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    Propos d'Eric Zemmour sur la guerre d'Algérie : le CSA met en demeure CNews

    Attention zemmour

    le carton rouge

    approche !!!


     

    « Discours polémique » lors de la Convention de la Droite : Eric Zemmour convoqué au tribunal le 22 janvier 2020

    La justice a fait vite. Le tribunal correctionnel de Paris a déjà convoqué Eric Zemmour suite à ses propos polémiques du 28 septembre, lors de la «Convention de la droite», organisé par des mouvements proches de Marion Maréchal. Selon nos informations, le polémiste révélé par Laurent Ruquier est attendu à la barre le 22 janvier, quatre mois pile après son discours, qui avait été retransmis en direct sur LCI.

     

    Propos d'Eric Zemmour sur la guerre d'Algérie : le CSA met en demeure CNews

    Par le passé, Eric Zemmour a déjà été condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale. Reuters/Benoit Tessier

     

     

     

    Le CSA a mis en demeure CNews de respecter ses obligations, notamment en matière d'incitation à la haine ou à la violence, à la suite de propos d'Eric Zemmour sur l'islam et la guerre d'Algérie, tenus dans l'émission Face à l'info, dans une décision publiée mardi.

    Cette mise en demeure constitue une forme d'avertissement pour la chaîne d'info du groupe Canal+. Dans les procédures du CSA, une telle décision peut précéder, en cas de manquements répétés, une sanction qui peut aller de la suspension temporaire d'un programme à un retrait de l'autorisation de la chaîne, en passant par des amendes ou privations d'écrans publicitaires.

    Le journaliste, écrivain et polémiste, est devenu mi-octobre la vedette de Face à l'info, une nouvelle émission quotidienne de CNews, lancée peu après la polémique déclenchée par son virulent discours sur l'islam et l'immigration fin septembre à la «convention de la droite», organisée par des proches de Marion Maréchal Le Pen.

    Et plusieurs de ses interventions dans l'émission présentée par Christine Kelly (ancienne membre du CSA) ont suscité un tollé.

    En particulier celle du 23 octobre, dans laquelle il avait assimilé l'islam et l'islamisme, avant d'évoquer la guerre d'Algérie en se disant, en tant que Français, «du côté» du général Bugeaud qui, lorsqu'il «arrive en Algérie... commence à massacrer les musulmans et même certains juifs».

    Des propos qui, pour le CSA, contreviennent à plusieurs des obligations de la chaîne, découlant de la loi et de sa convention conclue en 2005 (un texte qui codifie ses engagements vis-à-vis du régulateur).

    En effet, le gendarme de l'audiovisuel juge que ces propos «ont pu être perçus» comme «une légitimation de violences commises par le passé à l'encontre de personnes de confession musulmane mais aussi comme une incitation à la haine ou à la violence à l'égard de cette même catégorie de la population». Et il juge que la séquence exprimait un «rejet insistant des personnes musulmanes dans leur ensemble, tendant à encourager des comportements discriminatoires en raison de la religion».

    En outre, le régulateur estime que CNews, en diffusant ces propos en direct «sans réaction ni même modération» de la part de l'animatrice, a manqué à son obligation de garder la maîtrise de son antenne, qui s'impose en toutes circonstances.

    SOURCE : https://fr.sputniknews.com/france/201912031042523280-propos-deric-zemmour-sur-la-guerre-dalgerie-le-csa-met-en-demeure-cnews/?fbclid=IwAR1_G2inr6N7zBgS_wxGu2uVdRUswFOmtZzmMWzdH_igNgdMfT8kql2ZtJA 

    Propos d'Eric Zemmour sur la guerre d'Algérie : le CSA met en demeure CNews

    de cliquer sur le lien ci-dessous pour voir et écouter le président du CSA commenter la décision qui vient d'être prise :

    https://oumma.com/le-csa-met-en-demeure-cnews-pour-les-propos-de-zemmour-sur-la-guerre-dalgerie/?utm_medium=oumma&utm_source=pushnotification&utm_campaign=pushnotification

     

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  • "Algérie : quand l'Histoire percute l'actualité" par Benjamin Stora

    2019

    "Algérie : quand l'Histoire percute l'actualité" par Benjamin Stora

    Algérie: quand l'Histoire percute l'actualité

     PAR BENJAMIN STORA

    Le 12 décembre 2019 auront lieu des élections présidentielles en Algérie. Mais la veille, le 11 décembre, les Algériens se souviendront surtout de ce qui s’est passé… le 11 décembre 1960. En ce jour de décembre 1960 à Alger, les masses algériennes vont faire irruption sur le devant de la scène, et «faire» l’histoire.

     

    Le 11 décembre 1960 à Alger 

    Quand l’histoire de la guerre d’indépendance algérienne vient percuter l’actualité récente de l’Algérie….. Le 12 décembre 2019 auront lieu des élections présidentielles en Algérie. Mais la veille, le 11 décembre, les Algériens se souviendront surtout de ce qui s’est passé … le 11 décembre 1960. En ce jour de décembre 1960 à Alger, les masses algériennes vont faire irruption sur le devant de la scène, et « faire » l’histoire. Dans la capitale de l’Algérie encore française, ce sont les ouvriers et les étudiants, les sans droits et les chômeurs qui vont tenter de s’emparer du centre des grandes villes d’où ils sont exclus. Prendre possession des espaces citadins, c’est déjà accéder à une forme de modernité, vouloir peser sur les décisions politiques, utiliser les villes comme des « caisses de résonance » pour faire valoir sa cause et ses frustrations.

    La « révolution algérienne » quitte donc les campagnes et se dirige vers les villes. Retour donc sur les grandes manifestations d’Alger en décembre 1960, moment annonciateur de l’indépendance qui arrive. Au moment où se déroulent sous nos yeux une « nouvelle révolution algérienne », commencée le 22 février 2019 par la demande de départ d’Abdelaziz Bouteflika, il est intéressant de voir comment les masses algériennes sont descendues dans la rue en décembre 1960, pour montrer leur volonté d’accéder à la naissance d’une République Algérienne.

    Avant le 11 décembre 1960 

    Dans son allocution radiotélévisée du 4 novembre 1960, le général De Gaulle, après avoir renouvelé sa proposition d’une « paix des braves », promet un meilleur niveau de vie par des réformes sociales et économiques à travers le « Plan de Constantine » et « les mille villages ». Il évoque ensuite « une République Algérienne » dont le projet sera soumis à un référendum le 8 Janvier 1961. Pour lui l’affaire est délicate, et il tient à évaluer les réactions de sa politique auprès de la communauté européenne et de l’armée française en Algérie, à travers un voyage de « sondage » qu’il entreprend du 9 au 12 décembre 1960. De leur côté, conscients de la gravité de la décision du chef de l’Etat, les partisans de l’Algérie française mobilisent pour la préservation du statut quo colonial.

    Les organisations extrémistes comme le Front de l’Algérie Française (le F.A. F). et quelques unités de l’armée sous la houlette du général Jouhaud établissent un programme d’action à cette occasion. Ils entendent accueillir le Chef de l’Etat français par une grève générale, des manifestations hostiles à sa politique et ils veulent faire participer les Algériens musulmans à ces manifestations, comme une sorte de répétition du 13 mai 1958. Le 9 décembre De Gaulle est effectivement mal accueilli à Aïn Témouchent, dans l’ouest algérien, première étape de son voyage. Des manifestants « pieds-Noirs » se préparent à l’action à Alger et lancent un mot d’ordre de grève générale. La ville est paralysée, des magasins sont saccagés, des milliers de litres d’huile de vidange déversés sur la chaussée. Le tout aux cris de « Algérie française ! », « De Gaulle au poteau ! »… Cherchant à provoquer l’intervention de l’armée française en leur faveur, les manifestants se rendent dans les quartiers arabes, incitant les Algériens à se joindre à eux en menaçant certains les armes à la main. Mais la « Fraternisation » du 13 mai 1958 est bien loin désormais. Le lendemain, 10 décembre 1961, alors que rien n’annonçait l’événement, des milliers Algériens défilent, mais pas du tout dans le sens espéré des partisans de l’Algérie française…

    Alger, le 10 décembre 

    Le samedi après-midi du 10 décembre 1960 à 16h 45, à hauteur du « Monoprix » de la rue d’Isly à Alger, une bagarre - la première - éclate entre « Français de souche » et « musulmans ». A 18 h, dans la nuit humide qui avance sur Alger avec un rideau de pluie, les passants voient une course vers le quartier Belcourt. Comme un torrent dans un tumulte, qui donne le frisson, « la foule, arborant des drapeaux F.L.N. dévale la colline où sont accrochés les bidonvilles. Elle se rue dans la rue de Lyon dévastant les magasins, faisant effondrer les vitrines dans un bruit de verre brisé. Des fenêtres soudain, des coups de feu claquent. Deux hommes et un enfant tombent mortellement frappés : un Européen pris de panique, venait de tirer de son balcon », note le quotidien français Libération. Des jeunes formés en plusieurs groupes dont quelques-uns déploient rapidement des drapeaux vert et blanc du F.L.N. avancent aux cris de « Algérie musulmane », « Abbas au pouvoir », « Libérer Ben Bella », « Lagaillarde au poteau ». Des renforts de gendarmes mobiles les arrêtent et ils n’insistent pas. Cependant, vers 19h 30, d’immenses flammes s’élèvent dans tout le quartier jusqu’à ce que les pompiers aient réussi à circonscrire le sinistre. Un jeune algérien musulman qui se trouve à la tête d’un groupe en prend la parole : « Nous ne nous attaquons pas au service d’ordre mais nous manifestons contre les Européens qui veulent nous obliger à fermer nos magasins et à défendre avec eux l’Algérie française, alors que nous voulons l’Algérie musulmane ».

