• Calais : "Des gens ont faim et soif, qu'est-ce qu'on fait ?"

    GERARD COLLOMB, PLUS PROCHE

    DES IDENTITAIRES QUE DES HUMANITAIRES !!!

    Les Jeunes Socialistes demandent

    la démission de Gérard Collomb

    Les déclarations du ministre de l’Intérieur aujourd’hui à Calais sont une honte pour la République.

    Après le rapport du Défenseur des droits publié il y a quelques jours qui dénonçait le traitement inhumain des migrants à Calais et les entraves faites aux associations qui leur portent secours, les Jeunes Socialistes attendaient autre chose d’un ministre venu de la gauche que des propos dignes de l’extrême droite.

    Cette dérive de Gérard Collomb oblige le Président de la République à lui retirer au plus vite ses responsabilités ministérielles. Les millions de Françaises et de Français qui ont fait barrage à Marine Le Pen Le 7 mai dernier ne l’ont pas fait pour retrouver son discours dans la bouche du ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron.

    Après cette nouvelle démonstration que l’orientation politique de ce gouvernement se situe bien à droite, tant sur le plan économique et social que sur celui des valeurs et de la conception de la République, il apparaît inconcevable pour les Jeunes Socialistes que des parlementaires socialistes puissent lui accorder leur confiance. 

     Calais : "Des gens ont faim et soif, qu'est-ce qu'on fait ?"

     

    Calais : "Des gens ont faim et soif,

    qu'est-ce qu'on fait ?"

    Calais : "Des gens ont faim et soif, qu'est-ce qu'on fait ?"

     

    Jeudi 22 juin 2017 Par Leïla Khouiel

    Ce mercredi, la justice examinait la requête en référé de 11 associations et d'une cinquantaine de migrants de Calais, demandant que les atteintes graves aux droits fondamentaux des exilés cessent. Une procédure visant notamment la préfecture du Pas-de-Calais, la ville et le département de Calais...


    [LETTRE OUVERTE] Points d’eau supprimés, distributions alimentaires entravées par les forces de l’ordre, violences physiques : les témoignages, rapports et reportages font état ces derniers jours d’actes de maltraitance inhumains insupportables envers les 600 exilés à Calais. Dans cette lettre adressée au président de la République, Emmanuel Macron, plusieurs personnalités demandent à ce que ces violences cessent.

    M. le président de la République,

    Depuis plusieurs années maintenant, des milliers de migrants transitent chez nous, à Calais, en espérant atteindre la Grande-Bretagne. Ils aspirent à une vie meilleure. Ils ont fui leur pays, leurs proches, leurs familles, ont parcouru des milliers de kilomètres, ont échappé au pire : la faim, la soif, la répression, l’esclavage, la mort. Ils espèrent et attendent sur notre territoire dans des conditions qui ne nous honorent pas. Ces conditions nous font honte. C’est pourquoi M. le Président, nous, associations, ONG, chercheurs, journalistes, écrivains, avocats, artistes, comédiens, réalisateurs, élus, policiers, enseignants, décidons de vous interpeller.

    Depuis le démantèlement du camp de Calais fin octobre 2016, les associations et organisations non gouvernementales dénombrent 600 migrants sur place. Celles-ci se battent pour leur assurer ce qu’il y a de plus élémentaire : de l’eau et de la nourriture. Mais voilà deux semaines que les autorités rendent cette tâche difficile. Qu’une “sorte de traque” est organisée pour reprendre les propos du Défenseur des droits dont les collaborateurs se sont rendus sur place. Nous avons lu que des officiers de police interdisent à des migrants de se rendre à une distribution de vivres. Nous avons aussi pris connaissance de ces témoignages de bénévoles, rapportés par plusieurs journalistes, qui racontent comment les CRS les ont empêchés de donner à boire à des exilés dont des enfants. Nous avons appris que tous les points d’eau ont été supprimés, que les exilés dorment à même le sol. Nous avons aussi lu ces récits de migrants qui racontent qu’on les frappe, qu’on les gaze. Qui donne ces ordres ? Est-ce donc cela, selon vous, une police qui protège et qui sert ? Les forces de l’ordre ne méritent-elles pas mieux que d’assoiffer des femmes, des hommes, des enfants déjà exténués par leurs conditions de survie ? Est-ce faire honneur aux policiers que de les assigner à des tâches si inhumaines?

    Vous le savez, ces faits sont constitutifs d’une “atteinte aux droits fondamentaux d’une exceptionnelle et inédite gravité”. La justice a été saisie, et nous avons bon espoir qu’au moins, les pressions sur les associations cessent afin qu’elles puissent faire leur travail correctement, afin qu’elles puissent assurer le minimum. Mais vous avez le pouvoir d’agir afin que ces pressions cessent dans l’heure. Et vous avez un pouvoir plus grand encore, celui de mettre en place une politique migratoire digne comme le demandent plus de 200 organisations.

    Il y aurait, lit-on, une volonté des pouvoirs publics de ne plus voir de migrants à Calais. Mais il y a une volonté plus grande encore : celle qu’ont ces migrants de vouloir construire une vie meilleure pour eux et leurs familles. Aucun gouvernement ne parviendra jamais, et par quelque mesure que ce soit, à empêcher un individu que la mort, la faim ou la répression poursuit d’aller vers là où la vie est plus douce.

    Alors nous vous proposons de faire vôtre une autre volonté : celle de ne plus voir, sur notre territoire, d’individus, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, victimes de violences et de traitements inhumains et dégradants exercés par l’État. Cela commence par mettre fin à ce qui se passe à Calais. C’est une question d’humanité. Nous ne vous demandons pourtant pas d’être généreux ; il n’est pas question de sacrifier la raison au coeur ; il s’agit seulement, au lieu de mener une politique inutile, et inutilement violente, de respecter les droits humains.

    Pour signer la pétition : https://www.change.org/p/emmanuel-macron-m-le-pr%C3%A9sident-faites-cesser-ces-violences-envers-les-migrants

    Premiers signataires :

    La rédaction du Bondy Blog – Yannick Jadot, député européen – Omar Sy, acteur – Association Auberge des migrants – Assa Traoré, comité Adama – Hélène Sy, présidente de l’association Cékedubonheur – Camille Louis, philosophe, dramaturge – Jean-Luc Mélenchon, député européen – Sud Intérieur-Union syndicale solidaires, syndicat de police – Marie-Françoise Colombani, journaliste – Florence Thune, directrice générale de Sidaction  – La Caution, artistes – Malik Salemkour, président de la LDH – Laurence De Cock, historienne – Raphaël Kempf, avocat – Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde France – Mathilde Larrère, historienne – Coordination nationale “Pas sans nous” – Syndicat de la magistrature – Alain Gresh, journaliste – Marwan Mohammed, sociologue au CNRS – Aïssata Seck, maire-adjointe de Bondy – Nordine Nabili, journaliste, enseignant – Eric Fassin, sociologue – Christine and the Queens, artiste – Geoffroy de Lagasnerie, philosophe, sociologue – Laurent Cantet, réalisateur  – Océanerosemarie, comédienne – Nadia Lamarkbi, formatrice, coach professionnelle – Christophe Ruggia, réalisateur – Véronique Decker, directrice d’école – Nadia Leila Aissaoui, sociologue, féministe – Céline Sciamma, réalisatrice, scénariste, co-présidente de la Société des Réalisateurs de Films – Etienne Tassin, philosophe – Marwan Muhammad, directeur du Ccif – Marie-Laure Basilien, professeur des Universités en droit public, membre de l’Institut universitaire de France – Ziad Majed, politiste, professeur universitaire – Edouard Louis, écrivain – Médine, artiste – Didier Eribon, philosophe – Alice Diop, réalisatrice – Magyd Cherfi, chanteur, écrivain – Laurent Chalumeau, auteur de polars – Mohamed Hamidi, réalisateur – Robin Campillo, réalisateur – Yasmine Bouagga, sociologue – Alain Mikowski, avocat – Rokhaya Diallo, journaliste – Pascale Ferran, réalisatrice – Association Itinérance Cherbourg – Raphäl Yem, animateur TV, fondateur de Fumigène magazine – Akram Belkaïd, journaliste, écrivain – Pouria Amirshahi, député, fondateur du “Mouvement Commun” – Nora Hamadi, journaliste – Raphaël Glucksmann, essayiste – Faïza Guène, écrivain – Julien Salingue, docteur en science politique –  Madjid Messaoudene, conseiller municipal délégué, Saint-Denis – Pierre-Emmanuel Barré, humoriste – Lauren Bastide, journaliste – Abou Diaby, footballeur professionnel – Mouloud Achour, journaliste – Malik Bentalha, humoriste et comédien – Benjamin Stora, historien – Latifa Ibn Ziaten, présidente et fondatrice de l’association Imad Ibn Ziaten pour la Jeunesse et la Paix – Amelle Chahbi, comédienne.

    Calais : "Des gens ont faim et soif, qu'est-ce qu'on fait ?"

    Gérard Collomb, plus proche

     des identitaires que des humanitaires

    Calais : "Des gens ont faim et soif, qu'est-ce qu'on fait ?"

    En visite à Calais ce vendredi, le ministre de l'Intérieur s'est lâché sur les migrants pour le plus grand bonheur de Génération identitaire, groupuscule d’extrême droite, qui lui propose ses services.

    En visite à Calais, suite à la mort d’un chauffeur routier dans un accident consécutif à un barrage dressé sur l’autoroute par des migrants, Gérard Collomb s’est lâché sur les migrants.

    Considérant, tout d’abord, que les accusations de violences policières étaient « tout à fait excessives » au regard de la « douceur légendaire » des migrants, il a affirmé que les forces de l’ordre agissaient avec « beaucoup d’humanité » face à des gens « enkystés ». Le ministre de l’Intérieur - censé représenter la « gauche » d’un gouvernement « progressiste » - propose donc de « renforcer la sécurité avec l’arrivée de deux compagnies de forces mobiles supplémentaires pour éviter que de nouveaux campements ne se forment ».

    Annonçant la présentation « dans les quinze jours » d’un plan sur la question migratoire, Gérard Collomb a insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de centre d’accueil à Calais : « Je me méfie des centres qui se disent prêts à accueillir des migrants pour seulement quelques jours et qui finalement durent dans le temps », a-t-il déclaré.

    Jacques Toubon, Défenseur des droits, s’est, pour sa part, offusqué sur RTL ce matin : VISIONNEZ JACQUES TOUBON ICI, qu’on ne respecte pas « l’obligation légale – et non morale - précise-t-il, de leur donner accès à leurs droits fondamentaux, ne serait ce que manger et boire ! » Mais le ministre de l'Intérieur ne s’en émeut pas, préférant dire aux associations humanitaires « qu'il y a peut-être d'autres lieux que Calais où elles pourront déployer leur savoir-faire ». Parce que, selon lui, « le vrai problème, se sont les routes de passeurs qu’il faut couper pour pas qu’on ait ces flux d’immigration qui ne sont plus des demandeurs d’asile mais de la migration économique ».

    Une position saluée par Génération identitaire, groupuscule d’extrême droite qui « sait avoir contribué, par ses activités, à cette nouvelle position politique au plus haut sommet de l’État ». Vantant son action « Defend Europe » qui « vise à stopper les bateaux de passeurs et à empêcher les bateaux d’ONG complices de ramener les migrants en Europe », le groupuscule proche du Front national propose même ses services au ministère ! « Une demande de subvention publique va être adressée à ce ministère dans les prochaines heures », peut-on lire dans un communiqué CLIQUEZ ICI. 

    « Quand aujourd'hui dans le Pas-de-Calais, on s'aperçoit que beaucoup de députés sont Front national, cela veut dire qu'il y a un vrai problème », a osé Gérard Collomb. Mais flirter avec leurs orientations idéologiques n’en pose aucun…

    SOURCE : https://www.politis.fr/articles/2017/06/gerard-collomb-plus-proche-des-identitaires-que-des-humanitaires-37219/

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  • " Les balles du 14 juillet 1953 "

    Le massacre policier oublié

    de nationalistes algériens à Paris

     Daniel KUPFERSTEIN

    Préface de Didier DAENINCKX

     La Découverte, mai 2017, 256 p., 18 €

    Rappelez-vous de notre article « Les balles du 14 juillet 1953 » : un film sur un carnage méconnu : une plaque pourrait être bientôt apposée en hommage aux victimes

    La Mairie de Paris fera poser une plaque à la mémoire des victimes du 14 juillet 1953 le 6 juillet 2017 à 15h, Place de la Nation

    Rappelez-vous de notre article « Les balles du 14 juillet 1953 » : un film sur un carnage méconnu : une plaque pourrait être bientôt apposée en hommage aux victimes

      

      Introduction et table des matières

    Le 14 juillet 1953, la traditionnelle manifestation célébrant la fête nationale prend un tour tragique lorsque la police ouvre le feu sur le cortège. Les tirs ciblent essentiellement les représentants du parti nationaliste algérien et font de nombreuses victimes. Fruit de quatre ans d'enquête, le livre de Daniel Kupferstein, grâce à de nombreux témoignages, fait la lumière sur ce non-dit de l'Histoire qui servit de déclencheur à la « guerre de libération » initiée par le FLN.

    Le 14 juillet 1953, la gauche communiste et syndicale célèbre la fête nationale, comme c’est la tradition, par une manifestation à Paris. Y participent, à la fin du cortège, plusieurs milliers de militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), le parti nationaliste algérien. Quand ils arrivent place de la Nation, des heurts se produisent et les policiers tirent froidement sur les manifestants algériens. Six d’entre eux sont tués, ainsi qu’un militant de la CGT. Et on compte des dizaines de blessés par balles.
    Pendant un demi-siècle, ce drame va être effacé des mémoires et des représentations, en France comme en Algérie. Pour comprendre les raisons de cette amnésie et faire connaître les circonstances de l’événement, Daniel Kupferstein a conduit une longue enquête, pendant quatre ans. Elle lui a permis de réaliser en 2014 un film, que ce livre prolonge et complète. On y découvrira les témoignages inédits de nombre d’acteurs de l’époque, ainsi que les ressorts de l’incroyable mensonge d’État qui a permis l’occultation de ce massacre. Et on comprendra le rôle essentiel de « déclic » joué par ce dernier dans le déclenchement par le FLN de la « guerre de libération » en novembre 1954.

    « L’originalité de l’approche de Daniel Kupferstein réside dans sa méthode de cinéaste documentariste. Si ce livre s’appuie sur la consultation d’archives inédites, sur une lecture attentive de la presse de l’époque et des moindres évocations du 14 juillet 1953 au cours des années qui suivent la tragédie, sur une fréquentation des études consacrées à la guerre d’Algérie, une part essentielle est constituée par la recherche des témoignages. Ce qui en fait la richesse, c’est bien la rencontre avec les acteurs de cet épisode sanglant, avec leurs proches, aussi bien du côté des victimes que des forces de répression, et avec tous ceux dont la vie, aujourd’hui encore, est entravée par les non-dits, les mal-dits de l’Histoire. » Extrait de la préface de Didier Daeninckx.

    Daniel Kupferstein, réalisateur et documentariste, est l’auteur de nombreux films, en particulier Dissimulation d’un massacre (2001), sur la sanglante la répression de la manifestation du FLN du 17 octobre 1961 à Paris, et Mourir à Charonne, pourquoi ? (2010) sur la répression de la manifestation du 8 février 1962.

    Drame du 14 juillet 1953 :

    N’oublions jamais !

    Communiqué de Nicolas Bonnet Oulaldj

    Elu au Conseil de Paris

     

    La fachosphère va avoir du "boulot" il existe près de 6000 lieux du 19-Mars-1962... voici donc une brève qui vient d'arriver

     Nicolas Bonnet Oulaldj

    Elu au Conseil de Paris

    Le Conseil du 12ème arrondissement a voté la pose, place de la Nation, d’une plaque commémorant la mort de six militants indépendantistes du MTLD (mouvement pour les libertés démocratiques en Algérie) et d’un syndicaliste de la CGT, le 14 juillet 1953, tués par les forces de l’ordre.

    C’est un drame presque oublié de l’Histoire, qui a endeuillé notre pays, notre ville et notre quartier.

    Nous réparons aujourd’hui cet oubli terrible.

