• Guerre d’Algérie : pour un armistice mémoriel 

    Guerre d’Algérie : pour un armistice mémoriel

    " Moi, petits-fils de pieds-noirs, j’ai décidé, avec d’autres, comme l’historien Benjamin Stora, de devenir, humblement, un militant du "compromis mémoriel", autrement dit de défendre la construction d’une mémoire commune, d’abord cimentée par le récit méthodique et rigoureux des historiens : une mémoire non militante, qui n’occulterait ni les massacres de Sétif du 8 mai 1945 par l’armée française, ni la Nuit noire du 17 octobre 1961 à Paris, ni le massacre des Français d’Algérie de la rue d’Isly, celui oublié des Européens du 5 juillet 1962 à Oran, ou encore les massacres de harkis… et cela avec l’espoir qu’à terme, les murs des mémoires revanchardes et haineuses, qui séparent encore les différents groupes sociaux ayant fait cette histoire algérienne, se fissurent enfin… jusqu’à tomber ! "

    Hugo Melchior  

    Un historien, petit-fils de pieds-noirs, plaide pour la construction d’une mémoire commune et non militante. (1) Moi, petit-fils de pieds-noirs, encore adolescent, j’avais pris l’habitude devant mes grands-parents, du fait de mes convictions, d’adopter une posture anticolonialiste intransigeante, au risque de défendre une conception essentiellement binaire et manichéenne de l’histoire de l’Algérie française et coloniale. 

    Moi, petit-fils de pieds-noirs, en dépit de l’amour infini que je leur portais, je fus longtemps incapable de faire preuve d’empathie à l’égard de mes grands-parents maternels, d’origine espagnole, nés et ayant grandi en Oranie, tous deux fils et fille de classe ouvrière devenus instituteurs, dès qu’ils évoquaient, pleins d’amertume et de mélancolie, la roue de l’histoire qui avait fini par tourner en faveur des peuples colonisés. 

    Moi, petit-fils de pieds-noirs, je n’avais pour seule réponse à opposer à leur " nostalgérie " que cette phrase inutilement blessante : "Les Algériens ont eu raison de vous foutre dehors" ; allant jusqu’à leur dire que je regrettais de n’avoir pas eu 20 ans en 1958 pour aider les "fellagas" honnis, c’est-à-dire les nationalistes algériens, à recouvrer ce qu’ils considéraient comme leur souveraineté perdue, comme le firent des dizaines de militants français ayant pris fait et cause pour l’indépendance de l’Algérie (intellectuels, trotskistes, anarchistes…). 

    Moi, petit-fils de pieds-noirs, je n’avais en tête que la barbarie innommable, la multitude des crimes qui avaient accompagné le geste des prétendus civilisateurs dans le cadre de la conquête territoriale et de la " pacification " de l’Algérie à partir de 1830. L’Algérie coloniale avait été, à mes yeux, un scandale permanent pour les Algériens musulmans pendant plus de cent trente ans, et rien de plus : dissociation monstrueuse sur le plan juridique entre nationalité et citoyenneté pour les Algériens musulmans qui furent assimilés de facto à partir de 1865 à des " sujets français ", droit pénal d’exception pour les musulmans avec le fameux " code de l’indigénat ", l’expropriation systématique des terres au profit des grands propriétaires européens et a contrario la paupérisation extrême des campagnes algériennes, pourtant censées être des territoires de la République française…. 

    Moi, petit-fils de pieds-noirs, en devenant un " trans-mémoire ", j’avançais sur le champ de bataille des mémoires algériennes en brandissant le drapeau déployé de l’Algérie indépendante. Il fallait choisir son camp, paraît-il, et devenir par-là même un militant d’une mémoire exclusive. J’avais choisi la mienne, celle des Algériens musulmans, des colonisés, de celles et ceux qui avaient voulu, les armes à la main, conjurer la fatalité coloniale. 

    Puis, moi, petit-fils de pieds-noirs, j’ai grandi et j’ai voulu en finir avec ces postures stériles qui ne me permettaient pas de saisir correctement les éléments constitutifs non seulement de la mémoire blessée de mes grands-parents, mais de celles et ceux qui, comme eux, avaient, la mort dans l’âme, dû quitter, en cette année 1962, l’Algérie, c’est-à-dire leur patrie au sens étymologique du terme (la terre de leurs pères et de leurs morts), pour rejoindre une métropole dont ils n’avaient jamais foulé le sol pour la grande majorité d’entre eux. 

    Peuple mosaïque  

    Puis, moi, petit-fils de pieds-noirs, j’ai compris que mon rejet des colonialismes d’hier et d’aujourd’hui, ma dénonciation du caractère essentiellement inégalitaire et discriminatoire de l’Algérie à l’heure française ne devaient pas me conduire à rejeter le passé de mes grands-parents, ni celui de celles et de ceux qui avaient formé, en Algérie coloniale, ce peuple mosaïque, autrement dit cette société minoritaire bigarrée aux multiples contrastes (sociaux, culturels, religieux, politiques) qu’on ne pourrait assimiler raisonnablement à une simple "caste d’exploiteurs". 

    Puis, moi, petit-fils de pieds-noirs, j’ai compris que je pouvais, tout en demeurant principalement anticolonialiste, être fier d’être le fruit de l’arbre de cette histoire, que je pouvais, tout en me sentant solidaire du peuple algérien qui a payé le prix du sang pour se libérer du joug colonial, ressentir de la tristesse devant l’impossible deuil de mes grands-parents pour leur vie là-bas, n’exiger d’eux ni excuses ni contritions. 

    Moi, petit-fils de pieds-noirs, j’ai donc décidé de rendre les armes pour ne plus avoir à participer à cette guerre sans fin des mémoires algériennes, à cette mise en concurrence des souffrances bien réelles de chacun. 

    Hugo Melchior 

    (1)  Source : Tribune de Hugo Melchior, docteur en histoire contemporaine à l’université Rennes ll, publiée dans la page "Débats" de l’édition du Monde datée du 23 février 2017. 

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  • Et ça ce n’est pas du terrorisme islamique mais les civils innocents meurent quand même… bande d’hypocrites !!!

    Syrie: les civils payent le prix fort des combats à Raqa, plus de 40 morts

    Et ça ce n’est pas du terrorisme islamique mais les civils innocents meurent quand même… bande d’hypocrites !!!

    Un immeuble détruit à Raqa, le 28 juillet 2017

    ©DELIL SOULEIMAN, AFP

    AFP, publié le mardi 22 août 2017 à 10h29

    Plus de 40 civils dont de nombreux enfants ont péri dans des frappes de la coalition dirigée par les Etats-Unis sur la ville syrienne de Raqa où les combats contre les jihadistes font rage dans les zones les plus peuplées, selon une ONG.

    La coalition formée de dizaines de pays fournit un appui aérien crucial aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde engagée dans une offensive pour chasser le groupe jihadiste Etat islamique (EI) de Raqa, son principal bastion en Syrie situé dans le nord du pays en guerre.

    Après s'être emparées de 60% de la cité, les FDS encerclent désormais l'EI dans une zone de 10 km2 dans le centre et le nord de la ville, où la majorité de la population est prise au piège d'intenses bombardements aériens et de l'artillerie.

    Lundi, au moins 42 civils dont 19 enfants et 12 femmes ont péri dans des raids qui ont ciblé plusieurs quartiers du nord de Raqa, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Et dimanche, 27 civils y ont péri. En huit jours, il y a eu près de 170 civils tués dans de telles frappes, d'après l'ONG. 

    "Les bilans sont élevés car les frappes ciblent des quartiers du centre-ville très densément peuplés", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le chef de l'OSDH.

    "Il y a des immeubles pleins de civils qui tentent de fuir des lignes de front. Les raids de la coalition visent tout bâtiment où sont détectés des mouvements de Daech", a-t-il ajouté en utilisant un acronyme en arabe de l'EI.

    Selon lui, "il y a des civils tués chaque jour dans des raids de la coalition. Plus les combats se rapprochent du centre-ville, plus il y a des morts parmi les civils".

    La coalition internationale n'a pas réagi aux derniers bilans de l'OSDH, mais elle a dit auparavant prendre des mesures pour éviter les victimes civiles.

    Depuis 2014, elle a reconnu être responsable de la mort de 624 civils dans des frappes, selon un bilan fourni début août. Certaines organisations estiment ce nombre largement sous-estimé.

    - 'Pire endroit' - 

    "Le pire endroit aujourd'hui en Syrie est la partie de Raqa qui est toujours aux mains du prétendu Etat islamique", a dit la semaine dernière Jan Egeland, le chef du groupe de travail humanitaire de l'ONU pour la Syrie.

    L'ONU estime qu'il y a jusqu'à 25.000 civils pris au piège dans Raqa.

    Les FDS ont lancé il y a huit mois l'offensive en vue de s'emparer de Raqa, devenue tristement célèbre en raison des exécutions que les jihadistes y menaient depuis leur prise de contrôle de la ville en 2014. 

    Elles font face à une résistance farouche depuis leur entrée en juin dans la ville où les combats ont poussé à la fuite des milliers de civils qui vivent dans des camps informels dans des conditions dures.

    Les violences y ont occasionné d'importantes destructions.

    Déclenché par la répression de manifestations prodémocratie et opposant initialement armée et rebelles syriens, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication d'acteurs régionaux et internationaux et de groupes jihadistes, sur un territoire morcelé.

    Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés. 

     

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  • Un message d’Algérie

    Vous qui avez eu le courage de dénoncer les crimes

    de la colonisation

    Monsieur le Président de la République,

    En qualifiant la colonisation française de l’Algérie de “crime contre l’humanité”, vous avez provoqué des remous en France. De l’autre côté de la Méditerranée, plusieurs éditorialistes algériens ont salué votre audace pour vos propos et regrettent qu’ils fassent polémique. Le moins qu’on puisse dire, c’est que votre séjour en Algérie a suscité des remous chez tous les nostalgiques de « la Grande France » dans tous les bords politiques, au prétexte que vous auriez commis un sacrilège en appelant les choses par leurs noms. C’est vrai que la sémantique et la polysémie quand elles sont manipulées par des mains expertes réservent toujours des surprises et servent toujours de paravent commode aux pleutres et aux hypocrites. Ce n’est pas votre cas et cela indispose. 

    Les Algériens ont vu plusieurs fois votre dernière mise au point sur les réseaux et saluent votre dignité et pour tout dire le courage qui ponctuent chaque mot de votre discours. Vous appelez tout le monde à “clôturer le deuil”, à “laisser le passé passer”, à “cesser de nous renvoyer le passé à la figure”, à “construire une relation nouvelle” et à “réconcilier les mémoires pour fonder une relation nouvelle entre la France et l’Algérie”. De Gaulle et Adenauer n’auraient pas changé un iota. Ils ont appelé à la réconciliation franco-allemande et ils y sont arrivés.

    Pourquoi cela nous serait-il interdit aujourd’hui ? C’est ainsi que l’Algérie a compris votre message et croyez, Monsieur Macron, elle y souscrit pleinement.

