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    Samia Ghali : «Il faut regarder l’Algérie

    comme un partenaire naturel de la France»

    «L’histoire est aujourd’hui devant nous» a dit Samia Ghali... mais des Algériens et des Français exigent que la France reconnaissent ces génocides en Algérie

    Samia Ghali, présidente du groupe d'amitié France-Algérie. D. R.

     

    Par Lina S. – Comme annoncé en exclusivité par Algeriepatriotique, Samia Ghali a été élue présidente du groupe d’amitié France-Algérie au Sénat français. «Je suis heureuse de prendre la présidence du groupe d’amitié France-Algérie au Sénat. Je remercie les sénatrices et les sénateurs de leur confiance», a déclaré la nouvelle présidente de cette instance, affirmant que l’Algérie «doit être regardée comme une sœur, un partenaire politique et économique naturel et essentiel de notre pays».

    «De très nombreux Français d’origine algérienne vivent en France et ont conservé des liens familiaux et fraternels avec l’Algérie. Les Algériens sont aussi extrêmement nombreux à venir dans notre pays. Ces échanges sont une richesse et une force pour un avenir apaisé et constructif fondé sur la solidarité et le respect mutuel qui unissent nos deux peuples», a encore affirmé Samia Ghali. «L’histoire est aujourd’hui devant nous», a-t-elle ajouté, en rappelant qu’elle a «toujours plaidé pour un partenariat renforcé et soutenu avec l’Algérie dans l’intérêt évident de nos deux pays».

    «Les Sénats algérien et français ont établi une feuille de route ambitieuse dont les grandes lignes concernent le renforcement de la coopération institutionnelle entre les deux assemblées, l’approfondissement du dialogue géopolitique, l’accompagnement d’un partenariat économique d’exception fondé sur des stratégies durables et de co-développement respectueuses des intérêts de chacun et enfin l’affirmation d’une coopération décentralisée volontariste pour notre espace méditerranéen notamment dans le cadre du dialogue 5+5», a précisé la nouvelle présidente du groupe d’amitié France-Algérie, qui s’est engagée à concentrer son travail dans le sens de «cette vision stratégique» des relations entre les deux pays. 

    L. S.

    SOURCE : https://www.algeriepatriotique.com/2017/11/22/ghali-preside-groupe/ 

     

    «L’histoire est aujourd’hui devant nous» a dit Samia Ghali... mais des Algériens et des Français exigent que la France reconnaissent ces génocides en Algérie

    Ce qui est déjà surprenant c’est que Samia Ghali (PS) soit élue présidente du groupe d’amitié France-Algérie au Sénat, alors qu’il y a une large majorité de droite et centriste. Mais l’Algérie ne l’entend pas de cette oreille : «L’histoire est aujourd’hui devant nous» a dit Samia Gali
    « Non, l’histoire ne sera jamais devant nous, tant que la France n’aura pas reconnu ses génocides en Algérie ».

    L'ALGéRIE DOIT MOURIR

     POUR QUE VIVE EL DJAZAIR

    Proposent même certains…

    Ainsi la fachosphère française

    Qui ne veut plus de l’islam

     en France retrouvera

     son « algérie française »

    La solution du solde de tout compte entre l'Algérie et la France, rendre à la France le nom "Algérie " et le remplacer par celui d'origine : EL DJAZAIR.

    Rendre à la France ce qui est à la France... Comme Bone est devenue Annaba et bien d'autres villes et villages d'El Djazair, des endroits qui ont acté de fait leur indépendance.

    Pouvez-vous essayer d'imaginer tous les aspects de la symbolique de cette démarche, elles sont incalculables rien que dans les domaines historiques, éducatifs, culturels et bien sûr politiques et psychologiques.

    Tous les rêveurs, les nostalgiques, les pieds-noirs, les harkis, les enragés... auront enfin leur " Algérie française ", ils l'emporteront avec les 132 ans d'occupation abusive, qu'ils reprennent  ce nom qui résonne mal, qui est même insupportable pour les 5 à 7 millions d'âmes  de Djazairis et de Djazairiettes morts  pendant cette période.

    Pour permettre aussi à un peuple  de s'extraire enfin de cette indépendance toute relative qui frôle parfois le virtuel, lui donner un repère, un point d'appuis SOLIDE pour naviguer dans cette mondialisation ciblée et intéressée. 

    Le nom d'un pays ne doit pas être un élément de langage  ou un problème de langue, celui d'El Djazair devait s'imposer naturellement le 5 juillet1962 si les Djazairis avaient pu accéder à leur liberté dans des conditions normales d'indépendance... ce qui fut loin d'être le cas.  Ce peuple a subi les secousses des années soixante presque seul, aux prises avec ses anges et ses démons suite à la confusion inspirée dés sa prise de pouvoir par un certain Charles D.

    Comme il était facile d'habituer les braves, les vainqueurs et les vaincus, les haineux et les rancuniers à dire ce nom d'EL DJAZAIR, pour signifier à tout le monde que c'est fini aussi psychiquement, pour permettre le deuil et l'oubli... le jour où ce nom résonnera dans le monde, où il incommodera certains des deux bords, qu'ils sachent qu'il émane de ceux qui veulent vraiment aller vers l'avenir, jeter les calculs politiques et lucratifs historiques et ouvrir une nouvelle page basée sur la vérité et la justice.

    Cette affaire concerne les Djazairis d'abord, c'est une question Djazairio-Djazairienne , elle ne concerne surtout pas les adeptes de la "France-Algérie" et ne concerne pas la France tout court. 

    C'est l'histoire d'un pays qui veut vivre en paix,  dans la paix sociale, la bonne gouvernance, la liberté, l'intelligence, l'oxygène... et qui s'appellera EL DJAZAIR.

    N.B : Pendant qu'on y est, on pourrait aussi changer le nom de la capitale (aux mêmes maux les mêmes remèdes) et lui redonner son " surnom " le plus célèbre : EL BAHJA, qui veut LA JOIE, la joie qui exulte, la joie du coeur...  l'une des joies de l'indépendance qui nous manquait.

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/bil7/blog/221117/lalgerie-doit-mourir-pour-que-vive-el-djazair 

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  • Après les « pieds-noirs »

     les « pieds-rouges »

     

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

     

    Personne n’ignore qui sont les « pieds-noirs », ces Français installés en Afrique du Nord jusqu’aux indépendances. En revanche, peu d’Algériens ou de Français savent qui sont les « pieds-rouges ». Il s’agit des militants de gauche ou d’extrême gauche, français, s’étant rendus en Algérie au lendemain de son indépendance afin d’œuvrer pour sa reconstruction et son développement, en dehors du cadre de la coopération.

    Alors que les « pieds-noirs » rentraient en France dans la précipitation, les « pieds-rouges » arrivaient sur la terre algérienne pour participer à la Révolution, au rêve algérien. Un ensemble assez hétéroclite de personnes. Des militants humanitaires, des professionnels de la santé, d’anciens « porteurs de valises », des enseignants et même des étudiants, ayant tout quitté pour rejoindre le peuple algérien. La plupart des Algériens les accueillirent à bras ouverts au début. Mais, suite à trois ans de période de grâce, beaucoup sont rentrés en France à cause du coup d’Etat du 19 juin 1965 du colonel Houari Boumediene. La répression du mouvement kabyle et le code de la nationalité qui liait la religion à la citoyenneté, ont dissuadé beaucoup de « pieds-rouges » de rester. De surcroît, « les socialistes en peau de lapin », comme les appelle Boumediene, ne sont clairement plus les bienvenus.

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    Après l’indépendance, des Français partent bâtir l’Algérie socialiste. Catherine Simon raconte l’engagement de ces « pieds-rouges », qui vira au cauchemar.

    L’atmosphère est électrique en Algérie en ce mois de juillet 1962. La France a officiellement reconnu l’indépendance du territoire qui sombre dans l’anarchie. Entre les fusillades de l’armée française, les règlements de compte des groupes algériens rivaux, les enlèvements et exécutions d’Européens, les attentats et sabotages de l’OAS, les pieds-noirs embarquent pour une métropole qui ne goûte pas le pataouète. Leurs meubles ont envahi les trottoirs, vestiges de cent trente-deux ans de colonisation : l’exode débute par une immense braderie. A la fin de l’été, 700 000 Européens seront partis (4 sur 5). Au même moment, quelques milliers de Français – on ignore leur chiffre exact – traversent la Méditerranée en sens inverse. Médecins, chirurgiens, infirmiers, instituteurs, ingénieurs, artistes, ils viennent occuper les postes vacants. Ils font don de leur personne pour participer à l’édification du socialisme dans la nouvelle Algérie. Anticolonialistes, porteurs de valises du FLN, insoumis, déserteurs, ils savourent leur victoire. Ils ont le sentiment de vivre le grand soir, entre révolution cubaine, guerre d’Espagne et résistance. Ils sont chrétiens de gauche, trotskistes, anciens communistes. Des journalistes pieds-noirs, entre mépris et dérision, baptisent « pieds-rouges » « cette ahurissante sous-espèce d’oiseaux migrateurs », raconte Catherine Simon dans une enquête remarquable sur cet épisode méconnu de l’histoire franco-algérienne.

    La force du récit de la journaliste du Monde repose sur les témoignages. L’entreprise relève de l’exploit. Jusqu’ici, les pieds-rouges s’étaient tus. Y compris ceux qui, entre-temps, avaient acquis une notoriété : l’ancien patron de TF 1 Hervé Bourges – qui refuse l’appellation – le géopoliticien Gérard Chaliand, l’écrivain Ania Francos, l’avocat Tiennot Grumbach, le photographe Elie Kagan, les cinéastes Marceline Loridan et René Vautier, le parolier Pierre Grosz… Il est difficile de parler d’un échec, encore moins d’un cauchemar. La réalité fut à mille lieues de l' »illusion lyrique » des premiers jours. Les pieds-rouges découvrent le poids de l’islam, le machisme, le mépris à l’égard des « gaouris » (nom donné aux chrétiens par les Arabes), l’absence de démocratie, les règlements de compte violents, la corruption… Le désenchantement est à son comble lors du coup d’Etat du colonel Boumediene et du renversement de Ben Bella, le 19 juin 1965. Des pieds-rouges entrent dans la clandestinité, d’autres sont arrêtés et torturés dans les ex-centres de détention de l’armée française ! Et pourtant, les victimes ne parlent pas. Leur culpabilité – françaises, elles doivent assumer les fautes du colonialisme – est trop forte. A leur tour elles sont contraintes au départ, sans ménagement. Elles laisseront leurs chimères sur le port d’Alger. Quelques rares entêtés resteront. Jean-Marie Boëglin, qui a abandonné Lyon, le TNP et Roger Planchon au début des années 1960 pour créer le Théâtre national algérien, rentre en France en 1981. Il se définit comme un « idiot utile ». Lénine utilisait la formule pour désigner les Européens apologistes du régime soviétique jusqu’à l’aveuglement. Une majorité des pieds-rouges – remplacés entre-temps par le coopérant, figure centrale des relations franco-algériennes – ont recouvré leurs esprits. Leur gueule de bois idéologique s’est dissipée. Mais à quel prix ?

    Voici donc l’histoire d’un pied rouge

     celle de Jean-Marie Boëglin

    « Nous aussi, nous sommes les cocus de l’histoire. Pas de manière aussi dramatique que les pieds-noirs ou les harkis mais quand même un peu », a déclaré Jean-Marie Boëglin. Cet ancien « pied-rouge » de 85 ans (en 2012) n’aura pas connu d’hommages ni d’insultes pour ce 50e anniversaire de l’indépendance algérienne. Il est juste tombé dans les oubliettes de l’histoire.

    Jeunes français militants, engagés à gauche, ils ont rejoint l’Algérie à partir de 1962 pour aider le nouveau pays à se construire. Avant de plier bagage quelques années plus tard, désenchantés. On les appelle les pieds-rouges. 

