• Après les « pieds-noirs »

     les « pieds-rouges »

     

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

     

    Personne n’ignore qui sont les « pieds-noirs », ces Français installés en Afrique du Nord jusqu’aux indépendances. En revanche, peu d’Algériens ou de Français savent qui sont les « pieds-rouges ». Il s’agit des militants de gauche ou d’extrême gauche, français, s’étant rendus en Algérie au lendemain de son indépendance afin d’œuvrer pour sa reconstruction et son développement, en dehors du cadre de la coopération.

    Alors que les « pieds-noirs » rentraient en France dans la précipitation, les « pieds-rouges » arrivaient sur la terre algérienne pour participer à la Révolution, au rêve algérien. Un ensemble assez hétéroclite de personnes. Des militants humanitaires, des professionnels de la santé, d’anciens « porteurs de valises », des enseignants et même des étudiants, ayant tout quitté pour rejoindre le peuple algérien. La plupart des Algériens les accueillirent à bras ouverts au début. Mais, suite à trois ans de période de grâce, beaucoup sont rentrés en France à cause du coup d’Etat du 19 juin 1965 du colonel Houari Boumediene. La répression du mouvement kabyle et le code de la nationalité qui liait la religion à la citoyenneté, ont dissuadé beaucoup de « pieds-rouges » de rester. De surcroît, « les socialistes en peau de lapin », comme les appelle Boumediene, ne sont clairement plus les bienvenus.

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    Après l’indépendance, des Français partent bâtir l’Algérie socialiste. Catherine Simon raconte l’engagement de ces « pieds-rouges », qui vira au cauchemar.

    L’atmosphère est électrique en Algérie en ce mois de juillet 1962. La France a officiellement reconnu l’indépendance du territoire qui sombre dans l’anarchie. Entre les fusillades de l’armée française, les règlements de compte des groupes algériens rivaux, les enlèvements et exécutions d’Européens, les attentats et sabotages de l’OAS, les pieds-noirs embarquent pour une métropole qui ne goûte pas le pataouète. Leurs meubles ont envahi les trottoirs, vestiges de cent trente-deux ans de colonisation : l’exode débute par une immense braderie. A la fin de l’été, 700 000 Européens seront partis (4 sur 5). Au même moment, quelques milliers de Français – on ignore leur chiffre exact – traversent la Méditerranée en sens inverse. Médecins, chirurgiens, infirmiers, instituteurs, ingénieurs, artistes, ils viennent occuper les postes vacants. Ils font don de leur personne pour participer à l’édification du socialisme dans la nouvelle Algérie. Anticolonialistes, porteurs de valises du FLN, insoumis, déserteurs, ils savourent leur victoire. Ils ont le sentiment de vivre le grand soir, entre révolution cubaine, guerre d’Espagne et résistance. Ils sont chrétiens de gauche, trotskistes, anciens communistes. Des journalistes pieds-noirs, entre mépris et dérision, baptisent « pieds-rouges » « cette ahurissante sous-espèce d’oiseaux migrateurs », raconte Catherine Simon dans une enquête remarquable sur cet épisode méconnu de l’histoire franco-algérienne.

    La force du récit de la journaliste du Monde repose sur les témoignages. L’entreprise relève de l’exploit. Jusqu’ici, les pieds-rouges s’étaient tus. Y compris ceux qui, entre-temps, avaient acquis une notoriété : l’ancien patron de TF 1 Hervé Bourges – qui refuse l’appellation – le géopoliticien Gérard Chaliand, l’écrivain Ania Francos, l’avocat Tiennot Grumbach, le photographe Elie Kagan, les cinéastes Marceline Loridan et René Vautier, le parolier Pierre Grosz… Il est difficile de parler d’un échec, encore moins d’un cauchemar. La réalité fut à mille lieues de l' »illusion lyrique » des premiers jours. Les pieds-rouges découvrent le poids de l’islam, le machisme, le mépris à l’égard des « gaouris » (nom donné aux chrétiens par les Arabes), l’absence de démocratie, les règlements de compte violents, la corruption… Le désenchantement est à son comble lors du coup d’Etat du colonel Boumediene et du renversement de Ben Bella, le 19 juin 1965. Des pieds-rouges entrent dans la clandestinité, d’autres sont arrêtés et torturés dans les ex-centres de détention de l’armée française ! Et pourtant, les victimes ne parlent pas. Leur culpabilité – françaises, elles doivent assumer les fautes du colonialisme – est trop forte. A leur tour elles sont contraintes au départ, sans ménagement. Elles laisseront leurs chimères sur le port d’Alger. Quelques rares entêtés resteront. Jean-Marie Boëglin, qui a abandonné Lyon, le TNP et Roger Planchon au début des années 1960 pour créer le Théâtre national algérien, rentre en France en 1981. Il se définit comme un « idiot utile ». Lénine utilisait la formule pour désigner les Européens apologistes du régime soviétique jusqu’à l’aveuglement. Une majorité des pieds-rouges – remplacés entre-temps par le coopérant, figure centrale des relations franco-algériennes – ont recouvré leurs esprits. Leur gueule de bois idéologique s’est dissipée. Mais à quel prix ?

    Voici donc l’histoire d’un pied rouge

     celle de Jean-Marie Boëglin

    « Nous aussi, nous sommes les cocus de l’histoire. Pas de manière aussi dramatique que les pieds-noirs ou les harkis mais quand même un peu », a déclaré Jean-Marie Boëglin. Cet ancien « pied-rouge » de 85 ans (en 2012) n’aura pas connu d’hommages ni d’insultes pour ce 50e anniversaire de l’indépendance algérienne. Il est juste tombé dans les oubliettes de l’histoire.

    Jeunes français militants, engagés à gauche, ils ont rejoint l’Algérie à partir de 1962 pour aider le nouveau pays à se construire. Avant de plier bagage quelques années plus tard, désenchantés. On les appelle les pieds-rouges. 

    En ce cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, la presse dégouline de témoignages de pieds-noirs, « cocus » de l’histoire. Mais il en est d’autres, bien plus discrets, qui ont longtemps répugné à parler. Jusqu’à ce qu’un jour… « J’ai été une sorte d’idiot utile. Mais si c’était à refaire, je recommencerais. Avec cette distance de savoir que l’homme est mal fait et que, quand on vous parle de collectif, il y a toujours un malin pour ramasser la mise, derrière… Mais oui, je recommencerais ! » L’œil bleu pétille sous la casquette. À 85 ans, Jean-Marie Boëglin doit s’aider d’une canne pour marcher, mais ne cherche pas ses mots. Il a fallu le prier un peu pour le convaincre de convoquer les fantômes de ses années pieds-rouges. Il râle qu’il va mal dormir après, raconte que la dernière fois qu’il a ouvert un carton de souvenirs, il a tout balancé dans l’Isère, juste en bas de chez lui, puis se lance. « Ce n’est même pas par idéologie ou par militantisme que je me suis engagé auprès du FLN, je suis plus instinctuel [sic]. Pour vous situer, à 15 ans, je me suis fait virer des Jeunesses communistes parce que trop libertaire et, à 17, de la Fédération anarchiste parce que trop marxiste ! Mais ma vie, c’était le théâtre. En 1957, je traînais à Lyon avec Roger Planchon. J’ai rencontré un jeune qui s’appelait Kader, passionné de théâtre lui aussi. Peu de temps après, il a disparu et ses amis m’ont appris qu’il était mort sous la torture dans un commissariat. Choqué, j’ai proposé un coup de main, puis l’épaule y est passée, puis tout le reste. »

    De son père, ancien chef de réseau Francs-tireurs partisans (FTP) durant la seconde guerre mondiale, Jean-Marie Boëglin a appris les techniques de la clandestinité. En 1961, il est condamné à dix ans de prison par contumace, et passe au Maroc. À l’été 1962, il entre en Algérie avec l’Armée de libération nationale (ALN) et gagne Alger. « Toutes les nuits, on entendait des coups de feu. Très vite, je me suis aperçu qu’il y avait une lutte pour le pouvoir mais bon, je me disais, c’est normal, c’est les séquelles du colonialisme. Quand je posais des questions, on me répondait toujours : “Ce n’est pas le moment.” Ça m’a refroidi, mais en même temps, on avait des moyens et puis, on se sentait un petit peu bolchevik quand même ! »

    Le théâtre, à nouveau, dirige sa vie. Avec Mohamed Boudia, qu’il a connu en France, et Mourad Bourboune, il fait partie de la commission culturelle du Front de libération nationale (FLN), qui crée le Théâtre national d’Alger en lieu et place de l’Opéra, et nationalise les salles d’Oran, Constantine et Annaba. La révolution est en marche, les pablistes ont l’oreille de Ben Bella, l’autogestion est le mot d’ordre sur toutes les lèvres. Boëglin devient l’un des enseignants les plus en vue du tout nouveau Institut national des arts dramatiques. Années heureuses où il a le sentiment de participer à la construction d’un monde et d’un homme nouveau. Jusqu’au coup d’état du général Boumediene, le 19 juin 1965. L’armée prend le pouvoir, l’islam est proclamé religion d’état, l’arabisation décrétée. « Les socialistes en peau de lapin », comme les appelle Boumediene, ne sont plus les bienvenus.

