• Slimane ZEGHIDOUR : "Voici mon Algérie en couleur pendant la guerre"

    Slimane ZEGHIDOUR : "Voici mon Algérie en couleur pendant la guerre"

    Son livre "L'Algérie en couleurs, 1954-1962" révèle des photographies inédites d'appelés pendant la guerre d'indépendance pour découvrir une autre histoire des relations entre Algériens et Français...

    L'Algérie comme vous ne l'avez jamais vue. 1400000 appelés du contingent se sont succédé en Algérie entre 1954 et 1962. La plupart avait juste vingt ans, n'avait jamais quitté la France et parfois même leur village. Munis de petits appareils kodachrome, ils ont photographié ce pays qu'ils découvraient : la vie des populations, les femmes et les enfants, la beauté des paysages exceptionnels. Mais aussi leur quotidien de soldat, les marches sans fin à travers la montagne kabyle, les opérations militaires, le contrôle exercé sur les populations civiles... Des milliers de photographies ont ainsi été prises. Les voilà pour la première fois. Elles ne racontent pas la guerre. Elles donnent à voir une autre Algérie, loin des images réalisées par les services photographiques des armées ou les reporters des journaux en quête de scoops ou d'images choc. Ce livre est le fruit d'une récolte unique réalisée auprès des anciens appelés. Plus de 2000 photos ont été envoyées, par des centaines d'anonymes, sollicités par les auteurs et France Info.


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  • Soixante-douzième Anniversaire  de la mort

    de Simone Michel-Lévy le 13 avril 2017.

     

    Soixante-douzième Anniversaire  de la mort de Simone Michel-Lévy, 13 avril 2017.

     

    Chaque année Danièle Ponsot, présidente de l'ANACR Jura-Nord préside la cérémonie en hommage à la résistante Simone Michel-Lévy. Mais, rappelons-nous, Danièle Ponsot a été aussi maire de Chaussin (Jura). Elle est née en Algérie, cette pied-noir a inauguré une rue du 19 Mars 1962 

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    Une rue du 19 MARS 1962  inaugurée  à CHAUSSIN  le  11 septembre 2010  par Roland DELAINE président départemental de la FNACA du Jura, hélas décédé aujourd'hui et Madame le Maire Danièle PONSOT.

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    Voici les paroles prononcées par notre pied-noir préférée et fière d'être dans le camp des républicains et amie des Algériens, très opposée aux nostalgériques extrémistes :

    Monsieur le Député, Madame le Maire, Monsieur le Président du Souvenir Français, Messieurs les Présidents d’Associations Patriotiques, Messieurs les Représentants des corps Constitués, Messieurs les Porte-Drapeaux, Mesdames, Messieurs.

    (Excuses à transmettre : M. Le Président Départemental de l’ANACR, Madame la Trésorière de l’ANACR Jura-Nord….)

              Cette année, nous aurons à cœur de célébrer l’anniversaire de la mort de Simone Michel-Lévy avec  encore plus de gravité. Les propos révisionnistes de la candidate du Front National à l’élection présidentielle à propos de la rafle du Vel d’Hiv nous révèlent, s’il en était besoin, le vrai visage de la digne fille de son père ! Alors, NON ! Il ne faut pas baisser les bras, il ne faut pas que tombe dans l’oubli la petite Résistante Jurassienne, obstinée et courageuse, qui avait toujours refusé d’obéir aux ordres d’un pouvoir pétainiste faisant fi de la devise de notre pays : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE pour la remplacer par Travail, Famille, Patrie. Pouvoir qui avait accepté de collaborer à des actes aboutissant à la déportation des Juifs, des Communistes, des Tziganes, des Homosexuels et….des Résistants !

              Récemment, au cours d’un voyage à Venise, j’ai été bouleversée par la visite du quartier juif, quartier foisonnant de vie dont on a du mal à réaliser qu’il a été un ghetto : en 1516, d’abord, sous les ordres de Zaccaria Dolfin puis, à partir de 1944, date à laquelle le camp de Fossoli passa aux mains des allemands : plus de 200 juifs, hommes femmes, vieillards, enfants furent alors envoyés à Auschwitz, comme en témoigne le mémorial de l’holocauste, situé dans le vieux ghetto !....C’était en Italie mais ce fut la même chose partout où le pouvoir nazi a pris le pas sur la Démocratie.

              Face à cette machine à avilir, à déshumaniser, à tuer, des femmes et des hommes se sont levés pour dire : NON ! Comme Simone. Je le disais déjà l’année dernière, ici même, comme Jean Moulin, elle a donné sa vie, pas ses amis, elle qui, comme lui, avait été trahie !

              Simone Michel-Lévy a payé de sa vie son engagement sans faille dans la Résistance. Déportée à Ravensbrück, elle aida une de ses camarades d’infortune à créer une chorale, pour entretenir un peu d’espoir dans la vie de ces malheureuses ! Plus tard, expédiée à  Holleschein (Tchécoslovaquie d’alors)  elle travaille avec ses camarades  dans le groupe SKODA, à la fabrication de munitions anti-aériennes. Là, elle continuera tant qu’elle le pourra son œuvre de Résistante, sabotant les engins de mort qu’on les oblige à fabriquer. Mais la presse saute une fois de trop et  Françoise (c’était alors son nom de guerre) et deux de ses amies subissent alors la sentence terrible les condamnant sans appel : elles furent pendues le 13 avril 1945, 10 jours avant la libération du camp !

              C’était le 13 avril 1945, c’était il y a 72 ans, c’était hier mais c’est aujourd’hui !

    Voici quelques mots extraits d’une chanson de Jean Ferrat «  Nuit et Brouillard »

    « On me dit à présent  que ces mots n’ont plus cours

    Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour,

    Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire

    Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

    Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter

    L’ombre s’est faite humaine  aujourd’hui  c’est l’été

    Je twisterais les mots s’il fallait les twister

    Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez….. »

    Car tel est l’objectif de nos cérémonies du souvenir : entretenir, auprès des jeunes générations un devoir de mémoire afin qu’elles réalisent que les mots : «  Fidélité à un idéal »  ne sont pas une expression vide de sens !

    Grâce à Simone, la petite Comtoise, grâce à cette  « Armée des Ombres »dont tant de soldats ont donné leur vie, aujourd’hui, nous sommes LIBRES !

    Ne gaspillons pas un bien si précieux pour suivre de dangereuses chimères !!!Je vous remercie !                           

                                      Danièle Ponsot, Présidente de l’ANACR Jura-Nord.

    Cette chanson toujours d'actualité "Quand les hommes vivront d'amour" qui a été interprétée à l'occasion de cette cérémonie par la Chorale L'Alouette... Mais malheureusement les hommes n'ont toujours rien compris...

      

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    Ça s'est passé...

    Le 21 avril 1961

    Ça s'est passé...  Le 21 avril 1961

    Zeller, Jouhaud, Salan et Challe, les quatre généraux putschistes

     dans les rues d'Alger.

    Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, les hommes du 1er Régiment étranger de parachutistes, commandés par Hélie Denoix de Saint-Marc, prennent le contrôle d'Alger. Le « Putsch des généraux » vient de commencer.

    Pendant que les légionaires prennent position, Charles de Gaulle assiste à une représentation de Britannicus à la Comédie française, en compagnie de Léopold Sédar Senghor. Il ne laisse rien paraître mais il est en fait tenu au courant de la situation minute par minute. De fait, dès les premières heures de la nuit du 21 au 22 avril, une série d'arrestations est effectuée en France, dans les milieux favorables à l'Algérie française.

    A Alger, à 8 h 45 le 22 avril, le général Challe prend la parole à la radio : « Officiers, sous-officiers, gendarmes, marins, soldats et aviateurs, je suis à Alger avec les généraux Zeller et Jouhaud et en liaison avec le général Salan pour tenir notre serment : garder l'Algérie. »

    En Algérie, le putsch est relativement « léger ». Challe se contente de faire arrêter les représentants du gouvernement et se refuse à armer les pieds-noirs. Il se heurte aussi à l'hostilité des hauts gradés de l'armée et surtout à celle des appelés du contingent.

    Ça s'est passé...  Le 21 avril 1961

    Le dimanche 23 avril au soir, de Gaulle apparaît en grand uniforme à la télévision. Son discours entrera dans l'histoire : « Un pouvoir insurrectionnel s'est installé en Algérie par un pronunciamiento militaire. Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite... » (voir la Une du Populaire du Centre du 24 avril 1961 ci-dessous) Ses mots portent. Le putsch est fini. Le mardi 25 avril, Hélie Denoix de Saint-Marc et Maurice Challe se livrent aux autorités.

    Jouhaud et Salan entrent dans la clandestinité et prennent la tête de l'OAS.

    Ça s'est passé...  Le 21 avril 1961

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  • Marine Le Pen : « La colonisation a beaucoup apporté, notamment à l’Algérie »

    Nouvelle apologie de la colonisation en France. La candidate du Front National (extrême-droite) à l’élection présidentielle française, Marine Le Pen s’est fendue d’une déclaration polémique au sujet de l’Algérie : « La colonisation a beaucoup apporté, notamment à l’Algérie », a-t-elle lâché, ce mercredi 19 avril, sur la chaîne de télévision BFM TV. « Même les Algériens de bonne foi l’admettent », selon Marine Le Pen. Précisant son propos sur les prétendus effets positifs de l’occupation française, Marine Le Pen enchaîne : « Moi je pense – et chacun d’ailleurs qui est de bonne foi admet – que la colonisation a beaucoup apporté, notamment (…) à l’Algérie : des hôpitaux, des routes, des écoles… Même des Algériens qui sont de bonne foi l’admettent », conclut la dirigeante du FN. 

     

     

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    La rue d'Isly à Alger en 1957

    La France de votre enfance (l’Algérie française) vous l’a décrivez ainsi... sauf que...

    « Faut-il rappeler que sur un territoire sinistré, l’Armée française a ouvert des routes, a construit des villages puis des villes, a défriché, a ouvert les grandes voies de communications et a contribué à façonner le pays. Puis la conquête de l’Algérie a été celle des instituteurs, des médecins, des ouvriers et des paysans qui ont contribué au développement et à la pacification d’une Algérie exsangue. La France n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait là-bas ! »

    Puis votre nostalgie prend le dessus et vous écrivez :

    « Depuis mon départ, il ne s'est pas passé un seul jour sans que mes pensées volent vers toi. Je revois avec émotion et ravissement tes rues inondées de soleil, tes maisons aux murs blancs, tes plages au sable chaud. J'entends encore le bruit des vagues contre les rochers, les cris des enfants jouant dans la rue et celui des hirondelles volant dans un ciel d'azur.

    Je voudrais pouvoir encore m'enivrer du parfum sublime des fleurs d'orangers, de citronniers, de jasmin, d'acacia, froisser entre mes doigts des feuilles d'eucalyptus, mâcher une caroube, m'asseoir enfin à l'ombre d'un figuier ou d'un néflier. Je voudrais encore pouvoir caresser le sable d'or du Sahara, contempler la beauté majestueuse des dunes du désert et la splendeur des palmeraies.

    Je sens toujours ton soleil éclatant sur ma peau, le goût salé de l'eau de mer sur mes lèvres. Je m'étire, je respire doucement et m'abandonne pour m'imprégner complètement de tes saveurs et de tes richesses.
    Alors je me sens revivre, mon cœur bat plus vite et se remplit d'espérance car tu es ma vie, mon refuge. »

    Mais la France de votre enfance ce n’était pas que cela :

    Le maréchal Lyautey proclamait : « Faire des maisons, construire des villes, dessiner des routes, c’est bien, mais il faut aussi élever les âmes de ceux à qui on les destine... Il faut faire de l’urbanisme jusqu’au cœur des hommes... Libérer l’homme de l’inégalité politique, de l’ignorance, du logement insalubre, de la maladie, de l’inégalité sociale et du chômage, telle est la mission que la France entendait remplir en Algérie. »

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    Après tout ce que nous avons fait pour eux ! 

    C’était un argument avancé au moment de la guerre d’Algérie pour condamner ceux qui avaient pris les armes pour leur libération du joug colonial. Et ce alors que la France et les Européens avaient mis le pays en valeur, créant les infrastructures nécessaires à sa modernisation ! Des routes, des voies ferrées, des ponts, des barrages, des écoles, des hôpitaux, des bureaux de Poste… que sais-je encore, avaient été construits par la puissance coloniale !

    L’idée a refait surface des années plus tard et Georges Frèche, a créé à Montpellier un musée de la présence française en Algérie.

    Aujourd’hui Marine Le Pen en remet une couche en vantant les mérites de la colonisation. On est presque en droit de s’interroger : les Maghrébins à qui nous apportions les bienfaits de la civilisation n’étaient-ils pas quelque part un peu masochistes de refuser ce bonheur clé en main ? J’ai extrait d’un livre de dessins de Jean Effel que mon frère m’avait offert il y a une vingtaine d’années celui qui illustre le présent article. On y voit deux colons et un militaire suant sang et eau pour construire une route tandis qu’un indigène regarde leur travail à l’ombre d’un palmier en reniflant le parfum d’une fleur ! Il ne me semble pas nécessaire de développer davantage ! 

    Jacques CROS

    Deux sociétés juxtaposées.

    Alain Ruscio - Historien

    Le 19 mars 1962, l'Algérie et la France connaissaient leur première journée de paix depuis... 132 ans ! Cette affirmation peut surprendre.

    Et, bien sûr, il n'est pas question d'affirmer ici que l'Algérie a été, en permanence et dans chacun de ses douars, à feu et à sang.
    Il y eut des moments d'affrontement : la phase que bien des historiens appellent la première guerre d'Algérie, entre la conquête de 1830 et la reddition dans l'honneur de l'Emir Abd el Kader (1847), le soulèvement massif de Mokrani en 1871, les affrontements du Constantinois en 1945, enfin la seconde guerre d'Algérie, plus connue, de 1954 à 1962.
    Il faut bien être conscient de la violence de ces guerres.

    Oh, certes, les thuriféraires du colonialisme évoquent, aujourd'hui encore, celle des colonisés. Mais ils oublient deux choses. D'abord que ces actions furent une réponse à la violence fondamentale que représenta la conquête, puis l'établissement de la soi-disant paix française. Ensuite, la supériorité technique des Français fut toujours et partout écrasante, que ce soit grâce aux fusils Chassepot du début de cette histoire ou au napalm durant les années de guerre de 1954 à 1962.

    Mais même hors de ces moments de paroxysme, la paix n'a jamais existé dans les coeurs.

    Il faut dire que le racisme le plus dégradant a trop souvent été la principale idéologie de bien des Français d'Algérie. En témoignent mille faits, mille mots blessants (il n'est pas utile de reproduire ici le vocabulaire raciste, mais chacun l'a, hélas, encore en tête).
    Trop souvent, le seul contact entre les membres des deux communautés furent ceux de supérieur à subordonné, quand ce ne fut pas de maître à domestique.
    Que savaient les Français d'Algérie des indigènes, comme ils disaient? Neuf sur dix ne connaissaient pas la langue arabe, encore moins le kabyle.
    Au travail, si les deux communautés se côtoyaient certains donnaient des ordres, les autres les recevaient, apparemment soumis.
    Que pouvaient bien avoir à se dire, dans les champs, le colon et le fellah? Que pouvaient bien se dire dans les usines, le contremaître (99 fois sur 100, un Européen) et le manœuvre (toujours des indigènes)? Ou, dans les bureaux, le cadre européen et l'employé aux écritures : musulman?
    Dans les quartiers? Dans certains, les enfants pouvaient jouer ensemble, jusqu'à un certain âge.
    L'école, c'était plus rare, puisque tous les enfants européens étaient scolarisés, contre, en moyenne, un enfant musulman sur dix.
    Par la suite, insensiblement, les préjugés l'emportaient.
    Dès l'adolescence et, a fortiori, à l'âge adulte, une cloison étanche séparait les deux communautés (plus d'ailleurs, car à l'intérieur de chacune il y avait des sous divisions : Français de souche, Espagnols, Italiens, Maltais chez les Européens. Arabes, Kabyles, Juifs chez les indigènes.) À la maison, les familles ne se fréquentaient pas : trop de différence de niveau de vie (les plus pauvres des Européens - n'évoquons pas les gros colons - avaient tout de même l'eau, l'électricité, un minimum de confort... ce que ne pouvait espérer l'immense majorité des indigènes.), trop de différences de coutumes, de moeurs, de religions. Il était, par exemple, rarissime qu'un enfant d'une communauté épouse un enfant de l'autre. Quels indigènes pénétraient dans les maisons européennes? Les femmes de ménage (uniformément appelées Fatmas, ce qui était une blessure supplémentaire), parfois des ouvriers d'entretien, plombiers ou peintres. C'était à peu prés tout.
    Quels Européens allaient chez les Musulmans? Pratiquement aucun. Car déjà, pour la plupart ces Musulmans vivaient dans des maisons très pauvres, certains dans de véritables gourbis, selon un mot très usité à l'époque, d'autres même dans les bidonvilles.
    Il aurait fallu ensuite, pour le faire, un sacré sens de l'anticonformisme, il aurait fallu braver les regards et les «ont-dit » des autres Européens.
    Dans la rue? Là encore, les deux communautés se côtoyaient sans se parler. Il y avait un phénomène bien connu, et du reste généralisé à toutes les colonies, des quartiers européens et des quartiers musulmans. Les européens n'allaient pratiquement jamais dans les quartiers musulmans.