    En mars 2016 je déposais, avec mon groupe, un vœu au Conseil de Paris demandant à ce qu’une plaque soit apposée place de la Nation pour que le travail de mémoire autour des évènements du 14 juillet 1953 puisse se faire.

    Parce que notre mémoire doit rester intacte. Parce que nous avons un devoir de rappeler aux passants que des lieux à Paris sont marqués par l’Histoire fusse t’elle tragique.

    Nous nous félicitons de cette décision de notre conseil et nous souhaitons que le conseil de Paris l’approuve dans quelques jours comme il a approuvé notre vœu qui est aujourd’hui exhaussé. 

     

    Rappelez-vous de notre article « Les balles du 14 juillet 1953 » : un film sur un carnage méconnu : une plaque pourrait être bientôt apposée en hommage aux victimes

     

     

    « Les balles du 14 juillet 1953 » : un film sur un carnage méconnu

    « Les balles du 14 juillet 1953 »

    Un film sur un carnage méconnu

    Par Michel Berthelemy membre de la 4acg

    Il y a 62 ans, le 14 juillet 1953, un drame s’est déroulé en plein Paris. A la fin d’une manifestation célébrant la Révolution française, la police parisienne a chargé. Six Algériens et un Français ont été tués, une cinquantaine de manifestants ont été blessés.
    Daniel Kupferstein avait déjà réalisé en 2011 le documentaire « 17 octobre 1961, dissimulation d’un massacre » et en 2010 « Mourir à Charonne, pourquoi ? ». Il explique ici ce qui l’a poussé à sortir cette histoire de l’oubli.

    « Ce qui est troublant avec ce fait dramatique, c’est que cette histoire est quasiment inconnue. Pratiquement personne n’est au courant de son existence. C’est comme si une page d’histoire avait été déchirée et mise à la poubelle. En France comme en Algérie.

    En fait, ce film, est l’histoire d’une longue enquête contre l’amnésie. Enquête au jour le jour, pour retrouver des témoins, les familles des victimes, pour faire parler les historiens, pour reprendre les informations dans les journaux de l’époque, dans les archives et autres centres de documentation afin de reconstituer au mieux le déroulement de ce drame mais aussi pour comprendre comment ce mensonge d’Etat a si bien fonctionné.

    Avant que les derniers témoins ne disparaissent, il est temps que l’histoire de ce massacre sorte de l’oubli ! »

    Michel BARTHELEMY

    JPEG - 123.8 ko
                                                                                        
     

    Mais aussi le témoignage de Jacques CROS

    qui m'a signalé ce film

     

    C’est le titre d’un film documentaire de Daniel Kupferstein qui relate les événements qui se sont produits ce jour-là dans la capitale. Quels sont ces événements assez peu connus de grand public ?

    Ce 14 juillet 1953, dans l’après-midi, est organisée à Paris une manifestation pour commémorer la Révolution française avec notamment la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Un cortège va rallier La Bastille à La Nation. Y participent le parti communiste, la CGT… et le MTLD, le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques créé par Messali Hadj.

    Les Algériens qui défilent sous les drapeaux et les banderoles du MTLD demandent le droit à l’indépendance de leur pays, une revendication qui, à cette date, n’est pas prise en compte par le PCF. Un groupe de parachutistes, venus d’Indochine pour la cérémonie officielle, se livre à une provocation.

    A la fin de la manifestation, alors que les Algériens, qui ont défilé dans le calme et la dignité, s’apprêtent à ranger leur matériel dans le camion prévu à cet effet. La police intervient brutalement et des coups de feu sont tirés. On comptera sept morts, six Algériens et un Français, et de nombreux blessés. Une quarantaine reconnaîtront les forces de l’ordre mais sans doute beaucoup plus.

    Silence et oubli ont caractérisé cet épisode antérieur de plus d’un an au déclenchement de la guerre d’indépendance. Il y aura certes un meeting de protestation au Cirque d’Hiver le 21 juillet mais l’idée du droit à l’autodétermination du peuple algérien n’est pas encore acquise. Dans son édition du 15 juillet Le Figaro rendra même les Messialistes responsables des affrontements ! Un entrefilet du fils de Maurice Lurot assassiné ce 14 juillet 1953 passera dans le courrier des lecteurs d’un numéro de L’Humanité Dimanche de 1995 mais pour l’essentiel l’affaire restera étouffée. Pourtant l’histoire était déjà en marche !

    Merci donc à Daniel Kupferstein pour son film qu’il doit compléter par la publication d’un livre sur ce carnage resté jusqu’ici méconnu.

    Jacques CROS

    Au début de cette vidéo vous allez reconnaître Jean LAURANS

    Président du Comité de Paris de la FNACA

    « Les balles du 14 juillet 1953 » : un film sur un carnage méconnu

    Entretien avec Daniel Kupferstein, réalisateur du documentaire Les balles du 14 juillet 1953

    Si les massacres du 17 octobre 1961 et de Charonne sont désormais connus, celui du 14 juillet 1953, où six manifestants algériens et un métallo français tombèrent sous les balles de la police, reste plongé dans l’oubli. Cet hommage du mouvement ouvrier à la révolution française, alors traditionnel, fut d’ailleurs ensuite supprimé. Daniel Kupferstein a consacré à ce drame un film-enquête émouvant qui lui a demandé quatre ans de travail. 

    Qu’est-ce qui t’a amené à travailler sur ce sujet ?
    J’avais déjà réalisé un film sur Charonne et un autre sur le 17 octobre. À l’occasion d’un débat suivant une projection, l’historienne Danielle Tartakowsky m’a dit « Tu devrais faire un film sur le 14 juillet 1953 ». Sur le moment, j’ai répondu que je ne voulais pas devenir le spécialiste des massacres parisiens. Ensuite, j’ai réfléchi et je me suis dit que les gens qui avaient vécu ces événements devaient avoir dans les 75 ou 80 ans, donc que les témoins risquaient de disparaître prochainement. Cela a été le déclic.

    Comment as-tu procédé ?
    J’ai utilisé le livre 1953, un 14 juillet sanglant de Maurice Rajsfus (Ed Agnès Vienot, 2003), malheureusement épuisé aujourd’hui. Puis j’ai consulté les archives, recherché des témoins, que j’ai trouvés, certains par relations, d’autres par Internet. J’ai même passé une annonce dans le journal algérien El Watan, ce qui m’a permis de contacter des manifestants et les parents de victimes qu’on voit dans le film.

    Pourquoi ce drame a-t-il été occulté ?
    Les causes de cet oubli sont diverses. D’une part, comme je le souligne dans le film, pour que la mémoire soit transmise, il faut qu’il y ait des gens pour s’en emparer, ce qui s’est fait presque immédiatement pour Charonne car les victimes appartenaient au PCF qui était un très grand parti, et beaucoup plus tardivement, à la fin des années 80, pour le 17 octobre. En ce qui concerne le 14 juillet 1953, d’une part il s’agissait d’une manifestation du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques dirigé par Messali Hadj) qui a ensuite scissionné. Le FLN qui en est issu et a déclenché la lutte armée à la Toussaint 1954 n’accorde aucune importance à ces événements qui se sont déroulés avant cette insurrection. Cela peut paraître délirant, mais les victimes du 14 juillet 1953 n’ont pas officiellement le statut de martyrs. Elles sont mortes trop tôt. Ensuite, en France, le PCF et la CGT ont dénoncé le massacre sur le coup, mais celui-ci a très vite été occulté dans le mouvement ouvrier par la grande grève des fonctionnaires d’août 1953. Dernière explication, selon Danièle Tartakowsky qui apparaît dans le film, avec l’éviction d’André Marty, le parti serait passé d’une ligne « classe contre classe » à une ligne plus centrée sur des alliances. Alors commémorer ces morts n’était plus à l’ordre du jour.

    Qu’est-ce qui explique la violence des policiers qui ont tiré dans le tas, comme le reconnaît de façon assez stupéfiante un de ceux que tu as retrouvés ?
    Ils ont en effet la bonne conscience de fonctionnaires qui n’ont fait que leur boulot. Les Algériens avaient à leurs yeux le statut de sous-hommes. Les tuer n’avait pas la même signification que d’assassiner des Français. Ils n’ont pas supporté que les militants algériens défilent avec un service d’ordre impressionnant, refusent de se laisser arracher leurs drapeaux et banderoles. À leurs yeux, il était inconcevable que des colonisés relèvent la tête, ne rasent pas les murs. Les deux flics qui témoignent dans le film n’éprouvent pas la moindre culpabilité. Alors que pour Charonne, tous les policiers se sont défilés : peut-être étaient-ils beaucoup plus mal à l’aise d’avoir massacré des Français ?

    Quel rôle a joué ce massacre dans la conscience des Algériens ?
    Il a probablement été un des éléments en faveur de la lutte armée. « Même quand on manifeste pacifiquement un jour symbolique de l’égalité, la liberté et la fraternité, on nous tire dessus, alors autant mourir en combattant »...

    Propos recueillis par Gérard Delteil 

    Les balles du 14 juillet 1953. DVD en vente à la librairie La Brèche. 
    Plus d’infos : 
    http://daniel-kupferstein.com  

    SOURCE : http://www.npa2009.org/idees/entretien-avec-daniel-kupferstein-realisateur-du-documentaire-les-balles-du-14-juillet-1953 

     

     

     

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    Film : « À chacun son Algérie »

    Film : « À chacun son Algérie » « Les Dijonnais d’aujourd’hui et l’Algérie de 1954 à 1962 »

    « Les Dijonnais d’aujourd’hui

    et l’Algérie de 1954 à 1962 »

    Le film « A chacun son Algérie » est monté grâce à ces témoins. Ceux-ci, Côte-d’Oriens aujourd’hui, sont Algériens, Français ou les deux à la fois, pied-noirs, pour ou contre l’indépendance, militaires, combattants du FLN, harkis, pacifistes, petits paysans que la guerre a broyé, « fils ou filles de… », qui souffrent, une ou deux générations plus tard, d’une histoire qui les écartèle encore. Certains ont parlé de ces événements pour la première fois lors de ces entretiens. D’autres n’ont pu s’y résoudre. Les plaies sont toujours vives pour ceux qui ont été mêlés, d’une manière ou d’une autre, à ces plus de sept années de guerre et à la colonisation. Le silence est encore lourd sur ces «évènements d’Algérie». Le film ne veut pas raviver ces souffrances mais aider à relire ces pages pour mieux les tourner. Dans chaque commune, dans chaque région, des gens se côtoient sans rien savoir de l’histoire des autres, pourtant mêlés à la même «Histoire». Pour tous, il s’agit de vivre ensemble aujourd’hui avec des passés conflictuels, et de construire des avenirs  avec des personnes imprégnées d’une mémoire «radicalement» différente. « Radicalement », car on est bien là aux racines du mal franco-algérien. Quatorze de ces entretiens ont été diffusés sur France 3. Les illustrations sont des photos de l’époque conservées par les témoins. Puis nous avons rassemblé ces témoignages, une parole rebondissant sur une autre, traitant des raisons de cette guerre, des combats en Algérie et en métropole, du départ et de l’arrivée en «métropole», mais surtout d’histoires personnelles ou familiales dont le récit contribue à alléger la souffrance et à améliorer la compréhension entre les héritiers de mémoires antagonistes.

    Le film a déjà servi de support à des débats organisés par ou pour différents publics : immigrés,  rapatriés, anciens combattants, « chibanis », syndicalistes, chercheurs en histoire ou en sociologie, lycéens, … en France et en Algérie.

    Un film de Caroline Philibert et Luc Thiébaut, 55’, produit par la Maison de la Méditerranée.

    Le 16 mars 2016,  la projection à Besançon de “A chacun son Algérie” a été un succès grâce à l’organisation et à l’accueil par nos amis de La Vie Nouvelle Besançon  et par le Foyer les Oiseaux : 90 participants à un débat chaleureux prolongé autour d’un pot avec, notamment, plusieurs bisontins d’origine algérienne. Zohra était venue et a pu compléter son témoignage filmé par la réponse très vivante qui lui a valu les applaudissements à la question d’une cinéaste qui lui a demandé ce que lui avait apporter de témoigner (“rien, çà sert à rien, mais il faut le faire, pour que les hommes ne se fassent pas la guerre à la légère”) . L’intervention de Madjid, qui a présenté la Maison de la Méditerranée de Dijon a été aussi très appréciée.

    Le film avait été projeté dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale, le 18 novembre 2014,  à Sciences Po  Dijon,  à l’occasion du 60° anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie., devant une centaine de spectateurs. 

    La veille il l’avait été devant deux classes du lycée du Castel, après l’avoir été dans cinq autres lycées de Bourgogne et en Algérie.

    La solidarité repose sur une meilleure compréhension mutuelle de ce qui unit et afin de mieux réduire ce qui divise. Le film « A chacun son Algérie » se propose d’aider chacun à mieux « écouter des mémoires différentes (parfois opposées) pour construire une cité commune » : Soixante-deux ans après le déclenchement de la guerre d’Algérie (1er novembre 1954), il est utile d’entendre les témoignages de Dijonnais d’aujourd’hui sur l’Algérie de 1954 à 1962.

    SOURCE : http://www.maisondelamediterraneedijon.fr/films/film-a-chacun-son-algerie/

    POUR VISIONNER LE FILM

    CLIQUEZ SUR « REGARDEr SUR VIMEO » 

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    Migrants de Calais : l'Etat interpellé

    par le Défenseur des Droits face à la gravité

    de la situation

    Fête de la musique 2017... Ce n’était pas la fête des réfugiés… Chanson anti raciste de François Béranger... Toujours d'actualité malheureusement....

     

    Le Défenseur des droits s’est sérieusement penché, depuis plusieurs semaines, sur les conditions de vie des réfugiés à Calais. Jeudi 22 juin 2017, il en appelle à la responsabilité du gouvernement afin d’apporter des améliorations concrètes de leurs situations face à des « atteintes (aux droits fondamentaux) d’une exceptionnelle et inédite gravité ».
    Il réclame qu’« un accès pérenne à l’eau soit rendu possible, ainsi que des distributions de repas adaptées aux besoins des exilés, dans des conditions dignes ». Il préconise de plus la garantie d’«un accueil de jour spécialisé et la mise à l’abri des mineurs et des femmes dans des locaux situés sur le territoire de Calais ou à proximité immédiate» ainsi qu'« un lieu où les exilés puissent se reposer, se laver et envisager la suite de leur parcours migratoire soit installé ».

    Enfin, le Défenseur des droits souhaite la mise en place d’un bureau permettant de réceptionner les demandes d’asile depuis Calais car, aujourd’hui, les migrants doivent se rendre à la préfecture de Lille située à plus de 100 km de « la Jungle ».
    En octobre 2016, le gouvernement avait opéré à
    un grand démantèlement du bidonville de Calais. Mais la zone est de nouveau habitée par environ 600 personnes condamnées à errer, pourchassées par la police et empêchées de manger, boire et dormir. Les distributions de repas, organisées par des associations sont en effet perturbées par les forces de l’ordre qui en profitent ponctuellement pour procéder à des interpellations. Selon certaines associations, la situation dans le Calaisis est semblable à celle qui existait avant la mise en place d’un accueil de jour en 2015. Bondy Blog, a lancé vendredi 16 juin, une pétition
    à l’adresse du président Emmanuel Macron pour faire « cesser ces violences envers les migrants ». En près d’une semaine, elle a déjà récolté 24000 signatures.

    Fête de la musique 2017... Ce n’était pas la fête des réfugiés… Chanson anti raciste de François Béranger... Toujours d'actualité malheureusement....


    Fête de la musique 2017... Ce n’était pas la fête des réfugiés…
    Chanson anti raciste de François Béranger... Toujours d'actualité hélas, la preuve...

     

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  • Les « kwassa-kwassa »

    ou la persistance du refoulé raciste

    Les « kwassa-kwassa » ou la persistance du refoulé raciste

    Dimanche 18 juin 2017, par nf

    Lors d’un déplacement en Bretagne, jeudi 1er juin 2017, Emmanuel Macron a plaisanté sur ces fragiles embarcations à bord desquelles de nombreux migrants comoriens périssent en tentant de rejoindre Mayotte, le département français voisin. « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent », avait-il lancé. Ces propos, qui ont déclenché la polémique, montrent combien les esprits sont encore marqués par un imaginaire colonial.