    En ce cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, la presse dégouline de témoignages de pieds-noirs, « cocus » de l’histoire. Mais il en est d’autres, bien plus discrets, qui ont longtemps répugné à parler. Jusqu’à ce qu’un jour… « J’ai été une sorte d’idiot utile. Mais si c’était à refaire, je recommencerais. Avec cette distance de savoir que l’homme est mal fait et que, quand on vous parle de collectif, il y a toujours un malin pour ramasser la mise, derrière… Mais oui, je recommencerais ! » L’œil bleu pétille sous la casquette. À 85 ans, Jean-Marie Boëglin doit s’aider d’une canne pour marcher, mais ne cherche pas ses mots. Il a fallu le prier un peu pour le convaincre de convoquer les fantômes de ses années pieds-rouges. Il râle qu’il va mal dormir après, raconte que la dernière fois qu’il a ouvert un carton de souvenirs, il a tout balancé dans l’Isère, juste en bas de chez lui, puis se lance. « Ce n’est même pas par idéologie ou par militantisme que je me suis engagé auprès du FLN, je suis plus instinctuel [sic]. Pour vous situer, à 15 ans, je me suis fait virer des Jeunesses communistes parce que trop libertaire et, à 17, de la Fédération anarchiste parce que trop marxiste ! Mais ma vie, c’était le théâtre. En 1957, je traînais à Lyon avec Roger Planchon. J’ai rencontré un jeune qui s’appelait Kader, passionné de théâtre lui aussi. Peu de temps après, il a disparu et ses amis m’ont appris qu’il était mort sous la torture dans un commissariat. Choqué, j’ai proposé un coup de main, puis l’épaule y est passée, puis tout le reste. »

    De son père, ancien chef de réseau Francs-tireurs partisans (FTP) durant la seconde guerre mondiale, Jean-Marie Boëglin a appris les techniques de la clandestinité. En 1961, il est condamné à dix ans de prison par contumace, et passe au Maroc. À l’été 1962, il entre en Algérie avec l’Armée de libération nationale (ALN) et gagne Alger. « Toutes les nuits, on entendait des coups de feu. Très vite, je me suis aperçu qu’il y avait une lutte pour le pouvoir mais bon, je me disais, c’est normal, c’est les séquelles du colonialisme. Quand je posais des questions, on me répondait toujours : “Ce n’est pas le moment.” Ça m’a refroidi, mais en même temps, on avait des moyens et puis, on se sentait un petit peu bolchevik quand même ! »

    Le théâtre, à nouveau, dirige sa vie. Avec Mohamed Boudia, qu’il a connu en France, et Mourad Bourboune, il fait partie de la commission culturelle du Front de libération nationale (FLN), qui crée le Théâtre national d’Alger en lieu et place de l’Opéra, et nationalise les salles d’Oran, Constantine et Annaba. La révolution est en marche, les pablistes ont l’oreille de Ben Bella, l’autogestion est le mot d’ordre sur toutes les lèvres. Boëglin devient l’un des enseignants les plus en vue du tout nouveau Institut national des arts dramatiques. Années heureuses où il a le sentiment de participer à la construction d’un monde et d’un homme nouveau. Jusqu’au coup d’état du général Boumediene, le 19 juin 1965. L’armée prend le pouvoir, l’islam est proclamé religion d’état, l’arabisation décrétée. « Les socialistes en peau de lapin », comme les appelle Boumediene, ne sont plus les bienvenus.

    « Le vrai visage d’un tas de gens s’est révélé à ce moment là. Et il n’était pas beau. Beaucoup de pieds-rouges sont partis, d’eux-mêmes ou chassés. Malgré tout, j’y croyais, je croyais très fort au théâtre, je ne voulais pas laisser tomber l’école de comédiens. Malgré l’exil de Boudia et de Bourboune, je me disais que tout n’était pas terminé. Et puis, en tant que petit blanc, je culpabilisais comme un fou. Alors, je ne suis pas parti. » Il est arrêté, brutalisé, puis relâché et retrouve son poste. En 1966, les actions commises contre la sûreté de l’État durant la guerre d’Algérie sont amnistiées en France. Vexé d’être mis dans le même sac que les militants de l’Organisation armée secrète (OAS), Boëglin refuse de rentrer. Fin 1968, il est viré de sa chère école de théâtre et trouve à se recaser dans la communication. « J’avais la vanité de me dire : si je gêne, c’est que je sers à quelque chose. Et puis, avec le recul, je me dis que quelques graines ont germé. »

    En 1979, des rumeurs l’accusent de sionisme et il comprend qu’il doit partir. Ce qu’il fera définitivement en 1981. De retour en France, à la Maison de la culture de Grenoble, il n’aura de cesse de mettre en scène des auteurs algériens.

    Le soir est tombé dans l’appartement au bord de l’Isère. Jean-Marie Böeglin tire sur sa pipe, en silence, puis lâche : « Nous aussi, nous sommes les cocus de l’histoire. Pas de manière aussi dramatique que les pieds-noirs ou les harkis mais quand même un peu… » Cette fois, l’œil bleu se voile. Pas longtemps. D’un revers de main, Jean-Marie Boëglin chasse les fantômes et assène : « Je survis parce que je suis en colère. Et cette colère me donne de l’énergie. Tout est en train de craquer et j’espère que je ne crèverais pas avant d’avoir vu l’effondrement du système capitaliste. »

    Entretien avec Catherine Simon, journaliste

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    Merci de cliquer sur le lien ci-dessous pour visualiser la vidéo

    Catherine Simon parle de son livre

    "Algérie, les années pieds-rouges"

     

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    http://information.tv5monde.com/afrique/entretien-avec-catherine-simon-journaliste-5189

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  •  Emmanuel Macron qualifie de "crimes

    contre l'Humanité" les faits d'esclavage

     en Libye

    "Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"

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    "Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"

    http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/emmanuel-macron-qualifie-de-crime-contre-l-humanite-les-faits-d-esclavage-en-libye-1005781.html


     

     

    "Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"

      

    1000 personnes (5000 selon les organisateurs) majoritairement issues de la diaspora afro-descendante, ont manifesté à Paris, samedi 18 novembre, pour dénoncer les pratiques esclavagistes en Libye. En cause selon elles : la responsabilité des dirigeants occidentaux dans la situation libyenne notamment celle de la France. 

    Je n’imaginais pas qu’il y aurait eu autant de monde”. Claudy Siar se dit ravi et fier. Lui qui, deux jours auparavant, criait sa colère sur une vidéo Facebook vue des milliers de fois et partagée tout autant. “Moi descendant d’esclaves, j’ai la haine“, protestait-il. L’animateur radio de 48 ans, producteur de l’émission Couleurs tropicales sur RFI, est à l’initiative de cette mobilisation ce samedi 18 novembre à 16h contre les pratiques esclavagistes en Libye. Il s’enthousiasme du “rassemblement spontané” rendu possible grâce à une mobilisation sur les réseaux sociaux. L’élément déclencheur : un reportage de la chaîne américaine, CNN, montrant des Africains vendus comme des esclaves ou enchainés dans des cages en Libye. Plusieurs personnalités avaient également relayé l’appel à manifester, comme Omar Sy, Mokobe de 113, Didier Drogba ou l’ancienne Miss France Sonia Rolland.

    Un collectif a d’ailleurs été créé à l’occasion : Collectif contre l’esclavage et les camps de concentration en Libye (CECCL). La mobilisation qui, au départ, devait être un simple rassemblement devant l’ambassade de Libye dans le 15ème arrondissement de Paris, s’est transformée en manifestation spontanée. Au cri de “Libérez nos frères” ou de “Libérez nos soeurs“, la foule est venue crier sa colère : 1 000 participants selon la préfecture de police de Paris, entre 5 000 et 6 000 selon Claudy Siar et d’autres à l’initiative. Majoritairement, les manifestants étaient issus de la diaspora afro-descendante. Les pancartes cartonnées arboraient plusieurs messages comme “L’esclavage, crime contre l’humanité” ou “Nous sommes tous des humains“. Autant d’inscriptions pour témoigner d’une situation universelle qui nous concerne tous, y compris les beaux quartiers parisiens.

    Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque plus personne, alors nous ne sommes plus humains 

    “Voir nos enfants enchaînés dans une cage, c’est inadmissible, c’est révoltant“, s’insurge Julie Mabea, musicienne de 43 ans. “Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque plus personne, alors nous ne sommes plus humains“, juge, pour sa part, Raphaël Agbemadon, équipier de vente de 37 ans. Les images ont servi d’électrochoc pour certains qui tenaient à battre le pavé parisien à tout prix. “J’avais prévu des choses ce samedi mais j’ai tout annulé à la dernière minute. Je ne pouvais pas rester chez moi”, explique Sisko Mbuma, militant associatif de 37 ans.

    Pourtant, la question de l’esclavage en Libye, et dans d’autres pays comme la Mauritanie, n’est pas nouvelle. Qu’est-ce qui a incité les gens à sortir dans la rue ? “Je pense qu’avant, les informations étaient restreintes. Maintenant, elles sont diffusées rapidement et partout grâce aux réseaux sociaux”, analyse Mireille Owona, gestionnaire de patrimoine de 33 ans. “Personnellement, avant ce reportage de CNN, je ne connaissais pas cette réalité” avoue Julie Mabea. Pour Raphaël Agbemadon “la jeunesse africaine est en train de prendre conscience. Il serait temps que les jeunes africains aient un sursaut d’orgueil pour que le cliché sur la misère en Afrique cesse”.

    “Sarkozy criminel, Sarkozy assassin” 

    Pour une grande majorité des manifestants interrogés, les pays occidentaux, la France en particulier, portent une grande part de responsabilité sur cette tragédie. “On ne peut pas reproduire ce qui s’est passé il y a 400 ans tout en connaissant les séquelles et les dégâts que cela occasionne“, analyse Sonia Lebrache, artisane de 33 ans. Sur la période récente, c’est l’interventionnisme occidental en 2011 en Libye qui est pointé du doigt à la quasi unanimité. Du coup, les slogans “Sarkozy criminel“, “Sarkozy assassin” ont jailli durant la manifestation.

    "Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"

    Les manifestants avaient décidé de rejoindre le consulat de Libye, rue Kepler, dans le 16ème arrondissement, en passant par le 7ème arrondissement via l’avenue Rapp et le pont de l’Alma. Jusqu’au pont, la manifestation avançait tranquillement avec une foule grossissant au fur et à mesure. Mais en raison de son caractère “spontané” qui n’avait pas fait l’objet d’une déclaration à la préfecture de police, la manifestation a été jugée comme illégale par les autorités. Par conséquent, des dizaines de CRS ont été mobilisés pour barrer la route des manifestants sur leur parcours. C’est sur l’avenue Marceau, à l’angle de l’avenue Pierre 1er de Serbie et au niveau de l’église Saint-Pierre de Chaillot que le cortège a été la cible de gaz lacrymogènes. “On est venu manifester pacifiquement. Des mamans, des enfants. J’ai même vu des nourrissons. Et tout d’un coup, on voit des CRS qui viennent, qui nous chargent” s’insurge Sisko Mbuma.

     Aucune dégradation commise mais des investigations demandées pour identifier les organisateurs d'”un rassemblement organisé au mépris de la loi” 

    La tête du cortège a pu passer à temps pour continuer sur l’avenue Marceau et arriver au niveau du consulat de Libye. Les autres groupes ont dû rebrousser chemin et se regrouper sur les Champs-Élysées, en remontant vers l’Arc de Triomphe. Mais les CRS attendaient justement ces manifestants pour les regrouper dans une nasse, sous les yeux de touristes surpris d’assister à une telle scène, avant que les CRS ne resserrent la nasse pour ne pas gêner la circulation automobile.

