la fin de la guerre d'Algérie

    Jean-Pierre Courvil, fidèle à chaque hommage rendu aux Morts de toutes les guerres./ DDM ZG

    Le 30 septembre prochain, à 11 heures, se déroulera, devant le collège des 3 Vallées, l'inauguration de la place du 19 mars 1962, date de la fin de la guerre d'Algérie, suite à une demande faite par la FNACA et approuvée par la mairie.

    Jean-Pierre Courvil, président du comité cantonal de la FNACA répond à nos questions.

    Pourquoi la date du 19 mars est-elle particulière ? 

    Le 19 mars c'est le jour de la promulgation des accords d'Evian, c'est le cessez-le-feu. On ne parlait pas à cette époque de guerre, mais de conflit. C'était la «Guerre Sans Nom», comme l'a décrit Bernard Tavernier dans son film en 1991.

    Vous êtes un ancien combattant ? 

    Oui, bien sûr, j'ai passé 28 mois là-bas. J'ai été appelé directement en Algérie, je suis parti de métropole en civil. Je suis parti en mai 1956 et je suis revenu en 1958. J'ai fait mes classes au camp de Beni Messous à côté d'Alger, j'avais été détaché comme chauffeur de poids lourd dans une unité d'infanterie à Bouira et on est resté là dans ce régiment qui avait été reformé pour les évènements d'Algérie. On a fini dans le secteur d'Aumal, à 35 km du village au milieu des bois. Et ce qui est sûr, c'est qu'en 28 mois de service militaire je n'ai jamais mis les pieds dans une caserne, on était toujours à bivouaquer ou en opérations.

    Vous étiez au cœur du conflit ? 

    Oui. Personnellement j'ai été blessé, le lendemain de mes 22 ans. En tant que chauffeur je me suis retrouvé dans trois embuscades sur la route en 3 semaines. À la dernière, on était trente hommes et onze y sont restés. À l'époque quand on est parti de la métropole on était en maintien de l'ordre, on assistait les gendarmes à chaque opération. Ils représentaient la loi et l'ordre public. Ensuite ça a été la pacification. Ce n'était pas la guerre, on était dans un département français. On parlait de conflit.

    Quand vous êtes parti, le conflit n'était pas fini ?

    Non, je suis parti en 58 et le conflit continuait. Ils nous ont gâché toute notre vie, toute notre jeunesse. Ils auraient pu faire beaucoup mieux à l'époque : leur donner l'indépendance, ça aurait évité bien des problèmes, que ce soit pour les rapatriés, les harkis, les appelés, les populations. Ça a été un gâchis monstre.»

    Recueilli par Z

    SOURCE :

    http://www.ladepeche.fr/article/2017/09/21/2649378-place-honorer-fin-guerre-algerie.html

     

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    Qu'ils aillent se réadapter ailleurs." Cette phrase, prononcée en juillet 1962 par Gaston Defferre à propos des rapatriés d'Algérie, les « pieds-noirs », 55 ans après je la désapprouve parce que j’ai de nombreux amis « pieds-noirs », j’ai même de la famille « pieds-noirs » mais par contre je prononce cette même phrase « allez vous réadapter ailleurs » à vous les nostalgériques extrémistes… vous qui vandalisez des stèles, comme, par exemple, en 2016 : Parution dans le quotidien régional « Ouest France » (édition Alençon) d’un article rendant compte de la énième profanation de la stèle célébrant le souvenir d’Alfred Locussol :

    La stèle d’Alfred Locussol vandalisée

     une 5e fois, à Alençon

    Aubergenville : La stèle en hommage aux soldats d'Afrique du Nord vandalisée

    L’épais liquide noir s’est solidifié sur le monument, installé face à la gare. | Julien Belaud / Ouest-France

    «  La stèle érigée en mémoire d’Alfred Locussol, partisan de l’Algérie indépendante assassiné en 1962 à Alençon, a de nouveau été vandalisée.

    « Après la bombe de peinture verte et les coups de marteau, la stèle qui honore la mémoire d’Alfred Locussol a de nouveau été vandalisée, avenue Wilson, devant la gare. Un épais liquide noir à l’aspect de goudron a été déversé sur le modeste monument. C’est la 5e fois depuis son installation, en 2012.

    « Militant communiste et partisan de l’Algérie indépendante, Alfred Locussol a été assassiné chez lui, dans cette même rue, le 3 janvier 1962. Un crime attribué à l’OAS (organisation de l’armée secrète), qui défendait la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme.

    « Nous allons porter plainte, encore, annonce François Tollot, membre de la mission de mémoire qui a dressé la stèle. Cet acte semble correspondre avec la date anniversaire, le 19 mars, de la fin de la guerre d’Algérie. Les nostalgiques sortent du bois… »

    Vous les nostalgériques extrémistes, oui, vous qui faites partie de la fachosphère « allez vous réadapter ailleurs », car voici une nouvelle stèle vandalisée : 

     

    Aubergenville

    La stèle en hommage aux soldats

     d'Afrique du Nord vandalisée

    Mardi 19 septembre 2017

     

    À Aubergenville, une stèle en hommage aux combattants d'Afrique du Nord a été taguée. L'inscription fait référence à un officier français, symbole de la torture en Algérie. La ville a déposé plainte.

    Aubergenville : La stèle en hommage aux soldats d'Afrique du Nord vandalisée

    Les dégâts ont été découverts par une passante qui a tout de suite prévenu la police municipale 

     

    D’après la sénatrice-maire Sophie Primas (LR), c’est la troisième fois en quelques années que cela se produit. Mardi 19 septembre 2017, une passante a découvert que la stèle en hommage aux combattants d’Afrique du Nord, posée dans un square du quartier de la Croix Gâtée, avait été taguée.

    « Au général Massu ». L’inscription, à la peinture noire, est un hommage sordide à un officier français associé à la torture lors de la guerre d’Algérie. Pour Sophie Primas, il s’agit là de l’acte d’un nostalgique de l’époque coloniale.

    « Cela prouve que certaines blessures ne sont pas encore refermées. On doit avoir une réflexion politique sur le sujet et faire attention à ce que l’on dit », réagit l’élue, en référence aux propos d’Emmanuel Macron, pendant la campagne présidentielle, sur la responsabilité de la France durant la Guerre d’Algérie. « Ce n’est pas respectueux pour ces soldats », ajoute-t-elle. L’inscription doit être nettoyée très vite.

    La police municipale a été dépêchée sur place pour constater les dégâts. Les lieux ne sont pas équipés de vidéosurveillance. La ville a déposé plainte au commissariat des Mureaux.

    78410 Aubergenville 

    Renaud Vilafranca

    SOURCE : http://www.78actu.fr/la-stele-en-hommage-aux-soldats-d-afrique-du-nord-vandalisee_52814/

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    Civilisation et colonisation : lettre ouverte

    à Emmanuel Macron

    Nous étions le 28 novembre 2016

    Emmanuel Macron n’était que ministre

    De François Hollande

     

    Lettre ouverte à Emmanuel Macron après qu'il a déclaré : «Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie.»

     

    Monsieur le Ministre,

    Permettez-moi d'abord de saluer votre engagement pour le renouveau, la rénovation de l'engagement politique et la lutte contre les discours de haine et de division. Ces derniers ne sont plus réservés à l'extrême droite, certains politiques de droite comme de gauche ont oublié, ces dernières années, les valeurs de l'égalité, de la justice et des droits humains.

    J'ai pu mesurer en lisant les premières pages du livre, que vous avez publié récemment, à quel point vous êtes attaché à ces valeurs. Vous êtes également attaché à la lecture, à la littérature et à l'histoire de France.

    Dans cette histoire, il n'y a pas eu que des pages glorieuses. Le régime de Vichy, l'esclavage et la colonisation, plus particulièrement en Algérie, constituent des pages qui suscitent encore beaucoup de débats. Contrairement à une Allemagne, qui a assumé son passé et dont les dirigeants n'hésitent pas à rappeler la responsabilité historique de leur pays dans les crimes contre l'humanité, la France n'arrivent toujours pas à clore le chapitre 1830 à 1962 de son histoire.

    La France de 2005 a essayé de faire adopter une loi pour reconnaître « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord". Heureusement que le Président Jacques Chirac a décidé de mettre un terme définitif à une polémique qui était autour de l’article 4 de la loi du 23 février 2005. Ce même Chirac, qui avait le courage de reconnaître le rôle de Vichy dans la déportation.