    Mais nous vous faisons une proposition pour prouver que vos paroles n’étaient pas des paroles hypocrites et électoralistes comme certains le prétendent confirmez-les et dans votre pays faites démolir les stèles ou les noms de rues à la gloire des factieux de l’OAS ou des putschistes notamment les deux principales celles de Béziers :

    Un message d’Algérie

    et de Perpignan :

    Un message d’Algérie

    Nous vous rappelons l’arrêté du Conseil d'Etat du 14 novembre 2011 exigeant  que la stèle à la gloire des factieux de l'OAS, qui avait été érigée dans le cimetière Saint-Laurent-Imbert de Marignane, soit enlevée. A Marignane comme à Béziers les "nostalgériques" de l'OAS avaient obtenu l'autorisation d'occuper un emplacement pour ériger une stèle au travers d'une association qui servait de paravent et permettait d'obtenir un arrêté municipal.
    Ce qu’a dit le Conseil d'Etat c'est que l'apologie de faits criminels n'est pas compatible avec la destination publique d'un cimetière. Si cet arrêté du Conseil d'Etat est valable à Marignane, et il a été valable puisque, si la stèle de Marignane est toujours à sa place elle a dû être modifiée, transformée en un mot travestie,  cet arrêté du Conseil d’Etat doit l'être à Béziers et à Perpignan : nous sommes dans les mêmes cas de figure. De fait l'arrêté qui concerne Marignane doit faire jurisprudence pour Béziers et Perpignan.

    Un ami d’Algérie

      

    Les Algériens ont vu plusieurs fois votre dernière mise au point sur les réseaux et saluent votre dignité et pour tout dire le courage qui ponctuent chaque mot de votre discours.

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  • L’ANPNPA nous informe :

    Il y a même des Français heureux en Algérie pourtant elle n’est plus française... heureusement !!!

    Marie-France Grangaud, retraitée à Alger

    Marie-France Grangaud, retraitée à Alger 

    Comme son mari, Marie-France se définit comme une «Algérienne d'une génération particulière». Née, il y a cinquante-huit ans, à El-Asnam (à près de 200 kilomètres à l'ouest d'Alger), elle n'a, durant sa scolarité, rencontré qu'une seule Arabe, au lycée de Bab el-Oued. «Les Français et les Algériens de France, explique-t-elle, se connaissaient mieux que nous ici.» Originaire d'une famille de confession protestante, elle est élevée dans le respect des valeurs humanitaires. Elle se souvient ainsi que, dans les années 50, son père s'était démené pour sortir de prison un de ses amis, un responsable du FLN. «Même s'il n'était pas favorable à l'idée d'indépendance, l'idéal humanitaire de mon père m'a préservée du racisme», dit-elle. C'est chez les scouts qu'elle rencontre Jean-Paul, qu'elle épouse en mars 1962. Son mari mobilisé, Marie-France n'a d'autre choix que de suivre ses parents lorsque ces derniers décident de partir, peu avant l'indépendance. «Mais il était très clair dans ma tête que mon pays c'était l'Algérie. J'avais un attachement charnel à cette terre. Plus qu'aux gens, puisque je ne les connaissais pas.» Aussi, lorsque Jean-Paul obtient un poste de médecin militaire à Alger, elle le rejoint immédiatement. «D'abord, j'ai été étonnée de voir que nous étions accueillis avec beaucoup de chaleur et de gentillesse par ceux-là mêmes qui avaient combattu la France. Ils n'étaient pas du tout rancuniers. Ensuite, j'ai découvert qu'ils pouvaient partager des valeurs que je croyais exclusivement chrétiennes. Après cela, j'ai appris à tout relativiser, ma culture, ma foi, mon patriotisme. Et ce fut pour moi une grande libération.» En 1972, elle prend la nationalité algérienne. Il est arrivé que, dans son travail, on lui rappelle sa différence: «Surtout quand je pensais différemment. Et, en plus, j'étais une femme.» Elle n'a pas eu de promotion, par exemple. Pour elle, la décennie 1990 a été une autre forme de libération. «Des Algériens ont marqué leur différence par rapport à d'autres Algériens. On est enfin sorti de l'uniformisation.» 

    Les Européens qui sont restés en Algérie après l'Indépendance

    Comme on le sait, la colonisation n'a pas détruit uniquement les fondements de la société algérienne, elle a, aussi contribué, par la création d'un apartheid, à creuser le fossé entre les Européens d'Algérie et les Algériens. Pourtant, il y eut -contrairement à la triste condition des supplétifs harkis en France- des Européens qui ont choisi de rester en Algérie, après l'Indépendance. 200.000 Européens avaient choisi en effet, de rester dans le pays. Ces oubliés de l'histoire, Hélène Bracco les raconte, aussi, écoutons-la: «.... Je me suis penchée sur une autre face de l'histoire, celle des Européens qui ne sont pas partis à l'Indépendance de l'Algérie en 1962. Quelques revues auxquelles j'ai envoyé des articles n'ont pas voulu les passer bien qu'ils viennent en réponse à d'autres articles qui disaient que tous les Européens étaient partis à l'Indépendance de l'Algérie (...) J'ai mis Européens entre guillemets parce que cette frange de population se dit algérienne et quand je suis allée en Algérie, je me suis adressée à ces personnes en leur disant: «Vous êtes des Européens qui ont choisi de rester en 1962 et je voudrais connaître les raisons de votre choix.» Et ils m'ont dit qu'ils étaient Algériens, ils ne se reconnaissaient pas comme Européens. (...) Quand on avait la chance d'être Alsacien, c'était très très bien. Ensuite, venaient les autres Français et en dessous, (...) tout-à-fait en-dessous, ceux que les Européens ne voyaient pas, ou ne voulaient pas voir, et qu'on a vu, tout-à-coup, se lever pour lutter et prendre leur indépendance : c'était le peuple algérien.»
    «Arrivée là-bas, j'ai commencé à interroger des personnes qui s'étaient battues au côté du peuple algérien... J'ai pu interroger des médecins, des cadres techniques, des enseignants, mais aussi des employés, des ouvrières d'usine, des femmes au foyer, des religieux, toute sorte de gens qui m'ont donné de bonnes raisons d'être restés. D'autres avaient fait le choix, assez curieux, de rester là parce qu'ils aimaient le climat, qu'ils y avaient leurs petites affaires. Ils étaient là, avec une mentalité coloniale, à peu près la même qu'avant l'indépendance de l'Algérie. Il était assez curieux d'entendre certains, des ultras qui avaient été au côté de l'OAS et qui étaient restés parce qu'ils n'arrivaient pas à vendre leurs biens. (...)»
    Dans une contribution à ce propos, Aurel et Pierre Daum écrivent à propos du consensus sur le départ total, précipité des pieds-noirs pour éviter le lynchage des Algériens : Depuis quarante-cinq ans, les rapatriés ont toujours soutenu l'idée qu'ils avaient été «obligés» de quitter l'Algérie au moment de l'indépendance en 1962, car, menacés physiquement par les «Arabes», ils n'auraient pas eu d'autre choix. (...) Alger, janvier 2008. Pour trouver la maison où habite Cécile Serra, il vaut mieux ne pas se fier aux numéros désordonnés de la rue. En revanche, demandez à n'importe quel voisin: «Mme Serra? C'est facile, c'est la maison avec les orangers et la vieille voiture!» Cécile Serra reçoit chaque visiteur avec une hospitalité enjouée. A écouter les récits de cette délicieuse dame de 90 ans à l'esprit vif et plein d'humour, on aurait presque l'impression que la «révolution» de 1962 n'a guère changé le cours de son existence de modeste couturière du quartier du Golf, à Alger. «Et pourquoi voulez-vous que ça ait changé quelque chose? vous apostrophe-t-elle avec brusquerie. J'étais bien avec tout le monde. Les Algériens, si vous les respectez, ils vous respectent. Moi, j'ai jamais tutoyé mon marchand de légumes. Et aujourd'hui encore, je ne le tutoie pas.»
    L'auteur s'interroge: «Comment se fait-il qu'elle n'ait pas quitté l'Algérie en 1962? «Mais pourquoi serais-je partie? Ici, c'est notre pays. Tout est beau. Il y a le soleil, la mer, les gens. Pas une seconde je n'ai regretté d'être restée.» Et il ne nous est jamais rien arrivé. Sauf quand y a eu l'OAS [Organisation armée secrète]. La vérité, c'est que c'est eux qui ont mis la pagaille ! Mais ´´La valise ou le cercueil´´, c'est pas vrai. Ma belle-soeur, par exemple, elle est partie parce qu'elle avait peur. Mais je peux vous affirmer que personne ne l'a jamais menacée.» Jean-Bernard Vialin avait 12 ans en 1962. Originaire de Ouled Fayet, petite commune proche d'Alger, son père était technicien dans une entreprise de traitement de métaux et sa mère institutrice. Ancien pilote de ligne à Air Algérie, il nous reçoit sur son bateau, amarré dans le ravissant port de Sidi Fredj (ex-Sidi-Ferruch), à l'ouest d'Alger. «Mes parents appartenaient à ceux qu'on appelait les libéraux (...) On s'imagine mal aujourd'hui à quel point le racisme régnait en Algérie. A Ouled Fayet, tous les Européens habitaient les maisons en dur du centre-ville, et les ´´musulmans´´ pataugeaient dans des gourbis, en périphérie. (...) En janvier 1962, une image s'est gravée dans les yeux du jeune garçon. «C'était à El-Biar [un quartier des hauteurs d'Alger]. Deux Français buvaient l'anisette à une terrasse de café. Un Algérien passe. L'un des deux se lève, sort un pistolet, abat le malheureux, et revient finir son verre avec son copain, tandis que l'homme se vide de son sang dans le caniveau. Après ça, que ces mecs aient eu peur de rester après l'Indépendance, je veux bien le croire...» «L'inquiétude des Européens était-elle toujours justifiée? La question demeure difficile à trancher, sauf dans le cas des harkis (...) Toutefois, la plupart des pieds-noirs de France semblent avoir complètement oublié que durant cette guerre, la direction du FLN a pris soin, à plusieurs reprises, de s'adresser à eux afin de les rassurer. «Moi je les lisais avec délectation» dit Jean-Paul Grangaud, professeur de pédiatrie à l'hôpital Mustapha d'Alger, puis conseiller du ministre de la Santé.» Marie-France Grangaud confirme: «Nous n'avons jamais ressenti le moindre esprit de revanche, alors que presque chaque famille avait été touchée. Au contraire, les Algériens nous témoignaient une véritable reconnaissance, comme s'ils nous disaient: "Merci de rester pour nous aider"! Le déchaînement de violence, fin 1961 - début 1962, venait essentiellement de l'OAS, rectifie André Bouhana. A cause de l'OAS, un fossé de haine a été creusé entre Arabes et Européens, qui n'aurait pas existé sinon.» (...) Quand l'OAS est venue, un grand nombre d'entre eux l'a plébiscitée. Pourtant, une grande majorité d'Algériens n'a pas manifesté d'esprit de vengeance, et leur étonnement était grand au moment du départ en masse des Européens.»
    «Mais, conclut l'auteur si la raison véritable de cet exode massif n'était pas le risque encouru pour leur vie et leurs biens, qu'y a-t-il eu d'autre? Chez Jean-Bernard Vialin, la réponse fuse: «La grande majorité des pieds-noirs a quitté l'Algérie non parce qu'elle était directement menacée, mais parce qu'elle ne supportait pas la perspective de vivre à égalité avec les Algériens! Peut-être que l'idée d'être commandés par des Arabes faisait peur à ces pieds-noirs. Nous vivions de facto avec un sentiment de supériorité. Nous nous sentions plus civilisés. Et puis, surtout, nous n'avions aucun rapport normal avec les musulmans. Ils étaient là, autour de nous, mais en tant que simple décor. Ce sentiment de supériorité était une évidence. Au fond, c'est ça la colonisation. Moi-même, j'ai dû faire des efforts pour me débarrasser de ce regard...» Entre 1992 et 1993, la chercheuse Hélène Bracco a parcouru l'Algérie à la recherche de pieds-noirs encore vivants. Elle a recueilli une soixantaine de témoignages, dont elle a fait un livre. Pour cette chercheuse, «la vraie raison du départ vers la France se trouve dans leur incapacité à effectuer une réversion mentale. Les Européens d'Algérie, quels qu'ils soient, même ceux situés au plus bas de l'échelle sociale, se sentaient supérieurs aux plus élevés des musulmans. Pour rester, il fallait être capable, du jour au lendemain, de partager toutes choses avec des gens qu'ils avaient l'habitude de commander ou de mépriser». Néanmoins, Pour Marie-France Grangaud: «Depuis quelques années, de nombreux pieds-noirs reviennent en Algérie sur les traces de leur passé. L'été dernier, l'un d'eux, que je connaissais, m'a dit en repartant: ´´Si j'avais su, je serais peut-être resté.´´»
    Un autre exemple d'empathie qui transcende les clivages. Georges Morin et sa mère continuent d'habiter le n° 17, boulevard Pasteur. «Si la ruée sur les appartements vides a été importante, pour ceux qui sont restés, il n'y a eu aucun problème! Jamais aucune pression pour déguerpir!»(...) Georges Morin partit en France et devint chef de cabinet de l'université de Strasbourg, fut sollicité par son ancien condisciple en Algérie le professeur Abdelhak Brerhi - plus jeune professeur agrégé d'histologie de l'Algérie indépendante- pour l'aider à mettre en place un pont aérien pour l'enseignement des sciences médicales dans la jeunes université de Constantine naissante. C'est un exemple de réussite rendu possible par deux Algériens, deux coeurs. Il se trouve même que le recteur de Grenoble, Jean-Louis Quermonne, qui avait commencé sa carrière en 1956 comme jeune agrégé de droit à Alger fut l'ancien professeur de Mohamed Seddik Benyahia, le ministre de l'Enseignement supérieur de l'époque. La délégation grenobloise s'est rendue à Alger, et fut reçue comme des princes par le ministre Benyahia. Une «superbe machine» de coopération interuniversitaire se met en place...
    Je veux dire pour ma part la grande joie que j'ai éprouvée quand j'ai pu rétablir le contact avec mon ancien condisciple européen d'Algérie avec qui j'ai lustré les bancs au lycée de Sétif.
    «Vous êtes vraiment d'une incurie incroyable. Vous êtes des sous-hommes! Rien du tout! Il faut que quelqu'un vous le dise! Vous êtes sans honneur. Allez, dégagez!» C'est par ces mots que le 11 février 2006, le maire socialiste de Montpellier résume l'affection de la France pour ceux qui ont combattu pour elle. Ces «anciens indigènes algériens» qui ont cru à la grandeur de la France au point de se battre contre d'autres «indigènes» comme eux, ont été ainsi récompensés par leur abandon puis leur marginalisation en France pour ceux qui ont choisi de partir, car il existe dans l'Algérie de 2012 des harkis qui ont préféré rester au pays. Lors du Conseil des ministres français du 25 juillet 1962, Pierre Messmer déclare: " Des Musulmans harkis et fonctionnaires se sentent menacés, l'armée demande la position du gouvernement ". Le président de Gaulle répond: " On ne peut pas accepter de replier tous les Musulmans qui viendraient à déclarer qu'ils ne s'entendraient pas avec le gouvernement ", "Le terme d'expatriés ne s'applique pas aux Musulmans, ils ne retournent pas dans la patrie de leurs pères. Dans leur cas, il ne saurait s'agir que de réfugiés. On ne peut les recevoir en France, comme tel que s'ils connaissent des dangers ". Voilà qui est net et qui explique toutes les politiques d'indigénat qui eurent lieu par la suite à l'encontre de variables d'ajustement. Par leurs statuts et les modes d'administration dont ils sont l'objet, l'histoire des harkis apparaît donc indéfectiblement liée à celle de la colonisation et de l'immigration postcoloniale, illustrant le continuum de «la vieille attitude raciste et coloniale» dénoncée, dès novembre 1962, par Pierre Vidal-Naquet dans les colonnes du Monde.
     

