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    Dis-moi, c’était mieux avant ?

     

    Un exemple du bon vieux temps : cela n’existe plus

    Les veillées où l’on effeuillait le maïs

    Dis-moi, c’était mieux avant ?

    C’était le bon vieux temps des veillées d'autrefois, le but : enlever les feuilles des épis de maïs à la main, tout en racontant quelques histoires ou en chantant les chansons du bon vieux temps en buvant un petit verre du « gros rouge qui tache ». Puis le travail achevé, rien de tel que des châtaignes, grillées sur place, à déguster.

     

    Un exemple aujourd’hui

    Dis-moi, c’était mieux avant ?

    Seul devant son ordinateur

    Dis-moi, c’était mieux avant ?

    Dis-moi, c’était mieux avant ?

    Certains, tels Alain Delon ou Michel Sardou haïssent la période actuelle, d'autres ne s'y trouvent pas bien et ont la nostalgie de l'époque de leur jeunesse, c'est le cas de nombreux écrivains ou philosophes que l'on taxe de réactionnaires refusant tout progrès.

    Alors bien sûr la réponse serait facile, on regrette tous nos 20 ans, l'époque à laquelle on était jeunes, on était beaux et on sentait bon le sable chaud.

    De Gaulle disait la vieillesse est un long naufrage, alors c'est vrai c'était mieux quand on naviguait toutes voiles dehors, bravant les intempéries.

    Mais doit-on se contenter de cette réponse et ne pas essayer de comparer les époques avec un peu plus d'objectivité ?

    Il y a un constat qui doit nous interroger, notre peuple est aujourd'hui un des plus pessimistes dans le monde.

    Le pessimisme français se nourrit surtout d’un puissant sentiment de nostalgie d’une époque que l'on dit glorieuse et prospère.

    J'ai essayé de trouver des réponses qui ne soient pas que le fruit de la nostalgie d'un passé fantasmé.

    Qu'est-ce qui était mieux avant ? 

    -Les rapports entre générations.

    Le respect d'abord, le respect envers les parents, la police, les professeurs, les institutions.

    Le soir après dîner, comme on n’avait pas la télé, les parents et grands parents sortaient des chaises devant les portes et se réunissaient entre voisins. Ils racontaient leurs histoires, leur vie, leurs projets, leur vision du monde.

    Nous très jeunes, on s'asseyait sur les trottoirs près d'eux et on les écoutait, on apprenait, on s'enrichissait de leurs expériences.

    C'était une époque où les vieux étaient considérés comme des guides, des sages, leur expérience était pour nous un enrichissement et leur propos n'étaient pas perçus comme des radotages de vieux cons, mais comme des enseignements précieux pour notre avenir.

    -Les loisirs,

    On vivait dans la rue, en bandes de copains, en groupes, on inventait des jeux, on partageait de longs moments dans la journée, on construisait les jouets qu'on ne pouvait s'acheter, les cerfs volants, les téléphones avec des boites de cirage, on jouait aux billes, au tour de France, que l'on dessinait au sol à la craie et dont on parcourait les étapes en faisant des pichenettes sur des capsules de bouteille et à d'autres jeux traditionnels, cache cache, colin maillard, etc.

    -Le vivre ensemble

    La vie de quartiers était agréable, aucun problème avec une immigration qui s'assimilait par l'école, le travail, l'envie de partager un présent et de construire un avenir commun.

    -Puis à l'adolescence,

    Cette fureur de vivre, cette confiance en l'avenir, cette certitude que le monde nous appartenait et qu'on pouvait le changer, l'améliorer, par le biais de discussions entre adolescents qui duraient de longues soirées.

    On avait une totale confiance en notre avenir, il n'y avait pas de chômage, dans les années 60 et 70, le plein emploi était roi. Le monde du travail nous attendait avec ses multiples choix. Pas besoin de psychologues, l'ami ou le parent jouait ce rôle à la perfection.

    Nous étions aussi à l'époque épargnés par le sida, la drogue et les violences au quotidien, ce qu'on nomme l'ensauvagement de la société.

    Alors à quelques encablures du port comment comment voit-on notre société actuelle ? Forcément on fait des comparaisons.

    Est-ce mieux maintenant ? Sur certains plans c'est certain.

    Ce qui est mieux aujourd’hui. 

    - On vit plus vieux.

    Les progrès merveilleux de la médecine, et surtout de la chirurgie sont passés par là, l'espérance de vie qui était de 65 ans en 1950 est passée à 80 ans en moyenne en 2019

    -La technologie.

    Elle a rendu la vie pus facile dans de nombreux les domaines, l'automatisation ayant remplacé le travail à la chaîne, la domotique dans les maisons s'étant chargée de rendre les tâches ménagères beaucoup plus faciles.

    -L'égalité hommes-femmes qui a progressé de façon importante.

    -L'explosion informatique, qui bien utilisée permet une connexion avec le monde entier et l'accès à des connaissances rapide et complète remplaçant les recherches longues, difficiles et incomplètes d’antan.

    Je laisse au lecteur le soin de compléter cet inventaire à la Prévert.

    La réponse de ceux qui comme moi ont vécu ces deux époque si différentes est dommage  ! 

    Dommage de n'avoir pas su préserver les valeurs, les repères, les garde fous des générations précédentes, et de ne pas avoir su y ajouter les progrès. L’époque actuelle aurait pu être un âge d'or, d'une qualité supérieure à celui des 30 glorieuses.

    Dommage d'avoir fait l'erreur de croire que le progrès technique est automatiquement synonyme de progrès social. Que la consommation est le bien essentiel, qu'avoir peut remplacer être.

    Entre les nouvelles technologies et leur utilisation, On a raté une marche, le mode d'emploi.

    Comme disait Rabelais :

    « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. »

    Le progrès ne libère pas, si on devient esclave des nouvelles technologies ou si l'on joue les apprentis sorciers.

    Le danger à court terme est que l'intelligence artificielle supplante celle des hommes.

    Où est le progrès pour l'homme ?

    Quand on voit que les dérives sociétales qu'on appelle avancées conduisent à l'explosion de la cellule familiale, PMA GPA, menant à ce récent exploit signe de la folie des temps, on a rendu mère une vieille dame de 74 ans. Le progrès n'a de justification que s'il est au service de l'homme s'il contribue à son mieux être.

    Quand on voit que le mondialisme, c'est-à-dire un appétit de gain inextinguible conduit à la mort de la nation, de l'identité de la culture et nous enferme dans le chacun pour soi.

    Quand on constate que l'ouverture de toutes les frontières conduit au multiculturalisme et à un communautarisme exacerbé où le vivre ensemble devient problématique,

    Que le progrès est considéré comme irréprochable et incontestable.

    Quand on fait fi des dangers que représentent le développement incontrôlé de certaines technologies.

    Le développement de l’I.A., s'il ne s'accompagne pas d'étique et de limitations à son développement, est un danger vital à cour terme.

    L'intelligence artificielle peut supplanter l'homme.

    On est en droit de se dire, en observant notre société actuelle, que nous avons raté le coche, et qu'il faut changer notre vision future du monde.

    Autrefois les parents savaient que leurs enfants feraient de meilleures études qu'eux, qu'ils auraient une meilleure position sociale, qu'ils gagneraient mieux leur vie. Aujourd'hui, ils sont pratiquement assurés du contraire, et leurs enfants eux aussi sont dans le doute et la crainte.

    Alors je ne hais pas cette époque, mais je me dis que j'ai eu la chance de vivre une partie de mon existence au cours de cette période passée, et tant pis si on me qualifie de passéiste ou vieux ronchon.

    SOURCE : https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/dis-moi-c-etait-mieux-avant-217842 

     

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    Monsieur le président, que s’est-il passé

    exactement le 17 octobre 1961 à Paris

     et en banlieue ?

    Monsieur le président, que s’est-il passé  exactement le 17 octobre 1961 à Paris   et en banlieue ?

     

    Nous publions ici une déclaration d’Olivier Le Cour Grandmaison, faite au lendemain de la reconnaissance par le président de la République de l’assassinat de Maurice Audin. A l’approche de la commémoration du 17 octobre 1961, l’universitaire rappelle l’ampleur du travail de reconnaissance qu’il reste à accomplir. Le geste de Macron n’est qu’un premier pas. Faisons en sorte qu’il soit suivi de beaucoup d’autres… 

    Si la déclaration d’Emmanuel Macron, au sujet de l’arrestation, de la torture et de la disparition de Maurice Audin, est un immense pas pour la famille, et pour toutes celles et tous ceux qui, depuis cet événement, se sont mobilisés pour que le crime perpétré ce jour-là soit enfin reconnu par les plus hautes autorités de l’État, beaucoup d’autres devront être effectués pour que l’ensemble des crimes coloniaux soient qualifiés comme ils devraient l’être.

    Sur ce point, le président de la République et ses conseillers demeurent très en-deçà de ce qui aurait dû être déclaré. En effet, si E. Macron avait estimé, lors d’un déplacement à Alger en tant que candidat à l’élection présidentielle, que la “colonisation avait été un crime contre l’humanité”, il s’est bien gardé de réitérer ses propos à cette occasion alors que les faits visés ressortissent bien à ce type de qualification.

    Rappelons donc au chef de l’État, l’article 212-1 du Code pénal français : sont considérés comme des crimes contre l’humanité , “la déportation (…) ou la pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivis de leur disparition, la torture ou d’actes inhumains inspirés par des motifs politiques (…) organisés en vertu d’un plan concerté à l’encontre d’une population civile.”

    Pour ménager les militaires, la droite et l’extrême-droite, et sans doute aussi, une partie de son électorat, peut-être aussi pour éviter des procédures judiciaires, cette qualification n’a donc pas été employée alors qu’elle est parfaitement adéquate aux pratiques de l’armée française pendant la guerre d’Algérie et aux crimes commis antérieurement à partir du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, puis en Indochine, à Madagascar en 1947 et le 17 octobre 1961 à Paris. De ce point de vue, la déclaration du chef de l’État ne saurait satisfaire celles et ceux qui exigent, parfois depuis des décennies, que ces massacres soient reconnus par les plus hautes autorités de l’État.

    Relativement à l’ouverture des archives, les propos d’E. Macron sont susceptibles d’interprétations diverses et l’avenir nous dira ce qu’il en est. En effet, il est écrit qu’une “dérogation générale (…) ouvrira à libre consultation tous les fonds d’archives de l’État qui concernent ce sujet.” Soit cela porte uniquement sur l’affaire Audin, et c’est alors singulièrement restrictif, soit cela concerne l’ensemble de la guerre d’Algérie, et la mesure est autrement plus importante. Reste que cet accès demeure le fait du prince.

    Qu’en est-il des archives relatives aux événements précités auxquels il faut ajouter le massacres de Thiaroye du 1er décembre 1944 et la guerre trop longtemps oubliée conduite au Cameroun entre 1955 et 1971 ? Rappelons qu’en ce domaine, et comparativement à d’autres pays comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, la législation française sur l’accès aux archives est une des plus restrictives et que beaucoup, par le passé, se sont vus refuser l’accès à certaines archives. Je pense en particulier au regretté Jean-Luc Einaudi sur les massacres du 17 octobre 1961.

    Dans moins d’un mois maintenant, le collectif pour la reconnaissance de ces derniers massacres se réunira, comme tous les ans, sur le Pont Saint-Michel pour exiger la reconnaissance de ce crime comme crime d’État et l’ouverture de toutes les archives. Le président de la République laisse croire qu’il est disposé à solder les comptes du passé criminel de la France en Algérie ; qu’il le prouve en faisant enfin une déclaration précise et circonstanciée sur ce qui s’est déroulé à Paris et en banlieue parisienne où les arrestations arbitraires, la torture et les disparitions forcées ont également été employées par des policiers et des harkis agissant sous les ordres du préfet de police de l’époque, Maurice Papon.
     
    Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire, dernier ouvrage paru “L’Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies”, Fayard, 2014.


    Code pénal - Article 212-1 

    Constitue également un crime contre l’humanité et est puni de la réclusion criminelle à perpétuité l’un des actes ci-après commis en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique 

    1° L’atteinte volontaire à la vie ;

    2° L’extermination ;

    3° La réduction en esclavage ;

    4° La déportation ou le transfert forcé de population ;

    5° L’emprisonnement ou toute autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ;

    6° La torture ;

    7° Le viol, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ;

    8° La persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international ;

    9° La disparition forcée ;

    10° Les actes de ségrégation commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime ;

    11° Les autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou psychique.

    SOURCE : https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000027811403 

     

    Monsieur le président, que s’est-il passé  exactement le 17 octobre 1961 à Paris   et en banlieue ?

     

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    Alors que les riches deviennent

     de plus en plus riches…

    Cela c’est aussi la France

    de la honte, deux exemples

    différents parmi des milliers

    d’autres…

    Pauvreté : en France, le retour

     en force des bidonvilles

    Selon un rapport du Secours catholique, les enfants pauvres sont de plus en plus nombreux en France, et seraient même majoritaires dans les centres d'accueil. 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, et 16000 personnes logent encore dans des bidonvilles.

     

    La petite route ne porte pas de nom et n'est pas répertoriée sur les cartes de région parisienne. Pourtant, il y a du monde ici : des caravanes et des familles qui vivent cachées entre la voie de chemin de fer et les pylônes d'une vaste chaufferie. Ce sont les membres d'une association qui nous conduisent France 2 dans ce bidonville, qui abrite "entre 15 et 20 familles environ, soit une cinquantaine de personnes", indique Sarah Berthelot, de l'association "Acina".

    Presque tous sont issus de la communauté rom. Ils ont fui la pauvreté et les discriminations dont ils se disent victimes en Roumanie. Une fois en France, ils ont bâti ces campements de fortune, le temps de trouver un emploi, pensaient-ils. Mais pour cette famille rencontrée par France 2, cela fait déjà trois ans qu'elle vit dans des conditions insalubres. Comme beaucoup, la famille survit en revendant de la ferraille et des déchets. Elle gagne moins de 500 euros par mois. Une vie enfermée dans la précarité. Certains sont même nés dans ces bidonvilles.

    Démolir les bidonvilles ou favoriser l'insertion sociale de ses occupants ?

    Une génération bidonville en France, ce n'est pas une nouveauté. Dans les années 1960, déjà, Espagnols, Portugais et Algériens ont connu ce sort. Ils étaient 45 000 jusqu'à ce que les constructions de HLM leur permettent de trouver un toit. Mais depuis 25 ans, les bidonvilles se sont reformés, avec principalement des migrants des pays de l'Est. Au pied des immeubles, dans le 18e arrondissement de Paris, 350 personnes vivent dans un bidonville sans eau courante, au milieu des déchets et des rats, sous les yeux stupéfaits des passants.

    Selon les associations, l'État n'investit pas assez dans les centres d'hébergement d'urgence. Bien souvent, la seule réponse des autorités est la destruction des bidonvilles.

    En France, plus de la moitié des jeunes vivant en bidonvilles sont déscolarisés

    Plus de la moitié des jeunes âgés entre 12 et 18 ans vivant dans des bidonvilles en France ne sont pas scolarisés. Un chiffre alarmant révélé par l'étude du Collectif pour le Droit des Enfants Roms à l’Éducation (CDERE). Le rapport permet de mieux appréhender l'accès et les réalités de la scolarité des adolescents en grande précarité.

    « Mon fils de 18 ans n’est pas scolarisé. Avant il était à l’école à Massy Palaiseau, puis il a été au collège à Massy. Après que le camp a été cassé, on est parti. Quand on était à Villeneuve-le-Roi, il n’y avait plus d’école. Le maire ne voulait pas inscrire les enfants. (…) Il avait 16 ans. Puis il m’a dit « Maman, ça me dégoûte, chaque fois que je me fais des amis, que les profs sont contents de moi, on doit partir et je dois encore changer d’école, je ne veux plus y retourner. » il s’est arrêté l’année dernière ». Ce témoignage est celui de Denamarca, mère de 5 enfants. Il illustre toutes les difficultés auxquelles sont confrontées les familles qui vivent dans des bidonvilles : la précarité, les expulsions à répétition, le contexte familial et parfois le refus du maire de scolariser les enfants Roms (le cas de Saint-Ouen est un exemple récent).

    96 % des 16-18 ans sont déscolarisés

    Le Collectif pour le Droit des Enfants Roms à l’Éducation (CDERE) est à l’origine de cette étude sur la scolarisation des adolescents en bidonvilles et en squats, une population particulièrement vulnérable, stigmatisée et sujette à de très nombreuses discriminations. Objectif : démontrer les obstacles dans l’accès à la scolarité. Le résultat principal de cette enquête met en avant l’absence de scolarisation pour plus de la moitié des jeunes âgés entre 12 et 18 ans. Un taux de scolarisation largement supérieur à celui de l’ensemble national qui n’est que de 7%, selon le CDERE citant une étude de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) de 2013. Le phénomène touche particulièrement les 16-18 ans, le taux de déscolarisation atteignant 96% dans cette tranche d’âge. Leur situation familiale et leur désir d’entrer dans la vie active plutôt que de continuer à aller à l’école sont les principaux facteurs d’abandon.

    Pour obtenir ces chiffres, le CDERE a mené une étude auprès de 161 jeunes vivant dans 34 bidonvilles et squats de novembre 2015 à juillet 2016. Des jeunes contraints de vivre dans une extrême précarité, majoritairement originaires de Roumanie et de Bulgarie, qui se reconnaissent souvent comme Roms ou désignés comme tels. Leur expérience commune est l’exclusion du système scolaire, la stigmatisation et la précarité socio-économique.

    Des jeunes invisibles

    « S. est arrivé en France à l’âge de 5 ans, en 1994 avec ses parents. Il a vécu près de 20 ans dans des bidonvilles en Île-de-France et n’a jamais été scolarisé ». La situation de ce jeune garçon est loin d’être un cas isolé. Le CDERE dénombre 13 jeunes sur 161 qui ne sont jamais allés à l’école de leur vie, que ce soit dans leur pays d’origine ou en France. Ce sont majoritairement des garçons, âgés entre 16 et 18 ans, en France depuis 2 ans en moyenne, qui n’ont jamais été scolarisés alors même qu’ils devraient bénéficier de dispositifs spécifiques.

    Le rapport du CDERE démontre que l’invisibilité de ces jeunes est révélatrice d’un système discriminatoire qui les exclut et amplifie la stigmatisation dont ils sont l’objet. Pour les jeunes filles, le rapport évoque l’enjeu de la scolarisation qui favorise un retardement de l’âge du mariage. Les mariages précoces contribue à leur exclusion et de celle de leurs familles.

    Ces jeunes ont tous connu une rupture dans leur cursus scolaire, due à la migration, à des refus administratifs ou à des expulsions de leurs lieux de vie en France. Cela met en question la continuité et l’effectivité de l’accueil à l’école pour ces jeunes. Exclus du système scolaire, ces jeunes le sont aussi de la formation et de l’emploi.

    Une scolarisation décalée

    Pour ceux qui parviennent à être scolarisés (75 jeunes interrogés sur 161, soit 47%), le Collectif parle d’une « scolarisation décalée ». 41 jeunes scolarisés sont en classe UPE2A (55%), ce qui signifie qu’ils reçoivent un enseignement linguistique spécifique. L’enquête note un décalage entre le niveau scolaire attendu selon l’âge et leur niveau de scolarisation effectif. L’étude étant réalisée chez les jeunes ayant 12 ans et plus, tous devraient avoir au minimum le niveau de la 5ème, or 31% sont en dessous. Le décalage s’accroît ainsi avec l’âge : 13% sont en 4ème quand 20% y seraient attendus compte-tenu de leur âge ; puis 7% sont actuellement en 3ème quand 30% y seraient attendus.

    Ces jeunes se trouvent ainsi dans des classes où ils sont les plus âgés, ce qui peut être un facteur d’accentuation des discriminations ou de rejet. Ce phénomène de « décalage » est d’ailleurs noté pour tous les enfants allophones, en particulier pour ceux et celles inscrites au collège : près des deux tiers des collégiens allophones sont en décalage par rapport à leur classe d’âge, la majorité d’un an (67%) puis de deux (26%) ou trois ans (7%).

    Le droit à l’éducation bafoué

    « Le droit à l’éducation est un droit fondamental en France et une obligation pour tous les enfants de 6 à 16 ans. Ce droit s’arrête là où commence le bidonville », dénonce le Collectif pour le Droit des Enfants Roms à l’Éducation. Et de rappeler l’Article 13 du Préambule de la Constitution de 1946 : « La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État ». Ou encore la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) et la loi française à travers la Constitution et le Code de l’Éducation qui énoncent clairement le droit à l’éducation et à ’instruction pour tous les enfants sans distinction de sexe, d’origine ou de nationalité. La situation actuelle des jeunes vivant en bidonvilles et en squats est en totale contradiction avec ces principes.

    En janvier 2016, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, inquiet, émettait un série de recommandations sévères vis-à-vis de la France. Il engageait le pays à « respecter ses obligations internationales en ce qui concerne les expulsions forcées et l’encourage dans ses efforts visant à intégrer les enfants roms et leur famille ». Le Comité soulignait déjà que certains groupes d’enfants, dont les enfants et adolescents vivant en bidonvilles, « ont du mal à entrer, à rester et à revenir dans le système éducatif... », et recommandait à la France « de garantir à tous les enfants le droit à l’éducation sans discrimination ». Force est de constater que l’on est encore très loin du compte.

     

    A Bagnolet, une décharge sauvage

     sous le nez des habitants

    Une décharge sauvage alimentée par les services municipaux : voici le sujet brûlant qui entache la ville de Bagnolet et la réputation de sa mairie. Mais au-delà du simple scandale, ce désastre écologique et sanitaire fait écho à un mal-être social qui mérite qu’on lui donne de la voix.

    En descendant du bus 122 à l’arrêt Charles-Delescluze de Bagnolet, il suffit de marcher deux minutes pour se retrouver face à un paysage aussi affligeant que surréaliste. A quelques mètres des tours HLM de la cité de la Noue, un terrain vague sert de décharge sauvage à des tonnes de détritus. A côté de l’arrêt de bus se trouvent deux femmes en pleine discussion. Cherchant le chemin de la décharge (oui, ça prend 2 minutes d’y aller mais il faut savoir où aller), on profite d’un blanc dans leur conversation pour le leur demander. « Vous êtes journaliste ? », demande immédiatement Françoise avec un grand sourire. On comprend de suite que cette citadine de 58 ans est ravie de pouvoir parler de cette décharge avec quelqu’un qui souhaite l’écouter. Epaulée par sa voisine Huguette, 80 ans, elle affirme que cette décharge a vu le jour il y a plus de dix ans.

