• Communiqué de l'Association Nationale

    C O M M U N I Q U É

    La fusillade de la rue d’Isly le 26 mars 1962 à Alger
    a consisté en « un massacre impardonnable
     pour la République »

    (Emmanuel Macron, Palais de l’Élysée, 26 janvier 2022)

    À l’égard de certaines mémoires en relation avec la fin de la colonisation de l’Algérie, la déclaration de Monsieur Emmanuel Macron du 26 janvier 2022 relative aux événements survenus le 26 mars 1962 à Alger pourrait être regardée, en l’état et à ce stade, comme une déclaration de guerre.

    On est d’emblée tenté d’y voir une initiative s’inscrivant dans le droit fil de la réception au Palais de l’Élysée, le 30 septembre dernier, d’un descendant du général félon Raoul Salan, chef suprême de l’OAS, responsable du putsch d’avril 1961.

    Pourtant, cette proclamation doit être replacée dans le contexte d’une intervention, et celle-ci ne s’applique pas à dissimuler l’identité des instigateurs d’une action qui va virer au drame : « Ce jour-là, des soldats du 4e régiment de tirailleurs, une unité de l'armée française, firent feu sur une foule qui manifestait, attisée par l'OAS, son attachement à l'Algérie française en cherchant à rompre le blocus du quartier de Bab-El-Oued. Ce jour-là, des soldats français, déployés à contre-emploi, mal commandés, moralement atteints, ont tiré sur des Français. Il est plus que temps de le dire. Ce qui devait être une opération de maintien de l'ordre s'acheva par un massacre, un massacre dont aucune liste définitive des victimes ne fut établie, qui fit des dizaines de tués et des centaines de blessés. »

    L’hommage rendu aux victimes ne souffre aucune contestation.

    Mais qualifier de « massacre impardonnable pour la République » l’usage de la force face à une manifestation à caractère insurrectionnel appelée par une organisation criminelle en dépit de l’interdiction générale découlant des Accords de cessez-le-feu en Algérie peut placer le chef de l’État en situation délicate si l’ouverture des archives révèle que l’armée a tiré en état de légitime défense.

    Une tel propos est par ailleurs susceptible d’embarrasser le ministre de l’intérieur :
    - dont l’un des illustres prédécesseurs, Monsieur Roger Frey, dans une allocution télévisée au journal de 20h00 le 10 mars 1962, dénonçait la « folie sanguinaire » de l’OAS, cherchant à « s’emparer du pouvoir par des méthodes que le régime hitlérien n’aurait certes pas désavouées », et en fustigeait les membres, qualifiés de « fascistes » et de « revenants de la collaboration » ;
     

    - au moment même où Monsieur Gérald Darmanin a à gérer une situation d’extrême violence à Nantes, livrée à des manifestations non déclarées ou maintenues au mépris de leur interdiction préalable.

    Rappelons par ailleurs, à titre non anecdotique, que le Gouvernement se targue ces jours-ci d’avoir soumis au Parlement le vote d’une indemnisation forfaitaire  en faveur des harkis calculée sur la base de 1 000 euros par année de rétention en camp contre 1 259 euros par trimestre d'activisme belligérant aux anciens tueurs de l’OAS en vertu (!) des dispositions de l’article 13 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005.

    Retenons, enfin et surtout :
    1°) que la Présidence de la République, au soir du 26 janvier 2022, a fait paraître sur son site Internet une communication se concluant en ces termes : « Le Président de la République, comme il s’y est engagé lors de la remise du rapport de Benjamin Stora, participera à la commémoration du 19 mars 1962, sous une forme, là encore, conçue spécifiquement pour notre époque. » ;
    2°) que des propositions ont été remises en ce sens à son conseiller "Mémoire" le 15 novembre dernier et présentées oralement le même jour à la Première dame ;

    3°) qu’entre-temps, le 8 février 2022, sera célébré à Paris, au Métro Charonne, le souvenir tragique, soixante après, des victimes d’une manifestation prônant la paix en Algérie et qu’un geste mémoriel issu du niveau sommital de l’État n’est pas exclu à cette occasion. 

     

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  • Serge Klarsfeld : « Zemmour parle

     des musulmans comme on parlait des juifs »

    Serge Klarsfeld : « Zemmour parle   des musulmans comme on parlait des juifs »

    « Pétain a sauvé les juifs français. » « On n’a pas commis de crime. » À travers ces mots, souvent répétés, le candidat d’extrême droite Éric Zemmour entend réhabiliter le régime de Vichy et le dédouaner de sa responsabilité dans la déportation des juifs en France. Mediapart a rencontré Serge Klarsfeld, président de l’association Fils et filles des déportés juifs de France. Historien, avocat, il est connu pour avoir traqué avec son épouse Beate des criminels nazis comme Klaus Barbie. À ce grand témoin, nous avons demandé ce qu’il pense du retour à travers la figure d’Éric Zemmour du révisionnisme historique autour de la déportation des juifs. « Les partisans de Vichy utilisent toujours l’histoire-fiction. Ils nous opposent ce qu’il se serait passé si Vichy n’avait pas été complice des nazis dans la solution finale. » Serge Klarsfeld s’inquiète de voir le révisionnisme de Zemmour emplir l’espace public, des thèses au service d’un projet politique inquiétant : « Cette argumentation de Zemmour laisse présager, au cas où l’extrême droite arriverait au pouvoir, un sort funeste pour les musulmans. Il parle des musulmans comme on parlait des juifs à l’époque. ».

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  • Guerre d'Algérie : Macron va faire un geste mémoriel envers les pieds noirs

     

    Guerre d'Algérie : Macron va faire un geste mémoriel envers les pieds noirs

    Le 20 mars 1962, quatre obus de mortier tombent sur la place du Gouvernement, faisant 24 morts et 59 blesssés parmi les musulmans. (photo © Dalmas - Sipa)

    Le président Emmanuel Macron va faire un geste mémoriel mercredi envers les rapatriés d'Algérie qui portera sur la fusillade de la rue d'Isly à Alger, dans laquelle des dizaines de partisans de l'Algérie française furent tués par l'armée en mars 1962.

    Le chef de l'Etat va porter "une parole de reconnaissance" lors d'une rencontre avec des associations de rapatriés d'Algérie, communément appelés les "pieds-noirs", à l'Elysée, a indiqué mardi la présidence française.

    Un geste mémoriel

    "Un des points saillants du propos du président de la République tournera autour de ce qui s'est passé le 26 mars à Alger, rue d'Isly", a ajouté la présidence, sans plus de précisions.

    Une semaine après la signature des Accords d'Evian et le cessez-le-feu, le 19 mars 1962, en Algérie, des manifestants civils partisans de l'Algérie française qui tentaient de forcer le passage vers le quartier de Bab El-Oued, dans le centre d'Alger, étaient mitraillés à un barrage tenu par l'armée française.

     

    Revenir sur la fusillade de la rue d'Isly qui a fait une cinquantaine de morts


    La fusillade qui dura plus d'un quart d'heure fit, selon différentes sources, au moins une cinquantaine de morts, tous civils, parmi les manifestants. La fusillade de la rue d'Isly marqua le début de l'exode massif des pieds-noirs d'Algérie.

    Cette "reconnaissance" s'inscrira dans une série de gestes mémoriels, depuis le début du quinquennat, dans la perspective du 60e anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie.

    Le 14 septembre 2018, Emmanuel Macron a ainsi reconnu, "au nom de la République française", que le jeune mathématicien communiste Maurice Audin avait été "torturé à mort, ou torturé puis exécuté par l'armée française" en 1957.

    L'objectif reste le même, construire à terme une mémoire apaisée, partagée, commune à tout ce qu'ont été jusque-là les mémoires liées à la guerre d'Algérie et à la colonisation

    Communiqué de l'Elysée

    Le 3 mars 2021, il reconnaissait aussi que l'avocat nationaliste Ali Boumendjel avait été "torturé et assassiné" le 23 mars 1957 par l'armée française, contredisant la version initiale d'un suicide.

     

    Une loi pour les Harkis


    Le 20 septembre 2021, le chef de l'Etat a demandé "pardon" aux harkis, supplétifs algériens de l'armée française, qui furent "abandonnés" par la France. Un projet de loi, actant ce "pardon" et tentant de "réparer" les préjudices subis, est en cours d'examen en Parlement.

    Emmanuel Macron a aussi dénoncé des "crimes inexcusables pour la République" pour les 60 ans du massacre par la police française de manifestants algériens, le 17 octobre 1961 à Paris.

    "L'objectif reste le même, construire à terme une mémoire apaisée, partagée, commune à tout ce qu'ont été jusque-là les mémoires liées à la guerre d'Algérie et à la colonisation", a souligné l'Elysée.

    SOURCE : Guerre d'Algérie : Macron va faire un geste mémoriel envers les pieds noirs (tv5monde.com)

    Macias, Arcadi et Fabian

    Emmanuel Macron a aussi dénoncé des « crimes inexcusables pour la République » lors des 60 ans du massacre par la police française de manifestants algériens, le 17 octobre 1961 à Paris. « L’objectif reste le même, construire à terme une mémoire apaisée, partagée, commune à tout ce qu’ont été jusque-là les mémoires liées à la guerre d’Algérie et à la colonisation », en reconnaissant la « singularité de chacun », a souligné l’Élysée.

    Outre les représentants d’associations, des artistes « pieds-noirs » emblématiques, dont le chanteur Enrico Macias, le réalisateur Alexandre Arcadi et l’actrice Françoise Fabian, ont été conviés mercredi après-midi à l’Élysée.

    La rencontre s’ouvrira par un témoignage de Danielle Michel-Chiche, blessée à l’âge de cinq ans dans l’attentat du Milk-Bar le 30 septembre 1956 à Alger et autrice de « Lettre à Zohra D », en référence à Zohra Drif qui déposa la bombe, habillée en jeune femme européenne. Mme Michel-Chiche devint avocate puis sénatrice après l’indépendance.

    Les relations restent compliquées entre l’exécutif et les rapatriés depuis qu’Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité » lors d’un déplacement à Alger en 2017.

    Nombre d’associations appellent au retrait de ces propos et l’une d’elles, Le Cercle Algérianiste, a décliné l’invitation à l’Élysée tant qu’il n’en serait rien. L’Élysée réfute de son côté les accusations de visées électoralistes avec ces différents gestes mémoriels à l’approche de la présidentielle d’avril.

    SOURCE : https://www.sudouest.fr/france/guerre-d-algerie-macron-va-faire-un-geste-envers-les-rapatries-8011588.php 

    Monsieur le Président Macron ne réécrivez pas l’histoire et n’oubliez pas aussi de reconnaître les victimes de l’organisation terroriste OAS

    Eux aussi ont été tués

    par des balles françaises

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    C’est pourquoi nous rendons un hommage à :

    Roger Oudin

    Robert Nogrette

    Jean Grasset

    Philippe François

    Daniel Doutre

    Messaoud Secuh

    Saïd Belmiloud

    appelés de l'Armée française

     tous 2e classe

    lâchement assassinés par l'OAS

    le 23 mars 1962, à dix heures

    place Desaix à Alger

    Après les 24 morts civils musulmans du 20 mars 1962

    Après les 18 gendarmes assassinés le 22 mars 1962
     

    Ce furent les premières victimes de l'OAS

     d'après le 19 mars 1962

    Ne les oublions pas

    Alors que le cessez-le-feu ouvrant la voie à l'indépendance de l'Algérie a été proclamé le 18 mars, plusieurs milliers de partisans de l'Algérie française sont appelés par l'OAS (Organisation armée secrète) à se diriger le 26 mars vers le quartier de Bab-el-Oued, refuge de membres de l'OAS, afin de forcer les barrages installés par l'armée française après plusieurs meurtres de jeunes du contingent par cette organisation.

    Ils sont invités à s'y rendre "sans armes" et "drapeau en tête", alors que la manifestation est interdite par le préfet. A partir de là, différentes versions circuleront : selon l'une d'elles, contestée notamment par des familles des victimes, ce sont des tirs visant les militaires depuis une fenêtre ou un toit rue d'Isly, qui enclenchent en retour la fusillade paniquée vers la foule des tirailleurs gardant le barrage.

    Cette version est également contestée par des parlementaires français, dont Eric Ciotti ou Valérie Boyer, qui présentèrent en 2019 une proposition de loi demandant "reconnaissance de la Nation des massacres de la rue d'Isly".

    "Sans sommation, à 14h50, la troupe du 4e régiment de tirailleurs ouvrit le feu, s’acharnant sur ceux qui s'étaient jetés à terre afin de se protéger. La version officielle dira que des coups de feu avaient été tirés d'un toit vers les militaires. Mais ceux‑ci, au lieu de riposter vers le toit où devrait se trouver le prétendu tireur, ont tiré à l’arme automatique dans la foule, frappant dans le dos des manifestants qui tentaient vainement de s'enfuir", pouvait-on lire dans leur exposé des motifs.