    Un Algérois pouvait passer sa vie dans la capitale sans jamais avoir mis les pieds dans la Casbah, par exemple. A contrario, il y avait quelques indigènes pour fréquenter les quartiers européens.

    Quelques promeneurs, quelques Arabes évolués (vilain mot de l'époque coloniale), qui venaient acheter des produits et vêtements modernes. Mais la plupart venaient pour y travailler : les femmes de ménage ou les ouvriers, déjà cités, se rendant à leur travail, quelques employés de cafés et restaurants, les inévitables cireurs de souliers, au labeur dès l'âge de 5 ans. Il pouvait bien y avoir, parfois, des contacts. Beaucoup évoquent les traversées des villes en tramways. La cohabitation s'y faisait cahincaha mais n'empêchait pas les heurts : telle femme voilée adulte, interpellée par un jeune Européen, la sommant de donner sa place assise, tel autre Européen en faisant à voix hautes des remarques désobligeantes sur les odeurs... Le grand écrivain Kateb YACINE raconte une expérience vécue: « Dans un tramway, en 1950, l'Européenne de Bab el Oued, avec son lourd  couffin. A ses mains, à ses rides, la façon dont elle tient son bébé, son effarement encore souriant, on voit que cette jeune femme a eu déjà plusieurs enfants, qu'elle travaille dur, mais n'ignore pas la joie. On lui accorde immédiatement un préjugé de sympathie. Quant à son voisin, c'est l'Arabo-Berbère passé par un heureux hasard sur les bancs d'une école. Gravement moustachu, vêtu d'un bleu de chauffe, il dévore son journal.
    Et tous deux coexistent au soleil des grands jours, un soleil justicier. On dirait d'eux, à première vue, qu'ils sont l'incarnation d'une Algérie paisible et fraternelle, celle de l'avenir. Mais le bébé n'est pas content. Il crie, il se démène, et sa mère le gronde, toujours en souriant :
    - Tais-toi, ou bien l'Arabe va te manger.
    - Non, Madame, les Arabes ne mangent pas de cochon.

    Il a suffi de quelques mots. Le vieux tramway de l'Algérie française roule vers la catastrophe.» Il existe, fort heureusement, des exceptions.
    De tous temps, il y eut, en Algérie, des Européens respectueux, ouverts à la diversité humaine et culturelle. Certains traduisent cela par la littérature (on pense à Isabelle Eberhardt), d'autres par l'oeuvre picturale (les tableaux d'Etienne Dinet), d'autres par leurs activités professionnelles (bien des médecins de campagne, la majorité des instituteurs, véritables héros des temps modernes, mais disposant de si peu de moyens), d'autres enfin par la charité (quelques religieux et religieuses qui n'étaient pas liés au système)...
    Il faut faire ici une place à certains Européens d'Algérie qui choisirent le combat politique. C’étaient les « Internationalistes »
    Leur stratégie n'a pas toujours été en adéquation avec la réalité. Mais il reste qu'ils ont dénoncé les atteintes aux libertés et les violences de l'ère coloniale, qu'ils ont tenté, avec d'autres, de tracer la voie vers la sortie du colonialisme. Surtout, il faut souligner une spécificité : ils ont été les seuls de toute l'histoire coloniale française (et peut-être mondiale) à réunir en leur sein des militants de toutes origines (Européens, Musulmans, Juifs), peu leur importait, ils étaient tous des Internationalistes… mais, hélas, ils n'ont pas été entendus. La société fraternelle qu'ils préconisaient n'a jamais vu le jour.
    A la place s'est imposé une société à deux ou même à trois vitesses.
    Augustin BERQUE, le père du grand orientaliste, disait naguère, que les Indigènes et les Européens, n'étaient pas associés mais «juxtaposés ».

    La France de votre enfance, telle que vous l'a décrivez... Et l'article de l'historien Alain Ruscio : "Deux sociétés justaposées"

    Alain Ruscio contre les OAStalgiques

    Le chercheur rafraîchit les mémoires sur les ignominies de l’armée secrète

    Il y a le sourire de Robert Ménard, maire de Béziers, quand il débaptise, au milieu du mois de mars 2015, la rue du 19 mars 1962, date des accords d’Evian mettant fin à la guerre d’Algérie, pour dévoiler la plaque de la rue Commandant-Denoix-de-Saint-Marc. Et puis il y a ses mots : «Notre paradis à nous, comme disait et dit toujours ma mère.»

    Passons sur l’ancien commandant du 1er Régiment étranger de parachutistes, admirable pendant la Seconde Guerre mondiale, respectable en Indochine et misérable en Algérie quand il participe à la bataille d’Alger et au putsch des généraux en retraite, qui n’étaient pas 25, un quarteron, mais quatre : Salan, Jouhaud, Challe et Zeller.

    Nostalgérie, l’interminable histoire de l’OAS devrait rafraîchir les mémoires. «Notre paradis… ma mère», toute la guerre tient en quatre mots pour les nostalgiques. Après, il y a les chiffres et l’histoire d’un mouvement qui passera alternativement de l’horreur absolue à la bêtise, du ridicule à l’ignominie. Alain Ruscio dresse un bilan de ceux qui rêvaient de se mettre dans les pas de Franco marchant sur Madrid, pour conquérir Paris. Les chiffres : 15355 attentats, faisant 1622 morts (239 Européens, 1383 musulmans), entre mars 1961 et avril 1962, au nom du paradis que représentait l’Algérie pour quelques militaires en rupture de ban et des «braves gens» pour reprendre une expression du Canard enchaîné pour désigner des hommes de main.

    «Le 15 mars 1961, un commando armé envoyé par Roger Degueldre, dirigé par deux chefs des commandos Delta, Jo Rizza et Gabriel Anglade, et comprenant Félicien "Kiki" Gardiola, "Petit Vincent", "Pierrot la Grue", "Jeannot" Martinez, fit irruption et exécuta froidement six hommes désarmés, collés au mur : Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand et Salah Ould-Aoudia.» Voilà l’affaire dite du Château-Royal, au cours de laquelle ces «braves gens» règlent leur compte aux dirigeants des centres sociaux éducatifs fondés par Germaine Tillion. Des méthodes si proches de l’attentat contre Charlie Hebdo. Pourquoi ? Ils répondaient à la violence du FLN et des «barbouzes» gaullistes. Sans doute, mais le niveau de haine - réciproque - touche à l’indicible. Le 19 février 1962, Francine Dessaigne, partisane de l’Algérie française, rend compte d’une opération : «Hier à midi, un commando OAS a tiré sur une voiture qui sortait de l’hôpital Maillot. Il y avait quatre barbouzes. La voiture a pris feu […]. Un cercle s’est formé. On a regardé se consumer le véhicule et ses occupants dont certains n’étaient que blessés […]. Qui n’a jamais dans sa vie tué des rats ou brûlé des scorpions.»

    L’imbécillité avait sa place aussi, comme le rappelle Alain Ruscio : «En février 1962, le siège des Editions sociales françaises, maison totalement apolitique spécialisée dans les publications de droit du travail, fut plastiqué à la place des Editions sociales, émanation du PCF… En mars, l’appartement d’un certain M. Léon, journaliste à la retraite, fut à son tour détruit, le commando l’ayant confondu avec Georges Léon, critique musical à l’Humanité…» A force de se tromper de cible et de méthodes, les plastiqueurs de l’OAS vont perdre tout soutien populaire, comme en témoignent les résultats aux référendums de janvier 1961 (74,9% des suffrages approuvent l’autodétermination) et d’avril 62 (90,8% en faveur de la ratification des accords d’Evian). Bilan de l’OAS, qui voulait rendre coup pour coup au FLN, mettant un terme à tout espoir de cohabitation entre les «indigènes» et les «Européens» : la guerre totale promise par des officiers qui avaient choisi de désobéir se transformait en une défaite totale.

    En voulant aller contre l’histoire - le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, affirmé par le général de Gaulle -, les amis de Jean-Marie Le Pen, que l’on croise une douzaine de fois dans le livre d’Alain Ruscio, opposaient la force de quelques-uns à la volonté populaire. Ils auraient dû lire Alexis de Tocqueville qui écrivait en 1830 : «La société musulmane et la société chrétienne n’ont malheureusement aucun lien, elles forment deux corps juxtaposés, mais complètement séparés […]. Tous les jours cet état de choses tend à s’accroître par des causes contre lesquelles on ne peut rien.» Dire notre «notre paradis à nous», c’est encore naviguer entre le ridicule et l’ignoble pour faire plaisir à sa maman, sans rien avoir appris de l’histoire.

    Philippe DOUROUX

     SOURCE : http://www.liberation.fr/livres/2015/04/15/alain-ruscio-contre-les-oastalgiques_1241904

     

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  • Ces appelés qui ont dit NON

    A l’époque de la guerre d’Algérie, les jeunes gens qui refusaient de porter les armes, les réfractaires, insoumis ou déserteurs, étaient mis au ban de la société française. Leur choix était le plus souvent incompris. Aucune institution, parti, syndicat ou église ne les soutenait. L’opprobre pesait sur leurs familles comme sur celles de malfaiteurs. Elles étaient convoquées à la mairie, subissaient des interrogatoires et des perquisitions de la part des policiers. Leur entourage les critiquait, les rejetait. Pour les réfractaires et les déserteurs, la seule alternative à la prison était l’exil. Le temps a passé, mais aujourd’hui le choix des réfractaires et des déserteurs n’est guère mieux compris. Même ceux qui critiquent sévèrement la guerre, admettent difficilement leurs choix. Pourtant, les réfractaires comme Etienne Boulanger, les déserteurs comme Noël Favrelière nous enseignent qu’il est toujours possible de dire NON ! 

    Ci-dessous le témoignage de Jacques Pous, l’un de ceux qui ont dit NON (1)

    Ces appelés qui ont dit NON

    Pourquoi si peu de refus à faire la guerre ?

    Il ne faut pas oublier que la plupart des appelés sortaient de l’enfance (c’était le cas de la plupart de ceux que j’ai rencontrés au 24e RIMa) et ce n’est pas la lecture de Bled et de la grande presse, les discours lénifiants ou menteurs des politiques, des Églises et de la plus grande partie de ce que l’on appelle les élites qui allaient leur ouvrir les yeux. L’important, dans l’immédiat, c’était la bouffe et les "perms" (lorsque l’on a passé plusieurs jours dans une caserne, l’on est prêt à tout pour ne pas se faire punir et "se la faire" …) et, dans un avenir beaucoup plus lointain, compter à combien "au jus" l’on en était et "la quille, bordel", horizon ultime de la présence à l’armée, cri lancé avec dérision, par des centaines de milliers de jeunes, pour éviter de pleurer face à l’absurde. Le grand public et surtout les responsables de la politique de la France en Algérie n’avaient pas voulu, durant huit ans, entendre des gosses qui hurlaient leur souffrance, leur sentiment d’abandon et parfois même leur dégoût (Des rappelés témoignent) et maintenant ils étaient une nouvelle fois victimes d’une entreprise de récupération qui allait alimenter le silence dans lequel certains d’entre eux allaient s’emmurer.

    Tous, par contre, ont eu le sentiment de ne pas être compris et même parfois d’être jugés et condamnés lors de leur retour dans une société civile qui ne s’était intéressée à l’Algérie que lorsqu’un proche était concerné. Ils savaient que parmi eux ils avaient été nombreux à ne pas participer aux exactions, qu’il s’en était trouvé quelques-uns qui, comme des appelés le racontent à Patrick Rotman et Bertrand Tavernier, avaient bien traité des prisonniers, soigné des adversaires blessés, refusé de participer à la torture ou qui, comme le brigadier Monjardet, avaient été héroïques en refusant de tirer, malgré les ordres, sur des fellahs désarmés. (2)

    Tous ceux-là ne pourront que refuser les généralisations dont ils étaient victimes et qui étaient la conséquence de l’amnistie accordée aux véritables coupables.

    Comment d’ailleurs pourrait-on juger des gosses auxquels l’on avait inculqué la soumission à l’autorité alors que l’on ne sait pas ce que, à leur place, l’on aurait fait. Pour ma part, en tous cas, je me refuse de me mettre dans la position du si : qu’aurais-je fait ou pas fait si … Ce qui compte, c’est ce que j’ai fait ou pas fait. C’est pourquoi il m’est difficile de juger les autres, en particulier ceux de ma génération, car je connais trop la part d’animalité et la part d’humanité qui hantent l’homme ; si j’avais été dans la même situation qu’eux, j’aurais, peut-être, agi comme eux. Cette problématique du « si » n’a, par ailleurs, aucun intérêt car il est à tout jamais impossible de savoir ce que l’on aurait fait si … Ceux qui prétendent le savoir s’illusionnent. Des enquêtes d’opinion ont d’ailleurs montré que, dans la génération de la paix, ils sont nombreux à proclamer que s’ils avaient été confrontés aux situations auxquelles ont été confrontés les appelés de la génération du feu, ils auraient refusé d’y participer ; à les entendre, si la même alternative leur était proposée, (11,5 % des élèves de terminale interrogés en 1977 par Jean-Pierre Vittori auraient opté pour la désertion), le chiffre fantaisiste des trois mille réfractaires serait donc aujourd’hui largement dépassé.

    Reste enfin une forte minorité qui a été victime de ce que l’on appelle le stress du combattant ou de la culpabilité de s’en être sorti ou encore du dégoût pour ce qu’ils avaient fait. Ce sont les véritables victimes d’une guerre que, dès 1955, Guy Mollet considérait comme "imbécile et sans issue" ; sans oublier ce qu’ont subi ceux d’en face qui, lors d’un conflit asymétrique sont dix fois plus exposés aux séquelles de la guerre. De nombreux travaux concernent les traumatismes des GI’s retour du Vietnam, d’Irak ou d’Afghanistan ; qu’en est-il des Vietnamiens, des Irakiens ou des Afghans qu’ils ont massacrés ? Qu’en est-il des Algériens, des réfugiés croisés en Tunisie, des Moudjahidins traumatisés par huit ans de guerre, des millions de personnes regroupées dans ce qui trop souvent ressemblait à des camps de concentration ? Peut-être qu’un jour les historiens se demanderont quelles ont pu être les séquelles lointaines de la guerre sur la population algérienne et sur un avenir de violences qui, là aussi, s’enracinent dans un passé qui ne veut pas passer.

    Quant à moi, j’avais choisi la trahison comme règle de vie : comment en effet ne pas trahir ses idéaux si l’on ne se résout pas, un jour, à trahir son pays. Toutefois, je n’ai pas eu immédiatement conscience qu’avoir pu dire NON, qu’avoir pu trahir en réalité et non en rêve, est une chance qui n’est pas donnée à tous ; l’obsession de trahir et la frustration de ne pouvoir le faire seront au cœur de mes engagements futurs. Combien de fois, par la suite, n’ai-je pas regretté de ne pouvoir refuser d’aller au Vietnam, de ne pouvoir refuser d’aller se battre en Irak ou en Afghanistan, de ne pouvoir désobéir à l’ordre d’aller bombarder la Serbie ou Gaza. De nombreux témoignages d’appelés du contingent mentionnent d’ailleurs le sentiment d’impuissance qui les étreignait lorsqu’ils étaient témoins de crimes contre lesquels ils avaient l’impression de ne pouvoir rien faire. Je ne voudrais pas, comme cela a été le cas pour eux, qu’un jour l’on vienne me dire que je suis responsable ou que je dois me repentir de crimes décidés et perpétrés par d’autres alors que l’on ne m’aurait jamais donné la parole et la possibilité de m’y opposer.