    Voyant que l’ampleur du problème nous laisse sans voix, elle nous rassure à sa façon : « Et avant c’était pire ! On ne voyait presque pas le ciel ! » Cette précarité est presque ineffable, pourtant rien n’a changé depuis plus d’une décennie – et ce n’est pas faute d’avoir essayé. En effet, les riverain.e.s n’ont pas été les seul.e.s à dénoncer la situation : alors qu’un énième départ de feu avait sollicité l’intervention de la police et des pompiers, ces derniers ont expliqué à Huguette qu’ils avaient fait des rapports à la mairie, en vain.

    L’origine de ces départs de feu est d’ailleurs intéressante car c’est la toxicité des sols qui la déclenche, le « cœur du feu », comme le dit poétiquement Huguette, se situe en vérité à 10 ou 15 mètres de profondeur sous le sol. « Cette décharge, c’est un peu comme un magma », plaisante Françoise. Cette comparaison imagée illustre à la fois l’origine des départs de feu et la catastrophe écologique, sanitaire et sociale qu’est cette décharge aux yeux des habitants de la cité.

    Un mal symptomatique d’un problème plus préoccupant

    « C’est un quartier où il n’y a rien » : Françoise ne mâche pas ses mots et elle a ses raisons. Avec Huguette, elles s’accordent à dire que cette cité située à la frontière entre Bagnolet et Montreuil est laissée à l’abandon. Entre les bus qui ne circulent plus et les galeries marchandes délabrées, les habitants ne savent plus à quel saint se vouer. La décharge à ciel ouvert n’est qu’un problème parmi tant d’autres, dont il faut évidemment s’occuper, mais qui n’est qu’un symptôme : ce quartier s’apparente à un patient très malade que personne ne voudrait soigner.

    Pourtant, ce mal-être, les habitants l’ont vocalisé à maintes reprises. Il y a régulièrement des réunions de quartiers – auxquelles Françoise et Huguette avaient l’habitude de participer – mais elles n’ont aucune répercussion positive. Les habitants ont l’impression que personne ne les écoute jamais, alors, comme les deux riveraines, bon nombre de Bagnoletais ne veulent plus faire d’efforts.

    Selon Françoise, cette situation met en difficulté les plus jeunes avant tout. « Il faudrait des éducateurs, mais on les voit où ? On ne les voit pas » nous dit-elle d’une voix affligée. Alors, comme elle nous l’explique en indiquant l’entrée de la décharge, les jeunes squattent et « font les kékés ». Il nous suffit d’un regard entendu pour comprendre qu’elle évoque de manière euphémique les trafics de drogue qui ont lieu sur le terrain.

    Vous savez je la vois comment moi ?

     En palace

    Françoise n’a pas menti. A l’entrée de la décharge se trouvent une poignée de jeunes assis qui remarquent très rapidement que nous nous dirigeons vers eux. Lorsqu’on les aborde, ils se montrent d’abord assez méfiants. A l’arrivée d’un client, des regards gênés s’échangent : doivent-ils faire leurs transactions devant nous ou pas ? Comprenant que nous ne sommes là ni pour faire affaire, ni pour les réprimander, ils finissent par se détendre. « Oh, on est posés au calme avec une petite journaliste là ! », annonce même l’un d’entre eux à ses amis faisant leur entrée. L’atmosphère désormais détendue, on évoque alors l’état actuel de la décharge. L’habitude les a rendus insensibles à la situation, en apparence du moins : « Mais ça fait des années que c’est comme ça ! ». Parfois, ils en parlent même avec humour : « Nous, on traîne ici et ils en font une déchetterie ?! Il faut nous payer ! »

    En vérité, ce qui les intéresse, c’est l’avenir de cette décharge : « Mais votre article il va servir à quoi ? », s’informe un des dealeurs. Notre réponse à peine formulée, il nous dit d’emblée qu’il aimerait voir un terrain de cross ou un centre commercial (Françoise et Huguette aussi, d’ailleurs). Ses amis, eux, veulent un parc et des jeux pour les petits de la cité. Leur client, qui a profité d’un retard de commande pour participer à la conversation, souhaiterait qu’on se débarrasse des ordures, mais qu’on laisse le terrain vierge : « Il faut aérer la ville, elle est déjà trop remplie, en tout cas je ne veux certainement pas d’un centre commercial, surtout pas ! » On allait presque oublier le plus ambitieux qui, lui, veut un palace (avec piscine, évidemment). En riant, les autres rétorquent : « Mais t’es fou toi, tu vas demander ça à la mairie de Bagnolet ?! »

    Avec humour et plaisanteries, les propos de ces jeunes hommes – et l’empressement avec lequel ils ont partagé leurs idées – traduisent l’aspiration à une vie meilleure et l’envie d’avoir un lieu fait pour eux. Visiblement, on ne leur demande pas souvent de quoi ils ont envie – ou besoin.

    Un secret mal gardé, un tabou non assumé

    Malheureusement pour nos jeunes dealeurs, si la mairie de la ville n’a déjà pas réussi à déblayer le fameux terrain vague en dix ans, on ne peut pas leur garantir la construction prochaine de parcs, de jeux – et encore moins de palaces. Cependant, fin août, la municipalité a quand même déclaré prendre le taureau par les cornes : un appel d’offres de 100 000 euros a été lancé afin de nettoyer le terrain. Dans le communiqué publié par le maire Tony Di Martino (PS), une concertation citoyenne a aussi été mentionnée.

    Enfin, la mairie a reconnu que des camions-bennes de la ville déchargeaient leurs poubelles dans cette décharge sauvage en toute illégalité et a assumé sa responsabilité dans la perte de contrôle de la gestion de cette dernière. On aurait presque envie de dire que ces mesures sont tout à l’honneur de la municipalité. Seulement, ce serait omettre quelques points.

    Etant de bonne foi, nous nous sommes rendus à la mairie de Bagnolet pour obtenir des précisions sur ce programme : quel a été l’élément déclencheur de cette prise de conscience (on soupçonne les réseaux sociaux et un article du Parisien il y a dix jours) ? Quelle forme va adopter la concertation avec les habitants dont parle le communiqué ? L’appel d’offres a-t-il été fructueux jusqu’à présent ? On a rapidement compris que le sujet était tabou : l’hôtesse à laquelle nous nous sommes présentés a grimacé à la seule entente du mot « décharge à ciel ouvert ». Elle nous a tout de même donné le contact de Chloé Filot, directrice du cabinet du maire, qui, confirmant nos suppositions, a refusé de nous répondre. Elle soutient que les réponses ont déjà été données (et plusieurs fois, qui plus est). On doit avouer qu’on ne les a pas trouvées (et pourtant, on a cherché hein) et que le ton employé dans sa réponse ne nous aide pas vraiment à la croire sur parole.

    Contentons-nous de dire que ce silence en dit long sur la façon dont la mairie de Bagnolet gère ce moment de crise, moment qui révèle au grand jour le sentiment d’abandon et d’exclusion d’une partie des Bagnoletais. Visiblement, la mairie se retrouve quelque peu dépassée par un phénomène dont l’ampleur n’est pas des moindres, et le fait de devoir gérer ce problème à la vue de tous ne lui est pas agréable. Restons cependant optimistes : si elle met autant de bonne volonté à s’occuper du problème qu’elle en a mis à l’ignorer, les choses ne devraient pas trop tarder à évoluer.

    SOURCE : https://www.bondyblog.fr/reportages/cest-chaud/bagnolet-une-decharge-sauvage-sous-le-nez-des-habitants/

     

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    Guerre d’Algérie : Les archives françaises sur la disparition de Maurice Audin ouvertes au public

    Emmanuel Macron avait fait un premier pas vers cette ouverture, en reconnaissant la responsabilité de l’Etat dans la disparition de l’assistant de mathématiques en Algérie.

    Guerre d’Algérie : Les archives françaises sur la disparition de Maurice Audin ouvertes au public

    Maurice Audin, assistant en mathématiques à la faculté d'Alger et militant communiste, dans une photo non datée. — AFP

    Il est désormais possible de consulter les archives publiques françaises concernant le militant communiste Maurice Audin, disparu en 1957 en Algérie. Un arrêté a été publié ce mardi au Journal officiel. 

    « Cet arrêté prévoit la libre consultation (…) des archives publiques relatives à la disparition de Maurice Audin conservées aux archives nationales, aux archives nationales d’outre-mer, aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine et au service historique de la Défense », précise le texte. Sébastien Jumel, porte-parole des députés communistes, a salué mardi un « acte fort ». Ce geste « fait le pari de parvenir à une mémoire apaisée en encourageant la recherche de la vérité historique », a-t-il estimé lors de la conférence de presse de rentrée du groupe PCF à l’Assemblée nationale.

    Torturé par des militaires

    Il avait, avec le député LREM de l’Essonne Cédric Villani, demandé en février 2018 « la reconnaissance officielle » par l’Etat de l’assassinat de Maurice Audin. Emmanuel Macron avait reconnu en septembre 2018 la responsabilité de l’Etat français dans la disparition de l’assistant de mathématiques à la faculté d’Alger et membre du Parti communiste algérien. Dans une déclaration remise à sa veuve, Josette Audin, décédée depuis, le président avait reconnu « au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile » le 11 juin 1957. Le président avait également demandé « pardon ».

    Il reconnaissait « aussi que si sa mort est, en dernier ressort, le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué », alors que la trace de Maurice Audin, suspecté d’avoir aidé le FLN, était perdue 10 jours après son arrestation. Emmanuel Macron avait alors également confirmé l’ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens.

    SOURCE : https://www.20minutes.fr/societe/2600683-20190910-guerre-algerie-archives-francaises-disparition-maurice-audin-ouvertes-public

     

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    Ménard déguisé en antiraciste

    Un article de Jacques Cros

    Habitant de Béziers

     

    Ménard déguisé en antiraciste *** Un article de Jacques Cros  Habitant de Béziers

     

    On l’a encore vu à la télévision. Il faut dire qu’il y passe souvent, il doit avoir pris un forfait. Eh non, cette fois il ne brandit pas l’étendard habituel avec lequel il fustige les Maghrébins qui sont trop nombreux dans les écoles de Béziers, ou les réfugiés syriens pour lesquels il a organisé une mise en scène réprobatrice ostensible.

    Il regrette, on le sait, le temps de notre empire colonial, le racisme étant consubstantiel à l’idéologie colonialiste. On rappellera qu’il a débaptisé une rue qui portait le nom du 19 mars 1962 et chaque année le 19 mars il met en berne les drapeaux de la ville alors qu’un vote du Parlement a décidé de choisir cette date comme journée du recueillement.

    Il ne manque pas de se rendre en diverses occasions, les 26 mars et les 5 juillet en particulier, devant la stèle rendant hommage aux assassins de l’OAS condamnés par la justice. Il aurait de la sympathie pour certains Algériens, ceux qui s’étaient engagés au côté de la France pour la pérennité de l’Algérie française ! 

    Cette fois il a rallié le camp de ceux qui condamnent les propos de Lilian Thuram qui considère que les Français et les Européens aussi d’ailleurs, sont racistes, à l’égard des Noirs et sans doute plus généralement des Africains. Bien sûr tous les Français et tous les Européens ne sont pas racistes mais on s’oriente vers cette dominante. Ménard a trouvé son chemin de Damas. Il est devenu antiraciste ! 

    Evidemment on a des questions. Que faisaient ses amis politiques d’aujourd’hui au temps sombre de l’Occupation alors que le régime de Vichy promulguait des lois antisémites qui devançaient les désirs des nazis ? 

    C’est vrai qu’il est peu crédible notre maire avec sa position dans cette affaire. Et ce n’est sûrement pas l’accord qu’il a avec Eric Zemmour qui va modifier notre appréciation, bien au contraire !   