    « Le vrai visage d’un tas de gens s’est révélé à ce moment là. Et il n’était pas beau. Beaucoup de pieds-rouges sont partis, d’eux-mêmes ou chassés. Malgré tout, j’y croyais, je croyais très fort au théâtre, je ne voulais pas laisser tomber l’école de comédiens. Malgré l’exil de Boudia et de Bourboune, je me disais que tout n’était pas terminé. Et puis, en tant que petit blanc, je culpabilisais comme un fou. Alors, je ne suis pas parti. » Il est arrêté, brutalisé, puis relâché et retrouve son poste. En 1966, les actions commises contre la sûreté de l’État durant la guerre d’Algérie sont amnistiées en France. Vexé d’être mis dans le même sac que les militants de l’Organisation armée secrète (OAS), Boëglin refuse de rentrer. Fin 1968, il est viré de sa chère école de théâtre et trouve à se recaser dans la communication. « J’avais la vanité de me dire : si je gêne, c’est que je sers à quelque chose. Et puis, avec le recul, je me dis que quelques graines ont germé. »

    En 1979, des rumeurs l’accusent de sionisme et il comprend qu’il doit partir. Ce qu’il fera définitivement en 1981. De retour en France, à la Maison de la culture de Grenoble, il n’aura de cesse de mettre en scène des auteurs algériens.

    Le soir est tombé dans l’appartement au bord de l’Isère. Jean-Marie Böeglin tire sur sa pipe, en silence, puis lâche : « Nous aussi, nous sommes les cocus de l’histoire. Pas de manière aussi dramatique que les pieds-noirs ou les harkis mais quand même un peu… » Cette fois, l’œil bleu se voile. Pas longtemps. D’un revers de main, Jean-Marie Boëglin chasse les fantômes et assène : « Je survis parce que je suis en colère. Et cette colère me donne de l’énergie. Tout est en train de craquer et j’espère que je ne crèverais pas avant d’avoir vu l’effondrement du système capitaliste. »

    Entretien avec Catherine Simon, journaliste

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    Merci de cliquer sur le lien ci-dessous pour visualiser la vidéo

    Catherine Simon parle de son livre

    "Algérie, les années pieds-rouges"

     

    Après les « pieds-noirs »   les « pieds-rouges »

    http://information.tv5monde.com/afrique/entretien-avec-catherine-simon-journaliste-5189

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  • Là où tout a commencé en 2001

    et 18 ans après c'est pire...

    A quoi ont servi  les 89 militaires

    français morts en Afghanistan ?

    Pouvez-vous répondre à cette question

    M. le président Macron

    vous qui continuez à envoyer des troupes

    sur des terres étrangères ?

     

     

    Dernière info :

    Un attentat kamikaze revendiqué par l'EI fait au

    moins 63 morts et 182 blessés lors d'un mariage à

    Kaboul

    Un kamikaze s'est fait exploser ce samedi 17 août 2019 en plein milieu d'un mariage organisé à Kaboul, en Afghanistan. L'attaque a été revendiquée par l'EI dimanche après-midi.

    Et maintenant après les noces, des enterrements en série...

    Il s'agit de l'attentat ciblant des civils le plus meurtrier, en Afghanistan, depuis

    le début de l'année.

    Là où tout a commencé en 2001 et 17 ans après c'est pire...  A quoi ont servi les 89 militaires français morts en Afghanistan ?

    La salle des fêtes où était célébré un mariage lorsque l’explosion a eu lieu, à Kaboul, le 18 août. MOHAMMAD ISMAIL / REUTERS 

    Là où tout a commencé en 2001 et 17 ans après c'est pire...  A quoi ont servi les 89 militaires français morts en Afghanistan ?

    Afghanistan : il y a 10 ans, la France redécouvrait la guerre lors d'une embuscade tendue dans la vallée d'Uzbin

    Le tragique bilan de l'époque, 10 tués et 21 blessés, est l'un des plus lourds jamais essuyés par l'armée française depuis la fin de la guerre d'Algérie.

    AFGHANISTAN - Dix ans jour pour jour, le 18 août 2008 : une embuscade tendue dans la vallée d'Uzbin, dans l'est afghan, coûte la vie à dix militaires français. Au cœur de l'été, les Français prennent conscience que leurs soldats sont engagés dans un conflit dur, dont l'impopularité ne va cesser de grandir.

    Là où tout a commencé en 2001 et 17 ans après c'est pire...  A quoi ont servi les 89 militaires français morts en Afghanistan ?

    Cérémonie aux Invalides en hommage aux dix militaires morts dans la vallée d'Uzbin, le 21 août 2008. AFP/LIONEL BONAVENTURE 

    Attendus par une centaine de talibans embusqués sur les crêtes et bien armés, une trentaine de soldats en mission de reconnaissance livrent un combat acharné pendant plusieurs heures.

    Le tragique bilan -dix tués- huit soldats du 8e RPIMa, un soldat du Régiment de marche du Tchad et un infirmier du 2e REP et 21 autres blessés - est l'un des plus lourds jamais essuyés par l'armée française dans une action de combat depuis la fin de la guerre d'Algérie, avec l'embuscade de Bedo au Tchad, en octobre 1970 (douze militaires tués).

    La nouvelle fait l'effet d'un électrochoc. "Afghanistan : la France dans la guerre", titre Le Monde daté du 21 août 2008.

    "Cet accrochage nous ramène à la réalité des actions de guerre (...) La Nation dans son ensemble vient de prendre conscience qu'envoyer des militaires en opération comporte toujours des risques", commente le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin.

    "A ce moment là, les autorités politiques et militaires réalisent que les Français ont oublié que leurs soldats faisaient la guerre, tuaient et pouvaient mourir", explique à l'AFP l'historienne Bénédicte Chéron, spécialiste des relations entre armée et société.

    "Ce qui semble évident pour les militaires ne l'est vraiment pas à l'époque pour l'opinion publique, pour qui ces jeunes victimes sont des enfants, pas des combattants", souligne l'auteur de l'ouvrage "Le soldat méconnu. La place de l'armée dans notre société" (Armand Colin).

    Le drame braque les projecteurs sur un conflit jusqu'alors peu médiatisé. En quelques mois, des dizaines de journalistes français affluent en Afghanistan. "A partir de septembre 2008, on assiste à un retour des images combattantes à la télévision", analyse Bénédicte Chéron.

    Après Uzbin, le gouvernement ordonne le déploiement de moyens militaires supplémentaires, dont des drones, des hélicoptères et des équipements individuels. La polémique perdure toutefois sur les carences de l'armée française, dont le commandement a "péché par excès de confiance", de l'aveu du patron des troupes françaises en Afghanistan, le général Michel Stollsteiner.


    Opinion hostile 

    En 2009, les familles de sept victimes d'Uzbin déposent plainte pour déterminer "d'éventuels manquements dans la chaîne de commandement". Le dossier sera classé sans suite.

    L'embuscade attise parallèlement le débat sur la pertinence de l'engagement français en Afghanistan, où les résultats de la coalition internationale peinent à convaincre.

    Selon un sondage réalisé après l'embuscade, 55% des Français sont opposés à la présence de troupes françaises, contre 55% d'opinions favorables en octobre 2001, au début du déploiement des forces internationales dans le pays. L'hostilité des Français à l'égard de l'engagement afghan ne cesse ensuite de croître : 64% se disent contre en août 2009, 76% en août 2011.

    Fin 2012, les dernières troupes combattantes françaises se retirent. Entre 2001 et 2014, plus de 70.000 soldats français auront été déployés sur le théâtre afghan. 89 d'entre eux y périront, 700 en reviendront blessés. 

     

     

    Ne nous étonnons pas de voir arriver tous ces migrants fuyant toutes ces guerres, souvenons-nous de l'Aquarius bloqué en mer avec 141 migrants : SOS Méditerranée dénonçant l'inertie des États européens. 

    Là où tout a commencé en 2001 et 17 ans après c'est pire...  A quoi ont servi les 89 militaires français morts en Afghanistan ?

     

     

    Tous ces soldats sont morts pour rien"

     (le père d'un français) 

    Là où tout a commencé en 2001  et 17 ans après c'est pire...  A quoi ont servi les 86 militaires français morts en Afghanistan ?

     

    Dernière Marseillaise entonnée à Kaboul par les soldats français le 31 décembre 2014 car l’opération Pamir prenait fin officiellement elle avait débutée  en 2001 pour lutter contre les talibans et Al-Quaïda. Treize années de présence en Afghanistan qui ont coûté la vie à 86 militaires français (en 2014), dont le Sergent Damien Buil, tombé lors de l'embuscade d'Uzbin en 2008. Pour son père Jean-François Buil, ce retrait définitif a un goût plus qu'amer. 

     

    "Un très grand échec de l'OTAN"


    "Mon sentiment est un sentiment de catastrophisme aigu, pour moi c'est un très grand échec de l'OTAN. 13 ans de conflit, 86 soldats français morts, 700 blessés (en 2014). C'est un conflit qui n'a apporté que de la misère. Tous les jours je le revis".
    Un conflit trop long, qui n'aura servi à rien, selon Jean-François Buil. "Ces barbus, ces talibans sont toujours là-bas, ils sont partout dans le monde. C'est comme une mafia. Mon fils, ses camarades, tous ces soldats sont morts pour rien. En 2011, il y avait 140 000 soldats en Afghanistan pour venir à bout de cette rébellion, ils n'y sont pas arrivés et, aujourd'hui, on s'en va. Il ne se passe pas une journée sans qu'il y ait un attentat. C'est l'insécurité totale". 

    Le 31 décembre 2014  le dernier soldat français a quitté le sol afghan et passé le relais à une force turque. La presse nationale s'est contentée de relater l'événement, mais rares sont ceux qui ont dressé le bilan de cette opération.
    C'est Jacques Chirac qui a pris la décision d'intervenir en Afghanistan en 2001, aux côtés de l'OTAN et à la demande des Américains, qui voulaient punir ceux qui selon eux soutenaient les terroristes à l'origine des attentats du 11 septembre.
    L'objectif à l'époque, était en apparence noble : chasser les talibans de Kaboul, détruire les camps d'entraînement d'Al Qaïda en Afghanistan et reconstituer une armée afghane. Pour y parvenir, la France a envoyé plus de 70.000 soldats en Afghanistan. Le contingent français a atteint 4.000 militaires au plus fort des opérations, en 2010. Et cette intervention a coûté la vie à 89 soldats français et fait plus de 700 blessés.
    L'un des épisodes les plus dramatiques a été l'embuscade tendue par des insurgés à une unité française le 18 août 2008 dans la vallée d'Uzbin, district de Surobi, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kaboul. Onze militaires français avaient alors été tués et 20 autres blessés.  