    Les associations d’anciens combattants, la FNACA ou l’UNC-AFN, au lieu de faire répéter par la dernière génération du feu les rites dérisoires du passé, auraient dû l’amener à demander des comptes à tous ceux qui, durant quarante ans, allaient continuer à diriger la France : eux, les décideurs politiques, ils savaient ce qu’ils faisaient. Ce n’est pas un hasard si ce sont d’abord les rappelés, ensuite les sursitaires et enfin les étudiants qui se sont le plus opposés au discours officiel. La grande erreur des tenants de l’Algérie française est d’avoir accordé des sursis ! Toutefois, plusieurs appelés, regroupés dans l’Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre qui, eux, ont servi, durant de nombreux mois, "Au pays de la soif et de la peur" (3) ne seront pas dupes et refuseront les décorations en chocolat (Carte (4), Croix et Retraite du combattant), telles ces médailles du travail que le système accorde aux prolétaires pour qu’ils se souviennent et se félicitent jusqu’à la mort d’avoir été exploités.

    Le communiste Étienne Boulanger, "insoumis sous l’uniforme", qui s’était résigné à servir après deux années passées en prison, refusera le certificat de bonne conduite et la médaille commémorative des opérations de maintien de l’ordre en Algérie que l’armée avait finalement décidé de lui attribuer. "Je ne me sentais pas une âme de médaillé, proclame-t-il. Le chien du régiment était à côté de moi. Je trouvais que ce chien, qui avait été dressé à mordre les Arabes sur commande, – le dressage n’avait pas marché pour moi – était plus méritant que moi. Je lui ai donc passé la médaille autour du cou" (5). Quant à Jean Faure, il note dans ses carnets : « A Tizi Ouzou, dans la rigidité militaire, beaucoup à dire aussi sur les obsèques de ce copain. “Nous vous conférons la médaille militaire … la croix de la valeur militaire avec palmes …”, etc. Conférez tout ce que vous voudrez, ça ne vous coûte pas cher. Mais jamais vous ne rendrez la vie à Philibert, ni Philibert à sa famille » (6).

    Jacques Pous 

     


    Ces appelés qui ont dit NON

    (1) Jacques Pous, De Gandhi à Fanon. Un religieux face à la guerre d’Algérie, éd. Golias, 2012, pp. 257-260.

    Ces appelés qui ont dit NON

    (2) Patrick Rotman et Bernard Tavernier, La guerre sans nom, pp. 130-131 et Patrick Rotman, L’ennemi intime, p. 111.

    Ces appelés qui ont dit NON

    (3) Jean Faure, Au pays de la soif et de la peur. Carnets d’Algérie. 1957-1959, Flammarion, Paris, 2001.

    Ces appelés qui ont dit NON

    (4) La carte du combattant et les avantages qui s’y rattachent a été accordée à quelques combattants en Afrique du Nord par la loi du 1er décembre 1974 et à tous ceux qui avaient été présents en A.F.N. entre le 1er janvier 1952 et le 2 juillet 1962 par celle du 30 décembre 2003.

    (5) Patrick Rotman et Bernard Tavernier, La guerre sans nom, p. 221.

    (6) Jean Faure, op. cit., p. 52.

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  • Décès de Bruno Barillot

    Expert du dossier des essais nucléaires au Sahara algérien et en Polynésie française

    Décès de Bruno Barillot  Expert du dossier des essais nucléaires au Sahara algérien et en Polynésie française

    Bruno Barrillot est décédé le 25 mars 2017. « Infatigable lanceur d’alerte » sur les conséquences des essais nucléaires, il était co-fondateur de l’Observatoire des armements.

    Entre 1960 et 1996, la France a réalisé 210 essais dans le Sahara et sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, en Polynésie française. Longtemps tabou, leur impact sanitaire a été officiellement reconnu par la loi Morin, adoptée le 5 janvier 2010. Un tournant après quarante années durant lesquelles l’Etat assurait de l’innocuité de ses expérimentations.

    Néanmoins, afin de limiter les possibilités des plaignants, la loi introduit la notion de « risque négligeable » entre l’exposition à la radioactivité et la pathologie. Résultat : en sept ans, sur un millier de requêtes, une vingtaine d’indemnisations seulement ont été octroyées. Bruno Barrillot ne pouvait cacher sa colère : « Comment l’Etat peut-il encore agir ainsi ? » (1)

    Né le 9 avril 1940 à Lyon, Bruno Barrillot est décédé dans la soirée de samedi 25 mars à Tahiti des suites d’un cancer, a annoncé Patrice Bouveret, actuel directeur de l’Observatoire des armements. Un hommage lui [a été] rendu le samedi 8 avril après-midi à Lyon, dans les locaux de l’Observatoire.

    Bruno Barrillot a œuvré inlassablement pendant de très nombreuses années pour la levée du secret-défense sur les essais nucléaires au Sahara et en Polynésie et la reconnaissance de leurs méfais sur les populations locales et l’environnement. Il avait fondé, en 1984 à Lyon, avec Patrice Bouveret et Jean-Luc Thierry, l’Observatoire des armements/Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits, (CDRPC).

    Lauréat 2010 du « Nuclear Free Future Award », il était l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Les Victimes des essais nucléaires : histoire d’un combat (janvier 2010, éditions de l’Observatoire des armements, préfacé par la députée d’alors Christiane Taubira). L’action de Bruno Barrillot portait aussi sur un projet de création d’un centre de la mémoire des essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie. Projet qui lui a été inspiré par le Centre historique d’Alger de la guerre de Libération nationale qu’il a visité en 2007.

    « Ton départ provoque un immense vide, mais les nombreuses investigations que tu as menées, les ouvrages et nombreux articles que tu as rédigés, les documentaires auxquels tu as contribué continueront d’être le socle indispensable sur lequel pourront s’appuyer tous ceux qui agissent pour faire reconnaître les conséquences sanitaires, environnementales des essais nucléaires et poursuivre cette immense tâche d’un avenir sans menace atomique suspendues au-dessus de nos têtes » (2), a souligné Patrice Bouveret dans l’annonce du décès de l’expert et militant pour la vérité sur les essais nucléaires français.

    « L’attentisme du gouvernement français est intolérable » 

    « L’attentisme du gouvernement français sur le dossier des conséquences des essais nucléaires est intolérable pour les victimes et leurs ayant droits ». « La politique de l’autruche de la France sur les conséquences — humanitaires, sanitaires et environnementales — de son programme d’armes nucléaires est totalement contre-productive », soulignait Bruno Barrillot, à l’occasion du 55e anniversaire de l’explosion de Gerboise bleue, la première bombe française au Sahara (El Watan, 14 février 2015). Sa puissance était comprise entre 60 et 70 kilotonnes, soit plus de trois fois la puissance de l’explosion d’Hiroshima.

    Dans une interview qu’il nous avait accordée en février 2014 (El Watan du samedi 15 février 2014), il nous affirmait — suite à la publication par Le Parisien d’un document déclassifié du ministère français de la Défense sur l’opération Gerboise dont les effets du nuage radioactif ont touché la moitié de l’Afrique et même le sud de l’Europe — : « Je ne suis pas surpris par l’ampleur des retombées radioactives des 4 essais Gerboise de 1960-61 sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest… La surprise, c’est la persistance du déni par les autorités françaises qui ont toujours restreint les retombées radioactives des essais au Sahara à des ‘‘secteurs angulaires’’, extrêmement limités dans des zones connues pour être inhabitées.

    Les militaires reconnaissent qu’à certains endroits, les normes de radioactivité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l’eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne, N’Djamena. C’est effarant ! »… « En regardant la carte, on se rend compte que si le nuage radioactif a touché tous ces pays (Afrique de l’Ouest), il comportait des éléments radioactifs (iode 131, césium 137 et même du plutonium) qui sont très nocifs pour la santé et ont pu générer, des années plus tard, des cancers ou des maladies cardio-vasculaires.

    C’est en tout cas ce que constatent certains médecins algériens qui exercent à l’hôpital de Reggane ou à Tamanrasset. On sait que les éléments radioactifs produits par une explosion nucléaire ont des demi-vies assez longues, ce qui fait que dans les 13 zones de la carte, il restait encore de tels éléments radioactifs qui ont pu être inhalés ou respirés par les personnels et populations avec les conséquences que l’on connaît. »

    Les associations de victimes, partie civile dans une plainte contre X 

    L’expert précisait que « la déclassification des documents s’est faite parce que les associations de victimes se sont portées partie civile dans une plainte contre X déposée en 2004 et que le gouvernement français voulait éviter que nous allions jusqu’en Cour européenne des droits de l’homme pour exiger la communication des rapports de surveillance radiologique et biologique des essais nucléaires.

    J’estime cependant que le gouvernement français choisit les documents à déclassifier, notamment ceux qui ont peu d’intérêt, comme les relevés de radioactivité de l’air, semaine après semaine dans des périodes où il n’y a pas eu d’essais, donc qui mentionnent que ‘‘tout va bien’’ ! Il y a quand même quelques documents qui apportent des informations nouvelles, et c’est ce qui motive notre action »… Et aussi : « Après tant d’années, la totale transparence s’impose non seulement sur les risques sanitaires, mais aussi et surtout sur les conséquences environnementales qui, j’ai pu le constater moi-même, sont considérables tant à Hamoudia qu’à In Ekker. »

    Et de souligner : « Nous avons encore un gros travail à faire avec le milieu médical, notamment pour faire introduire de nouvelles maladies cardiovasculaires ou tout ce qui touche à la santé des générations suivantes ou aux modifications génétiques. » « J’ai toujours considéré que mes recherches sur les effets des essais nucléaires avaient comme point de départ et comme point d’aboutissement la parole des victimes et le constat des dégâts environnementaux.

    C’est un conseil que je donne aux élus qui, jusqu’à ce jour, sont hélas peu enclins à auditionner les victimes comme ils le font dans d’autres domaines et qui préfèrent entendre des ‘‘idéologues’’ de la dissuasion nucléaire ou des ‘‘experts’’ de l’industrie et de l’armement nucléaire plutôt que les victimes elles-mêmes. »

    Bruno Barrillot suggérait alors qu’« étant donné l’ampleur des conséquences des expériences nucléaires, il serait probablement opportun que, par exemple, la France et l’Algérie incluent, dans le contentieux de la période et de la guerre de décolonisation, un volet concernant les essais nucléaires au Sahara. Des actions de coopération franco-algériennes, notamment sur la décontamination et la sécurisation des anciens sites d’essais du Sahara permettraient, en plus des réhabilitations nécessaires, de former des acteurs et des experts des deux pays dans ces domaines de haute technologie. »


    (1) D’après Le Monde du 14 avril 2017 : http://www.lemonde.fr/disparitions/....

    (2)  http://www.obsarm.org/spip.php?arti...

    SOURCE : http://ldh-toulon.net/deces-de-Bruno-Barillot.html 

    Bruno Barrillot suivait depuis très longtemps la question des essais nucléaires, notamment en Polynésie. Il a longtemps plaidé avec le milieu associatif pour la reconnaissance des maladies issues des essais, en particulier de très nombreux cancers qui ont touché des populations situées à plusieurs centaines de kilomètres des lieux où les bombes ont explosé.
    Il y a plusieurs mois, les députés ont adopté un nouveau système de reconnaissance de ces maladies au sein d'une commission étatique où l'armée ne soit pas juge et partie.
    Bruno Barrillot fait le point sur cette question qui affecte des populations aussi bien en Algérie que dans les îles polynésiennes.
    Il répond aux questions de Jean-François Cullafroz
     

     

    xxx

     

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  • L'École Nationale Polytechnique d'Oran

     (ex ENSET) baptisée Maurice Audin

    L'École Nationale Polytechnique d'Oran  (ex ENSET) baptisée Maurice Audin Il n'y avait que la Place du centre-ville de la capitale qui portait son nom. Désormais une institution des Sciences a été bap

    Il n'y avait que la Place du centre-ville de la capitale qui portait son nom. Désormais une institution des Sciences a été baptisée en cette journée du savoir du nom du martyr de la nation Maurice Audin. C'est fait ce dimanche 16 avril 2017, le nom de Maurice Audin a été donné à l'École Nationale Polytechnique d'Oran (ex ENSET).

    Une belle et riche cérémonie a été consacrée à l’événement avec la participation de responsables nationaux et locaux. Une forte assistance notamment estudiantine ont pris part au cérémonial, en présence de Pierre, fils de Maurice Audin et son épouse.

    L’Ecole nationale polytechnique d’Oran (ENPO) a donc été baptisée, hier, au nom du martyr Maurice Audin, jeune mathématicien et militant anticolonialiste ayant épousé la cause nationale, assassiné par les parachutistes du tristement célèbre général Massu.

    La cérémonie, coïncidant avec Youm El Ilm, a été présidée par le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Salah Eddine Seddiki, en présence des autorités locales, de représentants de la communauté universitaire locale et du fils du défunt. Dans son intervention, le directeur de l’ENPO, Abdelbaki Benziane, a évoqué la vie de ce militant anticolonialiste, enseignant de mathématiques, arrêté, sauvagement torturé puis assassiné en juin 1957, durant la Bataille d’Alger. Le même responsable a expliqué que la baptisation de l’ENPO au nom de Maurice Audin n’est pas un choix fortuit, car, a-t-il rappelé, depuis sa création en 1970, l’ex-Ensep, puis Enset, devenue à partir de 2012 ENPO a été investie de la mission de prendre en charge des formations de sciences et techniques, avec une prédominance pour les mathématiques.
    Le fils de Maurice Audin, Pierre, a qualifié, dans une déclaration à l’APS, cet événement de symbole fort, appelant les responsables de l’ENPO à relever le défi d’une formation de pointe et de qualité. La cérémonie a été marquée par l’inauguration d’une stèle dédiée à Maurice Audin et érigée dans l’enceinte de l’école.

     

    L'École Nationale Polytechnique d'Oran  (ex ENSET) baptisée Maurice Audin Il n'y avait que la Place du centre-ville de la capitale qui portait son nom. Désormais une institution des Sciences a été bap

    Le fils de Maurice Audin : Pierre Audin accompagné de son épouse

    Né le 14 février 1932, dans la ville de Béja, en Tunisie, de père né en France et de mère née en Algérie. Maurice Audin suivit pratiquement toute sa scolarité à Alger où sa famille vit depuis les années 1940. Il entra à la Faculté des sciences d'Alger, en 1949, à l'âge de 17 ans. Brillant étudiant, il fut appelé le 1er février 1953 comme assistant par le professeur Possel qui le prit aussitôt en thèse et le mit en contact avec son patron de Paris, le grand mathématicien Laurent Schwartz.

    En plus de ses activités de chercheur, Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien depuis 1951, était omniprésent dans les luttes syndicales et politiques. C'est à travers ces luttes que se forgea sa conscience nationale. Il intégra ainsi la nation algérienne en lutte pour sa dignité. Il a été assassiné par les parachutistes le 21 juin 1957. Comme des milliers de disparus de la Bataille d'Alger, son corps n'a pas été retrouvé à ce jour.

    SOURCE : http://www.huffpostmaghreb.com/2017/04/16/lecole-nationale-polytechnique-ex-enset-doran-baptisee-maurice-audin-_n_16049122.html 

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  • Guy Beaujard instituteur pendant la guerre d'Algérie

    Guy Beaujard et sa classe en 1959-1961

    Guy Beaujard aujourd'hui

    Guy Beaujard n'a que 18 ans quand, en 1959, il quitte son Jura natal pour rejoindre les collines de Kabylie. L'ancien enfant de troupe, qui a refusé de venir se battre contre les « fellagas », livre un autre combat: contre l'illettrisme. Logé dans le fortin de Tifrit N'Aït Oumalek, avec les soldats français, il fait la classe aux enfants du village et sert d'écrivain public à leurs parents. Dans les montagnes environnantes se cachent les troupes de l'Armée de libération nationale, notamment le célèbre colonel Si Mohand Ouel Hadj.

    Dès son arrivée, le jeune instituteur manque de mourir dans une embuscade tendue par le fils du colonel. C'est pourtant ce dernier, ardent défenseur de l'instruction (il rêvait d'une école dans chaque village), qui lui sauvera la vie lorsque, en 1962, l'armée française l'abandonne sur place. Cinquante ans plus tard, Jean-Yves Jeudy et Agnès Poullin filment les retrouvailles émouvantes du schirh (l'enseignant, en kabyle) avec ses anciens élèves. Guy Beaujard parcourt les ruines et feuillette l'album de sa jeunesse, celui de toute une génération traumatisée par les « événements ».

    Ce documentaire met en lumière, à travers le destin exemplaire de Guy Beaujard, un aspect méconnu de la guerre d'Algérie : le sort tragique réservé à ces instituteurs français envoyés en nombre dans tout le pays au milieu des années 50, avant d'être littéralement oubliés lors du repli des troupes françaises. Beaucoup ne survécurent pas à l'indépendance. Il était temps de leur rendre hommage.