    C’est encore une opération de communication, il en a le secret, à laquelle nous avons assisté. En fait c’est du grand guignol qui a des objectifs précis, rallier à lui le courant identifié des xénophobes que l’on peut recenser. Ça a l’avantage de dévoyer les consciences sur la nature de la crise socio-économique que nous subissons et sur ce qui en est la cause. 

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6573358-menard-deguise-en-antiraciste?fbclid=IwAR1twlr_rytviHorUNZ_LEEgKsiBxeTcwWBmzfNIiRm33z0s3hyzt5gyoVs

     

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    SUICIDE DES JEUNES

    "Te voir vieillir me manque"

    Un père prend la parole

    pour lever le tabou autour du suicide

    des jeunes

    SUICIDE DES JEUNES "Te voir vieillir me manque" : un père prend la parole pour lever le tabou autour du suicide des jeunes

    Il y aura demain Quatre ans que tu nous a quittés pour soulager ta douleur. Quatre ans que je ou plutôt nous souffrons.
    Beaucoup de personnes m'ont dit: avec le temps cela s'apaisera mais pour moi rien ne diminue, ton absence est toujours là,
    Ton sourire me manque,
    Tes rires me manquent,
    Te voir vieillir me manque,
    Ton odeur me manque,
    Tes sautes d'humeurs me manquent,
    Tes regards me manquent,
    Tout simplement tout en toi me manque,

    J'ai l'impression d'être en attente de ton retour mais en sachant que l'on ne se verra que lorsque moi aussi je serai passé de l'autre côté...

    4 ans demain à 22h13 que nous avons reçu un appel nous informant de ta dernière volonté ou plutôt de ta fuite devant la douleur que tu devais ressentir.

    Je t'aime et je t'aimerai toujours...

    Ton Papounet

    C'est un acte tellement insupportable que la plupart des parents ne sauront jamais comment s’en remettre. Chaque année en France, 10.000 jeunes se suicident. C'est même la deuxième cause de mortalité chez les moins de 24 ans. La faute, peut-être, au tabou qui entoure ce fléau. A l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, qui se tient ce mardi 10 septembre, un père endeuillé et une responsable d'association ont accepté de témoigner...

    Quelle valeur a la mort qu’on se donne soi-même ? "On serait vraiment en droit de se poser la question quand on voit le silence qui entoure le suicide des jeunes", interpelle Thérèse Hannier, la présidente de l’association Phare Enfants-Parents, contactée par LCI à l'occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide. Et pourtant… Les chiffres, glaçants, parlent d'eux mêmes. Chaque année, en France, 10.000 jeunes se suicident - les plus touchées étant les jeunes filles de 15 à 19 ans (en moyenne 41 pour 10.000).

    C’est d'ailleurs la deuxième cause de mortalité chez les moins de 24 ans, après les accidents de la route, et la première cause chez les 25-34 ans. "Un âge pourtant où on a toutes les raisons de ne pas mourir, lance-t-elle. Et, phénomène nouveau dans notre société, depuis quelques années, des enfants de moins de 9 ans mettent fin à leurs jours !" Sauf que - malgré ce qu'on pourrait penser - ce n’est pas un choix. Jamais. Ces jeunes ont juste abandonné le combat. Alors, pourquoi un tel tabou ? 

     

    Vous êtes des parents formidables mais ce monde

    n'est pas fait pour moi 

    "Non, le suicide n'est pas une fatalité, martèle notre spécialiste. Encore une idée reçue totalement fausse qui revient à dire qu'il n'y a rien à faire, alors que c'est 'une mort évitable', selon les propres dires de l'OMS. Il suffit parfois de tendre une main et d'écouter". C'est justement le rôle de l'association Phare Enfants-Parents, sauf que les moyens pour y arriver manquent cruellement. "Et quand on s'adresse aux politiques, ils vous répondent : 'Tout va bien, madame !', s'insurge Thérèse Hannier. Pourtant, cela ne reflète pas la réalité : rendez-vous compte, toutes les dix minutes, en France, un adolescent fait une tentative de suicide". Et la plupart du temps, les parents sont les laissés pour compte. "Trop peur de déflorer le secret médical, dit-elle. Mais il ne s'agit pas de ça, les familles ont juste besoin de clés pour savoir comment accompagner leur enfant qui va mal... avant qu'il ne soit trop tard".

    Rémi Baudin est l'un de ces papas déboussolés, mais lui n'a pas eu le temps d'appeler à l'aide ; il n'a rien vu, rien compris. Sa fille Margaux s'est pendue le 3 mars 2015, à l'âge de 24 ans, alors qu'elle était partie en Roumanie réaliser son rêve : devenir pédiatre. Elle avait décidé d'y poursuivre ses études de médecine "car la compétition y est moins forte qu'en France", explique-t-il. "Il faut dire qu'elle avait échoué par deux fois au PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé, ndlr), ce fameux concours très décrié. Pourtant, c'était une jeune fille intelligente qui n’avait pas besoin de beaucoup travailler pour avoir d’excellentes notes. En revanche, son talon d'Achille, c'était son hypersensibilité. Résultat, elle se mettait une pression folle", lâche-t-il. 

    SUICIDE DES JEUNES "Te voir vieillir me manque" : un père prend la parole pour lever le tabou autour du suicide des jeunes

    Le père de famille se souvient d'ailleurs de scènes angoissantes quand Margaux faisait ses devoirs enfant : "Elle pleurait très facilement et multipliait les 'j'y arrive pas !' Il fallait beaucoup de patience pour la calmer et la rassurer", raconte-t-il, la voix cassée. Et comme une histoire qui se répète inlassablement, c'est par ces mots que la jeune femme a signé son acte. "Vous êtes des parents formidables mais ce monde n'est pas fait pour moi (...). Je veux faire médecine mais je n'y arrive pas", a-t-elle écrit avant de mettre fin à ses jours. "Mais comment imaginer que cette sensibilité pourrait la faire basculer vers une issue aussi tragique ?", se demande encore son père, qui oeuvre désormais auprès de l'association Dr Margaux.

     

     Vigilant mais pas trop intrusif"

     

    Il est en effet souvent difficile pour des parents de faire la part des choses entre une dépression passagère et un mal-être plus profond. "Quelquefois, c'est plus sournois, explique Thérèse Hannier. Elle-même a compris trop tard quand son fils de 18 ans a mis fin à ses jours. "Il s'agit d'une autre catégorie de personnes vulnérables dont on ne parle jamais parce qu'elle échappe au radar des psychiatres, ce sont les jeunes 'qui ont tout pour être heureux'.  Ils sont plutôt souriants, ont un parcours scolaire sans faute, ont des parents aimants… en revanche, ce sont des éponges qui prennent en pleine face toutes les agressions de la vie. Et un jour, une goutte d’eau fait exploser le vase, entraînant un passage à l’acte complètement inattendu", dit-elle, tout en souhaitant soupeser ses mots. Elle n'a nulle envie ici de semer la psychose dans les chaumières.

    "On peut aussi être alerté par un certain nombre de signes avant-coureurs, insiste-t-elle. Ainsi, si votre adolescent change soudainement d’attitude, se replie sur lui-même, devient violent, agit avec une grande irritabilité, a des sautes d’humeur, et perd l’appétit ou le sommeil, il faut s’inquiéter". Sauf qu'il n'est pas toujours évident d'intervenir, car un ado en détresse est souvent dans le déni et refuse toute main tendue. "C’est un dosage subtil, reconnaît Rémi Baudin. Car les parents sont souvent les dernières personnes auprès de qui les jeunes veulent avoir des réponses à leurs questions. Alors ils vont sur internet et là, on trouve de tout et surtout du n’importe quoi. Il faut donc être à la fois très vigilant et en même temps pas trop intrusif". Terrible équation.

     

    La psychiatrie comme seule réponse

     

    Quant aux thérapies, il y aurait beaucoup de choses à dire, nous confie Thérèse Hannier. "Ce qui est prévu par le plan Santé Mentale du gouvernement ne repose que sur la psychiatrie, avec comme seule réponse à la détresse humaine des prescriptions médicamenteuses. Et ce n’est pas ce qu’il faut pour éviter, par exemple, les récidives, martèle-t-elle. Cela passe aussi et surtout par la parole. Voyez-plutôt : la demande d'écoute et de soutien constitue près de la moitié de nos appels !".

    Et pourquoi ne pas aller prêcher cette bonne parole dans les établissements scolaires ? Un vœu pieux pour Thérèse Hannier. "Pour cela, il faudrait déjà lever l'idée qui consiste à dire qu’en parler donnerait de mauvaises idées, le fameux 'effet Werther' (une hypothèse selon laquelle la forte médiatisation d’un suicide peut servir de déclencheur, voire de mode d’emploi incitant au passage à l'acte, ndlr). Alors que tous les psychiatres de renommée sont formels, il faut au contraire évoquer le suicide pour que ça puisse déclencher une prise de conscience chez certains jeunes. Bien sûr, il faut trouver les bons mots mais cela ne veut pas dire mettre une chape de silence sur ce problème", conclut-elle.

     

    SOURCE : https://www.lci.fr/famille/te-voir-vieillir-me-manque-un-pere-prend-la-parole-pour-lever-le-tabou-autour-du-suicide-des-jeunes-2131690.html#xtor=CS3-8-[100919_temoignage_societe]

     

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    Eh bien l’article que vous allez lire ci-dessous concernant des imposteurs chez les Anciens combattants me permet de confirmer que tous ces porteurs de médailles en pacotilles (les vrais et les faux) m’ont toujours répugné en les voyant bomber le torse… Les imposteurs et les autres… Ils sont si fiers, pour leur gloriole de se faire remarquer. Je vous confirme que cela ne risquait pas de m’arriver parce que voilà ce que j’en pense pour mon cas personnel : ceux qui me suivent sur ce blog le savent déjà :

     

    Pourquoi j’ai refusé la

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    Ma participation à cette guerre d’Algérie j'y étais opposé, je l’ai donc subie et je le regrette,  quant à mon statut de combattant, j'ai été contraint de l'accepter...

    Ceux qui ont participé à la seconde guerre mondiale, c'était leur devoir ou d'autres qui se sont engagés dans la Résistance ou ont rejoint l’armée de la France Libre pour combattre le nazisme. Ils choisirent, et firent là actes de citoyens libres et responsables. Si j’avais été dans ce cas-là j’aurai accepté la croix du combattant… mais en aucun cas pour la sale guerre coloniale d’Algérie…

    Je refuse de considérer les anciens des guerres coloniales de la France comme des combattants au même titre que ceux qui se sont engagés pour des causes justes ? (contre le nazisme par exemple).

    La croix du combattant je l'ai refusée parce qu'en Algérie on ne défendait pas la France mais l'Empire colonial.

    Mon témoignage d'ancien appelé de la guerre d'Algérie "Pourquoi j'ai refusé la Croix du Combattant"

                      A la place de la croix du combattant je suis fier de voir (symboliquement) la colombe de la Paix

     

    Imposteurs chez les Anciens combattants

    Imposteurs chez les Anciens combattants

     

    Imposteurs chez les Anciens combattants

    Fausses décorations, faux uniformes. Quasiment pas de contrôles tant que l’intéressé ne postule pas au statut d’ancien combattant. Photo d’illustration AFP/Jacques DEMARTHON

     

    Faux colonel, général mystificateur. Médailles ou Légions d’honneur usurpées. Chaque année, plusieurs cas sont démasqués dans l’Hexagone au sein des unions locales. Un phénomène pas si rare dans le monde combattant.