    Treize ans plus tard, peut-on dire que les objectifs de 2001 ont été remplis? Les talibans n'ont été chassés que du coeur de ville de Kaboul et les résidents étrangers ne peuvent y circuler que dans un périmètre très restreint, ultra-surveillé et malgré tout toujours à la merci d'un attentat kamikaze ou d'une roquette.
    A part ça, l’Afghanistan n’a sans doute jamais été dans une situation aussi préoccupante : les talibans sont plus puissants que jamais, contrôlant de très larges pans du territoire et organisant de véritables vagues d'attentats qui ont déjà fait plusieurs milliers de victimes innocentes.
    La démocratisation mise en avant dans un second temps pour justifier notre présence militaire a définitivement tourné à la farce : la corruption, la criminalité, le trafic de drogue, la violence règnent partout. Et le pays est dirigé par un Hamid Karzaï qui négocie ouvertement son avenir avec les talibans, dont tout le monde sait qu’ils prendront immédiatement le contrôle total du pays à la minute même où les derniers militaires occidentaux auront quitté l’Afghanistan.
    Et c'est le même Hamid Karzaï qui a décidé de baser son nouveau code pénal sur la charia, et notamment de réintroduire la peine de mort par lapidation pour les personnes mariées "coupables" d’avoir eu des relations sexuelles adultères. Une décision confirmée auprès des dirigeants américains et des responsables des Nations Unies par Rohullah Qarizada, membre de la commission sur la loi coranique, celui-ci déclarant : "Nous travaillons sur un projet de code pénal de la charia prévoyant que la lapidation sera la sanction de l’adultère s’il est confirmé par quatre témoins oculaires". Les personnes coupables du même "crime" sans être mariées s’en tireront beaucoup mieux : elles ne recueilleront, elles, qu’une centaine de coups de fouet...
    Quand on dresse le bilan d'une opération, on ne peut passer sous silence son coût financier. Selon la commission de la défense de l’Assemblée nationale, la présence militaire française en Afghanistan a déjà coûté 3,5 milliards d’euros aux contribuables pour la période 2001-2013. Une somme qui n’inclut ni l’usure, ni la destruction des matériels aériens et blindés utilisés sur place, ni les frais médicaux, frais d’obsèques ou pensions d’invalidité, ni le coût du retrait progressif du contingent militaire français estimé entre 200 et 300 millions d’euros...
    Tout ça pour ça, serais-je tenté de dire !
    Ajoutons qu'en 2008, lorsque 11 soldats sont tombés dans une embuscade des talibans, de graves accusations avaient été portées par les familles contre l'incompétence de  l'état-major et le manque de moyens dont disposaient les soldats. C'est ainsi qu'on a découvert que ces derniers étaient sous-équipés, souvent obligés d'acheter eux-mêmes leurs équipements pour remplacer celui fourni par l'armée française, soit inadaptés, soit de très mauvaise qualité.

    Aujourd'hui, on est légitiment en droit de se demander à quoi ont servi ces 89 morts.
    SOURCE : http://www.zinfos974.com/A-quoi-ont-servi-les-89-militaires-francais-morts-en-Afghanistan_a79842.html  

     

    "Tous ces soldats sont morts pour rien"

     

     

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    6 commentaires
  • Jacques Cros pour cet article que j’approuve sans réserve

     

    N’oublions pas

     dans le bilan…

    On commémore ces jours-ci le 75ème anniversaire du débarquement en Provence. Les unités formées dans les colonies françaises y ont, on le sait, joué un rôle décisif. Modeste reconnaissance, Macron engage les maires des communes de France à donner le nom de lieux publics, rues, places… à ces soldats. 

    Il me paraît nécessaire de revenir sur le rôle que la France a fait jouer aux populations qu’elle avait soumises par la colonisation. Elle s’en est servie comme chair à canon pour ses guerres. Cela a commencé avec celle de 70, s’est amplifié avec l’horrible boucherie de 14-18, s’est poursuivi avec les guerres coloniales, au Rif, en Indochine et en Algérie. 

    Ici d’ailleurs l’armée française avait réussi à faire se battre les Algériens entre eux. Et dans ce cas précis on avait massivement mobilisé les appelés du contingent qui ont eu le malheur d’avoir 20 ans à cette époque. Ils n’avaient pas le choix, n’ayant d’ailleurs même pas le droit de vote mais le devoir de répondre à l’injonction qu’ils avaient reçue de l’institution militaire. 

    Qu’allions-nous faire en Algérie ? Cela n’était pas clairement dit et pour tout avouer ne l’est toujours pas 57 ans après la fin de ce conflit anachronique. Il s’agissait tout simplement de tenter de perpétuer le colonialisme, système social violent et injuste qui est une forme aggravée de l’exploitation capitaliste. Mais on masquait les choses avec l’objectif officiel de « Opérations de maintien de l’ordre et de la sécurité ». 

    Le comble de la manipulation des esprits était atteint pour ceux qui ne revenaient pas. On leur attribuait la mention « Mort pour la France » déjà contestable en 14-18. Comme l’a écrit Anatole France « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ». L’escroquerie était encore pire pour la guerre d’Algérie : qu’avait à voir  l’intérêt de la France dans cette affaire ? 

    Mais le conditionnement des esprits était tel que ça a marché un temps. L’Ecole de la République avait d’ailleurs contribué à la pénétration dans les consciences de la mission civilisatrice de la France. Toutefois l’aspiration à la paix avait fait son chemin chez les Français et les appelés du contingent manifestée chez ceux-ci par le célèbre « La quille bordel ! ». Cela n’empêchait pas un racisme banal et quotidien, les soldats reportant sur plus faible qu’eux ce qu’on leur faisait subir. 

    Aujourd’hui l’idéologie qui sous-tend de telles dérives a le vent en poupe et touche les anciens d’Algérie comme les autres citoyens. Le vote Front National est fréquent chez eux. Elle gangrène sûrement une fraction de la FNACA qui rappelons-le n’avait pas participé es qualité au contre rassemblement organisé lors du changement de nom de la rue du 19 mars 1962 à Béziers.

    Il me paraît utile de mettre un lien entre le sort qu’ont connu ces appelés du contingent et la logique qui prévalait et que la tentative du putsch d’avril 1961 et les actions criminelles de l’OAS ont tenté de maintenir. L’absence d’analyse en la matière ouvre la porte au racisme et à la xénophobie qui se colorent aujourd’hui d’islamophobie. Nous recevons de nombreux courriels qui en portent l’empreinte. 

    Reste la question fondamentale de la libération de la France à l’occupation nazie. Evidemment cela impose le respect d’un autre niveau pensons-nous que de baptiser un lieu public du nom des héros des opérations militaires qui y ont conduit. Et là il est nécessaire de situer le déclenchement de la Seconde guerre mondiale comme étant lié à la Première et comme étant la conséquence du Traité de Versailles ainsi que de la politique de concession de la France et de l’Angleterre aux prétentions d’Hitler. 

    La crise socio-économique que nous subissons permet la politique de domination militaire qui est la partition qu’ont en main les puissances impérialistes. La France est dans ce registre et renoue en quelque sorte, à des nuances d’adaptation près, avec son passé colonial. 

     

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6573318-n-oublions-pas-dans-le-bilan?fbclid=IwAR3u4wOK419_3EUp_yTPRBfLq1EOb7bjLtG9QSdN-8KmvVdrFmZsIGvyXEY

     

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    Hommage à Hugues Aufray

     

    Hommage à Hugues Aufray

    « J’ai l’avenir devant moi », nous explique Hugues Aufray qui évoque un disque et une nouvelle tournée en 2020.  LP/Arnaud Journois 

    Incroyable comme le temps passe vite en apprenant que le chanteur et compositeur Hugues Aufray a aujourd'hui 18 août : 90 ans...

     

    Hommage à Hugues Aufray

    C’est à Hugues que je consacrais l’un de mes premiers articles de mon blog en 2011, car la toute première chanson d’Hugues fut dédiée aux appelés et rappelés de la sale guerre d’Algérie.

     Souvenirs !!! Souvenirs !!! Souvenirs !!! 

    Merci !!! Hugues Aufray pour avoir écrit : 

    "Y'avait Fanny qui chantait" 

    Nous l'avons entendu grâce à nos "transistors renommés" alors que nous étions les acteurs d'une guerre que nous ne voulions pas "car nous étions du mauvais côté de la barrière" la cause "juste" était en face !!! 

    Nous l'avons entendu alors que nous étions entrain de perdre les deux plus belles années de notre vie... celles de notre jeunesse... des années perdues ne se rattrapent jamais ... mais nous avons eu la chance de revenir !!! 

    30000 de nos amis de 20 ans, certains d'entre eux ont entendu leur chanson fétiche... mais n'ont jamais revu leur Pays : la France !!!

    Merci aussi à cet ami

    Hommage à Hugues Aufray

    Je me suis trouvé à la chanter devant des anciens, à leur demande, et ils ont fini en larmes, tant de souvenirs leur revenaient à la surface... J'avoue que je ne savais plus trop quoi faire.

    Pour ceux qui ont vécu cette époque, éprouvante pour les appelés et leurs familles, une chanson "historique" comme tu le dis.

     

    Hugues Aufray, l'éternelle jeunesse

     

    Hugues Aufray a une longue histoire musicale derrière lui. Avec près de 300 chansons en 60 ans de carrière, on ne compte plus les tubes du chanteur : "Santiano", "Stewball", "Céline"... Retour sur les titres emblématiques de ce chanteur à l'éternelle jeunesse.

     

    Merci d'arrêter après la visualisation de la vidéo concernée

    car d'autres vidéo, hors sujet, suivent...