    Guy Beaujard, fils de gendarme, enfant de Troupe, refuse à 18 ans la carrière militaire et part comme instituteur civil en Grande Kabylie en 1959. La France est alors empêtrée dans cette sale guerre. En juillet 1962, il est oublié par l’armée française. Sous prétexte de le faire prisonnier, le colonel du FLN, Si Mohand ou el Hadj, le met dans le bateau pour la France. Il vient de lui sauver la vie. Retrouvé et invité par ses anciens élèves, ’le Schirh’ retourne avec émotion à Tifrit N’Aît Oumalek et à Moknéa en 2010. Il y apprend que l’embuscade subie lors de son arrivée a été montée par le fils du colonel Si Mohand : "Le fils a failli me tuer et le père me sauve la vie, c’est une belle histoire". Ce film documentaire retrace l’accueil chaleureux qui lui a été offert et ravive les mémoires.

     


    Guy Beaujard sur LCP- LE CHIKH, CELUI QUI SAIT... par brahimSACI

     

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  • Pour se faire une idée la plus proche de la réalité et de la vérité il faut savoir écouter tous les points de vue d’où qu’ils viennent  concernant les témoignages de la guerre d’Algérie en particulier et du colonialisme en général.

    Rencontre avec Zakia Rezig  préparée et filmée par les élèves de terminale ES, lycée de la Plaine de l'Ain, Ambérieu en Bugey

    Zakia Rezig et sa soeur

    Zakia Rezig est née à Vienne (Isère), en 1962, de parents algériens. Elle grandit en France et mène un parcours scolaire et professionnel sans difficultés particulières. C'est à l'adolescence qu'elle commence à s'interroger sur la trajectoire de ses parents, à travers la guerre et la colonisation.

    Zakia Rezig évoque avec émotion son parcours d'enfant algérienne en France, sa quête mémorielle, et sa perception du racisme au fil des années. 

    Rencontre avec Zakia Rezig 
    préparée et filmée par les élèves de terminale ES, lycée de la Plaine de l'Ain, Ambérieu-en-Bugey

    Rencontre avec Zakia Rezig  préparée et filmée par les élèves de terminale ES, lycée de la Plaine de l'Ain, Ambérieu en Bugey

    Née à Vienne (Isère) en 1962, Zakia Rezig est la première d’une fratrie de huit enfants, à voir le jour en métropole : ses deux sœurs aînées étant nées en Algérie.
    Son père, arrivé en France en 1954 pour y trouver du travail, est rejoint par sa femme et ses filles en 1958. Après la guerre, les immigré.es algérien.es peuvent choisir de garder leurs papiers français ou de les rendre et ses parents optent pour le second choix. Étant née juste avant les accords d’Evian, Zakia grandit en France avec la nationalité algérienne.
    La famille vit d’abord dans un appartement très vétuste de Vienne, où Zakia naît. Puis, avec plusieurs familles immigrées, elle est logée dans une sorte d’îlot de petites maisons, sans aucun confort, dans le quartier de Leveau. Il n’y a pas d’eau courante. C’est là que Zakia situe la plupart de ses souvenirs d’enfance, dans un environnement multiculturel, mais avec le vif souvenir du racisme des institutrices, qui touche particulièrement ses sœurs aînées.
    La famille déménage en 1968 à Villette-d’Anthon, petit village de l’Isère. Zakia s’estime chanceuse d’avoir grandi à la campagne, malgré un environnement social peu accueillant, mais en échappant à la relégation dans les périphéries urbaines, qui était le lot de nombre de familles immigrées à cette période. Elle garde un souvenir vif et heureux du contact avec la nature. Elle partage le quotidien de camarades d’école primaire aux origines diverses : outre les Français.es, des enfants de familles venues de Portugal, d’Espagne, d’Italie, du Maroc, ou encore de Tunisie. La famille s’agrandit et compte un fils et sept filles.
    Elle gagne Lyon à partir de 1978-1980 pour y suivre des études de couture puis de stylisme et modélisme. Elle commence simultanément à fréquenter la librairie libertaire La Gryphe qui participe à son éducation politique et la sensibilise au sujet de la colonisation. Elle travaille actuellement, et ce depuis 1989, en tant que sellière-maroquinière dans une entreprise de haute-couture, après avoir exercé dans la tapisserie et la rénovation de sièges, la sellerie automobile de luxe et d’avions ou encore la décoration d’ameublement.
    Elle estime que ses origines n’ont pas nuit à son développement personnel, qu’il s’agisse de ses recherches d’emploi ou encore de logement. Elle prend cependant conscience des conséquences de sa nationalité algérienne. En 1992, elle a le choc de se voir refuser un visa pour le Canada où elle doit rendre visite à sa sœur. C’est à ce moment là, qu’elle choisit de faire une demande de naturalisation. Elle se sent aujourd’hui pleinement Française, tout en étant très attachée à ses racines algériennes.
    Elle commence à se pencher sur l’histoire de ses parents à partir du moment où, au cours de son adolescence, ils commencent à évoquer la guerre. Lors de son premier voyage en Algérie en 1998, elle est submergée d’émotions à son arrivée. Elle poursuit depuis une recherche personnelle sur le passé de sa famille et de l’Algérie. En compagnie de son père, elle retourne régulièrement en petite Kabylie, dans le village familial de la région de Bouira, dans la maison construite par ses parents, interrogeant les mémoires des habitants. Elle a d’ailleurs constitué un ensemble d’archives filmées et photographiques, qu’elle souhaiterait un jour mettre en forme et partager. Elle est la seule, parmi ses frères et sœurs, à s’intéresser à cette histoire et à s’interroger sur le parcours de ses parents que, malgré ses années de recherche, elle n’arrive pas encore tout-à-fait à cerner.

     

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  • L'historien anticolonialiste André Nouschi est décédé

    L'historien anticolonialiste André Nouschi est décédé. En 2012 il s'en était pris à Christain Estrosi : « Je vous laisse avec l’OAS, un ramassis d’assassins »

    L'historien anticolonialiste, André Nouschi, auteur de plusieurs recherches sur l'Algérie et la Méditerranée, est décédé le 7 mars dernier à l’âge de 94 ans, a-t-on appris vendredi auprès de ses proches.

    L'information de son décès a été confirmée jeudi soir par l'Université de Nice Sophia Antipolis dans laquelle il enseignait l'histoire contemporaine.

    Né le 10 décembre 1922 à Constantine, André Nouschi, spécialiste de l’histoire contemporaine, avait consacré ses recherches dans les années 1940 et 1950 sur l’histoire économique de l’Algérie. Sa thèse, soutenue en 1959 sous la direction de Charles-André Jullien, portait sur "Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises, de la conquête jusqu'en 1919".

    A l'Université d'Alger où il professait, il avait publié en 1958 la "Correspondance du Docteur Vital (de Constantine) avec Ismaël Urbain". Menacé par les Ultras, il avait quitté Alger la même année pour continuer l'enseignement à l'Université de Tunis.

    En 1960, il a publié avec Yves Lacoste et André Prenant "Algérie passé et présent".

    André Nouschi qui dénonçait aussi la politique israélienne en Palestine, est connu pour être un fervent anticolonialiste. Il s'est également intéressé à l'histoire de l'exploitation du pétrole dans les régions d'Afrique du Nord et du Proche-Orient.

    Professeur émérite depuis 1991, il enseignait l'histoire contemporaine à l'université de Nice, où il a fondé en 1968 le Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine (CMMC) puis la revue des Cahiers de la Méditerranée en 1971.

    SOURCE : http://www.lematindz.net/news/23762-lhistorien-anticolonialiste-andre-nouschi-est-decede.html

    SOUVENIRS

    Le lundi 20 février 2012 : lettre ouverte d’André Nouschi à Christian Estrosi

    André Nouschi, « Juif, Pied noir » et professeur d’histoire, a été scandalisé par le communiqué de Christian Estrosi manifestant son opposition au colloque organisé par la Ligue des droits de l’Homme les 10 et 11 février derniers. Il a adressé le texte ci-dessous au Patriote Côte d’Azur qui l’a publié dans le courrier des lecteurs de son édition du 17 février 2012.

    Après ce texte qu’André Nouschi nous autorise à reprendre comme une lettre ouverte au maire de Nice, vous pourrez prendre connaissance du compte-rendu du colloque de la LDH publié dans le même numéro de cet hebdomadaire, puis de la lettre de soutien qu’André Nouschi avait adressée fin janvier au collectif Non à un hommage officiel à Bigeard.

    Lettre ouverte à Christian Estrosi, maire de Nice 

    « Je vous laisse avec l’OAS, un ramassis d’assassins »

     Le Patriote Côte d’Azur, le 17 février 2012

     

    Monsieur le Maire,

    Je devais vous écrire d’abord au sujet des impôts locaux, du tramway n° 2 et de la démolition de l’ex-gare d’autobus, ensuite au sujet de votre communiqué relatif au colloque organisé par la LDH à Nice sur la fin de la guerre d’Algérie.

    Comme Pied noir, né en Algérie où ma famille était installée bien avant l’occupation d’Alger en 1830, puisque les Nouschi sont arrivés d’Italie, comme vous à Nice, en 1736. J’ai donc vécu d’abord dans des villages dits de colonisation, ensuite à Oran, Alger et Constantine. J’ai fait la guerre après avoir souffert des lois de Vichy comme juif algérien (j’ai été déchu de la citoyenneté française, aux applaudissements des Pieds noirs non juifs). J’ai travaillé sur la colonisation française en Algérie ; ma thèse a été soutenue en 1959 et a démonté les mécanismes de la dépossession des terres des paysans arabes. La colonisation française a été la cause de la guerre d’Algérie parce que les Pieds noirs ont refusé toute réforme (si vous le souhaitez je peux vous raconter tout cela en détail). J’ai vécu la guerre d’Algérie quotidiennement ; avec les tortures des paras de Massu, Bigeard (je ne sais quel ministre imbécile de vos amis a voulu faire transférer les cendres de Bigeard aux Invalides ; et je m’y suis opposé avec d’autres Français parce qu’on n’honore pas un bourreau qui a du sang sur les mains). [...]

    De Gaulle a mis fin à la guerre d’Algérie, malgré l’OAS qui a tout fait pour l’assassiner. J’ai donc voté pour la fin de la guerre et je m’en félicite. Cette guerre a tué de 25 à 30000 soldats du contingent. N’était-ce pas trop ? Elle a coûté aux Français 10000 milliards de francs (celle d’Indochine avait déjà coûté 3000 milliards). Vous n’avez pas le droit de refuser qu’on parle de la fin de la guerre. C’est indigne d’un citoyen et d’un parlementaire qui se prétend gaulliste. Mais vous ne savez pas ce que c’est d’être gaulliste. Vous voulez faire plaisir à l’OAS qui a tenté plus d’une fois d’assassiner de Gaulle. Monsieur le Maire, en publiant votre communiqué, vous vous êtes déshonoré en vous associant à des assassins. Je refuse, comme gaulliste de fondation (je le suis depuis 1940) et j’ai combattu les armes à la main aux côtés de de Gaulle dans la 1ère Division Française Libre (j’ai été condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Constantine en 1943). Et ni vous, ni Lionel Luca n’avez le droit de vous exprimer ou de regretter la fin de la guerre d’Algérie.

    Si vous avez le droit de parler LIBREMENT aujourd’hui c’est grâce aux « bougnouls » et à de Gaulle qui ont libéré la France en 1944, après lui avoir rendu son honneur. Je vous laisse avec l’OAS, un ramassis d’assassins.

    Professeur André NOUSCHI
    Juif et Pied noir, Niçois depuis 1965,
    démocrate depuis toujours

     

    Compte-rendu du colloque du 11 février 2012 

    Dépasser une mémoire clivée

    Le Patriote Côte d’Azur, le 17 février 2012

    Vendredi et samedi, à l’initiative de la Ligue des droits de l’Homme un colloque nécessaire s’est tenu sur le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. Il a exploré cette histoire commune à la France et à l’Algérie.  

    « Nous allons organiser un voyage en Algérie avec des anciens militaires appelés en Algérie et des Pieds-noirs qui ont tous analysé leurs erreurs et pensent aujourd’hui que la guerre de libération était juste. » Cette initiative que présente Jacques Pradel de l’Association des pieds-noirs progressistes lors de la dernière conférence du colloque organisé par la Ligue des droits de l’Homme autour des 50 ans de la fin de la guerre d’Algérie est un symbole fort.
    Cette table ronde finale s’interrogeait d’ailleurs sur l’avenir qui se construit entre la France et l’Algérie. Auparavant, historiens, sociologues et journalistes étaient venus parler de cette guerre vue par les Algériens, de la violence des ultras, de ces Européens restés en Algérie en 1962 ... Un devoir de mémoire nécessaire comme l’a rappelé Denise Vanel de la LDH-Nice.

    Estrosi défenseur de l’OAS. Ainsi, malgré menaces et pressions, le colloque Algérie-France s’est déroulé sans aucun incident et dans un véritable esprit de progrès et de réconciliation. Pourtant le maire de Nice, Christian Estrosi, avait ouvert la polémique et mis de l’huile sur le feu en publiant, deux jours avant, un communiqué où il marquait sa « désapprobation quant à cette démarche qui ne s’inscrit en aucune manière dans le cadre ou l’esprit, de la commémoration du cinquantenaire à Nice », sous-entendant que, s’il en avait les moyens juridiques, il l’aurait fait interdire ! Stratégie politicienne malsaine qui brossait dans le sens du poil ses électeurs « nostalgéristes », il ne voulait sans doute pas que d’autres personnes se réapproprient cette mémoire. Se voulait-il le garant d’une vision clivée de l’histoire ? C’est en tout cas en ces mots, rejoignant ceux de Robert Injey, conseiller municipal de Nice et ceux de l’ADECR, que Jean-François Mignard, membre du bureau national de la LDH clôturait les échanges le samedi : « Par ses enjeux politiques et sociaux, il était important que ce colloque puisse se tenir. C’était un principe de liberté de paroles. Ce n’était pas négociable d’autant qu’un certain ministre a expliqué qu’il ne fallait pas de zone de non-droit sur notre territoire, non ? La société française doit dépasser l’histoire et la mémoire clivées. »

    Jean-François Gavoury, président de l’association des victimes de l’OAS s’est lui aussi montré indigné par le communiqué de Christian Estrosi. « Une monstruosité. ll aurait dû honorer de sa présence le spectacle à la mémoire de Mouloud Feraoun. Il se fait l’héritier de l’OAS en attaquant la culture ainsi. »

    Dépasser le traumatisme. Ils furent donc nombreux à s’être déplacés au CLAJ de Cimiez dès le vendredi soir pour la très belle pièce de Mouloud Feraoun. Le samedi, entièrement consacré à des débats et des tables rondes, la salle ne désemplissait pas.

    Et si quelques anciens de l’OAS et nostalgéristes essayèrent de perturber les débats dans la salle, les échanges furent pertinents et le regard porté sur le passé permit de mettre à jour les blessures, les drames humains, et cette colonisation contraire aux principes des droits de l’homme, et aux droits fondamentaux de la République française. Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’association Harkis et Droits de l’homme rappelait d’ailleurs que ceux qui crient aujourd’hui « Les Harkis nos frères ! » n’ont jamais montré de la solidarité envers eux en 1962. Elle en sait quelque chose. Elle passa 15 ans dans un camp en France à partir de 1965. Ce traumatisme, il faut le dépasser car « à force, nous avions intériorisé que nous étions inférieurs » et elle regrette que le terme « harkis » soit très souvent associé à « traître ».

    Algérie en reconstruction. Le pays est en quête de sens et exprime tous ces déchirements passés, explique l’historien Madjid Merdaci. Des déchirements qu’il ne faut pas juste résumer à la guerre d’Algérie pour l’historien Yann Scioldo-Zürcher. « On ne peut penser cette histoire de manière monocausale. La guerre d’Algérie a débuté en 1830. Il faut s’intéresser au processus et cesser la culpabilisation. C’est ainsi que l’on arrivera alors à faire l’histoire de l’Algérie coloniale et postcoloniale. »

    Une des principales interrogations interpellait la situation actuelle très ambiguë entre la France et l’Algérie sur te terrain de la réconciliation. Tout le monde s’accordait pour dire que l’écueil était principalement politique. En France, il n’y a jamais eu autant de déferlements et d’actions pour réhabiliter la colonisation et les tueurs de l’OAS, tout cela sur fond de racisme et de xénophobie tandis que du côte algérien, le pouvoir réagit à ces agressions par des agressions. « L’exigence de la repentance n’est pas recevable comme cela. C’est beaucoup plus complexe », témoigne Madjid Merdaci. « Le gouvernement algérien est le meilleur acteur de cette nostalgie coloniale. Il n’y a pas une thèse universitaire qui a été faite en Algérie sur la torture, sur les camps... C’est une stratégie politicienne. » Dans le public, une Algérienne va encore plus loin « Il n’y a pas de haine entre les peuples ou entre les nations, peut-être juste des incompréhensions. Le vrai problème vient surtout des politiques.