     

     

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  • « L’Algérie du possible »

    Un documentaire de Viviane Candas

     

    L’histoire vraie que je vais vous commenter aujourd’hui commence sur Facebook, une plateforme bien connue des internautes qui consultent les réseaux sociaux. Pour ceux qui ne connaissent pas Facebook et même parfois internet, je voudrai vous apporter une petite explication en prenant mon cas personnel. Je possède donc ce qu’on appelle une page sur cette plateforme où je peux envoyer des informations, en recevoir, en commenter. Et puis vous avez des amis, soit ce sont des amis qui ont demandé d’être amis avec vous, soit c’est vous qui avez demandé d’être amis avec d’autres amis… Le premier réflexe que j’ai lorsqu’un internaute demande à être mon ami, je cherche à comprendre pourquoi il souhaite être mon ami, en allant sur sa page et en regardant qui sont ses propres amis, il arrive que nous ayons des amis communs… c’est ainsi que commence mon histoire vraie d’aujourd’hui : il y a quelque temps une femme que je ne connaissais pas, s’appelant Viviane Candas a souhaité devenir amie avec moi, alors je suis allé voir sur sa page Facebook et je me suis aperçu que nous avions 8 amis en commun, je les cite : Pierre Daum, Henri Pouillot, Jacques Pradel, Tramor Quemeneur, Fatima Besnaci Lancou, Fabrice Ricepeti, Rosa Moussaoui, Jean-Marie Dinh. Comme vous pouvez le constater certains sont très connus et renommés.

     Voici donc l’histoire vraie

     de cette amie Viviane Candas

    Viviane Candas est née le 2 novembre 1954 à Paris, elle est actrice, scénariste et réalisatrice française (Source Wikipedia). Elle a réalisé plusieurs films et documentaires. Parmi ses films-documentaires j’ai choisi « Algérie du possible » (2015) 

    Présentation 

    En rencontrant ses anciens compagnons de combat, le film suit le parcours d’Yves Mathieu, né à Annaba, anticolonialiste en Afrique Noire puis avocat du FLN. À l’Indépendance de l’Algérie, il rédige les décrets de mars sur les biens vacants et l’autogestion, promulgués en 1963 parAhmed Ben Bella. La vie d’Yves Mathieu est rythmée par ses engagements dans une Algérie qu’on appelait alors « Le Phare du Tiers-Monde ». Viviane Candas, sa fille, revient sur les conditions de son décès en 1966.

    Le documentaire "L'Algérie

     du possible" a été projeté

     en avant-première mondiale

     à Alger en 2015

    Algérie du possible, la révolution d'Yves Mathieu, réalisé par sa fille Viviane Candas, est le titre du film documentaire dédié au parcours du militant anticolonialiste et avocat du Front de Libération Nationale (FLN) Yves Mathieu projeté en 2015 à Alger en avant-première mondiale.

    Yves Mathieu, avocat du FLN, qui a choisi de rester dans son pays, l’Algérie, après l'Indépendance pour participer à l’édification du nouvel État. Il a été conseiller du premier gouvernement algérien. L’auteure du film, fille de l’avocat, a collecté des témoignages des compagnons de lutte de son père pour retracer puis comprendre son parcours.

    D'une durée de 90 mn, ce documentaire remonte le temps et raconte Yves Mathieu. Né à Annaba, cet homme engagé dans la lutte contre le colonialisme, défend le principe de l’Indépendance de l’Algérie. Un pays qu’il a adopté jusqu’à sa mort, en 1966, dans des circonstances troubles.

    Mené comme un road movie sur les pas de son père, entrecoupé d'une multitude de témoignages de compagnons de route du militant dont le défunt Président Ahmed Ben Bella, ce film revient longuement sur les grands projets de l'Etat algérien au lendemain de l'indépendance auquel Yves Mathieu et son épouse avaient pris part comme l'alphabétisation, le reboisement des zones bombardées au napalm par l'armée coloniale ou encore la mise en place d'un système de santé.

    Une grande partie du documentaire est consacrée à l'installation du système de l'autogestion des domaines agricoles promulgué par le président Ahmed Ben Bella en mars 1963 par un décret rédigé de la main d'Yves Mathieu comme en témoignent des acteurs politiques de l'époque tel que Ahmed Bedjaoui, Mohamed Harbi ou Mourad Lamoudi.

    Ces mêmes témoins en plus de quelques amis de la famille dont le directeur technique du Théâtre national algérien de l'époque, Jean-Marie Boëglin ont évoqué l'engagement indéfectible que vouait Yves Mathieu à la cause de la construction de l'Algérie indépendante tout en expliquant également les dysfonctionnements qui ont causé l'échec des domaines autogérés.

    Le film revient également sur les visites de plusieurs figures anticolonialistes de l'époque à Alger faisant de l'Algérie le phare de toutes les révolutions et des mouvements de libération.

    Par la suite, la réalisatrice poursuit le parcours de son père après la prise du pouvoir par le président Houari Boumediène le 19 juin 1965 avec des images d'archives et des témoignages de cette journée après laquelle Yves Mathieu avait occupé un poste de professeur à l'institut de gestion et de planification et avait repris des études d'économies à l'université d'Alger avant d'ouvrir un cabinet d'avocats avec son épouse.

    Alors que beaucoup de ses compagnons avaient quitté l'Algérie ou étaient en détention, Yves Mathieu continue à exercer son métier et la réalisatrice évoque, sans plus de détails, des "relations avec des officiers de l'armée à Constantine préparant une insurrection".

    Yves Mathieu est décédé le 15 mai 1966 dans un accident de la circulation, percuté par un camion militaire sur la route entre Constantine et Skikda, Viviane Candas est longuement revenu sur les circonstances de cet accident qui ont grandement motivé la réalisation de ce film qu'elle avait entamé en 2009.

    Comme pour regarder l'Algérie d'aujourd'hui à travers le parcours de son père, la réalisatrice illustre brièvement l'Algérie des années 1980 et 1990 vue, encore une fois, par des acteurs de la guerre de libération ou des politiciens des premières années de l'indépendance.