    Une fois sortis de la nasse, plusieurs manifestants se sont dispersés pour “faire du bruit” et alerter les riverains sur fond d’appels à regroupements cacophoniques. Par exemple, sur la place d’Iéna, un groupe d’une cinquantaine de manifestants a reçu des messages indiquant de se rendre vers le pont de l’Alma pour rejoindre d’autres groupes. Cinq minutes plus tard, il était question de se diriger vers la place du Trocadéro où d’autres manifestants les attendraient. Mais finalement, un rassemblement d’une centaine de manifestants a eu lieu sur l’avenue Kléber en fin de journée, autour de Claudy Siar, saluant ceux qui ont manifesté et les appelant à rentrer calmement chez eux et à ne pas provoquer les CRS. “Aucune dégradation n’a été commise“, précise le communiqué de la préfecture de police de Paris, qui indique que “le Préfet a demandé que les investigations permettent d’identifier les organisateurs de ce rassemblement organisé au mépris de la loi afin que les procédures soient engagées aux fins de poursuites adaptées”.

    Claudy Siar l’assure : cette manifestation en appellera d’autres, mais aussi un travail auprès de l’ONU et de l’Union européenne sur la situation en Libye, afin d’obtenir des excuses “de façon officielle”. “Ce n’est que le début du commencement“. Un autre rassemblement est d’ores et déjà prévu vendredi 24 novembre à 16h, toujours devant l’ambassade de Libye à Paris, à l’appel de plusieurs associations comme la Coordination Sans Papiers 75.

    Jonathan BAUDOIN 

    Source : http://www.bondyblog.fr/201711191503/si-des-etres-humains-vendus-comme-esclaves-ca-ne-choque-personne-alors-nous-ne-sommes-plus-humains/#.WhVALnmDPX5 

     

    Esclavage en Libye : le discours poignant d'un député français descendant d'esclave

    "Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"

    Ovation pour un député moDem

     à l'Assemblée suite à sa question

     sur les ventes d'esclaves en Libye 

     

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    Je remercie Hubert Rouaud, membre de la 4acg de m’avoir fait parvenir cette info : constatez cette absurdité, des Anciens Combattants, 99 ans après la fin de la première guerre mondiale crient au scandale lorsqu’un maire entonne « La Chanson de Craonne » c’est toute la différence qu’il y a entre les partisans des « Va-t’en-guerre » et les partisans pacifistes, j’ai choisi mon camp depuis longtemps... D'ailleurs qui sont ces anciens combattants d'aujourd'hui... il ne reste quasiment plus que ceux qui ont participé à la sale guerre d'Algérie, avec ses crimes de guerre et d'Etat, avec ses 600 à 700 villages calcinés au napalm, autant d'Oradour-sur-Glane algériens, avec ses tortures, avec ses viols, avec ses "crevettes Bigeard"... c'était le temps de la France Coloniale, la France de la Honte... et les voilà ces anciens combattants fiers de leur guerre, fiers de leurs décorations, bombant le corse... peuvent-ils prétendre qu'ils en ont bavé autant que ceux de la Grande guerre 14-18 ? 

     

    Michel Dandelot

    Ancien appelé de la sale guerre d'Algérie

    Contre sa volonté

    A refusé la Croix du Combattant

    Et refuse le terme de combattant

     

    Pour conclure voici le commentaire d’un ami (avec son pseudo Germanicus) :

      "En quoi cela est-il antimilitariste ? Certains anciens combattants veulent exclure ceux qui ont été fusillés pour l'exemple, mais de quel droit ? Ils ont combattu  comme les autres contre l'envahisseur...Ils n'ont pu continuer, et alors ? C'est humain. Ces donneurs de leçons ont l'esprit rabougri et n'ont pas à décerner des brevets de patriotisme !"   et je vais habiller cet article à ma façon. Pour commencer écoutons Lionel Jospin :

     

    Ile d’Oléron : le 11 Novembre tourne

    à la polémique

    Le monument aux morts, l’un des rares pacifiques, est pourtant le théâtre d’une lutte entre les mémoires. Marie-claire Vergnol

    Les anciens combattants sont remontés après l’interprétation de la contestataire "Chanson de Craonne" samedi, à Dolus-d’Oléron. Le maire la justifie.

    La cérémonie du 11 Novembre n’a rien eu de la manifestation consensuelle en souvenir des soldats morts au combat, samedi midi à Dolus-d’Oléron. En cause, l’interprétation lors de l’hommage aux poilus de la « Chanson de Craonne ». Une chanson contestataire interdite lors de la Première Guerre mondiale en raison de ses accents antimilitaristes et qui reste aujourd’hui associée aux mutineries de 1917.

    Drapeaux retirés

    Porte-drapeaux et présidents des associations patriotiques présentes se sont retirés lorsque le maire, Grégory Gendre, a évoqué dans son discours les mutineries avant que ne soit entonné l’air de la chanson dont les paroles ont été distribuées au public. En présence de représentants de la toute nouvelle Association laïque des amis des monuments pacifistes de Charente-Maritime, dont le siège est… à Dolus, où trône depuis 1923 l’un de ces monuments représentant une veuve oléronnaise enveloppée dans sa cape tenant contre elle un orphelin. « Le maire anti-militariste n’a aucun respect pour les cérémonies patriotiques.

    Le président des anciens combattants de Dolus n’avait « jamais vu ça » en 46 célébrations du 11 Novembre

    Il a lu un texte faisant l’apologie de la rébellion (de 1917, NDLR) », tonne Bernard Narcisse, président des Anciens combattants de Dolus, qui n’avait « jamais vu ça » en 46 commémorations du 11 Novembre. Après avoir fait replier les drapeaux et s’être mis à l’écart, les anciens combattants sont revenus à l’issue de la cérémonie pour chanter a cappella « La Marseillaise ». Dans un communiqué de presse, une douzaine d’associations patriotiques disent « se réserver le droit d’interpeller le président de la République ainsi que les autorités départementales responsables des manifestations du centenaire de la Grande Guerre ». Ils ont aussi alerté la préfecture, « qui a demandé aux gendarmes qu’un rapport soit fait », reprend Bernard Narcisse.

    Un thème chaque année

    Président de l’Association des maires de Charente-Maritime, Michel Doublet (Les Républicains) a également réagi par voie de communiqué, en « condamnant l’attitude inqualifiable » de Grégory Gendre qui a « entonné un hymne offensant les anciens combattants ».

    « Ce n’est pas mon habitude d’aller aux commémorations. À l’invitation du maire, Grégory Gendre, j’y suis allée, je ne suis pas déçue ! », apprécie de son côté Martine Agenais, la présidente de l’Association laïque des amis des monuments pacifistes de Charente-Maritime.

    Déjà remarqué ces derniers mois pour son combat contre l’implantation d’un Mac Donald’s, Grégory Gendre estime être dans son droit, tout en reconnaissant ne pas être « le plus militariste » des édiles. « Nous avons décidé chaque année de donner un thème spécifique aux commémorations du 11 Novembre », explique-t-il. Ainsi en 2015, 95 hommes vivants ont symbolisé les 95 victimes. Les attaques du général Nivelles et les mutineries de 1917 ont constitué le fil rouge de cette cérémonie que Grégory Gendre justifie doublement. D’abord en faisant référence au discours prononcé par Lionel Jospin, alors Premier ministre, le 11 novembre 1998 à Craonne. Ensuite en indiquant que le site Internet de la mission du centenaire reprend les paroles de la « Chanson de Craonne ». « C’est notre histoire commune à tous », assure-t-il. Le thème de l’année prochaine fera peut-être moins parler : le bilan économique et industriel de cette guerre.

    Le témoignage de Francisco GR...

    La réaction « d’associations d’anciens combattants » suite à la diffusion de la chanson de Craonne à la cérémonie du 11 novembre à Dolus me parait déplacée. Pourquoi ?
    Tout d’abord son refrain : « Adieu la vie, Adieu l’amour, Adieu toutes les femmes, C’est bien fini, c’est pour toujours, De cette guerre infâme, C’est à Craonne sur le plateau, Qu’on doit laisser sa peau, Car nous sommes tous condamnés. Nous sommes les sacrifiés.» me semble être un morceau d’anthologie de la poésie française.

    Cette chanson fut chantée par les soldats qui ont été mobilisés dans cette guerre terrible pour les populations, qui se sont mutinés, après l’offensive très meurtrière et désastreuse du général Nivelle au Chemin des Dames. Évidemment, ces mutineries furent durement réprimées, notamment par le général Pétain, qui n’hésita pas à faire condamner à mort 629 soldats dont 75 seront effectivement exécutés, 1380 peines de prison, 1400 peines de suppression de permission et de mise en première ligne.. Et cette répression s’abattit aussi sur les mutins anglais (306 exécutions), les mutins italiens (750 exécutions) et sur les Russes (les événements de la Courtine) (voir le livre "14-18, les sacrifiés" de Paul Markidès) : Ces soldats des tranchées méritent le respect.

    Continuons à diffuser cette chanson, enseignons là aux jeunes, transmettons là à nos connaissances sans relâche, vive la paix !  


     

     

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    Olivier Le Cour Grandmaison. Universitaire

    «La reconnaissance des crimes coloniaux

     a déjà eu lieu dans plusieurs pays»

    Olivier Lecour Grandmaison. Universitaire  «La reconnaissance des crimes coloniaux   a déjà eu lieu dans plusieurs pays»

    Avant la très prochaine visite d’Emmanuel Macron en Algérie, le 6 décembre, que faut-il en attendre par rapport au contentieux historique entre la France et l’Algérie ? 

     

    A tout le moins qu’Emmanuel Macron, désormais président de la République, respecte la parole d’Emmanuel Macron candidat, lorsqu’il a déclaré, sur la chaîne de télévision Echorouk News en février 2017, que «la colonisation était un crime contre l’humanité». N’oublions pas cependant que cette forte déclaration a été suivie de propos alambiqués sur le fait que «la France aurait installé les droits de l’homme en Algérie» mais qu’elle aurait «oublié de les lire».

    Propos qui témoignent d’une méconnaissance des réalités de la condition des «indigènes» algériens jusqu’en 1945, puisqu’ils furent, tout au long de la très glorieuse Troisième République, privés des droits et libertés fondamentaux individuels et collectifs, et soumis à des dispositions d’exception qui n’étaient applicables qu’à eux. Bel exemple de racisme d’Etat.

    De plus, de retour en France, il s’est platement excusé pour dire qu’il n’avait pas dit ce qu’il avait dit, tout en affirmant qu’il avait bien tenu les propos qui lui ont été reprochés par l’extrême-droite, les dirigeants des Républicains et quelques intellectuels, devenus de vulgaires idéologues, comme Alain Finkielkraut.

    En ces matières, comme en beaucoup d’autres, la formule «en même temps», si prisée par E. Macron, est susceptible de justifier tous les immobilismes et toutes les reculades, au motif que certains pourraient s’opposer à une telle reconnaissance. Si gouverner, c’est prévoir, c’est aussi trancher. Cinquante-cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, il est impératif de le faire en déclarant publiquement que des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont bien été commis par la France depuis la prise d’Alger en 1830 et la «pacification» de ce territoire par les colonnes infernales du général Bugeaud.

    Celui-là même qui a mis cette colonie à feu et à sang, commandé et couvert de nombreuses enfumades, dont celle, terrible, commise par le général Pélissier, dans les grottes du Dahra le 18 juin 1845. Bilan ? 700 morts au moins, tous des civils désarmés, des hommes, des femmes et des enfants. Pour paraphraser un philosophe, Paul Ricœur, qui, aux dires de certains, serait une référence pour l’actuel Président, ne rien faire, «serait ratifier l’impunité, qui serait une grande injustice commise aux dépens (…) des victimes» (P. Ricœur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Seuil, 2000, p. 612)

    Que pensez-vous que le président français pourra faire avancer lors de cette première visite ? 

    Il est clair que les enjeux de cette visite obéissent d’abord et avant tout à des considérations géopolitiques, économiques, financières et sécuritaires.