    Une avocate du barreau de Mamoudzou, Fatima Ousseni, présidente du Festival d’arts contemporains des Comores dénonce la persistance de schémas racistes imaginaires qui survivent dans la pensée républicaine moderne.

    Tribune de Fatima Ousseni, publiée dans Libération le 13 juin 2017


    La récente plaisanterie reconnue malheureuse d’Emmanuel Macron (« Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent ») rappelle les insultes dont avait fait l’objet la ministre de la Justice Christiane Taubira en 2013 en sa qualité de femme noire. Celles-ci avaient alors conduit à considérer qu’il s’agissait là d’une simple expression d’un racisme, dont le parti politique auquel appartenait l’auteur des propos était alors jugé familier. En réalité, l’analyse était trop réductrice. Cela dénotait d’un phénomène bien plus profond et complexe. Le propos étant tenu aujourd’hui par un homme brillant, chef d’Etat qui a une pensée construite sur la question, abordée pendant sa campagne avec clairvoyance, il devient indispensable de comprendre ces postures en ouvrant le débat.

    La déclaration d’Emmanuel Macron est blessante et désastreuse pour les Comores qui subissent des pertes de vies humaines considérables depuis de très nombreuses années. Ce « trait d’humour » ne peut pas être banalisé même si dans le cas concernant Christiane Taubira, la trivialité est recherchée, alors que pour Emmanuel Macron elle se dit non intentionnelle. La guenon d’une part, les produits d’une pêche pour qualifier une population entière, les Comoriens, ramènent une partie de l’humanité, les Noirs, au rang d’animal. Le point mérite d’autant plus d’être soulevé qu’actuellement à Paris se succèdent diverses manifestations exprimant une démarche déterminée vers l’Autre, le non-Européen. Une exposition scientifique au Musée de l’homme où sont détaillés et combattus les processus de catégorisation, hiérarchisation des populations. Exposition historique à l’Institut du monde arabe où est présenté le développement de l’islam sur les terres africaines. Méconnu en Europe, il permet la remise en cause de préjugés. Exposition artistique enfin à la Villette « Afriques Capitales » où des plasticiens offrent une lecture empreinte d’une altérité féconde des villes et migrations. Ces trois événements n’empêchent pas les assertions déplacées et montrent que des actions ponctuelles, aussi louables soient-elles, ne suffisent pas.

    Les expressions ici incriminées ne bestialisent que le Nègre, ciblent une population précise et ne semblent pas procéder du hasard. Les esprits continuent d’être marqués de façon latente après les siècles d’esclavage durant lesquels les Noirs étaient considérés tels un bien meuble, mais aussi après la colonisation et sa négation résolue de leurs civilisations et cultures. Les poncifs habituels qui affublent généreusement le Noir d’une émotion exacerbée, un sens inné du rythme qu’il aurait dans le sang, ne brillerait que par des performances physiques limitées au sport, au sexe, serait une sorte de grand enfant, appartiennent au même registre qui le dépeint tel un être primaire dénué d’intelligence. C’est cet imaginaire colonial qui s’exprime aujourd’hui encore, chargé des stigmates de l’Afrique miséreuse telle qu’elle est trop souvent présentée dans les médias.

    La persistance de cette conception caricaturale constitue une réalité qui demeure inconsciemment prégnante dans la société. Elle est à l’origine des préjugés et entretient l’aliénation, les malentendus. Depuis très longtemps, nombre de scientifiques et notamment d’historiens expliquent cet état de fait par une carence sévère et symptomatique de connaissance de l’histoire de l’Afrique et tous ses descendants.

    Il existe une méconnaissance quasi totale des civilisations et cultures nègres en France, mais aussi un mépris entretenu. Cet enseignement n’est nulle part pris en charge dans les écoles. Pourtant l’humanité est née en Afrique près de la région des Grands Lacs, où la première intelligence humaine s’exprime. Les traces de conceptualisation les plus anciennes, mathématiques en l’occurrence, mais pas seulement, sont découvertes sur ce continent qui voit s’épanouir les premières révolutions technologiques, découvertes des métaux, métallurgie du fer, leur transformation, etc... Les scientifiques martèlent l’impérieuse nécessité d’enseigner cette histoire. Cette démarche est indispensable à la reconstruction des descendants de peuples déstructurés par l’esclavage et la colonisation. Elle est aussi nécessaire au reste de l’humanité qui vit aux côtés des Noirs pour les investir dans d’autres postures que celles de fils d’anciens esclaves ou colonisés, d’un peuple, vaincu, rabaissé au rang d’animal.

    Christiane Taubira, par une loi adoptée à l’unanimité au Parlement, a obtenu que l’histoire de l’esclavage, qualifié de crime contre l’humanité, soit incluse dans les manuels d’histoire. Non seulement cette loi n’est pas respectée, mais elle est insuffisante.

    Cette absence de narration et connaissance de l’histoire des Noirs, par l’ensemble des individus en France, est aussi à l’origine des graves crises identitaires conduisant aujourd’hui à des replis communautaires de plus en plus sévères. Cette situation est ainsi préjudiciable à l’égard de tous. Le travail de déconstruction par la science des stéréotypes dévalorisants, dans le respect de la diversité, se doit d’être entrepris avec force et détermination.

    Les mots d’Emmanuel Macron montrent qu’il peut être des basculements vers des postures dont on n’a pas toujours conscience, c’est pourquoi dresser un état des lieux sans complaisance s’impose. Une intelligence raisonnée et audacieuse ne se contenterait pas de simples excuses lénifiantes qui apaisent à peine et n’effacent pas l’humiliation de toutes les personnes qui se sont senties méprisées. Elle consisterait plutôt en une dynamique active, « en marche » qui saisirait le taureau par les cornes, lancerait une étude profonde de cette question de l’essentialisation et des représentations d’une partie de la population pour mieux aborder le bien vivre ensemble. Le défi est de taille et appelle à être relevé.


    Fatima Ousseni
    Avocate à la cour et présidente du Festival d’arts contemporains des Comores

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  • Ce matin j'ai mis en ligne un article intitulé "Les soldats du refus" mais je ne me rappelais pas que sur une photo d'un autre article mis en ligne le 6 octobre 2013 il y avait un autre soldat du refus en la personne d'Alban Lietchi. Alors à l'occasion de la Fête de la Musique je vous propose une chanson écrite et interprétée par le fils d'Alban Lietchi tout en ayant une pensée pour un grand ami Jean-François Gavoury.

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    Jean-Philippe Ould Aoudia (Marchand-Feraoun), Alban Liechti (ACCA), Gilles Manceron (LDH) et Georges Morin (Coup de soleil)

    Le documentaire «  le Refus » retrace le combat anticolonial d’Alban Liechti qui refusa en juin 1956 de prendre les armes contre le peuple algérien. Alban Liechti fut incorporé dans l’armée le 5 mars 1956 comme jeune soldat du contingent. Lorsque son contingent est envoyé en Algérie à l’automne 1956, il écrit au président de la république qu’il refuse de faire la guerre au peuple algérien. Il sera condamné à la prison.

    Après 4 années passées dans les prisons d’Algérie et de France, le 17 mars 1961, il est envoyé de force en Algérie dans un commando de Chasse d’un régiment de tirailleurs algériens. Dans le Djebel, de la région de Blida, il patrouille, tout en refusant de mettre les balles dans son arme. Son refus déterminé était celui d’un jeune qui reconnaissait au peuple algérien le droit à l’indépendance. Et ce n’est qu’avec la fin de la Guerre d’Algérie qu’il est libéré, le 8 mars 1962. 

    COMMUNIQUÉ

    Paris - 7-X-2013

    Le dimanche 6 octobre 2013 en fin de matinée, 45 personnes ont pris part à une manifestation privée organisée au cimetière du Père Lachaise (Paris-20e) à l’occasion du 2e anniversaire du dévoilement par Monsieur Bertrand Delanoë, Maire de Paris, de la première stèle en hommage à l’ensemble des victimes civiles et militaires de l’OAS en Algérie et en France.

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    Se déroulant un an jour pour jour après l’inauguration par Monsieur Joaquim Pueyo, député-maire d’Alençon, d’une plaque commémorative nommément dédiée à Alfred Locussol, premier fonctionnaire d’État assassiné par l’OAS sur le sol français, la cérémonie de ce dimanche avait pour objet d’ancrer cette date anniversaire dans le paysage mémoriel en faisant du 6 octobre une journée - pour le moment associative - du souvenir des victimes du terrorisme de l’OAS.

    Tel a été le sens de l’intervention, reproduite ci-après, de Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS (Anpromevo), entouré du représentant du maire de la capitale et des responsables nationaux et départementaux de plusieurs associations en lien avec le monde combattant, l’Algérie, l’anticolonialisme et les droits de l’Homme.

    Après celui de l’Orne en 2012, c’est le département de l’Isère dont une commune est pressentie pour accueillir le rendez-vous de l’an prochain.

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    Raphaël Vahé (ARAC), Jean Laurans (FNACA-75), Jean-François Gavoury (ANPROMEVO), Hamou Bouakkaz (Mairie de Paris)

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    Jean-Philippe Ould Aoudia (Marchand-Feraoun), Alban Liechti (ACCA), Gilles Manceron (LDH) et Georges Morin (Coup de soleil)

    La manifestation a été marquée par le dépôt d’une gerbe au nom de l’Anpromevo, de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons et du Comité vérité et justice pour Charonne.

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    Elle s’est conclue par une minute de silence

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    Cérémonie privée le dimanche 6 octobre 2013 à 11 h 00

    au cimetière du Père Lachaise (Paris-20e)

     à l’occasion du 2e anniversaire du dévoilement

    par Monsieur Bertrand Delanoë, Maire de Paris,

    de la stèle en hommage

     à l’ensemble des victimes civiles et militaires de l’OAS

    en Algérie et en France

     *

    Intervention de Jean-François Gavoury, président

    de l’Association nationale

     pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS

    (ANPROMEVO)

     

     

    Je dédie mon intervention à Mme Vve Marcel Basset et à Mme Micheline Renard, membres bienfaitrices de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS, décédées cette année, respectivement en juin et en juillet.

    _

    Quelques mots pour saluer la présence aux côtés des membres et des responsables de l’Anpromevo, de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons et du Comité vérité et justice pour Charonne :

    - de M. Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris en charge de la démocratie locale et de la vie associative ;

    - de M. Jean Laurans, président départemental de la FNACA de Paris ;

    - de M. Alban Liechti, président de l’association Agir contre le colonialisme aujourd'hui ;

    - de M. Gilles Manceron, responsable Mémoire, Histoire, Archives de la Ligue des droits de l'Homme ;

    - de M. Georges Morin, président de l’association Coup de soleil ;

    - de M. Raphaël Vahé, président national de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC).

    Parce que nous sommes fiers, Jean-Philippe Ould Aoudia et moi, de les avoir auprès de nous, dans nos associations respectives, parce que des raisons personnelles auraient pu les retenir ailleurs, remercions également de leur participation M. Michel Levallois, préfet honoraire, membre de l'Académie des sciences d'outre-mer, et Me Nicole Rein dont les combats les plus récents, menés avec le regretté professeur Albert Jacquard, nous rappellent, par leur inspiration humaniste, les engagements d’hier.

    Et puisque nous sommes sur cette note de nostalgie, permettez-moi de vous dire la peine que j’éprouve en imaginant que nous ne verrons plus autour de cette stèle ni la frêle silhouette de Henri Alleg, ni l’écharpe rouge de Mouloud Aounit, ni le visage - découvert il y a deux ans - de Mme Micheline Renard, mère de Delphine.

    *

    Oui, deux ans. Il y a deux ans jour pour jour, heure pour heure, M. Bertrand Delanoë exprimait ici même sa fierté que Paris, capitale de la France, capitale de la République, soit la première commune, la première institution française, à honorer d’un mémorial le souvenir de l’ensemble des victimes du terrorisme de l’OAS, organisation qu’il qualifia alors, avec pertinence, d’idéologiquement criminelle et de barbare dans ses actes.

    Voulant faire de cette démarche un acte de rassemblement, le maire de Paris précisait : « Pour unir, pour servir la paix, pour être ensemble, il n’y a qu’un moyen : la vérité, l’humilité et la dignité de savoir dire quelles sont les victimes et quelles sont les forces du Mal. Et les forces du Mal, ce sont les idéologies qui refusent l’autre, qui refusent son droit à la dignité, qui refusent notre égalité dans nos différences. »

    Le 6 octobre 2012, une date qui ne doit rien au hasard, une stèle voyait le jour à Alençon, avenue Wilson, érigée à la mémoire d’Alfred Locussol, fonctionnaire de l'État, abattu à quelques mètres de là, le 3 janvier 1962. L’OAS, depuis l’Algérie, l’avait poursuivi de sa vindicte, lui qui avait été le témoin, sur place, et accusateur des injustices de la colonisation.

    À l’occasion de cette cérémonie, M. Joachim Pueyo, député-maire, rappelait combien ce devoir de mémoire était essentiel pour notre conscience collective et citoyenne et que les initiatives de cette nature honoraient les fondements de notre démocratie. C’était compter sans ces forces du Mal, toujours agissantes, sans cesse revigorées, qui, dans les nuits suivantes, s’employèrent à démolir ce symbole de leur forfait passé : ignominieuse profanation, qui aurait justifié une indignation équivalente à celle ayant suivi la destruction de la plaque apposée à la mémoire du préfet de Corse Claude Erignac sur les lieux de son assassinat.

    Mais la malfaisance occulte a dû reculer face à l’ordre démocratique, et la plaque commémorative - par deux fois remplacée - s’est imposée comme une marque de l’histoire de la commune, ensanglantée un demi-siècle auparavant par les irréductibles de l’Algérie française.

     

    *

    *   *

    Ce 6 octobre 2013, c’est à une cérémonie privée que vous assistez, mais dont il sera rendu publiquement compte. Je souhaite, en effet, que soit connu et diffusé le message dont sont porteuses l’Anpromevo et les associations qui la soutiennent.

    Ce message est en lien avec une certaine actualité politique. Il s’adresse aux maires sortants et à celles et ceux qui vont briguer leur succession. Il ne vise pas les futurs candidats de la droite transformiste, capable, par clientélisme, de revêtir le costume de la bête immonde. Il vise encore moins ceux des droites de l’extrême, propagatrices des idéologies les plus sombres de notre histoire. Il vise au contraire les femmes et les hommes pour qui le pacte républicain et la concorde citoyenne ont un sens.

    À elles comme à eux, je demande un discours intransigeant et des actes concrets de résistance contre la frange ultra-droitière d’une mouvance nostalgérique toujours prompte à coloniser l’espace communal pour y dresser stèles, statues, murs, monuments à la gloire de l’Algérie française et de ses prétendus héros. Dernière conquête des anciens factieux : Aix-en-Provence, le 7 juin. Mais tant et plus en quatre décennies d’une aventure révisionniste commencée en 1973 dans un jardin public de Nice, avec une sculpture devant laquelle il arrive à Christian Estrosi de se prosterner : une sculpture exaltant le lieutenant déserteur Roger Degueldre, chef des commandos Delta de l’OAS, assassin multirécidiviste dont les actes relevaient de la barbarie en temps de guerre.

    Je le dis avec quelque gravité : l’on ne saurait rester indifférent au fait que des maires de villes comptant parmi les trente plus grandes de France (Nice et Aix-en-Provence, certes, mais aussi Toulon et Perpignan) légitiment l'action terroriste dirigée contre la République et contre ses serviteurs.

    Il n’y a jamais loin de la légitimation à l’apologie. Et l’apologie de crimes commis en masse par des Français contre d’autres Français, l’apologie de crimes racistes, l’apologie de crimes contre l’humain doivent être dénoncées avec plus de détermination lorsqu’elles sont le fait d’élus dotés de la qualité d’agent de l’État.

    Comment admettre, en effet, que des dépositaires de l’autorité publique, des acteurs de premier plan de la démocratie et de la citoyenneté locales, enfreignent délibérément les lois et règlements et se mettent au service de pourfendeurs de la République pour participer avec eux à la réhabilitation d’une organisation terroriste ?