    Ce n'est pas aux politiques d'écrire l'histoire, ni de faire une apologie de la colonisation. Cette loi a été présentée et défendue au parlement par Michèle Alliot-Marie, celle qui était prête à offrir "le savoir-faire français" au service de l'ancien dictateur tunisien pour l'aider dans l'oppression d'un peuple, en quête de liberté et de démocratie.

    Mais la France de 2016 est partagée entre des appels pour reconnaître les crimes de la France et des déclarations insupportables comme la déclaration récente de François Fillon : "la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique" !

    Partager sa culture où ? à la Villa Susini, entre les séance de tortures et de viols ?

    Votre grand-mère vous a-t-elle appris que le partage de la culture doit se faire avec la force et en utilisant la torture et l'humiliation d'un peuple qui était libre ? 

    Récemment le journal Le Point vous a interrogé sur le "roman national" et " les pages moins glorieuses de notre histoire ", vous avez répondu :

    "Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un Etat, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie."

    Vos propos m’ont extrêmement déçu et blessé. Ils montrent que n'avez pas la maîtrise de ce sujet, vous n'étiez pas né durant l'époque coloniale, mais on ne s'exprime pas sur des sujets d'une telle importance avant de lire, écouter les témoignages des victimes et analyser les travaux des historiens. Vous n'avez certainement pas lu ce que votre Maître, le philosophe Paul Ricœur a écrit sur ce sujet.

    Vous m'avez extrêmement déçu et blessé par vos propos parce que je suis une des victimes de cette guerre. 

    Livre de Mohamed Garne

     

    Je suis "français par le crime", né d'un viol commis sur ma mère Kheira, pendant la guerre d'Algérie par un groupe de soldats français.
    Séparé de ma mère et abandonné dans un orphelinat d'Alger, je me retrouve à cinq ans adopté par une femme de la bourgeoisie algérienne. Ma mère adoptive n'est autre que la première Algérienne et la première femme musulmane à intégrer l'École Normale Supérieure et l'Académie Française, l'écrivaine Assia Djebar. Elle est décédée en février 2015. 

    Pour dire qu'il y a eu des "éléments de civilisation", vous n'avez certainement pas lu, ni écouté mon histoire que France 2 a diffusé en 2012. Vous n'avez certainement pas écouté le récit tragique de Louisa IGHILAHRIZ, qui a été torturée et violée pendant la guerre d'Algérie. Vous n'avez pas écouté non plus la souffrance d'Annick CASTEL PAILLER, mariée à un Français communiste et sympathisant de l'indépendance de l'Algérie, qui a été arrêtée et violée.
    Vous ne savez rien des conséquences dramatiques de ces viols, que le militaire français
    Henri Pouillot décrit parfaitement dans ses témoignages et ses livres :

    "C'est ce qu'il y a de plus dramatique pour les femmes de culture musulmane et avec ce que ça représente pour elles d'êtres violées. Si elle est vierge ça veut dire qu'elle ne pourra plus se marier et si elle était mariée, elle va être répudiée. Pour une femme qui a été violée c'est pratiquement son exclusion de la société civile par la suite."

    Ma mère biologique,
    décédée le 9 août 2016, a été exclue de la société, aucune richesse en France ou en Algérie ne pourra effacer ce drame.

    Je suis la première victime de cette guerre dont la justice française a reconnu officiellement, en novembre 2001, les exactions commises par certains soldats français. Une première parce que ces crimes ont été amnistiés par le Général de Gaulle, le 31 juillet 1968, une amnistie qui est contraire à la convention de Genève ratifiée par l’Etat français.

    Je me retrouve aujourd’hui avec un père ou peut être des pères français criminels de guerre. Ma mère morte dans l’indifférence. Kheira violée par les français a été rejetée par les algériens pour un crime dont elle fut la première victime. Ils sont où les éléments de civilisation", et les "richesses" dont vous parlez ?

    Seriez-vous prêt à reconnaître que dans l'occupation allemande en France, il y a eu des richesses et des éléments de civilisation ? Parliez-vous de richesses ou de civilisation si votre chère grand-mère a été torturée ou violée par les allemands ?

    Evoquant les souffrances de la colonisation et les massacres de Sétif, le 8 mai 1945, le président de la République François Hollande a déclaré, en décembre 2012, devant les parlementaires Algériens : 

    « Rien ne se construit dans la dissimulation, l’oubli ou le déni. Nous avons ce devoir de vérité sur la violence, les injustices, les massacres, la torture. »,

    Rappelons que le père de François Hollande était un proche de l'OAS, qui défendait l'Algérie française à l'opposé des idées de son fils.
    François Hollande a reconnu " les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien " et que "pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à "un système profondément injuste et brutal".

    Monsieur le Ministre,

    Je suis un autodidacte, qui n'a pas eue la chance d'avoir votre parcours, mais avec mon drame personnel et ma connaissance de l'histoire de la France et de l'Algérie, je ne peux vous laisser dire que dans la colonisation française en Algérie, il y eu des éléments de civilisation. Connaissez-vous l'Algérie et ses richesses économiques, culturelles et civilisationnelles avant l'arrivée des français en 1830 ?

    Je tiens à vous rappeler quelques écrits et témoignages des Généraux de la colonisation, qui ont été recueillies par Michel Habart dans son livre "Histoire d'un parjure" : " rien de comparable en Europe à la région de Blida ", écrivait le Colonel Saladin. " La Kabylie est superbe, un des pays les plus riches que j'aie jamais vus.", témoignait le maréchal Saint Arnaud ou aussi "pays couvert d'arbres fruitiers de toutes espèces, jardins cultivés jusqu'à la mer, grande variété de légumes grâce à un système d'irrigation très bien entretenu par les Maures.", écrivait Gentry de Bussy.

    Le Colonel Claude Antoine Rozet témoignait dans «Voyage dans la régence d'Alger» en 1833 sur le niveau intellectuel des algériens : "Presque tous les hommes savent lire et compter. En France on compte à l'époque 40 % d'analphabètes. Ainsi les soldats qui débarquent sont en général moins instruits que les sauvages qu'ils viennent civiliser".

    Comment ignorer le "Génocide culturel", la "dépossession foncière". La France a tout fait pour tenter d'effacer l'identité, la langue et la religion de tout un peuple ?

    Comment parler de richesses et contredire des historiens tel que Charles-Robert Ageron, qui a décrit dans son livre "l'histoire de l'Algérie contemporaine" la "détérioration de la situation économique des populations musulmanes au cours des années 1870 à 1914".

    De quelle classe moyenne, parliez-vous, l'Algérie était musulmane et en islam, "les Hommes sont égaux comme les dents d'un peigne". 

    Si la France a construit en Algérie des immeubles haussmanniens, des routes et des usines, ce n'était pas pour les algériens, mais pour des colonisateurs qui espéraient que l'Algérie resterait définitivement Française.

    Monsieur le Ministre, 

    Je tiens à préciser que j’ai mené un combat de 30 ans sans haine pour la France, mais des déclarations comme la vôtre ravivent mes souffrances. J'ai mené mon combat pour retrouver mon honneur, l'honneur de ma mère et dans l’espoir que mes deux pays se réconcilient et tournent la page définitivement. De l'Algérie, j'attends également qu'elle admette ses erreurs envers ses orphelins, envers ma mère et envers toutes les femmes algériennes, qui ont été violées par les soldats français, ensuite rejetées par les algériens.

    Je garde confiance dans vos bonnes intentions pour révolutionner le monde de demain et changer cette vision erronée de notre histoire.

    Paris, 28 novembre 2016  |  MOHAMED GARNE

    L'histoire de Mohamed Garne © Rabiaa Moussaoui 

     

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    Abreschviller : amis pour la vie

     depuis la guerre d’Algérie

    Pierre Bournique, d’Abreschviller et Jean-Claude Buvry, le Normand, se sont connus en 1960 lors de la guerre d’Algérie. Élargie aux familles respectives, leur amitié a traversé les décennies sans prendre une ride. Témoignage.

    Abreschviller : amis pour la vie   depuis la guerre d’Algérie

    Depuis la rencontre du Lorrain, Pierre (assis à g.), et du Normand, Jean-Claude (assis à dr., avec Nicole, son épouse), en 1960 sur le front en Algérie, les deux familles ont tissé de réels liens d’amitié. Le 15 août fut encore l’occasion de joyeuses retrouvailles à Abreschviller. Et, fin août, à Saint-Lubin-des-Joncherets.