    Relativement au sinistre bilan de la colonisation française, les victimes, leurs descendants, qu’ils soient français ou algériens, toutes celles et tous ceux qui se sont engagés, parfois depuis des dizaines d’années, pour la reconnaissance des crimes perpétrés à l’époque, exigent que celle-ci dernière soit enfin effective. Alors que la plupart des responsables ont disparu, qu’il n’est donc plus possible d’engager des poursuites devant les tribunaux, c’est la seule façon de rendre hommage aux centaines de milliers d’hommes et de femmes qui ont été tués, massacrés, exécutés sommairement, torturés ou qui ont fait l’objet de disparition forcée. C’est la seule façon de leur rendre justice.

    A l’attention de ceux qui, dans l’Hexagone, dénoncent de façon pavlovienne une prétendue repentance qui nuirait à la cohésion de la France, rappelons que la reconnaissance des crimes coloniaux a déjà eu lieu dans plusieurs autres pays. Quant à leurs prédictions catastrophistes, elles ont été à chaque fois démenties. Le 10 juillet 2015, le gouvernement d’Angela Merkel a admis qu’un génocide a bien été perpétré contre les Hereros et les Namas par les forces du général Lothar von Lothar, entre 1904 et 1905, dans la colonie allemande du Sud-Ouest africain (actuelle Namibie).

    Le 12 septembre 2015, «le gouvernement britannique reconnaît que les Kényans ont été soumis à des actes de torture et à d’autres formes de maltraitance de la part de l’administration coloniale». (Libération, 14 septembre 2015). Ces mots sont gravés sur le mémorial, financé par la Grande-Bretagne et érigé à Nairobi, pour rendre hommage aux milliers «d’indigènes» massacrés par les troupes de sa Gracieuse Majesté lors du soulèvement des Mau-Mau dans les années 1950.

    Rappelons enfin que la Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Australie et les Etats-Unis ont tous, d’une façon ou d’une autre, admis que des traitements indignes avaient été infligés aux populations autochtones de leurs territoires respectifs.

    Et la prestigieuse France républicaine ? Sur ces sujets, elle n’est, jusqu’à présent, qu’une pauvre arrière-garde percluse de conservatismes et de mépris pour celles et ceux qu’elle a exploités, opprimés et massacrés au cours de son histoire coloniale, et pour leurs héritiers français ou étrangers. Il appartient au président E. Macron de mettre un terme à cette situation qui n’a que trop duré.

    Concluons en citant à nouveau Paul Ricœur : «C’est sur le chemin de la critique historique que la mémoire rencontre le sens de la justice. Que serait une mémoire heureuse qui ne serait pas aussi une mémoire équitable  ? »


    Dernier ouvrage paru : L’Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, Fayard, 2014.

    Walid Mebarek

    SOURCE : http://www.elwatan.com/hebdo/france/la-reconnaissance-des-crimes-coloniaux-a-deja-eu-lieu-dans-plusieurs-pays-21-11-2017-357116_155.php 

     

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  • Sur Facebook une pétition nous a été envoyée par une amie intitulée « Stop au trafic humain de migrants africains en Libye » cette amie nous demandant de la rejoindre en signant, ce que je fis, mais en lui précisant mon pessimiste quant à l’efficacité de cette pétition : « C'est fait, j'ai signé, mais malheureusement ces pétitions ne servent pas à grand chose, enfin c'est ce que je pense, peut-être que je me trompe »… Je connais même des hypocrites qui se réjouissent de cette immonde situation… en 2017 !

    « Stop au trafic humain de migrants africains en Lybie »

    Des ventes aux enchères clandestines d’êtres humains se dérouleraient une ou deux fois par mois en Libye, non loin de la capitale, Tripoli. Des migrants "noirs" d’Afrique subsaharienne sont cédés par des passeurs pour des sommes allant de 500 à 700 dinars libyens (jusqu’à 435 euros). Voici ce qui arrive désormais aux nombreux migrants qui transitent par la Libye pour gagner l’Italie, porte d’entrée en Europe.

    Il est temps de dire stop ! En 2017 ceci ne devrait pas être possible, un retour à la barbarie est inacceptable ! Signez cette pétition pour interpeller toutes les autorités compétentes pour libérer tous les captifs, punir les trafiquants et trouver une solution viable à cette migration du désespoir de la jeunesse Africaine !

    Esclavage en Libye : merci l’OTAN !

    Par Bruno Guigue
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    La politique occidentale, c’est toujours le grand écart : on part avec les droits de l’homme et on finit avec le marché aux esclaves.

    « Stop au trafic humain de migrants africains en Lybie »

    Une découverte, les pratiques esclavagistes filmées par CNN ? On tombe vraiment des nues ? Certainement pas. Le 11 avril 2017, l’Office international des migrations publiait un rapport indiquant que des milliers de migrants transitant par la Libye étaient vendus comme du bétail sur des marchés aux esclaves, avant d’être soumis au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle. Cette réalité, tout le monde la connaissait, et personne n’a rien fait.

    Lorsque Emmanuel Macron a consacré son premier voyage présidentiel à la région sahélienne, on n’a pas le souvenir qu’il ait dit quelque chose. Mais on le comprend : la sécurité des approvisionnements miniers de l’ex-puissance coloniale est une affaire beaucoup plus sérieuse, et on ne va quand même pas perdre son temps avec des broutilles. C’est vraiment dommage, car la France aurait eu beaucoup à dire sur la situation en Libye.

    Il ne faudrait pas l’oublier : si ce pays est à la dérive, s’il est dépecé par les factions rivales, si la violence y règne, c’est parce que la France et ses alliés l’ont anéanti en 2011. Les marchands d’esclaves ne sont pas tombés du ciel : ils sont arrivés dans les bagages de l’OTAN. Sous des prétextes humanitaires fabriqués par la propagande, Paris, Londres et Washington se sont arrogés le droit de détruire un Etat souverain. Ils l’ont remplacé par la loi de la jungle et le chaos milicien. On voit le résultat.

    Où sont-ils, ceux qui ont décidé de renverser Mouammar Kadhafi ? On aimerait les entendre, ces visionnaires. Nicolas Sarkozy voulait faire de cette croisade le joyau de son mandat. “Le chef de l’Etat a fait de l’intervention en Libye un combat personnel. Pour le rayonnement de la France”, titre “Le Monde” le 23 août 2011. Le rayonnement est aveuglant ! Pour Alain Juppé, l’intervention en Libye est “un investissement pour l’avenir”. Il aurait dû préciser que cet investissement n’était pas seulement pétrolier. Les esclavagistes le remercient. Eux aussi, ils investissent.

    Du côté de l’opposition de “gauche”, ce n’est guère mieux. François Hollande approuve le recours à la force contre Kadhafi “parce que sinon Kadhafi aurait massacré une partie de son peuple”. Qu’il se rassure : pour ce qui est des massacres, l’OTAN a fait ses preuves. Le 21 mars 2011, “Libération” demande à Jean-Luc Mélenchon pourquoi il approuve les frappes aériennes en Libye. Il répond : “La première question à se poser est la suivante : y a-t-il un processus révolutionnaire au Maghreb et au Moyen-Orient ? Oui. Qui fait la révolution ? Le peuple. Il est donc décisif que la vague révolutionnaire ne soit pas brisée en Libye.”

    Il faudrait pourtant que les progressistes ou prétendus tels se mettent sérieusement à méditer la leçon des faits. Car la politique occidentale, c’est toujours le grand écart : on part avec les droits de l’homme et on finit avec le marché aux esclaves. Certains ont beau l’emballer de rhétorique humaniste ou révolutionnaire, l’impérialisme reste l’impérialisme. On peut multiplier à foison les variantes du cache-misère idéologique, le prétendu devoir d’ingérence n’est que le droit que l’on s’arroge à écraser le voisin. C’est le droit du plus fort revu et corrigé par BHL.

    Les hypocrites diront que l’esclavage ne date pas d’hier et que cette affaire concerne les Africains, niant la responsabilité du néo-colonialisme. Poussés par la misère, ils sont des centaines de milliers à vouloir franchir la Méditerranée au péril de leur vie. La destruction de l’Etat libyen les a mis à la merci des passeurs qui les vendent comme du bétail. S’ils échappent à leurs griffes, leur calvaire ne fait que commencer. Quel paradoxe ! Victimes d’un monde dual, ces damnés de la terre n’ont d’autre espoir que d’aller traîner leur misère dans les pays qui ont fait leur malheur.

    SOURCE : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/esclavage-en-libye-merci-l-otan-198838 

     

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  • Là où tout a commencé mais de cela personne

    n’en parle ! 

    A quoi ont servi les 86 militaires français morts 

    en Afghanistan ? 

    Là où tout a commencé mais de cela personne n’en parle !  A quoi ont servi les 89 militaires français morts  en Afghanistan ?

     

    Obsèques du sergent français Damien Buil, mort en Afghanistan 

     © MaxPPP

     

    Dernière Marseillaise entonnée à Kaboul par les soldats français le 31 décembre 2014 car l’opération Pamir prenait fin officiellement elle avait débutée  en 2001 pour lutter contre les talibans et Al-Quaïda. Treize années de présence en Afghanistan qui ont coûté la vie à 89 militaires français, dont le Sergent Damien Buil, tombé lors de l'embuscade d'Uzbin en 2008. Pour son père Jean-François Buil, ce retrait définitif a un goût plus qu'amer. 

     

    "Un très grand échec de l'OTAN"



    "Mon sentiment est un sentiment de catastrophisme aigu, pour moi c'est un très grand échec de l'OTAN. 13 ans de conflit, 86 soldats français morts, 700 blessés. C'est un conflit qui n'a apporté que de la misère. Tous les jours je le revis".
    Un conflit trop long, qui n'aura servi à rien, selon Jean-François Buil. "Ces barbus, ces talibans sont toujours là-bas, ils sont partout dans le monde. C'est comme une mafia. Mon fils, ses camarades, tous ces soldats sont morts pour rien. En 2011, il y avait 140 000 soldats en Afghanistan pour venir à bout de cette rébellion, ils n'y sont pas arrivés et, aujourd'hui, on s'en va. Il ne se passe pas une journée sans qu'il y ait un attentat. C'est l'insécurité totale". 

    Le 31 décembre 2014  le dernier soldat français a quitté le sol afghan et passé le relais à une force turque. La presse nationale s'est contentée de relater l'événement, mais rares sont ceux qui ont dressé le bilan de cette opération.
    C'est Jacques Chirac qui a pris la décision d'intervenir en Afghanistan en 2001, aux côtés de l'OTAN et à la demande des Américains, qui voulaient punir ceux qui selon eux soutenaient les terroristes à l'origine des attentats du 11 septembre.
    L'objectif à l'époque, était en apparence noble : chasser les talibans de Kaboul, détruire les camps d'entraînement d'Al Qaïda en Afghanistan et reconstituer une armée afghane. Pour y parvenir, la France a envoyé plus de 70.000 soldats en Afghanistan. Le contingent français a atteint 4.000 militaires au plus fort des opérations, en 2010. Et cette intervention a coûté la vie à 89 soldats français et fait plus de 700 blessés.
    L'un des épisodes les plus dramatiques a été l'embuscade tendue par des insurgés à une unité française le 18 août 2008 dans la vallée d'Uzbin, district de Surobi, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kaboul. Onze militaires français avaient alors été tués et 20 autres blessés.  