    Au même moment, plusieurs milliers de musulmans descendent du clos Salembier (banlieue d’Alger) par le ravin de la Femme Sauvage avec, à leur tête, des femmes poussant des you-you et criant « Algérie algérienne ». Beaucoup d’entre eux, armés de gourdins, de barres de fer, de planches et de chaînes de bicyclette, remontent la rue de Lyon et attaquent la plupart des magasins situés entre la rue Musset et la rue Fernand-Costes. Quelques Européens, armés d’armes à feu tirent au revolver dans leur direction et, à l’angle de la rue de Lyon et de la rue Bigoni. Un musulman est lynché. A 19 h 45, le service d’ordre attaque les musulmans à coups de grenades lacrymogènes et de grenades offensives. Des forces militaires considérables, chars, automitrailleuses, camions chargés de gendarmes mobiles, descendent des hauts d’Alger vers Belcourt et le Ruisseau. Une vague de manifestants musulmans s’abat entre 21h 30 et 22 heures sur Diar El Mahçoul, brisant les voitures lapidant et défonçant les boutiques. 

    11 décembre 1960, journée décisive 

    Le dimanche matin du 11 décembre, une pluie fine continue de tomber sur la ville. Les manifestations reprennent à Belcourt. Elles sont le fait de groupes de cent à deux cents très jeunes musulmans qui arborent des drapeaux verts du F.L.N. et scandent « Lagaillarde au poteau ! » « Abbas au pouvoir » « Rencontre Abbas-De Gaulle ! » A 10 h, dix mille musulmans sont massés dans les rues de la Petite Casbah. Ils frappent des pieds sur les toits de tôle des baraques pour scander les slogans. Ils agitent au bout de perches une demi-douzaine de drapeaux F.L.N. Les you-you stridents des femmes percent à travers ce fracas. Les manifestations sont difficilement contenues par de puissants cordons de C.R.S. Un détachement de parachutistes béret rouge, commandé par le colonel Massot, vient prendre position l’arme au pied, face aux ruelles bondées de manifestants. A midi, les cris continuent , malgré les exhortations des hauts parleurs de la police à terminer cette manifestation.

    L’hebdomadaire France Observateur (en date du 15 décembre) raconte la scène, cette fois vue du côté des Européens. « Dimanche matin, vers 10 heures. Rue de Lyon (quartier Belcourt). Un groupe de jeunes pieds noirs d’une vingtaine d’années ( certains portent l’insigne Jeunes Nation) discutent. Sur le trottoir des flaques de sang frais. Ils parlent des contre-manifestants de la veille : « C’est une honte. Quand on pense qu’ils sont venus hier soir jusqu’ici avec les drapeaux des felouses ! Et l’armée qui n’a rien fait ! Nous on était rue Michelet. On s’attendait pas à ça. Quand on est arrivés, on a appris ce qui s’était passé. Heureusement, il y a des Français qui ont tiré des fenêtres. Les ratons se sont sauvés comme des lapins. Ils ont eu six morts. Quand aux tâches de sang frais sur lesquelles nous piétinons, ils en expliquent ainsi l’origine. « Celui là on l’a eu tout à l’heure. On l’a poussé dans l’encoignure de la porte, le fumier, et il a eu son compte. Je comprends ainsi que le malheureux a été tué et qu’il n’y a pas eu besoin pour cela de revolver. A 150 mètres de là, un cadavre sur un trottoir ; celui d’un ouvrier musulman avec des bottes, une large tâche de sang sur la poitrine, la tête recouverte par sa veste. Il vient d’être tué, une balle à bout portant en plein cœur. Autour du cadavre, une centaine de pieds noirs discutent. Un homme d’une soixantaine d’années, cheveux blancs, retraité ou petit rentier, montre la pointe de son parapluie : « Je l’ai enfoncé dans la tête des melons » dit il avec fierté ».

    De l’autre côté, dans les rangs des Algériens musulmans, les revendications se veulent plus explicites, il faut montrer sa force, dire que les souvenirs de « La bataille d’Alger » de l’année 1957 sont maintenant effacés. L’initiative est désormais reprise par le FLN. Un reporter de France Soir (paru le 13 décembre) rencontre un dirigeant du FLN d’Alger : «  Je descends une ruelle étroite à la pente abrupte et doit me frayer un passage parmi la foule compacte : femmes voilées, hommes et enfants. Devant moi à quelques dizaines de mètres une petite barricade derrière laquelle se pressent 200 ou 300 personnes qui hurlent à tue-tête. Encore un peu plus loin, j’aperçois les casques des C.R.S qui restent impassibles. Un café maure. A l’intérieur, beaucoup de monde attablé. Les gens sont calmes. Certains même sourient. On me prie d’entrer. On me pousse dans l’arrière-salle. (…) Les meneurs me donnent leur version des incidents qui ont fini par tourner au tragique : « Lorsque le général De Gaulle est venu en Algérie, les Européens ont manifesté, mais nous, on est restés tranquilles chez nous. Ce sont eux qui sont venus nous chercher. Ils ont envahi notre quartier. Ils nous ont obligés à fermer les cafés, le revolver à la main. On a voulu résister. Ils se sont mis à tirer. Hier nous avons eu six morts. Aujourd’hui cinq. Et les musulmans ajoutent : «  Nous sommes tous pour le F.L.N., nous n’avons jamais voulu bouger, mais maintenant nous sommes lassés de ce qui se passe en Algérie. Nous ne sommes pas pour le général De Gaulle, car dans l’état actuel des choses, il n’y a que deux solutions : ou une Algérie fasciste ou une Algérie indépendante. »

    En fin de matinée de ce dimanche 11 décembre 1960, la masse des manifestants musulmans ne cesse de grossir. Des Européens tirent. D’autres jettent des grenades d’un balcon sur des groupes de jeunes Arabes. La température monte. Des manifestants brandissent l’emblème ensanglanté et crient : « Messieurs les journalistes, il y a beaucoup trop de sang sur notre drapeau. Un million d’Algériens sont morts pour l’indépendance… » Des applaudissements, des coups de sifflet, des cris, des you-yous soulignent cette profession de foi. Les manifestants lèvent au-dessus de leur tête des bâtons, des cannes, des parapluies. C’est un tumulte extraordinaire. Une nouvelle pancarte improvisée apparaît au-dessus de la masse déchaînée. Elle proclame : « Vive l’Algérie indépendante ! Vive l’Armée de Libération Nationale ! Vive le F.L.N. » Des plaques de tôle arrachées aux baraquements sont, de minute en minute, couvertes d’inscriptions nationalistes.

    La manifestation musulmane se déplace vers les hauteurs du quartier de Diar El Mahçoul, boulevard de l’Amiral Guépratte. Les manifestants continuent à renverser et à briser les voitures qu’ils rencontrent sur leur passage. Les militaires français demandent aux Européens armés à la lisière du quartier du Hamma de se disperser et de rentrer chez eux. A Diar El Mahçoul les manifestants s’attaquent aux parcs de voitures, brisant certaines d’entres elles et s’emparent d’autres. Deux jeunes filles musulmanes habillées de vert et de blanc et portant le calot de l’A.L.N. chantent l’hymne du F.L.N. et des chants du maquis. Des échanges de coups de feu ont lieu entre les manifestants musulmans, toujours soutenus pas les « you you » des femmes, et les habitants d’immeubles proches de l’église St Jean-au-Ruisseau. Les paras du 18éme Régiment prennent place aux débouchés de la Casbah. A Belcourt les manifestants musulmans parvenus à proximité immédiate d’un détachement militaire jettent des pierres sur ce dernier. Les militaires ripostent et l’un des manifestants est grièvement blessé. A midi, sur la route du ravin de la « Femme Sauvage », un inspecteur de police des renseignements généraux est égorgé. Sa voiture est incendiée.

    Du célèbre quartier populaire de Bab-el-Oued parviennent des nouvelles alarmantes. Des heurts opposent « Français de souche » et musulmans au carrefour de la Rampe-Vallée et rue Mizon. Place des Trois-Horloges, où les parachutistes viennent de prendre position, deux cadavres s’offrent aux yeux des passants. Ceux de deux musulmans tués par balles. Le premier gît dans le caniveau, le dos au sol, les yeux encore ouverts. Il a été touché à la tête. Le second est recroquevillé au milieu de la chaussée. Les ambulances qui sillonnent sans arrêt les rues de la ville ne sont pas encore venus enlever les corps. On s’occupe d’abord des blessés.

    A 13h, la Casbah est encerclée par les zouaves. Elle est complètement fermée par des réseaux de barbelés et chevaux de frise. Il est interdit d’en sortir et tout musulman qui veut y pénétrer doit prouver qu’il y habite en présentant sa carte d’identité.

    C’est le début de l’après-midi dans le quartier Belcourt. 40 camions chargés de C.R.S et de gendarmes descendent le long de l’agglomération musulmane du Clos Salembier, où il y a notamment un bidonville musulman extrêmement important.

    Soudain alors que la pression se fait plus forte à la hauteur de la place du Gouvernement, des coups de feu éclatent. Plusieurs personnes tombent à terre. Hommes, femmes, enfants se mettent à courir dans tous les sens, tandis qu’en quelques minutes des ambulances arrivaient sur les lieux.

    Très rapidement, les manifestants musulmans remontèrent vers la Casbah bouclée par le service des jeunes brandissant toujours des drapeaux F.L.N. continuèrent à parcourir les rues étroites sous les acclamations des femmes musulmanes massées aux fenêtres.

    Le journal Libération note dans son édition du 12 décembre : « Après le recoupement de plusieurs témoignages, il apparaît que la plupart des musulmans tués au cours de cet après-midi tragique l’ont été pendant cette fusillade de Bab-El-Oued, les uns par les forces de l’ordre, les autres par les Européens qui se sont livrés à des excès. Plusieurs musulmans ont été lynchés dont deux dans un café maure. Plusieurs autres ont été abattus alors qu’ils s’enfuyaient après les premiers coups de feu ».

    De son côté France observateur écrit : « Une centaine de musulmans au moins ont trouvé la mort à cet instant. Et cela parce que Bab-el-Oued soudain, a eu peur. L’armée, certes a tiré, ou tout au moins certaines de ses unités. Au Ruisseau, par exemple, les parachutistes ont « nettoyé » à la mitraillette. Mais l’autopsie des corps, ordonné par la Délégation générale, contre l’avis semble-t-il des militaires, a démontré que la majorité des musulmans tués l’avaient été par de simples balles de revolver, c’est à dire par des balles tirées par des Européens ».