    Cette quête "encore inachevée" pour rétablir la vérité sur la mort de son père a conduit la réalisatrice à révéler un grand engagement pour la construction de l'Algérie indépendante d'un militant, du témoignage du militant et avocat du FLN Jacques Vergès disparu en 2013, "passionné qui ne laissait de place à la raison quand il embrassait une cause".

    SOURCE : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/10/16/le-documentaire-lalgerie-du-possible-projete-en-avant-premiere-mondiale-a-alger_n_8310562.html

    Bande-annonce

     « L’Algérie du possible »

    Portrait intime

     de la révolution algérienne

    Entretien avec Viviane Candas à propos de son film « Algérie du possible » Pour ce documentaire à la fois intime et historique, la réalisatrice a rencontré les anciens compagnons de combat, d’Yves Mathieu, son père, militant anticolonialiste en Afrique Noire puis avocat du FLN, rédacteur à l’Indépendance de l’Algérie, des Décrets de Mars sur les biens vacants et l’autogestion, promulgués en 1963 par Ahmed Ben Bella. Jusqu'à sa fin tragique dans des conditions "troubles" en 1966, la vie d’Yves Mathieu est rythmée par ses engagements dans une Algérie qu’on appelait alors « Le Phare du Tiers Monde » et c’est d’ailleurs aussi un portrait en creux de ce pays, où l’on a cru à la révolution, que dresse Viviane Candas.

    Viviane Candas

    « L’Algérie du possible »  Un documentaire de Viviane Candas

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  • Du 21 au 25 août 2017, « La guerre d’Algérie »

    sur France-Inter

    Du lundi 21 au vendredi 25 août 2017, à 13h30, sur France-Inter, « La Marche de l’Histoire » revient sur la guerre d’Algérie. Programme :  

    Lundi 21 août : « La séance est ouverte » : L’Assemblée après le début de l’insurrection algérienne.
    Novembre 1954 : une nouvelle génération de militants franchit le pas de l’insurrection, le FLN et son bras armé l’ALN sont créés et à la Toussaint 1954, déferle une vague d’attentats.

    Du 21 au 25 août 2017, « La guerre d’Algérie » sur France-Inter

    Huit « chefs historiques » du FLN - en haut ( de g à d) : Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider, Larbi Ben M’hidi ; bas : Mohammed Boudiaf, Rabah Bitat, Krim Belkacem Mostefa, Ben Boulaï

    Mardi 22 août : Le soulèvement d’août 1955. Le premier acte avait commencé avec les attaques groupées de la Toussaint 1954. Mais, au printemps suivant, la révolution du jeune FLN, assiégée militairement dans son berceau des Aurès, s’avouait elle-même dans une impasse. A Alger, le nouveau gouverneur général, Jacques Soustelle, disposait non seulement de nouveaux crédits mais d’une vision. Il ne croyait pas en l’assimilation, il proposait l’intégration. A tous les habitants, il proposait un collège unique, quitte à amener 120 députés algériens au Palais-Bourbon. Et alors ?, disait-il.

    Mercredi 23 août. Février 1956, le gouvernement socialiste renonce. En janvier 1956, des élections anticipées conduisent à la constitution d’un gouvernement dirigé par le numéro un du Parti socialiste, Guy Mollet. Il avait fait campagne en métropole pour l’apaisement en Algérie et une réduction du service militaire à un an. Il aurait voulu y faire évoluer les institutions, parvenir à l’égalité de l’élément européen et de l’élément musulman, comme on disait à l’époque. Mais, de l’autre côté de la Méditerranée, les forces de dialogue sont laminées et la radicalisation semble devenue irréversible. Quand Mollet effectue sa première visite à Alger, il se retrouve prisonnier d’une foule d’Européens hostiles.

    Jeudi 24 août. La bataille d’Alger de 1957 et le débat sur la torture. Dans ses vœux, le ministre résident Robert Lacoste, un homme « à poigne » que le président du Conseil, le socialiste Guy Mollet avait nommé sous la pression des Européens d’Alger, avait assuré qu’en 1957, on pourrait parler de concorde et d’amitié. La fin de 1956 avait été, en effet, catastrophique. Pendant qu’en Egypte, l’expédition de Suez dirigée contre Nasser par Londres et Paris, échouait piteusement, en Algérie, les attentats se multipliaient dans la capitale. Les premiers à leur donner une grande ampleur en utilisant le plastic avaient été des provocateurs, partisans de l’Algérie française : en déposant en aout une bombe dans un immeuble rue de Thèbes, ils firent des dizaines de morts. Le FLN, disposant à son tour d’explosifs, provoqua une forte émotion chez les Européens en s’attaquant à des lieux fréquentés par la jeunesse, la Cafétéria et le Milk-Bar.

    Vendredi 25 août. Le témoin du vendredi : Slimane Zeghidour, son village en Kabylie pendant la guerre d’Algérie. Notre invité a été modelé par la guerre d’indépendance. Il en est le jumeau. Il a à peine plus d’un an quand se déclenche l’incendie de la Toussaint 54.

    Aujourd’hui 21 août 2017

    "La séance est ouverte" :

    L'Assemblée après le début

    de l'insurrection algérienne.

    Novembre 1954

    Du 21 au 25 août 2017, « La guerre d’Algérie » sur France-Inter

    François Mitterrand, ministre de l'Intérieur en visite en Algérie le 12 novembre 1954 © domaine public / Musée national de la Révolution algérienne

    L’été 1954 a permis au gouvernement de centre gauche de Pierre Mendès-France de dénouer quelques crises graves : à Genève, au lendemain de Dien Bien Phu, il négocie le désengagement français en Indochine ; à Tunis l’indépendance du pays avec Bourguiba. Toutefois, la question marocaine reste pendante : il est clair qu’il faudra faire revenir de Madagascar le sultan exilé par un cabinet précédent mais la décision n’est pas encore prise car il est évident aussi que Mohammed V reviendra en symbole du nationalisme.

    En Algérie, en revanche, la situation apparait faussement calme. L’insurrection du printemps 1945 a été occultée et le statut adopté en 1947 semble faire fonction d’amortisseur. François Mitterrand, le ministre de l’Intérieur, a pourtant averti Mendès : la tension est forte et l’administration faible – la France ne dispose ainsi que d’une poignée de gendarmes dans les Aurès, là où les débuts de l’insurrection seront les plus spectaculaires.

    Si le ministre de l’Intérieur est en charge de l’Algérie, c’est que l’Algérie a été intégrée à la France. Trois départements la composent et le statut de 1947 dispose que trente députés la représentent à Paris – quinze élus par le million d’Européens et quinze issus du second collège formé par les huit millions de Français musulmans. « Issus » est plus exact qu’ « élus » : tous les scrutins depuis 1958 ont été manipulés par les autorités de sorte qu’aucun nationaliste ne peut espérer trouver le chemin du Palais-Bourbon. Ni le patriarche Messali Hadj, toujours en résidence surveillée ni Ferhat Abas.

    Le 23 octobre 1954, c’est une nouvelle génération de militants qui franchit le pas de l’insurrection. Le FLN et son bras armé l’ALN sont créés. Aussitôt après, à la Toussaint 1954, déferle une vague d’attentats. La mort du jeune instituteur Guy Monnerot qui allait rejoindre son poste dans les Aurès touche particulièrement l’opinion française.

    La séance du 12 novembre 1954 à l’Assemblée est évidemment consacrée à ce que la grande presse nomme « la Toussaint sanglante ». Elle est présidée par André Le Troquer.

    Ecoutez l’émission d’aujourd’hui

    21 août 2017

    Du 21 au 25 août 2017, « La guerre d’Algérie » sur France-Inter

     

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  • Sur ce blog les extrémistes nostalgériques qui se prennent encore et toujours pour une race supérieure comme du temps de la France coloniale, de leur regrettée Algérie française sont rejetés. Qu’ils aillent cracher leur haine ailleurs… 

     

    N’hésitez pas à vous procurer

     ce documentaire

    « OAS, un passé très présent »

    Synopsis 

    Quel statut pour les victimes quand les bourreaux sont traités en héros ?
    De 1961 à 1962, l’Organisation Armée Secrète (OAS) assassina au nom de l’Algérie française plus de 2700 personnes, des serviteurs de l’Etat dans l’exercice de leurs fonctions, mais aussi aveuglément, des anonymes ; plasticages, attentats à la voiture piégée, mitraillages en pleine rue…

    Thèmes : Guerre d’indépendance algérienne 

    Réalisateur(s) : Zaoui, Djamel 

    Pays de production : France 

    Type : Long métrage 

    Genre : Documentaire 

    Année  2007 / 52’

    Image Dominique Coppin

    Son Eric Rattenni

    Montage Bruno Brabay

    Production Leitmotiv Production (10 avenue de la libération 87000 Limoges Tél : 0555337784 - Mail : leitmotivproduction@gmail.com), BeurTV La chaîne méditerranée
    (Mail : contactbeurtv@hotmail.com), ASTV (Mail : astv@ville-grande-synthe.fr)

    Distribution Leitmotiv Production

    N’hésitez pas à vous procurer  ce documentaire  « OAS, un passé très présent »

    Roger Gavoury assassiné par les terroristes de l’OAS 

    N’hésitez pas à vous procurer  ce documentaire  « OAS, un passé très présent »

    Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand,

    Salah Ould Aoudia assassinés par les terroristes de l'OAS

    OAS, un passé très présent revient sur deux assassinats : celui de Roger Gavoury commissaire central d’Alger, dont l’appartement est plastiqué le 31 mai 1961 et ceux de six inspecteurs de l’Education nationale, directeurs de centres sociaux éducatifs, le 15 mars 1962. Il s’agit de :
      Marcel Basset, directeur du Centre de formation de l’Éducation de Base à Tixeraine (CSE d’Algérie),
      Robert Eymard, ancien instituteur et chef du bureau d’études pédagogiques aux CSE,
      Mouloud Feraoun, directeur adjoint au chef de service des CSE, ancien instituteur et écrivain,
      Ali Hammoutène, inspecteur de l’Education Nationale, Directeur adjoint aux CSE et ancien instituteur,
      Max Marchand, inspecteur d’académie, chef de service aux CSE et ancien instituteur,
      Salah Ould Aoudia, ancien instituteur et inspecteur des centres de la région Alger Est. (dont Mouloud Feraoun, qui était aussi écrivain).

    Dans son documentaire, Djamel Zaoui laisse la parole à deux des fils des victimes. Le temps du deuil est révolu, a cédé la place à celui des revendications. Celles toutes légitimes de ne pas voir les bourreaux de leur père honorés, non plus seulement par des groupuscules nostalgiques de l’Algérie française mais par la République elle-même.

    Dans le communiqué de presse, qui présente son film, Djamel Zaoui écrit : L’Etat français amnistie, réhabilite, dédommage et rend honneur à ceux qui hier ont voulu l’abattre.

    Peuple et Culture a demandé à Djamel Zaoui de préciser ces termes.

    L’Etat français amnistie 

    Depuis la fin de la guerre plusieurs lois d’amnistie ont été promulguées à la faveur des anciens de l’Algérie française. De 1964 à 1974, six décrets ont conféré année par année, l’impunité aux tortionnaires et aux putschistes d’Alger. En 1968, le Général de Gaulle a prononcé l’amnistie pour certains des anciens généraux putschistes. Mitterrand a également amnistié. Tous les présidents depuis 1962 ont prononcé des amnisties. Gauche et droite confondues.