     

    Lui, c’est Pierre Bournique, aujourd’hui âgé de 77 ans, demeurant à Abreschviller. En 1960, sur le front en Algérie, il a fait connaissance avec un petit gars du même âge, originaire de Normandie, Jean-Claude Buvry. Tous deux ont fait leurs classes au 19e Génie stationné dans une ville de garnison de Kabylie. Mais ils se sont véritablement rencontrés lors d’une mission sur le terrain, et ont profité d’un moment de détente pour partager une bière.

    Par la suite, ils ont eu l’occasion de combattre côte à côte, en plusieurs points du pays. Malgré la guerre, tout était prétexte à échanger autour d’un verre. Trois ans plus tard, l’heure de la libération a sonné.

    « Avoir un ami à la guerre, ça aide

     à tenir le coup »

    Avant de regagner sa Normandie, Jean-Claude a suivi Pierre en Moselle découvrant son environnement familial. Les faits auraient pu en rester là, sauf que l’amitié entre les deux hommes s’est prolongée au-delà du cessez-le-feu. Cinquante-sept ans plus tard, elle est toujours d’actualité, puisque les deux anciens d’Algérie et leurs familles respectives se retrouvent ici ou là, plusieurs fois au fil des saisons.

    Nous les avons rencontrés chez Pierre dans le cadre d’une fête ayant réuni les deux contrées. Le Lorrain s’est marié en 1962, et a fondé une famille de trois enfants. Veuf, un petit-fils fait sa joie. Jean-Claude a épousé Nicole en 1965, qui lui donna deux garçons, et deux petits-enfants.

    Confortablement installés à l’ombre des arbres dans un grand verger du village, les copains ont raconté leur vie, marquée par l’enrichissement d’échanges chez les uns et les autres, les vacances partagées, souvent en Bretagne d’ailleurs, les visites rendues à l’occasion de mariage, baptême, décès aussi. Et tout ça, dans un joyeux brouhaha, chacun y allant de son couplet pour être sûr de ne manquer aucun épisode de l’histoire.

    Pierre téléphone en Normandie tous les dimanches sans exception : « On parle de tout et de rien. Entendre sa voix est devenu une nécessité. » De véritables liens fraternels se sont tissés entre eux : « avoir un ami à la guerre, ça aide à tenir le coup et à traverser les épreuves ».

    Les Normands ont donc tous débarqué pour l’Assomption. Au programme de ces journées de farniente teintées d’une franche amitié, des barbecues dans la verdure, de grandes parties de belote, quelques excursions. Louise, l’épouse de Jean-Claude, est devenue la seconde maman des enfants de Pierre. Dans le village, on connaît ces sympathiques visiteurs, unis pour la vie, à l’un de leur compatriote.

    SOURCE : http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarrebourg-chateau-salins/2017/08/17/abreschviller-amis-pour-la-vie-depuis-la-guerre-d-algerie

    Abreschviller : amis pour la vie   depuis la guerre d’Algérie

    Le 15 août, ils étaient réunis à Abreschviller

    Et, fin août, à Saint-Lubin-des-Joncherets pour la cérémonie de libération de la ville par les Américains.

     La libération de Saint-Lubin célébrée

    Abreschviller : amis pour la vie   depuis la guerre d’Algérie

    Didier Vuadelle maire de Saint-Lubin-des-Joncherets dépose la gerbe au nom des Lubinois.

    © Droits réservés

     

    Ces liens de « Frères de guerre » sont indestructibles : « Avoir un ami à ses côtés à la guerre, ça aide à tenir le coup et à traverser les épreuves », reconnaissent-ils ensemble... Mais maintenant, en famille ils chantent de nombreuses chansons, peut-être que celle qu'ils préfèrent et celle-ci, cependant nous leur offrons avec plaisir  :



     

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    55 ans après la fin de la guerre

    d’indépendance

    L'Algérie détruit tout son stock de mines

    antipersonnel

    AFP, publié le lundi 18 septembre 2017

    L'Algérie a annoncé lundi avoir détruit ce qui restait de son stock de mines antipersonnel, dix mois après avoir achevé le déminage de l'ensemble de son territoire.

    Quelque 5.970 mines antipersonnel ont été détruites lors d'une cérémonie à Djelfa (sud-est), a indiqué le ministère de la Défense.

    L'Algérie avait annoncé en février avoir achevé le 1er décembre le déminage de son territoire, avec la destruction d'environ neuf millions de mines antipersonnel. Le pays avait ratifié en 2000 la convention d'Ottawa sur l'interdiction, l'emploi, le stockage, la production et le transfert des mines antipersonnel.

    Selon le vice-ministre de la Défense Ahmed Gaïd Salah, le "fléau (des mines) a fait 7.300 victimes civiles, dont 4.830 durant la guerre (d'Algérie) et 2.470" après l'indépendance du pays.

    L'Algérie a commencé à déminer son territoire en 1963 mais ce n'est qu'en 2007 que Paris a officiellement remis à Alger les plans des mines placées par l'armée française aux frontières est et ouest du pays durant la guerre d'Algérie (1954-1962) qui a conduit à l'indépendance. 

     

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  • Ces noms de rues qui réveillent le passé

     

    Ces noms de rues qui réveillent le passé

    Rare : à Migennes, un des lotissements de la cité cheminote porte le nom de Robespierre. Un nom polémique : Belfort décida en 2014 de débaptiser la rue baptisée au nom du Conventionnel. © VS

     

     

    Danton, Robespierre, Thiers ou encore Bugeaud : des communes de l’Yonne ont baptisé une rue à leur nom. Et pourtant, chacun de ces grands hommes recèle sa part d’ombre. Des rues baptisées au nom de Danton à Villeneuve-l’Archevêque, Malay-le-Grand ou Chéroy, une rue Robespierre à Migennes ; une rue Mirabeau à Vinneuf ; une autre portant le nom d’Adolphe Thiers à Druyes-les-Belles-Fontaines ; une rue Mac-Mahon à Auxerre ; une autre répondant au patronyme de Bugeaud : les odonymes de certaines rues portent parfois une lourde histoire.

    Révolution, Commune et colonisation

    Alors qu’en août dernier, en Virginie, la décision du conseil municipal de retirer la statue du général confédéré Robert Lee a jeté dans la rue les suprémacistes blancs et conduit au drame de Charlottesville, le choix de baptiser certaines rues en France relancent sporadiquement la guerre mémorielle. Illustrant un passé mal digéré. Les grands hommes de la Révolution française d’abord. Pour le coup, tous ne sont pas sur le même pied d’égalité?! Car si Danton s’en sort bien (il a sa rue dans près de dix communes de l’Yonne), Robespierre, lui, peine à se trouver une adresse : seule Migennes lui a dédié un axe, rendant son prénom de Maximilien à celui qui incarne la Terreur.
    Autres personnages controversés : les politiques ayant écrasé la Commune de Paris. Ainsi, Adolphe Thiers continue-t-il de diviser : à la Seyne-sur-Mer, sa rue a même disparu récemment au profit de Léon Blum. À Auxerre, Mac Mahon, lui, dispose d’une artère. À deux pas de l’esplanade Jean-Baptiste-Clément, le chansonnier révolutionnaire qui ne se priva pas de brocarder le maréchal qui, à la tête de l’armée régulière dite « versaillaise », réprima la Commune.
    Même phénomène avec le passé colonialiste de la France : difficile de débaptiser les centaines d’axes portant le nom de Jules Ferry, Léon Gambetta ou encore Jean Jaurès, tous ayant fait en leur temps fait l’éloge de la mission civilisatrice de la colonisation.  
    Et quid des boulevards et autres rues Bugeaud, comme à Auxerre, rappelant le conquérant de l’Algérie « par l’épée et la charrue »? En 2015, le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Front national, avait créé la polémique en substituant la rue du 19-Mars-1962, date des accords d’Évian par le nom de Hélie Denoix de Saint-Marc, partisan de l’Algérie française. À l’été 2016, Belfort s’enflammait pour avoir voulu baptiser une rue au nom d’André Tisserand, créateur de la milice française à Limoges en 1943. 
    Véronique Sellès

    SOURCE : http://www.lyonne.fr/auxerre/insolite/2017/09/17/ces-noms-de-rues-qui-reveillent-le-passe_12549226.html