    A 15h, L’armée ouvre le feu sur les émeutiers musulmans rassemblés place du Gouvernement, en bas de la Casbah. À l’autre bout de la ville, dans le quartier du Ruisseau, les parachutistes tirent avec des armes automatiques. Premier bilan : cinq morts et plus de cent blessés. Au début de l’après-midi, des parachutistes arrivant de l’intérieur, en provenance de Télérgma à bord d’avions qui se posent sur l’aérodrome de Maison Blanche toutes les dix minutes, ont entrepris le « nettoyage » des barricades. Pourtant les manifestations se poursuivent. Deux mille musulmans portant des drapeaux F.L.N. sont rassemblés à 500 mètres en contrebas de la cité de Diar-El-Mahçoul. Des paras les contiennent. Un porteur de drapeau F.L.N manque de peu d’être lynché par des Européens.

    A 16 h, le drapeau F.L.N. flotte sur la Casbah et sur une synagogue désaffectée.

         Un combat de rue a lieu entre Européens et musulmans dans le quartier de la rue de Lyon, à la hauteur du boulevard Auguste-Compte. De nombreux coups de feu sont tirés par les Européens. Quarante gardiens de la paix et un commissaire de police parlementent avec les musulmans qui demandent à faire constater que parmi eux il y a les blessés par balles, et sans doutes des morts. Les dirigeants de la manifestation F.L.N. entourent un journaliste de Paris Jour : « Je dois dire qu’ils étaient très calmes et fort courtois. ·       Vous êtes journaliste ? ·       Oui ! ·       Vous êtes de Paris ? ·       Oui ! ·       Alors, voici ce que nous avons à dire et à faire savoir. Nous attendions ce moment depuis des années. Nous nous rappelons une chose : les 45 000 morts musulmans des émeutes de Sétif en 1945. Ces massacres ont été ordonnés par De Gaulle qui était alors chef du gouvernement. A présent, ce que nous voulons c’est l’indépendance. Il faut négocier avec Ferhat Abbas, avec le F.L.N. ·       Et le prochain référendum ? ·       C’est du bluff ! L’un des jeunes musulmans m’entraîne vers le « Bastion ». Il me montre un drapeau vert sur lequel on aperçoit de grands tâches rougeâtres. ·       Regardez ce drapeau. Eh bien ce que vous voyez dessus c’est du sang, le sang de nos camarades qui ont été blessés ce matin par des Européens ». Le journaliste de France Observateur écrit, le soir de cette manifestation : « Le 11 Décembre 1960, à Alger et sans doute aussi au même moment à Oran et dans d’autres villes réputées pacifiées, la peur a changé de camp ». Et son article se termine ainsi, par des phrases prononcées par de jeunes Algériens : ·    « Cela ne pouvait plus durer. Mon mari a disparu depuis 1957. Nous sommes des centaines dans le même cas… Il faut que cela finisse… ·       Nous ne sommes pas contre la France, nous ne sommes pas contre De Gaulle. Nous sommes contre le F.A.F et nous voulons que De Gaulle négocie avec le G.P.R.A. ·       Quel âge avez-vous ? ·       Dix-neuf ans, bientôt celui du service militaire. ·       Lequel ? ·       Vous ne le saurez pas ».

    Dans son Journal, en date du 11 décembre 1960, le grand écrivain algérien, Mouloud Feraoun (qui sera assassiné en mars 1962 par l’OAS), écrit :

    « Aujourd’hui donc, sortie des Arabes dans la rue. Il s’agit des gens de « chez moi », c’est à dire du Clos. Ils ont investi Mahçoul et Saada (Diar-el-Mahçoul et Diar-el-Saada, deux cités « nouvelles » au dessus de Belcourt). Ceux de Belcourt, du Ruisseau aussi. Il y avail les bidonvilles Nador, Scala, El Amal, Bodez, Abulker, tous. Il y avait Kouba. La kasbah, Bal el Oued ont voulu sortir aussi. Que s’est il produit en fin de compte ? C’était facile à prévoir, les Européens se sont affolés, l’armée s’est affolée ou a fait semblant de l’être. Il s’agissait ne de gouailler, ni de s’amuser, ni de jeter des bonbons. Il fallait mitrailler. La D.Q annonce à 22h cinquante et un morts dont quarante cinq musulmans. L’armée a tiré dessus. Ou les civils.

    Ainsi la situation est claire : les Arabes, que personne n’a poussés, excédés seulement par les fanfaronnades des pieds-noirs, sortent pour crier leur exaspération, ceux qui prétendaient les défendre, les couver, fraterniser avec eux leur tirent dessus. Bas les maques, Messieurs ! Vous pouvez tous les massacrer à présent, vous êtes fichus.

    (…) Pour demain, les écoles sont fermées, il y aura probablement les Arabes dans la rue et les soldats pour les descendre. La Kasbah, Hussein Dey, Maison Carrée, ect…. N’ont pas encore dit leur dernier mot. Ce soir, j’ai dû faire un détour de trente kilomêtres pour rentrer alors que je me trouvais à deux kilomètres de la maison, à Bouzaréah. Les Militaires bouclaient la ville. Evidemment, il sera facile de reprendre la situation en main, lorsqu’on aura affaire qu’aux Arabes parce que, avec les Arabes, on se sent fort et on use de sa force. N’empêche que ces mêmes Arabes ont fichu un sacré coup à deux années laborieuses de pseudo-pacification. On se croirait replongé dans les jours les plus sombres de 1957.

    Ajoutons enfin, pour terminer, que le travail de l’ONU devrait être facilité par de telles drames. Il n’y a plus moyen de farder la vérité : un peuple sous le joug souffre depuis six ans la plus injuste des souffrances, peut-on lui porter secours ou le laissera-t-on détruire ? » (1).

    Bilans et interprétations. 

    Les cris et slogans hostiles à l’Algérie française, les drapeaux vite confectionnés et brandis sous le nez de l’armée, constituent une grande surprise pour les Européens habitués au « calme » des Algériens depuis la terrible « Bataille d’Alger » de l’année 1957. Ils sont donc sidérés par l’irruption inattendue de ce peuple. Une réalité nouvelle fait brusquement irruption devant leurs yeux. Les « forces de l’ordre » françaises interviennent plusieurs fois, tirent dans la foule. Mais malgré la mort qui fauche hommes, femmes et enfants, les manifestants algériens, malgré le carnage, restent sourds aux rafales des soldats parachutistes. Certaines unités françaises, demeurées loyales au gouvernement, s’interposent entre Algériens et parachutistes, empêchant ces derniers de profiter de la situation. Terrifiés par la spontanéité des événements, certains « pieds-noirs » se barricadent chez eux, non sans en profiter pour tirer sur les Algériens à partir des terrasses et des balcons. Durant cinq jours, les manifestations algériennes se poursuivront à Alger et dans d’autres villes. On évalue aujourd’hui à près de deux cents le nombre de victimes algériennes, parmi lesquelles des femmes et des enfants. Un bilan officiel fait état de cent douze morts musulmans à Alger.

    Sur les causes de cette manifestation, plusieurs interprétations ont été avancées. Certains journalistes français, comme Claude Paillat dans ses Dossiers secrets de l’Algérie ou Yves Courrière dans son histoire de La guerre d’Algérie ont avancé l’hypothèse que des services policiers ou militaires français, favorables à la politique du général De Gaulle, et désireux de contrer le mouvement pied-noir qui quelques mois plus tard allait donner naissance à l’OAS, ont favorisé les manifestations algériennes. Pour l’historien algérien Messaoud Maadad, « beaucoup d’informations contradictoires entourent cet événement, laissant comprendre parfois que le mot d’ordre venait de certaines autorités militaires françaises qui voulaient contrecarrer les projets extrémistes. D’autres disent que les mots d’ordre venaient du F.L.N. qui voulait secouer l’opinion internationale à la veille de la XVè session de l’O.N.U. Il est difficile de connaître la vérité sur l’origine du mot d’ordre, tant les affirmations de part et d’autre sont nettes et fermes et surtout ne contredisent pas les faits. Cependant la spontanéité, la brutalité de l’intervention des masses dans la rue, militent à notre sens pour la prise de décision « innée » de ces masses pour faire valoir son « mot à dire ». (…) Les manifestations dites du « 11 décembre » furent, à notre avis, l’expression d’une révolte au sein même de la Révolution, car excédées par les manœuvres politiques, les promesses de paix, les illusions de bonheur, fatiguées d’un conflit où seule compte la force brutale, les masses algériennes profitèrent de la présence du chez d’Etat français sur le sol algérien pour dire « Assez ! » par dessus la menace de cette force brutale. »

    Et il est vrai que, quelque soit les manœuvres venant de toutes parts, une bataille décisive est gagnée par le GPRA. Il sera difficile désormais de parler de populations algériennes restés en masse fidèles à la France. L’illusion de « français musulmans encadrés par la terreur du F.L.N. » s’effondre. A la fin de l’année 1960 en Algérie, les Européens et le haut commandement sont fixés : l’Algérie « de papa » est bien morte, et le FLN a regagné sur la scène politique et diplomatique tout le terrain perdu par les armes.

    L’appel de Ferhat Abbas. 

    Le 16 décembre 1960, à 13 heures, le président du GPRA, Ferhat Abbas lance un appel au peuple et reproduit dans El Moudjahid N° 75, du 19 décembre 1960 :

    « Algériens et Algériennes, qui avez affronté avec abnégation, la fureur des ultras et de l’armée française, nous vous adressons l’expression émue de notre admiration ! (…) Frères et sœurs d’Algérie ! Vous avez écrit, avec le sang de nos martyrs, une page glorieuse de notre Histoire. En acceptant une mort héroïque, vous avez affirmé votre droit à la vie, vous avez gagné le droit à la dignité, vous avez mérité votre liberté. Quelle leçon aux imbéciles agités de la rue Michelet ! Quelle leçon aux apprentis fascistes et aux éternels racistes, qui, sûrs de la police et de l’armée françaises, se livrent impunément depuis six ans aux lynchages et aux tueries des patriotes, de ceux qu’ils devraient respecter parce qu’ils sont dignes de respect. Enfin quelle terrible leçon aux attardés de la « pacification », à ceux qui nourrissent encore l’illusion de séparer notre peuple de son armée et de son gouvernement. (…) Nous vivons un moment crucial de notre Histoire. Nous traversons de grandes épreuves. La bataille que vous venez d’engager à pris une grande ampleur. Le monde entier l’a enregistré comme une éclatante victoire de notre lutte de libération nationale. Cette bataille doit maintenant prendre fin. Elle n’est pas la dernière. D’autres épreuves nous attendent ». 