     

     

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    Les révélations d’un historien français

    sur la colonisation de l’Algérie par la France

    L’historien français Benjamin Stora est revenu sur la colonisation de l’Algérie par la France, qu’il qualifie de « terrifiante et très meurtrière » ; raison pour laquelle elle est longtemps restée « taboue ».

    Dans un entretien publié par le magazine d’actualité hebdomadaire français « L’Obs », l’historien Benjamin Stora, spécialiste du Maghreb contemporain et président du Musée de l’histoire de l’immigration, est revenu sur la conquête de l’Algérie par la France. 

    Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, dont « La Guerre d’Algérie vue par les Algériens », Stora pense que le sujet de l’Algérie française est longtemps resté tabou. À ce titre, il affirme que « le silence sur la guerre a été levé tardivement, il y a une quinzaine d’années. Mais c’est comme si la production sur le conflit, devenue abondante, avait fait écran. Comme si elle nous avait empêchés d’aller plus en amont. Comme si l’histoire de l’Algérie française se limitait à celle de la guerre ». Et d’ajouter : « on ne peut pas raconter l’histoire par la fin ».

    Conquête de l’Algérie par la France : « Terrifiante et meurtrière »

    Interrogé sur l’impact de la période de la conquête coloniale de l’Algérie, l’historien Benjamin Stora a révélé que cette période a été « terrifiante et meurtrière » pour les Algériens.

    « Démarrée avec la prise de la régence d’Alger en juillet 1830, [la conquête de l’Algérie] a duré jusqu’en 1871, avec la répression de la révolte des Mokrani, en Grande Kabylie, et même jusqu’en 1902, dans ses frontières, avec la création des Territoires du Sud. Plus d’un demi-siècle, trois générations. C’est aussi pour cela qu’elle est tue », a-t-il souligné.

    Benjamin Stora pense ainsi que « la conquête détruit l’image d’une installation acceptée, d’une cohabitation “pacifique” ». À ce propos, il a indiqué que les historiens considèrent, qu’entre les combats, les famines et les épidémies, « plusieurs centaines de milliers d’Algériens sont morts ». Selon lui, « la population musulmane, estimée à 2,3 millions en 1856, est tombée à 2,1 millions en 1872 ». 

     

    SOURCE : https://www.observalgerie.com/actualite-algerie/colonisation-algerie-france-revelations-historien-francais/

     

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    L'homme et le taureau

    Un peu de douceur dans ce monde

     de brutes…

    L'homme et le taureau : Un peu de douceur dans ce monde de brutes…

    Christophe Thomas étant enfant, après avoir vu un tapis mural représentant une corrida, décide de sauver un taureau de corrida. Allez faire un tour sur le site de Fadjen, vous en apprendrez encore plus sur son histoire et sur la façon dont vous pouvez les aider.


    CLIQUEZ SUR CE LIEN :

    Pour soutenir Fadjen 

    En effet la très grande majorité des Français sont contre les corridas contrairement à l’animal raciste (islamophobe) appelé Ménard qui est si fier de sa corrida de Béziers… Il organise même des messes dans ses arênes…

    Béziers : le défilé de la vierge

     

    et une messe en ouverture de la Feria

     

    La honte Ménard !!!

     

    L'homme et le taureau : Un peu de douceur dans ce monde de brutes…

    L'homme et le taureau : Un peu de douceur dans ce monde de brutes…

    Enfin, alors que Râ déclinait, en musique et dans des vapeurs d’encens, le défilé de la vierge a pu débuter, entraînant dans son sillage hommes, femmes d’église, élus et fidèles.
     

    La procession a ainsi débuté devant l’entrée principale de l’ancien hôpital Perreal. Le cortège s’est ensuite dirigé vers les arènes, où a eu lieu la messe en hommage de la vierge. (Il paraît qu'il en reste moins dans les églises des vierges)...

    L'homme et le taureau : Un peu de douceur dans ce monde de brutes…

    Et on comptait plusieurs milliers de personnes dans les gradins venus assister à l’office, fervents catholiques mais aussi des festaïres, venus en curieux. Et qui n’ont souvent pas attendu la fin de la messe pour quitter les lieux.

    L'homme et le taureau : Un peu de douceur dans ce monde de brutes…

    Alors mes soeurs je ne savais pas que VOTRE dieu était pour la souffrance et l'agonie

    des pauvres taureaux ?


    L'homme et le taureau : Un peu de douceur dans ce monde de brutes…

    Vous voyez je laisse une ouverture dans le cadre pour qu'ils puissent s'échapper et quitter ce lieu mortuaire et de tortures... Vous me faites vomir... Ainsi soit-il !!!

     

    L'homme et le taureau : Un peu de douceur dans ce monde de brutes…

    ·        A

    ·                 

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     « On les a forcés

    à s’engager, et aujourd’hui on laisse leurs petits-fils se noyer

    dans la Méditerranée »

    Honte à tous les pays colonisateurs

    et bien sûr la France

    Un exemple parmi

    des milliers d'autres...

     

     

    15 août 1944 – 15 août 2019  Hommage aux "Indigènes de la République" en ce jour de commémoration du Débarquement en Provence

     

    15 août 1944 – 15 août 2019

    Hommage aux "Indigènes de la République" en ce jour de commémoration du Débarquement en Provence

    15 août 1944 – 15 août 2015  Hommage aux "Indigènes de la République" en ce jour de commémoration du Débarquement en Provence

    A la mémoire de tous ces musulmans défunts ou toujours en vie, soldats admirables et anciens combattants très dignes, qui participèrent à l’invasion de l’Italie et à la libération du Sud de la France, dont l’un des survivants sénégalais se plaît à dire : "Lorsque la balle arrive, elle ne fait pas de distinction entre les Noirs et les Blancs" (...)

    Il y eut le débarquement de Normandie le 6 juin 1944…. Il serait bon de profiter de cette commémoration pour célébrer les grands oubliés de l’autre débarquement occulté à la fois par la France et Hollywood : le million de combattants dits « Indigènes », ces chairs à canon enrôlées en Afrique et au Maghreb, dont un sur dix est tombé pour la France, lors du débarquement en Provence le 15 août 1944 qui avait pour but de libérer Toulon, Marseille, puis de remonter le Rhône jusqu'à effectuer la jonction avec les forces de l'opération Overlord débarquées en Normandie.

    Il serait opportun, si ce n’est urgent, de rafraîchir la mémoire collective sur ce pan de la Grande Histoire relégué dans les oubliettes d’un passé européen mortifère, quand l’époque actuelle est en proie à une amnésie partielle et partiale, source d’analogies d’autant plus pernicieuses qu’au regard de l'histoire elles sont un non sens total : la comparaison nauséeuse entre islam et nazisme (Merci de cliquer sur ce lien pour accéder au site le plus islamophobe de France qui s'appelle RIPOSTE LAIQUE) alimentée par une démagogie politicienne de caniveau, qui nie dangereusement la réalité des soldats musulmans, notamment les tirailleurs maghrébins et sénégalais, qui ont combattu, au péril de leur vie, dans l’armée française libre du Général de Gaulle, et dont la présence a suscité l’indignation des Officiers allemands, révulsés de devoir livrer bataille contre eux, et notamment contre les Noirs, sur le sol européen.

    A la mémoire de tous ces musulmans défunts ou toujours en vie, soldats admirables et anciens combattants très dignes, qui participèrent à l’invasion de l’Italie et à la libération du Sud de la France, dont l’un des survivants sénégalais se plaît à dire : « Lorsque la balle arrive, elle ne fait pas de distinction entre les Noirs et les Blancs »,  

    "De juin 1940 à mai 1945, 55 000 Algériens, Marocains, Tunisiens et combattants d'Afrique noire furent tués. Près de 25 000 d'entre eux servaient dans l'Armée d'Afrique, qui comptait 400 000 hommes, dont 173 000 Africains."

    Centenaire de la grande guerre 14-18, un monument inauguré tardivement en hommage aux soldats d’Afrique mais est-ce suffisant ?

    A Reims, Emmanuel Macron et le président malien Ibrahim Boubacar Keïta ont inauguré un monument en hommage aux soldats africains. Que pensent les Africains de cette commémoration, 100 ans après une guerre qui fait resurgir les souvenirs de l’histoire coloniale française ?

    Un commentaire terrible

    Macron lave son image et ceux des Français auprès du peuple africain car toutes nos richesses or, pétrole, manganèses... sont dirigées par les Français, les Français occupent des postes stratégiques sur les richesses des Africains. L'Afrique est le continent le plus pauvre mais le plus riche car nos richesses vous appartiennent. C’est pourquoi la montée de l’immigration qui vous importune et que vous cherchez à limiter (certains l’appellent le grand remplacement), on ne vous enseigne pas dans vos écoles que les Africains servaient de boucliers dans la guerre. On ne vous enseigne pas également que vous possédez notre pétrole, notre or.... pour ceux qui ne le savent pas venez en Afrique car vous verrez qu’ici ils sont roi. Même Macron lui-même au début narguait les Africains parce qu’on ne vous apprend pas ça dans vos écoles et à présent il le sait c’est pourquoi il veut garder des bonnes relations avec les Africains car les Chinois veulent remplacer les Français. Nous recevons trop de mépris des Francais car leur peuple ignore tout, alors vous voulez tout… vous cherchez à chasser nos frères africains de votre pays, appelés hypocritement « des Droits de l’Homme » notre jeunesse est appelée par les racistes de la fachosphère « la racaille des banlieues » et bien sûr vous vous accaparez nos richesses dans le cadre de la françafrique… c’est en quelque sorte un colonialisme caché, déguisé… 

     


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  • "Un peu de mémoire utile pour les nôtres" l'écrivain algérien Ahmed Halfaoui

    Avant-propos

    Il a osé dire ça mais il n’était que candidat à l’élection présidentielle, depuis qu’il est président « silence radio »

    Le mercredi 15 février2017, à l’occasion d’un déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a fait la déclaration suivante sur la colonisation française, lors d’une interview donnée à une télévision algérienne : «La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes.» Une affirmation qui peut être lourde de conséquences, et qui appelle en tout premier l’examen critique de l’historien. 

    Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, a qualifié la colonisation française de «crime contre l’humanité». Si ses propos ont pu recevoir sur place un bon accueil, ils ont suscité en France une vive polémique, certains applaudissant, d’autres se scandalisant. Cette question reste en effet très sensible, semblant même, avec le temps, se raviver, à l’exemple de la Shoah qui, après une période de consensus sur le passé «résistant» de la France, est revenue bousculer notre conscience nationale, qui fut aussi «pétainiste». Mais y a-t-il des arguments convaincants pour accuser la colonisation française de l’Algérie d’avoir été un «crime contre l’humanité» ? 

     

    "Un peu de mémoire utile pour les nôtres" l'écrivain algérien Ahmed Halfaoui

    Rappelons-nous de la loi scélérate

    du 23 février 2005 selon laquelle

    « les programmes scolaires reconnaissent

    le rôle positif de la présence française

    outre-mer, notamment en Afrique

    du Nord »

    puis prenons connaissance de l’article écrit par l’écrivain algérien

     Ahmed Halfaoui

     

    Loi du 23 février 2005, un an d'outrage

    à la dignité

    Un an plus tard, on croyait l'affaire terminée. L'affaire, c'est cette loi du 23 février 2005, selon laquelle «les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord». Elle déclencha une véritable guerre des mémoires, elle suscita pétitions et contre-pétitions, le passé colonial fit irruption dans les débats, le ministre de l'Intérieur fut déclaré persona non grata aux Antilles, le traité d'amitié franco-algérien fut suspendu, et la France donna au monde entier le spectacle affligeant d'un pays passéiste regrettant encore le bon vieux temps des colonies.

    Heureusement, le Président vint et, tel Zorro, sauva la France de l'embrasement général. Il demanda au Conseil constitutionnel d'abroger l'article incriminé, annonça qu'il avait retenu le 10 mai pour commémorer l'abolition de l'esclavage et donna ainsi le sentiment rassurant d'un royal thaumaturge, capable de soulager les consciences et mémoires blessées.

    Malheureusement, la question n'est pas réglée. Dans une lettre récemment adressée au ministre de l'Education, la Ligue des droits de l'homme s'inquiétait, à juste titre, de «l'application immédiate» décidée depuis novembre 2003 de la disposition retirée en apparence ; elle s'interrogeait sur les consignes manifestes données aux éditeurs et évoquait par exemple ce manuel de 5e (Nathan, 2005) dont l'auteur expose «les effets positifs et négatifs de la colonisation» avec quatre paragraphes consacrés aux dits «effets positifs» et un dernier qui se voudrait plus nuancé. Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue, interpellait aussi le ministre à propos de la «Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie», mise en oeuvre par l'article 3 de la loi du 23 février, et qui semble travailler à valoriser le rôle supposément positif de la présence française outre-mer.

    Bref, un an après, la loi du 23 février pose toujours problème. La difficulté tient au fait que le Président a refusé d'affronter la réalité. Sa prise de décision est en réalité une sorte de contorsion : au lieu d'une abrogation pure et simple au nom de la vérité historique, il propose une saisine du Conseil constitutionnel pour établir que la loi est plutôt d'ordre réglementaire, ce qui permettra ensuite de l'abroger par décret. Ce faisant, il se contente de critiquer la forme pour ne rien dire du fond. Et il refuse d'affronter le passé colonial. Refoulé sous le tapis de la République.

    Or le problème n'est pas qu'il y ait en France quelques députés isolés capables de faire voter nuitamment un amendement célébrant la colonisation. Ni même que le gouvernement se soit cru obligé de le maintenir coûte que coûte, que ce soit vraiment pour des raisons idéologiques ou juste pour sauver la face ou contenter des clientèles. Le véritable problème, c'est que, d'après un sondage CSA-le Figaro réalisé le 30 novembre, 65 % des Français étaient favorables à cette loi. Ce chiffre donne à réfléchir. Pour ce qui est de la colonisation, il montre de façon cruelle la faillite de l'enseignement de l'histoire dans ce pays. Les travaux de qualité existent, mais ne sont guère enseignés dans les classes, et c'est pourquoi deux Français sur trois jugent que la colonisation a été une action positive.

    La loi du 23 février a sans doute été la plus odieuse jamais votée en France depuis Vichy. Laissons le crime contre l'humanité, cette barbarie à grande échelle que fut «l'esclavage des nègres» et ne parlons que du Maghreb, puisque la loi concerne «la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord». Ceux qui soutiennent ce texte parlent des routes tracées, des terres mises en valeur, des hôpitaux construits. Certes, mais que dire des massacres, des expropriations, des exactions, des vexations ? Faudra-t-il dès lors concéder qu'il y eut dans la colonisation à la fois du positif et du négatif, comme l'affirment certains «modérés» ? Un petit apologue pourrait peut-être expliquer à nos compatriotes à quel point la loi était scélérate, à quel point son «application immédiate» dans les manuels, malgré l'abrogation finalement décidée, constitue un outrage à la réalité historique et à la dignité humaine.

    Imaginons une famille, tranquille, vivant dans sa petite maison. Surviennent des soldats. Trucident le père, violent la mère, et les filles, battent les fils et les boutent hors de céans. Les soldats s'installent, se sentent chez eux. La mère est désormais la bonne. Ils réparent le toit, plantent des pétunias dans le jardin, des vignes dans les champs alentour, construisent des routes pour acheminer la marchandise vers la ville. Mais, vingt ans plus tard, les fils reviennent en force, portent secours à leur mère et à leurs soeurs et chassent les importuns hors de la maison natale. «Comment, disent les soldats-entrepreneurs, On nous chasse de chez nous ? Après tout ce que nous avons fait ? Notre rôle dans la maison n'était-il pas positif ?» 

     

    SOURCE : https://www.liberation.fr/tribune/2006/02/24/loi-du-23-fevrier-2005-un-an-d-outrage-a-la-dignite_31025

     

    Un peu de mémoire utile pour les nôtres

    Sous occupation, le peuple algérien a subi la barbarie qui n’hésitait pas à recourir aux pires exactions à la moindre velléité de révolte. Ainsi, L’appellation consacrée de « guerre d’Algérie » s’avère être réductrice de la réalité et occulte un événement historique bien plus étendu dans le temps et bien plus éprouvant pour le pays. A juste titre, les fondateurs du FLN/ALN l’ont dénommé « guerre de libération », ce qui impliquait de fait que le pays vivait sous occupation.

    Entamée en 1830, la conquête de l’Algérie ne sera effective que des dizaines d’années plus tard. Elle lui coûta, selon les sources les plus modérées, le tiers de sa population, dans un combat brutal, sanglant, inégal et sans merci, sans même le moindre scrupule humain chez les généraux français, chargés de vider les terres convoitées de leurs populations et de « pacifier » le territoire au profit des colons. Ils s’emparèrent de 40 % des meilleures terres, massacrant et repoussant leurs propriétaires légitimes dans les terres arides ou incultes. Ils imposèrent la restriction des terrains de parcours, compromettant l’élevage qui en fut gravement affecté. Et avec lui, fut sérieusement ébranlé le mode de vie communautaire qui assurait un équilibre fondamental à la vie économique et sociale ancestrale.

    Une famine qui fit des centaines de milliers de morts eu lieu en 1868, suivie de façon endémique par des dizaines d’autres qui décimèrent les tribus victimes des dépossessions et des déportations.

    La torture, révélée, lors de la répression qui a frappé la population algéroise, était déjà à l’œuvre. Un extrait d’une lettre de soldat témoigne: « Nous rapportons un plein baril d’oreilles, récoltées paires à paires sur les prisonniers… » Sans oublier les enfumades (ancêtres du gazage) des généraux Montagnac, Turenne, Cavaignac, Saint Arnaud, Pélissier, Canrobert…qui firent périr des milliers de civils. Le dernier cité raconte : «On pétarada l’entrée de la grotte et on y accumula des fagots de broussailles. Le soir, le feu fut allumé. Le lendemain quelques Sbéahs se présentèrent à l’entrée de la grotte, demandant l’aman à nos postes avancés. Leurs compagnons, les femmes et les enfants étaient morts. Canrobert eu aussi recours à l’emmurement dans le Dahra, il s’en vante :  » Comme il n’y a pas de bois, je bouche l’entrée de la caverne avec des pierres. Si j’avais fait autrement un grand nombre de nos soldats seraient tombés inutilement sous les balles arabes. » Cavaignac, dont le nom est encore attribué par beaucoup à une rue d’Alger, pourtant débaptisée, l’avait fait avant lui : « Je fais hermétiquement boucher toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n’est descendu dans les cavernes ; personne… que moi ne sait qu’il y a là-dessous cinq cents brigands qui n’égorgeront plus les Français. J’ai été malade, mais ma conscience ne me reproche rien. J’ai fait mon devoir de chef, et demain je recommencerai, mais j’ai pris l’Afrique en dégoût. »

    Rien ne fut épargné au peuple algérien pour le réduire à l’état d’indigène, qu’on a fini par lui imposer. Un autre officier en 1852, le général Flô rapporte à Victor Hugo: «Dans les prises d’assaut, dans les razzias, il n’était pas rare de voir les soldats jeter par les fenêtres des enfants que d’autres soldats en bas recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes. Ils arrachaient les boucles d’oreilles aux femmes et les oreilles avec, ils leur coupaient les doigts des pieds et des mains pour prendre leurs anneaux. »

    En fait, comme on pouvait le lire dans les chroniques de l’époque toute vie était passible de mort, tant on avait déshumanisé l’Algérien. Jusqu’à ce qu’il se réhabilite par lui-même en 1954. Date à partir de laquelle on a fixé, arbitrairement, le décompte des victimes mortes sous les coups du colonialisme. Niant le long martyrologe de ce peuple dont l’Histoire ne se résume pas aux dernières violences, où il a pu être acteur et pas seulement victime.