    On regrette cependant qu’il n’y ait pas eu dans la salle plus de jeunes de la deuxième ou troisième génération d’immigrés qui sont en quelque sorte les symboles de cette histoire et culture communes à nos deux pays.

    Pieds Noirs d’Algérie. Ceux qui sont restés 

    Ni valise ni cercueil, le livre du journaliste Pierre Daum, intervenant samedi après-midi au colloque de la LDH a jeté un pavé dans la mare  . Ainsi donc, ils n’étaient pas tous partis. 200000 « Pieds Noirs » de toutes conditions, de toutes opinions, sont restés dans leur pays, l’Algérie. Certes, ils en sont partis progressivement, mais il en est qui y sont encore aujourd’hui.

    Comme en écho aux émotions que ce thème a ranimées, l’on apprenait au même moment la disparition de l’un d’entre eux, Georgeot Acampora. Enfant de Bab el Oued, il y est né il y a 86 ans de parents d’origine italienne, il y est mort ce 11 février 2012. Tourneur à l’usine Job/Bastos de Bab el Oued, il entre à la CGT puis au PCA et dans sa branche armée les CDL (Combattants de la Libération). Condamné à mort, puis aux travaux forcés à perpétuité, pour sa participation à un attentat contre un commissariat, libéré à l’indépendance, il rejoint les volontaires de la réforme agraire et du reboisement des zones napalmées, puis il entre à la protection civile comme sapeur pompier, jusqu’à la retraite passée « au pays », fidèle à son quartier d’Alger et à ses idéaux.
    Quelques mois avant son décès, une clinique de Hammamet (périphérie algéroise) avait été baptisée de son nom Georges Acampora. Trop fatigué alors pour prononcer une allocution, il s’était contenté de murmurer, « tahya el djezaïr ».
    (Merci à Fernand Gallinari et à Alger républicain de nous avoir permis d’évoquer ce témoignage).

    Soutien au collectif Non à un hommage officiel à Bigeard 

    Comme habitant Alger de 1955 à 1958, Bigeard, Massu et leurs paras ont fait régner un climat de peur engendrée par l’illégalité consentie à Massu par Guy Mollet, Max Lejeune, Lacoste, soutenus par une majorité parlementaire dans laquelle on trouve les Socialistes, le PCF qui a voté les pleins pouvoirs, les Radicaux de Bourgès, bref un quasi “front populaire”. Les démocrates dont je faisais partie à Alger devaient se tenir dans une grande prudence pour ne pas être embarqués par les paras à 5 heures du matin et disparaître pour toujours. Quand un journaliste suisse est venu m’interviewer à Alger, je lui ai demandé de ne pas donner mon véritable nom. Par ailleurs, tout au long de mes recherches qui mettaient à mal les thèses de Mollet et des siens, j’ai dû garder le silence pour aller jusqu’au bout. Le monde colonial a tout fait pour empêcher les documents gênants de sortir. Mandouze, professeur à la Fac d’Alger a été expulsé par Lacoste pour avoir tenté de diffuser des informations différentes de celles du ministre.

    Qui peut éclaircir aujourd’hui l’affaire Audin, sans doute assassiné par les paras de Massu ? Qui peut dire comment est mort Boumendjel pris par Bigeard, sans doute torturé et exécuté sommairement, après que les paras devant lesquels il passait lui aient rendu les honneurs (Bigeard dixit) avant de l’assassiner. Et les autres jetés d’un avion au dessus de la baie d’Alger ? Comment Longuet, ex EUROPE OCCIDENT, serait-il révulsé par les méfaits de Bigeard et de ses paras ? Non, 100 fois Non !

    André NOUSCHI
    Professeur d’histoire au Lycée E.F. Gautier
    à Alger de 1955 à 1956

     SOURCE : http://ldh-toulon.net/lettre-ouverte-d-Andre-Nouschi-a.html

     

     

     

     

     

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  • J’en suis persuadé maintenant, la guerre des mémoires dont parle Benjamin Stora cessera avec la disparition des quatre groupes (soldats, pieds-noirs, harkis, immigrés algériens) allez allez, un peu de patience, encore un peu plus d’une décennie et on ne parlera plus de la guerre d’Algérie et de la colonisation. 

    Benjamin Stora : Mémoires oubliées de la guerre d’Algérie

    Benjamin Stora : Mémoires oubliées de la guerre d’Algérie "La 5e République est née de la guerre d'Algérie, c'est pourquoi, aujourd'hui, beaucoup de personnes pensent qu'une sixième République serait nécessaire"

    60 ans après la guerre d’Algérie, Benjamin Stora revient sur une guerre des mémoires qui en découle et justifie l’intérêt très vif pour ce sujet.  Il aborde notamment les rapports de cette guerre à une crise d’identité nationale et la place de la France en Europe.

     

    Benjamin Stora - Mémoires oubliées de la guerre... par les_ernest

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  • François Brunet et les élèves de terminale Carrières sanitaires et sociales, lycée Carrel, Lyon

    François Brunet, né en 1931 à Arras, est incorporé de juillet 1958 à juillet 1959 dans le Service de Santé des Armées du secteur de Souk Ahras. Il est confronté à la réalité de la torture du fait de la proximité de l’infirmerie avec un DOP (Détachement opérationnel de protection). Il participe à la constitution d'une association pour la paix et les droits de l'Homme en Algérie. Menacé de mort par l’OAS, il regagne la France en 1961 puis revient en Algérie l'année suivante, en tant qu'enseignant en coopération. Il est contraint de quitter définitivement le pays en juin 1971, en raison de ses actions syndicales. 

    Il estime avoir bénéficié de conditions privilégiées par rapport à la plupart des jeunes du contingent qui débarquaient là-bas sans rien savoir des réalités algériennes. En effet, étudiant en sciences naturelles et militant à l'UNEF, il avait entendu parler de la guerre d'Algérie lors des réunions syndicales et avait lu des témoignages de « rappelés » qui avaient eu le courage de parler. C'est ainsi qu'il avait eu connaissance de certaines pratiques commises par les combattants, notamment des actes de torture, tant sur ceux du camp opposé que sur les civils.
    Affecté à l’infirmerie d’un groupe de transport au petit village de Gambetta, au sud de Souk Ahras, il fait le constat de ce qu'est la réalité du conflit, du quotidien de la population, et découvre les conditions de vie des familles ainsi que les
    gourbis leur servant d'habitations.
    Dans le cadre des soins infirmiers, il entretient des contacts directs avec les civils en allant les soigner chez eux.
    A Souk-Ahras, il fait connaissance de Pieds Noirs engagés auprès de la population et participe, en civil, à des distributions de denrées du Secours Catholique aux habitants des gourbis.
    Il écrit régulièrement à son père pour lui raconter ce qu'il vit et voit afin que celui-ci puisse faire passer ces informations au sommet de l'État. Son père en effet, est l'adjoint du maire d'Arras,
    Guy Mollet, alors président du conseil.
    L’infirmerie militaire dont il fait partie, tout comme l'infirmerie civile dont elle a la charge, est proche d'un DOP (Détachement opérationnel de protection), où l'usage systématique de la torture est de mise. Même s'il n'assiste pas lui-même à des séances de torture, celles-ci lui sont systématiquement décrites sur les lieux même des sévices dans le but non-dissimulé de le casser psychologiquement. La plupart des Algériens qui entraient au DOP étaient tués, puis leurs corps jetés dans une ancienne carrière. François Brunet relève l'emplacement exact du charnier afin de garder trace de ces exactions et pouvoir éventuellement en témoigner.
    Marqué par l'obstination et la dangerosité du pouvoir militaire, François Brunet a un discours pacifiste et antimilitariste dénonçant l'horreur d'une guerre menée par un contingent de jeunes hommes inexpérimentés contre une population qu'ils ne connaissaient pas et pour une cause qui échappait à la plupart d'entre eux.
    La découverte du peuple algérien ainsi que des amis Pieds Noirs l’amènent à vouloir enseigner en Algérie pendant la guerre. Il retourne donc en France achever ses études puis demande un poste outre-Méditerranée, sa démarche étant appuyée par Guy Mollet.
    C'est en tant que professeur de sciences naturelles affecté au lycée de jeunes filles de Bône qu'il retourne en Algérie en janvier 1960. En réaction aux événements d’Alger (manifestations populaires pour l'indépendance durement réprimées en décembre 1960), il participe, avec des Pieds Noirs et des fonctionnaires métropolitains soutenus par la section de la SFIO, à la constitution d'une association pour la paix et les droits de l'Homme en Algérie.
    Lors d’une distribution de nourriture, il découvre, avec une collègue enseignante qui deviendra sa femme, la réalité des camps de regroupement.
    Menacé de mort par l’OAS, il est contraint de rentrer en métropole pour les vacances de Noël 1961 et obtient à la rentrée de janvier 1962, une mutation au lycée de Maubeuge. En novembre 1962, il repart enseigner en coopération, au lycée algérien de garçons à Annaba (ex-Bône). Coopérant jusqu'en juin 1971, il termine à l'École normale de jeunes filles de Constantine, avant d’être remis à la disposition de la France par le ministre algérien de l'Éducation nationale; pour cause d'actions syndicales et ce, malgré l'intervention du responsable régional du FLN pour le Constantinois.

    François Brunet témoigne de son action comme infirmier militaire et dénonce encore aujourd'hui le dévoiement de l'armée française en Algérie. 

    Rencontre avec François Brunet
    préparée et filmée par les élèves de terminale Carrières sanitaires et sociales, lycée Carrel, Lyon

     

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  • Juste un petit souvenir au roi de l'accordéon

    André Verchuren qui est décédé, il y a quatre ans

     le mercredi 10 juillet 2013

    Il n'aurait pas aimé les propos scandaleux

    de  la fille à Le Pen

     

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    Le roi de l'accordéon André Verchuren est mort d'un arrêt cardiaque à l'âge de 92 ans, le mercredi 10 juillet 2013. Membre de la Résistance durant la Seconde guerre mondiale, il avait passé treize mois dans le camp de concentration de Dachau (Allemagne). André Verchuren était commandeur de l'ordre national du Mérite.

    L'interprète de tubes tels que Les Fiancés d'Auvergne, Le Chouchou de mon coeur ou La Saint-Hubert, fils et petit-fils d'accordéonistes, avait arrêté de faire des galas à 91 ans", a précisé son fils, Harry Williams Verchuren.

    Sur mon blog j'ai mis en ligne de très nombreux articles concernant André Verchuren, l'accordéoniste inoubliable, mais aussi parce qu'il a connu le camps de concentration de Dachau. Voici l'un de ces articles... mais avant écoutons-le une fois encore... "J'ai quitté mon cher Pays, dit-il dans cette chanson, nous aussi André nous avons quitté notre cher Pays dans les années 1954-1962.

    Merci André nous ne t'oublions pas.

     

      

    André Verchuren a été déporté avec le matricule " 77676 "

    matricule.jpg

     

    André Verchuren à DACHAU

     

    1939/1945. La France va vivre les années les plus sombres de son histoire. Après 14/18 on pensait: " Plus jamais ! "...

     

    ...Il ne faut jamais dire jamais...

     

    A la déclaration de guerre, André Verchuren a tout juste 19 ans. Lors d'un gala dans l'Oise, en ces jours de septembre 1939, le Maire et le garde-champêtre font irruption dans la salle de bal , ordonnent d'arrêter la musique car c'est la déclaration de guerre entre la France et l'Allemagne. André qui animait de nombreux galas en compagnie de son père Raymond Verchuren range son accordéon.

    André ne supporte pas tout ce qui se passe, avec la fougue de son jeune âge, il déclare la guerre lui aussi, mais à sa façon. Raymond Verchuren, son père monte une affaire de fruits et cultures maraîchères qui sert en fait de couverture pour cacher les parachutistes en attendant qu'ils repartent vers leurs destinations ceci afin de défendre le monde contre l'offenseur nazi.

    Il en héberge un tout particulièrement qui s'appelle Harry Williams. Il sympathise un peu plus avec ce dernier. Madame Verchuren est sur le point de mettre au monde leur premier enfant. Harry Williams, avant de repartir en mission, promet à André que s'il en revient, il sera le parrain de ce premier fils. Malheureusement, Harry Williams sera abattu en bombardant au-dessus de l'Allemagne. André décide qu'il sera un peu le parrain à titre posthume et nomme son garçon Harry Williams en hommage à son ami. Ce sont donc ces deux vrais prénoms, il s'appelle Harry Williams Verchuren.

    André, au péril de sa vie aide les parachutistes. Mais en juin 1944, sur dénonciation, il sera arrêté par la Gestapo et conduit au camp de Royallieu. Le 2 juillet 1944, à 5 heures de matin, ils sont réveillés.  6 heures départ pour la gare de Compiègne. Pendant leur transfert vers la gare,   il aperçoit sa maman abritée sous une porte cochère qui lui dit « André, André je t’embrasse ». Elle le reverra un moment après à la gare de Compiègne où les SS la voyant arriver la mettent en joue. André lui crie « Ne t’approche pas maman ils vont te tuer, ne t’inquiète pas dans 6 mois nous serons de retour ».
    Ils sont embarqués, que dis-je  entassés dans le train qui va les conduire vers l’enfer de Dachau.
    « Ce 2 juillet 1944 à 9H15 précises le Train de la Mort n° 7909 » s’ébranle vers cette destination maudite.

    A l'arrivée plus d'un millier de morts. Il subira comme tous ses compatriotes tant de choses, que ses yeux, encore maintenant, ne peuvent que s'embuer, son regard devient lointain lorsqu'il évoque cette période. En aparté, il a fait part à l'auteur de cet article, de certaines choses qui font que cela ne peut s'oublier et qu'il taira par pudeur et respect pour cet homme qui a tant souffert dans son moral et sa chair. Il rentrera en 1945 à la libération des camps par les Américains, abattu, désemparé et amaigri de 40 kilos. Pourtant avant son départ du camp, devant tous ses camarades qui comme lui ont eu la chance d'en revenir, il empruntera l'accordéon d'un soldat allié et jouera l'Internationale et la Marseillaise.


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    Il retournera une fois à Dachau pour une émission de télévision "Portrait André Verchuren" sur FR3.

    Paris Match  n° 2866 du 22 avril 2004 rend hommage à André dans l'article "VERCHUREN LE SURVIVANT". André Verchuren y présente sa tenue de déporté :

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    Et le cadre dans lequel est conservé précieusement le diplôme de la reconnaissance des Etats-Unis remis par Eisenhower :

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     Photo du train qui avait transporté les déportés incapables de marcher. Destination Dachau, mais il fut arrêté à Osterbershen, en Avril 1945. (Photo prises par l'armée américaine également)

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    Photo de l'école de Neckareiz actuelle qui était transformée en camp de concentration en 1944/1945.

    En tant qu'ancien déporté du camp de Dachau, il reçut les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur, le 5 mai 1986 (promu officier le 4 novembre 1997). Il est également Commandeur de l'Ordre National du Mérite (17 novembre 2006) pour ses 72 ans de carrière professionnelle :

      

     

     

    Hommage d'André Verchuren à Jean Moulin

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  • Quelle perspective pour le 23 Avril prochain ?

    L’Edito d’Henri POUILLOT

    Quelle perspective pour le 23 Avril prochain ?  L’Edito d’Henri POUILLOT

    Dans quinze jours, ce sera le premier tour de l'élection présidentielle, avec un boulevard sans précédent pour un président de droite, voire de droite extrême.

    Il y a quelques jours, avec l’utilisation de gaz chimique contre la population civile en Syrie, des voix se sont élevées pour exprimer une condamnation, justifiée. Certains ont même fait le parallèle avec les pratiques nazies pendant la seconde guerre mondiale. AUCUNS n’ont évoqué cette pratique par le France pendant les guerres de libération coloniales, et tout particulièrement celle d’Algérie.

    Oui, la France a utilisé le gaz VX et le gaz Sarin pendant la Guerre d’indépendance de l’Algérie : voir les témoignages sur mon site. Mais, hélas, cette pratique n’a jamais été reconnue, condamnée officiellement, pas plus que les crimes d’état, crimes de guerre, crimes contre l’humanité commis au nom de la France dans cette triste période. Emmanuel Macron a bien évoqué l’idée que le colonialisme avait été un crime contre l’humanité, mais en même temps il disait le contraire !!! Aucun candidat n’a pris réellement position sur ces questions, ou pour défendre l’indéfendable : "le rôle positif de la colonisation" !!!.