    "Il est grand temps aujourd'hui que l'Etat français rompe définitivement avec le silence et reconnaisse officiellement les crimes commis le 26 mars 1962 lors de cette manifestation pacifique", poursuivait l'exposé des motifs, en demandant "que l'ensemble des archives soit ouvert" et le massacre reconnu.

    Des historiens souligneront de leur côté la fatigue et l'inexpérience des troupes placées à cet endroit. Après les tirs, la panique saisit la foule : "Ces 10 minutes de fusillade ont été suivies de 30 minutes d'affolement, de désarroi, dans le tintamarre crispant des sirènes et des klaxons, voitures de pompiers, camions, ambulances, des voitures civiles sillonnaient la ville, transportant le plus rapidement possible les blessés", écrit l'AFP ce jour-là.

    En 2010, le gouvernement français décida d'inscrire les noms des victimes de la rue d'Isly sur le Mémorial de la guerre d'Algérie à Paris, mais l'Etat français n'a jamais reconnu de responsabilité dans ces événements.

    La rencontre s’ouvrira par un témoignage de Danielle Michel-Chiche mais écoutons aussi la réponse de Zohra Drif. 

     

    Le chanteur emblématique Enrico Macias, également invité, ne pourra en revanche pas être présent ce mercredi à Paris. Pourquoi Enrico n'a jamais pu retourner en Algérie. Le point de vue des Algériens :

    Enrico Macias affirme qu'il quittera

    la France si Marine Le Pen est élue

    à la prochaine présidentielle

    Maurice Papon, Enrico Macias et le 17 octobre 1961 et il faut ajouter le 8 février 1962

    Le chanteur a suggéré qu'il migrerait vers Israël si Marine Le Pen était élue présidente aux prochaines élections DDM - DDM MORAD CHERCHARI

    Invité du journaliste Frédéric Haziza pour la première de l'émission "Les enfants de la République" qui a été diffusée sur la radio communautaire juive Radio J, Enrico Macias a une nouvelle fois réitéré qu'il quitterait la France si jamais la candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen était élue.

    L'hypothèse ne lui plaît guère. Invité de la radio communautaire juive Radio J pour la première de l'émission "Les enfants de la République", Enrico Macias a déclaré qu'il quitterait la France si Marine Le Pen était élue aux prochaines élections présidentielles. "Ah oui, je ne reste pas, bien sûr" a-t-il avancé.  "Je ne sais pas où j'irai" a ajouté le chanteur. 

    Il a néanmoins évoqué Israël comme choix de destination dans l'hypothèse où la candidate du Rassemblement National était élue : "Israël de toute façon c'est la seule destination qu'un juif habitant du monde peut avoir, peut espérer.. Parce qu'avant, quand on était persécuté, c'était Auschwitz. Maintenant, c'est Israël. Heureusement qu'on a Israël. Mais il ne faut pas y aller forcé, il faut aller de son plein gré en Israël." 

    L'interprète des "Filles de mon pays" a tout de même tenu à tempérer ses propos : "Je ne crois pas qu'elle sera élue." 

    Ce n'est pas la première fois qu'Enrico Macias menace de quitter la France si la candidate RN est élue à la tête du pays. En 2017, il avait déclaré qu'il prendrait l'avion le lendemain pour aller "peut-être en Suisse, peut-être en Corse, peut-être en Israël".

    En 2015, il avait confié sur le plateau de BFMTV qu'il migrerait vers Israel si Marine Le Pen parvenait un jour à la tête de l'Etat français. Il avait invité les juifs et les musulmans de France à faire de même. 

     

    SOURCE : https://www.ladepeche.fr/2020/10/11/enrico-macias-affirme-quil-quittera-la-france-si-marine-le-pen-est-elue-a-la-prochaine-presidentielle-9131925.php 

    Nous savions que le chanteur "pieds-noirs" Enrico Macias ne pouvait pas retourner en Algérie et qu’il le regretterait ?…

    Maurice Papon, Enrico Macias et le 17 octobre 1961 et il faut ajouter le 8 février 1962

    Le 17 octobre 1961 a été l'œuvre de l'Etat français, porteur du système colonial.

    Un homme s'y était illustré : Maurice Papon.

     

    Le même Maurice Papon avait officié auparavant à Constantine, où il avait été préfet.

    Maurice Papon a donc doublement sévi contre les Algériens. D'abord sur les berges du Rhummel, à Constantine, où il était le représentant de l'Etat français ; puis sur les berges de la Seine, à Paris, où il occupait les mêmes fonctions.

    A la fin de sa vie, Maurice Papon a été rattrapé par l'histoire. Il a été jugé, mais pour d'autres faits, pas pour ses crimes contre les Algériens. Pourtant, ce qu'il a commis contre les algériens pouvait juridiquement être qualifié de crime de guerre. On retrouve dans ses décisions les éléments constitutifs du "crime de guerre" tel que défini par les conventions les plus connues.

    A Constantine, Maurice Papon, avait entres autres, un complice, un homme devenu tout aussi célèbre : Enrico Macias. Celui-ci, natif de Constantine, a toujours clamé un amour inconsidéré pour l'Algérie et pour "sa" ville Constantine.

    Pourtant, Enrico Macias était, durant la guerre d'Algérie, membre d'une milice locale, les "Unités territoriales". C'était une milice composée d'Européens, des supplétifs de l'armée française, un peu comme les harka. Mais dans le système de ségrégation de l'époque, on ne mélangeait pas "harki de souche" et harki indigène.

    Au sein des unités territoriales, Enrico Macias, pourchassait de l'arabe, aux côtés de l'armée coloniale, des harkis et de différents services de sécurité.

    Enrico Macias est un homme particulièrement passionné. On peut imaginer qu'il a fait preuve de beaucoup de zèle dans la chasse à l'arabe.

    Ce volet de sa carrière n'a jamais été évoqué. Lui-même n'en a jamais parlé.

    Plus troublant encore : à part de très rares témoins, la partie algérienne n'a jamais su exploiter ce côté trouble de la jeunesse d'Enrico Macias.

    Abed Charef, écrivain et journaliste de renom, aborde ici la question douloureuse de la guerre d’Algérie et rappelle qu’à Constantine par exemple, des milices avaient été constituées sous la houlette de Maurice Papon, alors préfet de cette ville. Au sein de cette milice, il cite Enrico Macias qui en faisait partie et il en veut pour preuve les nombreux témoignages de personnages encore vivants, des Constantinois l’ayant connu et vu portant l’uniforme et l’arme.

     

     

     

    Enrico Macias et la guerre d'Algérie :

    Quand Gaston chassait du fellagha...

    Il jouait au messie et chantait l'amour, la paix et la fraternité, il s'est avéré être un ultra-sioniste richissime qui chassait le fellagha dans sa jeunesse.
    Aujourd'hui acculé à la ruine par la providence, Enrico Macias restera dans les mémoires comme un charlatan qui a réussi à berner son monde avec de belles paroles.

     


     

     

    Gaston Ghenaïssia – le vrai nom de Macias – n'a jamais abordé le volet le plus sombre de son histoire algérienne. Il n'a jamais dit comment il a lui-même contribué à mettre le feu à ce pays bien aimé. Il a, en fait, réussi à maintenir un voile pudique sur son militantisme de cette époque, un militantisme qui l'a mis dans la même tranchée que Maurice Papon !
    Enrico Macias évoque régulièrement sa volonté de revoir son «pays natal», et comment il en est empêché. Sa visite devait se faire en 2007, en compagnie de Nicolas Sarkozy. Auparavant, il avait affirmé que le président Abdelaziz Bouteflika lui-même l'avait invité, mais que des méchants, héritiers de la tendance obscurantiste du FLN, s'étaient opposés à son retour. Qu'en est-il au juste ?
    A Alger, on affirme officiellement qu'Enrico Macias peut se rendre en Algérie quand il veut, mais qu'il est hors de question d'en faire un évènement politique. Certains fonctionnaires montrent un certain embarras devant le tapage médiatique provoqué par Enrico Macias lui-même. «Il n'a pas envie de revenir, il ne viendra pas, et il le sait parfaitement», a déclaré, sûr de lui, un ancien haut responsable. «Et ce n'est pas seulement à cause de son soutien public à Israël», ajoute-t-il, estimant que le thème Algérie ne constitue pour Enrico qu'un «fond de commerce».
    Pour cet homme, qui avoue avoir apprécié la musique de Enrico dans sa jeunesse, Enrico Macias ne reviendra pas en Algérie parce qu'il y a commis des crimes pendant la guerre de libération. Selon lui, Enrico faisait partie d'une milice locale, les «unités territoriales», composées de partisans de l'Algérie française, qui formaient des milices de supplétifs de l'armée coloniale. L'unité à laquelle appartenait Enrico Macias a commis de nombreuses exactions, et a participé à des ratonnades, affirme cet ancien haut fonctionnaire.
    A cette époque, Enrico Macias est un jeune artiste prometteur, qui joue dans la troupe du «Cheikh Raymond», le plus célèbre artiste juif de Constantine. Raymond Leyris est alors au faîte de sa gloire : notable de la communauté juive, ami des «arabes» de la ville, il est riche et célèbre. Sa musique est si appréciée qu'une jeune recrue FLN, en pleine guerre d'Algérie, rejoint le maquis ALN en wilaya II avec des disques de «Cheikh Raymond», nous raconte un ancien moudjahid qui a passé toute la guerre dans le Nord Constantinois !
    Raymond Leyris n'avait pas d'enfants. Il en a adopté deux, dont Enrico Macias. Celui-ci est donc à la fois l'enfant adoptif, le disciple et l'héritier de Cheikh Raymond. A-t-il été l'héritier en tout ? Seul Macias pourra le dire. En tous les cas, les réseaux FLN avaient alors une conviction. Pour eux, Raymond Leyris avait été contacté par les services spéciaux israéliens. Il organisait des collectes, montait des réseaux, et travaillait en sous-main avec les services spéciaux israéliens, qui avaient alors un objectif : organiser le transfert massif des juifs des pays arabes vers Israël. En Algérie, leur première cible était Constantine, avec ses 25.000 à 30.000 juifs : il y avait presque autant de juifs à Constantine que dans les grandes villes israéliennes.
    Par ailleurs, le discours de Enrico Macias a longtemps bénéficié d'une cacophonie chez les responsables algériens, qui n'ont jamais adopté une position claire sur le personnage. En fait, côté algérien, plusieurs points de vue se côtoyaient : ceux qui faisaient l'éloge de l'artiste, ceux qui prônaient la réconciliation, ceux qui dénonçaient son soutien à Israël, et ceux qui étaient d'abord soucieux d'établir les faits historiques.
    Un ancien haut fonctionnaire affirme toutefois que Enrico n'avait aucune chance de revenir en Algérie. Les anciens pieds noirs étaient classés en plusieurs catégories, explique ce fonctionnaire. Enrico Macias fait partie d'une sorte de liste rouge officieuse, qui comporte les noms de militaires, colons et ultras ayant commis des exactions. Ceux-là ne peuvent pas entrer en Algérie, dit-il.
    Autre détail troublant dans l'histoire d'Enrico : quand il sévissait au sein des «unités territoriales», il collaborait avec un personnage célèbre, Maurice Papon ! Celui-ci a en effet exercé comme préfet à Constantine, où il a contribué à organiser de redoutables escadrons de la mort. Milices, unités paramilitaires, escadrons de la mort, tout ce monde collaborait joyeusement quand il s'agissait de réprimer. Des témoins sont encore vivants. 
     

     

    SOURCES :

     

    http://mouradpreure.unblog.fr/2013/08/03/enrico-macias-et-la-guerre-dalgerie-quand-gaston-chassait-du-fellaga/

     

    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5158481

     Quel jeu joue le pouvoir ?

    Par Jacques CROS

    Publié le 26/01/2022 http://cessenon3.centerblog.net/130-quel-jeu-joue-le-pouvoir 

      

     Guerre d'Algérie : Macron va faire un geste mémoriel envers les pieds noirs

     

    Attentat de l’OAS place du Gouvernement le 20 mars : 24 tués, 59 blessés 

     

    Un double-jeu sans aucun doute ! Ainsi, après des déclarations positives qui concernaient la nature du colonialisme, l’assassinat de Maurice Audin, celui d’Ali Boumendjel, les exactions diverses de l’armée française, la reconnaissance du crime d’Etat commis le 17 octobre 1961 il y a toujours des idées qui circulent niant l’histoire.

    Ainsi à propos des harkis. Quand sera-t-on disposé à reconnaître que notre faute fondamentale est de les avoir enrôlés pour combattre, les armes à la main, leurs concitoyens plus conscients qui n’avaient d’autre choix que celui de se battre contre la puissance coloniale qui portait atteinte à leur dignité en même temps qu’elle les spoliait ?