    (1) Mouloud Feraoun, Journal, pages 308, 309, Paris Ed Seuil, 1962.  

     



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    Mémoires d'appelés, mémoires blessées. Soixante ans de silence

     

    Remercions Tramor Quemeneur

     de nous avoir donné accès à son article

    sur le magazine HISTORIA

     

     

    Mémoires d'appelés, mémoires blessées. Soixante ans de silence

    PAR TRAMOR QUEMENEUR dans mensuel 856 daté avril 2018

    Les armes se sont tues il y a plus de soixante ans, et pourtant le souvenir de ce conflit, emblématique de la décolonisation, ne cesse de hanter la France. Chez les anciens combattants, la parole se libère, âpre, amère, impérieuse aussi : comment, au temps des yéyés et à l’aube de la vie, accomplir son devoir tout en menant une guerre « sans nom », une sale guerre qui n’en finit pas d’étaler son absurdité et ses horreurs ? Pour ce numéro spécial sur l’Algérie, Historia a confié à Tramor Quemeneur, spécialiste de ce sujet, le soin de piocher, dans la correspondance de jeunes appelés et de leurs proches, des expériences et des témoignages qui rendent compte du vécu de ce conflit auquel nul n’était préparé. Émouvants, éclairants, présentés tels qu’ils furent écrits, ils tentent de donner un sens à ce qui fut, pour beaucoup, l’épreuve de leur vie. Nous dédions ce dossier à la mémoire de Bernard Bourdet, pour son amitié, et à celle de Pierre Genty et de Noël Favrelière, pour leur gentillesse.

    Après avoir laissé une bonne part de leur innocence là-bas, dans des combats que la métropole a vite oubliés, les conscrits français se sont longtemps murés dans le silence. 

    Les soldats de la guerre d'Algérie représentent la dernière « génération du feu ». Les conflits où s'est engagée la France n'ont depuis impliqué qu'un nombre limité de militaires de carrière. De plus, le nombre élevé de jeunes gens qui y ont participé (1,2 million de conscrits, auxquels il faut ajouter 200 000 « rappelés », ceux qui avaient déjà effectué leur service et que les autorités françaises ont envoyés en Algérie) s'explique par la longueur du conflit. En tout, environ 2 millions de soldats ont servi dans l'armée française pendant la guerre d'Algérie.

    Deux générations précédentes avaient participé aux guerres mondiales. La contribution avait été plus massive, les combats s'étaient en grande partie déroulés sur le territoire métropolitain et avec un front bien établi. Rien de comparable avec la guerre d'Algérie, où c'est tout le territoire qui est devenu le lieu de combats - dont le modus vivendi , sauf en de rares occasions, était celui de la guérilla. De plus, les gouvernements successifs ont cherché à minimiser la situation en niant l'état de guerre et en qualifiant le conflit de simples « opérations de maintien de l'ordre ». Les combattants algériens étaient, eux, des « hors-la-loi » dans une «guerre sans nom».

    Un retour laborieux et hanté de cauchemars 

    Tous ces facteurs ont contribué à ce que les appelés du contingent se retrouvent confrontés à des discours de leur famille et de leurs proches dénigrant la gravité des combats auxquels ils participaient. Ainsi, les anciens combattants leur disaient parfois que ce n'était en rien comparable avec ce qu'ils avaient vécu. En outre, à leur retour, les appelés ressentaient un profond décalage par rapport à ce qu'ils vivaient en Algérie. La société de consommation bouleversait de plus en plus la société française, les loisirs se faisaient de plus en plus prégnants - autant de préoccupations pouvant paraître frivoles pour ceux qui baignaient dans la peur et la mort des embuscades et des opérations. Pendant ce temps, leurs amis s'amusaient, les surprises-parties battaient leur plein, notamment avec le succès de l'émission Salut les copains ! sur Europe 1, à partir de 1959.

    Parfois, aussi, leur fiancée s'éloignait, creusant un vide sentimental et émotionnel autour d'eux. Tout cela a contribué à ce que les appelés se murent dans le silence dès leur retour. La peur accumulée pendant des mois d'accrochages, le choc des combats et des horreurs vues et vécues ont contribué à ce que de nombreux soldats soient atteints de troubles de stress post-traumatique (post-traumatic stress disorder, terme développé par les Américains après la guerre du Vietnam). Des réflexes conditionnés pendant des mois de guerre conduisent à ce que beaucoup d'anciens appelés cherchent leur arme à leur réveil ou plongent au sol pour se protéger en croyant entendre une explosion dans la rue...

    La famille pouvait aussi constater un changement d'humeur, un caractère dépressif, une irascibilité, voire une violence chez les ex-appelés, conduisant parfois à ce que les proches ne les interrogent pas sur les raisons de leur mal-être. Enfin, les cauchemars ont commencé à peupler les nuits des anciens appelés, réapparaissant par séries dès qu'un événement faisait resurgir le souvenir de la guerre. C'est pourquoi de nombreux anciens appelés ont évité de lire ou de regarder des films qui évoquaient cette période, afin de ne pas raviver les traumatismes.

    Certains ont réussi à se réadapter très vite. Ils ont repris leur travail dès leur retour et sont parvenus à oublier rapidement la guerre. Parfois même, la guerre leur a permis de faire des rencontres ou d'acquérir des savoirs qu'ils ont réinvestis ensuite dans le domaine professionnel. Une partie des appelés a mis plusieurs mois avant de reprendre un travail, du fait des syndromes de stress post-traumatique qui les handicapaient. D'autres, enfin, n'ont jamais pu se réadapter. Certains ont basculé dans la folie et passé leur vie dans des hôpitaux psychiatriques : les statistiques des hôpitaux militaires sont sur ce point encore inconnues.

    Des dégâts sous-estimés 

    Il est évident que les 60 000 blessés reconnus officiellement du côté français sont largement sous-estimés, les problèmes psychologiques n'ayant pour une large part pas été comptabilisés. De même, certains soldats qui n'ont pas supporté le poids de ce qu'ils avaient vécu en Algérie se sont suicidés à leur retour. Ce sujet est évoqué par le romancier Vladimir Pozner dans Le Lieu du supplice, un recueil de nouvelles tirées de faits réels publié en 1959 chez Julliard.

    Pour d'autres conscrits, les problèmes psychologiques ont été masqués par un alcoolisme dans lequel ces soldats avaient commencé à sombrer pendant le conflit. Ce sujet apparaît dans le roman de Laurent Mauvignier, Des hommes (publié en 2009 aux Éditions de Minuit). Il est impossible de quantifier les cas d'alcoolisme imputables à la guerre d'Algérie, tout comme il est impossible de savoir dans quelle mesure les actes de violence pratiqués par d'anciens appelés sont dus à la guerre. Un autre phénomène qui a gangrené la société française après 1962 est le racisme. Celui-ci existait bien évidemment avant la guerre. Mais, pendant et après celle-ci, il a pris pour cible les « Arabes », c'est-à-dire presque exclusivement les Maghrébins et, encore plus, les Algériens. Leur rejet trouve notamment son origine dans les épisodes douloureux que les soldats ont vécus en Algérie, par le racisme colonial qui existait en Algérie et que certains pieds-noirs ont rapporté en métropole, mais aussi par la propagande du 5e Bureau, chargé de l'« action psychologique » - notamment à destination des soldats -, qui véhiculait des préjugés raciaux sur la population algérienne. Ce racisme a trouvé à partir des années 1970 une expression politique avec la création du Front national.

    Une reconnaissance tardive du statut de combattant 

    Dès la fin de la guerre d'Algérie, les faits commis pendant les hostilités ont commencé à être amnistiés à la suite des accords d'Évian. Des décrets puis des lois d'amnistie ont été adoptés en 1962, en 1964, en 1966 et en 1968 - cette dernière ne concernant quasi exclusivement que les membres de l'OAS. Les officiers sanctionnés pour leur action contre les institutions françaises (participation au putsch des généraux en 1961 et à l'OAS) ont même été réintégrés dans leur carrière, notamment afin qu'ils bénéficient de leur pleine retraite. Parallèlement, les appelés du contingent luttaient pour leur reconnaissance en tant qu'anciens combattants d'une guerre qui, officiellement, n'en était pas une. Plusieurs associations existaient avant même la guerre d'Algérie, en particulier l'Union nationale des combattants et l'Association républicaine des anciens combattants - toutes deux issues de la Première Guerre mondiale.

    Dès la guerre d'Algérie sont créées des associations d'anciens d'Algérie, qui ont formé ensemble une première fédération en 1958. Celle-ci est devenue la Fédération nationale des anciens combattants d'Algérie, de Tunisie et du Maroc (Fnaca) en 1963. Elle est alors présidée par le directeur de L'Express, Jean-Jacques Servan-Schreiber. Cette association a pris de l'ampleur, jusqu'à comprendre plus de 300 000 membres et devenir la première association d'anciens combattants. Ce terme de « combattant » revêtait une importance particulière, car les « anciens d'Algérie » n'étaient justement pas reconnus comme ayant participé à des combats, mais seulement à des « opérations de maintien de l'ordre ». Leur première revendication concernait donc le fait qu'ils avaient participé à une guerre et en avaient subi toutes ses conséquences. Leur lutte aboutit plus de dix ans plus tard, en 1974, et encore de manière restrictive : il faut avoir été dans une unité combattante en Algérie pendant plus de cent vingt jours. Il a encore fallu attendre la loi du 18 octobre 1999 pour qu'enfin les autorités françaises reconnaissent que les « opérations de maintien de l'ordre » étaient une véritable guerre.

    Se souvenir, mais quand ? 