    Treize ans plus tard, peut-on dire que les objectifs de 2001 ont été remplis? Les talibans n'ont été chassés que du coeur de ville de Kaboul et les résidents étrangers ne peuvent y circuler que dans un périmètre très restreint, ultra-surveillé et malgré tout toujours à la merci d'un attentat kamikaze ou d'une roquette.
    A part ça, l’Afghanistan n’a sans doute jamais été dans une situation aussi préoccupante : les talibans sont plus puissants que jamais, contrôlant de très larges pans du territoire et organisant de véritables vagues d'attentats qui ont déjà fait plusieurs milliers de victimes innocentes.
    La démocratisation mise en avant dans un second temps pour justifier notre présence militaire a définitivement tourné à la farce : la corruption, la criminalité, le trafic de drogue, la violence règnent partout. Et le pays est dirigé par un Hamid Karzaï qui négocie ouvertement son avenir avec les talibans, dont tout le monde sait qu’ils prendront immédiatement le contrôle total du pays à la minute même où les derniers militaires occidentaux auront quitté l’Afghanistan.
    Et c'est le même Hamid Karzaï qui a décidé de baser son nouveau code pénal sur la charia, et notamment de réintroduire la peine de mort par lapidation pour les personnes mariées "coupables" d’avoir eu des relations sexuelles adultères. Une décision confirmée auprès des dirigeants américains et des responsables des Nations Unies par Rohullah Qarizada, membre de la commission sur la loi coranique, celui-ci déclarant : "Nous travaillons sur un projet de code pénal de la charia prévoyant que la lapidation sera la sanction de l’adultère s’il est confirmé par quatre témoins oculaires". Les personnes coupables du même "crime" sans être mariées s’en tireront beaucoup mieux : elles ne recueilleront, elles, qu’une centaine de coups de fouet...
    Quand on dresse le bilan d'une opération, on ne peut passer sous silence son coût financier. Selon la commission de la défense de l’Assemblée nationale, la présence militaire française en Afghanistan a déjà coûté 3,5 milliards d’euros aux contribuables pour la période 2001-2013. Une somme qui n’inclut ni l’usure, ni la destruction des matériels aériens et blindés utilisés sur place, ni les frais médicaux, frais d’obsèques ou pensions d’invalidité, ni le coût du retrait progressif du contingent militaire français estimé entre 200 et 300 millions d’euros...
    Tout ça pour ça, serais-je tenté de dire !
    Ajoutons qu'en 2008, lorsque 11 soldats sont tombés dans une embuscade des talibans, de graves accusations avaient été portées par les familles contre l'incompétence de  l'état-major et le manque de moyens dont disposaient les soldats. C'est ainsi qu'on a découvert que ces derniers étaient sous-équipés, souvent obligés d'acheter eux-mêmes leurs équipements pour remplacer celui fourni par l'armée française, soit inadaptés, soit de très mauvaise qualité.

    Aujourd'hui, on est légitiment en droit de se demander à quoi ont servi ces 86 morts.
    SOURCE : http://www.zinfos974.com/A-quoi-ont-servi-les-89-militaires-francais-morts-en-Afghanistan_a79842.html  

     

    Pierre Barbancey, grand reporter, samedi 14 novembre 2015 : « Je suis actuellement en Irak. Ce pays qui a été démembré, ses communautés et ses confessions jetées les unes contre les autres, par une guerre voulue par les Etats-Unis en 2003. C'est sur ce terreau que s'est développé Daech, l'organisation de l'Etat islamique. 

    Des terroristes soutenus et aidés par des pays comme le Qatar, la Turquie et l'Arabie saoudite. Trois pays aux liens privilégiés avec la France qui leur vend des armes. 

    Il faut pleurer les morts du 13 novembre 2015 à Paris. Mais il faut aussi avoir en tête que les populations du Moyen-Orient vivent ce cauchemar au quotidien depuis des années. 

    La France officielle fait des guerres : Libye, Mali, Centrafrique, Irak... Toujours sous des prétextes humanitaires et maintenant contre le terrorisme… Ce qui est un leurre. La guerre n'a jamais rien réglé, au contraire. La guerre ne peut pas toujours se regarder à la télévision. Si on accepte qu'elle ait lieu ailleurs, alors il faut s'attendre à ce qu'elle nous revienne dans la gueule un jour. C'est pour cela qu'il faut la paix. Une politique internationale de la France dédiée à la paix, pas une politique de gendarme, vendeuse d'armes et de captation des richesses d'autres pays… » 

    Que rajouter de plus ? Juste s'interroger sur l'opportunité des interventions de plus en plus nombreuses décidées après l’Afghanistan… Puisque maintenant le terrorisme est en France… et maintenant la France n’a plus le choix… elle doit protéger ses enfants… et pleurer les 130 victimes du 13 novembre 2015… mais avant et après en commençant depuis 2012 pensons aux autres victimes innocentes et par ordre chronologique :

    11 et 19 mars 2012 - Toulouse et Montauban: Mohammed Merah tue 7 personnes.

    7 janvier 2015 - Charlie Hebdo : 17 victimes à Paris.

    13 novembre 2015 - La pire attaque terroriste sur le sol français 

    Le vendredi 13 novembre, la France subit l'attaque terroriste la plus meurtrière qu'elle ait jamais connue. Aux alentours de 21h20, une série de sept attaques est perpétrée par sept terroristes à Paris et Saint-Denis, provoquant la mort de 130 personnes et faisant 300 blessés, dont 99 graves. La tuerie est revendiquée par l'État islamique. Les sept terroristes sont tués pendant l'attaque. C'est la première fois qu'ont lieu des attentats suicides sur le sol français.

    13 juin 2016 - Deux policiers tués dans les Yvelines.

    14 Juillet 2016 - Nice visée pendant son feu d'artifice 

    Le soir de la Fête nationale, un camion-bélier fonce sur la foule venue observer le feu d'artifice sur la promenade des Anglais. Le bilan est lourd: 86 personnes sont tuées et 458 blessées. Deux jours plus tard, l'attentat est revendiqué par l'organisation État Islamique. Le conducteur est un Tunisien de 31 ans nommé Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Il a été abattu par la police française.

    26 juillet 2016 - Le prêtre Hamel est assassiné à Saint-Etienne-du-Rouvray 

    Pendant la messe de 9 heures, deux assaillants attaquent l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen. Ils assassinent le père Jacques Hamel, âgé de 86 ans de plusieurs coups de couteau. Les deux terroristes prennent ensuite en otage un couple de paroissiens et trois religieuses avant d'être abattus par les forces de l'ordre. Les deux terroristes, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean se revendiquaient de l'organisation État Islamique.

    20 avril 2017 - Un policier est abattu sur les Champs-Élysées 

    À Paris, un policier, Xavier Jugelé, est tué par balles et deux autres sont blessés sur les Champs-Élysées par un repris de justice français de 39 ans, Karim Cheurfi, qui est aussitôt abattu. L'attentat est revendiqué peu après par le groupe djihadiste État Islamique.

    1er octobre 2017 - Un homme tue deux femmes au couteau à Marseille 

    Deux jeunes filles sont tuées à coups de couteau, dimanche 1er octobre sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille par un homme qui a crié «Allah Akbar» avant d'être abattu par des militaires, conduisant le parquet antiterroriste à se saisir de l'enquête.

    Et depuis 2015 on nous annonce régulièrement un nombre considérable d'attentats déjoués.


    Alors je conclurai cet inquiétant article par le titre d’un article précédent :

    Nos morts…

     Vos guerres !!! 

     
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  • La vidéo d’Armande

    Un article de Jacques CROS

    Source : http://cessenon.centerblog.net/6572338-la-video-d-armande

    La vidéo d’Armande *** Un article de Jacques CROS

     

    Oui, nous sommes en mesure de vous communiquer le lien qui permet de visionner la vidéo que Midi Libre a consacré au témoignage d’Armande de Sète à l’occasion du 11 novembre 2017. Le voici donc :

    La vidéo d’Armande *** Un article de Jacques CROS

    http://www.midilibre.fr/2017/11/11/11-novembre-le-message-pacifique-de-la-setoise-armande-maillet-95-ans,1586150.php 

    La vidéo d’Armande *** Un article de Jacques CROS

    Comme vous pourrez le constater Armande fait part des souvenirs de la guerre de 14-18 que son père lui avait racontés avec l’épisode traumatisant du fusill2 pour l’exemple qu’il avait, requis d’office, tenté de défendre devant un conseil de guerre.

    Sont évoquées également la guerre civile en Espagne, la Résistance au temps de l’Occupation, l’action pour soustraire un Républicain des mains du franquisme. Armande s’est par la suite engagée contre les guerres coloniales, d’Indochine et d’Algérie.

    A ce propos elle nous avait raconté les suites judiciaires qu’avait occasionnées son opposition au départ en gare de Sète d’un train emmenant des rappelés en Algérie pour « le maintien de la sécurité et de l’ordre » ainsi qu’on appelait alors ce qu’on a fini par reconnaître comme étant une guerre. Une guerre anachronique, injuste et sans autre issue prévisible que l’indépendance de cette ancienne colonie.

    Malgré son âge respectable Armande est, vous pouvez le voir en visionnant la vidéo, toujours dans le registre de la paix et de la dénonciation de tous les facteurs qui conduisent à la guerre qui ne règle pas les problèmes mais les aggravent.

    Eh bien merci Armande !

    Jacques CROS

    La vidéo d’Armande *** Un article de Jacques CROS

    Jacques pour cette information

    Un vrai bonheur Armande

     

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  •  

    Contentieux mémoriel, Sahel, Sahara Occidental...  Alger-Paris : les sujets qui fâchent

    Paroles, paroles et encore des paroles, que tu sèmes au vent… 

    C’est l’Algérie elle-même qui nous prévient « sauf grande surprise ne vous attendez pas à des déclarations "historiques" de votre président comme celle du type « La colonisation est un crime contre l’humanité »… ce n’était, en fait que de la simple propagande électoraliste, alors qu’il n’était que candidat à la présidentielle… Comme Hollande ou Sarkozy… il ne devrait rien reconnaître de plus… c’est-à-dire : RIEN !!!

    Sa déclaration, très courageuse, avait suscité l’enthousiasme de nombreux historiens et de militants anticolonialisme, qui se sont adressés à lui, une fois élu, pour lever le déni qui entoure un certain nombre de faits, comme le massacre du 8 Mai 1945, la disparition de Maurice Audin ou encore les massacres du 17 Octobre 1961, à Paris. Mais leurs demandes ont à chaque fois été déçues. Contrairement à son prédécesseur, François Hollande, le nouveau locataire du Palais de l’Élysée, s’est abstenu de la moindre déclaration.
    De même, il a décidé de supprimer le secrétariat d’État des anciens combattants et de la mémoire, qui était en charge des pourparlers avec l’Algérie, sur un certain nombre de dossiers litigieux, liés à la Guerre d’Algérie, dont ceux relatifs aux disparus, aux victimes des essais nucléaires de l’armée française dans le Sahara algérien et de la restitution des archives. Un autre sujet épineux a été rajouté à la liste. Il concerne le rapatriement des crânes des résistants algériens conservés au Musée de l’Homme à Paris, et qui sonne comme un véritable imbroglio juridique.
     

     

     

    Contentieux mémoriel, Sahel, Sahara Occidental...

    Alger-Paris : les sujets qui fâchent

    Macron n’évoque pas les massacres du 17 Octobre 1961, à Paris. © D.R. 

     

    À Alger, le chef de l’État français devra sans doute dire pourquoi il garde le silence sur la période coloniale alors que, candidat, il s’était engagé à prendre des actes forts. 