    Et les Pieds Noirs dans cette affaire ? Ils n’étaient sûrement pas responsables de la conquête de l’Algérie en 1830 ! Ils n’étaient pas tous des colons nantis qui faisaient suer le burnous aux Algériens. Ceci étant ils ont été les instruments du colonialisme avant d’en avoir été les victimes. Ils ont servi d’alibis pour justifier une guerre pour laquelle on avait mobilisé des centaines de milliers de jeunes Français dont la question n’était pas de leur ressort.

    S’ils voulaient rester en Algérie, qui était devenu leur pays, ces Européens auraient dû accepter l’évolution des choses et reconnaître le droit à l’indépendance de cette ancienne colonie. Ils auraient dû entretenir d’autres rapports avec la communauté musulmane que ceux qui prévalaient faits au mieux de condescendance.

    Le 26 mars 1962 à Alger ils ont obéi à un mot d’ordre de l’OAS qui était dicté par un refus de la paix telle qu’y engageaient les Accords d’Evian signés le 18 mars et qui prenaient effet le 19 à midi avec le cessez-le-feu. A quoi correspondait un tel mot d’ordre ? A une opposition à prendre acte des décisions qu’avait imposées l’évolution de la situation. Quelles auraient été les perspectives ? La poursuite ad vitae aeternam d’une guerre qui durait depuis plus de sept ans !

    Alors oui, on peut avoir de la compassion pour ces dizaines de victimes qui se sont laissé embobiner par l’OAS. On ne peut absolument pas absoudre leur volonté de continuer à entretenir une fiction, celle de l’Algérie française qui avait déjà produit beaucoup de souffrances. Et encore moins en faire des héros comme cela avait été proposé de leur décerner le titre de « Morts pour la France » !

    Une expression déjà discutable pour les soldats de l’armée française qui ont perdu leur vie en raison de la cécité de nos dirigeants de l’époque. Quel était l’intérêt de notre pays dans cette affaire ? Le travail de mémoire ne doit pas être falsifié par des considérations sans valeur, en l’occurrence ici des opérations politiciennes qui n’ont rien à voir avec la recherche de la vérité.

    Jacques CROS

     

    Le mail d’Henri POUILLOT 

    Michel, je t'envoie ces liens sur mon site

    Au sujet du 26 mars 62 tu trouves sur mon site quelques infos  : http://henri-pouillot.fr/spip.php?rubrique183&lang=fr

    et la liste des victimes : http://henri-pouillot.fr/spip.php?article141&lang=fr 

    J'ai bien peur par rapport à cette réception élyséenne 

    Amitiés

    Henri POUILLOT

    Site www.henri-pouillot.fr

     Réconciliation des mémoires d’Algérie

     la poursuite des petits pas

    Analyse

    Lors d’une rencontre à l’Élysée ce mercredi 26 janvier, Emmanuel Macron aura « une parole de reconnaissance » à l’adresse des pieds-noirs, en évoquant la fusillade de la rue d’Isly le 26 mars 1962 à Alger.

    Guerre d'Algérie : Macron va faire un geste mémoriel envers les pieds noirs

    Photo d'archive prise le 26 mars 1962, montrant des volontaires qui portent le corps d'une victime blessée de la fusillade de la rue d'Isly à Alger-/AFP 

    Il y eut le « pardon » à l’adresse des harkis le 20 septembre dernier. Puis la dénonciation, le 17 octobre, des « crimes inexcusables » perpétrés, soixante ans plus tôt, lors du massacre qui coûta la vie à au moins 120 Algériens à Paris. Il y eut aussi la reconnaissance des crimes commis par l’armée française, à l’encontre de Maurice Audin et d’Ali Boumendjel. Ce mercredi 26 janvier est, lui, consacré aux rapatriés d’Algérie. Pour poursuivre son chantier de réconciliation des mémoires sur la colonisation et la guerre d’Algérie, Emmanuel Macron reçoit des représentants des pieds-noirs à l’Élysée.

    « En ouvrant ce chantier, il est apparu que beaucoup de mémoires singulières n’avaient jamais bénéficié de reconnaissance, explique-t-on dans l’entourage du président. Depuis soixante ans, des personnes portent des douleurs que l’on n’a pas reconnues ; d’où la nécessité de reconnaître la singularité de chacune d’entre elles, harkis, rapatriés, appelés, militaires, politiques, etc., pour construire une mémoire apaisée, partagée. »

     

    La fusillade de la rue d’Isly

    « Les pieds-noirs ne constituent pas une communauté qui revendique une loi ou des indemnités, mais une parole de reconnaissance », souligne l’Élysée, au moment où le projet de loi portant sur la réparation des préjudices subis par les harkis est en cours d’examen au Parlement. Cette parole d’Emmanuel Macron sur les rapatriés d’Algérie « tournera autour de ce qui s’est passé le 26 mars à Alger, rue d’Isly », a ajouté la présidence.

    Ce 26 mars 1962, sept jours après les accords d’Évian qui actaient le cessez-le-feu, 60 à 80 Européens, partisans de l’Algérie française, périrent sous les tirs de l’armée française. Les manifestants civils tentaient alors de forcer le barrage militaire à l’entrée de la rue d’Isly (aujourd’hui rue Larbi Ben M’Hidi) qui interdisait l’accès au quartier de Bab-El-Oued, aux mains de l’OAS.

    « Un épisode franco-français de la fin de la guerre »

    « L’OAS, contre le cessez-le-feu et la transition pacifique, a télécommandé la manifestation pour se désenclaver. Et l’armée française a tiré sur les civils, c’est certain, rappelle l’historien Gilles Manceron. Il faut aussi rappeler cette période trouble de la fin de la guerre. Selon des témoignages convergents, les militaires avaient essuyé des tirs depuis le toit d’un immeuble, une provocation de l’OAS qui les avait amenés à riposter. » L’événement tragique, particulièrement traumatique, accéléra l’exode massif des pieds-noirs d’Algérie.

    « Les manifestants étaient “pro”-OAS dans le sens où ils défendaient leur avenir en Algérie, dans une Algérie française. Ils n’étaient pas “de” l’OAS », distingue l’historien Tramor Quemeneur. Lui aussi reconnaît la pertinence du choix de cette fusillade comme événement marquant de la mémoire pied-noir : « Parce qu’il s’agit d’un épisode franco-français de la fin de la guerre, qui implique les institutions françaises, il y a de ce fait possibilité d’une reconnaissance de la responsabilité de la France, ou à tout le moins d’une erreur de l’armée française. » Mais il s’interroge : « En quoi la course aux mémoires réconcilie-t-elle ? »

    SOURCE : Réconciliation des mémoires d’Algérie, la poursuite des petits pas (la-croix.com)

     



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    Oppositions intellectuelles françaises

     à la colonisation et à la guerre d’Algérie

    Focus sur les intellectuels

      Oppositions intellectuelles françaises à la colonisation et à la guerre d’Algérie  Focus sur les intellectuels

    «Ceux qui nient qu’il y ait un problème algérien répétant : ‘’L’Algérie, c’est la France’’, sont ou des ignares ou des gredins.»

    Beaucoup d’intellectuels français ont soutenu le peuple algérien dans sa lutte

    La guerre d'Algérie est aussi l'aboutissement de l'engagement des intellectuels français, connus ou anonymes, qui se sont mis du côté du Front de Libération nationale (FLN) et ont emprunté la voie du peuple algérien en lutte pour le recouvrement de son indépendance. Ces opposants intellectuels se sont exprimés contre le colonialisme et la guerre d'Algérie et ont condamné leur propre pays. Certains l'ont déjà fait avant le déclenchement de la guerre de Libération. Ils ont défendu un pays qui n'était pas le leur, tout en sachant le châtiment qui leur était réservé.
    Pourtant, cet engagement exige de se détacher de sa condition et requiert un immense courage. André Mandouze est de cette espèce.


    Accusés de traîtrise 

    Professeur à la faculté des lettres à Alger, André Mandouze, menait une vie parallèle de journaliste et signait, dès l'aube de la révolution, plusieurs articles pour dénoncer le colonialisme français et tirer la sonnette d'alarme sur la situation réelle de l'Algérie.
    Il titrait, quelques jours avant le déclenchement de la Révolution, dans la revue Consciences maghrébines au numéro d'octobre-novembre 1954, Sous le signe de la contradiction. Au secours, messieurs : l'Algérie est calme. Pour ajouter dans le bimensuel : Qui mettra fin aux deux formes de terrorisme autorisé : la police et la presse ? En France, autant les politiques que les médias étaient unanimes pour traiter les insurgés de «terroristes».
    Alors que le ministre de l'Intérieur de l'époque, François Mitterrand, proclamait: «L'Algérie, c'est la France», André Mandouze répliquait, de manière virulente, dans le même article: «Ceux qui nient qu'il y ait un problème algérien répétant : '' L'Algérie, c'est la France ‘', sont ou des ignares ou des gredins.»
    Toutefois, le professeur à la faculté des lettres d'Alger paya lourdement son engagement pour la cause algérienne. Ainsi, il est arrêté et emprisonné, à la fin de l'année 1956, à cause de son activité en faveur du FLN et accusé «d'entreprise de démoralisation de l'armée ou de la nation ayant pour but de nuire à la Défense nationale».
    Pour mémoire: alors que la torture, les pendaisons et la guillotine étaient systématiquement pratiquées dans les geôles contre les Algériens, François Mitterrand était ministre d'État de la Justice dans le gouvernement de Guy Mollet.
    Les liquidations physiques et la torture systématique pratiquée par l'armée française sur les prisonniers algériens avaient eu des répercussions considérables sur la remise en question de la présence française en Algérie, aussi bien en France qu'à l'international. La pratique de la torture est ainsi révélée par Henry Alleg dans son livre La Question, qui va soulever une grande polémique et qui sera interdit de publication en France.
    Selon le témoignage de Roland Rappaport, avocat d'Henry Alleg, le manuscrit La Question, livre paru aux éditions de Minuit en 1958, saisi et interdit, «a été écrit sur du papier toilette, alors que l'auteur était incarcéré à la prison Barberousse d'Alger, et subtilisé à l'extérieur feuille par feuille pour sa publication», ce qui est en soi un extraordinaire exploit de lutte pour la cause algérienne.
    La Question et les révélations sur la réalité de la torture en Algérie et l'ignominie avec laquelle sévissait l'armée française.
    Le débat est enfin ouvert. Deux mondes s'opposent. Celui de la noblesse de cette vieille Europe blanche, majoritairement chrétienne, qui s'autoproclame détentrice de la vérité et oeuvrant pour le bien humain, et celui des indigènes en plein éveil qui maintiennent leur résistance, tout comme l'avait fait cette courageuse minorité française pendant la Seconde Guerre mondiale contre l'envahisseur allemand. Ainsi, de nombreux intellectuels français en métropole décident alors de s'unir et de soutenir le FLN dans sa lutte.
    Des personnalités françaises du monde journalistique et de l'édition parlent de «Gestapo d'Algérie».
    Le général Pâris de Bollardière démissionne de l'armée française, parce que les pratiques des hommes de Massu-Aussaresses-Bigeard réveillaient en lui avec horreur le souvenir des atrocités commises par les nazis.
    Dans un ouvrage intitulé Contre la torture, l'écrivain-journaliste Pierre-Henri Simon s'interroge avec consternation: «Sommes-nous les vaincus de Hitler?» De son côté, le directeur du quotidien Le Monde, Hubert Beuve-Méry, écrit, dans son éditorial du 13 mars 1957, sous le pseudonyme de Sirius: «Dès maintenant, les Français doivent savoir qu'ils n'ont plus tout à fait le droit de condamner dans les mêmes termes qu'il y a dix ans les destructeurs d'Oradour et les tortionnaires de la Gestapo.»
    Quelques journaux paraissant à cette période, à l'exemple de France-Observateur, Témoignage chrétien, le quotidien Le Monde, tout en bravant la censure et les poursuites judiciaires, dénonçaient la torture, passant de leur position initiale du refus de la guerre au soutien à l'indépendance de l'Algérie.