    L’Etat français réhabilite 

    La réhabilitation consiste à recouvrer ses droits de citoyen perdus suite à des condamnations. On a commencé à réhabilliter les plus “gros” et au fil des années on est descendu d’un cran à chaque fois.

    L’Etat français dédommage 

    En 1982 les officiers putschistes bénéficièrent de la reconstitution de leur carrière profitant ainsi d’une confortable retraite.
    Puis il y eut, l’article 13 de la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la colonisation. Cet article prévoit de dédommager les anciens de l’Algérie française qui étaient en prison ou en fuite dans l’Espagne de Franco ou l’Amérique Latine des généraux. Durant ces années, ils n’ont pas pu travailler et donc cotiser pour leur retraite. Le gouvernement a créé une commission avec à sa tête, l’ancien chef des Commandos Delta de l’OAS de la région d’Oran.

    L’Etat français rend honneur 

    En ce qui concerne « rendre honneur », ce sont les élus de la République qui se chargent de ce travail selon leurs convictions politiques ou le poids électoral des anciens de l’Algérie française sur leurs communes (sud de la France). Car il ne faut pas oublier que le premier nom de l’OAS est le Front National Français. En 1962, la quasi totalité des anciens de l’Algérie française se sont installés dans le sud. On les retrouve en 1965 pour la candidature d’extrême-droite de Tixier Vignancourt à la présidence de la République (l’avocat les avait défendus lors de leurs procès). On les retrouve à la création du Front National et ils participent au choix de Le Pen comme président du FN. En effet, Le Pen avait défendu leurs intérêts à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui d’anciens OAS sont dans le bureau politique du FN. Nombre d’entre eux sont aussi devenus des élus. Ils représentent un poids électoral important dans nombre de villes du sud. 

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    Œil pour œil- dent pour dent

    LA PAIX DES MéMOIRES

    FRANCO-FRANçAISE

    N’EST PAS POUR DEMAIN…

    Nous serons morts mon frère...

    alors n'HéSITONS PLUS à continuer

    la guerre des mémoires...

    puisque Robert Ménard et Julien Sanchez, respectivement maires de Béziers et de Beaucaire dans le sud de la France et figures emblématiques de l’extrême droite, n’ont pas hésité à franchir le pas en prenant des arrêtés municipaux en 2015 pour changer les noms de deux rues qui célèbrent les accords d’Évian, marquant la fin de la guerre d’Algérie.
    Pis encore, Ménard n’a pas hésité à donner à la même rue le nom d’un ancien officier
    Putschiste de l’armée, Hélie Denoix de Saint Marc, partisan de l’Algérie française… Œil pour œil- dent pour dent DES MAIRES français ont honoré des algériens... MAIS AUSSI CONTINUONS D'INAUGURER DES LIEUX DU 19 MARS 1962... AUJOURD'HUI NOUS EN SOMMES à 8000

    5000 artères du 19 Mars 1962

    1000 sites personnalisés 19 Mars 1962

    2000 autres lieux de mémoire 19 Mars 1962

    et puis il y a des lieux identiques en France et en Algérie

    Et voici la dernière en date

    Lafitte-Vigordane (haute-garonne) 

    Une plaque du souvenir pour les victimes

     de guerre inaugurée le 13 août 2017

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

    MM. Toulec et Roquebert, Mme la Maire Karine Brun, devant la nouvelle plaque du souvenir./ Photo DDM

    Le 13 août dernier, en marge des traditionnelles festivités locales du 15 août, de nombreux Lafittois et Lafittoises s'étaient réunis sur la place devant la Mairie en présence notamment de Monsieur Toulec (vice-président départemental de la Fnaca), Monsieur Roquebert, Madame la Maire de Lafitte-Vigordane, Karine Brun et de plusieurs élus de la commune afin de dévoiler une plaque commémorative sur notre monument aux Morts.

    Le 17 juin 2016, M. Toulec (vice-président départemental de la Fnaca), M. Roquebert (président du comité des anciens combattants du canton du Fousseret), et M. Larrey (ancien combattant de Lafitte-Vigordane) avaient en effet contacté la mairie dans le cadre des «Espaces du Souvenir» mis en place dans les villages de la région.

    Ils avaient alors présenté l'objectif de cette démarche : afficher clairement, à Lafitte-Vigordane, une marque du souvenir des trois grandes guerres, les «première» et «seconde» guerres mondiales bien entendu, mais également la guerre d'Algérie, au cours desquelles des civils, dont certains Lafittois, ont été appelés et ont perdu la vie.

    Se sentant totalement investi du devoir de mémoire envers ces hommes, le conseil municipal a donc répondu positivement à cette demande.

    Cet «Espace du Souvenir» à Lafitte-Vigordane porte la date de l'armistice du 11 novembre 1918, celle de la victoire sur le nazisme le 8 mai 1945 et enfin celle du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie le 19 mars 1962. Il permettra ainsi de rappeler aux générations à venir le sacrifice de tous ces combattants au feu.

    La Dépêche du Midi 

    SOURCE : http://www.ladepeche.fr/article/2017/08/19/2630356-une-plaque-du-souvenir-pour-les-victimes-de-guerre.html 

     

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

    Place Maurice Audin à Alger

    plaquealgeriezoom.jpg

    Place Maurice Audin, dans le 5ème arrondissement de Paris
    a été inaugurée par Bertrand Delanoë

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

    Plaque commémorative Maurice Audin  A alger

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

    L'École Nationale Polytechnique d'Oran

     (ex ENSET) baptisée Maurice Audin

    L'École Nationale Polytechnique d'Oran  (ex ENSET) baptisée Maurice Audin Il n'y avait que la Place du centre-ville de la capitale qui portait son nom. Désormais une institution des Sciences a été bap

    Il n'y avait que la Place du centre-ville de la capitale qui portait son nom. Désormais une institution des Sciences a été baptisée en cette journée du savoir du nom du martyr de la nation Maurice Audin. C'est fait ce dimanche 16 avril 2017, le nom de Maurice Audin a été donné à l'École Nationale Polytechnique d'Oran (ex ENSET).

    Une belle et riche cérémonie a été consacrée à l’événement avec la participation de responsables nationaux et locaux. Une forte assistance notamment estudiantine ont pris part au cérémonial, en présence de Pierre, fils de Maurice Audin et son épouse.

    L’Ecole nationale polytechnique d’Oran (ENPO) a donc été baptisée, hier, au nom du martyr Maurice Audin, jeune mathématicien et militant anticolonialiste ayant épousé la cause nationale, assassiné par les parachutistes du tristement célèbre général Massu.

    La cérémonie, coïncidant avec Youm El Ilm, a été présidée par le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Salah Eddine Seddiki, en présence des autorités locales, de représentants de la communauté universitaire locale et du fils du défunt. Dans son intervention, le directeur de l’ENPO, Abdelbaki Benziane, a évoqué la vie de ce militant anticolonialiste, enseignant de mathématiques, arrêté, sauvagement torturé puis assassiné en juin 1957, durant la Bataille d’Alger. Le même responsable a expliqué que la baptisation de l’ENPO au nom de Maurice Audin n’est pas un choix fortuit, car, a-t-il rappelé, depuis sa création en 1970, l’ex-Ensep, puis Enset, devenue à partir de 2012 ENPO a été investie de la mission de prendre en charge des formations de sciences et techniques, avec une prédominance pour les mathématiques.
    Le fils de Maurice Audin, Pierre, a qualifié, dans une déclaration à l’APS, cet événement de symbole fort, appelant les responsables de l’ENPO à relever le défi d’une formation de pointe et de qualité. La cérémonie a été marquée par l’inauguration d’une stèle dédiée à Maurice Audin et érigée dans l’enceinte de l’école.

     

    L'École Nationale Polytechnique d'Oran  (ex ENSET) baptisée Maurice Audin Il n'y avait que la Place du centre-ville de la capitale qui portait son nom. Désormais une institution des Sciences a été bap

    Le fils de Maurice Audin : Pierre Audin accompagné de son épouse

    Né le 14 février 1932, dans la ville de Béja, en Tunisie, de père né en France et de mère née en Algérie. Maurice Audin suivit pratiquement toute sa scolarité à Alger où sa famille vit depuis les années 1940. Il entra à la Faculté des sciences d'Alger, en 1949, à l'âge de 17 ans. Brillant étudiant, il fut appelé le 1er février 1953 comme assistant par le professeur Possel qui le prit aussitôt en thèse et le mit en contact avec son patron de Paris, le grand mathématicien Laurent Schwartz.

    En plus de ses activités de chercheur, Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien depuis 1951, était omniprésent dans les luttes syndicales et politiques. C'est à travers ces luttes que se forgea sa conscience nationale. Il intégra ainsi la nation algérienne en lutte pour sa dignité. Il a été assassiné par les parachutistes le 21 juin 1957. Comme des milliers de disparus de la Bataille d'Alger, son corps n'a pas été retrouvé à ce jour.

     

    Leurs noms sont attribués à de nombreux lieux publics

    Ces Algériens honorés par la France

    Œil pour œil- dent pour dent  la paix des mémoires franco-française n'est pas pour demain...

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    © D.R.

    Mohamed Arkoun, Lounès Matoub, Slimane Azem, Taos Amrouche… sont autant de figures emblématiques dont l’État algérien a choisi de censurer la mémoire. Comble de l’ironie, c’est en France qu’ils sont honorés.