     

    « Disons NON au colonialisme, révisionnisme et racisme! »

     

    Ces noms de rues qui réveillent le passé

    Ces noms de rues qui réveillent le passé

     

    Ces noms de rues qui réveillent le passé

    Œil pour œil- dent pour dent

    pour la troisième génération du feu

    LA PAIX DES MéMOIRES

    FRANCO-FRANçAISE

    N’EST PAS POUR DEMAIN…

    Nous serons morts mon frère...

    alors n'HéSITONS PLUS à continuer

    la guerre des mémoires...

    puisque Robert Ménard et Julien Sanchez, respectivement maires de Béziers et de Beaucaire dans le sud de la France et figures emblématiques de l’extrême droite, n’ont pas hésité à franchir le pas en prenant des arrêtés municipaux en 2015 pour changer les noms de deux rues qui célèbrent les accords d’Évian, marquant la fin de la guerre d’Algérie.
    Pis encore, Ménard n’a pas hésité à donner à la même rue le nom d’un ancien officier
    Putschiste de l’armée, Hélie Denoix de Saint Marc, partisan de l’Algérie française… Œil pour œil- dent pour dent DES MAIRES français ont honoré des algériens... MAIS AUSSI CONTINUONS D'INAUGURER DES LIEUX DU 19 MARS 1962... AUJOURD'HUI NOUS EN SOMMES à 8000

    5000 artères du 19 Mars 1962

    1000 sites personnalisés 19 Mars 1962

    2000 autres lieux de mémoire 19 Mars 1962

    Et voici les derniers en date

     

     Ces noms de rues qui réveillent le passé

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    Ces noms de rues qui réveillent le passé

     

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    Hommage aux vétérans des essais nucléaires français près de Lyon

    Saint-Bonnet-de-Mure : un mémorial national en hommage aux vétérans d’essais nucléaires a été inauguré

    Saint-Bonnet-de-Mure : un mémorial national en hommage aux vétérans d’essais nucléaires a été inauguré

    Un mémorial national a été inauguré ce samedi matin 16 septembre 2017 à Saint-Bonnet-de-Mure, dans le Rhône, en hommage aux vétérans des essais nucléaires auxquels a procédé l'armée française, en Algérie puis en Polynésie, de 1960 à 1996, pour mettre au point l'arme atomique. 

    Saint-Bonnet-de-Mure : un mémorial national en hommage aux vétérans d’essais nucléaires a été inauguré

    "A l'époque, nous n'avions aucune protection". Alors que la cérémonie d'inauguration du mémorial national en hommage aux vétérans des essais nucléaires touche à sa fin, les langues se délient. Cuisinier pour la marine, ce vétéran dijonnais était des essais à Mururoa dans le Pacifique entre 1966 et 1974. "J'ai assisté à six essais, raconte-t-il à Lyon Capitale. Aujourd'hui, mon corps commence à subir les effets des radiations". Et pour cause, la protection est alors très rudimentaires. "Il y avait une ligne de barbelés pour délimiter la zone contaminée, et on nous disait de ne pas franchir cette ligne, mais que les radiations s'arrêtaient aux barbelés, se souvient un vétéran. On nous disait juste de détourner le regard au moment de l'explosion"

     

    Saint-Bonnet-de-Mure : un mémorial national en hommage aux vétérans d’essais nucléaires a été inauguré

    150.000 civils et militaires concernés

    Durant 36 ans, la France a procédé à plus de 200 tirs d'essais nucléaires pour mettre au point, puis perfectionner, l'arme atomique. Pour une puissance cumulée de 13 mégatonnes, soit près de 1000 fois plus que l'explosion de Little Boy à Hiroshima le 6 août 1945 (70.000 à 140.000 morts). Ces tests ont été réalisés sur deux théâtres distincts, dans le désert algérien (1960-1966), puis les atolls polynésiens 1966-1996. Certains ont été réalisés en plein air, d'autres sous terre. Ils ont impliqué en tout 150.000 personnes, civils et militaires.

    "Ces vétérans ont oeuvré pour la nation, pour la mise au point de la force de frappe et de dissuasion nucléaire au sacrifice de leur santé et de leur vie", soulignait ce samedi matin le maire de Saint-Bonnet-de-Mure, Jean-Pierre Jourdain. "Ils méritent respect et reconnaissance a ajouté Roland Picot, président de l'Association du mémorial national des vétérans des essais nucléaires (AMNDVDEN). Ils ont été des soldats de la paix pour nos enfants". La présence d'officiels, les levées de drapeaux, la minute de silence et la Marseillaise jouée en leur honneur a mis un peu de beaume au coeur de ces vétérans dont le sacrifice n'a pas toujours été reconnu. Ils n'ont par exemple droit à aucune médaille.

    SOURCE : http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Hommage-aux-veterans-des-essais-nucleaires-francais-pres-de-Lyon 

    La sculpture en inox représente une bombe atomique s’abattant dans un nuage de fumée. Photo DR

    C’est une première en France. Un mémorial national en hommage aux vétérans des essais nucléaires a été inauguré ce samedi 16 septembre 2017, dans le parc du château de la mairie, à Saint-Bonnet-de-Mure.

    Par cet événement, le président de l’Association du Mémorial National des Vétérans des Essais Nucléaires, Roland Picaud, a souhaité honorer la mémoire des 150 000 militaires et civils ayant participé aux essais nucléaires menés par la France, dans le Sahara puis en Polynésie, entre 1960 et 1996.

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    Rendez-vous le 6 octobre 2017 (à 11 h 00)

    au cimetière du Père Lachaise pour le 6e

    anniversaire de l'inauguration de la stèle

     de la Ville de Paris aux victimes de l'OAS

     

    - à l’attention de Mesdames et Messieurs les adhérents, amis et correspondants 

    de l’Association nationale pour la protection de la mémoire 

    des victimes de l'OAS (ANPROMEVO) - 

    17 septembre 2017. 

    Madame, Monsieur, 

    Le 6 octobre 2011, au cimetière du Père-Lachaise, le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, procédait au dévoilement d’une stèle dédiée à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France. 

    Depuis lors, à Paris comme en province (Alençon en 2012, Le Touvet en 2014), chaque journée du 6 octobre est l’occasion d’une cérémonie destinée à commémorer cet événement qui a marqué l’histoire des victimes de la guerre d’Algérie : en effet, celles de l’OAS avaient été, jusqu’alors, les seules collectivement privées de la considération qui leur était due par les pouvoirs publics, et, à défaut de l’État, ce sont le premier magistrat de la capitale et le Conseil de Paris qui ont su honorer le souvenir de ces quelque 2.700 sacrifiés sur l’autel de l’oubli officiel, morts tant de fois, sous les coups du terrorisme de l’OAS d’abord, mais morts aussi de la profanation de leur sépulture, morts de l’exaltation de leurs bourreaux, morts d’abandon mémoriel. 

    De manière à poursuivre l’ancrage de la date du 6 octobre dans le calendrier des manifestations d’associations d’anciens combattants et victimes de guerre, je propose aux membres d’honneur et adhérents de Paris et d'Île-de-France de l’ANPROMEVO ainsi qu’aux correspondants et amis de l’association de se réunir le vendredi 6 octobre à 11 h 00, au cimetière du Père-Lachaise (rendez-vous fixé à l’entrée située rue des Rondeaux 75020 Paris - Métro Gambetta). 

    Il s’agira, comme en 2015 et 2016, d’une cérémonie avec prises de parole précédant un dépôt de gerbes et la rituelle minute de silence en hommage tant à nos Morts qu’à nos victimes survivantes : interviendront en particulier M. Jean-Philippe Ould Aoudia au nom des Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons et M. Michel Lambart au nom de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS. 

    En ces instants de recueillement, nos pensées se tourneront également vers François Nadiras, décédé le 28 août à Toulon, vigilante sentinelle de la République à qui l’ANPROMEVO doit d’être née, d’avoir pu développer son action et d’avoir vu croître son audience. 

    S’ils en ont la disponibilité, les participants auront la faculté de déjeuner au restaurant (voisin) Le Ramus (4 avenue du Père Lachaise) ou dans tout autre établissement de leur choix.  

    Croyez, Madame, Monsieur, à mes sentiments bien sincèrement les meilleurs. 