    Médias et partis politiques dénoncent

    À partir de 1957, en pleine bataille d'Alger, Le Canard enchaîné, L'Express, Le Nouvel Observateur, Libération, L'Humanité et Le Monde font un rigoureux travail d'information en mettant en exergue, méthodiquement, les sévices infligés aux Algériens. On découvre ainsi dans diverses dépositions et témoignages, les atrocités des sévices commis par l'armée française en Algérie. «Monsieur le président, en langage militaire on dit: «faire du renseignement´´, en langage du monde on dit ´´presser de questions´´, en français on dit ´´torturer´´. Je déclare, sous la foi du serment, et personne en arrière de cette barre n'osera me contredire, que le lieutenant Godot, comme des centaines de ses camarades, a reçu l'ordre de torturer pour obtenir des renseignements. J'ignore le rang et le nom de l'autorité la plus élevée qui a donné cet ordre, dont on ne trouvera d'ailleurs aucune trace écrite. Mais je sais que pour la 10e division parachutiste où servait Godot, c'est sous l'autorité du général Massu que cet ordre a été répercuté aux exécutants», écrit l'historien, Pierre Vidal-Naquet.
    Ce témoignage est frappant par sa dénonciation de la «légitimation» de l'horreur et la «normalisation» de la torture. La torture était devenue une pratique établie dans les interrogatoires.
    En France, le Parti communiste s'agitait et dénonçait l'outrage fait aux principes de la liberté dont la France se targuait d'être la plus loyale et fidèle représentante sur la scène internationale. L'image de «grandeur» de la France, dont le général de Gaulle se faisait l'apôtre est définitivement ternie.
    Cette agitation est maintenue dans les questions du jour par le Parti communiste français (PCF) en relation avec le Parti communiste algérien (PCA) alors interdit.
    En métropole, Francis Jeanson et sa femme Colette avaient publié leur en 1955 leur livre L'Algérie hors-la-loi, un véritable pamphlet anticolonial, qui devient «le bréviaire des révolutionnaires français», pour reprendre les termes du journaliste Jean Daniel, cité par Hervé Hamon et Patrick Rotman, dans leur publication Les Porteurs de valises, La Résistance française à la guerre d'Algérie.
    C'est avec l'aide de ses amis qu'il fonda le célèbre «Réseau Jeanson», une structure composée de militants gauchistes sympathisants de l'Algérie libre, qui participera activement dans la lutte, grâce à ses «Porteurs de valises» qui transportaient de l'argent et des papiers importants pour le FLN. Leur combat aux côtés des Algériens est aussi une longue histoire de prises de position et de vulgarisation de la réalité algérienne, qui ne correspondait pas aux clichés officiels, et de batailles intellectuelles, âpres et incessantes, exprimées et conduites avec un engagement qui n'a jamais failli, pour accompagner le peuple algérien dans son mouvement d'émancipation.
    Certains de ces intellectuels ont été condamnés par la justice française pour «traîtrise», jugés sommairement puis exécutés ou jetés en prison. Maurice Audin, qui ne représente pour les jeunes générations que le nom d'une place au coeur d'Alger, était enseignant à la faculté d'Alger et militant de la cause algérienne.
    Il a été arrêté par l'armée française le 11 juin 1957, lors de la bataille d'Alger, et assassiné pour son implication dans la guerre de Libération. Pour l'historien Pierre Vidal-Naquet, Maurice Audin est «mort pendant son interrogatoire».


    «On l'a tué au couteau»


    De son côté, le général Aussaresses confirme, au début des années 2000, dans son entretien avec le journaliste Jean-Charles Deniau, «avoir donné l'ordre de tuer Maurice Audin. On l'a tué au couteau pour faire croire que c'était les Arabes qui l'avaient tué».
    Puis fut publiée la Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie, plus connue sous le nom de Manifeste des 121.
    En septembre 1960, ils furent 121 écrivains, universitaires et artistes français, à le signer, parmi lesquels Simone de Beauvoir, André Breton, Marguerite Duras, Claude Lanzmann, Jean-Paul Sartre, Vercors et Pierre-Vidal Naquet. Ils ont été 240 personnalités à signer la seconde édition pour informer par des critiques très acerbes, à travers leur manifeste, l'opinion nationale française et internationale quant à la réalité de la guerre d'Algérie. Ils soutenaient fermement le peuple algérien dans sa lutte pour son indépendance : «La population algérienne opprimée» ne cherche qu'à être reconnue «comme communauté indépendante».
    C'est aussi grâce aux signataires de ce Manifeste que le fossé s'est aggravé entre la métropole, le pouvoir politique et les Français d'Algérie, qui commençaient à se détourner du général de Gaulle qu'ils accusaient de les avoir trahis.

    SOURCE : L'Expression: Nationale - Focus sur les intellectuels (lexpressiondz.com)

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    c'était le 18 janvier dernier

    une émission devait être diffusée en direct

    mais la covid  nous a empêché de la voir

    ALORS AUJOURD'hui la voici  en différé

      Ce soir deux rendez-vous  18 janvier 2022 à 18h *** Diffusion en direct de l'Assemblée Générale de l’AJMA

      Ce soir deux rendez-vous  18 janvier 2022 à 18h *** Diffusion en direct de l'Assemblée Générale de l’AJMA

    L’association Josette et Maurice Audin (AJMA) organise son Assemblée Générale comme annoncé le 18 janvier à 18h, avec pour commencer le débat entre Benjamin Stora et Amar Mohand Amer. Mais les règles qui viennent de nous être communiquées par la Mairie de Paris interdisent d’y tenir cette session comme prévu : elle aura lieu en distanciel.

    Rencontre animée par Gilles Manceron.

     Association Josette & Maurice Audin

    Créée dans la foulée de l’inauguration d’une place Maurice Audin à Paris en 2004, l’Association « Maurice Audin » est devenue « Association Josette et Maurice Audin » en 2019.

    Ses objectifs :

     

    • Faire vivre la mémoire de Josette et Maurice Audin et leur combat pour l’indépendance de l’Algérie, agir pour faire la clarté sur les circonstances de la mort de Maurice Audin, assassiné en 1957 par des militaires français.
    • Favoriser la coopération entre scientifiques français et algériens, notamment par l’organisation du Prix de mathématiques Maurice Audin. Agir pour le développement de l’amitié entre peuples algériens et français.
    • Agir pour l’ouverture des archives ayant trait à la guerre d’Algérie et pour la vérité sur les disparus de cette guerre du fait des forces de l’ordre françaises. Lutter contre l’utilisation de la torture dans le monde.
    • Un riche débat entre les historiens Benjamin Stora et Mohand-Amer Amar, et des échanges avec les adhérents et sympathisants de l'association.

      00:07 Introduction de Marie-Christine Lemardeley

      02:00 Programme de l’AG par Claire Hoquet

      05:00 Présentation du débat par Gilles Manceron

      06:00 Débat animé par Gilles Manceron

      06:10 Benjamin Stora – Le rapport Stora

      16:20 Amar Mohand Amer – Le rapport vu d’Algérie

      25:20 Benjamin Stora – Les archives en France et en Algérie

      30:40 Amar Mohand Amer – Conditions de travail des historiens en Algérie

      35:40 Catherine Teitgen-Colly – La bataille des archives

      40:50 Fabrice Riceputi – 1000autres.org

      42:00 Echanges

      45:18 Alain Ruscio

      47:50 François Kaldor - Les mouvements anticolonialistes

      53:10 Benjamin Stora – Réponse

      54:50 Hakim Addad – Difficultés d’accès aux archives en Algérie

      56:25 Amar Mohand Amer – Réponse

      01:01:17 Gilles Manceron – Question sur les essais nucléaires

      01:02:10 Aziz Mounde – Décolonisation en Afrique subsaharienne

      01:05:04 Gilles Manceron – Réponse

      01:05:50 Pierre Mansat – Collectif archives et citoyenneté

      01:08:00 Pierre Audin - Reconnaissances présidentielles

      01:10:50 Alain Ruscio - Guerre d’Indochine et disparitions

       

       
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    Colonisation et "crime contre l'humanité" : cinq ans après, le Cercle algérianiste rouvre sa querelle avec Emmanuel Macron

    VOIR UN ajout à la fin de cet article

     Colonisation et "crime contre l'humanité" : cinq ans après, le Cercle algérianiste rouvre sa querelle avec Emmanuel Macron

     APPEL à Roger Hillel : Merci de me faire parvenir l'intégralité de cet article par un @mail en pièce jointe

    • Le sujet de la décolonisation enflamme une nouvelle fois les débats entre les partisans et les opposants à la question de la repentance. L'Indépendant.

     Nouvelle présidente nationale du Cercle algérianiste, principale association de pieds-noirs, la Perpignanaise Suzy Simon-Nicaise a adressé une lettre ouverte au président de la République lui demandant le retrait officiel des termes employés par Emmanuel Macron le 15 février 2017 où il juge la colonisation comme un crime contre l'humanité. Elle s'en explique. La réponse d'une association de pieds-noirs progressistes, favorable à la décolonisation, ne s'est pas fait attendre. 

    Alors que le président de la République doit réunir le 26 janvier l'ensemble des associations de rapatriés à l'approche des commémorations des 60 ans de la fin de la guerre d'Algérie, la principale organisation représentant des pieds-noirs, le Cercle Algérianiste, remet sur le devant de la scène l'intervention d'Emmanuel Macron du 15 février 2017 lors d'une interview donnée à la chaîne d'information Echourouk News.

    Il y déclarait : "La colonisation est un acte de barbarie...c'est un crime, c'est un crime contre l'humanité, c'est une vraie barbarie". Une intervention télévisée qui déclencha de l'autre côté de la Méditerranée de vives polémiques alors que l'association, aujourd'hui présidée par la perpignanaise Suzy Simon-Nicaise, avait fait le choix d'une opposition musclée en poursuivant judiciairement celui qui n'était encore que candidat à la présidentielle. À l'approche de cette réunion, elle dit qu'elle n'y assistera qu'à la condition que le Président retire ses propos tenus devant le média algérien.

    Ce qui demeure du peuple Pied-noir et de sa mémoire, ne saurait s’abaisser devant celui qui l’a accusé, et l’accuserait toujours, du pire des crimes qui puisse être.

    "Cette plainte, réglementairement suspendue, attend l'heure où M. Macron quittera l'Elysée", prévient Suzy Simon-Nicaise. Elle confirme, avant la tenue d'une conférence de presse ce lundi 24 janvier à Paris, que son association attend des explications fermes comme elle le précise dans son courrier adressé le mardi 18 janvier depuis Perpignan au Président. "Cette déclaration sur laquelle vous n'êtes jamais revenu constitue une très lourde et très infamante accusation. Contre la France, état colonisateur de l’Algérie. Contre ses personnels civils et militaires, le plus souvent métropolitains, qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour instaurer et faire fonctionner une administration. Enfin, contre les centaines de milliers de civils dont la France a encouragé, facilité et organisé l’installation afin de réaliser une colonie de peuplement, et dont nous sommes les descendants. Une telle déclaration constitue une terrible et inacceptable accusation à notre égard. Nous la ressentons comme une véritable insulte lancée globalement contre nos ancêtres, notre histoire et nous-mêmes".

    Expliquant le sens de sa lettre ouverte, Suzy Simon-Nicaise précise ne pas supporter que les pieds-noirs soient considérés "comme les boucs émissaires" de cette guerre d'indépendance. "Pour qu’un dialogue fécond puisse s’installer, nous considérons qu'il doit retirer officiellement, en un impératif et incontournable préalable, les termes odieux qui ont été les siens ce 15 février 2017 à Alger. C’est l’unique et absolue condition de notre présence à cette invitation. Aucune alternative n’est envisageable. Ce qui demeure du peuple Pied-noir et de sa mémoire, ne saurait s’abaisser devant celui qui l’a accusé, et l’accuserait toujours, du pire des crimes qui puisse être".

    Réponse cinglante des Pieds-noirs progressistes

    Réagissant à cette prise de position du Cercle algérianiste, le perpignanais Jacki Malléa, fondateur de l'association des Pieds-noirs progressistes en 2008, précise qu'il participera bien à la réception de l'Elysée. Il critique ouvertement la démarche du Cercle algérianiste. 

    "Dans son intervention de 2017, Emmanuel Macron rappelle comment s'est faite la colonisation. Le Cercle algérianiste ne connaît pas l'histoire de l'Algérie et n'a jamais voulu se l'approprier. Moi je suis parti à 22 ans et je ne connaissais rien de l'Algérie et de son histoire, je l'ai appris plus tard". Pour justifier les propos du Président, Jacki Malléa cite les enfumades de 1844-1845. "Des villages entiers ont été envoyés dans des grottes et les habitants ont été asphyxiés. Il ne faut pas oublier cette barbarie et ce crime contre l'humanité". Mais aussi le massacre de Guelma du 8 mai 1945 réprimant des manifestants aux slogans anticoloniaux. Ou encore l'assassinat de Château-Royal où un commando de l'OAS exécute six cadres des centres sociaux éducatifs d'Algérie. "On a eu notre Charlie Hebdo avec l'assassinat de Pieds-noirs et d'Algériens le 15 mars 1962. Ceci n'est rien d'autre qu'une barbarie" répète-t-il.