    Des chiffres existent qui ont échappé à l’oubli et à la censure et qui peuvent édifier sur le génocide commis. Les voici rapportés par Michel Habart (in « Histoire d’un parjure »). Différents recensements réalisés tout au long de la conquête et plus tard donnaient en 1838 8.600.000 d’Algériens, en 1841 8000.000, en 1840 7.700.000, en 1844 7.000.000 et…2.100.000 pour 1872.

    Les épidémies de Typhus, de Choléra, les invasions de sauterelles, la famine…invoquées pour justifier la disparition, en l’espace de 34 ans, de 6.500.000 Algériens. Le comte Le Hon, rapporteur de la commission d’enquête de 1869, reconnaît : « c’est le régime auquel les indigènes sont soumis qui les faits périr » dit-il. Il explique aussi : « …ce peuple étant devenu un peuple de khammès sans terre et sans silos, les hommes, femmes et enfants sont allés mourir de faim autour des centres de colonisation. Ils sont morts sans se plaindre ».

    Il n’y a pas d’illustrations, pas de publicité et pas assez d’historiens qui en parlent. Les camps de concentration nazis apparaîtraient, peut être, comme étant moins meurtriers, tout en nous permettant par les images qu’ils nous livrent de mesurer l’atroce agonie des populations réduites à mourir sans se plaindre, parce qu’elles n’avaient même plus la force de gémir. Alors, combien de morts ? Et dans quelles conditions ? Les statistiques devraient être revues et les professionnels de l’Histoire mis à la place des idéologues et des propagandistes d’arrière-garde. Pour que la tragédie algérienne puisse s’offrir au monde dans toute sa vérité.

    Ahmed Halfaoui

    SOURCE : https://www.dzvid.com/2019/08/13/un-peu-de-memoire-utile-pour-les-notres/

     

     

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    Mohamed Kacimi :  le français est une

    langue algérienne... 

     

     Mohamed Kacimi : le français est une langue algérienne...

     

     

    Jean-Paul Sartre disait que le pouvoir est imbécile. 

    En Algérie, le pouvoir est débile, on ne le sait que trop depuis le 5 juillet 1962. 

    La dernière décision du ministre de l’enseignement supérieur, Bouzid Tayeb, de remplacer le français par l’anglais est la parfaite illustration de cette débilité.

    Plus grave, cette décision dit à quel point les responsables considèrent la chose publique comme leur bien personnel ; dont ils peuvent jouir ou disposer comme bon leur semble. C’est à croire que l’Algérie est le « bien de leur mère », رزق يماهم

    Ainsi, un ministre qui s’est chamaillé, la veille, avec sa femme, ou qui a eu une crise d’hémorroïdes, peut très bien se réveiller de méchante humeur et exiger à ce que le pays change de langue, comme s’il demandait qu’on change de moquette dans sa chambre, ou de papier peint dans son salon. Et ce, sans débat, sans consultation, sans étude préalable aucune. Non, c’est le fait du prince. En parfait « chikour », maquereau, ce ministre ordonne, par circulaire, aux recteurs d’effacer illico presto le français pour le remplacer par l’anglais.

    Déjà que ces recteurs maîtrisent à peine l’arabe, les voilà les pauvres sommés de versifier dans la langue de Shakespeare. 

    Ce ministre entend donc effacer de la mémoire collective une langue présente depuis bientôt près deux siècles, pour la remplacer par une langue, l’anglais, qui a certes de l’avenir, mais que personne ne maîtrise. A part lui, peut-être ! 

    Comme ce ministre aurait fait des études aux Etats Unis, il impose à tout un peuple la langue qu’il aime ; et au diable si ce peuple ignore cette langue…

     C’est-à-dire que demain si on a un ministre de santé qui ferait ses études au Japon, il pourrait très bien à son retour interdire le couscous aux Algériens, et leur prescrire à la place des sushis pour faire baisser leur taux de cholestérol et affiner leur ligne. 

    Pourquoi a-t-il pris cette décision ce ministre provisoire ? Comme ça, par zkara, comme on dit chez nous, et comme on le sait, la zkara c’est l’art de se faire du mal en pensant que ce mal va emmerder le voisin. 

    C’est aussi une bataille vaine, le français est en voie d’extinction en Algérie, il suffit de lire la presse nationale francophone pour s’en convaincre, et d’en arriver même à pleurer à chaudes larmes le sinistre El Moudjahid d’antan. 

    Ce genre de décision arbitraire et irréfléchie, jalonne toute l’histoire de l’Algérie indépendante, faite d’humeurs, de coups de tête et de coups de gueule, jamais de raison ou de réflexion, et encore moins de philosophie. 

    On se souvient de la décision de Boumediene de faire arracher tout le vignoble algérien juste pour emmerder la France, ou de l’absurde campagne d’arabisation de l’environnement menée sous le même dictateur. A la fin, les seules victimes de ces décisions colériques et intempestives, c’était nous. Le pays a été privé à jamais de son patrimoine viticole, et les rues d’Algérie ont été défigurées durant des années. 

    Cette guerre contre la langue française repose sur une ignorance crasse de notre histoire. 

    Ces ministres, sans culture souvent, sont convaincus que la langue française est une séquelle du colonialisme, ce qui est complètement faux. Et qu’il leur appartient d’extirper cette langue du sol d’Algérie, comme on arracherait de la mauvaise herbe. 

    Non, jamais, au grand jamais, la puissance coloniale n’a imposé sa langue aux Algériens. Au contraire, comme l’ont écrit Mustapha Lacheraf ou Kateb Yacine, le français a été conquis de haute lutte par les algériens. 

    Ecrire en français, c’est arracher la mitraillette des mains du parachutiste, disait Kateb. 

    Un bref rappel historique s’impose pour rafraîchir les mémoires : 

    En 1881 le gouvernement Jules Ferry fait voter les célèbres lois sur l’instruction primaire gratuite et obligatoire. Un décret décide leur application dans les départements algériens, y compris pour les « jeunes indigènes », avec l’idée explicite que l’enseignement du français serait un moyen de « civiliser les Arabes ». 

    Mais il était décidé qu’il y aurait des écoles pour les enfants européens et des écoles pour les « indigènes ». On ne mélange pas les torchons et les serviettes. 

    Pour Jules Ferry, chantre absolu de la colonisation, l’œuvre scolaire n’a pas pour objectif de prendre en charge la promotion des populations dominées, mais de leur donner les rudiments pour être mis à la tâche. 

    Cette décision provoque une levée de boucliers chez les colons pour qui l’instruction obligatoire risquait «d’ouvrir les yeux aux indigènes». 

    La presse coloniale se déchaîne : «Nous pourrions nous demander pourquoi nous réchauffons dans notre sein les enfants de ces vipères et pourquoi le lycée d’Alger est peuplé de jeunes Arabes qui retournent à leurs tanières, comme le chacal que l’on veut apprivoiser, aussitôt qu’ils deviendront libres», écrit le quotidien L’Atlas du 7 juin 1882. 

    L’Akhbar, autre journal européen, écrit le 26 décembre 1882 : «On est effrayés de voir tant d’Arabes instruits et l’on se demande ce qu’ils feront quand ils seront grands». 

    Yves Lacoste écrit à ce sujet : «Cet état d’esprit se traduit par le sabotage systématique de l’application aux indigènes des lois sur l’école primaire : les municipalités, seulement formées d’Européens, puisque les musulmans n’ont pas le droit de vote, s’opposent soit ouvertement, soit indirectement à la création d’écoles pour indigènes, sous prétexte qu’il n’y a pas d’argent, ni de terrain disponible, ni de candidat au poste d’instituteur. Les maires allant même jusqu’à démissionner et à faire sonner le tocsin au clocher de l’église, si un préfet s’avisait d’exiger la création d’une école pour les « indigènes » dans telle ou telle localité. 

    En effet, à la fin du XIXème siècle, à peine 2 % des enfants musulmans en âge d’être scolarisés ont accès à l’école contre 84 % des enfants européens.

    La situation ne changera pas beaucoup au XXe siècle, et les portes des écoles françaises resteront fermées au nez des enfants algériens, en dépit de toutes les revendications des partis nationalistes, 

    En 1943 sur 1 250 000 enfants âgés de 6 à 14 ans, seulement 110 000 sont scolarisés, ce qui représente un peu moins de 10 % de la classe d’âge des enfants scolarisables. 

    En 1954, à la veille de la guerre de libération nationale, 589 algériens seulement étaient inscrits à l’Université. 

    On voit que les autorités coloniales ont sciemment tenu les algériens à l’écart de l’école française. Il faudra attendre la guerre et le plan de Constantine en 1958 pour que les écoles françaises s’ouvrent enfin aux musulmans. Mais il était trop tard. 

    A la veille de l’indépendance, la population algérienne était à 85% analphabète. 

    En 1962, au moment où les troupes françaises évacuent le pays après 132 années de présence, l’Algérie comptait 9000 bacheliers et licenciés, deux architectes et cent médecins sur neuf millions d’habitants ! 

    La scolarisation massive commencera avec le premier gouvernement de Ben Bella, et toute une génération, la mienne, investira enfin l’école pour accéder et maîtriser enfin le français. 

    Il faudra attendre le départ des français pour que la langue française prenne racine en Algérie. 

    Le français est entré dans les foyers algériens le jour de l’indépendance de l’Algérie. 

    Cette dynamique sera brisée plus tard, par Boumediene, et notamment son ministre de l’Education, Taleb al Ibrahimi, qui décrétera une arabisation sauvage, après avoir mis ses enfants à l’abri aux Etats Unis. 