    Jean-François Gavoury 

    Président de l’Association nationale

    pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

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  • Aujourd’hui 17 septembre 2017, le quotidien Le Dauphiné-Libéré a publié un article concernant le dernier bourreau français, spécialiste de la « veuve » c’est-à-dire de la guillotine, il s’appelle Fernand Meyssonnier, il a exécuté 200 condamnés à mort principalement du temps de la guerre d’Algérie, donc il a surtout coupé les têtes des membres du FLN mais aussi quelqu’un qui a le même prénom : Fernand Iveton… Le bourreau dit être fier de sa sale besogne, qu’il ne regrette rien surtout que son père avait, lui aussi, fait fonctionner « la veuve » donc tel père tel fils… En 2015, sur mon blog, j’avais déjà mis en ligne un article parlant de la même horreur  et du même bourreau… rappelez-vous en cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez réentendre, entre autres, le discours de Robert Badinter sur l’abolition de la peine de mort.

     

     

    FONTAINE-DE-VAUCLUSE :  Le bourreau qui avait coupé 200 têtes a fini ses jours dans le Vaucluse

    http://www.micheldandelot1.com/de-guy-mollet-a-robert-badinter-du-sale-temps-de-la-guillotine-a-l-abo-a118649854 

     

    FONTAINE-DE-VAUCLUSE

    Le bourreau qui avait coupé 200 têtes a fini ses jours dans le Vaucluse

    Fernand Meyssonnier, le dernier bourreau français, a laissé une exceptionnelle collection de 350 objets de torture. Dans son salon, il avait même une guillotine miniature. Archives photo Le DL/Manuel PASCUAL

    Bas du formulaire

     

    Figurez-vous que le dernier bourreau français en exercice avait choisi Fontaine-de-Vaucluse pour couler une retraite bien méritée. C’est ainsi que Fernand Meyssonnier s’est paisiblement éteint en 2008, à l’âge de 77 ans, après avoir guillotiné 200 condamnés à mort. La plupart des exécutions qu’il avait pratiquées ayant eu lieu en Algérie française. “Pendant le FLN, c’était à la chaîne” avait-il même cruellement précisé lors d’une interview.

    Une incroyable collection d’objets de torture

    Victime collatérale de la décision de François Mitterrand d’abolir la peine capitale, il s’était officiellement retrouvé au chômage en 1981. Même s’il avait raccroché sa guillotine depuis plusieurs années. Mais il avait néanmoins eu une belle carrière d’exécuteur en chef des arrêts criminels, l’appellation officielle de ce métier qu’il avait exercé à la suite de son père. En juillet 1947, alors qu’il n’avait que 16 ans, il avait d’ailleurs assisté à une exécution opérée par celui qui lui avait tout naturellement passé le flambeau. Comme on transmet une charge. Une première fois dont il s’était toujours souvenu :” Ce matin-là j’étais à deux doigts de me dire je n’y vais pas, parce que quand même voir un homme mourir comme ça… Ça a été rapide, à peine trois secondes. Mais toute cette attente et ce silence pesant depuis presqu’une heure m’oppressaient à un point tel que lorsque la lame est tombée, je me rappelle avoir poussé un petit cri. Oui, quand j’ai vu que sa tête était entre les montants et que ça allait être la dernière seconde. J’ai vu le gars basculer, la lame tomber, et puis alors le sang.”

    Le reste de sa vie, Fernand Meyssonnier l’a consacré à sa passion : la torture. Et à sa mort, cet homme hors du commun a laissé à sa fille plus de 350 objets qui allaient d’une guillotine à un écrase mains, en passant par une baignoire où reposaient les têtes coupées, ou encore une corde de pendu signée de la main de Syd Dernley, la star des bourreaux anglais. Une vente aux enchères de cette incroyable collection devait avoir lieu à Paris en mars 2012 (Vaucluse Matin du 15 mars 2012), mais le ministère de la Culture l’avait finalement interdite.

    Source : http://www.ledauphine.com/vaucluse/2017/09/17/figurez-vous-que-le-dernier-bourreau-francais-en-exercice-avait-choisi-fontaine-de-vaucluse-pour 

    FONTAINE-DE-VAUCLUSE :  Le bourreau qui avait coupé 200 têtes a fini ses jours dans le Vaucluse

    Le bourreau d'Alger

    (Article paru le 16 septembre 2002 sur Le Monde)

    De Fernand Yveton, militant communiste, guillotiné à l'aube du 11 février 1957, à Alger, il ne se rappelle rien, ou presque. Après avoir refusé l'entrevue avec un prêtre, Yveton le libre-penseur avait été conduit à l'échafaud. Il était "très pâle" et il "respirait mal", mais il est mort "courageusement". Parole de bourreau. "Qu'il s'appelle Fernand comme moi, ça m'a fait drôle", rumine Fernand Meyssonnier, qui remplissait ce matin-là les fonctions d'exécuteur adjoint. L'exécuteur en chef, celui qui fait tomber la lame, était son propre père, Maurice Meyssonnier. "A lui aussi, ça lui a fait quelque chose", assure le fils.

    Les deux hommes étaient pourtant rodés. Meyssonnier senior, pied-noir de la deuxième génération, ex-militant du Parti communiste français et patron de café à Alger, avait été initié dès 1928 au maniement de la"veuve". Soit, en trente ans de "bécane", plus de 340 guillotinés à son actif - "144 terroristes et 200 droit commun", selon ses propres termes. Pour sa part, Meyssonnier junior, adjoint bénévole à partir de 1948, a exécuté en vingt ans quelque 200 personnes - la plupart durant la guerre d'Algérie. Ce qu'il résume à sa façon : "Pendant le FLN, c'était à la chaîne." Normal, dans ces conditions, qu'on ne se souvienne pas de tout le monde... "Si de Gaulle n'avait pas fait la paix des braves [en 1958, année où les exécutions capitales ont cessé en Algérie], on aurait dépassé Sanson", soupire l'ancien guillotineur, qui évoque le bourreau de Louis XVI comme on le ferait d'un vieux cousin.

    En cette fin septembre, à Fontaine-de-Vaucluse, le perroquet Michel pousse mollement la chansonnette. Il siffle L'Internationale, puis, machinal, entonne La Marseillaise. Il imite à merveille la voix de son maître, Fernand Meyssonnier, avec ces "pfft" et ces "tchh"de lassitude, accrochés aux phrases à l'accent traînant. "Tout condamné à mort doit avoir la tête tranchée. Vive Meyssonnier !", récite le volatile. Son vieux bourreau de propriétaire a, lui, la tête solidement arrimée. Une tête de clown triste, mélange de Fernandel et de Charles Pasqua. Le perroquet Michel sait aussi crier "Vive Papon, à bas les cons !", indique le vieil homme.

    Aujourd'hui âgé de 72 ans, installé dans le midi de la France après une longue escale à Tahiti, Fernand Meyssonnier aime à se présenter comme un "anarchiste de droite" et précise, sans se faire prier, avoir voté "dans le passé" pour Jean-Marie Le Pen, président du Front national et ancien de la guerre d'Algérie. Il a aussi voté "à gauche", ajoute-t-il. Mais tout ça, au fond, ne l'intéresse pas. La seule chose qui l'anime, qui l'enflamme, c'est de parler de la guillotine. C'est sa spécialité. Et de l'Algérie de sa jeunesse, une Algérie française, pleine de soleil et de cruautés, où il n'y avait pas de guerre. Juste des "événements". Le café-restaurant de son père, le café Laperlier, fut son haut lieu d'apprentissage, la vraie école du jeune Fernand. Les députés communistes venaient y banqueter. On y trinquait aussi avec les huiles de la police. Le père Meyssonnier était le roi de la farce. Il se moquait des Juifs et des Arabes, avec l'humour épais de l'époque, façon Almanach Vermot. Dans les coulisses de ce théâtre, le petit Fernand suivait les va-et-vient de l'"équipe", celle des exécuteurs, où officiait son père, ce club fermé, discret, 100 % masculin, s'éclipsant en camion puis, plus tard, en avion, pour transporter les "bois de justice" (les pièces de la guillotine) jusqu'à Oran ou Constantine, parfois jusqu'à Tunis. On disait "faire un déplacement".