    Les propositions pour mettre réellement le colonialisme hors jeu sont encore à attendre. Pour quand la fin du Franc CFA ? Pour quand la fin de la Françafrique ? Pour quand la fin des colonies : Guyane (l’actualité nous le rappelle), Martinique, Réunion, Mayotte, Kanakie, Tahiti... où ces habitants restent des sous-citoyens français ?

    Liberté, Égalité, Fraternité, et il serait nécessaire de compléter par Laïcité, ne sont pas les principes les mieux repris dans cette campagne. Dans quinze jours, il ne peut pas être possible de voter avec l’espoir de voir le progrès social en perspective, mais il va falloir utiliser un bulletin pour un moindre mal, espérant que "Les jours heureux" ne seront pas une chimère que l’on ne verra jamais arriver, mais que le combat à poursuivre permettra enfin un réel changement.

    Henri POUILLOT

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  • TEL PERE = TELLE FILLE 

    Pour Marine Le Pen  la France n'est "pas  responsable du Vel d'Hiv"

    Pour Marine Le Pen

     la France n'est "pas

     responsable du Vel d'Hiv" 

     

    En niant la responsabilité de l'Etat français sur le Vel d'Hiv Marine Le Pen  rejoint son père sur le banc de l'indignité & du négationnisme. 

    Chassez le naturel il revient au galop, il faudra bien que ceux qui s'apprêtent à voter FN assument ce que ce parti représente de haine et de déni, il faudra bien qu'en déposant le bulletin dans l'urne ils reconnaissent appartenir à ses idées, il est temps de dire les choses telles qu'elles sont et non pas comme on voudrait qu'elles soient, aujourd'hui il faut savoir que Marine Le Pen est issue de la famille Le Pen et nourrie au biberon du FN, on ne doit plus fermer ses oreilles à ses phrases racoleuses pleines de négation, elle ne respecte même pas l'histoire passée comment envisager avec elle un avenir ? 

    TEL PERE = TELLE FILLE

     

    Pour Marine Le Pen  la France n'est "pas  responsable du Vel d'Hiv"

    Vous êtes l'une et l'autre LA HONTE de la France

    17 juillet 2005 – La leçon du Vel’ d’Hiv’

    Communiqué de la LDH

    Il y a soixante ans, des gendarmes, des policiers, aux ordres du régime de Vichy, livraient aux nazis des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants destinés à la mort dans les camps d’extermination, pour la seule raison qu’ils étaient juifs.

    La plupart de ces fournisseurs de chambre à gaz n’étaient pas des monstres sadiques, mais des fonctionnaires obéissants, sans se poser de questions, aux ordres de leurs supérieurs, Français comme eux.

    Soixante ans après la rafle du Vel’ d’Hiv’, « le ventre est encore fécond d’où sortit la bête immonde ». L’antisémitisme, le racisme, les discriminations restent virulents dans nos sociétés. Ne pas accepter la moindre manifestation de ce mal, éduquer, informer, se dresser contre l’inhumain dès les premiers pas sur la route qui y mène : le barrage contre la bêtise et la haine est à reconstruire et à renforcer jour après jour.

    La liberté, l’égalité, la fraternité sont, certes, de « grands mots ». Mais s’en écarter rouvre un espace pour le retour de l’innommable. Et qu’elles soient plus que des mots est la responsabilité quotidienne de chacun de nous.

    Paris, le 17 juillet 2005

     

     

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  • L'école en Algérie française :   une exposition à découvrir à Rouen

    L'école en Algérie française : 

     une exposition à découvrir à Rouen 

     

    © Musée National de l'Education 

    Le Musée national de l'Education (Munaé) de Rouen rouvre le dossier de l'Algérie française, à travers une exposition "L'école en Algérie, l'Algérie à l'école, de 1830 à nos jours". Les organisateurs souhaitent pouvoir un jour la monter à Alger. 

     

    L'Algérie française par le prisme de l'école 


    L'exposition "L'école en Algérie, l'Algérie à l'école, de 1830 à nos jours", conçue par Jean-Robert Henry, chercheur et spécialiste du monde méditerranéen est ouverte au public à partir de ce samedi 8 avril et pour un an, au Munaé, le seul musée en France consacré à l'école.  

     

    Des zones d'ombres et de lumières 


    "Nous voulons montrer la dimension coloniale de l'histoire scolaire française (...) Le cas algérien est tout-à-fait intéressant car il montre beaucoup d'ombres et de lumières, des choses très bien et d'autres tout à fait ratées", a déclaré à la presse M. Henry lors du vernissage.
    "Pour ce cas algérien, on n'a pas voulu tout ramener à une vision franco-française, au contraire", a-t-il dit. "On a essayé de montrer le caractère extrêmement complexe du système scolaire que les Français ont trouvé sur place et comment cette complexité s'est maintenue jusqu'à nos jours", a-t-il ajouté.
    Quand les Français prennent possession de l'Algérie en 1830, ils trouvent des petites écoles coraniques de villages mais aussi des medersas (école, NDLR) de niveau secondaire dont ils vont faire peu de cas, voire parfois même les détruire.  

     

    Un enfant algérien sur deux est scolarisé en 1962 


    Quand viendra le temps des réformes de la IIIe République avec Jules Ferry la population européenne va pleinement en profiter mais l'obligation scolaire ne concernera pas les enfants indigènes, à part quelques exceptions. Seuls 10% d'entre eux sont scolarisés en 1940.
    Après la seconde guerre mondiale Paris va mettre les bouchées doubles mais "les réformes trop tardives n'empêcheront pas le "problème algérien" de mûrir dans la violence" selon l'exposition. En 1962, 50% des enfants musulmans sont scolarisés.
    "Tous ceux qui ont pu entrer dans le système français sont devenus à l'indépendance les élites", a dit Ahmed Djebbar, ancien ministre algérien de l'Education (1992-94).
    Après l'indépendance, la scolarisation va se poursuivre grâce à la coopération franco-algérienne.
    Selon M. Henry, l'expérience scolaire coloniale continue à produire des effets aujourd'hui en Algérie, avec les débats sur la place de la langue française dans l'enseignement.
    "Notre ambition est que cette exposition puisse être vue en Algérie", a dit Florence Hudowicz, commissaire de l'exposition. 

      

     

    © Musée National de l'Education 

    L'exposition devait être en partie montrée à Montpellier au musée de l'histoire de France en Algérie dont le projet a été abandonné en 2014 par la municipalité, confrontée à des polémiques politiques. 

    SOURCE : http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/metropole-rouen-normandie/rouen/ecole-algerie-francaise-exposition-decouvrir-rouen-1229997.html 

      

    A Rouen, l’histoire de l’école en Algérie

    L'école en Algérie française :   une exposition à découvrir à Rouen

     

    L’exposition montre des documents qui n’ont jamais été rassemblés auparavant (photo Stéphanie Péron)

    Expo. Le musée de l‘Éducation propose

     une exposition sur l’histoire de l’école

     en Algérie, et sur l’histoire de l’Algérie

     à l’école. Une première.

    En 1940, seuls 10 % des enfants musulmans algériens étaient scolarisés dans l’école de la République. En 1954, ils étaient 15 %. « Il y a eu un gros effort de fait sur les quatre dernières années. Au moment de l’indépendance, ils étaient 50 %, » souligne Jean-Robert Henry, l’un des commissaires de l’exposition « L’école en Algérie, l’Algérie à l’école » visible depuis hier au Musée National de l’Éducation, à Rouen. Des tablettes coraniques issues des collections du musée du quai Branly, une « Petite histoire nationale à l’usage des écoles primaires d’Algérie et de Tunisie » aux pages jaunies, deux objets qui démontrent toute la complexité du sujet, entre école traditionnelle et éducation à l’européenne, entre choc colonial et assimilation.

    Tous ces objets auraient dû faire partie des collections du Musée de l’histoire de la France et de l’Algérie voulu par Georges Frêche à Montpellier. Un projet enterré par son successeur, Philippe Saurel, en 2014. Pendant un an, c’est donc dans un musée national que cette histoire est racontée : la survivance de l’école traditionnelle, l’école de la IIIe République, l’Algérie contée aux petits Français, les réformes trop tardives, l’après indépendance...

    « J’ai le regret d’être passé à côté de la culture musulmane, de l’histoire musulmane ». Descendant d’une famille juive algérienne, Marcel Elkaïm a vécu jusqu’à ses 18 ans à Oran. Ce professeur d’économie à la retraite a témoigné et rassemblé ses souvenirs d’élève pour l’exposition. « On apprenait l’histoire de France, pas celle de l’Algérie. Il y avait un fossé entre les communautés, les blancs, les juifs, les Espagnols... Les Arabes, on les ignorait », se désole aujourd’hui celui qui milite à la Ligue des droits de l’Homme. « Il y avait un racisme latent, ordinaire. Nous étions intoxiqués. » Avec également un fort sentiment ambiant d’antisémitisme. En novembre 1942, le petit Marcel est renvoyé du lycée d’Oran. Parce qu’il est juif. Une autre histoire oubliée de l’Algérie française.

    SOURCE : http://www.paris-normandie.fr/newsletters/a-rouen-l-histoire-de-l-ecole-en-algerie-XY9230123#

     

     

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  • La France doit construire une histoire commune

    de la guerre d'Algérie

     

    La France doit construire une histoire commune  de la guerre d'Algérie

    Des enfants jouent avec une affiche dans les rues d'Alger le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu.

    Tous les Français ne mettent pas la même chose derrière les mots «guerre d’Algérie», et ces mémoires pas totalement cicatrisées entretiennent une forme de régression française.

    Lui, franco-algérien, enfant d’immigré qui a grandi dans les cités périphériques de Paris ; vous, fils de pied-noir et conseiller municipal d'une ville du sud-est de la France ; moi, «héritière du silence», fille d’appelé dans les Aurès en 1956. Trois générations, des millions de Français, portent désormais la mémoire de la guerre d'Algérie et de son extrême violence : les grands-parents qui l’ont vécue, les parents à qui elle a souvent été tue et les petits-enfants qui découvrent le retour de ce refoulé.

    Or, tous les Français ne mettent pas la même chose derrière les mots «guerre d’Algérie». Les mémoires d’Algérie sont multiples, contradictoires, rivales, des Mémoires dangereuses, selon le titre du dernier ouvrage de l’historien Benjamin Stora, lui-même issu d’une famille juive de Constantine qui a connu le traumatisme de l’exil en 1962, comme il le racontait fin février lors d’une conférence à la Fondation Jean-Jaurès, à Paris, en partenariat avec Slate.fr.

    Le lien à l’Algérie diffère selon qu’on soit harki, rapatrié, ancien soldat, immigré mais la plupart du temps, ces mémoires sont blessées, amères, faites de ressentiment et d’une volonté de revanche inavouée, que traduit encore la polémique lancée par Nicolas Sarkozy en 2016 autour de la commémoration du 19 mars 1962. 

    Au fil des années, la mémoire coloniale de la guerre d’Algérie a imprégné l’imaginaire national, mais de façon différente. D’un côté, elle serait constitutive du racisme anti-arabe et anti-musulman du Front national. A l’opposé, elle aurait structuré la relation des enfants d’immigrés à la France.

    Socle idéologique de l'extrême droite

    Ces mémoires pas totalement cicatrisées entretiennent des formes excessives d’antagonisme. Elles poussent à la radicalité anti-maghrébine d’un côté, identitaire de l’autre.

    Benjamin Stora démontre comment l’Algérie coloniale constitue un socle idéologique sur lequel l’extrême droite s’est construite et continue de prospérer. Selon lui, le Front national n’est «pas seulement l’héritier spirituel des émeutiers de 1934 et de la collaboration de Vichy, il est aussi celui des factieux d’Algérie».

    La rhétorique du Front national puise ses racines dans l’imaginaire colonial. L’impossible assimilation des populations de culture ou de religion musulmane, la nécessaire mise en place de l’infériorisation juridique de l’immigré, la séparation, l’étanchéité entre nationaux et non nationaux et la volonté d’une préférence nationale: toute cette thématique du Front national était développée au temps de l’Algérie française. À l’époque se posait déjà la question de la compatibilité de l’islam avec la République française.

    Or, si Marine Le Pen a pris ses distances avec la tradition antisémite et fasciste de Vichy, elle s’inscrirait en revanche dans cette continuité coloniale algérienne. «La transformation du parti par sa fille (la dédiabolisation) ne porte que sur la part antisémite, pétainiste de l’imaginaire du parti de son père, part dont elle est sincèrement loin, mais le tournant de Marine ne va pas jusqu’à renier les profondes origines coloniales de l’idéologie frontiste», précise l’écrivain Alexis Jenni au cours du dialogue qu’il conduit avec Benjamin Stora en préface de Mémoires dangereuses.

    Le tournant de Marine Le Pen ne va pas

    jusqu’à renier les profondes origines

    coloniales de l’idéologie frontiste

    Alexis Jenni

    Cette obsession de la présence et de la dangerosité des Arabes (le «Grand remplacement»), la population européenne d’Algérie l’éprouvait déjà avec ce sentiment d’être assiégée. Ce terreau idéologique «colonial» serait même la spécificité du FN, dont l’imaginaire est fondé sur une autre histoire que celle que partagent les autres partis politiques français.

    Et d’ailleurs, pour définir l’état d’esprit du Front national, Benjamin Stora suggère d’utiliser le terme de «sudisme» car, comme aux Etats-Unis pendant la guerre de Sécession, la guerre (d’Algérie) a été perdue au sud, mais les sudistes français cherchent à instaurer une politique de discrimination au nord, à l’égard des immigrés et de leurs enfants.

    Indifférence apparente et lien passionnel

    A l’opposé du Front national, les familles franco-algériennes sont dépositaires de la mémoire de l’indépendance algérienne mais leur rapport à cette histoire a d’abord été ambivalent, selon Benjamin Stora –entre indifférence apparente et lien passionnel.

    D’abord parce que là aussi, la parole des pères a pu être rare («Il faut bien continuer à vivre après une période terrible»), préférant du même coup passer sous silence les règlements de compte au sein de l’immigration entre partisans du MNA de Messali Hadj et partisans du FLN, qui prendra le pouvoir à l'indépendance.

    Il y eut, chez les enfants, «un flottement de la mémoire entre les deux pays», écrit l’historien. Puis la mémoire s’est réveillée, au moment de ce que l’on a appelé la «Marche des beurs» en 1983.

    Ceux-ci demandaient à la France à la fois justice, égalité et un statut de citoyen à part entière, tout en respectant et reconnaissant comme légitime le combat des pères contre la France pour l’indépendance de l’Algérie. Toute la difficulté étant de porter ces deux histoires différentes à laquelle les renvoyait, déjà, le Front national:

    «Je voudrai dire à un certain nombre de beurs arrogants, s’exclame Jean-Marie Le Pen dans un meeting en 1988, que certains des leurs sont morts pour leur donner une patrie, et non pas pour qu’ils viennent dans la nôtre.»

    Mais voulant sortir du ghetto social et culturel, cette génération, celle des enfants, refuse alors le communautarisme. Or, la relégation d’une grande partie des populations d’origine algérienne dans les «banlieues», à la périphérie, produit le contraire, elle rejoue quelque chose des processus de ségrégation sociale et ethnique du temps des colonies. Ce qui a logiquement conduit, note Alexi Jenni, à des «séparations et à des sécessions».

    En se réislamisant, les petits-fils se réapproprient leur histoire par le biais de la religion plutôt que de la nationalité. Souvent stigmatisés par le reste de la société française, ils se construisent un projet de vie, une différence, une radicalité identitaire afin de retrouver une fierté. Ne rien céder sur le port du voile, par exemple, c’est une sorte de revanche alors que le colonisateur français cherchait à dévoiler les Algériennes.

    En décrivant le rapport à la violence pour parvenir à ses fins, la montée des extrêmes identitaires et la question de la place de l’islam par rapport à la République, Benjamin Stora démontre qu’il se rejoue aujourd’hui quelque chose de la guerre d’Algérie, sans que nous en ayons toujours conscience.

    Ce sont ces mémoires antagonistes qui nous ont empêchés de construire une histoire commune. Résultat : rien de plus facile que d’entretenir la guerre des mémoires, la guerre civique, la haine de l’autre, la montée en puissance des idéologues du petit écran, puisqu’il n’y a pas de contrefeux. C’est de ne pas avoir su s’entendre sur un récit commun de la guerre d’Algérie qui rend possible cette régression française.

    Il faut «agrandir l’histoire de France», suggère joliment l’écrivain Alexis Jenni, signifiant par là qu’on ne peut plus rester dans un «récit étroit impérial» et que l’histoire des Maghrébins doit faire partie de l’histoire de France. Il a raison, et il y a urgence. Même si ce n’est plus suffisant.