    L’homme confiera plus tard : « on savait qu’on allait sacrifier deux ou trois générations ». On voit aujourd’hui encore les retombées de ce désastreux sacrifice. 

    En 1977, Mustapha Lacheraf, figure historique de la révolution, et seul ministre de l’éducation lettré depuis l’indépendance, regrettera que : « la langue arabe, facteur historique de civilisation qui honorait toute l’humanité avant, a servi à réduire à néant la qualité de l’enseignement public en Algérie »

    Tout comme les colons avaient peur que l’accès à la culture ne fasse des indigènes des contestataires, le FLN, dirigé par des caporaux, et adjudants déserteurs de l’armée française, fera tout pour transformer l’école en machine de lobotomisation collective. On ouvre les portes de l’école, mais on ferme celles du savoir. 

    Il fallait coûte que coûte maintenir le peuple au niveau de ses dirigeants, c’est à dire au niveau du certificat d’études. 

    De tous les chefs d’Etat qui se sont succédé à la tête du pays aucun n’avait son baccalauréat, c’est dire !

    Depuis 1962, le français est devenu algérien, n’en déplaise à ce ministre. Il a ses papiers, comme on dit chez nous. Le français parle algérien désormais comme en témoigne le verbe «vendredire». Cette langue qui est désormais la nôtre, aux côtés du tamazight et de l’arabe, nous a donnés Dib et Kateb, Mammeri et Feraoun, Assia Djebar et Malek Haddad. On n’efface pas d’un trait de plume une langue qui porte à ce point le récit et la mémoire de notre libération, sous prétexte qu’on a fait des études en Amérique…

    Mohamed Kacimi

    SOURCE : https://www.dzvid.com/2019/07/29/mohamed-kacimi-le-francais-est-une-langue-algerienne/

    Mohamed Kacimi : le français est une langue algérienne...

     

     

     

     

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    Pour les nostalgériques extrémistes, Jacques Vergès était... un ennemi de la France... C'est faux ! Jacques Vergès était un anti colonialiste

    Le 15 août 2013 disparaissait l'avocat MaÎtre Vergès

    Jacques Vergès, le 30 janvier 2012 à Toulouse. (Crédit: BORDAS/SIPA) 

          L'hommage de Maître Kiejman  

    Sur BFMTV, l'avocat et ancien ministre sous François Mitterrand Georges Kiejman, a rendu hommage à sa manière à son «meilleur ennemi» dans les tribunaux : «Jacques Vergès était un homme fascinant et mystérieux. Sa dimension intellectuelle dépassait le cadre judiciaire. Il faisait partie des deux ou trois avocats extraordinaires de ma génération. Pendant la guerre d'Algérie, il a été physiquement très courageux et a risqué sa vie (il militait pour le FLN ndlr), a-t-il confié. C'est sans doute la période la plus glorieuse de sa vie".  

    Voici donc Jacques Vergès… l’anti colonialiste  

     

     

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    Dans le Pays « dit des Droits de l’Homme »

    Le racisme sous toutes ses formes s’amplifie

    Voici un nouveau témoignage

    Dans le Pays « dit des Droits de l’Homme »  le racisme sous toutes ses formes s’amplifie. Voici un nouveau témoignage

     

    J'ai failli mourir en plein Paris pour avoir mis

    le drapeau algérien sur mes épaules

     PAR YIDIR 

    Si j’écris ce texte, c’est parce que j’entends tous les jours des faits de racisme et que maintenant que je l’ai vécu, je les vois autrement ; je ressens ce que les autres victimes ressentent. C’est pour cette raison que j’ai souhaité témoigner, afin d’inciter les autres victimes à déposer plainte mais aussi pour dire « plus jamais ça ».

    Je suis un jeune homme d’origine algérienne. Dans la nuit du 14 juillet, je sortais dans le septième arrondissement parisien avec des amis pour regarder le match de la Coupe d’Afrique des Nations et assister au feu d’artifice. Lors de cette soirée, je portais le drapeau algérien pour célébrer la victoire du pays et j’ai donné le drapeau tricolore à l’un de mes amis, comme je l’ai expliqué à l’association SOS Racisme lorsque je suis venu obtenir un soutien et un accompagnement il y a quelques semaines.

    Vers 2h du matin, alors que je marchais à proximité du Musée d’Orsay avec mon drapeau sur les épaules, un groupe de huit personnes m’a interpellé. C’est alors que deux d’entre eux se sont rapprochés. L’un d’eux m’a frappé violemment au visage avec un objet en verre qui s’est brisé sur ma tête et dont les éclats ont été projetés au sol.

    Pris de panique, j’ai pris la fuite. C’est à ce moment-là que des insultes racistes ont été proférées, à plusieurs reprises : « Sale arabe, bougnoule, dégage d’ici, ici c’est la France. » Les agresseurs m’ont poursuivi et m’ont arraché le drapeau des épaules.

    J’ai couru jusqu’à une rue passante. C’est là que les agresseurs ont rebroussés chemin en apercevant d'autres passants.

    Suite à cette agression, j’ai décidé de déposer plaine et de me faire accompagner par SOS Racisme sur le plan juridique. Atteint d’un traumatisme crânien bénin, je suis encore en état de choc et je bénéficie désormais d’un suivi psychologique.

    Si j’écris ce texte, c’est parce que j’entends tous les jours des faits de racisme et que maintenant que je l’ai vécu, je les vois autrement ; je ressens ce que les autres victimes ressentent. 

    C’est pour cette raison que j’ai souhaité témoigner, afin d’inciter les autres victimes à déposer plainte mais aussi pour dire « plus jamais ça ». Mon histoire, à l’heure où les actes racistes fracturent notre société et où la haine anti-étrangers et anti-algériens semble se propager, me parait essentielle à être racontée. En allant voir SOS Racisme, je me suis rendu compte que je n’étais pas seul et qu’il était également de mon devoir d’inciter les autres victimes à se manifester et à demander justice.

    Si vous êtes victime de racisme ou de toutes autres formes de violences (sexistes, antisémites, homophobes, etc.) saisissez les associations, ne restez pas seul !

    YIDIR 

    En réponse à ce témoignage, parmi les 116 commentaires j’ai choisi celui de Jean Riboulet parce j’ai mis sur mon blog plusieurs articles concernant ce dernier, je vous les rappellerai ci-dessous.

    Michel Dandelot

    PAR JEAN RIBOULET 

     

    Cher jeune homme, recevez tout mon soutien, le soutien d'un grand-père qui a vécu des événements  historiques graves comme la guerre d'Algérie. De nombreuses unités de l'armée française pratiquaient un racisme  mortifère. J'ai mal supporté cette période que la France a tendance à oublier volontairement ou non. Quand j'ai terminé ce service militaire insupportable, en 1961, au mois d'octobre de cette même année, j'ai aussi subi moralement les assassinats du mois d'octobre. Une honte de notre Etat français. Avec la fin de la guerre en 1962, le racisme continue malheureusement d'exister et vous en êtes une des victimes. J'ai exprimé ma honte dans un livre édité en juillet 2018. Vous en trouverez le contenu dans un billet de mon blog publié le 12 juillet 2018 : 

    UNE HISTOIRE SOUVENT OUBLIÉE (LIVRE COULEUR KAKI) 

     

    Tout mon soutien à vous et tous ceux qui subisse ces horreurs,

    Amicalement, Jean 

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/yidir/blog/080819/jai-failli-mourir-en-plein-paris-pour-avoir-mis-le-drapeau-algerien-sur-mes-epaules 

     

    Dans le Pays « dit des Droits de l’Homme »  le racisme sous toutes ses formes s’amplifie. Voici un nouveau témoignage

     

    Rives-en-Seine : Jean Riboulet, soldat français pendant la guerre d’Algérie, raconte son histoire dans son livre « Couleur kaki »

    Rives-en-Seine : Jean Riboulet, soldat français pendant la guerre d’Algérie, raconte son histoire dans son livre « Couleur kaki »

    Jean Riboulet, à partir d’archives, produit un livre fort, « il faut intégrer la guerre d’Algérie dans la mémoire officielle »

     

    Le Caudebecquais Jean Riboulet est connu pour ses œuvres picturales et poétiques... Il expose et vend ses tableaux et a publié différents ouvrages (Humeurs, L’Encyclopédie Poétique, Les ongles sous la peau).

    Cette fois-ci, Jean Riboulet revient sur son vécu d’appelé du contingent entre 1958 et 1961 où il servira en Algérie, ce territoire où la France menait « des opérations de maintien de l’ordre ». Comme beaucoup de soldats, il parlera peu de cette guerre. Mais il y a quelques mois, il ouvre un carton oublié dans l’armoire de sa mère décédée. « Tous les courriers envoyés à ma famille pendant près de deux années et demie, sont là, sous mes yeux » précise-t-il.

    Il était temps d’en parler

    À 80 ans, Jean, voyant ses petits-enfants grandir, se sent obligé de parler de sa propre histoire « militaire imposée », qui fut celle de générations de jeunes hommes qui ont dû vivre par la suite avec leurs souvenirs enfouis. Alors c’est sous la forme d’un livre, Couleur kaki, que Jean Riboulet témoigne « de la guerre de ses 20 ans », pas seulement pour les siens mais pour le grand public qui doit savoir.

    Son livre se base sur cette correspondance retrouvée : « Les lettres que j’ai envoyées à ma famille ne sont qu’un pâle reflet de la réalité. Il m’importait de ne pas l’inquiéter avec les risques, parfois la violence, les frayeurs et les dangers auxquels nous étions confrontés », mais aussi en regard de références historiques, souvent mal connues.

    « Couleur kaki » (Editions Edilivre). À commander en librairie, à la Fnac ou auprès de Jean Riboulet au 02 35 96 39 12 (avec dédicace).