    Nul n’est prophète en son pays, surtout pas des personnalités de l’envergure de Taos Amrouche, dont le nom a été attribué à un second établissement scolaire en France. Au début du mois de septembre 2016, la municipalité de Saint-Denis, au nord de Paris, a procédé, à la rentrée, à l’inauguration d’une école élémentaire qui honore la mémoire de l’auteur du Grain magique. En 2014, la mairie d’Aubervilliers a mené une opération similaire dans un autre établissement d’enseignement public. Au sein de cette commune se trouve aussi la rue Mohammed-Dib ou encore Matoub-Lounès. Le nom du chanteur est attribué à au moins dix lieux publics dans l’Hexagone, à Paris, mais également dans d’autres villes comme Nancy, Grenoble, Lyon et Dijon.
    Souvent, les démarches visant à donner à des lieux publics les noms d’Algériens célèbres sont suscitées et appuyées par des associations de la diaspora. Elles ont évidemment plus de chance d’aboutir dans des municipalités de gauche, surtout communistes, dont les élus ont toujours été proches de l’Algérie. À Saint-Ouen (un autre foyer de l’immigration algérienne au nord de la capitale française), une rue porte, depuis 2008, le nom de Nadia-Guendouz, une infirmière de la Révolution et poétesse. L’initiative émane de Jacqueline Rouillont-Dambreville qui dirigeait alors la municipalité. En Algérie, plus précisément à Alger où elle a vécu jusqu’à son décès en 1992, l’illustre militante est restée pratiquement une anonyme. Aucun hommage officiel ne lui a été rendu.
    De même, presque personne ne connaît Abdelmalek Sayad, un éminent sociologue algérien, assistant de Pierre Bourdieu et ancien directeur de l’École des hautes études sociales de Paris. Après sa mort en 1998, un de ses disciples, M’hamed Kaki, qui dirige l’association culturelle Les Oranges à Nanterre (banlieue nord de Paris), a décidé de le porter à la postérité, en faisant tout son possible pour que son nom soit gravé sur le marbre. Les autorités ont finalement répondu favorablement en 2013 donnant le nom de Sayad à un collège de la ville. Pour M’hamed Kaki, il était important d’entreprendre cette démarche afin d’enrichir le travail de mémoire qui est fait par les élites de l’immigration en France. “Ce travail consiste à mettre en lumière ce qu’ont fait nos parents pour la reconstruction de la France. On s’aperçoit que, petit à petit, il n’y a plus de traces de nos jours de ce travail. On a surtout vu que dans l’espace public, aucune structure ne portait le nom d’un savant, d’une personnalité issue de l’immigration coloniale”, fait-il savoir.
    Sans le vouloir, Mohamed Arkoun était également un porte-drapeau. Philosophe éclairé et humaniste de renommée internationale, il était un critique méticuleux de la pensée islamique.
    À la suite de sa disparition en 2010, l’ex-maire de Paris a proposé de baptiser la bibliothèque des sciences sociales du 4e arrondissement  de son nom. Bertrand Delanoé avait évoqué, à l’époque, “un inlassable artisan du dialogue entre le christianisme, le judaïsme et l'islam, animé par la conviction que ce qui rassemble les différentes expressions de la foi monothéiste est infiniment plus puissant, et finalement plus réel, que ce qui les sépare”.
    Une simple bibliothèque pour immortaliser Arkoun est sans doute une preuve d’estime très insuffisante. Au cours de sa vie, celui qui a prodigué son savoir dans les universités les plus prestigieuses du monde a été le destinataire de plusieurs distinctions, des honneurs dont il a été privé dans son propre pays. Pis, Arkoun est parti de son pays natal, chassé par les tenants de l’obscurantisme. En 2013, la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou avait pensé à lui rendre justice en donnant son nom à la bibliothèque principale de la lecture publique de la ville.
    Cette initiative est, cependant, restée sans suite. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a inauguré les lieux en mai dernier, mais à aucun moment le nom d’Arkoun n’a été évoqué. Ce reniement est valable pour Assia Djebar qui avait dû quitter l’Algérie quelques années après l’indépendance, parce qu’on lui avait imposé d’enseigner l’histoire en arabe. Bien avant sa mort en 2015, l’écrivaine, membre de l’Académie française, était déjà un symbole. Son nom n’apparaît pas seulement sur des plaques de rues.
    En mai 2016, un hommage supplémentaire lui a été rendu par l’École normale supérieure de Paris dont une salle lui est dédiée. Considéré comme un événement rare, cet acte de baptême a été qualifié par le directeur de l’école, Marc Mezard, de “marqueur symbolique important porteur d’un message”. Dans l’établissement, d’autres salles ont été également baptisées. Elles portent les noms de Jean-Paul Sartre, Aimé Césaire et Jean Jaurès.
    En Algérie, les autorités ont bien tenté de rattraper le coup en créant un prix Assia Djebar à la suite de la disparition de l’écrivaine. Mais d’après ses proches, cette décision prise dans la précipitation relève plus d’une formalité. Ils évoquent pour preuve la qualité littéraire discutable des lauréats qui sont dans leur ensemble d’illustres inconnus.

    Des initiatives qui ne plaisent pas à tout le monde
    Encore aujourd’hui, les partisans du Front national à Saint-Ouen ne se résolvent pas à l’idée qu’une rue de leur ville porte le nom de Nadia Guendouz. Choqué de voir le sigle du FLN sur une plaque, ils demandent tout bonnement que le lieu soit débaptisé.


    Terminons par un petit souvenir de 2012 



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  • Sur ce blog les extrémistes nostalgériques qui se prennent encore et toujours pour une race supérieure comme du temps de la France coloniale, de leur regrettée Algérie française sont rejetés. Qu’ils aillent cracher leur haine ailleurs… 

     

    France : doit-on déboulonner les statues

    de Bugeaud, « héros » sanguinaire

     de la conquête coloniale ?

    France : doit-on déboulonner les statues  de Bugeaud, « héros » sanguinaire   de la conquête coloniale ?

    Inspirés par des militants américains, des internautes français appellent à se défaire des statues et des plaques en l'honneur du maréchal Bugeaud et de revenir sur les non-dits du passé colonial français.

    Des journalistes du quotidien Sud-Ouest ont récemment vu en lui un « soldat laboureur et un homme politique visionnaire », mais sur Facebook, des internautes l’ont désigné comme « une grosse crapule », un « boucher en uniforme », un « criminel de guerre » qui ne mérite ni statues ni rues à son nom en France. Thomas Robert Bugeaud (1784-1849) fait encore débat, 168 ans après sa mort.

    Qui est Bugeaud ? Ce militaire français devenu maréchal, s’est tristement illustré comme gouverneur général de l’Algérie, où il fut l’un des artisans les plus féroces de la « pacification ». Ses méthodes sont connues et documentées : massacres de civils, déplacements de populations, tortures, « enfumades » (il proposait d’enfumer « comme des renards » et donc d’asphyxier tous ceux, civils compris, qui se réfugiaient dans des grottes) et politique de la terre brûlée.

    Déjà mis en cause de son vivant, il avait face à lui des adversaires d’envergure, comme un certain Victor Hugo. Depuis peu, ce sont des internautes qui reviennent sur l’empreinte qu’il a laissée dans l’Histoire de France : il y a deux jours, des internautes ont créé une page sur Facebook « Déboulonnons Bugeaud, la statue de la honte », suivie par plus de 200 personnes. 

    De Charlottesville à l’Histoire de France

    Mais pourquoi revenir aujourd’hui sur des faits datant de plus d’un siècle et demi ? À l’origine de la création de la page, un certain Anatole, qui préfère garder l’anonymat pour que son action militante reste « sans label », explique avoir été inspiré par l’actualité américaine. Ce « simple Français », sensible aux questions liées au racisme et à l’histoire coloniale, s’est intéressé à cette statue d’un soldat des États sudistes, favorables à l’esclavage, qui a récemment été « abattue » par des militants à Charlottesville. En Afrique du Sud, il y a deux ans, c’était un monument célébrant le colonisateur britannique Cecil Rhodes qui était retiré de l’Université du Cap suite à la contestation tenace des étudiants.

    « Nous aussi devons nous pencher sur notre mémoire politique et sur les non-dits de l’histoire coloniale, estime Anatole. L’historien Daniel Lefeuvre invitait dans un de ses ouvrages à « en finir avec la repentance. » Mais comment en finir, comment digérer ce passé, alors que la plupart des Français ne le connaissent pas réellement, et que l’on continue à célébrer des militaires qui seraient aujourd’hui considérés comme des criminels de guerre ? »

    Les internautes ne donnent pas de modus operandi pour se débarrasser des trois statues ou des plaques posées en l’honneur du maréchal. « Il s’agit avant tout d’alimenter une réflexion autour d’un passé qui ne passe pas », souligne l’internaute. Des pistes, un poil provocatrices, ont néanmoins été évoquées : rebaptiser les rues Bugeaud en utilisant les noms de militants anti colonialistes.

    SOURCE : http://www.jeuneafrique.com/466537/societe/france-doit-on-deboulonner-les-statues-de-bugeaud-heros-sanguinaire-de-la-conquete-coloniale/

    France : doit-on déboulonner les statues  de Bugeaud, « héros » sanguinaire   de la conquête coloniale ?

    Souvenirs au pied de la statue du Maréchal Bugeaud A Excideuil

     Périgueux et son maréchal Bugeaud

    France : doit-on déboulonner les statues  de Bugeaud, « héros » sanguinaire   de la conquête coloniale ?

    A VAINCU PACIFIé ET COLONISé L’ALGéRIE 

    :: La méthode Bugeaud ::

    Il s’agit de la fameuse méthode de l’enfumade, qui consistait à enfumer les populations (hommes, femmes, enfants), enfermées ou emmurées dans des grottes, jusqu’à une totale ou partielle « pacification ».
    Il ne s’agit que de diminuer la résistance de l’adversaire dans son entêtement à ne pas se laisser pacifier. C’est pourquoi le 11 juin 1845 à Orléanville, Bugeaud conseille à ses maîtres d’œuvres de généraux :

    Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Enfumez les à outrance comme des renards. 

    Et la méthode fait recette. Un point qu’un soldat décrit :

    Les grottes sont immenses ; on a compté 760 cadavres ; une soixantaine d’individus seulement sont sortis, aux trois-quarts morts ; quarante n’ont pu survivre ; dix sont à l’ambulance, dangereusement malades ; les dix derniers, qui peuvent se traîner encore, ont été mis en liberté pour retourner dans leurs tribus ; ils n’ont plus qu’à pleurer sur des ruines. 

    En définitive, cette méthode qui se passe et de constructions onéreuses et de techniques savantes, fera plusieurs milliers de victimes. Au point même, c’est dire, que la technique du maréchal offusquera Paris, qui lui demandera des comptes.
    Droit dans ses bottes, le maréchal assumera la responsabilité de ces actes, en les justifiant par une phrase célèbre :

    Et moi, je considère que le respect des règles humanitaires fera que la guerre en Afrique risque de se prolonger indéfiniment. 

    Effectivement il fallait le préciser, on comprend mieux. Surtout en considérant que la méthode de l’enfumade faisait partie d’un vaste dispositif de « pacification » consistant à affamer les populations civiles, sans distinction, en détruisant systématiquement tous les moyens de production agricole.

    :: Maréchal nous voilà ::

    Oh, à l’époque on ne s’émeuvait pas à outrance de ce genre de pacification ou contre-guerilla économe. Cela ne l’empêcha guère d’être élu à la Constituante par les électeurs de la Charente Inférieure. Il mourut sous les honneurs en 1849, et 4 ans après les massacres, sa statue était décidée au nom du peuple de Périgueux. A travers la pacification algérienne portée en louange sur la stèle, nous amendions et cautionnons la méthode de  l’enfumade,dont l’existence était connue et reconnue.

     

    :: Aujourd’hui et/est hier ?::

    Une question intéressante au demeurant. Peut-on qualifier aujourd’hui ces actes militaires de « crimes de guerre » ?
    Non pour certains, car cette qualification juridique n’existait pas en son temps (TPI). Oui pour d’autres, car la qualification juridique détermine un acte sans se borner aux limites temporelles.

    Il y aura aussi la position de l’historien, dénonçant l’anachronisme dans l’histoire des mentalités, nous interdisant de juger une époque ou un homme d’un autre temps. En somme, « c’était comme ça ». Certes, lorsqu’on parle du Mexique pré hispanique du XV°s., on conçoit aisément que les catégories cognitives et culturelles avaient quelque distance avec notre perception d’aujourd’hui. Que l’on sache, les catégories mentales en France au XIX°s., ne relèvent pas d’un autre monde. Et quand bien même, parlez de cet anachronisme aux algériens qui commémorent encore aujourd’hui les anniversaires macabres de ces massacres.