    Et comment ne pas craindre de ces mêmes élus qu’ils défient les lois de la République au gré d’autres circonstances, en relation ou non avec la guerre d’Algérie ? Les refus, constatés à Nice et à Perpignan en particulier, d’appliquer la loi prévoyant la commémoration du 19 mars 1962 résonnent ici tels des signaux d’alerte : des signaux annonciateurs de possibles voies de fait dans d’autres domaines de compétence municipale, comme, par exemple, le  refus discriminatoire de se soumettre à certaines  de ses obligations d’officier d’état civil.

     

    *   *

    *

     

    Devant le député-maire d’Alençon, il y a un an, je déclarais : « Puisse le  6 octobre devenir une date de référence dans le calendrier des hommages aux victimes du terrorisme comme aux victimes de la guerre d’Algérie ». Notre rassemblement d’aujourd’hui marque, dans cette perspective, une étape supplémentaire : il tend à ancrer la date du 6 octobre dans le paysage mémoriel français, en en faisant une journée associative de recueillement et du souvenir des victimes de l’OAS. Et puisque l’Isère est représentée ici, je forme le vœu que, l’an prochain, nous puissions nous transporter dans une commune de ce département où nos Morts, nos blessés, nos mutilés méritent reconnaissance.

    Mais d’ici là, trois rendez-vous au moins nous permettront de nous retrouver unis dans la douloureuse mémoire des victimes de la guerre d’Algérie : le 17 octobre au pont Saint-Michel, le 8 février au Métro Charonne et le 19 mars au pied du Mémorial national des morts pour la France en AFN. En cette journée désormais officielle de commémoration, nous aurons, présent à l’esprit, ce message du ministre de l’Éducation nationale Lucien Paye, lu dans tous les établissements scolaires au cours de la matinée du 19 mars 1962, date de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, et destiné à saluer le sacrifice de six inspecteurs des centres sociaux éducatifs, assassinés par l’OAS, quatre jours auparavant, dans l’exercice de leurs fonctions au service des valeurs spirituelles et morales qu’enseigne l’Université française.

    A l'occasion de la Fête de la Musique 2017

    Refus d'obéissance - paroles et musique Vincent Liechti

     

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    Le 19 mars 1962 est une date charnière dans l'Histoire de l'Algérie. Tous les ans elle est commémorée. Mais pour des considérations diverses elle est différemment appréciée. Pourtant, c'est la fin d'une guerre et pas seulement. Elle est la fin du colonialisme qui a opprimé beaucoup de peuples. C'était le début d'une nouveau monde.
    Le 19 mars est une occasion pour honorer la mémoire de ceux qui ont combattu pour les idéaux de liberté et d'indépendance. Parmi ceux-là il y a beaucoup de méconnus et d'anonymes dont "les soldats du refus" qui ont refusé de combattre les Algériens dans leur lutte pour l'indépendance de leur pays.
     

    Gilbert avril, un grand humaniste, connait l'amour que je porte à l'Algérie et mon intéressement à la guerre d'Algérie, surtout telle qu'elle s'est déroulée ici en France. De multiples fois il m'a parlé de la guerre fratricide entre le FLN et le MNA à Lille, à Roubaix, à Valenciennes et dans toute la région.
    Ce jour du mois d'avril, il tenait à me faire découvrir un autre aspect de la guerre d'Algérie méconnu tant en France qu'en Algérie. Il s'agit des soldats du refus. Ces soldats qui ont bravé les lois militaires françaises et refusé de prendre les armes contre les Algériens.
    Nous sommes donc allés voir Monsieur Voltaire Develay, à Raismes au sud du département du Nord. Gilbert l'avait averti. J'ai rencontré ce jour là un brave homme qui se porte comme un charme. Il vit dans une belle petite maison avec sa femme. Il était tout heureux de nous voir. Surtout Gilbert, l'une des rares personnes à l'avoir soutenu dans un combat qui n'était pas du tout évident à l'époque. Refuser de porter les armes était dans les années cinquante assimilé à de la haute trahison. Tout de suite Monsieur Develay m'explique que son refus de porter les armes contre les Algériens était tout-à-fait naturel. Il ne comprenait pas pourquoi les combattre, eux qui quelques mois plus tôt, étaient à ses côtés, dans les combats politiques et syndicaux, pour la justice et l'égalité.
    Quand son incorporation avait sonné, il n'avait pas refusé de porter l'uniforme et de s'enrôler comme appelé. Il a rejoint son unité à Téléghma et sur place il a refusé de prendre les armes pour guerroyer contre les maquisards du FLN. Ses misères ont alors commencées. De prison en prison, d'une unité à une autre, rien ne lui fit changer d'avis. Il est resté fidèle à ses convictions et principes. On le traitait de tout et on le méprisait. Ce n'était pas facile. Ni pour lui, ni pour sa famille dans le Nord de la France. Mais les humanistes, ceux qui ont cru en le bien-fondé de son combat étaient là. Une chaine de solidarité s'est organisée avec à sa tête, bien sûr, Gilbert Avril dans le Nord et beaucoup d'autres à travers la France, surtout à Paris où un autre homme s'était fait remarquer par la solidarité qu'il a apporté aux "soldats du refus". Lui, c'est Julien Lauprêtre, le Président du Secours populaire français.

     

    Voltaire Develay a refusé de combattre les Algériens dans leur lutte pour l'indépendance : Témoignage.

    Gilbert Avril que l’on voit dans la vidéo est décédé le 22 janvier 2014, à l’âge de 91 ans : toute une vie tournée vers les autres.

     

    Les soldats du refus

    Gilbert Avril est décédé le 22 janvier 2014. Enfant des corons, né à Vieux-Condé dans le Nord, le 24 décembre 1922, il a consacré la quasi-totalité de son existence à lutter contre l’injustice, consacrant son temps à la solidarité envers les plus humbles. Adolescent, il assiste aux manifestations sociales et politiques de l’entre-deux-guerres, s’y forgeant des convictions et une sensibilité qui l’animeront toute sa vie. En 1943, réfractaire au STO (Service du travail obligatoire), il rejoint la Résistance dans le Valenciennois.
    Instituteur en 1946, il termine sa carrière en 1978 comme principal adjoint de collège. Dès la Libération, il milite dans les mouvements de jeunesse, de promotion de la culture populaire et de la pratique du sport. Le 8 mai 1945, il entre au Secours populaire, né de la fusion de l’Association nationale des victimes du nazisme et du Secours populaire de France. Il est aussitôt chargé du comité d’Hellemmes dans le Nord, puis en 1947 il intègre le comité départemental, devenant l’année suivante secrétaire général de la fédération du Nord. Il s’attache alors à faire prospérer les grandes campagnes du SPF : acquittement des résistants condamnés, aide aux victimes de la répression à Madagascar ou aux mineurs en grève, etc. Son humanisme et son ouverture d’esprit élargissent l’influence de l’association en direction d’autres acteurs sociaux. La fédération du Nord, stimulée par son énergie communicative devient pionnière en matière de solidarité avec les accidentés du travail et les handicapés, de promotion des journées à la mer pour les enfants privés de vacances ou d’aide au développement durable. Dégagé de ses fonctions à la tête de la fédération du Nord, Gilbert Avril assure la liaison avec les autres ONG dans les instances européennes et participe à des missions en Afrique, Amérique du Sud, au Cambodge... Décoré de la légion d’honneur en 1996, Gilbert Avril laisse le souvenir d’un homme bon dont la figure marquera l’action du Secours populaire.

    https://www.secourspopulaire.fr/gilbert-avril-toute-une-vie-tournee-vers-les-autres#.WUoctFFpzX4

     

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  • Ils n'étaient pas des soldats 

    de métier. Juste des appelés...  

    dans une guerre de "Malgré eux"  

    disent beaucoup. La honte d'avoir  

    appartenu à une armée salie par  

    les exactions de certains...  

     

     Ils avaient vingt ans, ils racontent « leur » Algérie

     

     

    Ils n'étaient pas des soldats de métier. Juste des appelés... dans une guerre de "Malgré eux" disent beaucoup La honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains

    Ils n'étaient pas des soldats de métier. Juste des appelés... dans une guerre de "Malgré eux" disent beaucoup La honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains

    Ils n'étaient pas des soldats de métier. Juste des appelés... dans une guerre de "Malgré eux" disent beaucoup La honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains

     Les patrouilles sur terrain accidenté, un danger permanent

    pour de jeunes soldats.

     

    Et c'est dans le fracas de la guerre qu'ils sont devenus des hommes, mobilisés dans une guerre qui ne disait "pas son nom" 55 ans après, ils témoignent.


    Son grand-père était « le héros de la famille ». Sa photo, en tenue de poilu, trônait dans le salon. Et sa médaille militaire, bien rangée dans une boîte qu'on ouvrait de temps à autre, le souvenir de batailles terribles qui alimentaient les conversations des repas dominicaux. « Pour notre génération, 39/45 était aussi très présent puisque nos parents l'avaient vécu. Des guerres justes, des victoires, des souvenirs qu'on s'appropriait ».
    Rien de tel avec cette guerre d'Algérie qui allait propulser Lucien Delobel de l'autre côté de la Méditerranée, à 19 ans. Sa guerre à lui, sa guerre de « malgré lui », comme il dit, n'a jamais alimenté la mémoire familiale. « Quand je suis rentré, je ne voulais qu'une chose, reprendre ma vie où je l'avais laissée en partant. Oublier. Et personne ne m'a vraiment posé de questions. Tout le monde voulait passer à autre chose » . Lucien retrouve son boulot de garagiste, tente d'enfouir ses souvenirs. Peine perdue. « Cette histoire est inscrite en moi, comme un tatouage. Je n'oublierai jamais la terreur quand on patrouillait, l'odeur des cadavres, les corps suppliciés, les copains disparus, les Algériens massacrés dans des conditions tout aussi atroces. Par des militaires français ou par d'autres Algériens » égrène l'ancien appelé en Grande Kabylie entre 1958 et 1960.
    Pour Lucien, pas de distinction dans l'horreur. « Des deux côtés, ce fut terrible. Tous ces massacres, toutes ces souffrances, la honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains » poursuit son ami, Pierre Lumet, onze mois de guerre du côté de Batna.
    Et la conviction d'avoir participé à une « guerre immorale et sale ». Pierre est sans illusions. « Toutes les guerres sont sales, bien sûr, mais là, on était les occupants. En débarquant en Algérie, il était évident qu'on arrivait sur une autre planète.
    Un monde auquel nous ne connaissions rien. Un bout de France nous disait-on mais où certains avaient des droits et pas les autres. Un système colonial inégalitaire. Injuste. ».


    Embuscades et attentats


    C'est aussi cela qui a frappé Marcel Jean, à son arrivée en Algérie en juillet 1960. Plus de cinquante ans plus tard, il se souvient encore d'une réflexion qu'il s'était faite dans le trajet en train qui l'emmenait d'Oran à son régiment de Vialar. « Je regardais les villages par les fenêtres, et je me suis dit que c'était pas étonnant qu'ils demandent leur indépendance. C'était la misère ».
    À cette époque, Marcel est affecté au 5e bureau du 110e RIM. Celui de l'« action psychologique ». « Le but, c'était de rallier le monde rural à l'Algérie française. Les gens étaient extraits de leurs villages, regroupés, "resserrés" on disait, dans des camps, pour éviter tout contact avec le FLN ». Les paysans ne sont guère convaincus. Les bidasses non plus d'ailleurs. « On savait parfaitement qu'on allait finir par lâcher, alors... ». Ambiance fin de règne.
    À partir de mars 1961, changement d'affectation pour Marcel qui rejoint un poste isolé, pendant deux mois. Deux mois de contact avec la réalité de la guerre. « Le risque, c'était de tomber dans une embuscade pendant les patrouilles. On s'est fait canarder plusieurs fois ». Les violences se radicalisent dans cette dernière année de présence française. « À Mostaganem où j'ai fini mon service, j'ai échappé de peu à une grenade lancée en plein centre-ville. Après il y a eu les plastiquages de l'OAS. Le danger était partout, tout le temps ». De tout ça, mais aussi des « corvées de bois », ces exécutions sommaires, et des arrivages de suspects pour des interrogatoires qui viraient en torture, Marcel n'a que peu parlé à son retour en France au moment de reprendre son poste à l'usine Peugeot de Fives. Comme si ces 28 mois de conscription, dont 14 en Algérie, n'avaient été qu'une parenthèse.


    « Impossible à assumer »


    Pierre Lumet, issu des mouvements de jeunesse ouvrière chrétienne, s'est aussi replié sur son silence. Une mémoire en miettes.
    Refoulée. « Impossible à assumer, au fond » constate-t-il aujourd'hui, à la recherche d'une mémoire enfin apaisée.
    « On était vus comme des tortionnaires par les uns, et les témoins d'une défaite honteuse d'une France qui avait abandonné les Pieds-Noirs par les autres » résument Lucien et Pierre. « On était juste des gamins d'à peine 20 ans, projetés dans un conflit dont nous étions le bras armé et qui ne comprenaient pas ce qui se jouait politiquement. Ni héros, ni ordures. Des pions », lâche Pierre dans un soupir lourd de cette amertume qui ne l'a jamais quitté.
    Heureusement, Lucien avait Pierre pour en parler et Pierre avait Lucien. Ces deux-là ne se sont jamais quittés. Unis par un passé commun, « incommunicable à qui ne l'a pas connu. Au moins, ensemble, on peut se parler sans se sentir jugés ».
    « Qu'est ce qu'on est allés faire là-bas ? », s'interroge encore Marcel Jean, qui parle « d'une guerre coloniale honteuse dans laquelle la France s'est déshonorée. Un gâchis humain, des morts pour rien du tout... ».
    Parmi les anciens de l'Algérie, Marcel a conscience de porter une voix minoritaire. Sa pension, il la reverse à des associations. Cet argent, il n'en veut pas. « Mes décorations, tout ce qui était militaire, j'ai tout balancé. J'étais trop dégoûté ». Et d'ajouter : « si au départ on avait su négocier, donner les mêmes droits à tout le monde, on aurait pu vivre ensemble ». La guerre est finie depuis 55 ans. Mais la mémoire n'est toujours pas pacifiée. « Tourner la page, ça voudrait dire que le France reconnaît ses torts », conclut Marcel Jean, plongé dans les quelques photos sépia ramenées de là-bas. « Mais j'ai bien peur que ça n'arrive jamais »...

    Dans la vidéo ci-dessous témoignages de : 

    Marcel Jean, originaire de Nomain (59) a été appelé en juillet 1959. Il intègre l' "action psychologique".

    Alain Hernandez est né en Algérie Française (pro-OAS). Il doit la quitter à 17ans, en 1962, avec sa famille.

     

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  • Gouvernement Macron : Gérald Darmanin qui a été nommé ministre de l'Action et des Comptes publics du gouvernement Macron et exclu du parti Les Républicains avait déclaré le 15 février 2017 :

    "Honte à Emmanuel Macron qui insulte la France à l'étranger : 'la colonisation de la France était un crime contre l'humanité'", a tweeté le député LR Gérald Darmanin, un proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy.

    Honte à @EmmanuelMacron qui insulte la France à l'étranger : "la colonisation de la France était un crime contre l'humanité"

    — Gérald DARMANIN (@GDarmanin) 15 février 2017.

    Cette déclaration figure dans l’article qui suit… Elle n’est pas belle la politique vue sous cet angle… Et les politiciens opportunistes non plus… 

    Gérald Darmanin ministre de l'Action et des Comptes publics du gouvernement Macron 

    Benjamin Stora Historien, professeur

     des universités

    Le conflit colonial en Algérie fait écho dans la politique française In New York Times, 1er mai 2017.

    Quand on aborde avec eux la question de l’élection présidentielle de cette année, les historiens français font souvent une comparaison qui peut, au début, paraître étrange. La guerre que la France a menée en Algérie, disent-ils, a clivé la société française, ouvrant des crises d’identité et d’intégration qui sont encore des moteurs des politiques, tout comme la Guerre de Sécession qui se cache dans les politiques raciales et régionales qui continuent de consumer les États-Unis.

    « La guerre d’Algérie était une guerre civile française » a dit Benjamin Stora, le plus important historien du conflit, au cours d’un récent entretien depuis son domicile parisien. En Algérie, les groupes se sont battus pour l’indépendance en mettant fin à 130 ans de règne français. En France, selon Monsieur Stora, la guerre fut une guerre idéologique à propos de « deux conceptions de la nation » : une qui voit la France comme un Empire et l’Algérie au cœur sa grandeur ; et une autre qui rejette le colonialisme. La guerre est également devenue une lutte pour savoir si l’identité française pouvait s’étendre afin d’inclure les Algériens majoritairement musulmans.