    Concernant l'objectif de son association à l'occasion des commémorations : "Que les archives soient mises à disposition des historiens afin qu'ils puissent travailler. La masse des pieds-noirs, arrivés en 1962, s'est fondue dans la France en s'y intégrant bien. Quant aux Algériens, ils ont acquis ce qu'ils attendaient depuis 130 ans". 

    Julien Marion

     

    SOURCE : https://www.lindependant.fr/2022/01/20/colonisation-et-crime-contre-lhumanite-cinq-ans-apres-le-cercle-algerianiste-rouvre-sa-querelle-avec-emmanuel-macron-10058127.php

     

     

    Colonisation et "crime contre l'humanité" : cinq ans après, le Cercle algérianiste rouvre sa querelle avec Emmanuel Macron

     

    Roger HILLEL

    Pour m’avoir aidé à construire cet article et aussi pour m'avoir fait parvenir la lettre ouverte au président de la République du Cercle algérianiste à laquelle je mets une vidéo de conclusion… pour faire "plaisir ? " à ses membres nostalgériques.

    Michel Dandelot

     

     

    Colonisation et "crime contre l'humanité" : cinq ans après, le Cercle algérianiste rouvre sa querelle avec Emmanuel Macron

     

    C'était en 2017


     

    Colonisation et "crime contre l'humanité" : cinq ans après, le Cercle algérianiste rouvre sa querelle avec Emmanuel Macron

    Des nouvelles de Perpignan

    Une analyse de notre amie Catherine Sicart

    MERCI DE CLIQUER SUR LE LIEN CI-DESSOUS :

     L’instrumentalisation idéologique du 19 mars

    PUIS VOUS POURREZ CLIQUER 

    SUR LES DEUX LIENS (CONCERNANT LOUIS ALLIOT)

    QUE VOUS POURREZ TROUVER

    DANS L'ARTICLE DE CATHERINE SICART  

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  • Dans un premier temps j’ai reçu ce mail de Jean-François Gavoury :

    Michel Dandelot 

    Dans un premier temps j’ai reçu ce mail de Jean-François Gavoury : Michel Dandelot

    Je viens d'intervenir sur la page Facebook de Geneviève Darrieussecq : cf. https://www.facebook.com/gdarrieussecq/ et infra).

    A coup sûr, pas de tête de veau au menu de la toubib ce vendredi… écrit Jean-François, alors j’ai voulu comprendre cette allusion, voir à la fin…   

    "J’ai subi l’épreuve de l’écoute en direct du long message de vœux pour 2022 de la soi-disant ministre déléguée à la mémoire et aux anciens combattants ce 21 janvier 2022. 

    "La voix monocorde et componctueuse de Madame Darrieussecq trahissait sa douleur de ne pas se trouver parmi les siens en ce jour anniversaire de la mort de Louis XVI : c’est en effet auprès des nostalgiques de la monarchie, de l’Empire colonial et de l’Algérie française qu’elle avait sa place et non au Musée de l’Armée. 

    "C’est manifestement sous la contrainte qu’elle s’est pliée à cet exercice de restitution d’un propos qui semblait avoir été écrit, au moins pour partie, sous la dictée hâtive d’un conseiller élyséen. 

    Répétitif, balançant entre l’autosatisfaction (à l’égard du bilan de son quinquennat finissant) et l’éloge du chef des Armées, le discours a passé sous silence les modalités de célébration du soixantième anniversaire de la signature des Accords d’Evian et de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie. 

    "Il s’est conclu sur cette déclaration décalée, pour ne pas dire sidérante : 

    « Je suis optimiste car je vois se lever une France de l'engagement, qu'il soit militaire, associatif, politique, environnemental ou humanitaire. Je suis optimiste car je connais cette France des maires et des milliers d’élus locaux qui agit au quotidien pour leur territoire et le bien de leurs administrés. Je suis optimiste car je vois le comportement du peuple français qui, dans ses profondeurs, est exemplaire, consciencieux et solidaire dans la crise sanitaire. Je suis optimiste car notre pays a retrouvé son attractivité, sa dynamique économique : il attire des investisseurs, il crée des emplois. Car les choix politiques permettent d'agir, de peser et de faire progresser notre pays, lentement diraient certains, mais assurément. Le chemin est là. C'est avec l'espérance au cœur et la foi dans le caractère de notre peuple que je vous adresse mes vœux les plus chaleureux de bonheur » 

    "Jean-François Gavoury 

    "Président d’une association d’anciens combattants et victimes de guerre."

    Comme Jean-François m’a donné le lien pour aller sur la page Facebook de la toubib, c’est ce que j’ai fait (vous pouvez le faire aussi) en effet j’ai vu qu’il avait écrit un commentaire auquel j’ai répondu et Jean-François en a fait de même :

    Jean-François Gavoury 

    J’ai subi l’épreuve de l’écoute en direct du long message de vœux pour 2022 de la soi-disant ministre déléguée à la mémoire et aux anciens combattants ce 21 janvier 2022

    La voix monocorde et componctueuse de Madame Darrieussecq trahissait sa douleur de ne pas se trouver parmi les siens en ce jour anniversaire de la mort de Louis XVI : c’est en effet auprès des nostalgiques de la monarchie, de l’Empire colonial et de l’Algérie française qu’elle avait sa place et non au Musée de l’Armée.

    C’est manifestement sous la contrainte qu’elle s’est pliée à cet exercice de restitution d’un propos qui semblait avoir été écrit, au moins pour partie, sous la dictée hâtive d’un conseiller élyséen.

    Répétitif, balançant entre l’autosatisfaction (à l’égard du bilan de son quinquennat finissant) et l’éloge du chef des Armées, le discours a passé sous silence les modalités de célébration du soixantième anniversaire de la signature des Accords d’Evian et de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie.

    Il s’est conclu sur cette déclaration décalée, pour ne pas dire sidérante :

    « Je suis optimiste car je vois se lever une France de l'engagement, qu'il soit militaire, associatif, politique, environnemental ou humanitaire. Je suis optimiste car je connais cette France des maires et des milliers d’élus locaux qui agit au quotidien pour leur territoire et le bien de leurs administrés. Je suis optimiste car je vois le comportement du peuple français qui, dans ses profondeurs, est exemplaire, consciencieux et solidaire dans la crise sanitaire. Je suis optimiste car notre pays a retrouvé son attractivité, sa dynamique économique : il attire des investisseurs, il crée des emplois. Car les choix politiques permettent d'agir, de peser et de faire progresser notre pays, lentement diraient certains, mais assurément. Le chemin est là. C'est avec l'espérance au cœur et la foi dans le caractère de notre peuple que je vous adresse mes vœux les plus chaleureux de bonheur »

    Jean-François Gavoury

    Président d’une association d’anciens combattants et victimes de guerre.

     

    Michel Dandelot à 

    Jean-François Gavoury Quel beau discours pour les nostalgiques extrémistes de l'Algérie française à qui elle a déjà rendu hommage le 26 mars 2021 tout en refusant que le 19 mars 1962 soit commémoré. Quel beau discours pour les héritiers de l'OAS puisque les victimes de cette organisation terroriste et criminelle ont été occultées.

    Jean-François Gavoury à 

    Michel Dandelot Il est des allergies incurables : le docteur Darrieussecq doit le savoir. Celle que lui inspirent les victimes de l’OAS est de cette nature, y compris celles d'entre ces victimes qui ont reçu la mention « Mort pour la France » sur leur acte de décès.

    Le pire, pour cette personne, est sans doute que ceux qu’elle croyait ses alliés la lâchent, telle la nouvelle présidente nationale des Cercles algérianistes !

    Peut-être les harkis sauront-ils, le moment venu, témoigner au Président de la République une gratitude à la mesure des nouveaux efforts demandés au contribuable français pour les indemniser en même temps - sinon au même taux - que les rapatriés.

     

    Dans un premier temps j’ai reçu ce mail de Jean-François Gavoury : Michel Dandelot

    Pourquoi mange-t-on de la tête de veau pour l’anniversaire de la mort de Louis XVI, le 21 janvier ?

    Confrérie Rochelaise de la Tête de Veau

    Les trois années qui suivirent le 14 juillet 1789, le roi Louis XVI à qui les pouvoirs avaient été maintenus commit de nombreuses trahisons à la Révolution alors qu’il semblait la soutenir.

    Les caricaturistes de l’époque, à l’humour féroce, sur l’image équivoque qu’ils en percevaient s’en donnaient à cœur joie, représentant le monarque sous les traits bestialisés d’un porc affublé du sobriquet de « Roi Cochon ».

    Le 10 août 1792, la prise des Tuileries par le peuple « sans-culotte » de Paris et par les « fédérés » (volontaires venus de provinces) encouragés par Robespierre et les Jacobins (révolutionnaires intransigeants) entraîna sa déchéance complète. Qualifié de Traite à la Nation, ses privilèges lui furent retirés. Il devint le simple citoyen Louis Capet et fut incarcéré à la Prison du Temple.

    Le 20 septembre suivant, la victoire des armées républicaines à Valmy sur les Autrichiens et les Prussiens mit un terme, à la guerre qu’il avait fomenté pour retrouver son trône, et à toute possibilité de reprendre le pouvoir. Cette victoire majeure des patriotes républicains sur les monarchies européennes occasionna la proclamation de la 1ère République le 22 septembre 1792 et accentua, à une période où « la monte-à-regret » raccourcissait bon train, le désir de certains, de plus en plus nombreux, d’en finir avec l’Ancien Régime .

    Le 21 janvier 1793, quatre mois après la proclamation de la 1ère République, la décollation de Louis Capet fut réalisée, faisant disparaître le dernier symbole vivant de la royauté .

    Dans un premier temps j’ai reçu ce mail de Jean-François Gavoury : Michel Dandelot

    Très vite , le pamphlétaire Romeau dans son opuscule « La Tête et l’Oreille » projeta dès le 21 janvier 1794 l’organisation de banquets républicains pour commémorer la fin de la monarchie absolue de Droit Divin génératrice d’injustices et d’oppressions en tous genres. Il suggéra alors que le plat principal du menu soit concocté à base d’oreilles et de têtes de cochons.
    Des banquets commémoratifs se déroulèrent ainsi chaque année, dès le 21 janvier 1794 et tout au long de la première partie du XIXème Siècle, avec au menu comme plat de résistance : de la tête de cochon farci .


    Dans un premier temps j’ai reçu ce mail de Jean-François Gavoury : Michel Dandelot

     

    Vers 1848, au moment de l’instauration de la 2ème République la tête de cochon farci fut abandonnée au menu des banquets et remplacé par la tête de veau. 

    En avait-on trop consommé au point d’en être rassasié ? Où le peuple révolutionnaire s’était-il quelque peu embourgeoisé ?

    La raison de cette substitution n’est pas élucidée sur le plan historique, et à ce jour il est impossible répondre à ces questions. Mais ce que nous savons c’est que dans « L’Education Sentimentale » Gustave Flaubert fait dire à l’un de ses personnages du roman, participant à la Révolution de 1848 à qui il donne la parole au sujet de la tête de veau, je cite : « c’est une importation anglaise » ; pour parodier la cérémonie que les « Roundheads » célébraient chaque 30 janvier, après la décapitation du roi Charles 1er d’Angleterre, survenu le 30 janvier 1649. Une autre victime décapitée pour que l’installation d’un pouvoir démocratique devienne possible. Ces partisans de la monarchie institutionnelle célébraient cette date lors d’un banquet où la tête de veau était arrosée de vin rouge qui servait à remplir en guise de verre , des cranes de veaux utilisés au cours du repas , pour porter des toasts à l’extermination des Stuart .

    Dans un premier temps j’ai reçu ce mail de Jean-François Gavoury : Michel Dandelot

     
    A servir avec :
    - Rouge : Haut-Poitou ; Bourgueuil ; Beaujolais Village.
    - Blanc : Champagne Brut si vous avez les moyens ; Sylaner ; Entre deux Mers ; Quincy.
    - Rosé : Côtes de Provence ; Sancerre ; Vin de Corse.

    SOURCE : http://ulcgt10.fr/spip.php?article1417 

     

     

     

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  • Alphonse Samson : son témoignage

    sur la guerre d’Algérie

    Alphonse Samson : son témoignage sur la guerre d’Algérie

     Alphonse Samson

    Alphonse Samson : son témoignage sur la guerre d’Algérie

     

    En novembre 2011, Alphonse Samson avait envoyé à ABP son témoignage sur la guerre d’Algérie. A l’occasion de sa disparition, nous avons décidé de publier ici ces 50 pages dont certaines sont dures à lire mais qui ne sont que le reflet de cette « sale guerre » qui fut totalement inutile, voire absurde - en tout cas contraire aux valeurs de cette République. Cette guerre, non déclarée, ne fut que le reflet de l’arrogance d’une république, qui, depuis sa création, n’arrive pas à se remettre en cause, ou à voir les contradictions majeures entre les principes qu’elle proclame à la face du monde, les valeurs sur lesquelles elle dit être fondée, et sa politique agressive d’assimilation tous azimuts, autrefois de ses colonies, et aujourd’hui de ses territoires d’outre-mer ou même au sein de l’hexagone. La République française conduit depuis le début des politiques, voire des guerres, envers les cultures qui ne sont pas la sienne.