    L’annonce par le président Emanuel Macron lui-même de son intention de se rendre à Alger le 6 décembre prochain intervient dans un climat politique, a priori, détendu entre la France et l’Algérie. Les accords ayant sanctionné la quatrième session du Comité mixte économique algéro-francais (Comefa), qui vient de se tenir à Alger, sont le reflet d’une coopération bilatérale, voulue comme exemplaire.
    Pourtant, les points de divergence entre les deux voisins méditerranéens ne manquent pas. Le plus grand malentendu est historique. Lorsqu’il sera à Alger, le chef de l’État français devra sans doute dire pourquoi il garde le silence sur la période coloniale, alors qu’il s’est engagé, lorsqu’il était candidat à la présidence de la République, à prendre des actes forts sur ce qu’il a considéré comme une page sombre de l’histoire de la France. M. Macron avait notamment qualifié, au cours d’une visite électorale à Alger en février 2017, la colonisation de crime contre l’humanité.
    Sa déclaration, très courageuse, avait suscité l’enthousiasme de nombreux historiens et de militants anticolonialisme, qui se sont adressés à lui, une fois élu, pour lever le déni qui entoure un certain nombre de faits, comme le massacre du 8 Mai 1945, la disparition de Maurice Audin ou encore les massacres du 17 Octobre 1961, à Paris. Mais leurs demandes ont à chaque fois été déçues. Contrairement à son prédécesseur, François Hollande, le nouveau locataire du Palais de l’Élysée, s’est abstenu de la moindre déclaration.
    De même, il a décidé de supprimer le secrétariat d’État des anciens combattants et de la mémoire, qui était en charge des pourparlers avec l’Algérie, sur un certain nombre de dossiers litigieux, liés à la Guerre d’Algérie, dont ceux relatifs aux disparus, aux victimes des essais nucléaires de l’armée française dans le Sahara algérien et de la restitution des archives. Un autre sujet épineux a été rajouté à la liste. Il concerne le rapatriement des crânes des résistants algériens conservés au Musée de l’Homme à Paris, et qui sonne comme un véritable imbroglio juridique.
    Sur la scène régionale et internationale, Alger et Paris ne sont pas aussi sur la même longueur d’onde. Leur plus grande divergence concerne la lutte contre la menace terroriste dans le Sahel. L’Algérie reproche à la France de jouer au gendarme dans la région en privilégiant l’option militaire et en ne tenant pas compte de ses positions en faveur d’une démarche inclusive et qui repose sur le dialogue. Pour exprimer son désaccord, l’État algérien a refusé d’intégrer le G5 Sahel, une alliance pour la lutte contre le terrorisme, formée par la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad et orchestrée par la France. L’autre problème est celui du Sahara occidental. Sur ce sujet, la France est accusée de s’aligner ouvertement sur la position du Maroc.


    S. L.-K.

    SOURCE : https://www.liberte-algerie.com/actualite/alger-paris-les-sujets-qui-fachent-281282 

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  • 200 rues parisiennes rendent hommage

     à la colonisation et c’est inadmissible 

    Est-il normal que des rues et boulevards parisiens portent les noms d'esclavagistes ou généraux ayant tenu des propos racistes ? C’est la question que se posent Didier Epsztajn et Patrick Silberstein dans leur Guide du Paris colonial et des banlieues.

    Rues, boulevards, avenues, places et autres voies, sans oublier collèges, lycées, statues et monuments, sont autant de témoins muets, mais ô combien parlants, de l’histoire telle qu’on nous la raconte et nous l’impose. Une histoire qui, comme l’écrit Robert Aldrich (1996) « reste marquée par cette volonté d’inscrire l’action coloniale sur les rues et les places de Paris ».

    Sur les quelque 6000 artères, places, promenades et impasses de la capitale, elles sont plus de 200 à parler explicitement du fait colonial. On y retrouve des officiers ayant fait leurs classes « aux colonies » avant, pour la plupart d’entre eux, d’atteindre les plus hautes fonctions en 14-18 et qui y seront de retour, pour les plus jeunes, dans l’entre-deux-guerres. Il y a aussi des « explorateurs », souvent officiers de marine ou de l’infanterie coloniale en « mission », des bâtisseurs, des ministres et des députés. On croise également des littérateurs, des savants, des industriels, des banquiers, des « aventuriers », des déclassés, voire des exaltés. Plus discrets et moins épiques, ils ne bénéficient cependant guère de la reconnaissance toponymique.

    Un peu partout, dispersées dans la capitale, se trouvent des rues et des avenues dont les noms qui, tout en ayant l’apparence de la prétendue neutralité d’un guide touristique, sont autant de points de la cartographie coloniale qui sentent bon le sable chaud et qui font tintinnabuler les vieilles rengaines du « temps des colonies » (Liauzu, 2002). Les rues de Constantine, de Kabylie, de Tahiti, de Nouvelle-Calédonie, d’Annam, du Tonkin, du Dahomey, de la Martinique, de la Guadeloupe ou du Congo ne sont pas une invitation au voyage, mais le rappel subliminal que ces terres étaient ou sont encore pour certaines d’entre elles, comme la Kanaky, des possessions françaises et qu’elles ont été le théâtre de la force des armes et de la « mission civilisatrice » de l’universalisme à la française.

    Bien évidemment, au fil du temps et des inversions de rapports de force, d’autres noms ont pu se glisser sur les plaques bleues pour dire que le Paris de 1792, de 1848, de la Commune et de la Libération est encore debout. La place Gabriel-Péri, les rues Guy-Môquet, Jacqueline-Jakubowicz et Groupe-Manouchian respectivement dénommées en 1944, 1945, 1954 et 1996, le carrefour du Général-Pâris-de-la-Bollardière, ce général qui dénonça l’usage de la torture en Algérie, dénommé en 2007, et quelques autres sont là, comme des coins enfoncés dans le Paris du « parti colonial ».

    Il est temps de « renoncer à la légende » (Manceron, 2006) et de mettre fin à la glorification du brigandage colonial et aux hommages à des personnages qui seraient, en vertu du droit international d’aujourd’hui, considérés comme des criminels de guerre ou des criminels contre l’humanité. Il n’est pas supportable que le Maréchal de France Bugeaud, « insulte permanente à l’émancipation des peuples et aux Algériens en particulier, et à la République qu’il a toujours combattue et haïe » (Le Cour Grandmaison, 2017), parade sur nos avenues. Il n’est pas supportable que des établissements scolaires portent le nom de Paul Bert, partisan d’une éducation limitée pour les peuples colonisés qui voulait « placer l’indigène en position de s’assimiler ou de disparaître ». Il n’est pas supportable que des établissements scolaires portent le nom de Colbert, le « ministre de Louis XIV […] qui jeta les fondements du Code noir, monstre juridique, qui légalisa ce crime contre l’humanité », qui « fonda la compagnie des Indes occidentales, compagnie négrière », l’homme qui « symbolise à la fois la théorie et la pratique » (Sala-Molins et Tin, 2017).

    Si cela n’aurait guère de sens d’éviter de déambuler dans les rues coloniales de Paris, il doit être possible de convoquer les innombrables fantômes qui peuplent la mémoire coloniale. Nous n’en citerons que quelques-uns qui nous viennent sous la plume : Frédéric Passy, premier prix Nobel de la paix en 1901 pour son hostilité au colonialisme, le chef kanak rebelle Ataï, la citoyenne Corbin, auteure d’une Marseillaise des citoyens de couleur, Jacques Nestor, tué à Pointe-à-Pitre en 1967, Solitude, l’esclave maronne et fanm doubout, Hocine Belaïd, ouvrier municipal communiste d’Aubervilliers tué par la police en 1952, Fatima Bedar disparue le 17 octobre 1961, Tran Tu Binh, l’ouvrier qui passa cinq années au bagne de Poulo Condor pour avoir dirigé la rébellions des coolies dans les plantations d’hévéa des usines Michelin en Indochine, les indigènes anonymes des régiments coloniaux qui ont pris Monte Cassino…

    Le passé colonial de la France est lourd à porter. Mais un héritage, cela s’accepte ou cela se refuse, en totalité, ou en partie. On peut aussi choisir de préférer de revendiquer un autre héritage, notamment celui des luttes anticoloniales. En tout cas, comme l’écrit Françoise Vergès (2011), si héritage il y a, il n’y a « pas de legs sans responsabilité, et cette responsabilité nous oblige à recevoir, mais aussi à choisir, à exclure, à préférer ». Ceux qui, tel le coq gaulois, se dressent sur leurs ergots pour empêcher que le moindre drapeau ne soit replié, que la moindre plaque ne soit dévissée ou reformulée, veulent nous contraindre à accepter leur patrimoine et à empêcher que la discussion sur le legs ne puisse déboucher sur un affichage public différent.

    Peuple français, tu as tout vu,
    Oui, tout vu de tes propres yeux,
    Et maintenant vas-tu parler ?
    Et maintenant vas-tu te taire ? (Kateb Yacine)

    Ceci est un extrait du Guide du Paris colonial et des banlieues

    Un livre de Didier Epsztajn et Patrick Silberstein, aux éditions Syllepse (link is external).

    Un peu partout, dispersées dans la capitale, on traverse des rues et des avenues dont les noms qui, tout en ayant l’apparence de la neutralité d’un guide touristique, sont autant de points de la cartographie
    coloniale : rues de Constantine, de Kabylie, de Tahiti, du Tonkin, du Dahomey, de Pondichéry, de la Guadeloupe… Toutes célèbrent des conquêtes et des rapines coloniales que rappellent la nomenclature des rues de Paris.
    Classées par arrondissement, les notices fournissent des éléments biographiques sur les personnages concernés, particulièrement sur leurs états de service dans les colonies. Des itinéraires de promenade sont proposés qui nous emmènent au travers des plaques bleues de nos rues en Guadeloupe et en Haïti, en Afrique, au Sahara, au Maroc, en Tunisie, en Algérie, en Nouvelle-Calédonie, en Indochine, à Tahiti, etc.
    Un livre qui se veut un outil pour un mouvement de décolonisation des cartographies des villes et qui propose un voyage (presque) immobile dans la mémoire coloniale de Paris.

    Propos recueillis par Inès Belgacem

    SOURCE : https://www.streetpress.com/sujet/1510665415-paris-hommage-colonisation-inadmissible 

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  • "Mais qu’est-ce que tu connais toi de la France si ce n’est Bugeaud et Bigeard... Je voudrais que tu retiennes que mes camarades et moi n’avons fait que notre devoir, car nous sommes l’autre face de la France. Nous sommes l’honneur de la France." Francis Jeanson s’adressant au Président Abdelaziz Bouteflika - (Juin 2000) 

    Chalon-sur-Saône n'oublie pas le philosophe

    Francis Jeanson le 18 novembre 2017 au studio 70

    7 nov 2017 - Daniel DERIOT

    « Un intellectuel engagé dans le siècle »... mais aussi dans la cité, tel est le thème de la rencontre qui se déroulera le samedi 18 Novembre prochain, au studio 70, à partir de 14 H 30.


    CHALONNAIS...DURANT UN PEU PLUS DE 3 ANNEES...

    MAIS UNE INFLUENCE QUI PERDURE

    En rendant hommage à Francis Jeanson, les membres de l'association bourguignonne des amis du Maitron ( A.B.A.M ) vont rappeler les engagements publics du résistant, de celui qui s'est opposé à la guerre d'Algérie, de celui qui a été à la direction de la préfiguration de la maison de la culture. En effet, en 1967, dans notre ville, Francis Jeanson a porté un nouvel élan culturel avec les soutiens du Ministre de la culture d'alors, André Malraux et celui du maire, Roger Lagrange. Des «  acteurs » chalonnais, engagés à ses côtés comme Colette Andriot, Paul Vannier ou encore Gérard Godot et Lise Visinand, vont au cours de cette rencontre apporter leurs témoignages sur la création de ce qui allait devenir en 1971, la maison de la culture ( M.C)... devenue en 1984, après le changement de majorité municipale, Espace des Arts.

    SANS OUBLIER « LA FOI D'UN INCROYANT » ET « L'ACTION CULTURELLE DANS LA CITE »

    Le philosophe après une campagne de dénigrement active a quitté notre ville, pour d'autres engagements professionnels et politiques, ces derniers seront évoqués. Du militantisme de la pensée, il passe à l'action celui qui avait créé le «réseau Jeanson» démantelé en 1960. Il entre alors dans la clandestinité. Jugé par contumace, condamné en 1960 à dix ans de prison ferme, il sera amnistié en 1966.


    Il a joué son propre rôle dans La Chinoise de Jean-Luc Godard. Engagé jusqu'au bout, il avait été président de l'Association Sarajevo en 1992 et candidat sur la liste L'Europe commence à Sarajevo du professeur Schwartzenberg lors des élections européennes de 1994. Parmi ses ouvrages, on retiendra La Foi d'un incroyant, Éloge de la psychiatrie et Sartre dans sa vie ou encore L'action culturelle dans la cité, paru en 1973 et dont notre ville a été pour le philosophe un laboratoire.....Francis Jeanson est décédé, le 1er Aout 2009...