    Initié par son père, à qui il offre, à l'âge de 14 ans, une maquette de guillotine, Fernand Meyssonnier assiste en juillet 1947, alors qu'il a 16 ans, à sa première exécution. Comme un dépucelage macabre : "Lorsque la lame est tombée, je me rappelle avoir poussé un petit cri : Ahhh ! Oui, quand il a basculé, de le voir basculer... quand j'ai vu que sa tête était entre les deux montants et que ça allait être la dernière seconde... (...) Et puis alors, le sang ! Parce que, dès qu'on le bascule, deux secondes après, la lame tombe, et il y a un jet de sang qui file sur le côté, qu'est rapide, comme deux verres qu'on jette à trois mètres", raconte-t-il dans ses Mémoires, Paroles de bourreau (éditions Imago), à paraître le 25 septembre. "La peine de mort, la guillotine, il est tombé dedans quand il était petit", commente Jean-Michel Bessette, professeur de sociologie à l'université de Besançon, qui a mis en forme le témoignage - premier du genre - de l'ex-bourreau d'Alger. Dans ce livre, une photo montre l'"équipe" en train de casse-croûter à l'intérieur du fameux camion. Le pain et les gamelles sont posés sur la corbeille (vide) qui sert à recueillir les cadavres des exécutés. "Repas froid à trois heures du matin", a noté Maurice Meyssonnier. Pique-nique avec la mort, en habitués. Le cliché doit dater de la fin des années 1950. Cette nuit-là, sur la route de Tunis, "il faisait un froid de canard", rapporte simplement Fernand Meyssonnier. "Après l'exécution, on rentrait chez nous, comme un entrepreneur après son travail. Ou comme un chirurgien qui vient de faire une opération, ni plus ni moins", dit-il encore.

    Etrange "opération" que celle qui consiste à infliger la mort à l'un de ses semblables. Froidement, avec méthode, en chemise blanche et cravate noire. "Quand on fait tomber la lame, c'est comme un film à toute vitesse. En deux secondes, tout est fini. Ça donne un sentiment de puissance." Peu importe, à cet instant-là, de savoir qui est le condamné. Peu importent sa vie, son nom, la couleur de ses yeux. Au contraire. "Le type qu'on guillotine, il ne faut pas penser à lui, il faut se concentrer sur la technique." En parlant, Fernand Meyssonnier s'est levé. Tout son corps se met à bouger. "Pendant l'exécution, je suis un autre homme : je pense aux victimes, à ce qu'elles ont subi, je suis le bras vengeur."Dans son salon, entre les fauteuils et la table de billard, il mime l'exécution.

    Ses gestes sont précis. La fonction de "photographe" (placé au pied de la guillotine, il doit saisir la tête du condamné qui passe par "l'objectif" et la poser, une fois coupée, dans la bassine prévue à cet effet) est une fonction "délicate" et "dangereuse". On a la mort au bout des doigts. "Dès que la lame tombe, pfffch... la tête me reste entre les mains ! Tenir une tête entre ses mains après la chute de la lame, c'est quelque chose de très impressionnant qu'on ne peut pas vraiment expliquer", assure Fernand Meyssonnier. 

    Est-ce par perversité ou parce qu'il est blindé qu'il décrit avec un tel luxe de détails les bruits de la guillotine, l'odeur du sang humain, la fureur d'un condamné qui hurle et se rebelle, ou, chez cet autre, "là, l'effroi dans le regard" avant l'affreuse bascule ? La mort, cette mort-là, si froide et si rapide, Fernand Meyssonnier en est imprégné. Comme la France de l'époque en était imprégnée. Bien qu'aient figuré, parmi les condamnés, des "assassins de grande valeur", selon le mot d'André Berger, bourreau également connu sur la place d'Alger, "aucun de ceux qu'on a guillotinés n'était un innocent", martèle Fernand Meyssonnier. Lui et ses collègues ont-ils fait autre chose qu'obéir aux ordres donnés par la justice - et, durant la guerre, par l'armée ? N'avait-on pas décoré, dans les années 1950, de la "médaille de vermeil du travail" le prédécesseur et "parrain" des Meyssonnier, Henri Roch, pour ses bons et loyaux services en tant qu'"exécuteur des sentences criminelles" - terme officiel désignant le bourreau ? "Fernand Meyssonnier a le sens et le goût de l'histoire. Il se rend compte qu'il s'est trouvé dans une situation historique très particulière", souligne Jean-Michel Bessette. "S'il fait un tel récit, c'est par souci de témoigner de la manière la plus complète de cette période, qui fait partie de l'histoire de la France." 

    A Fontaine-de-Vaucluse, dans un coin du salon, une grande pièce lumineuse, prolongée d'une terrasse surplombant la rivière et les toits du village, Fernand Meyssonnier a installé sa guillotine miniature - celle offerte à son père, aujourd'hui décédé. Dans le petit panier d'osier posé au pied de la machine, il a mis une paire de lunettes.

    Non, pas les siennes, mais celles d'un Algérien décapité pendant la guerre. Sur le coup, il a du mal à se rappeler son nom. "C'est celui qui préparait les bombes, vous savez ? On l'avait surnommé le chimiste. C'est moi qui lui ai retiré ses lunettes. Je les ai gardées en souvenir", explique l'ancien bourreau. La famille d'Abderrahmane Taleb, combattant du FLN guillotiné le 24 avril 1958, à Alger, n'en a sans doute jamais rien su. Ce n'est pas la seule relique que Fernand Meyssonnier ait gardée près de lui. Le salon, à lui seul, est un bizarre capharnaüm : outre la mini-guillotine paternelle, on peut y admirer des tableaux de vahinés et des colliers de coquillages rapportés de Tahiti, une carte d'Alger de 1961, ornant la table basse, la photo d'un bagnard anonyme et, sur un bout de table, le moulage en bronze de la tête et des mains de Fernand Meyssonnier lui-même. "Je veux qu'on y mette mes cendres", commente le vieil homme, en tapotant d'un doigt distrait le dessus de son crâne en bronze. Sur la cheminée, cachées derrière un bouquet de fleurs séchées, reposent les cendres de ses parents.

    AU rez-de-chaussée de la maison, à l'endroit où l'ancien guillotineur d'Alger avait ouvert, en 1992, un éphémère Musée de la justice et des châtiments, des choses plus étonnantes encore dorment sous la poussière : des instruments de torture datant du Moyen Age, une copie de guillotine grandeur nature, mais aussi, derrière une glace sans tain, la tête d'un décapité baignant dans le formol - "il a dû être exécuté à Paris, en 1901 ou 1902" - et, au fond d'un carton, le cadavre desséché, pareil à une momie, d'un inconnu de sexe masculin que Fernand Meyssonnier croit avoir acheté "il y a plusieurs années, lors d'une vente aux enchères à Drouot".

    S'il n'a guère la mémoire des dates, l'auteur de Paroles de bourreau a un sens aigu de la relativité des sentiments humains. "Ce qui se faisait avant en matière de torture, on ne le supporterait plus aujourd'hui : arracher les membres, brûler les pieds, tous ces trucs-là, ce n'est plus possible. A l'époque, les gens se ruaient pour voir : les exécutions publiques, c'était la corrida ! On est devenu beaucoup plus sensible. La pitié, finalement, c'est récent." En 1981, quand la peine de mort a été abolie en France, à l'initiative de Robert Badinter, l'ancien bourreau d'Alger s'est rangé à l'avis général - "puisque, de toute façon, on ne peut pas revenir en arrière !". Sans renier son passé ni jeter la "veuve" aux orties. "Nous, avec la guillotine, on a donné la mort le plus vite possible, sans faire souffrir", dit-il, une pointe de fierté dans la voix.

    A entendre Fernand Meyssonnier, son métier d'exécuteur n'a jamais été un plaisir. "La vocation, c'est de la foutaise !", insiste-t-il, en évoquant les nombreux privilèges que cette fonction macabre apportait. Outre l'octroi d'un coupe-file, permettant de circuler malgré le couvre-feu, les membres de l'"équipe" disposaient d'un port d'arme ; surtout, ils jouissaient de la bienveillance des forces de l'ordre et, plus généralement, des autorités coloniales. Une aubaine, en ces temps de guerre. Payés au mois, quel que soit le nombre des exécutions, les employés de la guillotine ont même, "événements" obligent, bénéficié en Algérie d'une "prime de risque" et d'une "prime de tête"... Dans Paroles de bourreau, Fernand Meyssonnier raconte à loisir cette dolce vita algérienne, sur fond de petits trafics et de combines. L'indépendance de l'Algérie, en 1962, sonne la fin de la guerre et de la prospérité des Meyssonnier.