    Il y a eu Gilbert, 74 ans, le « Bigeard local », comme l’ont décrit ses amis de l’époque en région parisienne. Béret rouge de parachutiste, médailles à foison. « Un homme respecté qui chapeautait plusieurs associations d’anciens combattants. » Une imposture de quatorze ans.

    Il y a eu Marc, vrai caporal-chef quinquagénaire qui organisait de grands raouts en Alsace sous son (faux) grade de commandant. Et puis, il y a quelques jours, en Bretagne, un jeune porte-drapeau de 47 ans, couvert de décorations, fanfaronnant avec son passé d’engagé durant la guerre du Golfe et au Kosovo. Une nouvelle mystification.   

    Combien seront-ils derrière les drapeaux et les honneurs, lors de la prise d’armes du 11-Novembre, à s’être inventés un passé, à jouer des zones d’ombre de l’histoire ? Pas la majorité, c’est certain, mais quelques-uns, qui jettent le discrédit sur toute une corporation. Ceux qui les ont côtoyés parlent de déshonneur. D’autres préfèrent en sourire, rappelant qu’il n’y a pas mort d’homme et que ce phénomène d’affabulation existe dans des cas plus douloureux encore, comme récemment au sein des victimes d’attentat.

    Internet, brocantes : tout l’apparat à portée de main

    « On en rit encore pour ne pas en pleurer », résume, lui, Francis Deloeil, président actuel de l’Union locale des combattants de Pontivy (Morbihan). 170 adhérents, dont la majorité issue de la guerre d’Algérie, cinq porte-drapeaux. Un bastion. Une forteresse qui a pourtant connu elle aussi son revers de la médaille, en 2015. Un certain Raymond B. a abusé tout le monde : élus, notables, et tous les anciens combattants qui l’ont porté à la présidence de l’UNC locale. « Il passait alors de colonel à général, il était en retraite, il était le candidat idéal, ça ne se bousculait pas au portillon », retrace Francis Deloeil. L’homme possédait un CV long comme la guerre de Cent ans, une prestance d’officier de haut rang. Le « faux » général n’a été président qu’une semaine. Son erreur ? Pousser l’imposture trop loin en arborant la Légion d’honneur. Le détail qui tue, et qui met alors la puce à l’oreille du responsable départemental de la prestigieuse décoration. Uniformes, décorations, médailles, accessoires, tout est à portée de bourse aujourd’hui, et de tromperie. Internet a changé la donne. « En brocante, c’est très facile aussi, vous ressortez, vous pouvez être grand croix de la Légion d’honneur », soupire Francis Deloeil qui a dû montrer patte blanche et surtout ses papiers certifiés de colonel honoraire pour être adoubé par ses pairs.

    Dans les faits, tant qu’une personne n’a pas sollicité l’ouverture d’un dossier (transmis ensuite à l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre) pour obtenir le statut d’ancien combattant*, aucun vrai contrôle n’est effectué, reconnaissent les différentes associations. Ou alors, au coup par coup. Souvent, les imposteurs étaient en quête de « gloriole » locale, d’un vrai besoin de reconnaissance qu’ils n’avaient peut-être pas eue dans leur vie professionnelle antérieure. Pas dans un but financier. Pour port illégal d’uniforme et de décorations, usurpation de titres et de fonctions, ils risquent un an de prison et 15 000 € d’amende. Dans les faits, les condamnations sont surtout symboliques : deux mois de prison avec sursis pour l’un, une amende de 650 euros pour un autre. De faux « héros anonymes » que le général Bigeard, le vrai, aurait envoyés à l’ombre.

    * Pour être reconnu comme ancien combattant, il faut avoir été présent 90 jours consécutifs sur un territoire hostile/de guerre. La retraite à partir de 65 ans d'environ 750 € à l’année.

    SOURCE : https://www.ledauphine.com/france-monde/2018/10/29/imposteurs-chez-les-anciens-combattants

    Imposteurs chez les Anciens combattants

    (PS) Je constate que dans cet article on cite Bigeard, figurez-vous que je suis atteint d'une terrible maladie rare qui s'appelle "la bigeardesque"... Car  Bigeard était l'un des plus décorés de France, mais c'est aussi l'inventeur de la funeste torture "Les Crevettes Bigeard", voyez ci-dessous, je vous présente sa plus honteuse décoration :

     

    La technique des "Crevettes Bigeard" ? Elles resteront la sinistre image de cette époque qui perpétuera ce nom. Pour beaucoup, ce terme employé alors ne signifie rien, surtout qu'il ne figure dans aucun livre d'histoire de notre enseignement. Pourtant c'est en employant cette expression que Paul Teitgein interrogeait Massu, en 1957, sur les milliers de disparus pour lesquels il n'avait aucun rapport concernant leur "évaporation". Pour éliminer physiquement, en faisant disparaître les corps, Bigeard avait inventé cette technique : sceller les pieds du condamné (sans jugement, sinon le sien), vivant, dans un bloc de béton et le larguer de 200 ou 300 mètres d'altitude d'un avion ou d'un hélicoptère en pleine mer. Il avait perfectionné cette technique : au début les algériens étaient simplement largués dans les massifs montagneux, mais leurs corps étaient retrouvés. La seconde étape fut le largage en mer, mais quelques-uns sont parvenus à revenir à la nage sur la côte et échapper miraculeusement à la mort. C'est pourquoi il "fignola" le raffinement de sa cruauté en inventant le bloc de ciment. C'est par cette technique enseignée par son ami le Général Aussaresses (et les officiers supérieurs instructeurs associés Lacheroy, Trinquier...) que cette technique a été utilisée en Argentine en particulier pour les 30.000 disparus que pleuraient les "Folles de la Place de Mai". 

    Imposteurs chez les Anciens combattants

    Imposteurs chez les Anciens combattants

     

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  • Le venin dans la plume

    Édouard Drumont, Éric Zemmour

     et la part sombre de la République

     

    Le venin dans la plume Édouard Drumont, Éric Zemmour  et la part sombre de la République

    Gérard NOIRIEL 

    La place qu’occupe Éric Zemmour dans le champ médiatique et dans l’espace public français suscite l’inquiétude et la consternation de bon nombre de citoyens. Comment un pamphlétaire qui alimente constamment des polémiques par ses propos racistes, sexistes, homophobes, condamné à plusieurs reprises par la justice, a-t-il pu acquérir une telle audience ?
    Pour comprendre ce phénomène, ce livre replace le cas Zemmour dans une perspective historique qui prend comme point de départ les années 1880, période où se mettent en place les institutions démocratiques qui nous gouvernent encore aujourd’hui. Ce faisant, il met en regard le parcours d’Éric Zemmour et celui d’Édouard Drumont, le chef de file du camp antisémite à la fin du xixe siècle. Car les deux hommes ont chacun à leur époque su exploiter un contexte favorable à leur combat idéologique. Issus des milieux populaires et avides de revanche sociale, tous deux ont acquis leur notoriété pendant des périodes de crise économique et sociale, marquées par un fort désenchantement à l’égard du système parlementaire.
    Dans ce saisissant portrait croisé, Gérard Noiriel analyse les trajectoires et les écrits de ces deux polémistes, en s’intéressant aux cibles qu’ils privilégient (étrangers, femmes, intellectuels de gauche, etc.) et en insistant sur les formes différentes que ces discours ont prises au cours du temps (car la législation interdit aujourd’hui de proférer des insultes aussi violentes que celles de Drumont). L’historien met ainsi en lumière une matrice du discours réactionnaire, et propose quelques pistes pour alimenter la réflexion de ceux qui cherchent aujourd’hui à combattre efficacement cette démagogie populiste.

     

    Le renouveau réactionnaire

    c'est Zemmour et toute la meute d'extrême droite

    qui lui ressemble

     

    Le venin dans la plume Édouard Drumont, Éric Zemmour  et la part sombre de la République

     

    Comment expliquer la popularité actuelle des thèses réactionnaires ? Notre invité est l'historien Gérard Noiriel, dont le dernier ouvrage propose une analyse de la figure du polémiste réactionnaire.

    Les courants réactionnaires sont-ils en train de remporter la "bataille des idées" ? Assiste-t-on à un renouveau des thèses réactionnaires ? Pour en parler, nous recevons l'historien Gérard Noiriel, directeur de recherche à l’EHESS, spécialiste de l’immigration et de l’histoire de la classe ouvrière. Son dernier ouvrage “Le venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République” revient sur la place des polémistes réactionnaires dans le débat politique.

    "Eric Zemmour, c’est quelqu’un qui comme Drumont a un talent rhétorique pour faire croire des choses qui ne sont pas vraies. Avec une vision décliniste." Gérard Noiriel

    "Tous ces gens qui ont popularisé Drumont (à la fin du XIXè) ne se doutaient pas de ce que ça allait donner sur le plan politique. Pour moi aussi (en tant qu’historien), il y a donc aussi cette espèce d’avertissement historique." 

    "Drumont et Zemmour se situent à des moments charnières de l’évolution du champ médiatique. Aujourd’hui, c’est fondamental de défendre aussi le travail des chercheurs, la connaissance, la réflexion car sinon, ça nourrit le populisme." 

    "Sur le plan politique, sur le plan des opinions politiques, on est dans une démocratie, on donne la parole aux uns aux autres, très bien, mais ce que je dénonce c’est que Zemmour se présente comme historien et qu’il attaque la profession d’historien… Comment voulez-vous que les gens qui ne sont pas historiens ou amateurs de livres d’histoires s’y retrouvent ?" Gérard Noiriel

    Au sujet des gilets jaunes : 

    C’est un mouvement qui a pris les intellectuels et les élites par surprise et ça, c’est le cas de tous les grands mouvements… [...] Il y a aussi l’intelligence des peuples, ne serait-ce que dans le symbole, détourner un simple gilet de la sécurité routière pour en faire un instrument de lutte sociale… Gérard Noiriel

    Gérard Noiriel est également revenu sur la polémique autour de Yann Moix et de ses écrits et dessins antisémites : 

    "Ce qui m’a choqué, ce sont les tentatives d’excuser Yann Moix dans les grands médias. C’est trop facile d’excuser. Non tout le monde n’était pas antisémite quand il avait 20 ans."

    "Quand on a des jeunes avec des propos antisémites, on leur tombe dessus, sans excuse, et là, il y a un sentiment deux poids deux mesures selon le milieu social auquel on appartient." Gérard Noiriel 

     

     

      

     

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    Mon point de vue sur l’interview   de Lilian Thuram sur le sujet du racisme anti noirs, j’y ajouterais celui que je connais  le mieux le racisme anti arabes

     

     

    Paroles à la défense

     

    Invité jeudi soir à s’expliquer sur RTL, le champion du monde de foot estime que la phrase en question a été “sortie de son contexte”. “On a fait un amalgame de mes réponses sans mettre les questions”, assure-t-il, expliquant avoir voulu pointer du doigt le “complexe de supériorité sur les Noirs” des supporters imitant des cris de singe dans les stades.

    “Les personnes en capacité de faire des bruits de singe à un Noir sont racistes, ont un complexe de supériorité. Il faut essayer d’expliquer pourquoi les gens sont racistes. Ils sont encore dans la hiérarchie du passé (entre les Blancs et les Noirs) et ils pensent que cette hiérarchie est juste”, a-t-il développé, assurant ne pas s’être adressé ”à toutes les personnes blanches de la Terre”.

     

    SOS Racisme au secours de Thuram

     

    De nombreuses voix se sont élevées pour défendre l’ancien sportif. L’association SOS Racisme s’est notamment fendue, comme la LICRA, d’un communiqué de presse à la mi-journée. Et pas question pour elle de “faire un procès à Lilian Thuram”.