    Quand la France se retira après sa défaite de 1962, les fusils se sont tus, mais ces tensions à propos de l’identité se sont intensifiées en France. Les colons, ainsi que leurs partisans en France, ont tellement souffert de la perte de l’Algérie que nombreux sont ceux qui appellent à récupérer la gloire perdue de la France, en appuyant leur soutien à Marine Le Pen, la candidate d’extrême-droite à l’élection présidentielle. Les questions autour de l’identité française, causées par la guerre, dressent encore les Français les uns contre les autres. Les politiques de nostalgie et de doléances apparaissent comme similaires au Sud de l’Amérique, que Monsieur Stora l’a appelé « Sudisme à la Française ». Si le parallèle a ses limites, il met en lumière à quel point les disputes sur l’héritage de la guerre d’Algérie, qui sont souvent trop pénibles pour l’aborder directement, se répercutent sur l’élection présidentielle française.

    « C’était l’Algérie qui était le problème » 

    Environ un million de colons, connus sous le nom de pied-noir, ont fui l’Algérie après la guerre. Beaucoup arrivèrent dans les villes du sud où Madame Le Pen jouit d’un large support aujourd’hui, et qui sont parsemés de monuments semblables à des pierres tombales à la gloire du territoire perdu. Les écoles françaises sont sommées par la loi d’enseigner les bénéfices du colonialisme français. En conversant avec des votants de la région, les questions sur des sujets apparemment disparates sur la situation politique actuelle – immigration, valeurs républicaines française, lutte contre l’antisémitisme, le soutien croissant au Front National – reviennent toujours à l’Algérie, comme le suggère Monsieur Stora. A propos de l’immigration, Christophe Tellier, un plombier de Fréjus, a parlé des harkis, les Algériens qui ont combattu aux côtés des militaires français pendant la guerre et qui ont émigré en France par la suite. « C’était l’Algérie qui était le problème, dit Monsieur Tellier. « Et maintenant ce sont les enfants des harkis qui sont le problème ».

    Tout comme dans le Sud de l’Amérique, le souvenir de la défaite se mélange aux conséquences sociales d’aujourd’hui. Les citoyens français ont perdu leur statut privilégié qu’ils avaient autrefois sur les sujets musulmans et arabes, une transition qui émaille le débat présent sur l’immigration et le traitement des communautés musulmanes par la France. Pour Monsieur Stora, l’Algérie est devenue un moyen d’exprimer « la nostalgie d’un temps perdu, d’un temps de la hiérarchisation ethnique ». Terrence Peterson, un historien de l’Université Internationale de Floride, comparait les débats autour de l’Algérie à ceux autour du drapeau Confédéré aux Etats-Unis. « L’Histoire est une manière de parler de la relation entre la France avec ses minorités », dit Monsieur Peterson. « Tout comme le drapeau Confédéré, cela a une signification très différente selon les personnes ». Pour ceux qui considèrent que l’immigration ou l’Union Européennes sont des attaques contre l’identité française, l’Algérie représente un temps où la France était grande et un moyen d’argumenter contre la compromission de cette grandeur à jamais. Compromission qui se fait soit en s’inclinant devant l’Union Européenne ou en élargissant l'identité française pour accepter les nouveaux arrivants.  Madame Le Pen a habilement joué de cette nostalgie, en disant que le colonialisme « a beaucoup apporté, en particulier à l’Algérie ». Après qu’Emmanuel Macron, son opposant centriste à la présidence, a qualifié l’action de la France en Algérie de « crime contre l’humanité » et « une partie de cette histoire à laquelle nous devons faire face » pendant un voyage là-bas, il a fait face à un levé de boucliers. Gérald Darmanin, maire et membre du parti de centre-droit Les Républicains, a accusé Monsieur Macron de « cracher sur les tombes » de ceux qui sont morts en Algérie « pour une France qu’ils aimaient ».

    France révolutionnaire ou France impériale 

    La guerre d’Algérie a divisé la France entre deux visions qui jouent sur la politique d’aujourd’hui, selon Monsieur Stora.

    Une conception définit la France selon les valeurs révolutionnaires, et plus particulièrement l’égalité et la liberté, que beaucoup ont trouvé mis à mal avec la colonisation. Le règne de 130 ans en Algérie a culminé dans une identité impériale qui mélangea des valeurs comme la laïcité avec le nationalisme et la hiérarchie raciale du colonialisme. La dispute de savoir s’il fallait rester ou pas en Algérie a mené la France au bord de la guerre civile qui a été évitée par le retrait de l’Afrique du Nord. Mais les problématiques culturelles et d’identité n’ont-elles jamais été résolues.

    Les divisions se sont creusées avec l’arrivée soudaine d’environ un million de pied-noir et des milliers de harkis, suivis par de nombreux Algériens venus en France pour travailler. Le conflit idéologique à propos de l’identité française, loin d’être éteint, a été importé sur le sol français. Jean-Yves Camus, un analyste à l’Institut français des relations internationales, fait remonter les fondamentaux du Front National à l’opposition populaire à quitter l’Algérie, culminant avec la tentative ratée de coup d’Etat par des officiers militaires. Jean-Marie, le père de Madame Le Pen, qui a fondé le parti, a maintenu cet « étincelle » d’activité d’extrême droite selon Monsieur Camus.

    Intégration et valeurs fondamentales 

    Jennifer Sessions, une historienne de l’Université d’Iowa, dit que les hommes politiques d’extrême droite française ont utilisé le langage de la colonisation pour parler à propos de la peur de l’immigration, en prévenant que la France risquait de se faire « coloniser » par les immigrants. Le Front National a établi un parallèle subtil entre les combattants de l’indépendance algérienne et les instabilités dans les quartiers (banlieues) d’immigrants d’aujourd’hui.  La gauche a aussi utilisé l’Algérie de manière métaphorique, dressant un parallèle entre les abus de l’ère coloniale et la surveillance des musulmans aujourd’hui.

    Mais la controverse de ces arguments conduit à obscurcir un problème plus profond : les débats autour de l’intégration des immigrants ne peuvent pas être résolus sans accord sur les valeurs fondamentales auxquelles les nouveaux arrivants doivent consentir. La question a été posée en Algérie, mais jamais répondue. Certains ont soutenu que les Algériens pourraient s’intégrer seulement s’ils abandonnaient leur foi et leur culture ; d’autres, que les chrétiens français devaient élargir leur sentiment d’identité pour faire de la place, et d’autres enfin, que la France n’était que pour les français. Ces désaccords continuent de diviser la classe politique, même s’ils sont maintenant abordés au langage subtil de l’intégration et de la laïcité.

    « Marine Le Pen utilise le vocable de la République, mais dans un sens colonial » dit Monsieur Stora, faisant référence aux demandes de l’ère coloniale que les Algériens s’imposent à eux-mêmes la culture française. L’effet, dit-il, est que les étrangers « ne peuvent toujours pas avoir accès à la République ».

    Une droite divisée 

    Quand Charles De Gaulle, le président nationaliste, s’est retiré de l’Algérie après la défaite de 1962, il a ouvert une brèche entre les Français de centre droit et ceux d’extrême qui ne s’est jamais refermée. La popularité immense de De Gaulle a conduit les électeurs de centre droit à le soutenir dans son abandon de l’Algérie. Mais l’extrême droite ne le lui a jamais pardonné.

    « Ils voulaient physiquement tuer De Gaulle », dit Monsieur Stora à propos de l’extrême droite du début des années 60. « Il y a eu 4 tentatives d’assassinats contre lui ». Même de nos jours, les principales figures de la vie politique ont beaucoup de mal à réconcilier le grief national à propos de l’Algérie avec la position de l’eshtablissement sur la fait que De Gaulle avait raison de se retirer.

    Le Front National, qui a été pendant longtemps le parti d’extrême droite le plus populaire d’Europe, a prospéré en prenant en considération le nationalisme français. Cette colère fait écho à la fureur populiste envers l'ensemble de l'Union européenne et les élites, qui sont perçues comme ayant vendu le peuple. Mais il a été particulièrement fort en France, amplifié par l'humiliation persistante et la nostalgie d’une identité nationale qui aurait été perdue dans une partie de l'Afrique du Nord, qui était autrefois française.

    https://benjaminstora.univ-paris13.fr/index.php/articlesrecents/544-le-conflit-colonial-en-algerie-fait-echo-dans-la-politique-francaise-in-new-york-times-1-mai-2017.html 

     

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  • Alain Ruscio : maître d’œuvre d’une Encyclopédie de la colonisation française (le grand entretien)

     Alain Ruscio

    Encyclopédie de la colonisation française : ce travail véritablement titanesque qui vient à édition a été mis en chantier par l’historien Alain Ruscio auquel nous avons posé quelques questions sur l’entreprise dont ce premier tome est l’éclaireur.
    Mais c’est aussi l’occasion de revenir sur un autre livre paru en 2015 et qui, en ces temps de montée de l’extrême droite en France, est une lecture nécessaire et décapante. Si l’on sait que le passé informe notre présent, on s’en convainc encore plus en lisant Nostalgérie – L’interminable histoire de l’OAS (La Découverte, 2015). 

    Dans un entretien réalisé par Grégory Marin le vendredi 15 mai 2015 pour L’Humanité, à la question suivante : « vous parlez de « ces-Français-qui-se-croient-de-souche », pour qui l’histoire coloniale est « dans leur vie d’aujourd’hui » »… Alain Ruscio répond : « La société française est aujourd’hui encore très fortement marquée par la question algérienne. Il y a plusieurs millions de Français qui sont liés à l’histoire de l’Algérie pour des raisons différentes : les pieds-noirs et leurs descendants qui vivent encore dans la haine et le regret, les soldats de l’époque, qu’ils aient été ou non des héros, et les Algériens qui ont vécu là-bas et leurs descendants français, de quelque côté qu’ils aient été, indépendantistes ou harkis. Des gens qui ont un seul point commun et toutes les raisons de continuer le combat mémoriel. Et puis, il y a ce que j’appelle un « nouveau vécu » de la guerre d’Algérie. Un ancien soldat qui prend le métro à Saint-Denis ou à Bobigny est confronté à cette sensation de présence massive d’Algériens (ou ce qu’il peut assimiler comme tels) et, pour certains, la théorie du grand remplacement n’est pas loin. Autant d’éléments qui font que les plaies de la guerre d’Algérie ne sont pas refermées ».

    Deux exergues éclairantes sont mis en regard en ouverture du livre : l’une qui est une réplique de Jules Roy au Général Massu : il a tiré son épingle du jeu en faisant croire aux Pieds-Noirs qu’il allait sauver leur Algérie en torturant ; il l’oppose à Germaine Tillion qui les a vraiment défendus en cherchant à préserver la coexistence des communautés ; l’autre, la définition d’ « Ultra » dans le Dictionnaire du Canard enchaîné de 1958.

    Histoire et actualité s’épaulent à l’appui de sa thèse : si les idées « coloniales » sont si prégnantes en France, c’est qu’elles ont une antériorité. Écrire l’histoire de l’OAS, c’est rendre visible ce qui sourd dans la société dans un : « […] courant [qui] empêche les évolutions nécessaires quant à l’évaluation du passé colonial ». Il s’agit de « débloquer l’histoire » pour que « plus d’un demi-siècle après les accords d’Evian […] les cadavres de l’OAS et de l’Algérie française [n’] empuantissent [plus] l’atmosphère ».

    Il faut donc reprendre dès le début l’histoire de la colonisation et remettre en question les mythes de la « nostalgérie » : celui de la cohabitation harmonieuse des communautés ; ceux d’une sorte de justice et d’absence de racisme. En donnant faits et déclarations, A. Ruscio consacre dix de ses chapitres à l’histoire de l’OAS qu’il fait précéder de deux chapitres condensant la réalité binaire de l’Algérie coloniale, partagée entre colons et indigènes, arbitrée par un gouvernement de la Métropole qui n’a jamais pu imposer même les réformes les plus timides. Les trois derniers chapitres sont fortement indexés à l’actualité de la France du début du XXIe s. et pistent survivance et résurgence. Si beaucoup de faits et d’acteurs sont connus, le mérite de cet ouvrage est de synthétiser et de rassembler, en un exposé clair et percutant, une histoire réservée aux spécialistes : « L’histoire coloniale […] est […] l’affaire de chacune et de chacun. La France est-elle vouée à la rumination éternelle ? Son passé colonial va-t-il encore et toujours donner à l’air du temps cette odeur rance, cette « puanteur » dont parlaient Mauriac et Sartre ? Un combat mémoriel est en cours. Débloquer l’histoire, ce sera contribuer à libérer la société française ».

    L’Encyclopédie de la colonisation française creuse encore ce sillon mais en élargissant à tout l’Empire français, sur toute sa durée.

     

    Maurice Audin

    Alain Ruscio, vous venez de signer une lettre ouverte au nouveau président, Emmanuel Macron, demandant que la vérité soit faite sur « l’Affaire Audin ».
    La lettre dit en substance : « Nous pensons qu’à l’occasion de ce triste soixantième anniversaire, la vérité historique relative à cet assassinat doit enfin être connue. Le 5 mai, devant la rédaction de Mediapart, vous avez déclaré : « De fait, je prendrai des actes forts sur cette période de notre histoire »». Parmi la quarantaine de signataires on trouve aussi Gilles Manceron, Benjamin Stora et Raphaëlle Branche. Rappelons que Maurice Audin, mathématicien, est mort durant sa détention en 1957 en Algérie. Arrêté dans la nuit du 11 au 12 juin 1957 à Alger, par une unité de parachutistes : la version officielle évoque son « évasion » pour expliquer sa disparition.
    Dans l’Encyclopédie, vous signez l’article sur cette « affaire », en en donnant la progression de manière très précise mais votre conclusion n’est-elle pas pessimiste : « L’affaire Audin ne débouchera probablement jamais sur une certitude factuelle. Mais la responsabilité de l’état, dans ce crime politique, est une réalité incontournable » ? Après le récit si prenant de Joseph Andras, De nos frères blessés, faut-il donc renoncer ?

    On avait remarqué, lors du quinquennat de François Hollande, une évolution sensible de la position officielle sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Audin. Mais l’ouverture des archives, proclamée par l’Élysée, s’est révélée décevante. En fait, on ne peut faire confiance aux seules archives : d’une part, on imagine mal les tortionnaires et les assassins laisser des traces écrites de leurs forfaits ; de l’autre, les dossiers ont pu être « nettoyés », manipulés, depuis 60 ans. C’est ce qui vous a laissé l’impression d’un certain pessimisme dans ma notice. Mais si pessimisme il y a, c’est sur le factuel qu’il repose. L’essentiel, je le répète, est que l’État a couvert un crime. Si le président Macron veut mettre ses actes en conformité avec ses déclarations, c’est vers la reconnaissance de cette responsabilité qu’il doit se diriger.

    Enfin, le récit de Joseph Andras, sur lequel je porte le même regard positif que vous, concerne une affaire bien différente. Il y a deux points communs entre Fernand Iveton et Maurice Audin : leur appartenance au PC Algérien et leur assassinat, celui d’Audin étant masqué, celui d’Iveton prenant les apparences d’un jugement légal. Dans les deux cas, la haine des partisans de l’Algérie française a conduit à la mort deux Algériens d’origine européenne, frères des centaines de milliers de martyrs des autres Algériens.

    Il y a une grande diversité d’apports dans cette Encyclopédie dont les articles attendus et historiques au sens plein du terme comme « Accra », « Bandoeng », « Antilles », « Antisémitisme&antisémite(s) » décliné en trois articles : Maroc, Algérie, Tunisie, etc… Considérez-vous qu’ils sont un apport essentiel ?

    Je peux difficilement être juge et partie. Mais, bien sûr, l’ambition globale de l’Encyclopédie est d’offrir au public cultivé, aux historiens, aux lecteurs originaires tant de France que des anciennes colonies, un outil global, multipliant les passerelles entre les périodes, entre les régions, entre les acteurs de l’Histoire.