    Guerre d'Algérie : qui se souvient

     des « porteurs  de valises » ?

    Ces oubliés de l’histoire algérienne

    Le 5 juillet 2012 l’Algérie a commémoré en grande pompe le 50e anniversaire de son indépendance. Une indépendance emportée de haute lutte et acquise dans la souffrance face à l’occupant. Or, les Français qui ont lutté pour l’indépendance et la reconstruction de l’Algérie, n’ont visiblement pas droit au chapitre.

    La Guerre d’Algérie (1954-1962) laisse de nombreuses traces dans les mémoires française et algérienne, chez ceux, civils ou militaires des deux camps, qui ont subi ou pratiqué des atrocités. A l’occasion de la 50e année de l’indépendance algérienne, l’histoire a refait surface dans la douleur, des deux côtés de la Méditerranée, même si les autorités françaises commencent lentement à reconnaître les actes de barbarie et à chercher la réconciliation avec la sœur-ennemie algérienne.

    Or, certains détails de l’histoire évitent la généralisation, l’analyse manichéenne de ce conflit, cette guerre ou guerre civile, assurément horrible. Parmi ceux-là, il est important de citer les « porteurs de valises ». Des journalistes, des artistes, des prêtres, des militants catholiques, qui sont devenus complices du Front de libération nationale (FLN). Qui parle à Alger du « Réseau Jeanson » ? Cette équipe, menée par Francis Jeanson, se chargera pendant pratiquement toute la guerre de collecter et de transporter des fonds et des faux-papiers pour les agents du FLN de métropole, une cinquième colonne indispensable à la résistance algérienne.

    Ce groupuscule sera finalement démantelé en février 1960 et son procès s’ouvrira le 5 septembre de la même année. Six Algériens et dix-huit Français, défendus par le jeune avocat Roland Dumas, sont alors inculpés et condamnés. Quinze d’entre eux sont condamnés à dix ans de prison, trois à cinq ans et huit mois, et neuf sont acquittés. Francis Jeanson quant à lui, sera condamné à dix ans de prison, puis amnistié en 1966.

    Des intellectuels de gauche apporteront par le « Manifeste des 121 » un soutien à ces « porteurs de valises ». Qui se remémore aujourd’hui de ces Français qui ont lutté et qui sont parfois morts, comme Henri Curiel, pour ou en raison de la cause algérienne ?

     

     Algérie : qui se souvient   des « porteurs  de valises » ?  Ces oubliés de l’histoire algérienne *** Francis Jeanson a été le fondateur de la Maison de la Culture de Chalon-sur-Saône

    Pour certains «vieux chalonnais, l’Espace des arts a été avant tout une maison de la culture, la fameuse Ma’cul où l’on militait autant que l’on se cultivait. Mais qui se souvient que justement l’ébauche de cette maison de la culture voulue par Malraux a été constituée par Francis Jeanson, personnage historique s’il en est ? Jeanson, disparu il y a seulement deux ans, à l’âge de 87 ans. Proche de Sartre, il avait géré à sa demande, la revue des Temps modernes.

    Un père nommé Francis Jeanson

    Militant pro FLN, Jeanson est condamné à dix ans de réclusion, par contumace. Celui que l’on nommait le porteur de valises du parti socialiste algérien, paye son engagement dans la guerre d’Algérie. Sous le coup d’une amnistie, il finit par revenir en France en 1966 et Malraux, toujours fidèle, décide de lui confier la charge de créer une préfiguration de la maison de la culture , ce sera à Chalon. Il ne restera dans la ville de Niépce que quatre ans entre 1967 et 1971 .

    Extrait du Journal de Saône-et-Loire

    Lorsque Francis Jeanson est décédé le 1er août 2009 la presse locale "Vivre-à-Chalon" avait écrit cet article :

    Fondateur de la Maison de la culture de Chalon : Francis Jeanson n'est plus

    4 août 2009 - DERIOT Daniel

    - Vidéos de Francis Jeanson par Dominique-Emmanuel Blanchard Nommé par M. André Malraux, alors Ministre de la Culture, directeur de la Maison de la Culture de Chalon lors de sa création,  M. Francis Jeanson est décédé à Bordeaux, il y a quelques jours.

    Ci-dessous une rétrospective de sa vie, de ses engagements parue sur hebdo-livres.fr :

    "Le philosophe, militant activiste, et écrivain nous a quittés samedi à l’âge de 87 ans.

    Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d'un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie (réseau dit des "porteurs de valise"), est mort à 87 ans, samedi 1er août près de Bordeaux. Il se voulait le défenseur des causes justes et s'était engagé aux côtés des combattants algériens après le déclenchement de la guerre d'Algérie, créant un réseau permettant de collecter et transporter fonds et faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France.

    Francis Jeanson est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont plusieurs consacrés à Jean-Paul Sartre, notamment Sartre par lui-même (1955) et Le problème moral et la pensée de Sartre (1966, Le Seuil)... mais aussi à des philosophes comme Montaigne (1994, Le Seuil). On lui doit également La Foi d'un incroyant (1976, Le Seuil), Eloge de la psychiatrie (1979, Le Seuil), Algérie (1991), Conversations privées 1974-1999 (2000, éd. Le bord de l’eau). Les éditions du bord de l’eau ont publié plus tôt cette année Cultures… & non-public et Quel sujet ? Pour quelle foi ?

    Né le 7 juillet 1922 à Bordeaux, licencié de lettres et diplômé d'études supérieures de philosophie, Francis Jeanson rejoint en 1943 les Forces françaises d'Afrique du Nord. Devenu reporter à Alger républicain en 1945, il rencontre Camus et Sartre. Ce dernier lui confie la gérance de la revue Les Temps modernes (1951-1956). Parallèlement, Jeanson crée et dirige aux éditions du Seuil la collection "Ecrivains de toujours".

    En 1955, il publie L'Algérie hors la loi, qui dénonce l'échec du système d'intégration des masses algériennes et affirme la légitimité des hors-la-loi du FLN, avec lequel il prendra contact. Du militantisme de la pensée, il passe à l'action et crée deux ans plus tard le "réseau Jeanson" qui sera démantelé en 1960. Il entre alors dans la clandestinité, quittant la France pendant quelques années. Jugé par contumace, condamné en octobre 1960 à dix ans de prison ferme au terme du procès de son réseau, il est amnistié en 1966. La découverte avait édité Le procès du réseau Jeanson en 2002. Autre biographie sur cette figure activiste : Marie-Pierre Ulloa avait rédigé Francis Jeanson : un intellectuel en dissidence en 2001 chez Berg International.

    Après cela, il se tourne alors vers l'action culturelle, puis l'action sociale en milieu psychiatrique. Il est chargé par André Malraux de diriger la Maison de la culture de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) de 1967 à 1971. Puis il participe ensuite à des expériences de psychiatrie ouverte et des réseaux de réflexion pour faire sortir la maladie mentale des murs de l'hôpital.

    Engagé jusqu'au bout, il est président de l'Association Sarajevo en 1992 et candidat sur la liste "L'Europe commence à Sarajevo" du professeur Léon Schwartzenberg pour les élections européennes de 1994."

    SOURCE : http://www.vivre-a-chalon.com/lire_Fondateur-de-la-Maison-de-la-culture-de-Chalon-_-Francis-Jeanson-n_est-plus,23030d51f775ec264c01adf8189da19ec86676fe.html

     

    Francis Jeanson: Un juste qui sauva l'honneur

    de la France

    "Mais qu’est-ce que tu connais toi de la France si ce n’est Bugeaud et Bigeard... Je voudrais que tu retiennes que mes camarades et moi n’avons fait que notre devoir, car nous sommes l’autre face de la France. Nous sommes l’honneur de la France."

    Francis Jeanson s’adressant au Président Abdelaziz Bouteflika - (Juin 2000)

    C’est par cette phrase que le philosophe Francis Jeanson a défini son rôle lors de l’aide qu’il a apportée à la Révolution algérienne : il n’a fait que son devoir et il n’en rougit pas, il se démarque des «autres» de tous les «nostalgériques» qui, au mieux, ont protesté mollement, notamment à propos de la torture, au pire, l’ont approuvée comme l’a fait à titre d’exemple avec une charité toute chrétienne, le cardinal Saliège pour qui, «la terreur doit changer de camp». Sait-on qui est Francis Jeanson, celui qui est mort dans l’anonymat le plus strict dans son pays? Peut-être parce qu’il s’est déterminé au moment où même les intellectuels biens pensants humanistes en temps de paix, dénonçaient, de loin, la torture en essayant toutefois de ne pas effaroucher le pouvoir pour ne pas compromettre leur carrière? De l’autre côté de la Méditerranée, dans l’Algérie d’aujourd’hui qui refuse de voir son histoire en face, sait-on que des Français se sont battus, se sont exposés et ont mis en jeu leur liberté et parfois leur vie pour l’indépendance du pays tout en étant fidèle à une certaine idée de la France?
    Le philosophe et écrivain Francis Jeanson proche de Sartre, est mort samedi 1er août à l’âge de 87 ans à Arès, près de Bordeaux. Francis Jeanson «Le porteur de valises» selon le bon mot de Jean-Paul Sartre, les a définitivement posées. Durant la Guerre d’Algérie il avait fondé le réseau Jeanson, le plus important réseau de soutien au FLN en Métropole.
    Jeanson était un intellectuel, un homme de conviction profonde, traduite dans le feu de l’action. Il s’opposera à Camus et à sa thèse que toute révolution débouche sur la négation des libertés. La position de Camus condamnait toute révolution alors que Jeanson soutenait le projet de ces révolutions, notamment les guerres de libération. Sartre interviendra dans cette célèbre controverse en assénant à Camus qui voulait garder ses mains propres : «Avoir des mains propres, c’est ne pas avoir de mains.»  
    Justement, l’action caractérise la vie de Jeanson qui, en 1943, à l’âge de 21 ans avait rejoint les Forces françaises d’Afrique du Nord. A la Libération, il entre aux Editions du Seuil. C’est à cette époque qu’il rencontre Jean-Paul Sartre et collabore aux Temps modernes. En 1948, rappelle Sud-Ouest, il part faire une série de conférences en Algérie et, là, découvre une situation dont il comprend vite qu’elle est intenable. La conviction de Jeanson reposant sur l’existentialisme de J.-P. Sartre postulait que l’opprimé recouvrait son humanité dans le processus même de la lutte contre l’oppresseur et son Etat. Jeanson a été choqué par le racisme des colons en Algérie qui parlaient de la boucherie du 8 Mai 1945 comme s’ils avaient tué des cloportes ! On comprend, alors, comment un intellectuel français qui, a priori, n’avait pas de relation avec l’Algérie, puisse être interpellé par le sort des indigènes et surtout par l’institutionnalisation de la torture qui restera longtemps taboue. Il a fallu attendre quarante ans pour que les langues se délient.  
    «Depuis 2000, écrit Florence Beaugé, témoignages, articles et procédures judiciaires se succèdent en France, portant sur les pratiques de l’armée durant les "événements" d’Algérie. La torture en Algérie ne date pas de 1957, année de la Bataille d’Alger, ni même de 1954. Les exactions commencent dès 1830, quand les troupes françaises débarquent à Sidi Ferruch, pour une expédition coloniale longue de quarante ans. Pillages, carnages, incendies de maisons, rafles de civils à grande échelle, etc. La conquête de l’Algérie s’accompagne d’actes de barbarie, les documents d’histoire en attestent. » « (...) Extrait d’une lettre d’un soldat à sa famille en métropole : Nous rapportons un plein baril d’oreilles, récoltées paires à paires sur les prisonniers. (...) Je lui fis couper la tête et le poignet gauche, et j’arrivai au camp avec sa tête piquée au bout d’une baïonnette. (...) Je l’envoyai au général Baraguay, qui fut enchanté.» »
    « Aujourd’hui encore, les noms des généraux Montagnac et Turenne restent connus en Algérie pour leurs «enfumades» de centaines de civils dans des grottes, en 1836 et 1837. Au XXe siècle, comme au XIXe, la «pacification» en Algérie passe par la répression (comme en Indochine ou à Madagascar).
    Policiers, gendarmes, magistrats disposent de pouvoirs beaucoup plus importants qu’en Métropole. Ils sont surtout totalement autonomes. Dès 1947 et 1948, André Mandouze et Francis Jeanson s’alarment, dans la revue Esprit, de la situation qui prévaut dans les trois départements français. Mais ils crient dans le désert. En 1951, un ancien résistant, le journaliste Claude Bourdet, pose la question «Y-a-t-il une Gestapo algérienne?» dans les colonnes de L’Observateur, et décrit les méthodes en vigueur dans les commissariats(...)La torture se généralise et s’institutionnalise, comme le reconnaîtra le général Massu, en novembre 2000, dans Le Monde.(...) La Guerre d’Algérie terminée, beaucoup de tortionnaires notoires feront carrière, en toute impunité. (...)Tous, abondamment décorés, sont à l’abri des lois d’amnistie décrétées après l’Indépendance. Amnistie signifie-t-elle amnésie ? (1)  
    Francis Jeanson, avec sa lucidité coutumière, explique pourquoi et au nom de quel intérêt la France a été amenée à torturer. Interviewé par le Monde il déclare : «Avant de s’indigner des atrocités commises en Algérie, il faut se demander pourquoi nous avons fait la guerre au peuple algérien et pourquoi nous avons laissé faire des choses qui n’avaient pas de raison d’être. (...) mais je ne comprends pas qu’on pose aujourd’hui la question de la torture sans poser la question de la guerre coloniale. Ce sont deux questions indissociables. On semble dire que, si la guerre avait pu se passer de la torture, elle aurait été justifiée. Pour moi, c’est le contraire. La torture ne pouvait être qu’un des aspects déchirants de cette situation.(...) Il y avait aussi les viols, les camps de concentration, qui faisaient partie de la guerre au même titre que la torture. Ce qui compte, à mes yeux, c’est que nous avons mené une politique de colonisation insoutenable. Depuis mai 1945, et les massacres de Sétif, on aurait dû le savoir. La torture n’est pas née de la Guerre d’Algérie en 1954. (...) Nous avons démissionné, laissant les véritables intérêts de la nation disparaître face aux exigences du grand colonat algérois.» «(...) Oui, je persiste à le penser, l’Algérie va s’en sortir. Cette population composite, et si riche de sa diversité, a toujours fait preuve d’exceptionnelles ressources dans les pires moments de son histoire. Le courage et l’humour ne lui ont jamais fait défaut...» (2)  
    En 1955, il publie L’Algérie hors la loi, qui dénonce l’échec du système d’intégration des masses algériennes et affirme la légitimité des hors-la-loi du FLN, avec lequel il prendra contact. (...) Il faut se replacer dans le lourd climat de l’époque. Depuis six ans, dure cette guerre qu’on refuse de nommer. (...) C’est dans ce contexte de mol conformisme et de démission intellectuelle que surgissent, dans les premiers mois de 1960, deux événements. Le premier tient à la révélation que des Français, généralement issus d’une mouvance de gauche mais réfractaires au militantisme officiel, se sont organisés clandestinement pour apporter leur soutien au FLN. Au nom de la maxime selon laquelle «un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple libre». «Ils ont choisi de se libérer eux-mêmes de leur virtuel statut d’oppresseurs en aidant les Algériens à se libérer d’une oppression coloniale dont ils refusent d’être solidaires. Au mois de février 1960, au scandale de la bonne presse qui les stigmatise comme des traîtres à la communauté nationale, une dizaine d’entre eux sont arrêtés par la police : ils appartiennent au principal réseau de soutien, qui organisait l’hébergement en France de responsables FLN et l’acheminement de sommes d’argent au profit de l’organisation indépendantiste.» (3)  
     