    “Il est inacceptable de le traiter de communautariste et de raciste. Nous connaissons son combat et ses valeurs”, écrit l’association contre les discriminations. Hermann Ebongué, secrétaire Général de SOS Racisme et président de Sportitude France regrette pour sa part que ce genre de sortie soit récupérée par l’extrême droite. “Il faut, bien évidemment, éviter de faire des généralités à l’heure où l’antiracisme et l’universalisme sont menacés par les extrêmes de tous bords (...) et où l’extrême droite s’empare de la moindre occasion pour faire campagne du rejet de l’autre”, écrit-il.

     

     

     

     

    Mon point de vue sur l’interview

     de Lilian Thuram sur le sujet du racisme

    anti noirs, j’y ajouterais

     celui que je connais

    le mieux le racisme anti arabes

    Lilian Thuram est anti raciste, sa phrase que vous verrez plus bas a peut-être été sortie de son contexte où il a oublié qu’il existe en France des anti racistes blancs et j’en suis un… Du temps de la colonisation de l’Algérie il y avait les Européens (très minoritaires) et les autres appelés les indigènes (très majoritaires) désignés par des propos racistes : les bougnouls, les bicots, les ratons, les melons. Les noirs c’étaient des nègres.

    OUI, n’en déplaise au maire de Béziers Ménard, les blancs européens (exceptés les anti colonialistes) se prenaient pour des êtres supérieurs…

    Aujourd’hui Ménard et tous les acolytes de son acabit n’hésitent pas à parler de grand remplacement et de racailles des banlieues…

    Michel Dandelot 

    L’ancien joueur de l’équipe de France et champion du monde 98 a donné une longue interview au journal sportif italien, le Corriero Dello Sport. Interrogé sur les présumés cris racistes dont aurait été victime l’attaquant de l’Inter Milan, Romelu Lukaku, Lilian Thuram a affirmé qu’il n’y avait pas de racisme dans le football mais que le racisme anti-noir était présent dans la culture italienne et française.

    Ainsi, selon lui«Il faut prendre conscience que le monde du foot n’est pas raciste, mais qu’il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche», «Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les Blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être. De toutes les manières, ce sont eux qui doivent trouver une solution à leur problème. Les Noirs ne traiteront jamais les Blancs de cette façon, et pour n’importe quelle raison. L’histoire le dit.»

    Une sortie immédiatement qualifiée de raciste par le maire de Béziers, Robert Ménard :

     Patientez un peu avant de visionner le débat qui nous intéresse ou passez directement à 3 mn 20''. Merci ! 


     

     

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    Djamila Boupacha, à 84 ans continue son combat avec la jeunesse algérienne

     

    De cliquer sur ce lien pour visualiser

    une vidéo récente

    N'oubliez pas de monter le son

    Djamila Boupacha, à 84 ans continue son combat avec la jeunesse algérienne

    https://www.facebook.com/ajplusfrancais/videos/2395117190753107/

     

     

    Djamila Boupacha, à 84 ans continue son combat avec la jeunesse algérienne

     

    En soutien au peuple algérien: le rire

     de Djamila Bouhired

    En soutien au peuple algérien: le rire de Djamila Bouhired

    Les manifestations contre le 5e mandat, le vendredi 1er mars 2019, jour férié et jour de prière pour les Musulmans, ont de nouveau rassemblé des foules considérables dans toute l’Algérie. A 17h.,  les observateurs parlaient de dizaines de milliers de personnes dans le centre d’Alger, parmi lesquelles l’héroïne de la guerre d’Indépendance Djamila Bouhired qui a été chaleureusement applaudie. 

    Nous sommes en 1957 à Alger et Djamila Bouhired, résistante, membre du FLN, est à la barre des accusés. Après avoir été torturée, elle est ici jugée par le tribunal militaire du régime colonial français pour « terrorisme ». Le juge demande le silence, il va rendre son verdict, la sentence tombe, Djamila Bouhired est condamnée à mort. Contre toute attente, Djamila Bouhired éclate de rire.

    Et il ne s'agit pas d'un petit rire nerveux et gêné. Son rire explose littéralement dans la face des magistrats effarés. Alors que l'Empire français, vêtu de sa robe noire la plus solennelle et la plus intimidante, vient de la condamner à mort, cette sale petite indigène ose se fendre la poire.

    « Mais l'heure est grave, mademoiselle ! », s'égosille le juge dont la voix est couverte par le rire frondeur. Non l'heure n'est pas grave, semble-t-elle lui rire, tu ne juges rien du tout petit-français, tu ne condamnes rien du tout, tu peux me tuer si ça te chante, tu ne tueras pas la résistance du peuple algérien, ni celle de tous les peuples que tu opprimes. Ta fin est proche petit-français, la libération de l'Algérie, de l'Afrique et de tous les pays que tu as colonisés est inéluctable.

    Djamila Bouhired rit au nez des juges français, comme Ali La Pointe crache au visage des colons qui le bousculent avec mépris dans les rues d'Alger. Le nif par le crachat, le nif par le rire. Djamila Bouhired incarne plus que quiconque le nif à l'algérienne. Elle rit malgré la peur, malgré la terreur qui s'empare d'elle à l'idée que demain, après-demain peut-être, on va lui trancher la tête. Elle rit aux éclats. A l'heure où « militer » se résume souvent à être en sueur parce qu'on met une photo d'Angela Davis ou une citation d'Abdelmalek Sayad sur les réseaux sociaux, le militantisme de Djamila Bouhired calme l'orgueil.

    Fatima, la fille du Prophète Mohammed (saw), commence par pleurer quand son père, affaibli par la maladie, lui annonce sa mort très prochaine. Mais lorsqu'il ajoute qu'elle le rejoindra bientôt, et qu'elle sera la première à le faire, elle se met à rire.

    Comme Fatima, Djamila Bouhired a la foi. Elle croit, en la justice, en la nécessité de lutter pour se libérer de l'oppression. C'est parce qu'elle a la foi qu'elle rit, qu'elle reste debout, malgré les coups pour la faire plier. Après que la sentence du tribunal ait été prononcée, de retour en cellule, elle s'active à rédiger la déclaration qu'elle projette de lire devant la guillotine, juste avant qu'on ne la décapite. Servir la cause et se battre jusqu'au bout. « Que l'Algérie vive libre, inshAllah », prévoit-elle de conclure.

    Immensément populaire dans les pays du Tiers-monde, le monde arabe en particulier, Djamila Bouhired est libérée en 1962 grâce à une campagne de soutien internationale orchestrée par son avocat Jacques Vergès.

    Le même Jacques Vergès devient quelques années plus tard l'avocat de Georges Ibrahim Abdallah, combattant libanais anti-impérialiste et pour la libération de la Palestine. Lors de son procès en 1987, comme l'avait fait Djamila Bouhired, Georges Ibrahim Abdallah rit de la mascarade qui se joue dans les tribunaux français dès lors qu'il s'agit de combattants arabes jugés pour « terrorisme ». Moquant les juges, il leur lance : « Je suis ici, Messieurs, pour vous demander simplement de bien vouloir laver vos mains maculées de notre sang et du sang de nos mômes, avant de prétendre nous juger ».

    Aujourd'hui, Djamila Bouhired ne renie rien, et elle continue le combat. Quant à Georges Ibrahim Abdallah, il est toujours emprisonné en France, parce qu'il ne renie rien, et qu'il continue le combat. Les deux militants travaillent au même destin. D'Alger à Gaza, en passant par Paris. Leurs trajectoires individuelles impressionnantes de cohérence et de constance politique, montrent que l'Histoire de nos luttes a un sens, un socle commun et partagé.

    En ce vendredi 1er mars 2019, la grande Djamila Bouhired manifeste avec les siens à Alger contre le 5ème mandat de la honte, contre la mascarade, contre la résignation, contre l’injustice, pour que le peuple algérien retrouve sa souveraineté et surtout des perspectives d’espoir!

    Tahia Djazaïr

    Fatima Ouassak, Front de mères

    Jacques Vergès sur Djamila Bouhired

    (Plusieurs vidéos suivent celle concernant Djamila Bouhired, merci de l'arrêter le moment voulu...)

     

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    Ce soir, sur FR3, à 23 h

    Un documentaire

     de Georges-Marc Benamou

     et Jean-Charles Deniau

    « Oran, le massacre oublié »

    Ce documentaire n'est pas suffisamment impartial, déjà dans la présentation il est écrit « La tragédie du 5 juillet à Oran est un événement tragique, du même ordre que le massacre du 17 octobre 1961 à Paris. » dire cela est déjà partial car ces deux tragédies sont incomparables… L’une se situe dans la période coloniale qui a duré 132 ans, l’autre se situe après la signature des accords d’Evian en vigueur le 19 mars 1962. Mais surtout sans l’OAS cette organisation terroriste et criminelle, responsable de 2700 victimes en Algérie et en France  la tragédie du 5 juillet 1962 n’aurait sans doute jamais existé... et cela n'est pas précisé dans ce documentaire...

    Michel Dandelot 

     

    Ce soir, sur FR3, à 23 h  Un documentaire   de Georges-Marc Benamou   et Jean-Charles Deniau  « Oran, le massacre oublié »  Attention ce documentaire est très partial

     

    Le résumé de ce documentaire

    Oran, le 5 juillet 1962. Alors que les Algériens en liesse célèbrent l'Indépendance, la fête tourne au drame. 700 habitants, européens ou musulmans ayant choisi la France, sont massacrés en quelques heures. La chasse à l'homme, déclenchée mystérieusement, dure une journée, sous le regard passif de l'armée française, bouclée dans les casernes sur ordre du président De Gaulle.

    Georges-Marc Benamou et Jean-Charles Deniau apportent des révélations nouvelles dans ce documentaire sur ce «massacre oublié» d'Oran, véritable trou noir dans l'histoire de la guerre d'Algérie.

    La tragédie du 5 juillet à Oran est un événement tragique, du même ordre que le massacre du 17 octobre 1961 à Paris. 

     

    Ce soir, sur FR3, à 23 h  Un documentaire   de Georges-Marc Benamou   et Jean-Charles Deniau  « Oran, le massacre oublié »  Attention ce documentaire est très partial

    A Oran 

    Ils occultent l'OAS 

     

    Par Anne Guérin-Castell 

     

    Le 5 juillet à Oran… Tous ceux qui avancent cette date avec la litanie des morts et disparus de ce jour-là oublient de dire la politique de terreur sanglante que menait depuis des mois l'OAS toute puissante dans cette ville, les descentes nocturnes et armées dans les quartiers habités par des Algériens, les snipers pieds-noirs qui depuis le haut de plusieurs immeubles tiraient sur toute personne tentant de sortir ou de rentrer dans le quartier Mdina J'dida (appelé «quartier nègre » !) , la bombe placée dans le même quartier qui a tué de nombreuses personnes et, alors que tout le monde accourait pour porter secours aux victimes, l'explosion d'une seconde bombe  avec un intervalle de temps calculé pour faire un carnage, l'intimidation ciblée des quelques «Européens» favorables à l'indépendance de l'Algérie, les pressions exercées sur les autres pour qu'ils se joignent aux expéditions meurtrières.
    Oran, fief des plus extrémistes et obtus membres de l'OAS, tel celui qui, des années après, déclarait fièrement qu'il n'avait tué personne de sa main mais qu'il en avait fait tuer beaucoup, Oran était devenue une ville de sang bien avant ce funeste 5 juillet, la mort avait été semée dans ses rues par ceux qui aujourd'hui s'accrochent à une histoire falsifiée qu'ils ont transmise à leurs descendants et qui, après la reconnaissance de la responsabilité de l'État dans la mort de Maurice Audin se lamentent pitoyablement : «Et nous, et nous ?»
    Est-ce trop leur demander que d'avoir au moins la pudeur de ravaler leurs larmes et le courage de regarder en face le mal auquel ils ont participé, ne serait-ce que par leur silence, ou qui a été fait en leur nom, au prétexte de les protéger ?
    Ah, disent-ils aujourd'hui, comme on les aimait, les arabes (ça leur arracherait les tripes de dire les Algériens), comme on était proches ! Ah, que je l'aimais, ma fatma, c'est elle qui m'a élevée (sans se rendre compte de ce que peut avoir de choquant l'utilisation de ce nom «fatma» donné indifféremment à toute femme algérienne) !
    Ce n'est pas l'État français qui est responsable de ce qui s'est passé le 5 juillet à Oran, c'est l'OAS et tous ceux qui ont soutenu ces assassins, implicitement ou explicitement, c'est-à-dire ceux-là mêmes qui aujourd'hui se lamentent.
      