    Le drame de l’Algérie, né du colonialisme et du système centralisateur français, n’aurait pas dû voir le jour si un minimum de bon sens démocratique avait un tant soit peu prévalu. En tout cas, il aurait dû être stoppé dès le départ. Guy Mollet ne qualifiait-il pas les évènements d’Algérie de «Guerre imbécile et sans issue» ? C’était en 1956, année où il était possible de ramener la paix alors qu’était décidé d’envoyer le contingent accentuer cette « guerre imbécile ». -Alphonse Samson

    L’usage, régulier et banalisé, de la gégéne y est mentionné, ainsi que d’autres infractions aux conventions de Genève comme la non assistance à des civils blessés. Il reste que l’infraction la plus grave est celle envers le droit fondamental des peuples à disposer de leur destinée et à être encadrés par des institutions librement choisies par eux-mêmes.

    Les responsables de l’Armée nous mettaient en garde contre les velléités que nous aurions à divulguer des faits qui tendraient à discréditer l’Armée. Nous serions vigoureusement sanctionnés si nous transgressions cette directive. Le courrier que nous adressions était surveillé, ouvert même. Alors, par précaution, il était préférable de ne rien dire de ce que nous pouvions savoir et de ce que nous avions vu. Même bien des années après notre retour, par précaution toujours, il valait mieux garder le silence.

    Il s’est agi finalement pour tout le monde de se donner bonne conscience face à ce drame algérien. Un traumatisme, a-t-il été dit. Quel traumatisme ? Plutôt un ressassement d’évènements plus ou moins imaginés, amplifiés par une mémoire approximative. La manipulation intellectuelle est bien connue : faire « porter le chapeau ». Faire croire aux intéressés qu’ils sont responsables de ce qui est arrivé, qu’ils affabulent même, de manière à ce qu’ils se dévaluent et culpabilisent. A partir de ce moment, les gouvernants n’ont plus à craindre de devoir rendre des comptes. - Alphonse Samson

    POUR LIRE LE TéMOIGNAGE

    d’alphonse samson

    merci de cliquer sur le lien

     ci-dessous :

    Document PDF54276-temoignagesamson.pdf Témoignage d’Alphonse Samson, un appelé, sur sa guerre d’Algérie... Source : Alphonse Samson

     

    Voir aussi :

     

    Disparition d’Alphonse Samson

    Alphonse Samson est décédé le 15 janvier à 87 ans à Lorient. Ce Ploemeurois était co-fondateur du Parti Breton et animait la section du Morbihan de ce parti. Il a co-fondé de nombreuses associations culturelles bretonnes comme Emglev bro an Oriant ou Kelc’h ar Brezhoneg Bev. Il était aussi rédacteur en chef de la revue An Doere, une revue en breton vannetais qu’il avait créée (devenue Doereiou ).

    Il fut un grand défenseur de la langue bretonne et de la culture bretonne. Il a lutté toute sa vie pour une dévolution politique et pour une réunification administrative, refusant de séparer la culture de la politique.

    Fervent catholique, il animait l’association Santez Anna Gwened et défendait la langue bretonne et les chants en breton à l’église. Il organisait les messes en breton au Festival Interceltique de Lorient, et aussi tous les ans, une veillée du 11 novembre au sanctuaire de Ste-Anne d’Auray, en souvenir des Bretons tués durant la première guerre mondiale.

    Très marqué par la guerre d’Algérie où parti trop jeune pour comprendre ce qui s’y passait vraiment, il regrettait d’avoir dû participer à cette guerre coloniale inutile. Il en voulait à la France de l’avoir envoyé là-bas. Il avait confié à ABP avoir participé à des opérations militaires au cours desquelles des civils innocents avaient été tués : « j’ai protesté auprès de mon supérieur, lui disant qu’on ne pouvait laisser cette villageoise, grièvement blessée, mourir sur le bord de la route, mais on m’a recadré, me disant que les hélicoptères étaient utilisés pour des choses plus importantes...». Sa prise de conscience politique en tant que Breton s’était produite en Algérie, confiait-il à ses amis. Il a d’ailleurs écrit des mémoires sur cette guerre qui n’ont jamais été publiés.

    Une cérémonie religieuse a eu lieu le jeudi 20 janvier 2022 à 10h30, à la basilique de Guingamp.

    SOURCE : https://abp.bzh/alphonse-samson-son-temoignage-sur-la-guerre-dal-54276

     

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    Les 21 et 22 janvier la BnF et l'Institut du monde arabe accueillent un colloque historique, «Oppositions intellectuelles à la colonisation et à la guerre d’Algérie».

     

    Les 21 et 22 janvier la BnF et l'Institut du monde arabe accueillent un colloque historique, « Oppositions intellectuelles à la colonisation et à la guerre d’Algérie ».

            

    Le colloque sera retransmis en direct sur la chaîne Youtube

    de la BnF  :


     

    Les 21 et 22 janvier la BnF et l'Institut du monde arabe accueillent un colloque historique, « Oppositions intellectuelles à la colonisation et à la guerre d’Algérie ».

     

    « Il se trouve» que j’ai connu le peuple algérien et que je l’aime ; « il se trouve » que ses souffrances, je les ai vues, avec mes propres yeux, et « il se trouve » qu’elles correspondaient en moi à des blessures ; « il se trouve », enfin, que mon attachement à notre pays a été, lui aussi, renforcé par des années de passion. C’est parce que toutes ces cordes tiraient en même temps, et qu’aucune n’a cassé, que je n’ai ni rompu avec la justice pour l’amour de la France, ni rompu avec la France pour l’amour de la justice.»

    Ainsi s’exprime Germaine Tillion le 11 mars 1964 dans le journal « Le Monde », en réponse à Simone de Beauvoir qui l’a mise en cause dans un bref passage de son ouvrage « La force des choses ». Pour comprendre la nature de son engagement au cours de la guerre d’Algérie, il faut revenir sur son parcours singulier.

    Germaine Tillion est une jeune ethnologue, diplômée de l’Institut d’Ethnologie en 1932, lorsqu’elle est recrutée pour une mission ethnographique qu’elle débutera dans l’Aurès, région montagneuse de l’est algérien, en ce temps département français. Elle y mène plusieurs missions dans les années 1930, auprès de la population berbère semi-nomade Ah-Abderrahmane de Kebach, dans le douar de Tadjemout.

    En 1940, de retour dans une France occupée militairement par l’Allemagne nazie, refusant la politique de collaboration, elle rejoint la Résistance et s’implique activement dans les activités de plusieurs groupes. Arrêtée sur dénonciation en 1942, Germaine Tillion est déportée au camp de Ravensbrück. Aidée de ses camarades de détention, elle documente, en ethnologue, le fonctionnement du système concentrationnaire, pour pouvoir en témoigner si l’une d’entre elles au moins survit. Elle est libérée le 23 avril 1945 par la Croix-Rouge suédoise.

    Après presque dix ans de recherche consacrée à la Résistance et à la déportation, l’Algérie se rappelle à elle. Germaine Tillion accepte une mission d’enquête officielle dans l’Aurès, immédiatement après les attentats du 1er novembre 1954, qui marquent le début de la guerre d’Algérie. Frappée par la paupérisation des populations, elle y engage la création de centres sociaux assurant scolarisation, formation professionnelle, services de santé et d’hygiène.

    En 1957, Germaine Tillion effectue une visite des camps et prisons d’Algérie et constate le recours systématique à la torture par les forces armées françaises engagées. Dès lors, elle lutte pour mettre fin à l’escalade de la violence : elle obtient du chef FLN (Front de Libération Nationale) de la zone autonome d’Alger, que les attentats épargnent la population civile et milite, du côté français, contre la pratique de la torture et les exécutions capitales et pour la présentation des tortionnaires devant la justice. Ses prises de position lui valent admiration et reconnaissance mais provoquent aussi de vifs débats et attaques.

     

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    c'était le 18 janvier dernier

    une émission devait être diffusée en direct

    mais la covid nous a empêché de la voir

    ALORS AUJOURD'hui la voici en différé

      Ce soir deux rendez-vous  18 janvier 2022 à 18h *** Diffusion en direct de l'Assemblée Générale de l’AJMA

      Ce soir deux rendez-vous  18 janvier 2022 à 18h *** Diffusion en direct de l'Assemblée Générale de l’AJMA

    18 janvier 2022 à 18h

    Diffusion en direct de l'Assemblée Générale de l’AJMA

     

    L’association Josette et Maurice Audin (AJMA) organise son Assemblée Générale comme annoncé le 18 janvier à 18h, avec pour commencer le débat entre Benjamin Stora et Amar Mohand Amer. Mais les règles qui viennent de nous être communiquées par la Mairie de Paris interdisent d’y tenir cette session comme prévu : elle aura lieu en distanciel.

    Rencontre animée par Gilles Manceron.

    Association Josette & Maurice Audin

    Créée dans la foulée de l’inauguration d’une place Maurice Audin à Paris en 2004, l’Association « Maurice Audin » est devenue « Association Josette et Maurice Audin » en 2019.

    Ses objectifs :

    • Faire vivre la mémoire de Josette et Maurice Audin et leur combat pour l’indépendance de l’Algérie, agir pour faire la clarté sur les circonstances de la mort de Maurice Audin, assassiné en 1957 par des militaires français.
    • Favoriser la coopération entre scientifiques français et algériens, notamment par l’organisation du Prix de mathématiques Maurice Audin. Agir pour le développement de l’amitié entre peuples algériens et français.
    • Agir pour l’ouverture des archives ayant trait à la guerre d’Algérie et pour la vérité sur les disparus de cette guerre du fait des forces de l’ordre françaises. Lutter contre l’utilisation de la torture dans le monde.
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      Ce soir deux rendez-vous  18 janvier 2022 à 18h *** Diffusion en direct de l'Assemblée Générale de l’AJMA

      Ce soir deux rendez-vous  18 janvier 2022 à 18h *** Diffusion en direct de l'Assemblée Générale de l’AJMA

    En archives et avec l’éclairage d’historiens, une passionnante traversée de l’Algérie coloniale sous Vichy, où persécutions des juifs et discriminations systémiques envers la majorité musulmane encouragent la lutte pour l’indépendance, à voir mardi 18 janvier à 22:30 sur ARTE. 


      DOCUMENTAIRE

    22:30

    L'Algérie sous Vichy

    Juin 1940 : après la débâcle, suivie par l'exode en métropole, l'Algérie française, épargnée par les bombardements et l'Occupation, ne s'en rallie pas moins avec ferveur, de l'été 1940 à 1943, à la révolution nationale du maréchal Pétain. Renforcement de l'ordre colonial et de la puissance de l'Église, exaltation de l'Empire et mise au pas des populations "indigènes"… : les Européens plébiscitent les orientations politiques de Vichy. Animés d'un profond antisémitisme, nombre d'entre eux approuvent l'abrogation du décret Crémieux qui, en 1870, avait accordé aux juifs d'Algérie la citoyenneté française, contribuant alors à diviser juifs et musulmans "pour mieux régner". Ce zèle à anticiper les injonctions allemandes vise aussi à signifier aux 7 millions de musulmans (90 % de la population) qu'ils ne doivent en rien espérer cette citoyenneté. Dénoncée par des leaders comme Ferhat Abbas ou Messali Hadj, cette "égalité par le bas" entraîne, à rebours des attentes de l'autorité coloniale, un mouvement de solidarité entre deux communautés désormais unies dans la misère. Exclus du jour au lendemain de la fonction publique et de l'école, humiliés et spoliés de leurs biens, les juifs seront aussi internés dans des camps. À l'automne 1942, les persécutions vont se poursuivre, malgré le débarquement en Afrique du Nord. Car l'amiral Darlan puis, après son assassinat le 24 décembre, son successeur le général Giraud, professent en leitmotiv : "Les juifs à l'échoppe, les musulmans à la charrue." Histoire méconnue En archives, dont certaines en couleur, ce passionnant documentaire, inspiré par le livre de Jacques Attali L'année des dupes – Alger 1943 (éd. Fayard, 2019), éclaire, avec des historiens dont Benjamin Stora − lequel y évoque le passé douloureux de sa famille −, un pan méconnu de l'Algérie française pendant la Seconde Guerre mondiale. Un sombre épisode qui, au passage, bat en brèche toute tentative fallacieuse de distinction entre juifs français et étrangers sous Vichy. Convoquant Albert Camus ou encore Jacques Derrida, qui portera les stigmates de cette période après son exclusion de l'école française à l'âge de 10 ans, le film montre aussi combien la violence des persécutions contre les juifs a anéanti la promesse coloniale de "civilisation" en Algérie et attisé le feu naissant de la lutte nationaliste vers l'indépendance. Dès le 10 février 1943, Ferhat Abbas publiait ainsi le Manifeste du peuple algérien, réclamant l'abolition de la colonisation et la liberté et l'égalité pour tous les habitants.