    SOURCE : https://www.paris-normandie.fr/lillebonne/rives-en-seine--jean-riboulet-soldat-francais-pendant-la-guerre-d-algerie-raconte-son-histoire-dans-son-livre-couleur-kaki-KF13430785

      

     

    "Devoir de vérité" par Jean Riboulet 

    Un article du Site Médiapart le 19 décembre 2012

     

    Devoir de vérité 

    Rives-en-Seine : Jean Riboulet, soldat français pendant la guerre d’Algérie, raconte son histoire dans son livre « Couleur kaki »

    L’Histoire se compose d’innombrables histoires. Les historiens cherchent celles-ci pour les confronter, les additionner, chercher leurs vérités et transmettre leurs propres analyses vers l’avenir en les fusionnant avec d’autres voire en contrariant celles-ci. Dans l’article de Lenaig Bredoux du 19 décembre 2012 sur Mediapart, "Hollande face au passé colonial de la France", personne ne nie l’Histoire et la mémoire de l’Histoire. 

    Et là, en Algérie, la colonisation commence en 1830. La rencontre entre les présidents Hollande et Bouteflika (1) consiste, comme l’a dit ce dernier à L’A.F.P., à tirer les enseignements « sans excuses, ni repentance ». Comme le dit la sénatrice socialiste Bariza Khiari : « il faut la vérité, la reconnaissance des faits historiques ». Mais cette vérité est pourtant souvent bafouée, contredite parce qu’il existe partout des oppositions morales (voire immorales), politiques ou sociétales qui tendent à l’étouffement de tout signe de vérité, de culpabilité. Seule la longueur de l’espace-temps permet un jour d’entrevoir cette vérité.  Si tel n’était pas le cas les historiens n’auraient pas lieu d’exister. 

    Il en est ainsi de la répression du 8 mai 1945 dans la région de Sétif qui a fait environ 50000 morts dus à l’armée française. Même chose à Paris le 17 octobre 1961 où la police  de Maurice Papon massacre entre 250 et 300 algériens. Mais l’Histoire montrera bien d’autres évènements, tout aussi importants dans leur monstruosité humaine quoique pouvant paraître anecdotiques par le nombre de victimes. Ainsi, nombre d’appelés du contingent ont vécu cela pendant leur service militaire (obligatoire !) ce que les dirigeants politiques de l’époque, comme la SFIO par exemple et aussi la droite, se refusaient d’appeler la "guerre d’Algérie", préférant l’appellation "maintien de l’ordre". J’ai fait partie de ces jeunes hommes qui ont exécuté des ordres insupportables ou vu des actes inhumains. Il faut exhumer  ces histoires pour la clarté de l’Histoire. 

    Comment ne pas évoquer ici ces "Nouvelles de la Zone interdite" de Daniel Zimmerman qui ont valu presque un bannissement à son auteur par une censure immonde mais une défense de Jean-Paul Sartre ? Comment ne pas évoquer ici des souvenirs  personnels parmi de nombreux pour démontrer que rien ne permet d’oublier les faits barbares de la colonisation ? Je me permets de le faire avec deux souvenirs. 

    Le premier a lieu en Petite Kabylie lors d’une opération militaire du côté de Bordj Tahar dans la région de Djijelli, Jijel aujourd’hui. Nous étions en observation dans un village, le long de la route qui le traversait. Un convoi de la Légion étrangère ou d’un régiment de parachutistes passe et s’arrête devant nous. Les véhicules reviennent d’une "action de maintien de l’ordre". Devant moi un camion est arrêté. Un homme, un fellagha, est ficelé sur la calandre tout contre le moteur bruyant et brûlant du véhicule. L’homme est anéanti par une abominable souffrance, mais vivant. Son regard, fier mais presque suppliant, perce le mien. Peut-être devine-t-il mon désarroi, l’horreur qui me saisit. Le ventre torturé, la tête nauséeuse, je le regarde. Une sueur honteuse envahit mon corps. Je ne fais rien. Aujourd’hui encore je suis coupable de cette immobilité. 

    Un autre souvenir, parmi d’autres, surgit. En 1960, Toujours dans le même secteur géographique (Chekfa), notre unité du 129ème R.I. est chargée "d’un regroupement de population" autour de la base 901. Pour ce faire nous ouvrons un camp entouré de barbelés avec des constructions sommaires où s’entassent des familles entières. Camp de concentration ? Presque ! Mais dans le même temps nous détruisons des demeures modestes mais ancestrales, ces mechtas dispersées dans le djebel. Nous imposons aux gens de les éloigner de leur propre vie. Aujourd’hui encore, j’ai honte de ma non révolte.  

    Le sentiment de culpabilité ne peut être effacé par une repentance officielle et je comprends la position du gouvernement algérien. Mais au-delà de « tirer les enseignements de notre expérience passée pour corriger “dans l'action” la trajectoire d'une coopération et d'un partenariat toujours perfectible », comme le dit A. Bouteflika (1), la France  est tout de même coupable. Coupable d’exactions et de crimes et il convient de se souvenir que des officiers comme les généraux Aussaresses et Bigeard ont bel et bien existé, avec leurs tortures, leurs mains souillées de sang, de celui de centaines de gens qui voulaient être libres mais aussi celui de gens qui luttaient pour cette liberté comme Maurice Audin par exemple. 

    Le Président de la République doit continuer ses devoirs de vérité en ouvrant tous les dossiers pour que l’Histoire de notre passé colonial, notamment en Algérie, continue à s’écrire sans tabou sans réserve. 

    Jean Riboulet

    (1) Lorsque Jean Riboulet a écrit ce témoignage, en 2012, il ne pouvait pas savoir que Bouteflika allait être démi de ses fonctions présidentielles par le mouvement révolutionnaire existant en Algérie aujourd'hui... mais cela est une autre histoire.

     

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    Lettre ouverte aux forces de l’ordre encore

    dignes de leurs fonctions : réagissez !

    PAR GENEVIÈVE LEGAY 

    Lettre ouverte aux forces de l’ordre encore  dignes de leurs fonctions: réagissez!  PAR GENEVIÈVE LEGAY

    Si je m’adresse à vous, forces de l'ordre, ce n’est pas pour vous faire la leçon, mais pour vous dire à quel point les politiques policières menées depuis quelques temps vous desservent. Pour que cessent les souffrances et les violences engendrées par une politique inhumaine, de caste, j’en appelle à votre sens de l’honneur. Ne laissez pas un métier honorable devenir pitoyable.

    La population des petites gens, des gens de rien, méprisée par le pouvoir, avait du respect pour vous et croyait en votre devoir de protection.

    Ce n’est plus le cas. Les violences, les bavures policières, les mensonges, les manipulations se retournent contre vous et ce que vous devriez représenter.

    Nombre de vos camarades épuisé.e.s choisissent le suicide pour échapper à l'inacceptable. Le «travail» qu’on vous demande d’exécuter est intolérable et inadmissible pour moi et aussi à beaucoup d’autres ! J’ai beaucoup de peine. 

    Mon grand-père était policier, il m’a appris le respect de la police qui nous protège. 

    Et, comme je l’ai déjà fait lors de conférences de presse, notamment le 29 avril, alors qu’une chaîne T.V. voulait que je vous «enfonce», je veux mettre en avant la réalité du malaise exprimé par beaucoup d'entre vous et pointer les suicides qui déciment vos rangs.

    Comment la place Beauvau et le Président ne se posent-ils pas la question du pourquoi de ces situations désespérées?

    Si je lutte aujourd’hui aux côtés des Gilets jaunes, et autres mouvements, c’est pour construire un autre monde que je pense possible : plus humain, plus juste, pour la dignité de toutes et de tous, dans l'espoir d'une vie meilleure. Y compris pour vous, fonctionnaires sous-payé.e.s, faisant de nombreuses heures souvent non récupérées. Vous êtes au bord de l’épuisement et certain.e.s plus du tout dans le discernement des ordres reçus. Ordres que vous avez encore la possibilité de refuser

    Je m’adresse surtout à celles et ceux qui se sentent éclaboussé.e.s par les violences, bavures et mensonges policiers, y compris de leurs supérieur.e.s comme par le refus de l’I.G.P.N. de procéder à de vraies enquêtes permettant des poursuites.

    Le résultat : vous êtes tous et toutes amalgamé.e.s à ces pratiques révoltantes à juste titre!  

    Nous devrions être ensemble, nous respecter. 

    Comment accepter que ce pouvoir nous jette les un.e.s contre les autres, vous face au peuple?

    Pour que tout cela cesse, les souffrances et les violences engendrées par une politique inhumaine, de caste, j’en appelle à votre sens de l’honneur et des responsabilités ; ne laissez pas un métier honorable devenir pitoyable. 

    Réagissez !

     

    Lettre ouverte aux forces de l’ordre encore dignes de leurs fonctions: réagissez !  PAR GENEVIÈVE LEGAY

    Hélas !!!

    Chère madame legay ne vous faites pas d’illusion

    Mon grand-père était policier, il m’a appris le respect de la police qui nous protège

    On ne peut que rester dubitatif en lisant cette phrase.

    Combien de policiers ont refusé de prêter leur concours aux rafles antisémites, sous l'occupation ?

    Combien ont refusé d'obéir aux ordres du préfet Papon, le 17 octobre 1961, puis lors de la manifestation de Charonne ?

    Les policiers se sont plutôt signalés, dans l'histoire, par leur zèle à appliquer les ordres, même lorsque ces ordres étaient infâmes, que par leur propension à faire respecter les droits de la personne humaine.

    Difficile, évidemment, compte tenu de la personne qui signe ce texte, de ne pas le recommander .

    Mais sans se faire d'illusion sur ses chances éventuelles de convaincre ses destinataires...

    Cette chanson a été écrite, et chantée face aux CRS et aux gendarmes mobiles, il y a déjà... quarante ans...

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/lancetre/blog/110216/le-gam-en-belgique-quarante-ans-de-chansons-et-de-luttes 

     

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