    Dans ce qui reste de son musée, l'ancien bourreau d'Alger pense à la mort. A celle de son père, emporté par un cancer de la gorge, en 1963, à Nice. A la sienne aussi : atteint d'un cancer du foie, Fernand Meyssonnier ne se fait pas d'illusions. "Quelqu'un comme moi, qui a exécuté 200 bonshommes, il ne peut pas se permettre d'avoir peur, hein !", lâche-t-il, le sourire triste. Il pense aussi à la mort de certains condamnés. Il y en a trois, pas plus, à propos desquels il se dit "troublé" : Fernand Iveton, le communiste, Abderrahmane Taleb, le "chimiste", et Madeleine Mouton - l'une des seules femmes guillotinées, exécutée en 1948, à Sidi-Bel-Abbès. "Ces trois-là, j'ai presque un peu de regret. Si j'avais pu, je les aurais sauvés. Attention, c'était vraiment des criminels, hein ! Mais, va savoir pourquoi, j'aurais préféré qu'ils meurent d'un arrêt cardiaque." Parole de Fernand.

    Catherine Simon 


    SOURCE : http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2002/09/16/le-bourreau-d-alger_290493_3208.html#3FBalJ7wkzIEx1XZ.99 

    FONTAINE-DE-VAUCLUSE :  Le bourreau qui avait coupé 200 têtes a fini ses jours dans le Vaucluse

    LE BOURREAU A GARDÉ

     LA MÉMOIRE JUSTE

    (Article paru le 6 octobre 2006 sur Le Figaro)

    Le 9 octobre 1981, la peine de mort était officiellement abolie en France. 25 ans plus tard, Fernand Meyssonnier, l'un des deux «exécuteurs» encore vivants, se souvient de la guillotine et des condamnés.

    «François Mitterrand ? Drôle d'abolitionniste ! J'ai été fort surpris quand il a supprimé la peine de mort. Parce que je l'ai bien connu. A une époque où il était contre le châtiment suprême, mais tout contre...» Fernand Meyssonnier, 75 ans, sait de quoi il parle. De 1947 à 1961, il fut exécuteur des arrêts criminels à Alger. En d'autres termes et pour le grand public : bourreau de la République. Aujourd'hui retiré à Fontaine-de-Vaucluse, le vieil homme se souvient : «François Mitterrand fut garde des Sceaux de février 1956 à juin 1957, pendant ce qu'on appelait pudiquement les ''événements d'Algérie''. Lors de son passage, il y eut quarante-quatre décapitations et peu de grâces accordées. Je le sais : c'est moi qui faisais marcher la guillotine avec mon père.»

    «La Veuve», «la Bécane», «la Lucarne» : la machine inventée par le docteur Louis (son confrère Guillotin n'en fut que le théoricien et vulgarisateur auprès de l'Assemblée en 1791) fut la grande affaire de sa vie. A son actif, 200 exécutions. Dont la première à l'âge de 16 ans, en tant que «bénévole». Un précoce, le Fernand. Il faut dire que l'environnement familial était propice au développement de cette vocation. Certes, il aurait préféré être «danseur de ballet». Mais, à la maison, on penchait plus vers Thanatos que vers Terpsichore. Son père, Maurice Meyssonnier, fut exécuteur de 1928 à 1962. Et son parrain n'était autre que le fameux Henri Roch, surnommé «Monsieur d'Alger», qui officia jusqu'en 1945 (et mourut décoré de la médaille du Travail). Une histoire de famille. Côté Roch, on faisait remonter le premier bourreau au XVIIe siècle !

    Dans son salon, le vieux pied-noir me montre la guillotine 1868 en modèle réduit qu'il a fabriquée et offerte à son père à l'occasion d'un anniversaire. «Je n'avais que 14 ans, commente-t-il. Mon père était très fier.» Comment devient-on bourreau ? Pour comprendre, il faut lire son livre, Paroles de bourreau (éditions Imago, 2002). Passionnant. Même si Fernand Meyssonnier prétend aujourd'hui que certains de ses propos ont été tronqués par l'universitaire sociologue ayant recueilli ses souvenirs : «Il me fait dire que je suis contre la peine de mort. C'est faux. J'y suis toujours favorable pour les crimes de sang, commis sur les enfants ou les vieillards.» S'estimant floué, il refuse d'encaisser les droits d'auteur : «J'en fais don à l'Iile, Institution des invalides de la Légion étrangère.»

    La routine de la mort

    Ces chicayas n'enlèvent rien à l'unicité du témoignage. D'où il ressort qu'on peut exercer un métier anormal tout en étant normal. Car le sieur Meyssonnier n'a rien du sadique ou du psychopathe, n'en déplaise aux adversaires de la peine capitale. Sa description des faits est clinique : «Pour la guillotine, il faut être quatre : l'exécuteur en chef, qui actionne le levier (mon père), deux adjoints qui ligotent le condamné et le basculent sur la machine, et enfin celui qu'on appelle ''le photographe''. Moi, j'étais ''photographe''. Devant la lunette, les doigts placés derrière les oreilles du type, je devais le tirer vers moi pour qu'il ne se rétracte pas soudainement. C'est une position dangereuse : on peut se faire couper les doigts. La lame tombe de 2,35 mètres et pèse 40 kilos (l'équivalent de 700 kilos à l'arrivée). C'est moi qui disais ''Vas-y !'' à mon père quand j'étais prêt. Tout se jouait en un éclair.»

    Le plus étonnant dans son récit, c'est la nature des motivations : «Personne n'est obligé de remplir les fonctions d'exécuteur. C'est en toute conscience qu'on fait ce choix. Nous étions des auxiliaires de justice. On touchait un salaire niveau smic, plus une prime de risque et une prime de tête, pendant la guerre d'Algérie. Mais chacun avait son affaire à côté : mon père tenait un bistrot, par exemple. En réalité, l'argent ne comptait pas. On faisait ça parce que les exécuteurs étaient reconnus et appréciés en Algérie. Et parce que cela nous apportait un tas d'avantages : port d'armes, transports gratuits, passe-droits auprès de la préfecture, etc.» Aussi simple que ça.

    Et qu'on n'aille surtout pas confondre exécuteur et exécutant, tempête Fernand Meyssonnier : «C'est mon père qui fixait le jour de l'exécution, pas la chancellerie. C'était presque toujours le mardi, le mercredi ou le jeudi. Cela l'arrangeait : il tenait à rester au bar du vendredi au dimanche, parce qu'il y avait foule ces jours-là. Même chose lors des déplacements à Constantine ou à Oran. Un jour, le procureur nous annonce six exécutions à faire. Mon père lui dit : ''On en fait trois tel jour, et trois autres le lendemain.'' Cela nous permettait de rester un jour de plus pour voir les amis et faire du tourisme. Idem pour l'horaire : à Alger, mon père exigeait qu'on ait terminé à l'aube, parce qu'il voulait être derrière son comptoir à 6 heures.»

    Des remords ou des regrets ? A l'exception de la seule femme qu'il ait décapitée (une empoisonneuse), il n'en conçoit pas :«Au seuil de ma mort, je lis et relis l'historique de ces 200 exécutions : nous suivions tous les procès et j'ai tout conservé. Je reste persuadé que les condamnés étaient coupables, en majorité des terroristes FLN, poseurs de bombes ou auteurs de massacres effroyables. Si j'avais éliminé un innocent, mon existence ne serait qu'un long cauchemar. Je savais qui j'exécutais et pourquoi. Si l'Etat nous a confié cette tâche pénible, c'est parce qu'il avait jugé que nous étions justes, honnêtes et sans haine. Nous avons simplement rempli notre devoir. Aussi, j'assume mes actes.» Et de citer Paul Claudel : «Il n'y a pas de plus grande charité que de tuer des êtres malfaisants.»

    Pour les Meyssonnier, comme pour tous les Européens d'Algérie, l'histoire bascule en 1962. Si le fils s'embarque pour Tahiti dès 1961 (un rêve de gosse), le père décide de rester : «La preuve de sa bonne foi ! Oui, lui, l'exécuteur en chef, qui a décapité des militants du FLN, il est resté après l'indépendance. Sa fonction, dont il avait une haute idée, le plaçait au-dessus de la politique.» Ce en quoi il se trompait : dénoncé (par un pied-noir qui avait des vues sur son bistrot !), arrêté, insulté, molesté et torturé par la police algérienne, il en réchappe miraculeusement. Expulsé manu militari «en pyjama et en chaussettes», il mourra deux mois plus tard, à la suite de ces mauvais traitements.