    On est frappé par l’abondance et la diversité des articles : pour ces deux premières lettres de l’alphabet, on peut lire quelques 300 articles. On trouve aussi bien un article à « Absinthe » — dans son Dictionnaire des idées reçues Flaubert écrivait que l’absinthe « a tué plus de soldats que les bédouins » — qu’un article sur « Abd El-Kader ». Vous écrivez que « ce fut le début d’une des plus graves affaires de parjure de l’histoire de France, marquée par l’emprisonnement arbitraire de l’Emir durant trois années ». Comment ont été faits les choix ?

    D’abord par le choix le plus élémentaire : tous les pays colonisés (ou para-colonisés) par la France à un moment ou à un autre ont leur place dans le travail. Donc, on trouvera évidemment « Algérie », « Maroc », « Viêt Nam », « Cambodge », « Tchad », « Sénégal », etc., mais aussi « Louisiane », « Québec », etc.
    Ensuite, le plus naturellement du monde, les associations d’idées se sont mises en place. Une fois que l’on a décidé de traiter de l’Algérie, il faut évidemment évoquer les batailles de l’ère de la conquête ; « Sidi-Brahim », « Zaatcha », « Isly »… celles de la guerre de libération, « Bataille d’Alger », « Palestro »… Une troisième étape a été celle des données croisées : par exemple, l’article « Tortures » ne pouvait évidemment se réduire à la bataille d’Alger. Il a fallu remonter le temps (la torture à l’électricité en Indochine dénoncée dès 1935 par Andrée Viollis), et sillonner les colonies (Madagascar, Afrique subsaharienne…). Tout comme l’article « Napalm » évoque les épandages en Indochine d’abord, en Algérie ensuite, sans oublier la question controversée du Cameroun.

    Quand on se lance dans une telle entreprise, est-il facile de trouver des collaborateurs ? Pour ce premier tome, on en dénombre 45 dont certains ne sont auteurs que d’un seul article ? Comment alors couvrir toute la matière ?

    Comme vous le savez peut-être, j’ai d’abord été un spécialiste de la colonisation française en Indochine. Depuis un mémoire de maîtrise soutenu en 1973 sur Dien Bien Phu, j’ai eu largement le temps de connaître bien des collègues ! Puis, depuis 20 ans, j’ai étudié d’autres colonies françaises, faisant progressivement la connaissance de spécialistes du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne, des Antilles, de la Kanaky, etc. Dans un troisième temps, c’est le bouche à oreilles qui a fonctionné à merveille, tel collègue me signalant tel auteur de travaux faisant autorité dans tel domaine. Puis Internet permet bien des contacts. On peut, quand on n’a aucune autre possibilité, taper un nom propre, un thème, et trouver une adresse électronique. La suite est simple : « Cher collègue, accepteriez-vous, etc. ». La réponse est « oui » ou « non, désolé ». Pour finir, je tiens à remercier Frédéric Mantienne, le directeur des Indes Savantes qui, grâce au carnet d’adresses des auteurs qu’il a déjà publiés, a été d’une grande efficacité.

    Quelles ont été les consignes que vous avez données ? en longueur ? en orientation ? en neutralité énonciative ? On remarque que l’auteur donne bien sa touche comme c’est le cas, par exemple de Catherine Coquery-Vidrovitch pour « Africanisme&africaniste(s) » ou Barkahoum Ferhati pour « Bou-Saâda (affaire de-), 1959 »

    Le rôle de coordinateur est, à mes yeux, uniquement technique. Alors, oui, il a bien fallu donner des indications sur les dimensions des notices. Pour le reste, surtout aucune « consigne » d’« orientation » ! Si filtrage il y eut, ce fut à la source : demander une notice à un collègue dont on connaît les travaux plutôt qu’à un autre suppose effectivement un choix. Mais, une fois ce choix effectué, totale liberté à chacun sur les contenus. J’ai au moins une centaine de témoins pour confirmer ce que j’avance.

    Une précision sur les choix : le panel des auteurs couvre trois générations (des professeurs émérites aux jeunes doctorants) et trois continents (outre les Français « de métropole », il y a des auteurs venant des territoires d’outre-mer, des historiens des anciennes colonies, mais aussi des Britanniques, des Canadiens, des Américains, des Belges, j’en oublie certainement).

    Certaines entrées se déploient en éventail d’articles, si je puis dire, au lieu que la matière soit synthétisée en une seule fois : pourquoi ? Je prends comme exemples : « Abolition de l’esclavage (première – 1794) » « Abolition de l’esclavage (Seconde – 1848) » « Abolition de la traite (1817) » « Abolitionisme & abolitioniste(s) » « Abolitionnisme & abolitionniste(s) ». Ou encore comme « Animalisation des colonisés » décliné en quatre articles : hyènes&chacals ; loups&chiens ; serpents ; singes.

    C’est un choix délibéré. Mieux valent 3 ou 4 notices sur des sujets voisins (avec les renvois nécessaires) qu’une seule, lourde et forcément de lecture plus difficile. Vous citez l’exemple du mot « Abolitionisme » (avec un seul « n ») : c’est pour mieux souligner l’influence du mouvement en Angleterre, qui atteint même, un court temps, l’orthographe. Si on n’avait fait que signaler ce fait dans une notice plus globale, il serait peut-être passé inaperçu.

    Un sort est fait à certaines expressions comme « Burnous » pour « faire suer le burnous » ou « arpents de neige » pour les « quelques arpents de neige vers le Canada » dans Candide de Voltaire ? Cela se justifie-t-il ?

    Peut-être. Mais nous avons décidé de retenir également des expressions, souvent devenues populaires, car elles ont une signification en quelque sorte sociologique.
    Dans les volumes à venir, vous trouverez des notices sur les expressions « C’est vous le nègre ? » ou « Périssent les colonies plutôt qu’un principe ». Il est, me semble-t-il, intéressant de porter à la connaissance des lecteurs dans quelles circonstances ces phrases furent prononcées.

    Il y a beaucoup de citations : est-ce voulu ? Quelle est leur fonction ?

    Oui, car vous aurez remarqué que ces citations sont, dans leur grande majorité, contemporaines des événements. Elles ont une fonction de preuves des hypothèses avancées.

    Trouver un éditeur a-t-il été aisé ?

    Je travaille depuis plus de quinze ans avec les Éditions Les Indes Savantes, dont je viens de vous parler. Je suis très fier de cette coopération avec un éditeur réputé « petit », mais qui a un catalogue d’une exceptionnelle densité et de grande qualité. Il faut dire qu’il m’a suivi et me suit dans la « folie » d’un tel projet, qui va durer encore plusieurs années. Je ne le remercierai jamais assez. Mais, à la réflexion, cette « folie » est relative, car l’Encyclopédie, depuis la parution du volume I (le volume II est sous presse), rencontre déjà un grand succès.

    Depuis le début de l’entreprise, le titre général a changé pour aboutir à celui-ci. Pourquoi ? Le mot « encyclopédie » est-il magique depuis Les Lumières, en France ?

    Là encore, c’est vers Frédéric Mantienne, le directeur des Indes Savantes, qu’il faut se retourner. C’est lui qui a proposé, après avoir pris connaissance du volume I, le terme d’Encyclopédie, de préférence à Dictionnaire. D’abord parce qu’un dictionnaire se doit de couvrir tous les mots, alors qu’une Encyclopédie est plus thématique.

    Est-ce que nous avons été influencés par les Lumières ? Si c’est le cas, avançons sur ce chemin avec une immense modestie.

    La rédaction de l’ensemble est-elle terminée ? Quelle est la programmation des autres tomes ? Il y en aura combien ? Combien d’articles cela représente-t-il ?

    Beaucoup d’articles sont achevés et d’ores et déjà « dans la boîte ». Il en est d’autres, qui sont attendus. Je vais d’ailleurs profiter de cet entretien pour relancer les auteurs. Actuellement, il y a plus de 2.000 entrées sélectionnées (la dernière est Zouaves !), dont les deux tiers sont attribués. J’ai un petit espoir que les notices non attribuées à ce jour trouveront preneurs lorsque l’écho de l’Encyclopédie s’amplifiera. Combien de volumes prévus ? … « Plusieurs ».

    Encyclopédie de la colonisation française, sous la direction d’Alain Ruscio, Les Indes savantes, 2016, Tome I, 511 p., 33 €

    SOURCE : https://diacritik.com/2017/06/19/alain-ruscio-maitre-doeuvre-dune-encyclopedie-de-la-colonisation-francaise-le-grand-entretien/

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  • BEZIERS : "Ménard et nous" Un article de Jacques CROS

    Une véritable gifle pour Elie Aboud exclu du second tour devra faire ses valises et quitter l’Assemblée nationale. Un « dégagisme » à la sauce biterroise aussi violent qu’incontestable…

    A Béziers nous ne verrons plus cette photo devant la stèle de la honte, les Biterrois ont dégagé le député LR Elie Aboud, c’est déjà bien, mais encore un effort amis biterrois, dégagez la femme à Ménard (FN) et élisez Isabelle Voyer (LREM) et tout sera parfait…

    Le maire de Béziers, élu avec le soutien du Front national, propose également de mettre les drapeaux de la ville en berne chaque 19 mars, jour du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie.

    «Les critiques? Je m'en contrefiche». Le maire de Béziers, Robert Ménard, assume totalement s'être incliné devant une stèle de la ville glorifiant l'OAS - ou Organisation armée secrète, un mouvement qui a combattu pour le maintien de la présence française en Algérie - pour commémorer «les massacres d'Oran» du 5 juillet 1962. L'édile, élu avec le soutien du FN, était accompagné du député UMP Elie Aboud. Ce dernier était candidat contre Robert Ménard lors des dernières élections municipales.

    Le Nouvel Observateur, qui relaie une information de Minute, précise que la stèle est installée depuis plusieurs années dans le cimetière municipal de Béziers (Hérault). Des photographies d'Albert Dovecar et de Claude Piegts y figurent. Ces deux membres de l'OAS ont été condamnés pour avoir été à l'origine de l'assassinat du commissaire d'Alger Roger Gavoury. Jean-Marie Bastien-Thiry, organisateur de l'attentat manqué contre le général de Gaulle au Petit-Clamart, y tient aussi une bonne place. Ainsi que Roger Degueldre, le fondateur des commandos Delta.

    A Béziers nous ne verrons plus cette photo devant la stèle de la honte, les Biterrois ont dégagé le député LR Elie Aboud, encore un effort ami biterrois, dégagez la femme de Ménard

    Drapeaux en berne le jour du cessez-le-feu

    L'opposition municipale crie au scandale: «Robert Ménard continue de porter des idées encore plus extrémistes que celles du FN», s'indigne Aimé Couquet, conseiller municipal communiste. «Outre sa nostalgie de ce qu'à fait l'OAS en Algérie, on voit bien le côté électoraliste de la chose, vis-à-vis des nombreux rapatriés de Béziers», ajoute-t-il.

    L'élu n'a pas fini de s'indigner. Robert Ménard a donné rendez-vous aux nostalgiques de l'Algérie française chaque 19 mars, pour la commémoration du cessez-le-feu entre l'hexagone et son ancienne colonie. Ce jour-là, les drapeaux de la ville sont mis en berne.

     

    "Ménard et nous"

    Un article de Jacques CROS

    "Ménard et nous" Un article de Jacques CROS

    Il m’a été demandé par Huguette Azavant de rédiger, pour le bulletin du comité « Vérité et justice pour Charonne » dont elle s’occupe, une manière de rétrospective des actions biterroises qui expriment l’opposition des progressistes aux mesures prises par Ménard en faveur de l’idéologie colonialiste. Voilà donc ci-dessous ce qu’il résulte de cette sollicitation…

    Nous ? Ce sont des citoyens qui sont pour la paix et pour l’amitié entre les peuples. Des gens qui condamnent le colonialisme, qui considèrent que la guerre d’Algérie avait pour objectif de le perpétuer. Aussi nous avons organisé le contre-rassemblement du 14 mars quand Ménard a voulu débaptiser la rue du 19 mars 1962 qui rappelle le cessez-le-feu de cette guerre injuste et anachronique.

    "Ménard et nous" Un article de Jacques CROS

    Nous avons récidivé le 19 mars 2015 devant le Monument aux Morts de Béziers, exprimant notre désapprobation que ne soit pas respectée par les élus locaux la décision du parlement de faire de cette date la journée commémorative du souvenir.

    "Ménard et nous" Un article de Jacques CROS

    Le 21 mai 2015 nous avons tenu une conférence débat avec deux journalistes historiens qui ont présenté leurs livres. L’un porte sur le sort qu’ont connu les harkis après l’indépendance de l’Algérie, l’autre sur la permanence de l’idéologie colonialiste qui,  héritée de ce qu’a été celle de l’OAS, refait surface dans le contexte de crise que nous connaissons.

    "Ménard et nous" Un article de Jacques CROS

    Nous avons eu l’opportunité de nous exprimer sur la présence le 5 juillet 2015 de divers élus devant la stèle érigée dans le cimetière neuf de la ville laquelle stèle rend hommage aux assassins de l’organisation terroriste condamnés par la justice et exécutés. Nous avons donné notre sentiment sur le discours prononcé par Ménard le 5 décembre et vantant la grandeur de la France au temps de son empire colonial.

    "Ménard et nous" Un article de Jacques CROS

    Nous avons eu l’occasion de dire notre désaccord avec le racisme, la xénophobie, l’islamophobie du maire de Béziers qui surfe sur les idées ambiantes nauséabondes qui prennent naissance dans les difficultés du quotidien. L’affaire du fichage des élèves en fonction des croyances religieuses de leurs familles en est l’illustration la plus scandaleuse.

    "Ménard et nous" Un article de Jacques CROS

    Nous avons participé sur ce sujet aux initiatives prises par la communauté musulmane et, à celle de la Libre Pensée  mettant en cause  les atteintes à la légalité républicaine dans le domaine de la laïcité. Nous avons encore contribué par notre présence et nos interventions au succès du débat organisé sur la gestion de Béziers par le système Ménard qui s’en prend aux pauvres mais en aucune façon à la pauvreté !

    Jacques CROS

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6570884-menard-et-nous

     

    L’extrême droite remplace

     la droite extrême

    A Béziers nous ne verrons plus cette photo devant la stèle de la honte, les Biterrois ont dégagé le député LR Elie Aboud, malheureusement remplacé par pire la femme de Ménard

    Publié le 20/06/2017 à 07:58 par cessenon

     http://cessenon.centerblog.net/6572069-l-extreme-droite-remplace-la-droite-extreme 

    Eh oui, dans la sixième circonscription de l’Hérault, celle qui concerne Béziers, Elie Aboud avait été éliminé au premier tour des élections législatives. L’événement ne m’avait pas attristé le moins du monde et pour tout avouer je n’avais pas pu m’empêcher d’éprouver une certaine satisfaction. J’avais déjà connu un sentiment analogue lors des muncipales de 2014. 

    Reste que la question de savoir quelle suite nous allions connaître avec le second tour était lourde d’inquiétude. Eh bien ça y est, nous avons une variante du Front National comme député. Nous avions déjà un maire et trois conseillers départementaux, à présent c’est « la total » ! 

    Evidemment on n’a pas le choix et on ne peut que respecter le suffrage universel. Reste qu’il faut analyser ce qui conduit à une telle situation. De ce point de vue on ne peut espérer endiguer le score de l’extrême droite avec la seule ressource du vote au second tour. 

    C’est tout ce qui conduit à l’émergence de cette idéologie raciste, xénophobe et fascisante qu’il faut analyser. Visiblement il y a carence à ce niveau. Il faut reprendre son bâton de pèlerin et accepter de mettre en cause tout ce qui amène à cette aggravation continue dans le domaine économique et social. 

    Je propose une piste : le système fondé sur le mécanisme du profit a atteint ses limites historiques. Son maintien au-delà des possibilités  d’un fonctionnement correct crée les désordres que nous connaissons. 

    On ne règlera rien sans affronter cette donnée. Pas plus avec des leçons de morale qu’avec de l’humanisme. Il y a une rupture à réaliser et ne pas ouvrir cette perspective c’est se condamner à subir des régressions et à souffrir  de manière toujours plus douloureuse. 

    C’est à partir de cette considération et de cet objectif qu’il faut élaborer une stratégie. Sans cela on se condamne à tourner en rond  indéfiniment avec de beaux jours pour ceux qui ont intérêt à ce que la logique que nous subissons continue.