     
                                                     Le procès du réseau Jeanson en accusation
        
     Le second événement consiste en la mobilisation d’une appréciable partie de l’intelligentsia autour d’une Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, qu’on appellera couramment Manifeste des 121, d’après le nombre de ses premiers signataires, ce manifeste prône le droit à l’insoumission. Le Manifeste des 121 révèle en effet à l’opinion l’existence de jeunes soldats - plus de trois mille - qui refusent d’aller «pacifier» l’Algérie, voire désertent. Quand s’ouvre donc, le 6 septembre, le procès du réseau Jeanson, c’est dans cette atmosphère marquée par le soudain réveil d’une «gauche insoumise», qui n’accepte plus les messages de la guerre d’Algérie. Elle en bénéficiera tout en l’amplifiant. (...) D’emblée, en effet, le procès fut conçu comme une machine de guerre, si l’on peut dire : de guerre contre la guerre. Sa force de frappe en était le collectif des avocats du FLN, dirigé par Abdessamad Benabdallah, Mourad Oussedik et Jacques Vergès, qui rejoignirent de talentueux indépendants, au premier rang desquels Roland Dumas. Échappant chaque jour davantage à un tribunal désemparé, le procès du réseau Jeanson se transforma en «procès de la guerre d’Algérie» (3).  
    Jeanson le «traître». L’homme qui a monté, en France, le réseau de soutien au FLN. C’est lui, ce vieux monsieur qui ne regrette rien. «Je voudrais bien, dit-il, que l’on me donne l’unité métrique du regret.» Dans Notre guerre, livre qu’il fit paraître dans la clandestinité en 1960, il s’est expliqué sur son combat. A ceux qui lui reprochaient de soutenir les ennemis de son pays, il écrivait : «Notre cause n’est certes pas toute blanche. Mais la vôtre, de quelle couleur la voyez-vous?» Il est entré dans la clandestinité à la demande du FLN. «Ce qui se passait en Algérie au nom de la France était inadmissible. Il fallait être contre. La seule façon d’être contre, c’était d’être aux côtés de ceux qui se battent. On m’a souvent dit que c’était de la trahison. Mais, pour moi, il y avait déjà trahison : celle des valeurs de la France.» De ceux qui, dans l’ombre, acheminent les fonds réunis par la Fédération de France du FLN, fournissent des caches, procurent des faux papiers aux militants de l’indépendance algérienne en France. 400 millions de francs transitent chaque mois par les «porteurs de valises», révèle Jeanson aux journalistes. (4) 
    «En cette année 1960, écrit Dominique Vidal, où la France se résigne à la souveraineté d’une quinzaine de ses ex-colonies africaines, elle refuse obstinément celle de l’Algérie. Dès 1958, la diffusion des livres La Gangrène et La Question- publiés par les Editions de Minuit, mais aussitôt interdits parce qu’ils témoignent de la généralisation de la torture, mobilise des centaines de militants. (...) En juin 1960, des personnalités de toutes opinions - y compris gaullistes - se retrouvent dans le Comité Djamila Boupacha, cette combattante du FLN emprisonnée dont l’avocate Gisèle Halimi tente de sauver la tête.» (5)
    «Au début de la guerre, déclarera Hélène Cuénat, une des principales accusées du procès Jeanson, j’ai commencé par participer à des actions légales. (...) Puis il est devenu évident que cela n’aboutissait pas. La guerre continuait. Il m’a semblé qu’il n’y avait plus qu’un seul moyen, se ranger aux côtés d’un peuple qui luttait contre le colonialisme.» Comme elle, plusieurs centaines de militants basculent dans la clandestinité - les premiers dès 1957. Les réseaux, notamment celui dirigé par Francis Jeanson puis par Henri Curiel, prennent en main l’aide aux militants du FLN.
    (...) Malgré l’extrême confusion des débats, le procès braque les feux de l’actualité sur l’engagement de ceux qu’on appellera les «porteurs de valise». (5)
    Si le pouvoir espérait ainsi réduire au silence les partisans de l’indépendance de l’Algérie, il s’est lourdement trompé. (...) Rien, après le procès Jeanson et le Manifeste, ne sera plus comme avant. Le procès Jeanson - estime La Guerre d’Algérie, ouvrage coordonné par le communiste Henri Alleg - catalyse donc les réactions de certaines couches de la population. Il révèle aussi, peut-être surtout, la lente mais constante progression de leur opposition à l’aventure coloniale et aux méthodes barbares qui l’accompagnent. (...) [Ce mouvement] déjà largement développé dans de vastes secteurs de l’opinion publique, marque chaque jour plus fortement, en dépit de la propagande officielle et des savantes ambiguïtés des discours gaullistes, une impatience grandissante devant la guerre qui se prolonge. «L’histoire serait-elle injuste? Pour nombre de spécialistes de la Ve République, de Gaulle, revenu au pouvoir en s’appuyant sur l’armée et les ultras, donc censé maintenir l’Algérie dans le giron de la France, se serait en fait secrètement convaincu de l’inéluctabilité de l’indépendance. Et sa politique - zigzags compris - n’aurait eu d’autre but que d’en convaincre progressivement les Français. (...) Leur liberté, les Algériens la doivent donc d’abord à leur propre combat, et, pour une part, à l’aide de leurs amis français.» (5)
    A côté de Francis Jeanson, d’Henri Curiel mort assassiné, d’André Mandouze, de l’abbé Béranguer, du Cardinal Duval et de tant d’autres de cette «armée de l’ombre» qui joua un rôle non négligeable dans la libération de l’Algérie, quelle a été la reconnaissance de l’Algérie ?
    Est-il concevable que nos étudiants continuent à ignorer l’oeuvre et la pensée de Fanon ou de Jeanson et de tant d’autres. Assumons notre histoire !
    Paradoxalement, nos bourreaux sont mieux connus que nos bienfaiteurs. On continue en Algérie voire à Alger de parler du lycée «Bugeaud» (le fameux Bouchou dont nous parlait nos grands-mères pour nous faire peur !) de la cité «Lavigerie». Sait-on qu’il a tout fait pour christianiser par la force ? On parle de Rovigo de Clauzel, mais personne parmi les jeunes ne connaît l’humanisme de Mandouze, Jeanson, et de tant d’autres. Il nous faut rendre justice à ces «Justes». Des institutions devraient leur être dédiées et ils devraient logiquement faire partie de notre histoire.  
     
    1. Florence Beaugé : La torture, ou que faire de cet encombrant passé ? Le Monde 31.10.2004
    2. Francis Jeanson, «La question de la torture est indissociable de la question coloniale» «Propos recueillis par Thomas Lacoste et Hervé Le Corre Le Monde. 28 mai 2001
    3. Marcel Péju : Le procès du réseau Jeanson Préface à l’édition de
    2002
    4. F. Jeanson «La seule façon d'être contre». Le Nouvel Obs. n° 2085 21 octobre 2004
    5. Dominique Vidal : Ces «traîtres» qui sauvèrent l’honneur de la France.
    Le Monde diplomatique Septembre 2000

     
    Pr Chems Eddine CHITOUR
    Ecole Polytechnique Alger

    SOURCE : http://www.alterinfo.net/Francis-Jeanson-Un-juste-qui-sauva-l-honneur-de-la-France_a35427.html

     

     "Les égorgeurs ne justifient pas les tortionnaires " France Soir, 12 novembre 1957

     

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    1 commentaire
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    France-Algérie : Emmanuel Macron

     se rendra à Alger le 6 décembre 2017

    Emmanuel Macron va-t-il oser confirmer ses propos prononcés en début de cette année à Alger, souvenons-nous, vent debout, des responsables français de droite et d'extrême droite ont fait part de leur émoi et de leur "honte" après que le candidat à la présidentielle en France, Emmanuel Macron, a qualifié la colonisation de "crime contre l'humanité". C’est vrai qu’il n’était encore que candidat à la présidentielle, devenu président il a nommé, entre autres, Gérald Darmanin,  ministre de l'Action et des Comptes publics, ce dernier avait twitté :  

     

    France-Algérie : Emmanuel Macron   se rendra à Alger le 6 décembre 2017