    Anne Guérin-Castel

    Ce soir, sur FR3, à 23 h  Un documentaire   de Georges-Marc Benamou   et Jean-Charles Deniau  « Oran, le massacre oublié »  Attention ce documentaire est très partial

     

    Si  vous voulez visionner ce documentaire  vous pouvez cliquer sur ce lien :

    https://www.france.tv/documentaires/histoire/1054327-oran-le-massacre-oublie.html

     

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    Une information pour mes amis français d'origine algérienne, car vous êtes vraiment mes amis, vous n’êtes pas responsables de 132 ans de colonisation de l’Algérie, ce colonialisme qui est une branche du capitalisme, un colonialisme basé sur le racisme. Un racisme qui perdure et s’amplifie aujourd’hui. Vos ancêtres ont défendu la France dans la première et seconde guerre mondiale, ils étaient en première ligne, de la chaire à canon… Et vous méritez le respect et je vous respecte...

    Michel Dandelot

    La communauté algérienne d’Île-de-France

    Envoyer 

    Ils forment la communauté la plus importante d’Ile-de-France. Première, deuxième, troisième et aujourd’hui quatrième génération, ils ont choisi de s’installer et de faire leur vie en France, ou bien ils y sont nés.
    Venus pour des raisons économiques, politiques ou familiales, les Algériens sont plus de 600 000 aujourd’hui en région parisienne, principalement en Seine-Saint-Denis. Cette présence algérienne en France, c’est plus d’un siècle d’Histoire. Une histoire complexe.
    Ni Français ni étrangers jusqu’en 1962, les Algériens sont tour à tour "indigènes", "sujets français" puis "Français musulmans d’Algérie".
    La guerre d’indépendance accélère l’immigration et le nombre des Algériens présents sur le territoire métropolitain grimpe alors à 350000.
    Dans les années 60 et 70, le besoin de main-d’œuvre fait venir en France des milliers et des milliers d’Algériens. Des hommes d’abord, qui laissent leur famille au pays. Puis, à partir de 1974 et la loi du regroupement familial, les femmes et les enfants suivent.
    Un pied ici, un pied de l’autre côté de la Méditerranée. L’amour de deux pays.
    Histoire entremêlée. Histoires uniques. Des ombres. Des réussites.
    L’intégration. Les traditions.
    Un film de Benjamin Colmon et Charlotte le Grix de la Salle 
    Coproduit par Jara Production et France 3 Paris Ile-de-France 
    Diffusion lundi 23 septembre 2019
     

    SOURCE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/emissions/la-france-en-docs/communaute-algerienne-ile-france-1717287.html 

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    Sauver, ne serait-ce qu’un enfant, c’est sauver l’humanité !

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    Un regard qui en dit long sur l'inhumanité de notre Monde ! 

     

    Tous les jours, des enfants meurent de faim ou sous les bombes ou sont encore fauchés par des épidémies. Certains doivent aussi travailler dès le plus jeune âge sans jamais avoir la chance d'aller à l'école tandis que d'autres vivent loin de nos regards dans des camps de réfugiés misérables. Il y en a aussi chez nous qui sont victimes de viols ou sont terrassés par la pauvreté ou la maladie qui contrarient très sérieusement le début de leur vie. Il y a ceux aussi, devenus orphelins, qui errent dans les rues de bien des villes dans le monde à la merci de tous les dangers et fouillant parfois dans les poubelles pour se nourrir. Ils sont ainsi des millions et des millions à vivre quotidiennement toutes ces injustices qui font honte à l'humanité et, personnellement, en y songeant, je ne me sens pas très fier du fait que l'on s'habitue à cette ignominie sans nom ! Les mots que je pourrais mettre sur cette souffrance globale et si énorme ne pourront jamais soigner les plaies béantes qui, pour certains, ne se refermeront jamais. Je parle bien-entendu de ces gamins traumatisés qui arriveront tant bien que mal à survivre tandis que les autres auront trop tôt disparu sans avoir eu le temps de goûter à la vie.

    Même si nous ne sommes pas directement responsables de cette hécatombe abominable, comment pourrions-nous tout de même être tout à fait heureux et totalement insouciants en sachant cela ?!.... Ce que subissent ces millions d'enfants comme souffrances, jamais nous ne l'accepterions si les nôtres en étaient touchés de plein fouet. Notre humanité est ainsi souillée, défigurée tous les jours par cette abomination sans nom qui fait que des vies fragiles et innocentes sont ainsi balayées dans un silence assourdissant. Pourtant, en 1989, le monde, par l'intermédiaire d'une convention signée lors de l'assemblée générale des Nations Unies, avait promis de garantir les intérêts supérieurs des enfants. Alors, il faut oser dire aujourd'hui que tant que cette promesse ne sera pas tenue, notre monde ne méritera pas d'être reconnu comme vraiment civilisé car, en sacrifiant ainsi une partie de NOS ENFANTS, nous perdons tout simplement notre âme ! Certains diront que nous ne pouvons pas tous les sauver, mais si, dans le même temps, nous restons assis sans jamais rien tenter, cet argument n'est pas recevable et signe déjà notre condamnation morale pour non-assistance à mineur en danger, cela ne se discute même pas une seule seconde !

    Alors oui, symboliquement autant que de manière concrète, sauver, ne serait-ce qu'un seul enfant, c'est sauver notre humanité de la barbarie ! Lors de reportages télévisés, j'ai souvent été frappé par le regard fixe et sans concession d'enfants en détresse qui, à travers l'oeil de la caméra qui les filme, interpellent ma conscience et me demandent aussi quelque part d'oser enfin les regarder en face. Ces enfants n'expriment pas de colère, mais ils me rappellent que moi aussi j'en fus un qui a eu, au contraire d'eux, la chance de recevoir de l'affection, une éducation, une protection qui sont les éléments vitaux pour grandir sereinement et posséder ainsi toutes les chances afin de devenir un homme debout. Notre société, si moderne soit-elle, n'est alors qu'une imposture quand elle n'est pas capable de tenir cette promesse de garantir les droits supérieurs de tout enfant.

    S'il est INSUPPORTABLE de violenter, de discriminer, de stigmatiser ou d'abandonner tout homme ou toute femme vivant sur Terre, cela est encore plus vrai concernant les enfants. En effet, cela relève tout simplement du délit suprême de crime contre l'humanité et la non assistance aux enfants de réfugiés, qui meurent en silence, en est un exemple frappant aujourd'hui qui fait honte à notre société. C'est ainsi que nous pouvons vivement interpeller sans hésiter les gouvernements qui, par idéologie pour certains ou par peur pour d'autres, abandonnent ainsi des millions d'enfants à leur triste sort. Jamais nous ne devons accepter de sacrifier des vies d'enfants pour des raisons politiciennes, électoralistes de bas étage ou encore économiques. Sinon, dans ce cas, nous TUONS dans l'oeuf ce qui est la raison même de notre présence sur Terre, l'AMOUR du prochain et ici en l'occurrence, des plus fragiles d'entre nous. Faire passer le message au plus grand nombre et lutter pied à pied, à notre niveau, pour sauver, ne serait-ce qu'un enfant, il n'y a rien sans doute de plus important et de plus sacré !

    Guy GILLET

    SOURCE : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sauver-ne-serait-ce-qu-un-enfant-c-217548

     

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    Archives et guerre d’Algérie :

     questions et inquiétudes

    Archives et guerre d’Algérie : questions et inquiétudes

    PAR GILLES MANCERON 

    Un an après la déclaration présidentielle sur l’assassinat de Maurice Audin par les militaires qui le détenaient, une dérogation va rendre accessibles des archives le concernant. Qu’en est-il des autres victimes du même processus ? Une journée d’étude sur les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises a lieu le 20 septembre, salle Victor Hugo de l’Assemblée nationale.

    Loin de tourner le dos aux préoccupations actuelles de l’Algérie, ou de nier qu’il y a eu d’autres disparus durant cette guerre comme après l’indépendance, la journée d’étude sur les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises pose une question particulièrement grave pour la République française, qui concerne l’histoire, la justice et les archives.

    Le fait de lui avoir donné pour objet les disparus du fait des forces de l’ordre françaises dans les années 1954 à 1962 de la guerre d’Algérie peut conduire s’interroger sur l’opportunité d’un tel sujet précis et de ses limites chronologiques.

    Dans une période où l’Algérie est tendue vers la question de son avenir, on pourrait considérer comme inutile de se pencher sur des faits vieux de plus de cinquante ans. Ou penser que cela risque de faire le jeu des forces qui, en Algérie, instrumentalisent les crimes du colonialisme pour justifier leur régime politique de plus en plus contesté. En réalité, ce retour vers l’histoire n’est pas contradictoire avec la soif d’avenir qui s’exprime aujourd’hui dans ce pays. Dans les rassemblements qui, depuis le 22 février 2019, posent le problème du futur de l’Algérie, on voit de nombreuses références à des symboles et des personnages emblématiques de la guerre d’indépendance. Poser la question des disparus lors de ce qui a été appelé la « bataille d’Alger » et du reste de la guerre n’est pas contradictoire, loin de là, avec d’autres demandes de vérité sur d’autres épisodes.

    Oui, il y a eu d’autres disparus pendant la guerre d’Algérie. Parmi les algériens qu’il était convenu d’appeler les musulmans — catégorie administrative coloniale, rappelons-le —, en raison de conflits entre nationalistes algériens et d’actes commis par certains responsables du FLN-ALN. Il y en a eu aussi parmi les militaires français, dont on ne sait ni la date de la mort ni le lieu de leur éventuelle sépulture. Et aussi parmi les européens d’Algérie, à différents moments de la guerre, et surtout, après le 18 mars 1962 — qui marque la fin officielle du conflit entre le FLN/ALN et la France, mais où des affrontements armés se sont poursuivis puisque l’OAS a continué à tuer, refusant le cessez-le-feu et l’indépendance de l’Algérie. En particulier, autour du 5 juillet 1962 dans la région d’Oran, où de nombreux civils européens ont été enlevés et ne sont jamais réapparus. Tous ces faits méritent, eux aussi, d’être étudiés. Un historien venu d’Oran évoquera cette question.