    Une autre lutte de la Fnaca a été (et reste encore) la reconnaissance du 19 mars comme jour officiel de commémoration de la guerre d'Algérie. En 2013, le 5 décembre est devenu par décret la journée officielle de commémoration, mais ce jour a été choisi car il ne correspond à aucun événement de la guerre d'Algérie (il serait donc « neutre »). La date du 19 mars réclamée par la Fnaca est récusée par d'autres associations portant une mémoire pied-noire et harkie, lesquelles affirment (à juste titre) qu'il y a eu de nombreux morts après le 19 mars. Mais cette date apparaît comme la seule à posséder un sens symbolisant la fin de la guerre. D'ailleurs, depuis la loi du 6 décembre 2012, elle a été officialisée, bien que des associations nostalgiques de l'« Algérie française » continuent de s'y opposer. Les commémorations se déroulent devant les monuments aux morts locaux ainsi que devant des monuments départementaux - le premier a été inauguré à Troyes en 1977. En 2002, un monument national, composé de trois colonnes sur lesquelles défilent les noms des morts en Algérie, a été érigé au quai Branly, à Paris, tout près de la tour Eiffel.

    Plus de cinquante-six ans après la fin de la guerre, les appelés en Algérie arrivent au terme de leur vie. Se pose alors la question de la transmission de leur mémoire aux générations suivantes. Dans leur très grande majorité, leurs enfants ont été marqués par leur silence, par les non-dits autour de cette guerre - même s'ils ont vécu indirectement avec elle, par les cauchemars et les traumatismes des pères. Aujourd'hui, toutefois, la guerre d'Algérie est plus étudiée dans les collèges et les lycées ; d'anciens appelés interviennent dans les établissements scolaires pour raconter leur guerre, et les jeunes, plus réceptifs à cette question, interrogent leurs grands-pères sur ce qu'ils ont vécu en Algérie.

    Le poids du silence des mémoires se déleste peu à peu. On pourra ainsi mieux saisir la complexité de cette guerre des deux côtés de la Méditerranée et les tensions entre les groupes « porteurs de mémoire » pourront s'estomper. Alors, seulement, une mémoire sereine, familiale et collective, pourra se transmettre et sera à même d'éviter que de lourds secrets ne continuent à hanter nos sociétés.

    Certains appelés ont réussi à se réadapter rapidement

    Ils ont repris leur travail dès leur retour et sont parvenus à oublier rapidement la guerre. Parfois même la guerre leur a permis de faire des rencontres ou d’acquérir des savoirs qu’ils ont réinvesti dans le domaine professionnel ensuite.

    Une partie des appelés ont mis plusieurs mois avant de reprendre un travail du fait des syndromes de stress post-traumatique qui les handicapaient. D’autres enfin n’ont jamais pu se réadapter. Certains ont basculé dans la folie et ont passé leur vie dans des hôpitaux psychiatriques : les statistiques des hôpitaux militaires sont sur ce point encore inconnues. Il est évident que les 60 000 blessés reconnus officiellement du côté français sont largement sous-estimés, les problèmes psychologiques n’ayant pour une large part pas été comptabilisés. De même, certains soldats qui n’ont pas supporté le poids de ce qu’ils avaient vécu en Algérie se sont suicidés à leur retour. Ce sujet est notamment évoqué par le romancier Vladimir Pozner dans Le lieu du supplice, recueil de nouvelles tirées de faits réels.

    Pour d’autres soldats, les problèmes psychologiques ont été masqués par un alcoolisme dans lequel les soldats avaient commencé à sombrer dès la guerre d’Algérie. Ce sujet apparaît dans le roman de Laurent Mauvignier, Des hommes (2009). Il est impossible de quantifier les cas d’alcoolisme imputables à la guerre d’Algérie, tout comme il est impossible de savoir dans quelle mesure les actes de violence pratiqués par d’anciens appelés sont dus à la guerre.

    Un autre phénomène qui a gangrené la société française après 1962 est le racisme. Celui-ci préexistait bien évidemment à la guerre. Mais pendant et après celle-ci, il a pris pour cible les « Arabes », c’est-à-dire presque exclusivement les Maghrébins et encore plus les Algériens. Leur rejet trouve notamment son origine dans les épisodes douloureux que les soldats ont pu vivre en Algérie, par le racisme colonial qui existait en Algérie et que certains « pieds noirs » ont ramené en métropole, mais aussi par la propagande du 5e Bureau, chargé de « l’action psychologique » (notamment à destination des soldats français), qui véhiculait des préjugés raciaux et racistes sur la population algérienne. Ce racisme a trouvé à partir des années 1970 une expression politique avec la création puis l’essor du Front national.

    Le terme de « combattant »

    Il revêtait ici une importance particulière car les « anciens d’Algérie » n’étaient justement pas reconnus comme ayant participé à des combats mais seulement à des « opérations de maintien de l’ordre ». Leur première revendication concernait donc le fait d’avoir participé à une guerre et à toutes ses conséquences. Leur lutte aboutit plus de dix ans plus tard, en 1974, et encore de manière restrictive : il faut avoir été dans une unité combattante en Algérie pendant plus de 120 jours. Il a encore fallu attendre la loi du 18 octobre 1999 pour qu’enfin les autorités françaises reconnaissent que les « opérations de maintien de l’ordre » étaient en fait une guerre.

    Une autre lutte de la FNACA a été (et est encore) la reconnaissance du 19 mars comme jour officiel de commémoration de la guerre d’Algérie. En 2013, le 5 décembre est devenu par décret la journée officielle de commémoration, mais ce jour a été choisi car il ne correspond à aucun événement de la guerre d’Algérie (il serait donc « neutre »). La journée du 19 mars réclamée par la FNACA est combattue par d’autres associations portant une mémoire pied noire et harkie qui affirment (à juste titre) qu’il y a eu de nombreux morts après le 19 mars. Mais cette date apparaît comme la seule à posséder un sens symbolisant la fin de la guerre. D’ailleurs, depuis la loi du 6 décembre 2012, elle a été officialisée, bien que des associations nostalgiques de « l’Algérie française » continuent de s’y opposer.

    Les commémorations se déroulent devant les monuments aux morts locaux ainsi que devant des monuments départementaux dont le premier a été inauguré à Troyes en 1977. En 2002, un monument national, composé de trois colonnes sur lesquelles défilent les noms des morts en Algérie, a été érigé au quai Branly à Paris, tout près de la tour Eiffel.

    Femmes d'appelés

    Des appelés se sont mariés avant leur départ en Algérie, surtout s'ils étaient rappelés (ils avaient déjà terminé leur temps de service). Quelquefois, c'est au cours d'une permission que ce mariage s'est effectué. Mais le plus souvent, les appelés étaient célibataires, voire fiancés, leur union étant repoussée au retour d'Algérie. Parfois, le promis n'est jamais revenu, laissant une blessure indélébile pour ces « veuves blanches », puisqu'elles n'étaient pas encore mariées. L'éloignement et le temps ont pu faire s'envoler l'amour, laissant alors les soldats dans un terrible vide sentimental. Quelquefois, au contraire, l'amour est né sous les drapeaux, avec la rencontre d'une femme en Algérie ou lors de la correspondance avec une « marraine de guerre ». Au retour, certaines épouses et fiancées ont constaté combien la guerre avait transformé leur compagnon, ce qui a conduit à des séparations difficiles. Pour les autres, il a fallu apprendre à vivre ensemble, avec les cauchemars qui pouvaient hanter les nuits des époux, sans savoir ce qu'ils avaient vécu ni ce qu'ils avaient fait là-bas. Parfois, l'historien qui interroge le mari en sait davantage sur son parcours en Algérie que l'épouse... Et pourtant, les femmes d'appelés ont souvent été essentielles à l'équilibre psychique de ceux qui ont été traumatisés par la guerre. T. Q.

    Réconcilier et transmettre

    En 2004, la petite Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4ACG) a été créée. Ses membres reversent leur retraite d’ancien combattant pour une action importante : la réconciliation entre Français et Algériens. Enfin, l’Espace national guerre d’Algérie (ENGA) créé en 2017 a pour but de collecter des témoignages, de sauvegarder et de transmettre l’histoire et les mémoires de la guerre d’Algérie.

    Paroles de soldats. D'autres témoignages émouvants 

    Mémoires d'appelés, mémoires blessées. Soixante ans de silence 

    Entretien avec Benjamin Stora. Années Djebel, l'Histoire et les mémoires d'un conflit 

    1. L'appel (Paroles de soldats) 

    2. Départ pour l'inconnu (Paroles de soldats) 

    3. À l'arrivée, le choc de la découverte (Paroles de soldats) 

    4. La guerre (Paroles de soldats) 

    5. Le quotidien du soldat (Paroles de soldats)) 

    6. Violences ((Paroles de soldats) 

    7. L'impossible bilan humain (Paroles de soldats) 

    8. Soigner, enseigner...pacifier (Paroles de soldats)) 

    9. Refuser la guerre (Paroles de soldats) 

    10. Vers une scission de l'armée ? (Paroles de soldats) 

    11. Le cessez-le-feu et l'indépendance (Paroles de soldats) 

    12. Le retour (Paroles de soldats) 

    Les personnalités aussi ont « fait » l'Algérie 

    La photo et le pinceau pour seules armes 

    L'armée face à la guerilla : la population en otage 

    L'armée française : gagner les coeurs et les esprits 

    La « bleuite », le poison de la guerre psychologique 

    Guerre d'Algérie. La carte 

    Guerre d'Algérie. La chrono 

    SOURCE : http://www.historia.fr/m%C3%A9moires-dappel%C3%A9s-m%C3%A9moires-bless%C3%A9es-soixante-ans-de-silence

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    Ejecté d'un piquet de grève le cadre du RN Sébastien Chenu !!!

    Sébastien Chenu prie "l'Enfant-Jésus" pour que les syndicats l'acceptent

    dans les piquets de grève "c'est raté"


    Marine Le Pen avait annoncé qu’elle soutenait le mouvement du 5 décembre 2019 sur les retraites, sans pour autant qu’elle-même ou les cadres du RN soient forcément présents aux manifestations syndicales. Mais les syndicats et en tête la CGT ont dit « NON » l’un des cadres du RN Sébastien Chenu s’est fait éjecté d’un piquet de grève à Prouvy (59 Nord) « Ton costard c’est un mois de salaire ! »

     

    Alors que le Rassemblement National essaye de faire de la communication politique sur le mouvement contre la réforme des retraites en appelant à manifester, Sébastien Chenu, député et porte-parole du parti extrémiste, a voulu se rendre sur un piquet de grève à Prouvy, dans le Nord, pour «soutenir les grévistes». Il a été accueilli par des ouvriers refusant catégoriquement de laisser « un parti fasciste, au service de la bourgeoisie, récupérer leur lutte ». Les ouvriers lui ont demandé de partir en lui rappelant, au passage, que son costard coûte un mois de salaire d’un ouvrier, et en l’exhortant d’aller plutôt « manger du caviar avec Marine [Le Pen] ». Les ouvriers lui ont également rappelé que les forces combattives du prolétariat ne seront jamais dans le même camp que les fascistes en répondant « nous on se bat contre vous » lorsque le député RN a dit « on se bat contre les mêmes ». Sébastien Chenu a fini par quitter le piquet de grève, entouré de ses gardes du corps.