    Jacques CROS 

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  • Aujourd'hui 18 juin 2017 est un jour particulier, d'abord c'est un jour électoral où, grâce ou à cause de la Constitution écrite par le général de Gaulle en 1958, en pleine guerre d'Algérie qui créait la Ve République devrait voir ce soir la victoire, sans partage, d'un parti qui n'était même pas connu l'année dernière... Mais cette victoire est devancée par une autre : celle de l'abstention et celle-là est plus grave...

    La victoire de l’abstention

    La vague macroniste a trouvé plus fort qu’elle. D’ores et déjà, l’abstention est et restera la grande gagnante de ces législatives. Il serait temps que nos dirigeants la prennent en compte. 

    Car l’abstentionniste, quel que soit son milieu social, est quelqu’un qui ne croit plus aux slogans et aux mots d’ordre. Il n’a plus de camp où se situer et la politique ne le fait plus s’enthousiasmer. Où que le vent la pousse, elle ne changera rien, il le sait bien, à son destin ; elle reproduira toujours les mêmes césures, les mêmes inégalités. Les récentes affaires d’argent ont achevé de l’en dégouter. Pour lui, les nouveaux venus ne valent pas mieux que les anciens corrompus. Ils ont simplement pour eux la vertu des novices et, s’ils font eux aussi carrière, mandat après mandat, ils connaîtront les mêmes tentations, les mêmes faiblesses. Tout ce qu’il voit, dans ces affrontements verbaux et ces promesses répercutés par les médias, c’est une lutte acharnée des places, où les candidats jouent opportunément des coudes pour se hisser dans la hiérarchie sociale, maquillant leurs intérêts personnels en amour de la chose publique. Oui, l’abstentionniste est fatigué par toute cette agitation et, finalement, il se fout de ce qui en sortira. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, puisque la politique s’est faite toujours sans lui et à son détriment, pense-t-il en substance.

    Ce pessimisme rampant n’est pas très rassurant et les vainqueurs d’aujourd’hui auraient tout intérêt à relativiser leurs mérites. A défaut de comptabiliser l’abstention – cet inconscient du suffrage universel -, ils devraient au moins s’employer à faire plus de place, dans leurs prises de décision, aux initiatives collectives, avant mais surtout après les grands rendez-vous électoraux. Le développement d’Internet et des réseaux sociaux le permet à présent. Sans cette nécessaire participation des citoyens à la vie de la nation, l’écart entre les deux France ne fera que se creuser davantage. Jusqu’à créer les conditions d’une véritable révolution. Laquelle commence toujours dans la rue.

    18 juin1940 * 23 avril 1961 :  deux appels du général de Gaulle que les anciens appelés et rappelés de la guerre d’Algérie ont en mémoire, pour l'un et en témoins pour l'autre...

     

    18 juin 1940 * 23 avril 1961 :  deux appels du général de Gaulle que les anciens appelés et rappelés de la guerre d’Algérie ont en mémoire

    La commémoration du 77e anniversaire de l'Appel lancé le 18 juin 1940 par le général de Gaulle sur les ondes britanniques pour continuer la lutte contre l'envahisseur allemand. 

    L'Appel du 18 Juin 1940 est le premier discours prononcé par le général de Gaulle à la radio de Londres, sur les ondes de la BBC...  

    Bien qu’il n’existe aucun enregistrement de cet appel, ce discours — très peu entendu sur le moment mais publié dans la presse française le lendemain — est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française dont il demeure l’un des symboles les plus marquants. En effet, il fait écho au discours du Maréchal Pétain prononcé la veille qui annonce son intention de demander à l'ennemi la signature d'un armistice.

    Ce discours, classé depuis 2005 par l'Unesco sur le registre de la Mémoire du monde. 

     

    Mais pour les appelés et rappelés de la guerre d’Algérie, il y a deux appels importants du général de Gaulle, celui du 18 juin 1940, mais aussi, celui du 23 avril 1961… nous ne l’avons pas oublié celui-ci, nous, les appelés du contingent dans la guerre d’Algérie, nous n’avions que 20 ans, lorsque le samedi 22 avril 1961, les généraux Challe, Salan, Zeller et Jouhaud, avec l'appui du 1er régiment de parachutistes, commettent un coup de force à Alger. Ce putsch fait suite à la conférence de presse du 11 avril 1961, où le général de Gaulle justifie sur un ton désinvolte la décolonisation de l'Algérie parce qu'elle coûte à la France. Ceci est ressenti comme une provocation chez les tenants de l'Algérie française qui tentent de refaire le 13 mai 1958. 

    Par l'allocution du 23 avril 1961, le général de Gaulle, en uniforme militaire, informe la Nation qu'il assume les pleins pouvoirs prévus par l'article 16 de la Constitution.

    18 juin 1940 * 23 avril 1961 :  deux appels du général de Gaulle que les anciens appelés et rappelés de la guerre d’Algérie ont en mémoire

     

    Diffusé par les postes à transistors en Algérie, ce discours jalonné de formules frappantes encourage la désobéissance des soldats du contingent aux officiers putschistes et intimide les hésitants. Discours capital, l'allocution du 23 avril 1961 fait tourner court la rebellion.

     

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  •  « Je l’ai écrit plusieurs fois : J’aime ces pieds-noirs, non extrémistes, non revanchards, non haineux, qui recherchent, au contraire l’amitié, la fraternité avec les Algériens. Aujourd’hui je vous signale l’article de Paris-Match qui nous parle d’Alexandre Arcady, rappelons-nous c’est lui qui avait accompagné Roger Hanin à sa dernière demeure à Alger, décédé le 11 février 2015. Ecoutons Alexandre Arcady parlant de Roger Hanin révélant qu'il allait être enterré en Algérie... Mais aussi prenez connaissance des commentaires édifiants à la fin de l'article" 

     Michel Dandelot

      

    Alexandre Arcady, l'enfant de la Casbah

    A l’occasion de la sortie de «7 rue du Lézard», ses Mémoires qu’il publie chez Grasset, le cinéaste Alexandre Arcady nous offre une visite guidée des rues d’Alger en même temps qu’un voyage dans ses souvenirs.

    Sa vie a commencé au numéro 7 de la rue du Lézard, l’une des venelles sinueuses qui serpentent le long de la Casbah d’Alger. De son enfance heureuse et baignée de soleil, Alexandre Arcady a gardé un souvenir si fort qu’il en a imprimé chacun de ses films. Ses plus gros succès, «Le coup de sirocco» (1979), «Le grand carnaval» (1983), se passent en Algérie. «Le Grand Pardon» (1982) ou «L’union sacrée» (1989), qui ont marqué des générations, sont une plongée dans l’univers des Juifs pied-noir. Tous mettent en scène des personnages hauts en couleur incarnés par Roger Hanin, Richard Berry, Patrick Bruel, Marthe Villalonga.

     

    "Aracady, Elemer, François, Attila et Maman; Tony est caché derrière le chariot de Ben Aknoun" © DR

    A l’occasion d’une édition du Salon international du livre, le réalisateur est revenu à Alger. Il y a retrouvé les odeurs, les images et cette «époustouflante beauté du littoral». Il ne résiste pas à la tentation de passer devant l’ancienne maison de ses parents. Son père, Alexandre Egry, militaire d’origine hongroise s’était inventé des racines juives pour épouser sa mère «la belle Driffa aux yeux verts». Ce n’est qu’à la mort de son père, qu’Alexandre Arcady a appris ce secret. D’autres secrets sont restés dans cet appartement familial où il a vécu avec ses cinq frères. Ce jour-là, il trouve l’immeuble décrépit et la grille fermée par un cadenas rouillé. Quelle déception ! Ces souvenirs sont bloqués derrière une porte.

    Les semaines suivantes, le réalisateur les passe à écrire sa vie, à fouiller dans son passé pour restituer tous les moments perdus. De son enfance jusqu’à son arrivée, en 1961, cité Balzac à Vitry-sur-Seine et son entrée dans le monde du cinéma. Comme ses films, son livre offre une succession d’images et de scènes souvent cocasses.

    Le soir de la sortie du «Coup de sirocco», son premier long-métrage, Alexandre Arcady a 32 ans. Le succès est, immense, et inattendu – surtout pour Roger Hanin toujours pessimiste. Lino Ventura est à l’affiche d’un film concurrent sorti le même jour. Il est minuit. Hanin dîne chez Edgar, près des Champs-Elysées quand il voit débarquer Lino Ventura. L’ancien catcheur s’approche avec sa démarche de cowboy. Les deux hommes se jaugent du regard, puis au lieu de dégainer, ils se prennent dans les bras.

     

    Scène de couscous sur "Le coup de sirocco" © DR

    Arcady aime les personnages au sang chaud et au grand cœur dans la vie comme dans ses histoires. Mais il croque aussi les monstres froids du monde politique qu’il a côtoyé. Tout arrive par hasard chez lui, et naturellement. Il a donné son premier rôle à Patrick Bruel, son premier job d’assistant-réalisateur à Luc Besson et fait débuter Régis Wargnier. Malgré l’histoire compliquée des rapports entre l’Algérie et la France, ses films ont gardé une certaine popularité en Algérie.  

    Pour le premier Festival d’été d’Alger en l’an 2000, Alexandre Arcady se trouve sur scène face à 5000 jeunes Algérois. Obligé d’improviser un discours, il est pris d’un trac fou. L’ambiance est électrique, l’Algérie sort de sa décennie terrible et une présence française même culturelle n’est pas toujours saluée avec enthousiasme. Le président Bouteflika pousse alors le cinéaste vers le micro. «Je suis heureux et fier d’être là, moi l’enfant de la Casbah», dit Arcady. Et le voilà ovationné. La preuve que ces films, parce qu’ils ne mentent pas, ont su toucher un large public et dépasser les clivages.

    «Oui, c’est vrai», reconnaît-il en descendant les rues de cette Casbah qu’il aime tant. Il reconnaît que cette partie là de l’histoire commune est bien partagée. Peut-être parce que les communautés juives et arabes vivaient ensemble bien avant l’arrivée des Français. Il rappelle qu’à l’arrivée des soldats français, en 1830, une importante colonie juive indigène était installée dans les grandes villes, à Alger, Constantine et Oran. «Certains Juifs pieds-noirs, peuvent témoigner aujourd’hui encore du fait que leur grands-parents ne s’exprimaient qu’en arabe», dit-il.

     

    Alexandre Arcady dans les rues d'Alger © Pascal Rostain

    Pour la sortie de son livre, Arcardy se transforme en guide de la capitale algérienne. Son immeuble de la rue du Lézard est toujours délabré, mais un voisin l’informe qu’il sera bientôt réhabilité. Le voilà de bonne humeur. Rien n’est jamais figé dans cette cité en perpétuel mouvement auquel le brassage ethnique a donné un cachet particulier. Alger-la-Blanche affiche son identité musulmane avec la construction d’une immense mosquée, mais rénove ses immeubles de style Art déco du centre. Là, chaque coin de rue évoque un souvenir, des anecdotes à l’ancien gamin séfarade de la Casbah.

    Sous les arcades, les mosaïques de vieilles réclames sont toujours incrustées au sol. Le bâtiment de l’ancien mess des officiers, où ses parents se sont rencontrés, est toujours là. Ses fondations remontent à l’occupation ottomane, qui a duré plus de trois siècles. Le cimetière juif flanqué sur une colline dominant la mer est gagné par la végétation. Une sépulture brille au milieu des autres, celle de Roger Hanin mort le 11 février 2015. Sur sa tombe, il a voulu qu’Arcady raconte… une histoire drôle avec un rabbin.

     

    Sur la tombe de Roger Hanin © Pascal Rostain

    Le passé ressurgit par petites touches comme au pied du restaurant Le Dauphin. Arcady se remémore un dialogue du «Grand Pardon». Son fils, Alexandre Aja (devenu, lui aussi, réalisateur), alors tout jeune,  joue le petit-fils de Roger Hanin qu’il interpelle ainsi: «Grand-père, c’était comment l’Algérie? 
     – Dans la Bible, il est dit qu’Israël, c’est le pays où coulent le lait et le miel. Eh bien tu vois, l’Algérie d’avant c’était pareil, en mieux.»

    Quelques photos supplémentaires de Paris-Match

     

     

     

     

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  • Alexandra Lamy : le film "Nos Patriotes" a des résonances avec ce qui se passe aujourd'hui" 

     

    Alexandra Lamy : le film "Nos Patriotes" a des résonances avec ce qui se passe aujourd'hui"

     Alexandra Lamy dans "Nos Patriotes", en salles le 14 juin 2017 - Christine Tamalet - Vertigo

    ENTRETIEN - L'actrice, qui alterne désormais les comédies et les drames aussi bien sur le grand et petit écran, est à l'affiche de Nos Patriotes, en salles le 14 juin. Le film retrace l'histoire vraie et méconnue du jeune tirailleur sénégalais Addi Bâ pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Dans Nos Patriotes de Gabriel Le Bomin, qui raconte l'histoire vraie d'Addi Bâ, un jeune tirailleur sénégalais surnommé le "terroriste noir" pour son combat de "résistant" dans les Vosges pendant la Seconde Guerre mondiale, Alexandra Lamy donne la réplique à Marc Zinga, Louane Emera et Pierre Deladonchamps. Pour BFMTV.com, elle revient sur l'histoire de ce film, qui "résonne" aussi avec la France d'aujourd'hui, mais évoque également sa carrière et sa vie à Londres.

    Qu'est-ce qui vous a donné envie de jouer dans « Nos Patriotes », dans lequel vous incarnez une institutrice s'engageant dans la résistance ?  

    Je connaissais le travail de Gabriel Le Bomin, notamment grâce à son film Les fragments d’Antonin. C'est un réalisateur très intéressant. Quand il m'a envoyé le scénario, je ne connaissais absolument pas l’histoire d’Addi Bâ, mais seulement celle des tirailleurs sénégalais. J’ai trouvé extrêmement beau et intéressant de voir cet homme envoyé au front comme les autres, qui a été pris, est parvenu à s’évader, mais a surtout décider de résister. D'ailleurs, le mot "résistance" n’existait pas encore en 1939, car les gens ne savaient pas tout ce qui se passait. Lui a voulu se battre pour la liberté de la France. Avec d'autres, ils ont essayé de résister avec leurs petits moyens. C'était intéressant de voir aussi tout ce que le film raconte sur le monde d'aujourd’hui.

    Quelle résonance avec aujourd'hui vous a justement le plus touchée ? 

    Dans le film, on se rend compte que les gens ne comprennent pas vraiment pourquoi cet homme noir vient se battre pour la France alors qu’on est allé le chercher pour y aller. Nos Patriotes rappelle que la terre rassemble tout le monde, que si on veut se battre pour cette terre, cette liberté, peu importe la couleur de peau. L'important, c'est de se battre pour ça. Dans un monde où aujourd'hui, on ne cesse de faire des amalgames, je trouve ces résonances très fortes... Souvent, on a peur de l'étranger, car on ne le connaît pas. En France, il y a parfois des montées de racisme dans des endroits où ils n'ont jamais vu un étranger. La peur de l'autre, la non-connaissance, c’est ça qui est effrayant. Dans ce film, il y a ces messages.

    Ce film a le mérite de réhabiliter la mémoire d'Addî Ba. Mais selon vous, le cinéma peut-il avoir vocation à changer les mentalités ? 

    On ne fait pas du cinéma pour changer les mentalités, car c'est trop compliqué, on n'en a pas les moyens. On l’aura toujours un peu en tête même si bien sûr, on ne va pas changer les mentalités, car ce n'est pas un film qui fera que demain, les gens se diront : 'Ah oui, j’ai vu ce film, je vais changer mon vote'. On le souhaiterait tous, mais... Dans le cinéma, il faut aussi se méfier du "film à messages", mais c’est bien de le faire, car il restera quand même quelque chose.

    "C'est intelligent et courageux pour Louane d'avoir choisi de tourner Nos Patriotes"

    Alexandra Lamy : le film "Nos Patriotes" a des résonances avec ce qui se passe aujourd'hui"

    Nos Patriotes est le deuxième film de Louane Emera au cinéma. La connaissiez-vous avant le tournage? 

    Absolument pas, même si je crois que ma fille et elle se connaissent plus ou moins par l'intermédiaire d'amis en commun. Evidemment, je l’avais vue dans La famille Bélier et je trouve intelligent et courageux pour elle d’aller dans un film comme Nos Patriotes, car c'est un genre très différent. Dans ce rôle, elle a gardé ce qu’elle est : sa maladresse, sa façon de parler, l’inconscience de sa jeunesse.