    Ariane Bonzon 

    SOURCE : http://www.slate.fr/story/115633/histoire-commune-guerre-algerie

     Le débat avec Benjamin Stora à la Fondation Jean-Jaurès.

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    Lors de la campagne pour le référendum du 8 avril 1962, presque toutes les forces politiques appellent à voter en faveur de l'indépendance algérienne. Et les accords d'Evian sont en effet plébiscités par plus de 90% des suffrages.

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    Contexte historique

    Le 18 mars 1962, les négociations entre la France et les représentants du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) aboutissent à la signature des accords d'Evian sur l'indépendance algérienne. C'est la fin de huit années de guerre. Le cessez-le-feu intervient le 19 mars à midi.

    Reste à mettre en œuvre le principe d'indépendance de l'Algérie. Il doit être ratifié par le peuple français. De Gaulle recourt à la consultation par référendum. Le 8 avril, les Français de métropole (ceux d'Algérie sont exclus du vote) se rendent aux isoloirs pour répondre par "oui" ou par "non" à une double question : ratifient-ils les accords d'Evian? et confèrent-ils les pouvoirs nécessaires au président de la République pour leur mise en œuvre ? Durant la campagne référendaire, la quasi totalité des partis prône le "oui" (l'extrême droite appelle au "non" et le PSU au vote nul).

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    Le 8 avril, le verdict des urnes est une "absolution" de la politique gaullienne. S'expliquant par le profond désir de la population d'en terminer avec la guerre, le succès du "oui" est en effet écrasant. Certes, 24,4% des Français se sont abstenus ; mais 90,7% des suffrages exprimés sont pour l'indépendance. Le 1er juillet, 99,7% des électeurs européens et musulmans d'Algérie diront à leur tour "oui" à l'indépendance. Et le 3 juillet, le général de Gaulle peut proclamer officiellement la naissance de l'Algérie souveraine.

    Dans son ensemble, la population a répondu à l'appel aux urnes du référendum ; et elle a donné au général de Gaulle le «oui» massif qu'il avait demandé à la Nation. Ce «oui» populaire donné à la paix des accords d'Evian, le président de la République l'a concrétisé lui-même dans son bulletin de citoyen à Colombey-les-Deux-Eglises ; et le premier ministre, Monsieur Michel Debré à Montlouis ; à Bordeaux, c'était le «oui» du président de l'Assemblée, monsieur Chaban Delmas ; dans le Jura, le «oui» des radicaux par la voix d'Edgar Faure. Si à Marseille le «oui» de Monsieur Deferre se nuançait, à Arras, Monsieur Guy Mollet apportait le «oui» des socialistes ; comme à Lille Monsieur Maurice Schuman le «oui» du MRP. Le bulletin de Monsieur Thorez faisait état des réserves des communistes et celui de Monsieur Pinay de celle des indépendants. Dans la nuit, les tableaux du ministère de l'Intérieur ont suivi le déroulement du dépouillement : 17.500.000 «oui» pour 19.300.000 suffrages exprimés ; et Monsieur Roger Frey pouvait annoncer aux journalistes le record des «oui» : près de 91%.

     

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    Après la guerre d'Algérie :

    amnisties/amnésie

    Les Français ne feront donc jamais ce que les Américains ont fait pour le Vietnam : juger leurs criminels de guerre.

    Les terribles conséquences 

    D’une extrême droite à 0,8 % des voix au moment de l’élection présidentielle de 1981, ce fut d'abord le coup de tonnerre du 21 avril 2002 avec l’accession de J.M Le Pen au second tour obtenant 17 % des voix…  En 2017, en ce moment même, d’après les sondages Marine Le Pen est créditée de 25 % au premier tour et 40 % au second… encore ce serait le moins pire… A qui la faute ? Une des raisons parmi d’autres qui a un rapport avec la guerre d’Algérie : 

    d'après La guerre d'Algérie - de la mémoire à l'histoire
    de Gilles Manceron et Hassan Remaoun , édition Syros, 1993

    A partir de la fin de la guerre d'Algérie, les autorités françaises ont promulgué toute une succession d'amnisties et de grâces.

    Ce furent d'abord les décrets promulgués lors des accords d'Évian (les 20 mars et 14 avril 1962) qui effaçaient à la fois les "infractions commises avant le 20 mars 1962 en vue de participer ou d'apporter une aide directe ou indirecte à l'insurrection algérienne", et celles "commises dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre dirigées contre l'insurrection algérienne". Puis vinrent quatre lois successives. La première, du 17 décembre 1964, concernait les "événements" d'Algérie et fut suivie, le 21 décembre, d'une grâce présidentielle pour 173 anciens membres de l'OAS. Celle du 17 juin 1966 amnistiait les "infractions contre la sûreté de l'État ou commises en relation avec les événements d'Algérie". Vint ensuite, en pleine crise de Mai 68 et liée directement à elle, la grâce du 7 juin 68 concernant, cette fois, tous les membres de l'OAS qui étaient encore détenus ; elle fut suivie de la loi du 24 juillet effaçant toutes les infractions liées aux "événements" y compris celles "commises par des militaires servant en Algérie pendant la période". Cette loi, malgré le dépôt d'un amendement socialiste allant dans ce sens, ne stipulait pas encore la réintégration des intéressés dans leurs fonctions civiles ou militaires ni dans leurs droits à porter leurs décorations.

    Ce fut chose faite après l'arrivée de la gauche au pouvoir. Déjà, en 1965, l'extrême droite proche de l'OAS avait été appelée à se rallier à la candidature de François Mitterrand ; l'année suivante, un projet de loi déposé par Guy Mollet, Gaston Deferre et le même François Mitterrand avait proposé le rétablissement des condamnés de l'OAS dans leurs grades et leurs fonctions ; et, en 1972, le programme commun de la gauche ne comportait aucune référence ou allusion aux suites de la guerre d'Algérie ni à la lutte pour la décolonisation. Avant les élections présidentielles de 1981, des négociations menées par des proches du candidat François Mitterrand aboutirent à l'appel du général Salan à voter Mitterrand et, entre les deux tours, à celui de l'organisation de rapatriés le RECOURS à " sanctionner " Valéry Giscard d'Estaing. C'est donc bien dans la ligne de cette politique que fut votée le 3 décembre 1982 la dernière des lois d'amnistie réintégrant dans l'armée les officiers généraux putschistes et permettant même les "révisions de carrière" nécessaires à la perception de l'intégralité de leurs retraites. Cela, au nom de l'argument formulé par François Mitterrand : "Il appartient à la nation de pardonner."

    " La levée des sanctions à l'égard de responsables d'atrocités commises pendant la guerre d'Algérie interdit de vider l'abcès, puisqu'il y a effacement des repères qui distinguent entre ce qui est crime et ce qui ne l'est pas. Les simples exécutants ne seront jamais déchargés d'une partie de leur culpabilité, ou de leur honte. Les responsables, jamais identifiés. Les Français ne feront donc jamais ce que les Américains ont fait pour le Vietnam : juger leurs criminels de guerre. Et, bien vite, cette loi de 1982 qui avait pour justification le pardon commencera, d'abord, par réveiller l'ardeur des nostalgiques de l'OAS. Les leaders d'une extrême droite à 0,8 % des voix, au moment de l'élection présidentielle de 1981, «réintègrent» la vie politique."

    Benjamin Stora - La gangrène et l'oubli - édition la Découverte – 1998 

    Le pardon pour les généraux de l’OAS

    Après la guerre d'Algérie : amnisties/amnésie *** Les terribles conséquences

    Le coup de tonnerre du 21 avril 1961

    Après la guerre d'Algérie : amnisties/amnésie *** Les terribles conséquences

    Et, bien vite, cette loi de 1982 qui avait pour justification le pardon commencera, d'abord, par réveiller l'ardeur des nostalgiques de l'OAS

     

    Les monuments de l’Algérie française en France méditerranéenne

    SOURCE : http://ldh-toulon.net/les-monuments-de-l-Algerie.html

     

    mardi 3 mai 2011

    Les monuments les plus significatifs rendant hommage à l’OAS ... sans oublier le rond-point Bigeard d’Aix en Provence et, bientôt, celui de Banyuls.

    Le mémorial des rapatriés à Nice (1973)

    Ce mémorial, à l’initiative de la Fédération des Associations de rapatriés des Alpes Maritimes, a été inauguré le 25 février 1973, dans le Jardin d’Alsace-Lorraine, en présence de Jacques Médecin, sénateur-maire de Nice.

    Roger Degueldre, chef du commando delta de l’OAS qui a assassiné les six inspecteurs des centres sociaux éducatifs le 15 mars 1962 à Alger, y est célébré comme un héros. Une petite plaque dans l’herbe, au pied du monument précise d’ailleurs : « Aux martyrs de l’Algérie française », et voici l’inscription gravée sur le socle :

    Les nostalgiques de l’Algérie française sont venus le 23 avril 2011 devant ce monument pour célébrer le cinquantième anniversaire du putsch d’Alger.

    Pour en finir avec la répétition des mythes et l’instrumentalisation des douleurs, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme, en lien avec toutes les associations républicaines, prépare une rencontre sur le thème de la reconnaissance des réalités de cette période de notre histoire et de la réflexion sur ses conséquences aujourd’hui.

    Le monument aux martyrs de l’Algérie française à Toulon (1980)

    Un monument doté d’une histoire étonnante – il a été détruit quelques jours avant d’être inauguré. Une histoire méconnue de la plupart des Toulonnais car la mairie qui fleurit régulièrement le monument se refuse à lui adjoindre une notice explicative écrite par des historiens.

    Trois jours plus tard, les fleurs déposées le 26 mars 2005 sont toujours en place.

    Pour en savoir plus sur ce monument “historique”, consultez donc cette page.

    Le monument de Perpignan (2003)

    La stèle OAS du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan.

    La stèle des “fusillés de l’Algérie française”, inaugurée le 5 juillet 2003 au cimetière du Haut-Vernet de Perpignan en présence du premier adjoint, symbolise la mort d’un condamné au peloton d’exécution. Sous cette icône est gravée l’inscription : « Terre d’Algérie », et, en-dessous, une autre plaque énumère quatre noms : Bastien-Thiry, Degueldre, Dovecar et Piegts.

    Le préfet des Pyrénées-Orientales a interdit la cérémonie d’hommage prévue par des ex-OAS le lundi 7 juin 2010 – anniversaire de l’exécution en 1962 d’Albert Dovecar et Claude Piegts, membres du commando de l’OAS qui a assassiné Roger Gavoury commissaire central d’Alger, le 31 mai 1961.

    Le collectif de Perpignan, dont la LDH fait partie, demande que cette stèle qui « porte atteinte à la neutralité des cimetières », soit déplacée vers un lieu privé.

    La plaque du cimetière de Béziers (2003)

    Cette plaque commémorative, avec des photos des quatre membres de l’OAS qui ont été fusillés après avoir été condamnés à mort, a été inaugurée le 6 décembre 2003 :

    Photo Olivier Got.
     

    Après la guerre d'Algérie : amnisties/amnésie *** Les terribles conséquences

    Tous les ans l'anti républicain Ménard rend hommage aux 4 terroristes fusillés de l'OAS

    La Ligue des droits de l’Homme demande que les monuments de ce type, notamment à Perpignan, Béziers, Marignane, soient retirés des espaces publics que sont les cimetières.

    Le monument de Marignane (2005)

    La stèle qui est exposée au cimetière Saint-Lambert de Marignane est semblable à celle de Perpignan, mais son habillage a varié dans le temps ainsi que son emplacement – voyez ce dossier.

    La stèle de Marignane (cliché du 7 juillet 2005)
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  • Il y a 73 ans, jour pour jour, 44 enfants juifs de la maison d'Izieu (Ain) étaient emmenés par la Gestapo… « Ceux-là, Zemmour ! Pétain ne les a pas sauvés… et tes paroles nauséabondes on ne les oubliera pas  »

    Il y a 72 ans, jour pour jour, 44 enfants juifs de la maison d'Izieu (Ain) étaient emmenés par la Gestapo… «Ceux-là Zemmour ! Pétain ne les a pas sauvés…»

    Il y a 73 ans, le 6 avril 1944, la Gestapo, dirigée par Klaus Barbie, raflait 44 enfants juifs qui y avaient trouvé refuge.
    Dans cette grande maison, rien ne semblait pouvoir leur arriver. Samuel Pintel y a passé quelques mois alors qu'il était âgé de 6 ans et demi. L'homme se souvient : "Ma mère m'avait dit 'si un jour nous sommes séparés, surtout ne dis pas que tu es juif', et je ne disais pas que j'étais juif. Lorsque je suis arrivé ici on ne parlait absolument pas de ça. J'étais même persuadé que j'étais le seul enfant juif de toute la colonie".

    Emmenés dans des chambres à gaz

    Quelque temps après, le matin du 6 avril 1944, les hommes de la Gestapo font irruption dans le réfectoire et emmènent les 44 enfants présents ce jour-là. Ils sont d'abord internés au camp de Drancy, puis exterminés dans les chambres à gaz à Auschwitz.

    Zemmour, Pétain et les juifs

    En assénant sans aucune précaution et sans aucune nuance que «Pétain a sauvé des juifs», Zemmour justifie au fond la position du Maréchal dans sa querelle historique avec De Gaulle.

    Eric Zemmour était naguère un souverainiste plus ou moins original. Il s’est ensuite changé en publiciste nationaliste, machiste et anti-musulmans. Il a continué sa course en polémiste fruste abonné des studios, qui dénonce le «politiquement correct» de la gauche pour asséner à tous les micros le politiquement correct lepéniste. Le voici désormais pétainiste. C’est la suite logique… Pétain a sauvé des juifs, dit-il dans une émission. A partir de quelques éléments véridiques, Zemmour en vient à proférer une énormité qui transforme avec une mauvaise foi abyssale des éléments historiques connus depuis toujours en provocation grossière et trompeuse. Pour des motifs qui n’avaient rien d’humanitaire, le régime de Vichy a cherché à défendre sa souveraineté. Il a livré les juifs étrangers, hommes, femmes, enfants, vieillards et malades, ce qui devrait d’ailleurs suffire à démontrer son ignominie, de manière à montrer qu’il pouvait, dans certains cas, protéger ses nationaux. A partir de là, Zemmour met en marche une machine à slogans qui détourne totalement la vérité historique.

    Dans ses déclarations à l’emporte-pièce, comme dans le chapitre consacré à ce sujet dans son livre, il néglige plusieurs faits essentiels :  

    — Le régime de Vichy, qu’il présente au spectateur candide en «sauveur de juifs», a promulgué dès 1940, sans pression particulière des Allemands, un statut des juifs discriminatoire et honteux, qui a facilité ensuite la tâche des nazis dans leur répression anti-juive. C’est ce qu’a montré le livre de Robert Paxton, et beaucoup d’autres, que Zemmour rejette, alors qu’il a permis de mieux comprendre la nature du régime de Vichy. Celui-ci n’était pas seulement fondé sur l’idée d’une acceptation réaliste de la défaite. Il a aussi mis en place un système autoritaire, xénophobe et antisémite, qui effaçait tous les acquis républicains.

    — Le régime de Vichy a facilité la tâche des Allemands au moment des grandes rafles et n’a jamais élevé la moindre protestation contre le traitement inhumain réservé aux juifs qu’il livrait, pour l’essentiel des juifs étrangers, dont il savait fort bien, après 1942, qu’il étaient voués à un sort barbare. Le gouvernement Pétain a continué de collaborer jusqu’à la fin, sans jamais se démarquer sérieusement de la politique nazie, même quand elle réduisait à néant la souveraineté française et les principes les plus élémentaires de la vie humaine. Zemmour n’en souffle mot, ni dans son émission, ni dans son livre.

    — Si beaucoup de juifs français ont été sauvés, bien plus qu’en Hollande et en Belgique, c’est aussi et sans doute surtout parce que la population les a souvent aidés, comme le montre le livre de Jacques Sémelin et aussi pour une raison géographique : la position de la France ouvrait aux fuyards deux frontières relativement poreuses, celle de la Suisse et de l’Espagne, où les personnes menacées par le Reich, gaullistes, résistants, juifs ou pilotes alliés, trouvaient un refuge. Cette possibilité était fermée aux fuyards de Hollande et de Belgique, dont les frontières jouxtaient des territoires allemands ou occupés par les nazis.