    Alors que le RN croit être en terrain conquis dans les zones ouvrières du Nord de la France, cet événement vient totalement contredire la propagande du parti extrémiste.


     Le député Rassemblement national du Nord a été expulsé par des militants CGT, Sud et FO rassemblés ce jeudi 5 décembre à Prouvy (Nord).

     

     

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    Retraites : pour Philippe Martinez

    "les syndicats sont indispensables

     dans ce pays"

    Le secrétaire général de la CGT se félicite de la forte mobilisation du 5 décembre contre le projet de réforme. "Nous tiendrons jusqu'au retrait" promet-il.
    Deux jours avant la deuxième journée de grève interprofessionnelle annoncée mardi 10 décembre, Philippe Martinez a commenté avec satisfaction l'élan de mobilisation contre la réforme des retraites, dans un entretien paru dans le JDD dimanche 8 décembre.

    Le leader syndical se dit "convaincu" que le gouvernement n'a pas pris la mobilisation au sérieux.

    "Comme ils sont déconnectés d'un certain nombre de réalités, ils pensaient qu'on en rajoutait", déclare-t-il saluant le "très beau succès" de la première journée de grève de jeudi 5 décembre.



    "Nous sommes irrécupérables"



    Forts d'un soutien majoritaire des Français en ce début du mouvement, les grévistes ne craignent-ils pas un "retournement" de l'opinion? "Même les cheminots sont emmerdés par leur propre grève !" répond le patron de la CGT, dont l'organisation occupe les devants de la scène dans le cadre de la grogne anti-réforme. "Les syndicats sont indispensables dans ce pays. A condition de ne pas leur taper sur la tête", fait-il valoir, réfutant l'impression de "perte de vitesse" de son syndicat. "Ils faut arrêter avec les légendes. Notre implantation a reculé (...), mais on constate un pic d'adhésions en ce moment. Et il y en a marre de ceux qui nous font la leçon : quel parti politique, en France, compte 650000 adhérents ? Tous ensemble, ils n'arrivent pas à ce chiffre", avance t-il.
    Interrogé sur le "risque de récupération politique" par La France insoumise ou le Rassemblement national, Philippe Martinez verse dans l'humour : "Nous sommes irrécupérables", s'amuse-t-il. Le leader syndical estime avoir dit ce qu'il "avait à dire sur le RN". "Nous n'avons pas les mêmes valeurs", résume t-il.

    Après la première journée de grève, "la balle est dans le camp du gouvernement". Quant à la durée du mouvement, Philippe Martinez l'affirme : "Nous tiendrons jusqu'au retrait". La veille, le secrétaire général de la CGT-Cheminots Laurent Brun avait tenu un discours similaire, déclarant que "les cheminots ne se fixent pas de limites".  "Les choses évoluent vite, et la colère est grande" abonde encore Philippe Martinez, qui dresse un parallèle avec les grèves de 1995 où "le Premier ministre Alain Juppé avait dit que jamais il ne retirerait son projet.
    Le gouvernement devrait être attentif", prévient-il, ajoutant que "si enlisement il y a, c'est le gouvernement qui l'aura décidé"Edouard Philippe doit présenter ce mercredi 11 décembre "l'intégralité" du projet de réforme. "Qu'il entende la colère. Qu'il dise qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", clame Philippe Martinez, qui appelle le chef du gouvernement à "remettre les compteurs à zéro".

     

     

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  • Alger, Nice, Alep, Munich souffrent   d’un cancer effrayant

    "Un autre monde on n'a pas le choix"

    Vincent Liechti

     

     

    Alger, Nice, Alep, Munich souffrent   d’un cancer effrayant


     Alger, Paris, Nice, Alep, Munich, Londres, Bruxelles, Saint-Etienne-du-Rouvray et bien d'autres lieux... souffrent  d’un cancer effrayant

    Par Rachid Boudjedra Écrivain et poète algérien

    Après la défaite de l’armée nationale afghane, soutenue par l’armée soviétique appelée en renfort par le président Najibullah au milieu des années 1980, l’armée américaine va s’installer en Afghanistan pour chasser les talibans. Rambo est arrivé ! Mais, après trente ans de guerre, le résultat américain est égal à zéro.

    Et c’est de l’Afghanistan des talibans et avec les dollars saoudiens que les terroristes algériens, formés à tuer à Kaboul et à Peshawar, ont déferlé sur l’Algérie dès le début des années 1990. L’Algérie a été ainsi le premier pays à être le laboratoire de la CIA et du roi d’Arabie pour mettre à l’épreuve cette arme nouvelle, le terrorisme islamiste.

    L’Algérie, durant dix ans, a été le premier pays à être dévasté par le terrorisme, dans l’indifférence des puissances occidentales, la France à leur tête.

    C’était l’époque ou la France croyant prendre sa revanche sur l’Algérie qui l'avait défait  en 1962. Ce sont ses services qui ont créé la fable du «Qui-tue-qui ? », qui ont innocenté les islamistes pour affirmer et aboyer pendant une dizaine d’années que les coupables des crimes atroces commis par les terroristes algériens étaient l’œuvre de l’armée algérienne et des services de sécurité.

    Aujourd’hui le terrorisme islamiste est mort (en Algérie) mais il s’est propagé en Europe et aux États-Unis. La France, la Belgique, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Amérique ont vu déferler le terrorisme aveugle, abject et immonde qu’a connu l’Algérie de 1990 à 2000.

    Aujourd’hui, c’est Nice, Paris, Bagdad, Alep, Munich qui souffrent de ce cancer effrayant. Et nous ne disons pas : « Qui tue qui ? » Et nous ne nous réjouissons pas de ces massacres odieux, comme certains se sont réjouis en Occident pour les massacres commis en Algérie pendant ce qu’on appelle la décennie verte/noire/rouge.

    Non. Nous sommes choqués. Nous sommes compatissants. Nous sommes solidaires. Mais nous sommes lucides aussi ! Parce que nous disons que l’Occident avec son OTAN, sa CIA et ses États-Unis, a semé et sème les guerres partout et depuis toujours. Et il ne fait que récolter une énorme tempête. Ce sont les pouvoirs politiques occidentaux qui sont – d’abord – responsables des massacres odieux que vivent leurs citoyens.

    Eux, ces responsables, qui ont pendu Najibullah à un arbre dans une ruelle de Kaboul.

    Eux qui ont pendu Saddam.

    Eux qui ont massacré à mort Kadhafi à coups de pierres.

    Eux qui n’ont pas compris que l’Histoire n’oublie jamais.

    Eux qui n’ont pas compris que tout crime se paye toujours.

    Eux qui n’ont pas compris que l’argent ne peut pas se gagner par le crime de guerre.

    Ce que nous voulons, nous, pacifistes et progressistes du monde, c’est que la notion même de guerre soit à jamais abolie.

    Que les dirigeants de tous les pays rendent des comptes devant leurs peuples pour crime… d’idiotie cruelle.

    Et ça continue… en afghanistan... Et c'est même pire en 2019... QU'à son début en 2001... 

    et maintenant c'est le mali... QUI TUE... 13 SOLDATS FRANçAIS SONT MORTS ACCIDENTELLEMENT... NOUS VENONS D'APPRENDRE QU'1 SOLDAT FRANçais a été grièvement blessé par une mine

    après le bourbier afghan voici le bourbier malien où la france et le seul pays européen à être tombé...

     

    "Un autre monde on n'a pas le choix" Vincent Liechti *** Alger, Paris, Nice, Alep, Munich, Londres, Bruxelles, Saint-Etienne-du-Rouvray souffrent  d’un cancer effrayant. Et ça continue...

    Pour qui ? Pour quoi ? sont-ils morts ces soldats

    français 

    puisque c’est de pire

    en pire là-bas «  Pour la Paix du Monde ? » dit 

    L’auteur de la chanson

    « paroles… paroles aurait dit dalida 

    Encore des mots toujours des mots

     les mêmes mots… 

    Des mots faciles des mots fragiles 

     

    "Un autre monde on n'a pas le choix" Vincent Liechti *** Alger, Paris, Nice, Alep, Munich, Londres, Bruxelles, Saint-Etienne-du-Rouvray souffrent  d’un cancer effrayant. Et ça continue...

     

     

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  • Aujourd’hui je souhaite vous faire connaître une association (Les Oranges) et son créateur et président M’Hamed Kaki qui est un ami, un camarade…

    Sur mon blog, chaque 17 octobre, nous le voyons prononcer une allocution concernant une tragédie, ce crime d’Etat du 17 octobre 1961, vous vous rappelez de cette photo « Ici on noie les Algériens)… Et bien nous reverrons M’Hamed Kaki lors de la cérémonie du 17 octobre 2019 sur le Pont Saint-Michel à Paris.

    Michel Dandelot

     

    Figures de l’engagement – M’Hamed Kaki (Association les Oranges)

     

    Figures de l’engagement – M’Hamed Kaki

    (Association les Oranges)

     

    M’Hamed Kaki, fondateur de l’association mémorielle Les Oranges à Nanterre (92), fait partie de ses altruistes qui sait que “plus tu donnes plus tu reçois” et qui est convaincu que le travail sur la mémoire est indispensable pour construire une société fraternelle. Son engagement solidaire l’a porté jusqu’à une candidature aux législatives 2017 sous l’étiquette France Insoumise. 

    L’association 

    Les Oranges est une association loi 1901, créée en janvier 2004. M’Hamed kaki et les membres fondateurs des Oranges ont des parcours divers mais un dénominateur commun : L’intérêt d’écrire quelques pages de l’histoire de l’immigration oubliée par l’histoire officielle. Cette histoire devrait aussi s’écrire par la mémoire des acteurs eux-mêmes.