    Juin 1940 : après la débâcle, suivie par l’exode en métropole, l’Algérie française, épargnée par les bombardements et l’Occupation, ne s’en rallie pas moins avec ferveur, de l’été 1940 à 1943, à la révolution nationale du maréchal Pétain.

    Renforcement de l'ordre colonial et de la puissance de l’Église, exaltation de l'Empire et mise au pas des populations "indigènes"… : les Européens plébiscitent les orientations politiques de Vichy. Animés d'un profond antisémitisme, nombre d’entre eux approuvent l’abrogation du décret Crémieux qui, en 1870, avait accordé aux juifs d'Algérie la citoyenneté française, contribuant alors à diviser juifs et musulmans "pour mieux régner".

    Ce zèle à anticiper les injonctions allemandes vise aussi à signifier aux 7 millions de musulmans (90 % de la population) qu’ils ne doivent en rien espérer cette citoyenneté. Dénoncée par des leaders comme Ferhat Abbas ou Messali Hadj, cette "égalité par le bas" entraîne, à rebours des attentes de l’autorité coloniale, un mouvement de solidarité entre deux communautés désormais unies dans la misère. Exclus du jour au lendemain de la fonction publique et de l’école, humiliés et spoliés de leurs biens, les juifs seront aussi internés dans des camps.

    À l’automne 1942, les persécutions vont se poursuivre, malgré le débarquement en Afrique du Nord. Car l’amiral Darlan puis, après son assassinat le 24 décembre, son successeur le général Giraud, professent en leitmotiv : "Les juifs à l’échoppe, les musulmans à la charrue."

    Histoire méconnue

    En archives, dont certaines en couleur, ce passionnant documentaire, inspiré par le livre de Jacques Attali L’année des dupes – Alger 1943 (éd. Fayard, 2019), éclaire, avec des historiens dont Benjamin Stora − lequel y évoque le passé douloureux de sa famille −, un pan méconnu de l’Algérie française pendant la Seconde Guerre mondiale. Un sombre épisode qui, au passage, bat en brèche toute tentative fallacieuse de distinction entre juifs français et étrangers sous Vichy.

    Convoquant Albert Camus ou encore Jacques Derrida, qui portera les stigmates de cette période après son exclusion de l’école française à l’âge de 10 ans, le film montre aussi combien la violence des persécutions contre les juifs a anéanti la promesse coloniale de "civilisation" en Algérie et attisé le feu naissant de la lutte nationaliste vers l’indépendance. Dès le 10 février 1943, Ferhat Abbas publiait ainsi le Manifeste du peuple algérien, réclamant l’abolition de la colonisation et la liberté et l’égalité pour tous les habitants.

    Mais vous pouvez visualiser ce documentaire dans son tégralité, dès maintenant, en cliquant sur le lien ci-dessous : 

     

    https://www.arte.tv/fr/videos/098131-000-A/l-algerie-sous-vichy/

     

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  • Guerre d’Algérie : Emmanuel Macron marche

    sur les braises de la mémoire

    Guerre d’Algérie : Emmanuel Macron marche sur les braises de la mémoire

     © Rafael Yaghobzadeh Emmanuel Macron au pont de Bezons (Hauts-de-Seine), commémorant le massacre du 17 octobre 1961, le 16 octobre 2021.

    A trois mois de la présidentielle et à l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, l’exécutif cherche à s’adresser aux rapatriés d’Algérie, sans froisser d’autres descendants de participants au conflit.

    «Ce dossier mémoriel est une affaire de chapelles.» De l’avis d’un conseiller ministériel, le chantier des mémoires de la guerre d’Algérie ouvert par le chef de l’Etat n’a pas fini d’attiser les «conflits.» Alors que l’année présidentielle qui s’ouvre marque le 60e anniversaire de la fin de la guerre, l’exécutif planche sur les commémorations à venir. Et cherche, dans un souci d’apaisement, à adopter à la fois le bon ton mais également à trouver un calendrier idoine. Un exercice de funambule.

    Début décembre, l’Elysée avait fait savoir dans un communiqué que le chef de l’Etat s’adresserait, «dans les premiers jours» de 2022, «aux personnes qui ont dû abandonner un pays où ils étaient nés, qu’ils aimaient» – l’Algérie. Des associations de rapatriés devaient ainsi être reçues à l’Elysée. Annoncée dans la presse pour jeudi dernier, la rencontre n’a pas eu lieu. «Il n’y a jamais eu de date officielle, glisse un observateur. Ni de convocation.» La date du 26 janvier circule depuis, sans que l’Elysée ne confirme.

    «Racines communes»

    Depuis la remise en janvier du rapport de l’historien Benjamin Stora sur la «mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie» à Emmanuel Macron, aucun geste n’a été effectué envers les pieds-noirs et leurs descendants. Les mémoires de ces exilés d’Algérie sont diverses et sensibles. «J’ai aimé avec passion cette terre où je suis né», écrivait Albert Camus. «Les racines des pieds-noirs sont communes, mais chacun a fait sa vie, dit aujourd’hui Georges Morin, un enfant de Constantine, rapatrié en France quelques années après l’indépendance et président de l’association Coup de Soleil. Ils ne se ressemblent pas. Il ne faut donc pas les enfermer dans ces mémoires.»

    Lors de la campagne de 2017, le candidat Macron avait provoqué des réactions outrées de certains pieds-noirs, notamment dans le sud de la France, en qualifiant la colonisation de «crime contre l’humanité.» «Ça a été perçu comme une insulte», assure aujourd’hui Jean-Félix Vallat, président de la Maison des agriculteurs et des Français d’Afrique du Nord (Mafa), l’une des plus vieilles associations de défense des rapatriés. A Toulon, quelques jours après ses propos polémiques, l’ex-ministre de l’Economie avait tenté un «je vous ai compris» auprès des descendants de pieds-noirs, avant de demander «pardon».

    «Rééquilibrage mémoriel»

    Après avoir reconnu la responsabilité de l’armée française dans la mort du militant communiste Maurice Audin et de l’avocat Ali Boumendjel, puis reconnu les «crimes inexcusables» commis lors de la manifestation du 17 octobre 1961, Emmanuel Macron a effectué un geste fort à l’égard des harkis, en septembreen leur demandant, ainsi qu’à leurs descendants, là aussi «pardon»Depuis, l’expression de «rééquilibrage mémoriel» est en vogue dans son entourage. «Il est indispensable, estime Jean-Félix Vallat. Pas un mot n’a été dit sur les victimes du FLN. Mes parents ont été égorgés sous mes yeux par le FLN. Pourquoi honorer Maurice Audin qui a aidé des terroristes durant la bataille d’Alger et pas les victimes civiles de la guerre ? Nous sommes excédés par cette balance mémorielle défavorable.»

    Le chef de l’Etat, qui souhaite «reconnaître toutes [les] mémoires» de la guerre d’Algérie, veut prendre soin, dans un contexte de crispations identitaires, de s’adresser à tous. Au risque de ne convaincre personne ? «Quelles revendications spécifiques les pieds-noirs pourraient-ils avoir ? s’interroge ainsi Jacques Pradel, président de l’Association des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA). Ils se sont fondus dans la société française, très rapidement… Ça n’a rien à voir avec les harkis par exemple. Il faut arrêter d’entretenir ce conflit des mémoires.» Au sein du gouvernement, le dossier est devenu sensible, selon plusieurs sources interrogées. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et le Premier ministre, Jean Castex, qui ont tous deux des attaches familiales avec l’Algérie, plaideraient ainsi la cause des rapatriés auprès du président. «J’ai peur de son entourage», a ainsi récemment soufflé un interlocuteur de Macron sur le sujet. Et d’ajouter, lucide : «Il y a une lutte d’influence très forte autour de lui.»

    «Bataille des mémoires»

    Le 60e anniversaire des accords d’Evian et du cessez-le-feu du 19 mars 1962, prélude à l’indépendance algérienne, interviendra à trois semaines du premier tour de la présidentielle. L’Elysée reste pour l’heure silencieux sur les commémorations. Plusieurs autres dates jalonneront cette année des 60 ans de la fin de la guerre : l’anniversaire des violences policières du métro Charonne, le 8 février, où neuf manifestants furent tués par la police ; l’assassinat de l’écrivain algérien Mouloud Feraoun par l’OAS, à Alger, le 15 mars ; la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars. «Le 60e anniversaire, c’est toutes ces dates à la fois, défend Benjamin Stora. Car aucune ne fait consensus. Chacune renvoie à une bataille des mémoires, d’appropriation de différents groupes.» Reste également en suspens l’hommage national à l’avocate Gisèle Halimi, promis par Macron le 23 août, mais qui, pour l’heure, reste incertain.

    Le 5 février, à Amboise (Indre-et-Loire), un passage en hommage à l’émir Abdelkader, qui lutta contre la colonisation française et fut emprisonné dans le château, sera inauguré à l’entrée de la ville. Une série documentaire, C’était la guerre d’Algérie, produite par Georges-Marc Benamou, doit également être diffusée sur France 2 courant mars. «Tout se fait par petits pas», glisse Stora. Le chef de l’Etat l’a déjà dit : le chemin de la réconciliation des mémoires sera long. Et difficile.

    SOURCE : Guerre d’Algérie: Emmanuel Macron marche sur les braises de la mémoire (msn.com) 

    Les vrais oubliées des mémoires de la guerre d’algérie restent les victimes de l’oas… pour combien de temps encore ?

    Les victimes de l’OAS les oubliés des autorités françaises depuis longtemps mais jamais, comme cette année 2021, aucun président n’avait osé se faire représenter à une cérémonie pro-OAS.

    Les victimes de l’OAS les oubliés des autorités françaises depuis longtemps mais jamais, comme cette année 2021, aucun président n’avait osé se faire représenter à une cérémonie pro-OAS.

     

    C'était il y a quelques années, en 2013 précisément, la cérémonie en hommage aux participants de la manifestation de l’organisation séditieuse OAS du 26 mars 1962 a pu se tenir  sous l’Arc de Triomphe à Paris. Plusieurs associations ont protesté "contre la réhabilitation de l’OAS par les autorités françaises". Vous allez reconnaître nos amis Jean-François Gavoury, Henri Pouillot, Jean-Philippe Ould Aoudia.

    Cliquez sur le lien pour pouvoir voir ou revoir cette vidéo de 2013 :

    https://dai.ly/x4uxwr 

    Voici le lien de mon article de 2013

    http://dandelotmije.over-blog.com/article-la-republique-bafouee-ils-vont-remettre-a-en-2013-un-gouvernement-de-gauche-va-t-il-laisser-fair-115874580.html 

    M. Macron a aggravé le scandale en 2021

    c’est une honte absolue 

    Jean-François Gavoury nous a écrit

     

     

    Madame, Monsieur, 

     

    En même temps, à titre associatif, que celui de l’ensemble des victimes civiles et militaires de l’OAS en Algérie et en France, je porte avec fierté le souvenir de mon père, Roger Gavoury, assassiné le 31 mai 1961 dans l’exercice de ses fonctions de commissaire central d’Alger.
    Alger a pu compter sur mon père de février 1960 à mai 1961, parfois dans des circonstances d'extrême tension, en particulier lors des manifestations musulmanes du 11 décembre 1960 au cours desquelles il s’est physiquement interposé pour éviter que leur répression par des parachutistes désireux d’en découdre ne se solde par un véritable carnage.
    Soixante ans après, l'Algérie, au travers de son quotidien "El Watan", a tenu à rendre hommage à sa mémoire en lui donnant et en me donnant la parole.
    La France n'en fera pas autant, dont j'ai sollicité en vain le chef d'État à cette fin.
    Entre victimes et partisans de l’OAS, il a fait le choix d’honorer ostensiblement ces derniers le 26 mars : deux mois après, ses conseillers le lui font assumer.
    En d’autres termes, l’Algérie reconnaît les victimes de l’OAS cependant que la France les ignore.
    Vous trouverez l’article dont il s’agit en page 10 de l’édition papier du journal en première pièce jointe ainsi que la reproduction de sa teneur (version en ligne) en seconde pièce jointe.
    Je vous remercie de votre attention,
    Et vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de ma parfaite considération. 
     