    "Les attentats de Londres n'étaient pas très loin de chez moi. Ca m'a bouleversé" 

    Vous habitez désormais à Londres, est-ce que vous étiez là-bas au moment de l'attentat du London Bridge? 

    Non, je devais m'y rendre et au dernier moment, je n’y suis pas allée. En plus, ce n'était pas très loin de chez moi, donc ça m’a bouleversé... Il y a eu Londres, Manchester, mais il y en a partout dans le monde. Même si je sais qu’il ne faut pas se laisser envahir par cette peur-là, cette noirceur-là, on se dit que ça peut revenir en France. Ca fait peur évidemment, et en même temps, on ne veut pas vivre dans la peur. Mais c’est terrible, surtout quand on a des enfants. Moi, je commençais à dire à ma fille: "Les concerts, laisse un peu tomber", "ne va pas trop sur les terrasses", etc. Et en même temps, qu’est-ce qu’il faut faire? Ce n’est pas la solution de dire ça. Mais c’est humain.

    Vous avez déclaré avoir redécouvert, en vivant à Londres, le sentiment d’être "fière d’être française". Pour quelles raisons? 

    Je suis à Londres, mais je suis aussi beaucoup en France. Et je ne suis pas partie à Londres pour y payer mes impôts, je paye mes impôts en France et je suis ravie de les payer sinon on n’aurait pas d’école, de sécurité sociale, etc. Je fais partie de ceux qui sont ravis de payer des impôts… même si c’est beaucoup, mais c’est pas grave! (rires.) En fait, quand je retourne en France, j’ai l’impression qu'on est un peuple qui ne s’aime plus. Maintenant, ça va mieux mais avant, on faisait partie des seuls pays du monde où dès qu’on mettait un drapeau, d’un coup on était FN ! Le drapeau français n’appartient pas au Front national, il appartient à la France. Quand on va à l’étranger, tout le monde regarde la France comme un pays de liberté, de force. C’est quand tu vas dans un pays étranger que tu es fier d’être français. Quand on est chez nous, on n'assume pas. On n’est jamais content. Ca fait peut-être partie de nous, mais parfois, ce serait bien de se rappeler qu’on est un chouette pays aussi...

    Fabien MORIN

    Chef de service BFMTV.com

    SOURCE : http://people.bfmtv.com/cinema/alexandra-lamy-nos-patriotes-a-des-resonances-avec-ce-qui-se-passe-aujourd-hui-1184616.html

     

     

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  • Emmanuel Macron: "Oradour, ce n'est pas seulement un drame de la guerre. C'est un scandale absolu"

    Emmanuel Macron: "Oradour, ce n'est pas seulement un drame de la guerre. C'est un scandale absolu"

    «Sans cesse nous devons raviver la flamme» du souvenir de ce massacre commis par la division SS Das Reich le 10 juin 1944 et qui coûta la vie à 642 villageois, dont une majorité de femmes et d'enfants, a lancé le chef de l'Etat, prononçant le premier grand discours mémoriel de son quinquennat.

    Oui le drame d’Oradour-sur-Glane était un scandale absolu provoqué par les nazis en France… C’était en effet le premier grand discours mémoriel de son quinquennat… Mais nous en attendons d’autres de grands discours mémoriaux, car des scandales absolus il y en a eu d’autres non pas provoqués par les nazis mais par l’armée française… et nous pensons à la guerre d’Algérie… 

    Oui pendant la guerre d’Algérie il y a eu de nombreux «  Oradour-sur-Glane algériens » un petit rappel : En particulier pendant la Guerre de Libération de l’Algérie, la France a une terrible responsabilité qu’elle n’a toujours pas reconnue, ni donc condamnée :
    - Ce sont des crimes d’état : du 8 Mai 1945 à Sétif / Guelma / Khératta les massacres qui ont fait plus de 40.000 victimes, du 17 octobre 1961 au Pont Saint-Michel à Paris où plusieurs centaines d’Algériens ont été massacrés, noyés dans la Seine, assassinés par la police, du 8 février 1962 au Métro Charonne à Paris où 9 militants pacifiques ont été assassinés par le Police
    - Ce sont des crimes de Guerre : avec l’utilisation des gaz VX et Sarin, avec l’utilisation du napalm (600 à 800 villages ont été rasés : des Oradour-sur-Glane algériens !!!)
    - Ce sont des crimes contre l’humanité : le colonialisme, l’institutionnalisation de la torture, les viols, les exécutions sommaires (corvées de bois, "crevettes Bigeard"…), les essais nucléaires du Sahara, les camps d’internements (pudiquement appelés camps de regroupements qui ont fait des centaines de milliers de morts)… 

    Emmanuel Macron: "Oradour, ce n'est pas seulement un drame de la guerre. C'est un scandale absolu"

    Emmanuel Macron prochainement

     en Algérie

    Ce déplacement du nouveau président français s'annonce d'ores et déjà historique. Emmanuel Macron, que beaucoup considèrent comme un «ami de l'Algérie», devrait aller plus loin que François Hollande...

    Macron à Bouteflika : j'arrive ! En effet, l'Elysée annonce que le président français effectuera prochainement une visite en Algérie. «Le président français, Emmanuel Macron, effectuera dans les toutes prochaines semaines une visite en Algérie», a indiqué jeudi la présidence française en précisant que cette visite a été décidée lors d'un entretien téléphonique qu'ont eu, jeudi dernier, les deux chefs d'Etat. La date de cette visite n'a pas encore été révélée, mais cela ne devrait pas trop tarder ! Néanmoins, ce déplacement du nouveau président français s'annonce d'ores et déjà historique. Il devrait aller dans la continuité des relations «exceptionnelles» qu'ont tissé les deux pays lors du quinquennat de François Hollande, ce qui avait notamment boosté la coopération bilatérale dans tous les domaines.
    Emmanuel Macron, que beaucoup considèrent comme un «ami de l'Algérie», devrait aller plus loin que François Hollande, notamment en ce qui concerne la question inévitable de la mémoire. Le nouveau chef d'Etat français avait d'ailleurs annoncé la couleur, en février dernier, lors d'une visite en Algérie alors qu'il n'était encore que candidat ! Considéré seulement comme un «outsider», il avait eu le courage de qualifier la colonisation comme étant un «crime contre l'humanité». «La colonisation fait partie de l'histoire française! C'est un crime, un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l'égard de ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes», avait déclaré celui qui allait devenir le 8e président de la Ve République. Une déclaration qui avait fait polémique de l'autre côté de la Méditerranée mais qui avait ouvert le débat sur une plaie qui empêche de se tourner complètement vers l'avenir! Emmanuel Macron est déjà allé plus loin que ses deux prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande. En Algérie, le premier avait reconnu «des fautes et des crimes impardonnables», tandis que son successeur avait dénoncé «les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien». Emmanuel Macron pourrait donc sceller la paix des mémoires en présentant comme, il l'avait laissé entendre, les excuses de la France ! On n'en est pas encore là, mais cette visite s'annonce des plus capitales entre les deux pays qui doivent faire face à des défis communs, particulièrement sécuritaires avec la menace terroriste, l'instabilité régionale au Moyen-Orient, au Machrek et au Sahel. La France, comme d'ailleurs les autres grandes nations du monde, misent beaucoup sur l'expérience de l'Algérie en matière de lutte contre le terrorisme, mais aussi sur ses traditions diplomatiques pour régler «pacifiquement» les conflits qui minent la région. Les défis économiques sont aussi un dossier «épineux» qui attendra Emmanuel Macron à Alger.

     

     

     

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  • Affaire Maurice Audin : des personnalités écrivent  à  Emmanuel Macron pour réclamer "la vérité historique"

    DERNIERE MINUTE 

    Dimanche 11 juin 2017

    18 h 50

    Henri Pouillot
    Henri Pouillot On vient d'apprendre il y a 1 h que E. Macron va prendre contact avec Josette Audin à la suite de cette lettre ouverte.
     
    Michel Dandelot
    Michel Dandelot Merci Henri pour cette info.

    Affaire Maurice Audin : des personnalités écrivent  à  Emmanuel Macron pour réclamer "la vérité historique"

    Aujourd’hui samedi 10 juin 2017, à 11 h, un dépôt de gerbes aura lieu sur la Place Maurice-Audin, dans le 5e arrondissement de Paris.

    Affaire Maurice Audin : des personnalités écrivent  à  Emmanuel Macron pour réclamer "la vérité historique"

     

    Affaire Maurice Audin : des personnalités écrivent  à  Emmanuel Macron pour réclamer "la vérité historique"

    Affaire Maurice Audin : des personnalités écrivent

    à   Emmanuel Macron pour réclamer "la vérité

    historique"

    Affaire Maurice Audin : des personnalités écrivent  à  Emmanuel Macron pour réclamer "la vérité historique"

     Photo non datée de Maurice Audin, assistant de mathématiques à la faculté d'Alger et membre du parti communiste algérien disparu après son arrestation, effectuée probablement par des parachutistes du général Jacques Massu,...

    ©AFP, AFP

    Une quarantaine de personnalités ont appelé à faire "la vérité historique" sur l'"assassinat" de Maurice Audin, dans une lettre à Emmanuel Macron à l'occasion des 60 ans de la mort du jeune mathématicien communiste disparu à Alger en juin 1957.

    Après l'"Appel des douze" en 2000, condamnant la torture commise durant la guerre d'Algérie, et l'"Appel des 171" en 2014, cette lettre, datée de vendredi 26 mai 2017 et rendue publique samedi, est signée notamment par le sociologue Edgar Morin, les écrivains Mathias Enard et Jérôme Ferrari, l'ancien ministre Pierre Joxe, l'avocat Jean-Pierre Mignard, les historiens Gilles Manceron et Benjamin Stora et le mathématicien Cédric Villani, candidat REM dans l'Essonne.

    "Jusqu'en 2014, la version officielle, à laquelle personne ne portait crédit, était qu'il s'était évadé", soulignent les signataires.

    "Le 18 juin 2014, M. François Hollande, votre prédécesseur", avait affirmé que "M. Audin ne s'(était) pas évadé" mais était "mort durant sa détention", rappellent-ils.

    Mais ni les documents ni les témoignages permettant d'"infirmer la thèse de l'évasion" et évoqués par l'ex-chef de l'Etat "n'ont été révélés", regrettent ces personnalités.

    "A l'occasion de ce triste soixantième anniversaire, la vérité historique relative à cet assassinat doit enfin être connue", écrivent-ils au président de la République, lui rappelant sa promesse de prendre "des actes forts sur cette période de notre histoire".

    Arrêté à son domicile à Alger le 11 juin 1957 en présence de sa femme par des parachutistes, Maurice Audin, 25 ans, est soupçonné d'héberger des membres de la cellule armée du Parti communiste algérien. Il est torturé à plusieurs reprises dans une villa d'El Biar, un des quartiers d'Alger, en compagnie d'Henri Alleg, futur auteur de "La Question", livre dénonçant la torture.

    Dix jours plus tard, Josette Audin apprend officiellement que son mari s'est évadé lors d'un transfert.

    Dans "La vérité sur la mort de Maurice Audin" (Equateurs), paru en janvier 2014, le journaliste Jean-Charles Deniau concluait que Maurice Audin avait été tué par un sous-officier français sur ordre du général Jacques Massu, patron de la 10e division parachutiste (DP) pendant la bataille d'Alger. Un ordre répercuté par Paul Aussaresses, alors officier de renseignements au 1er régiment de chasseurs parachutistes (RCP), l'un des quatre régiments de la 10e DP.

    http://actu.orange.fr/france/affaire-maurice-audin-des-personnalites-ecrivent-a-macron-pour-reclamer-la-verite-historique-CNT000000IReEh.html

    Affaire Maurice Audin : des personnalités écrivent  à  Emmanuel Macron pour réclamer "la vérité historique"

    Nous demandons la vérité sur l’affaire Audin : lettre ouverte au Président de la République

    Il y aura bientôt soixante ans, dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes, avant de disparaître à jamais. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, plusieurs personnalités demandent au nouveau Président de la République de se saisir de ce triste anniversaire pour illustrer son engagement à « prendre des actes forts sur cette période de notre histoire », en faisant en sorte que la vérité historique sur cet assassinat soit enfin connue. 

    En juin 1957, le jeune et brillant mathématicien qu’était Maurice Audin, engagé pour l’indépendance de l’Algérie, a été assassiné à l’âge de 25 ans par les parachutistes du général Massu chargés officiellement du maintien de l’ordre à Alger. Cet assassinat est intervenu au plus fort de la guerre d’Algérie, en plein cœur de la « Bataille d’Alger », ouverte, le 7 janvier 1957, par la décision des autorités françaises de la IVe République de charger la 10e division parachutiste commandée par le général Massu de maintenir l’ordre dans la ville. Pendant six mois, ces hommes ont pratiqué massivement la torture et les exécutions sommaires. Quelque trois mille Algériens, arrêtés par eux, ont disparu. Le secrétaire général de la police d’Alger, Paul Teitgen, ancien résistant déporté, attaché au refus de la torture, écrivait le 29 mars 1957 dans sa lettre de démission : « Depuis trois mois nous sommes engagés […] dans l’anonymat et l’irresponsabilité qui ne peuvent conduire qu’aux crimes de guerre ».

    Maurice Audin n’est jamais réapparu. Pendant cinquante-sept ans, les autorités françaises ont affirmé qu’il s’était évadé. Le 18 juin 2014, après la publication quelques mois plus tôt d’un livre relatant les confidences tardives du général Aussaresses disant que l’ordre de l’assassiner avait été donné par le général Massu, le président François Hollande a publié un message avouant que « Maurice Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention ». Le mensonge d’Etat ainsi reconnu par le président de la République est le plus long de notre histoire contemporaine. Dans le cas de l’affaire Dreyfus, le mensonge d’Etat a duré douze ans. Dans le cas de l’affaire Audin, il a duré cinquante-sept ans, jusqu’à cette reconnaissance. Mais cette reconnaissance d’un mensonge n’a pas encore fait place à l’aveu de la vérité.

    Comment Maurice Audin est-il mort ? Si un ordre a été donné de le tuer, qui a donné ou partagé cet ordre ? Dans quel but a-t-il été donné ? Soixante ans après les faits, il est temps que sa veuve, Josette Audin, à qui les pouvoirs politiques français successifs ont menti tout en entravant délibérément le travail de la Justice, connaisse enfin la vérité.

    C’est ce que demandent les signataires de cette lettre adressée le 26 mai 2017 au nouveau Président de la République :

    Monsieur le Président,

    Dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, il y aura juste soixante ans dans quelques jours, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes. Il disparaîtra à jamais. Jusqu’en 2014, la version officielle, à laquelle personne ne portait crédit, était qu’il s’était évadé.

    Le 18 juin 2014, M. François Hollande, votre prédécesseur, a publié un communiqué déclarant : « Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. » Depuis cette déclaration (évoquée la veille devant son épouse Josette Audin, reçue à l’Élysée), ni ces documents ni ces témoignages ainsi évoqués, pourtant concordants et nombreux selon ce communiqué, n’ont été révélés.

    En mars 2014, un appel signé de 171 personnalités et publié par les quotidiens L’Humanité et Mediapart, que nous vous joignons, a demandé qu’il soit enfin dit la vérité sur cette affaire.

    De nombreuses questions se posent. Un livre paru en janvier 2014 a fait état de confidences tardives du général Paul Aussaresses peu avant sa mort évoquant un ordre d’assassinat donné par le général Jacques Massu. Qu’en est-il ? Dans ce cas, y a-t-il eu des échanges à ce sujet avec le ministre résidant Robert Lacoste, le commandant en chef de l’armée en Algérie Raoul Salan et certains autres ministres ?

    Nous pensons qu’à l’occasion de ce triste soixantième anniversaire, la vérité historique relative à cet assassinat doit enfin être connue. Le 5 mai, devant la rédaction de Mediapart, vous avez déclaré : « De fait, je prendrai des actes forts sur cette période de notre histoire… » Nous pensons donc qu’à cette occasion, en recevant Josette Audin ou en vous exprimant lors des commémorations qui auront lieu à cette occasion, vous pourriez ainsi concrétiser cet engagement.

    Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

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