    Héritiers de ceux qui ont reconstruit la France, combattu le fascisme durant les deux guerres mondiales, nous pensons qu’il est utile de travailler à faire connaître le rôle positif que nos parents et grands-parents ont apporté dans la reconstruction de la France.

    Pourquoi les Oranges ? 

     

    Les Oranges sont la symbolique de la paix et de l’amour, comme il en est question dans le livre d’Aziz CHOUAKI auteur Algérien, qui raconte merveilleusement bien l’histoire entre l’Algérie et la France, depuis 1830 à nos jours, avec humour.

    C’est pourquoi, il est question pour nous, de traiter la question de la mémoire sous des formes très diverses : conférences/débats, atelier d’écriture, théâtre, poésie/contes… et tout ce qui permet de faire émerger la rencontre, l’échange et l’association des intelligences pour co-construire une mémoire commune, avec l’expertise des parcours de vie de chacun, pour mieux vivre ensemble dans la paix.

    Visitez leur site ICI 

    Les figures de l’engagement 

    Une série de portraits vidéos intitulée « les figures de l’engagement » qui met en valeur les ressorts et les motivations de gens qui s’engagent dans l’action solidaire.

    M'Hamed Kaki se présente à vous

     

    Le 17/10/2019, M'Hamed Kaki, président des associations Les Oranges et Mémoires de Combat, était présent au Pont Saint-Michel pour rendre hommage aux dizaines d'Algériens noyés dans la Seine le 17 octobre 1961. 

     

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  • Le président d'un parti politique fier d'être le fils d'une porteuse de valise du FLN.

    Le 5 décembre dernier c’était la grève et la manifestation historique que l’on a connu et qui continue ce qui m’a fait oublier que ce même jour les anciens combattants de l’UNC, amis des extrémistes nostalgiques de l’Algérie française ont, une fois de plus réécrit l’Histoire… Mais ce même jour j’apprenais que Julien Bayou, nouveau patron du parti politique français, Europe Ecologie-Les Verts, a suscité une vive polémique en France. Lors de son discours inaugural prononcé dimanche 1er décembre, le nouveau secrétaire national du parti écologiste a remercié sa mère Porteuse de valises pour le FLN algérien. 

    Julien Bayou a tenu à remercier ses parents qui lui « ont donné le goût de l’engagement et de la désobéissance […]. Mon père était fanfariste, ma mère était Porteuse de valises pour le FLN algérien et évidemment si je suis là devant vous, c’est un bon mélange des deux, radical et festif », a-t-il déclaré.

    Plusieurs politiciens français ont vite fait de dénoncer les propos de Julien Bayou. En effet, ils considèrent que le Front de libération nationale avait perpétré durant la guerre d’Algérie, des assassinats et des attentats, contre l’armée française, avec l'aide des Porteurs de valises.

    Vive polémique en France

    Le discours inaugural du jeune politicien a rapidement fait jaser en France. Le maire de Béziers Robert Ménard s'est attaqué à Julien Bayou sur Twitter lui reprochant d’afficher sa fierté d’être fils d'une membre du Front de libération nationale. « Se vanter d’avoir une mère qui soutenait les terroristes qui tuaient des familles entières… Abject est un mot bien faible pour qualifier certains politiciens », a notamment écrit le maire proche du parti de Marine Le Pen.

    Je réponds à Ménard que les terroristes dans l'Algérie française ce n'était pas les porteurs de valises du FLN mais l'OAS, cette organisation terroriste et criminelle responsable de 2700 victimes algériennes et françaises, en Algérie et en France.

     

    Ce 5 décembre 2019, l’UNC va, une fois de plus, ré-écrire l’Histoire... et chanter "Le Chant des Africains"

    «Merci à mes parents qui m'ont donné le goût de l'engagement et de la désobéissance [...] Mon père était fanfariste, ma mère était porteuse de valises pour le FLN algérien et évidemment si je suis là devant vous, c'est un bon mélange des 2, radical et festif.» 

    CLIQUEZ SUR LE LIEN CI-DESSOUS POUR VOIR ET éCOUTER ce fils d’une porteuse de valise du FLN

    https://twitter.com/i/status/1200975335480811526

     

     

    A L'UNC ET A TOUS LES NOSTALGIQUES

    EXTREMISTES DE L'ALGERIE FRANCAISE

    NON !!! LES AFRICAINS CE NE SONT PAS VOUS… Béziers mars 2015 : Inauguration  de la rue du commandant Hélie de Saint-Marc qui remplace la rue du 19-Mars-1962 grâce à l’extrémiste Ménard :

     

     

    Ce 5 décembre 2019, l’UNC a, une fois de plus, ré-écrit l’Histoire « En n'oubliant pas de chanter LE CHANT DES AFRICAINS »

    Le 5 décembre date politicienne, sans aucun rapport avec la guerre d’Algérie, date qui fait surtout plaisir à toutes ces associations nostalgiques de la défunte Algérie française, nostalgiques du colonialisme, cette date qui a été instaurée – contre l’avis de 86 % des Français.

    "La défense de l'Empire en rêve seulement" 

     

    5 décembre 2002 : il y a 16 ans, un mémorial pour les soldats morts en Afrique du Nord... mais un mémorial dénaturé, falsifié...

    Ce 5 décembre 2019, l’UNC qui a rejoint depuis longtemps tous ces extrémistes, de tous poils, qui n’ont pas digéré d’avoir perdu..., à l’image de Ménard, ce maire éphémère ? de Béziers qui l’a dit par ses mots...« La plus grande France » ; ces nostalgiques du colonialisme qui n’oublient pas de chanter, en priorité, c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnait le beau chant « C’est nous les Africains »… Mais les Africains ce ne sont pas eux… Eux, n’aiment pas les Africains, surtout les Algériens… comme l’a si HONTEUSEMENT dit l’autre islamophobe Zemmour qui rêvent d’en déporter 5 millions… et pour ces gens-là l'OAS, cette organisation terroriste et criminelle n'a pas existé et ne serait pas responsable d'un nombre considérable de victimes d'avant et d'après le 19 mars 1962, c’est-à-dire 2700 victimes françaises et algériennes, en France et en Algérie ». 

     

    Michel DANDELOT 

     

    En 2012 j'avais fait un rêve...

     Alors je me suis souvenu... 

    En août 2016, j’étais dans la région parisienne et au cours d’une de mes visites j’ai voulu voir le fameux Mémorial du quai Branly détourné de sa vocation première, comme nous le savons tous. Lorsqu’en 2012 j’avais voté pour le président "du changement c'est maintenant", j’avais espéré qu’il rétablirait cette aberration… mais ce n’était qu’un rêve…  Bien sûr, à son crédit il a signé la loi du 6 décembre 2012 qui a fait du 19 mars 1962 une date officielle, mais en revanche il n’a jamais abrogé, pour des raisons politiciennes, sans doute, le décret permettant aussi de rendre hommage aux victimes de la guerre d’Algérie le 5 décembre de chaque année… ces quelque 23000 victimes honorées 4 fois, car il faut ajouter aussi le 11 novembre (pour toutes les victimes de toutes les guerres) et le 25 septembre (pour les harkis)…  Alors je me suis souvenu…  aidé en cela par le remarquable témoignage de Jean-François Gavoury, fils du commissaire d'Alger Roger Gavoury premier fonctionnaire assassiné par l'OAS.

     

    5 décembre 2002 : il y a 15 ans, un mémorial pour les soldats morts en Afrique du Nord... mais un mémorial dénaturé, falsifié...

    En 2012 j'avais fait un rêve...  Alors je me suis souvenu...

    Roger Gavoury

    assassiné par l'OAS

    En 2012 j'avais fait un rêve...  Alors je me suis souvenu...

    Son fils Jean-François Gavoury

    Président-fondateur de l’ANPROMEVO 

    En 2012 j'avais fait un rêve...  Alors je me suis souvenu...

     

    JEAN-JACQUES JORDI L’HISTORIEN DES PIEDS-NOIRS, ADULÉ PAR LES "NOSTALGéRIQUES" *** SOUVENONS-NOUS DES 1585 NOMS AJOUTéS SUR LE MEMORIAL QUAI BRANLY !!! 

     

    En 2012 j'avais fait un rêve...  Alors je me suis souvenu...


     Dans la catégorie  de la NOSTALGÉRIE

    La nostalgie coloniale et le révisionnisme ne s'étaient jamais aussi bien portés qu’au moment où l’on s’apprêtait à célébrer le cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie.  

    La présence du maire de Perpignan, représentant de l’État, aux rencontres du Cercle algérianiste pour l’inauguration d’un centre de documentation des Français d’Algérie, véritable musée de l’OAS, auréolé du logo officiel tricolore, l’érection de stèles à la mémoire de l’OAS, la remise de la Légion d’Honneur au putschiste de l’OAS de 1961, Hélie Denoix de Saint-Marc, la Légion d’Honneur à l’ancien responsable OAS Jean-François Collin (qui a dit "De Gaulle le plus grand traître de l'Histoire" : autant d’insultes à toutes les victimes de la guerre d’Algérie et dans le sens que voulait donner le pouvoir en place à l’histoire de cette sale guerre jusqu’à aujourd’hui.  

    Bien sûr, concernant Jean-François Collin, nous savons que sa Légion d'honneur lui fut retirée depuis, heureusement. 

    En 2012 j'avais fait un rêve...  Alors je me suis souvenu...