    Pour Fernand, qui n'a que 30 ans, une autre vie commence. Mis au chômage technique pour cause d'indépendance algérienne («Non seulement, nous n'avons pas touché d'indemnités mais l'Etat nous doit toujours deux ans de salaire !»), il s'installe à Tahiti. C'est là-bas qu'il rencontre Simone, son épouse actuelle et la mère de sa fille Taina. Après quelques années de vaches maigres et moult jobs, il se lance dans des expériences commerciales aussi étranges que fructueuses : balades en corbillard pour touristes américains, entreprise de désinsectisation, etc. Surtout, il achète un terrain qu'il revendra, vingt-cinq ans plus tard, cent fois sa valeur initiale, à Gaston Flosse, le ponte de la Polynésie !

    Passionné d'histoire

    En métropole, avec l'argent gagné, il revient à ses premières amours. De Drouot à Christie's, il court les salles des ventes et récupère archives, documents (autographes de Robespierre ou de Fouquier-Tinville, entre autres) et objets. Tout ce qui se rapporte à la peine capitale et aux supplices depuis le Moyen Age. Non par esprit morbide : «Je voulais démontrer que, paradoxalement, la guillotine a été inventée dans un souci d'humanité et d'égalité. Sous l'Ancien Régime, le raffinement et la diversité des tortures infligées (la ''question'') étaient incroyables ! Atroce. En outre, il y avait inégalité devant la mort : la décapitation était réservée aux aristocrates. Les roturiers étaient pendus, brûlés ou roués. La Révolution a voulu mettre tout le monde au même niveau devant la mort.»

    Après avoir tenu un éphémère musée de la Justice et du Châtiment (fermé faute de visiteurs en 1998) à Fontaine-de-Vaucluse, il se retrouve à la tête d'une imposante collection. Pour rien, se plaint-il : «J'ai un cancer, et mes jours sont comptés. Ma fille ne s'intéresse pas à l'Histoire. L'Etat ne veut pas entendre parler de ce passé. Que faire ? Vendre aux Américains ?» Ses deux perroquets ont beau siffloter La Marseillaise sur le balcon, c'est sans doute ce qui va se produire. Quant à Fernand Meyssonnier, il attend la mort, cette mort qu'il a si souvent administrée en tant que représentant officiel de la violence légale. «Je veux être incinéré, précise-t-il. On mettra les cendres dans le bronze, là-bas.» Sur un meuble, il désigne son propre buste. Et devant cette tête sans corps reposent ses mains, moulées dans le même alliage. Les mains du bourreau ? Réponse : «Non, les mains de la Justice.»

    PAR JEAN-LOUIS TREMBLAIS

    SOURCE : http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2006/10/06/01006-20061006ARTMAG90429-le_bourreau_a_garde_la_memoire_juste.php 

      

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    1 commentaire
  • On nous a pas tout dit

    Nous étions au mois d’avril 2017

    François Hollande était encore président

     de la République

    Des anciens combattants

     contre la réhabilitation

     des fusillés pour l’exemple

    Le 16 avril dernier, le Président de la République a commémoré le centième anniversaire de la bataille du Chemin des Dames qui, comme on le sait, a fait des dizaines de milliers de victimes, sans aucun résultat militaire, du fait de la sinistre incompétence des généraux, dont le fameux Nivelle, surnommé « le boucher ».  

    Ce 16 avril 1917, Nivelle n’a cure des victimes, il continue contre toute raison à envoyer au front des vagues de Poilus, qui tombent les uns après les autres. Des centaines d’entre eux refusent ces ordres démentiels, ils mettent la crosse en l’air. Plusieurs dizaines seront fusillés pour l’exemple. C’est alors que quelques poilus écrivent et chantent la devenue célèbre « Chanson de Craonne ». « Adieu l’amour, adieu toutes les femmes. C’est bien fini, et pour toujours, de cette guerre infâme… Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront. Car c’est pour eux qu’on crève. Mais c’est fini, nous les troufions, on va se mettre en grève ». Cette « Chanson de Craonne », pour son antimilitarisme, sera interdite d’antenne jusqu’en… 1974 !

    Mais voilà qu’en ce mois d’avril 2017, d’anciens combattants montent au créneau pour s’opposer à une éventuelle réhabilitation des fusillés pour l’exemple. En effet, le comité national d’entente des associations d’anciens combattants, avec à sa tête le Général Bruno Dary, a adressé une lettre au Président de la République pour « mettre en garde les autorités de notre pays si d’aventure on venait à mettre en exergue ces fusillés pour l’exemple afin de les réhabiliter… Les millions de soldats méritent mieux dans notre souvenir collectif que la Chanson de Craonne ».

    Entre le comportement imbécile et criminel de certains généraux, et l’héroïsme des Poilus envoyés au carnage par vagues d’assaut inutiles et meurtrières, ce « comité national d’entente » semble avoir choisi. Est-ce vraiment à son honneur ?

    Tout avait commencé par cet article

     du quotidien Libération qui nous informait

    Au Chemin des Dames

     la «Chanson de Craonne»

     continue d’irriter le gradé

    Par Christophe Forcari 14 avril 2017

    Poilus au point de départ de l’attaque sur Craonne, dans l’Aisne, pendant l’offensive du Chemin des Dames. Photo Rue des Archives. Tallandier

    François Hollande commémorera ce dimanche le centenaire de la sanglante bataille, sur fond de mécontentement autour de l’interprétation du chant antimilitariste.

    Aucun de ses prédécesseurs n’en avait encore salué le souvenir. Dimanche, François Hollande sera dans l’Aisne pour commémorer le centième anniversaire de la bataille du Chemin des Dames. L’une des célébrations organisées à cette occasion suscite une petite polémique. Un chœur devrait entonner devant le Président la fameuse Chanson de Craonne, rengaine jugée suffisamment antimilitariste et pacifiste pour avoir été interdite d’antenne jusqu’en 1974. «Adieu la vie, adieu l’amour, adieu toutes les femmes. C’est bien fini, c’est pour toujours, de cette guerre infâme. C’est à Craonne, sur le plateau, qu’on doit laisser sa peau», dit le refrain. Un peu plus loin, les auteurs appellent leurs camarades à mettre la crosse en l’air. «Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendront. Car c’est pour eux qu’on crève. Mais c’est fini, nous les troufions, on va se mettre en grève.» Le comité national d’entente des associations d’anciens combattants s’est fendu d’une lettre au chef de l’Etat «pour mettre en garde les autorités de notre pays si d’aventure on venait à mettre en exergue ces fusillés pour l’exemple afin de les réhabiliter». «Les millions de soldats méritent mieux dans notre souvenir collectif que la Chanson de Craonne», écrit l’assez conservateur général Bruno Dary, à la tête de ce comité.

    «Dignité». Pour les hauts galonnés de l’état-major, il est un principe sur lequel on ne peut revenir : «La discipline est la force principale des armées.» En coulisses, les militaires jugent plutôt malvenu que cette chanson soit interprétée devant un chef des armées ayant envoyé près de 7 000 soldats sur les théâtres d’opérations extérieures. «Et si par malheur les honneurs sont rendus autour de la dépouille de l’un d’entre eux dans la cour des Invalides, on va jouer quoi ? Le déserteur s’emporte le gradé d’un régiment.

    Lionel Jospin, alors Premier ministre, avait été le premier, à quelques jours du 11 novembre 1998, à évoquer la mémoire des mutins. Il avait alors déclaré que ces soldats rebelles à des ordres imbéciles «devaient réintégrer pleinement notre mémoire collective nationale». Une déclaration jugée «inopportune» par le président Chirac. En 2008, Nicolas Sarkozy ajoutait encore une pierre à cet édifice en déclarant, «au nom de notre Nation, que beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s’étaient pas déshonorés, n’avaient pas été des lâches, mais que simplement, ils étaient allés jusqu’à l’extrême limite de leurs forces». Une démarche dans laquelle l’Elysée entend encore s’inscrire. «La mémoire de ces soldats qui ont pu avoir une défaillance doit s’inscrire dans le recueil de la mémoire collective», explique-t-on à l’Elysée, où l’on souhaite commémorer cette bataille «dans la paix des mémoires, la vérité et la lucidité. La France doit se rassembler dans l’amour de la patrie et de la dignité humaine».