    Après l’indépendance de l’Algérie, d’autres disparitions forcées d’Algériens se sont produites. D’abord, dans les premières années, de personnes accusées de s’être opposés à la lutte nationale ainsi que de membres de leur famille, qualifiées de « harkis ». Et, durant les années 1990, probablement le plus grand nombre de disparus en Algérie dont les familles n’ont reçu aucune nouvelle est intervenu lors des agressions commises par différents groupes armés, après l’annulation du second tour de l’élection législative de janvier 1992. Ce sujet, trop souvent tabou en Algérie, doit être aussi étudié et la demande de vérité et de justice des familles de ces disparus est, elle aussi, légitime. Il est évoqué lors de la Journée internationale des victimes de la disparition forcée organisée par les Nations-unies. En particulier lors de la réunion organisée, le 30 août 2019, au siège d’Amnesty international France, par la Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées, sur le thème « Pour la Vérité, contre l’impunité et pour la préservation de la mémoire (1) », à laquelle plusieurs des organisateurs de la journée du 20 septembre, en particulier Emmanuel Decaux, ancien président du Comité des disparitions forcées des Nations Unies, ont participé.

    Tous ces faits méritent eux aussi d’être étudiés. Toutes les familles des victimes ont le même droit à la vérité et à la justice. Mais l’objet de cette journée est limité dans la chronologie à la période entre le 1er novembre 1954 et le 18 mars 1962 — quitte à ne pas parler de faits relevant des mêmes auteurs et qui ont fait des dizaines de milliers de victimes avant ces dates, en mai-juin 1945, dans le Constantinois. Et il est limité aussi, pour ce qui est des auteurs, aux « forces de l’ordre françaises » — l’armée, la police et les « unités territoriales » (dont beaucoup deviendront l’OAS). Puisque ces forces dépendaient des autorités françaises, contrairement aux auteurs des autres disparitions évoquées, qui sont multiples et extérieurs à elles, leurs actes concernent directement notre nation et notre Etat, d’un point de vue historique, mémoriel, juridique et archivistique. D’où l’objet spécifique de cette journée.

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    Il y a un an, le 13 septembre 2018, Emmanuel Macron, a rendu visite à Josette Audin, veuve du mathématicien et militant communiste Maurice Audin « disparu » à l’âge de vingt-cinq ans, en pleine guerre d’Algérie, à la suite de son arrestation à Alger, le 10 juin 1957, par des parachutistes français. Dans la déclaration qu’il a faite alors, il a dit notamment : « La disparition de Maurice Audin a été rendue possible par un système dont les gouvernements successifs ont permis le développement : le système appelé “arrestation-détention” à l’époque même, qui autorise les forces de l’ordre à arrêter, détenir et interroger tout “suspect” dans l’objectif d’une lutte plus efficace contre l’adversaire” ».

    Face à cette déclaration importante, qui témoignait d’un changement radical dans le discours de la République française sur ces faits, l’Association Maurice Audin — dans la continuité du Comité Maurice Audin, animé de 1957 à 1963 par Laurent Schwartz et Pierre Vidal-Naquet, et tout en saluant la déclaration présidentielle et tous ceux qui y ont contribué ; notamment le mathématicien et député Cédric Villani et plusieurs historiennes et historiens, dont Sylvie Thénault — a rappelé que le système décrit par le président de la République a fait alors bien d’autres victimes que Maurice Audin. Des milliers d’autres. Dès septembre 1957, Josette Audin l’a écrit, quelques semaines après la disparition de son mari, à Pierre Vidal-Naquet, qui le rapporte dans ses Mémoires : « Josette Audin insistait dans cette lettre des premiers jours de septembre sur le fait que le cas de son mari n’avait rien d’exceptionnel, et que des Algériens musulmans disparaissaient tous les jours (2) ». Il ajoute que ce qu’il y avait d’exceptionnel dans l’affaire Audin, c’est que, contrairement à tous les autres cas de disparitions, Audin n’était pas un « indigène musulman », mais — même s’ils se voulait Algérien — un universitaire d’origine européenne. Pierre Vidal-Naquet a repris à son compte le constat de Josette Audin : l’immense majorité des personnes enlevées à Alger, en 1957, dont les familles n’avaient aucune nouvelle, étaient des Algériens autochtones. Jules Roy, en 1972, le confirmait en apostrophant le général Massu en ces termes : « Si nous avons fini par connaître le sort de Maurice Audin, et si Henri Alleg, échappé de vos griffes, a pu faire tant de bruit avec son livre, si des juges ont été contraints d’ouvrir des instructions, et si des tribunaux ont pu convoquer des témoins à leur barre, c’est que les accusateurs étaient des nôtres. Mais les autres, général Massu ? Les milliers d’autres ? » Ces « milliers d’autres » qui n’ont jamais suscité d’« affaires » étaient des colonisés, morts sous la torture ou exécutés sommairement, leur corps ayant été détruit ou dissimulé. Aucune autorité, civile ou militaire, n’en dressa jamais la liste. Pas même le secrétaire général à la Police à la préfecture d’Alger, Paul Teitgen, ce témoin capital de cette Grande répression d’Alger de 1957 qui tenta, selon le mot de Pierre Vidal-Naquet, de « comptabiliser les morts et les vivants ». Il avança le nombre de 3 024 disparus, en se fondant sur les personnes assignées à résidence qui n’étaient pas réapparues. Mais ce nombre, comme l’a montré l’historienne Raphaëlle Branche, n’est pas un décompte fiable, seulement un ordre de grandeur plausible.

    Depuis cette déclaration de septembre 2018, la question est donc la suivante : Serait-il possible pour notre pays, aujourd’hui, de se limiter au cas de Maurice Audin, sans rien dire des milliers d’autres êtres humains qui ont été eux aussi enlevés, détenus, torturés et assassinés par des militaires français. L’Association Maurice Audin a clairement répondu : « non ». Pour elle, une telle discrimination posthume dans la reconnaissance serait impossible et honteuse, indigne de notre pays. Être fidèle à l’engagement de Josette et Maurice Audin doit conduire à soulever le cas des milliers d’autres disparus comme lui, dans cette période qu’il est convenu d’appeler la « bataille d’Alger ». C’est ce qu’a fait cette association, en soutenant, deux jours après la visite présidentielle chez Josette Audin, l’ouverture du site internet 1000autres.org destiné à tenter de retrouver des traces et des informations sur ces autres disparus.

    L’idée d’organiser une journée sur les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises est née, à ce moment, lorsque plusieurs membres de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) (3), organisme consultatif nommé par le Premier ministre, ont ressenti la nécessité de confronter leurs réflexions sur cette page de notre histoire. Parmi eux, des juristes qui ont travaillé sur l’évolution du droit international concernant les disparitions forcées.

    Leur projet a été soutenu par des associations représentées à la CNCDH — Amnesty international, la Cimade, l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (l’Acat), le Mrap et la Ligue des droits de l’Homme —, ainsi que par le président de la CNCDH, Jean-Marie Delarue, qui présidera la séance consacrée à la Justice, et par le bureau unanime de cette commission. Les membres de la CNCDH à l’origine de cette initiative ont pris contact avec des archivistes, dont les responsables de l’Association des archivistes français, qui travaille depuis plusieurs années sur l’enjeu citoyen que constitue l’accès aux archives et avec des historiennes et historiens. Un comité scientifique a été constitué. D’éminentes personnalités ont bien voulu parrainer la journée, ainsi que des institutions universitaires, comme l’Institut des sciences juridiques et philosophiques de la Sorbonne, La contemporaine et l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP-CNRS).

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    Trois temps vont la structurer. Après les interventions de l’historien Amar Mohand Amer, venu d’Oran, sur « La question vue d’Algérie » et celle de Françoise Banat-Berger, au nom du Service interministériel des archives de France, viendront des approches historiques, puis des éclairages juridiques. A partir des années 1970, la pratique généralisée des disparitions forcées en Amérique latine a suscité un renforcement considérable du droit international, avec la Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1990, et ce qu’on a appelé les « principes Joinet », l’affirmation du droit à la vérité, à la justice et à la réparation. Ces avancées du droit international pénal suscitent de nouvelles interrogations sur ces faits.

    Enfin, sera abordée la question des archives et de l’enjeu citoyen de leur accès. On lit dans la déclaration du 13 septembre 2018 : « Le président de la République souhaite que toutes les archives de l’État qui concernent les disparus de la guerre d’Algérie puissent être librement consultées et qu’une dérogation générale soit instituée en ce sens. » Des échanges auront lieu sur la réalisation de cet engagement.

    Le gouvernement a choisi de préparer successivement deux dérogations pour faciliter l’accès aux archives. Une première se limitera strictement au cas de Maurice Audin. Une seconde aura pour objet « toutes les disparitions de la guerre d’Algérie » — peut-être au-delà même du cessez-le-feu du 18 mars 1962 —, quels qu’en soient les auteurs. Sont-elles à la hauteur de l’interrogation nécessaire de la France sur les actes commis par les forces de l’ordre dépendant directement de ses autorités ?

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    Des membres de familles de personnes disparues à cette époque dont ils n’ont jamais eu de nouvelles, venus d’Algérie, seront présents à cette journée. Ils ont apporté leur contribution à la recherche patiente sur cette question à laquelle le site 1000autres.org s’est attelé au lendemain de la déclaration présidentielle de septembre 2018. Sa source principale est une archive conservée aux Archives nationales d’Outre-mer, à Aix-en-Provence, constituée de quelque 850 fiches, sur lesquelles la préfecture d’Alger avait enregistré, à la demande des familles qui demandaient des renseignements sur leurs proches disparus, les cas qu’elles leur signalaient. D’autres sources ont été utilisées. Le livre Le Cahier Vert, publié par les éditions La Cité à Lausanne documentant quelque 150 cas de disparitions recensés par trois avocats venus à Alger en août 1959, malgré l’hostilité des autorités, pour recueillir les plaintes des familles. Au Service historique de la Défense, les procès-verbaux d’enquêtes internes à l’armée, généralement déclenchées par l’intervention d’une personnalité. Et, dans les archives des deux Commissions de Sauvegarde des droits et libertés individuels qui se succédèrent de mai 1957 à 1962, les très nombreuses plaintes pour sévices et disparitions forcées — un fonds d’archive essentiel, qui doit être rendu intégralement et facilement consultable, indépendamment des tampons « Secret » dont les ont parsemés les chefs des tortionnaires et qui ne devraient pas préserver aujourd'hui la dissimulation de leurs actes. Leur exploitation par le site 1000autres.org est en cours. A ce jour environ 1100 noms de personnes arrêtées et détenues par l’armée française dans le Grand Alger en 1957, avec des photos et des documents les concernant, y figurent. Les témoignages qu’il reçoit et les recherches qu’il poursuit dans différents centres d’archives lui permettent d’en allonger la triste liste. La journée d’étude du 20 septembre permettra de rendre compte de ce travail nécessaire d’histoire et de mémoire pour la vérité et pour la justice.

    (1) Avec Amnesty International, l’Association marocaine des droits humains, l’Association de Parents et Amis de disparus au Maroc, le Collectif de Solidarité avec le Nicaragua, le Collectif des familles de disparus en Algérie, le Collectif Paris Ayotzinapa, Donde Estan, la Forum marocain vérité et justice, Human Right Solidarité, Terre et Libertés, Yakay Der.

    (2) Pierre Vidal-Naquet, Mémoires. 2. Le trouble et la lumière 1955-1998, Seuil/La Découverte, 1998, p. 61.

    (3) Le premier ministre a signé le 10 avril 2019 l’arrêté de nomination de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, publié au Journal officiel du 11 avril 2019. Elle est présidée par Jean-Marie Delarue.

    SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/gilles-manceron/blog/020919/archives-et-guerre-d-algerie-questions-et-inquietudes 

     

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