    JEAN-JACQUES JORDI  

    C’est dans ce contexte d’offensive revancharde que l’hebdo de droite plutôt extrême Valeurs Actuelles fait en Novembre 2011, la promotion d’un livre dont la thèse centrale semble être : C’est lui qui a commencé ! Commis par l’historien Jean-Jacques Jordi, « Un silence d’État », les disparus civils Européens de la Guerre d’Algérie, ce livre exempte de tout crime l’OAS, qui n’aurait fait que répondre à la barbarie du FLN. Aidé dans cette mission par l’État qui a ouvert à Jordi des archives pourtant encore interdites au public. Absence totale de contextualisation dans le cadre d’une guerre d’indépendance et de libération nationale, qualifiant de « terrorisme » le combat d’un peuple pour se libérer de l’occupant. Jordi soutient que le FLN n’a fait preuve que de violence aveugle, usant et abusant de torture systématique perdurant longtemps après l’Indépendance, afin de légitimer, voire d’excuser les crimes de l’OAS et de l’armée coloniale française. Le tout à base de conditionnel, d’approximations et de témoignages pour le moins flous, des renseignements d’origine civile et privée. Il avance même l’hypothèse de collusion entre la Mission Choc, envoyée par De Gaulle et FLN, après les accords d’Evian, contre les Européens. La réécriture de l’Histoire est en marche, à moins que cette année électorale ne lui soit moins propice…   
     

    En 2012 j'avais fait un rêve...  Alors je me suis souvenu...

    Deux propositions de loi successives, émanant l’une de M. Guy FischerEn 2012 j'avais fait un rêve...  Alors je me suis souvenu... au Sénat (n° 618 du 7 juillet 2010)  et l’autre de Mme Marie-Hélène Amiable à l’Assemblée nationale (n° 3130 du 1er février 2011), se sont intéressées à la destination du Mémorial national de la guerre d'Algérie érigé sur la promenade piétonne du quai Branly à Paris (7e) à la demande d’associations représentatives des anciens combattants en Algérie, au Maroc et  en  Tunisie .

    Dans l’exposé des motifs de ces deux textes, il est rappelé qu’une commission, instituée par arrêté ministériel du 3 mars 1998, avait, à l'issue de dix réunions, adopté plusieurs conditions à l’édification de ce monument : notamment, le mémorial devait porter les noms de tous les combattants - et eux seuls - dont l'acte de décès était revêtu de la mention réglementaire "Mort pour la France" entre 1952 et 1962 en Algérie, en Tunisie et au Maroc. 

    De la dénaturation  à la falsification  

    Déjà, le 5 décembre 2009, le secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants Hubert Falco avait annoncé que la colonne centrale du Mémorial serait, à partir du 26 mars suivant, dédiée à la mémoire des victimes civiles d’une fusillade ayant tragiquement conclu, rue d'Isly à Alger le 26 mars 1962, une manifestation insurrectionnelle appelée par l'OAS. Ainsi, le 26 mars 2010, c’est à une nouvelle inauguration qu’il a été procédé de ce monument métamorphosé dont la colonne centrale a dès lors fait apparaître des noms et prénoms issus d'une liste privée. 

    Mais aujourd’hui, une nouvelle étape dans la dénaturation du Mémorial a été franchie, qui a, plus que fausser,  falsifier le sens. En effet, le successeur de Falco, Marc Laffineur, présentant ses vœux aux rapatriés le 31 janvier 2012 à Aix-en-Provence, avait annoncé l’inscription, avant la fin du mois de février 2012, du nom de 1.585 victimes civiles disparues lors de la guerre d’Algérie... Ce qui fut fait. 

    Deux personnes ont apporté leur concours à la réalisation de cette sinistre opération orchestrée en haut lieu : il s’agit de Renaud Bachy, président de la Mission interministérielle aux rapatriés (MIR) et de l’historien Jean-Jacques Jordi, autorisé, à titre exceptionnel, grâce à l’intervention du premier, à consulter des archives classées top secret. On sait en effet, grâce à Guy Pervillé, que Jean-Jacques Jordi, à la fin de son ouvrage intitulé "Un silence d’État" (Éditions Soteca, octobre 2011) " fournit des listes de personnes disparues présumées décédées entre le 1er novembre 1954 et le 31 décembre 1962, soit 1.583 personnes, dont 1.438 Européens et 145 Français musulmans ». 

    Du révisionnisme à l’électoralisme  

    Peu importe que M. Jordi ait pu, le cas échéant, tirer profit de dérogations exclusives liées à une commande d’État en publiant un livre qui alimente l’esprit revanchard des nostalgiques de l’Algérie française et autres anciens partisans ou sympathisants de l’OAS. 

    Ce qu’il convient de retenir, c’est que nous voyons se dessiner l’entrée en force, sur le mémorial du quai Branly, de noms de personnes n’ayant rien à voir avec la guerre d’Algérie, décédées ou disparues y compris après l’indépendance. 

    Si cette mutation, heureusement réversible, du monument a lieu, il faudra voir dans le mémorial du quai Branly un monument voué aux morts et disparus - civils et militaires - de l’Algérie française et postcoloniale de la Toussaint 1954 à la Saint-Sylvestre 1962. 

    Non seulement la commémoration nationale du souvenir des Morts pour la France en AFN à la date du 5 décembre n’a aucune signification mais le site sur lequel elle se déroule a perdu le peu de crédibilité qui lui restait après le 26 mars 2010. 

    L’ajout de près de 1.600 noms à ceux de quelques dizaines de civils manipulés par l’OAS représente une nouvelle provocation dirigée contre le monde combattant. 

    Et la réaction du monde combattant devra être à la hauteur des enjeux d’une politique mémorielle dans l’inspiration de laquelle l’électoralisme le dispute désormais au révisionnisme. 

     Jean-François Gavoury

     

    En 2012 j'avais fait un rêve...  Alors je me suis souvenu...

    Je m’adresse aux falsificateurs de l’Histoire... Les menteurs ce sont vous les nostalgériques extrémistes : je ne mettrai pas sur le même pied d’égalité le colonisateur et le colonisé, oui il y a eu des victimes après le 19 mars 1962, victimes  de l’OAS (L’Organisation des Animaux Sauvages) et aussi des éléments incontrôlés du FLN… Mais oui après 132 ans de crimes, de tortures, de viols, de privation de nourriture, d’asphyxies dans des grottes, de corps brûlés dans des fours à chaux à la manière des nazis, de corps, les pieds liés et enfoncés dans des cuvettes de ciment prompt balancés dans la mer depuis des hélicoptères (les honteuses crevettes Bigeard), les 600 à 800 villages brûlés au napalm (les Oradour algériens), les millions de victimes, voilà qu’après le 19 mars 1962 les Animaux Sauvages mettent à feu et sang ce qui reste de ce pauvre pays, alors ne soyons pas surpris que la cocotte minute a explosé et que des éléments incontrôlés algériens se soient vengés… Bientôt, les jeunes générations ne parleront plus de toutes ces horreurs, car tous les témoins auront disparu… Y compris les falsificateurs menteurs… Qu’ils aillent se faire réadapter ailleurs, mais je crains qu’ils soient irrécupérables...

    Michel Dandelot

    Aux dernières nouvelles : « touché-coulé l’animal sauvage » 

     

    Les 25 et 26 juin 1962, dans la ville recouverte par la fumée des incendies, les commandos de l’OAS attaquent et dévalisent six banques. En fait, il s’agit de préparer la fuite, après l’annonce du colonel Dufour, ancien chef du 1er REP et responsable de l’organisation pour l’Oranie, de déposer les armes. Sur des chalutiers lourdement chargés d’armes (et d’argent), les derniers commandos de l’OAS prennent le chemin de l’exil... Courage fuyons... les pieds-noirs qui restent se débrouillerons sans nous... En effet les pieds-noirs qui sont restés ont vécu la tragédie du 5 juillet 1962 pendant que les terroristes et criminels s'enfuyaient... Signés : LES HYPOCRITES FASCISTES !!! 

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  • S'il y a des "racailles" comme ils disent dans la fachosphère, ce sont celles qui font des appels aux meurtres... dans une République on ne "tire pas à balles réelles"

     

    Rappelez-vous : Zineb El Rhazoui "il faut que la police tire à balles réelles" (dans les quartiers) mais nous l’avions oublié elle n’était pas la première à faire cet appel au meurtre… il y avait eu le précédent Luc Ferry…

     

    Gilets jaunes : Luc Ferry appelle les policiers à « se servir de leurs armes » et crée la polémique

     

     

    C’était au mois de janvier 2019 : la saillie de l’ancien ministre de l’Education a suscité l’indignation de nombreux internautes et politiques.

    La polémique n'a cessé d'enfler. L'ancien ministre de l'Education Luc Ferry s'est attiré les foudres de l'opinion en suggérant aux policiers de se servir de leurs armes lorsqu'ils sont malmenés par des Gilets jaunes en pleine manifestation.

    « Quand on voit des types qui tabassent à coups de pied un malheureux policier par terre, qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois ! Ça suffit, ces espèces de nervis, ces espèces de salopards d'extrême droite et extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper des policiers. […] On a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies », s'est-il emporté lundi au micro de Radio Classique.

     

     

    « Non Luc Ferry, la réponse à l'anarchie n'est sûrement pas l'instauration d'une répression sanglante », a répondu la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel..

    « Appeler à tirer balles réelles sur des manifestants, c'est appeler au meurtre de Français. Luc Ferry nous rappelle qu'avant d'être un philosophe, il est un millionnaire qui veut l'armée pour protéger ses privilèges », fustige de son côté l'élu communiste de Paris Ian Brossat.

    « Ça suffit! », a clamé le député européen Guillaume Balas, coordinateur de Générations, le mouvement de Benoît Hamon, « Luc Ferry qui demande le tir à balles réelles contre les manifestants ».

    Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a dénoncé quant à lui des propos « inquiétants » tout en appelant au maintien au calme dans les manifestations des Gilets jaunes. 

     

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  • Contre la réforme des retraites, on continue la lutte : en grève et dans la rue le 10 décembre !

     

    Contre la réforme des retraites, on continue la lutte : en grève et dans la rue  le 10 décembre !

     

    Au lendemain de l’immense mobilisation du 5 décembre contre l’infâme réforme des retraites, les syndicats appellent d’ores et déjà à une nouvelle journée de grève générale interprofessionnelle pour le mardi 10 décembre. Comme ce jeudi 5 décembre, il y aura des manifestations dans toutes les villes de l’État français.

    Dans le même temps, la grève continue dans les secteurs clés de l’économie, et notamment à la RATP, à la SNCF et dans les raffineries. La classe ouvrière est en train de créer un réel rapport de force avec le gouvernement anti-social de Macron, et la lutte va très probablement encore s’amplifier dans les prochains jours et les prochaines semaines.

    Toutes et tous en grève, toutes et tous en manifestation le 10 décembre !

     

     

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