    — Il est vrai, enfin, que l’existence du régime de Vichy a sans doute atténué, à certains égards, le sort des Français, par rapport à ce qu’aurait été une administration directe de la totalité du pays par la Wehrmacht. Mais la collaboration Pétain-Hitler a aussi facilité la tâche de l’armée allemande dans la guerre en reportant sur la police française une grande partie des tâches de maintien de l’ordre. Elle a prolongé la guerre et donc laissé plus de temps aux nazis pour mener à bien leurs projets exterminateurs. Elle a contraint beaucoup de Français à des actes infamants, qui consistaient à livrer des hommes, des femmes et des enfants à la barbarie nazie. D’autres Français ont refusé ces choix impossibles et cette déchéance. Ce sont les résistants. Ceux-là défendaient vraiment la France, non les séides du Maréchal, à qui Zemmour trouve de si belles excuses.  

    — Autrement dit, en faisant l’éloge de Vichy sur la question des juifs, Zemmour, par nationalisme imbécile, prend finalement le parti de la collaboration. Il avalise la vieille thèse selon laquelle Pétain fut un bouclier pour les Français, thèse qui néglige le fait fondamental : fallait-il, dans l’espoir d’adoucir quelque peu le sort de la population française, collaborer avec les nazis ? Zemmour, implicitement, répond oui. Ainsi il répudie sans le dire, au nom de la défense de l’identité française, l’action de la Résistance et de la France libre, qui ont refusé tout compromis avec Hitler. En préconisant la poursuite de la guerre dès le 18 juin 1940, De Gaulle mettait l’honneur du pays avant la sauvegarde de sa population. Il appelait les Français à se rebeller contre l’occupant, quels que soient les risques. Zemmour, en assénant sans aucune précaution et sans aucune nuance que «Pétain a sauvé des juifs» justifie au fond la position du Maréchal dans sa querelle historique avec De Gaulle.

    — Ainsi, pour choquer, pour faire de l’audience, pour vendre son livre et pour pousser ses idées xénophobes, il piétine implicitement le gaullisme et prend le parti de Vichy. C’est l’aboutissement inéluctable de son ignorance des réalités, de son oubli des principes républicains, et de la négation du travail des historiens depuis vingt ans. C’est l’oeuvre de son obsession anti-gauche et de sa pathologie xénophobe. Zemmour était un agent lépeniste. Le voici avocat des collabos. Quo non descendam ?

    Laurent Joffrin Directeur de la rédaction de Libération

     

    SOURCE : http://www.liberation.fr/france/2014/10/08/zemmour-petain-et-les-juifs_1117568 

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  • Peut-on encore trouver les mots pour exprimer

    l’horreur des crimes   du régime syrien ?

    Aujourd'hui, les images montrent la folie

     des hommes.

    Les enfants de Syrie sont des innocents. Leur assassinat par des armes chimiques fait honte à l'humanité. 
    Se taire face à ces atrocités, c'est être complice.

     Notre émotion et notre colère doit aujourd'hui faire trembler les criminels qui, quoi qu'il arrive, devront répondre  de leurs actes.
    #SyriaGasAttack Via Libération

    La folie des Hommes parlons-en, n'ayons pas la mémoire "courte" elle a existée aussi pendant la guerre d'Algérie

    Article mis en ligne le 8 Septembre 2013

    ors-de-l-attentat-du-metro-de-tokyo-en-1995-puis-recemment-.jpg 

    Le retraité d’Arandon entend reparler du gaz sarin lors de l’attentat du métro de Tokyo, en 1995. Puis récemment, avec les événements en Syrie. De vieux souvenirs, datant de 1959, surgissent alors… Le DL/A.O.

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    Auguste Cuzin, en 1959 à Béni-Ounif, lors de tests au gaz sarin.

     

    http://www.ledauphine.com/france-monde/2013/09/07/nous-avons-experimente-le-gaz-sarin#jimage=898D42EA-866D-4663-A5FA-66787F4DA2A9

     

    Le gaz sarin. Ce nom fait frémir la communauté internationale depuis plusieurs semaines. Depuis que Barack Obama, le président américain, envisage une intervention en Syrie, persuadé que le régime totalitaire de Bachar el-Assad en a fait l’usage contre sa population civile.

    Lorsqu’il entend parler du puissant neurotoxique aux informations, Auguste Cuzin, retraité vivant à Arandon, voit resurgir de vieux souvenirs. Ceux d’une autre époque, où il a expérimenté ce gaz de combat sur ordre de sa hiérarchie. Il était alors sergent dans l’armée française. En pleine guerre d’Algérie.

    « J’étais chef de pièce dans l’artillerie, de février 1958 à avril 1960, en Algérie, détaille Auguste Cuzin. Durant le deuxième semestre de l’année 1959, j’ai été appelé à la base secrète de Beni-Ounif. » Là-bas, dans le nord du Sahara, à quelques kilomètres de Colomb-Béchar, il va réaliser des tirs d’expérimentation avec des obus chargés de gaz sarin.

    « Chaque matin, les officiers nous donnaient l’ordre de tirer à 6 ou 8 kilomètres, au canon, durant deux heures. Nous avons expérimenté le gaz sarin. » La cible ? Des caisses, disposées dans le désert, dans lesquelles étaient emprisonnés des animaux. «Uniquement des petits animaux, se souvient l’ancien soldat. Des rats, des lapins… » Chaque obus contenait un demi-litre de gaz, qui se répandait dès l’impact au sol. «Nous allions dans le désert 48 heures plus tard, équipés de masques à gaz, pour aider les techniciens à ramasser les animaux morts, qu’ils emmenaient au laboratoire pour des analyses. » Aucun tir sur l’homme, selon les historiens. Dans quel but ? Des tirs sur l’homme ont-ils existé ? Auguste Cuzin n’en sait pas plus. Benjamin Stora, éminent historien, spécialiste de l’Algérie, juge « probable » l’idée d’expérimentations au gaz sarin durant le conflit algérien. Frédéric Médard, auteur d’une thèse sur la présence militaire française en Algérie, croit lui aussi à ce témoignage. « La base de Béni-Ounif servait de centre d’essais et était surnommée “le site des armes spéciales”. Mais ces tests ont été réalisés en marge des opérations de maintien de l’ordre en Algérie. À ma connaissance, aucun humain n’a été victime du gaz sarin durant ce conflit. »

    Pour l’historien, l’armée française cherchait avant tout à développer des modes de combat à opposer aux forces du Pacte de Varsovie. « La menace soviétique était très présente à l’époque, rappelle Frédéric Médard. Il s’agissait avant tout de contrer la tactique russe, qui s’appuyait beaucoup sur les gaz. »

    Appliquant scrupuleusement les ordres, Auguste Cuzin a poursuivi le rituel des exercices de tir durant un mois. Lui et ses camarades ont été confrontés de très près à ce gaz hautement mortel. « Un jour, un collègue incommodé par la chaleur a soulevé furtivement son masque pour cracher. Quelques secondes après, sa peau commençait à le brûler. Il a fallu lui administrer une piqûre d’atropine de toute urgence. Il a survécu.»

    L’ancien sergent se souvient aussi avec précision des centaines de mouches mortes qui reposaient sur les caisses contenant les obus. « On n’a pas été mis en condition pour manipuler ce gaz. On secouait les obus, sans se rendre compte du danger. Ce n’était vraiment pas notre heure… »

    “Technique et logistique en guerre d’Algérie”, ouvrage de Frédéric Médard, 2002.

    Par Alexandre OLLIVIERI le 08/09/2013

     La folie des Hommes parlons-en, n'ayons pas la mémoire "courte" elle a existée aussi pendant la guerre d'Algérie

    La France a un rang et un message à défendre

     
     
    Lettre ouverte du 2 janvier 2017
     
     
    à François Hollande

    Monsieur le Président,

    Le 31 décembre 2016, dans votre adresse aux Français, vous déclariez : "Et nous devons tout faire pour préserver cette liberté stratégique parce que la France a un rang et un message à défendre. Elle n’accepte pas les violations des droits humains les plus élémentaires -l’utilisation des armes chimiques, les massacres de populations civiles comme à Alep, les persécutions des minorités religieuses, la soumission de la femme."

    Mais comment vos propos peuvent-ils être crédibles ?

    En particulier pendant la Guerre de Libération de l’Algérie, la France a une terrible responsabilité qu’elle n’a toujours pas reconnue, ni donc condamnée :Retour ligne manuel
    -  Ce sont des crimes d’état  : du 8 Mai 1945 à Sétif / Guelma / Khératta les massacres qui ont fait plus de 40.000 victimes, du 17 octobre 1961 au Pont Saint Michel à Paris où plusieurs centaines d’Algériens ont été massacrés, noyés dans la Seine, assassinés par la police, du 8 février 1962 au Métro Charonne à Paris où 9 militants pacifiques ont été assassinés par le PoliceRetour ligne manuel
    -  Ce sont des crimes de le Guerre  : avec l’utilisation des gaz VX et Sarin (voir les témoignages publiés sur mon site : le premier et le second), avec l’utilisation du napalm (600 à 800 villages ont été rasés : des Oradour-sur-Glane algériens !!!) Retour ligne manuel
    -  Ce sont des crimes contre l’humanité : le colonialisme, l’institutionnalisation de la torture, les viols, les exécutions sommaires (corvées de bois, "crevettes Bigeard"…), les essais nucléaires du Sahara, les camps d’internements (pudiquement appelés camps de regroupements qui ont fait des centaines de milliers de morts)….

    Alors Monsieur le Président, avant de donner des leçons de droits de l’homme comme vous venez de le faire, la parole de la France dans ce domaine aurait un autre poids si vous aviez fait les gestes symboliques nécessaires de reconnaissance et de condamnation de ces crimes commis au nom de notre pays. Dans quelques mois, ce sera le 60ème anniversaire de la Bataille d’Alger où l’Armée Française a généralisé les exactions, ne serait-il pas plus que temps que la France, par votre intervention intervienne dans ce sens ?

    Monsieur le Président, cela fait près d’une dizaine de fois que j’interviens auprès de vous sur ces questions, TOUS mes courriers sont restés sans réponse (sans doute comme celui-ci ?) : cela démontre votre volonté de manipulation de la réalité historique, de la mémoire… Une démarche enfin positive dans ce domaine ferait que des français, encore discriminés aujourd’hui pour leurs origines, puissent se sentir réellement des citoyens à part entière, pas des sous-citoyens de seconde zone, et que notre pays ait une parole réellement crédible au plan international. De telles mesures seraient autrement plus efficaces que les patrouilles sensées dissuader des actes d’attentats commis par des barbares déguisés en pseudos religieux : elles tariraient l’une des sources de motivation de certains jeunes en déshérence.

    J’avais portant voté pour vous en 2012, espérant, tout particulièrement sur ces aspects, que "Le changement, c’est maintenant" !!! Hélas, trois fois hélas !!!

    Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes respectueuses salutations.

    Henri POUILLOTRetour ligne automatique
    Témoin de la Guerre de Libération de l’Algérie, de la tortureRetour ligne automatique
    Militant antiraciste, anticolonialiste, de la mémoire

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  •  

    Du racisme au génocide : N'oubliez jamais comment cela est arrivé et peut recommencer

    Site-Mémorial du Camp des Milles

    Du racisme au génocide

    N'oubliez jamais comment cela

    est arrivé et peut recommencer

    Pour Résister... à l’engrenage des racismes, de l’antisémitisme et des extrémismes... c'est aussi aujourd'hui

    Le Site-mémorial du Camp des Milles présente aux visiteurs un film-documentaire innovant sur les étapes qui mènent « Du racisme au génocide ».

    Ce film de vingt minutes, dans un dispositif immersif en trois écrans (un triptyque), est le fruit d’un long travail du Conseil scientifique pluridisciplinaire et international de la Fondation du Camp des Milles – Mémoire et Éducation.

    Prenant appui sur les leçons de la Shoah, mais aussi des autres génocides du XXe siècle (Arméniens, Tutsis et crime génocidaire Tsiganes), dans un souci de convergence des mémoires, il présente les mécanismes individuels, collectifs et institutionnels qui peuvent conduire au pire mais souligne également les résistances toujours possibles à chaque étape du processus.

    Ce film est devenu un outil essentiel d’éducation citoyenne et de formation, reconnu par le Ministère de l’Education nationale et par les organismes nationaux de formation, notamment des cadres et agents de la Fonction publique.

    Il est intégré dans la troisième partie de visite du Site mémorial, le volet éducatif.

    Cette partie a contribué à faire du Site-mémorial un des lieux de référence en France de la lutte contre, les discriminations, les racismes, l’antisémitisme et les extrémismes.

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  • Guerre d'Algérie : qui se souvient

     des « porteurs et porteuses de valises » ?

    Ces oubliés de l’histoire algérienne

     

    Guerre d'Algérie : Il y a eu aussi "les porteurs et porteuses de valises"

     

    Le 5 juillet 2012 l’Algérie a commémoré en grande pompe le 50e anniversaire de son indépendance. Une indépendance emportée de haute lutte et acquise dans la souffrance face à l’occupant. Or, les Français qui ont lutté pour l’indépendance et la reconstruction de l’Algérie, n’ont visiblement pas droit au chapitre.

    La Guerre d’Algérie (1954-1962) laisse de nombreuses traces dans les mémoires française et algérienne, chez ceux, civils ou militaires des deux camps, qui ont subi ou pratiqué des atrocités. A l’occasion de la 50e année de l’indépendance algérienne, l’histoire a refait surface dans la douleur, des deux côtés de la Méditerranée, même si les autorités françaises commencent lentement à reconnaître les actes de barbarie et à chercher la réconciliation avec la sœur-ennemie algérienne.

    Or, certains détails de l’histoire évitent la généralisation, l’analyse manichéenne de ce conflit, cette guerre ou guerre civile, assurément horrible. Parmi ceux-là, il est important de citer les « porteurs de valises ». Des journalistes, des artistes, des prêtres, des militants catholiques, qui sont devenus complices du Front de libération nationale (FLN). Qui parle à Alger du « Réseau Jeanson » ? Cette équipe, menée par Francis Jeanson, se chargera pendant pratiquement toute la guerre de collecter et de transporter des fonds et des faux-papiers pour les agents du FLN de métropole, une cinquième colonne indispensable à la résistance algérienne.

    Ce groupuscule sera finalement démantelé en février 1960 et son procès s’ouvrira le 5 septembre de la même année. Six Algériens et dix-huit Français, défendus par le jeune avocat Roland Dumas, sont alors inculpés et condamnés. Quinze d’entre eux sont condamnés à dix ans de prison, trois à cinq ans et huit mois, et neuf sont acquittés. Francis Jeanson quant à lui, sera condamné à dix ans de prison, puis amnistié en 1966.

    Des intellectuels de gauche apporteront par le « Manifeste des 121 » un soutien à ces « porteurs de valises ». Qui se remémore aujourd’hui de ces Français qui ont lutté et qui sont parfois morts, comme Henri Curiel, pour ou en raison de la cause algérienne ?

    Voici une autre "porteuse de valise"

    interviewée en 2013

    Fin 1961, étudiante en droit âgée de 22 ans, révulsée par la répression sanglante, à Paris, le 17 octobre 1961 contre les algériens puis par celle du 8 février 1962 contre les manifestants au métro Charonne, Danielle décide d'aider le FLN. Elle transporte des militants et "porte des valises" avant d'être arrêtée puis emprisonnée à la prison de la Petite Roquette durant 75 jours à partir du 17 mars 1962 avec 5 autres détenues ayant aidé le FLN.

    Cette expérience politique contribuera à son engagement ultérieur dans le PSU où elle sera une militante active en particulier au plan national en allant soutenir les ouvriers de Lip et les paysans du Larzac, et au plan local en coordonnant l'action pour l'ouverture d'une crèche, en s'engageant dans les campagnes des élections municipales et en participant activement aux actions de sa fédération départementale du PSU, comme la campagne législative de Bernard Langlois à Provins en mars 1973.

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    Guerre d'Algérie : Il y a eu aussi "les porteurs et porteuses de valises"

     

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  • Dans le domaine de la mémoire, de la guerre d'Algérie et ses victimes, nous devons beaucoup à Paris et à son ancien maire Bertrand Delanë

    Dans le domaine de la mémoire, de la guerre d'Algérie et ses victimes, nous devons beaucoup à Paris et à son ancien maire Bertrand Delanoë

    Dans le domaine de la mémoire, de la guerre d'Algérie et ses victimes, nous devons beaucoup à Paris et à son ancien maire Bertrand Delanoë

    M. Romano Bottinelli

    (cinéaste)

    C'est un honneur pour moi d'apprendre que cet article va servir comme outil de travail à M. Romano Bottinelli, pour la réalisation du film " CE QUE LA GUERRE A FAIT DE NOUS " dont voici un extrait (Attention ce n'est qu'une ébauche, tout n'est pas parfait)...

    MERCI DE CLIQUER SUR CE MP3

    PUIS SUR CETTE VIDEO

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