    Et ce même si les généraux Bigeard, Massu et Aussaresses ne sont pas près d’avoir des statues à leur effigie. Dans le cas d’Aussaresses, c’est sont livre Services spéciaux : Algérie 1955-1957, paru en 2001, qui interpelle l’opinion publique et pas l’inverse. A l’époque encore, les historiens dénonçant les actes de torture de l’armée française en Algérie ne sont pas largement entendus.

    Les massacres de populations civiles du maréchal Bugeaud n’ont évidement aucune raison d’être soulevés dans un cadre juridico-historique contemporain. Là n’est pas la question. En revanche, lui faire encore aujourd’hui l’honneur d’une statue, confirmant ainsi la pérennité de l’hommage que la ville de Périgueux lui rend, pourrait être ouvert à discussion. A fortiori aux côtés de Michel de Montaigne, a fortiori toujours quand la ville projette des jumelages avec l’Afrique du Nord, comme le Maroc, où Bugeaud a laissé des souvenirs sanglants.

    Car en définitive, ce que la ville de Périgueux continue d’honorer, sans le savoir sûrement, c’est pour partie et en raison des motifs de l’hommage sur le socle (pacification et colonisation de l’Algérie), la méthode des enfumades des milliers de femmes et enfants algériens, ces arabes traités comme des renards et dont la vie valait moins que la peau d’un tambour.

    On ne saurait rendre honneur à la colonisation de l’Algérie en oblitérant les méthodes qui l’ont rendue possible. Et rendre honneur à la colonisation de l’Algérie tout court, qui le ferait, à part quelques ultra nationalistes conservateurs dont la biologie et l’Histoire nous débarrassent (trop) lentement ? 

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  • Attentats en Espagne

    Des victimes civiles et innocentes paient  le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas voulue

    Des victimes civiles et innocentes paient  le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas voulue

     

    Des victimes civiles et innocentes paient 

     le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas voulue 

    C'est du terrorisme. Le terrorisme est une arme de guerre. La guerre, c'est celle que nos gouvernements successifs mènent sans l'avoir déclarée depuis plusieurs décennies en Afghanistan, Lybie, Irak, Syrie et autres. Celle aussi menée indirectement en vendant des armes à des belligérants potentiels. Cette guerre a fait des centaines de milliers de victimes toutes aussi innocentes, toutes aussi civiles. 

    "Nous sommes en guerre". Un "nous" bien abusif puisque cette guerre "nous" ne l'avons pas voulue. 

    Vous avez porté la guerre à l'étranger alors ne vous étonnez pas  qu'elle puisse se manifester dans notre pays sous forme d'attentats sordides. Sachant qu'en matière de monstruosités, notre histoire n'a pas été en reste ! Rappelons-nous ce que la France coloniale a été capable de faire en Algérie. 

    Cette guerre "je n'irai pas la faire" comme dit le poète. Vous avez semé le vent, il est normal que vous fassiez vous-même la récolte de la tempête ! A chacun son dû sauf que c'est "nous", femmes, enfants, hommes qui en payons le prix. 

    Face à l'horreur : compassion et solidarité

    Des victimes civiles et innocentes paient  le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas voulue

    ESPAGNE

    Au lendemain de la tragédie en Espagne, exprimons notre profonde compassion et notre totale solidarité avec les victimes de cet acte barbare, ainsi qu'à leurs proches. 

    Face à l’horreur, soyons unis et présents auprès de ceux qui souffrent.

    Associons nous aux "minutes de silence".

    Mais n’oublions pas qu’il y a d’autres victimes civiles toutes aussi innocentes, parce qu’il est important de parler de tous les attentats, partout à travers le monde, parce qu’en ces temps troubles il est important de montrer qui en sont les victimes, et enfin parce qu’il faut parfois se renseigner un peu plus loin que ce que nous racontent les médias pour savoir ce qui se passe dans le monde… Oui il est plus facile d’ignorer ce qui se passe à l’autre bout du monde. Pour ne pas oublier que le terrorisme est universel et qu’il frappe partout dans le monde, on a décidé de vous parler des pays les plus touchés par le terrorisme depuis 2001. Cela doit nous donner une idée assez précise de ce qui se passe aujourd’hui sur notre planète.

    En europe depuis 2012

    Des victimes civiles et innocentes paient  le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas voulue

    NICE 

    2012

    2014

    2015

    7 au 9 janvier 2015 en Drapeau de la France France : quatre attentats terroristes font 17 morts et 21 blessés dont 3 des forces de l'ordre ; les 3 terroristes ont été abattus. Les terroristes se sont revendiqués de AQPA et de l'État islamique22. Ces attaques marquent le début d'une longue série d'attentats et de tentatives d'attentats islamistes dans plusieurs pays européens.

    2016

    2017

    • 16 mars 2017 : Drapeau de la France France: Un colis piégé explose dans le bâtiment du FMI à Paris26 faisant 1 blessé..
    • 18 mars 2017 : Drapeau de la France France : Un homme conduisant une voiture tire sur des policiers lors d'un banal contrôle de papiers. Puis 2 heures plus tard à Orly, il tente de dérober l'arme d'une militaire de l'opération Sentinelle avant de se faire abattre par les collègues de la militaire27.
    • 22 mars 2017 : Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : Un homme percute des piétons puis poignarde un policier à Westminster avant d'être lui-même abattu28. Le bilan est de 5 morts et 44 blessés. C'est la première attaque du groupe terroriste État islamique sur le sol anglais.
    • 7 avril 2017 : Drapeau de la Suède Suède : Un camion de livraison fonce dans la foule à Stockholm, cette attaque provoque le décès 4 personnes et fait 15 blessés29.
    • 8 avril 2017 : Drapeau de la Norvège Norvège : Dans la nuit du samedi un engin explosif est neutralisée par la police dans une rue de Grønland (quartier proche du centre-ville d'Oslo), le lendemain un jeune Russe est arrêté par les services de sécurité norvégiens30.
    • 20 avril 2017 : Drapeau de la France France : Un homme tire sur la police aux Champs-Élysées à Paris. 1 policier tué, le terroriste abattu. Attentat revendiqué par l'État islamique.
    • 22 mai 2017 : Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : Un kamikaze se fait exploser à la fin d'un concert d'Ariana Grande à Manchester. 22 personnes perdent la vie et 60 sont blessées. Le groupe terroriste islamiste État islamique revendique cet attentat.
    • 3 juin 2017 : Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : 7 personnes perdent la vie et 48 sont blessés dans deux attaques. Trois hommes à bord d'une camionnette ont foncé dans la foule au niveau du London Bridge puis ont attaqué des passants au couteau à Borough Market. Les trois terroristes sont abattus par la Police. L'État islamique revendique cette troisième attaque sur le sol anglais en l'espace de 3 mois.
    • 19 juin 2017 : Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : Une camionnette blanche fonce sur des fidèles sortant d'une mosquée au nord de Londres faisant 1 mort et 10 blessés
    • 19 juin 2017 : Drapeau de la France France : Une voiture-kamikaze fonce sur un fourgon de la gendarmerie sur l'Avenue des Champs-Élysées suite au choc, la voiture explose, l'auteur meurt peu de temps après. Les enquêteurs découvrent par la suite dans la voiture environ 9000 munitions, des armes de poings, une kalachnikov, des explosifs ainsi qu'une bonbonne de gaz. Le bilan est d'un mort (l'assaillant), la tentative d'attentat est revendiquée par l'État islamique le 13 juillet 201731
    • 20 juin 2017 : Drapeau de la Belgique Belgique : Un homme active une valise piégée dans la gare centrale de Bruxelles sans toutefois faire de victimes. L'assaillant est par la suite abattu par des militaires en patrouille. L'attaque est revendiquée par l'État islamique le 13 juillet 201731.
    • 28 juillet 2017 : Drapeau de l'Allemagne Allemagne : un homme criant Allahu Akbar attaque au couteau plusieurs personnes à Hambourg, le bilan est d'un mort et de six blessés. L'assaillant est par la suite maîtrisé par des passants et policiers32
    • 17 août 2017 : Drapeau de l'Espagne Espagne : 13 personnes tuées par la méthode de voiture bélier aux Ramblas.
    • Et ailleurs dans le monde

    • Des victimes civiles et innocentes paient  le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas voulue

    • 1. Irak - +50 000 victimes

      Première victime l’Irak qui compte plus de 50 000 victimes depuis 2001. Attaques de convois américains, conflits entre chiites, sunnites baasistes et sunnites salafistes mais aussi depuis quelques années le conflit entre le gouvernement et des groupes islamistes comme Al Quaïda ou Daesh, l’Irak est grêlé par le terrorisme. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, et malgré la persécution des Chrétiens d’Orient, les Musulmans sont les premières victimes des attentats en Irak.

      2. Afghanistan - +20 000 victimes

      Deuxième victime l’Afghanistan : on ne compte plus les voitures piégées et les attaques kamikazes à Kaboul où le pouvoir en place peine à maîtriser les Talibans. Ces derniers, malgré leurs tensions internes et même s’ils ne revendiquent jamais les attaques sur des civils, font rarement de détails et plus de 3500 Afghans sont morts en 2015 à la suite de leurs attaques.

      3. Pakistan - +16 000 victimes

      Comme en Afghanistan, le Pakistan est souvent victime d’attentats des Talibans comme ce fut le cas en mars dernier avec une attaque à Lahore qui fit plus de 70 morts dont une majorité de musulmans même si les terroristes visaient la communauté chrétienne célébrant Pâques.

      4. Nigéria - +12 000 victimes

      La plaie du Nigéria porte le nom de Boko Haram, le groupe islamiste affilié à Daesh qui vise les écoles, enlève, pille et tue sans discernement. Si le gouvernement incite les civils qui avaient fui les exactions du groupe à rentrer chez eux, affirmant que la situation est sous contrôle, les faits sont un peu plus inquiétants. En mars dernier par exemple, 2 femmes déguisées en hommes sont allées se faire exploser dans une mosquée faisant 25 morts.

      5. Inde - +7 000 victimes

      L’Inde est souvent victime d’attentats perpétrés par des milices talibanes pakistanaises s’introduisant sur le territoire pour frapper les institutions, l’armée, mais aussi comme ce fut le cas en 2008 des civils dans des cinémas, des hôtels ou des gares. Les attaques de Bombay avaient fait 188 victimes.


      6. Syrie - +6 000 victimes

      En mai dernier, une série d’attentats a ajouté du chaos au chaos dans le pays déjà brisé par la guerre en faisant 148 morts. Vues par certains comme les dernières forces lancées dans la bataille par un Etat Islamique acculé en Syrie comme en Irak, ces attaques sont amenées à se multiplier à mesure que l’EI s’affaiblira, condamné aux coups d’éclat pour exister.

      7. Somalie - +5 000 victimes

      La Somalie est-elle aussi victime d’un groupe islamiste salafiste, les Shebab, qui en juin dernier ont attaqué un hôtel à Mogadiscio après y avoir fait exploser une voiture piégée, faisant 16 victimes. Affilié à Al-Quaida, le groupe survit dans les zones rurales en lançant des attaques éclairs sur la ville. Leur but : faire tomber le gouvernement en place et instaurer la charia dans le pays.

      8. Yémen - +4 000 victimes

      Au Yémen on retrouve, quelle surprise, l’Etat Islamique, qui terrorise le pouvoir en place et les civils à grands coups d’attaques suicide meurtrières, visant notamment les centres de recrutements de la police et de l’armée du président Abd Rabbo.

      9. Soudan - +2 800 victimes

      Entre les tensions internes, les rebelles du Darfour et des relations pas toujours faciles avec certains de ses voisins, le Soudan c’est plus de 2800 victimes du terrorisme depuis 2001 (et plus de 1200 pour son voisin du Sud Soudan).

      10. Russie - +2 700 victimes

      Séparatistes tchétchènes, terroristes islamistes du Caucase, menaces de l’Etat Islamique, la Russie a de nombreuses fois été victimes d’attaques terroristes. On se souvient notamment de la terrible prise d’otage du théâtre de Moscou en octobre 2002 lors de laquelle périrent plus d’une centaine d’otages.

       

    • Des victimes civiles et innocentes paient  le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas voulue

    • 5 août 2017

      Un nouveau raid de l'aviation de la coalition internationale a coûté la vie à une quarantaine de civils à Raqqa, dans le nord de la Syrie, d'après les médias locaux.

      Des avions de la coalition internationale dirigée par les États-Unis ont effectué des frappes sur des quartiers résidentiels de la ville de Raqqa, dans le nord de la Syrie, faisant 43 victimes civiles et de nombreux blessés, rapporte l’agence SANA.

      «Les avions de la coalition ont procédé au bombardent de quartiers résidentiels de Raqqa. Le raid a fait au moins 43 victimes civiles et des blessés. D’importants dégâts matériels ont été causés», souligne l’agence qualifiant cette attaque de «massacre de masse».

      Le nombre de victimes civiles des bombardements de la coalition en Irak et Syrie augmente, selon plusieurs organisations non gouvernementales, alimentant les suspicions d'une politique plus brutale de l'administration Trump contre les jihadistes. 

     

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  • Abreschviller : amis pour la vie

     depuis la guerre d’Algérie

    Pierre Bournique, d’Abreschviller et Jean-Claude Buvry, le Normand, se sont connus en 1960 lors de la guerre d’Algérie. Élargie aux familles respectives, leur amitié a traversé les décennies sans prendre une ride. Témoignage.

    Abreschviller : amis pour la vie   depuis la guerre d’Algérie

    Depuis la rencontre du Lorrain, Pierre (assis à g.), et du Normand, Jean-Claude (assis à dr., avec Nicole, son épouse), en 1960 sur le front en Algérie, les deux familles ont tissé de réels liens d’amitié. Le 15 août fut encore l’occasion de joyeuses retrouvailles à Abreschviller. Photo RL

    Lui, c’est Pierre Bournique, aujourd’hui âgé de 77 ans, demeurant à Abreschviller. En 1960, sur le front en Algérie, il a fait connaissance avec un petit gars du même âge, originaire de Normandie, Jean-Claude Buvry. Tous deux ont fait leurs classes au 19e Génie stationné dans une ville de garnison de Kabylie. Mais ils se sont véritablement rencontrés lors d’une mission sur le terrain, et ont profité d’un moment de détente pour partager une bière.

    Par la suite, ils ont eu l’occasion de combattre côte à côte, en plusieurs points du pays. Malgré la guerre, tout était prétexte à échanger autour d’un verre. Trois ans plus tard, l’heure de la libération a sonné.

    « Avoir un ami à la guerre, ça aide

     à tenir le coup »

    Avant de regagner sa Normandie, Jean-Claude a suivi Pierre en Moselle découvrant son environnement familial. Les faits auraient pu en rester là, sauf que l’amitié entre les deux hommes s’est prolongée au-delà du cessez-le-feu. Cinquante-sept ans plus tard, elle est toujours d’actualité, puisque les deux anciens d’Algérie et leurs familles respectives se retrouvent ici ou là, plusieurs fois au fil des saisons.

    Nous les avons rencontrés chez Pierre dans le cadre d’une fête ayant réuni les deux contrées. Le Lorrain s’est marié en 1962, et a fondé une famille de trois enfants. Veuf, un petit-fils fait sa joie. Jean-Claude a épousé Nicole en 1965, qui lui donna deux garçons, et deux petits-enfants.

    Confortablement installés à l’ombre des arbres dans un grand verger du village, les copains ont raconté leur vie, marquée par l’enrichissement d’échanges chez les uns et les autres, les vacances partagées, souvent en Bretagne d’ailleurs, les visites rendues à l’occasion de mariage, baptême, décès aussi. Et tout ça, dans un joyeux brouhaha, chacun y allant de son couplet pour être sûr de ne manquer aucun épisode de l’histoire.

    Pierre téléphone en Normandie tous les dimanches sans exception : « On parle de tout et de rien. Entendre sa voix est devenu une nécessité. » De véritables liens fraternels se sont tissés entre eux : « avoir un ami à la guerre, ça aide à tenir le coup et à traverser les épreuves ».

    Les Normands ont donc tous débarqué pour l’Assomption. Au programme de ces journées de farniente teintées d’une franche amitié, des barbecues dans la verdure, de grandes parties de belote, quelques excursions. Louise, l’épouse de Jean-Claude, est devenue la seconde maman des enfants de Pierre. Dans le village, on connaît ces sympathiques visiteurs, unis pour la vie, à l’un de leur compatriote.

    SOURCE : http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarrebourg-chateau-salins/2017/08/17/abreschviller-amis-pour-la-vie-depuis-la-guerre-d-algerie

    Abreschviller : amis pour la vie   depuis la guerre d’Algérie

    Et puis ce jour du 15 août 2017 ils ont chanté cette chanson joyeuse qui leur a fait oublier un peu ces moments tragiques du 15 août 1960, qu’ils ont passés, il y a 57 ans, tous les deux dans le djebel algérien et dont ils disent à leurs enfants et petits-enfants « Nous espérons que vous ne connaîtrez jamais ça »

     

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  • Sur ce blog les extrémistes nostalgériques qui se prennent encore et toujours pour une race supérieure comme du temps de la France coloniale, de leur regrettée Algérie française, sont rejetés. Qu’ils aillent cracher leur haine ailleurs… 

     

     

    France-Algérie : le vrai tabou  n'est pas la guerre

    Hubert Huertas a grandi en Algérie dans la région d'Alger qu'il quitta à neuf ans. Enseignant de formation, il décide rapidement de se consacrer au journalisme. Il fait alors ses premiers pas dans la presse écrite dans des quotidiens comme Le Matin de Paris, Le Provençal ou encore l'hebdomadaire L'Express. Puis il s'oriente vers la radio et intègre Radio France en 1983. Rédacteur en chef des stations décentralisées d'Avignon, puis d'Aix-en-Provence, il est aujourd'hui grand reporter à France Inter et France Info, en poste au bureau de Marseille. En parallèle, il n'a jamais vraiment quitté l'enseignement : directeur de l'antenne du CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes) à Montpellier de 1990 à 1993, il est responsable de l'enseignement de la radio à l'Ecole de journalisme de Marseille depuis 1999. Nous jouerons quand même ensemble est le premier roman d'Hubert Huertas. De sa jeunesse passée au Maghreb, il tire son goût des voyages et une passion pour ses racines sudistes. Après avoir analysé les blocages et les rejets qui travaillent la société française dans un essai publié aux éditions Autres Temps, FN made in France, il avait envie d'exprimer une sensation cent fois ressentie au cours de ses reportages : malgré les brûlures de l'histoire, les violences passées et présentes, les incompréhensions, les barrières, les méfiances, le fil ne s'est jamais rompu entre les deux rives de la Méditerranée.
    Sur le thème Orient-Occident, il a également publié aux Presses de la Cité La Passagère de la Struma. Son dernier ouvrage, L'Orque de Magellan, paru en 2004 dans la collection Sud Lointain, fait voyager le lecteur en Patagonie.
     

    France-Algérie : le vrai tabou

    n'est pas la guerre 

    C’est un divorce qui s’est mal passé et dont les plaies ne sont pas fermées, cinquante ans après. La preuve : la simple évocation de la date du 19 mars, anniversaire du cessez-le-feu des accords d’Evian provoquera des indignations.

    Les fils de harkis raconteront comment leurs pères ont été abandonnés par la France puis massacrés par les algériens, les pieds-noirs ou leurs enfants décriront les jours de terreur du printemps 1962, notamment les tueries à Oran en juillet, au moment de l’indépendance, et les algériens raconteront la terreur infligée à leur communauté par l’OAS…

    A cela s’ajoutent des rancunes plus ou moins fermentées, qui renvoient d’une manière obsédante à cette guerre, et à ses atrocités, comme si toute évocation de la relation franco-allemande devait être accompagnée de rappel des massacres d’Oradour-sur-Glane ou des bombardements sur Dresde.

    Mais c’est comme ça… L’histoire occupe une place obsédante dans les motifs de discorde franco-algérienne. Elle est brandie par les uns et les autres comme une revendication, parce qu’on l’aurait falsifiée. Les Français d’Algérie, né là-bas, se sentent dépossédés d’un droit du sol auquel on droit les algériens de France, et veulent réhabiliter leur vie d’avant, pas forcément le colonialisme, mais leur vie personnelle, faite de travail et de volonté de vivre honorablement, mais en face les Algériens d’Alger, comme ceux de Marseille et de plus loin, peuvent aussitôt s’indigner d’un projet de loi sur « les aspects positifs de la colonisation ».

    Tout ramènerait à cette période de 54 à 62, comme si elle résumait les cent trente ans qui précédaient, et les cinquante ans qui suivent, et cette période est présentée comme un tabou : la guerre serait encore occultée, on nierait encore la torture, même si plus personne n’ignore sa pratique, d’ailleurs déjà dénoncée dans l’Express de Françoise Giroud en 1956.

    La guerre, la guerre, la guerre.

    La guerre et la séparation. Depuis 1962 la France serait en France et l’Algérie en Algérie, chacun chez soi. Comme si cette vision des choses tenait un quart de seconde en se promenant en France, et en se promenant à Alger. Comme si les paraboles de Paris n’étaient pas tournées vers Alger, et celles d’Alger pas tournées vers la France.

    Comme si, après la séparation politique des Etats, les Algériens accédant naturellement à leur indépendance, les peuples n’avaient pas continué, tout bonnement, à se côtoyer, à vivre ensemble, bon an mal an, avec ou sans préjugé, avec ou sans méfiance, mais continué vaille que vaille.

    Comme si les problèmes étaient ceux d’une vieille guerre d’antan, et pas ceux d’une cohabitation d’aujourd’hui. Comme si le pseudo tabou de la guerre ne cachait un tabou plus radical, et plus contemporain :

    Ce tabou, c’est que cinquante ans après leur divorce, la France et l’Algérie n’ont pas pu se séparer.