    Jean-François Gavoury
    Pupille de la Nation
    Orphelin de guerre
    Officier ONM
     

     

     

     Rappelons-nous la raison pour laquelle

    Jean-François Gavoury a écrit cette phrase :

     

    "Entre victimes et partisans de l’OAS, le président Macron a fait le choix d’honorer ostensiblement ces derniers le 26 mars 2021"

     

    Ils ont osé… Ils ont occulté l’OAS !!!

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Aucun président de la République avant M. Macron avait osé envoyer (son, sa ministre) en l'occurrence pour le 26 mars 2021 la Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq participer à la Commémoration de la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962 au mémorial du Quai Branly, c’est une honte !!!

     

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Auprès de Geneviève Darrieussecq et Arnaud Ngatcha, Hugues Renson commémorait le 26 mars dernier la fusillade de la rue d’Isly.

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

     

     

    SOURCE : https://huguesrenson.fr/commemoration-de-la-fusillade-de-la-rue-disly-au-memorial-du-quai-branly/ 


    **************************************************************

    Chaque année, le 26 mars, des groupuscules extrémistes organisent des commémorations pour les victimes de la fusillade rue d'Isly à Alger qui ne sont pas « Mortes pour la France », mais tombées pour soutenir l’OAS qui les a manipulées et les noms de ces victimes n’auraient jamais dû avoir leur place au Mémorial National du Quai Branly à Paris, qui devait demeurer le lieu d’hommage aux militaires français « Morts pour la France » durant la guerre d’Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc, sans oublier les victimes des jusqu’au-boutistes de l’Algérie française agissant au sein des commandos de la mort de l’OAS : c’est-à-dire les civils, les représentants des forces de l’ordre, les magistrats, les fonctionnaires de l’éducation nationale restés fidèles à la République jusqu’au sacrifice de leur vie.

    La présence de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq à la Commémoration de la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962 au mémorial du Quai Branly a occasionné l'envoie de 2 lettres (sans réponses pour le moment) de présidents d'associations des victimes de l'OAS, avec leur autorisation les voici :

    Le président Macron à une part de responsabilité concernant la lettre des généraux : un texte séditieux qui menace la République

    " L'autre 21 avril 2021 ", la lettre

    de l'ANPROMEVO au Président

    de la République

     

    Le président
     

    Chaville, 21 avril 2021.

     

     

    Monsieur le Président de la République

    Cabinet Palais de l'Elysée  

    55, rue du Faubourg Saint Honoré 

    75008 Paris 


    Monsieur le Président de la République,

    Les sites Internet du ministère des Armées et de l’office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG) ont gardé le silence sur un événement exceptionnel.
    Pour leur part, l’ensemble des blogs de la mouvance OAS (anciens activistes, sympathisants, revanchards de l’Algérie française) l’ont annoncé en ces termes : « En mémoire des victimes de la fusillade rue d’Isly à Alger, vendredi 26 mars 2021, au Mémorial national de la guerre d'Algérie, Mme Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la mémoire et des anciens combattants, déposera une gerbe du Président de la République lors de la cérémonie qui demeure associative ».

    Ces mêmes sites ont rendu compte de cette commémoration, lui consacrant un reportage documenté (cf. http://popodoran.canalblog.com/archives/2021/03/24/38883741.html à titre d’exemple).

    L’image de représentants des plus hautes institutions de la République aux côtés de personnes ayant répondu, le 26 mars 1962 après-midi, à un appel à manifester lancé le matin même par l’OAS est des plus malencontreuses :

     cet appel, par tract, se concluait par la formulation d’une volonté « de lutter jusqu’au bout contre l’oppression sanguinaire du pouvoir fasciste » et s’inscrivait dans la stratégie insurrectionnelle développée par l'OAS qui, après s’être opposée par la violence à l’application des Accords signés à Évian le 18 mars 1962, a poussé l'armée française à rompre le cessez-le-feu ;

     la cérémonie du quai Branly peut être regardée comme l’expression d’un désaveu des autorités civiles et militaires en charge, à l’époque, du maintien de l’ordre républicain et/ou une approbation de l’attitude de citoyennes et citoyens, Français d’Algérie, acquis au putsch organisé un an plus tôt ;

     l’initiative du 26 mars 2021 va largement au-delà des préconisations contenues dans le rapport que M. Benjamin Stora vous a remis il y a trois mois, intitulé Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie ;

     s’il existe de fait, côté algérien, « quelques résistances » au dessein d’une réconciliation mémorielle « très largement partagée » entre Alger et Paris, l’on peut également soutenir que, côté franco-français, perdurent d’insurmontables antagonismes mémoriels trouvant leur origine dans la radicalité d’un discours invariant des nostalgiques de l’Algérie française ainsi, hélas, que dans la partialité d’administrations centrales qui refusent avec constance d’admettre au bénéfice du statut de "Mort pour la France" des fonctionnaires de police victimes de l’OAS, illégalement privés de cette qualité (cf. Annexe - pages 6 et 7 - en pièce jointe).

    Au nom de l’apaisement et du « en même temps », s’imposent désormais deux engagements prioritaires : la promesse de la régularisation pré-évoquée dans le délai maximal de cinq mois ; l‘annonce d’une représentation, au niveau sommital de l’État, à la cérémonie prévue le 6 octobre prochain, au cimetière parisien du Père-Lachaise, dans le cadre de la célébration du dixième anniversaire du dévoilement par le maire de la capitale, M. Bertrand Delanoë, de la première stèle dédiée par une collectivité publique à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France.

    Dans l’attente d’une écoute enfin respectueuse du souvenir de celles et de ceux - civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires tombés, sans pouvoir se relever, sous les coups de l’OAS, parce qu’ils respectaient les institutions et valeurs de la République,

    Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de ma très haute considération.

    Jean-François Gavoury
    Président de l’ANPROMEVO

     


    Le président Macron à une part de responsabilité concernant la lettre des généraux : un texte séditieux qui menace la République

    Siège social : Jean-Philippe Ould Aoudia

    191, avenue Victor Hugo 92140 Clamart

    Le Président

     

    23 avril 2021

     

     

    Madame Geneviève Darrieussecq

     

    Ministre déléguée auprès de la       ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants       14, rue Saint-Dominique      

     75700 Paris 07  SP LRAR

     

    Madame la Ministre,

     

    Vous avez représenté l’État, le 26 mars 2021, à la commémoration associative d’une manifestation insurrectionnelle fomentée le 26 mars 1962, à Alger, par l’OAS, érigée dès avant sa création formelle le 11 février 1961 en partie belligérante au conflit algérien.

    Seul le rappel de faits remontant à cinquante-neuf ans permet d’apprécier le sens à donner au dépôt par vos soins, au nom du Président de la République, d’une gerbe de fleurs devant les colonnes du quai Branly à Paris.

    Cette manifestation avait fait l’objet de deux interdictions, largement diffusées, émanant l’une du préfet de police d’Alger et l’autre du général commandant le secteur Alger-Sahel : les participants ont fait le choix de désobéir aux autorités civiles et militaires de l’époque.

    Trois jours auparavant, le 23 mars, sept jeunes Français, appelés du contingent -11 autres seront blessés- avaient été abattus par l’OAS qui considérait l’armée française comme une armée d’occupation, et exprimait sa résolution à…lutter jusqu’au bout contre l’oppression sanguinaire du pouvoir fasciste » : motifs formulés sur le tract d’appel à rassemblement distribué au cours de la nuit du 25 au 26 mars.

    Rue d’Isly, se heurtant à des soldats chargés de maintenir l’ordre républicain alors que le cessez-le-feu était en vigueur depuis une semaine, des personnes ont trouvé la mort pour avoir répondu à un mot d’ordre insurrectionnel de l’OAS.

    Cinquante-neuf ans après, le Président de la République et le Gouvernement ont été représentés à une cérémonie initiée par des associations qui révèrent des criminels de l’OAS condamnés par la Justice, et qui célèbrent régulièrement les épisodes au cours desquels la République fut mise en danger : les « Barricades » le 24 janvier 1960 et le coup d’état militaire du 21 avril 1961.

    Pourtant, il y a d’autres Français qui méritent l’attention de l’État et en demeurent les oubliés. Ceux-là sont morts pour s’être opposés à l’OAS. Dans le cadre de leurs missions respectives, ils sont restés à leur poste, au péril de leur vie, pour maintenir la République en ordre de marche.

    L’impartialité de l’État exige l’alignement du statut des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs assassinés par l’OAS le 15 mars 1962 à Alger, sur celui de l’instituteur Guy Monnerot, abattu par le FLN le 1er novembre 1954, et reconnu "Mort pour la France" le 3 juillet dernier en tant que victime civile de la guerre d’Algérie.  

    L’impartialité de l’État exige que soit attribuée la mention « Mort pour la France » à ceux des militaires et des policiers assassinés par l’OAS, qui en ont été injustement privés et dont les noms sont connus tant de vos services que de l’ONAC-VG.

    Depuis le 6 octobre 2011, une stèle s’élève au cimetière du Père-Lachaise à Paris portant l’inscription :

     

    En hommage à toutes les victimes de l'OAS en Algérie et en France

    Civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires,

    Défenseurs des institutions et des valeurs de la République

     

    La date du 6 octobre est devenue Journée associative de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de l’OAS.  

    Il vous tiendra à honneur d’être présente, le 6 octobre prochain à 11h00, devant ce monument, au côté, le cas échéant, d’autres membres du Gouvernement.

    L’impartialité de l’État sera ainsi démontrée.

     

    Dans l’attente de vous y rencontrer,

     

    Je vous assure, Madame la ministre, de ma considération choisie.


    Docteur Jean-Philippe Ould Aoudia 

                                                                       

     

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    1 commentaire
  • Haut-Doubs Houtaud : à 18 ans, il fait

     un documentaire sur la guerre d’Algérie

    avec les souvenirs de son grand-père

    Haut-Doubs Houtaud : à 18 ans, il fait un documentaire sur la guerre d’Algérie avec les souvenirs de son grand-père

    Thibaut Garcia, jeune réalisateur et Gaby, son grand-père : une tendre complicité sur fond de guerre d’Algérie.  Photo ER

    Thibaut Garcia, 18 ans, écrit et réalise un film de 52 minutes d’après les souvenirs de son grand-père, Gabriel, un jeune agriculteur du Haut-Doubs. Le documentaire se nomme « Mémoire d’appelé ».

    Ces deux hommes ont sensiblement le même âge à quelque soixante-dix ans d’écart. 18 ans pour Thibaut Garcia en 2021 et 21 ans pour Gabriel quand ce dernier, tout jeune homme, part pour l’Algérie en décembre 1956. Petit-fils et grand-père se rejoignent sur ces huit années d’affrontements et de cruautés encore largement ignorées par les manuels scolaires.

    Gabriel raconte alors son quotidien dans le désert saharien à Aïn-Sefra et Thibaut construit un documentaire, intime et historique. Un film de qualité qui confirme la vocation du lycéen pour le cinéma, surtout pour la direction de la photo puisque tel est son objectif : le cadre et la lumière.

    Un an et demi de travail

    Thibaut a consacré toutes ses «  petites » vacances scolaires et ses week-ends à l’élaboration du film au cours de sa Première et de sa Terminale à Pontarlier. Le classement des lettres, des photos, de mots annotés, la recherche des faits de l’histoire officielle, tout un long travail de préparation a précédé l’écriture du scénario. Ont suivi les six interviews de son grand-père puis la laborieuse période de montage.

    « Sur fond de musique originale et de narrations, une multitude de photos et de documents appuient le témoignage de Gabriel et retracent chronologiquement la guerre d’Algérie et le vécu d’un jeune agriculteur du Haut-Doubs parachuté dans le conflit. »

    « Je n’avais rien vu d’autre que mon chez-moi »

    « J’avais pris le train une fois pour aller aux trois jours à Mâcon mais n’avais jamais vu la mer ». Il connaîtra le train, les convois, la traversée de la Méditerranée, le désert à l’infini, la faim, la soif, l’ennui des siens, les embuscades, la solitude, les gardes de jour et de nuit, la peur de sauter sur une mine, les 48° à l’ombre sans ombre, l’amitié. Il verra la torture. Il perdra des copains. Il jugera de l’absurdité de la guerre comme bon nombre des trois millions d’hommes qui ont été mobilisés de 1954 à 1962. Il entendra De Gaulle clamer à la foule « Je vous ai compris ». En 21 mois, une seule perm. Dur, dur. Et le 5 octobre 1958, à l’aube de fêter son 23e anniversaire, il montera à bord de l’Athos 2 et quittera Oran pour Marseille et rejoindra les siens à Houtaud.

    « On est même retourné là-bas en 1990 »

    Pendant 30 ans, il s’ensuivra les retrouvailles avec les copains. « Ça, c’était formidable ! On est même retourné là-bas en 1990. Peu de choses avaient changé. On a retrouvé d’anciens fellagas qui nous ont dit qu’ils avaient ordre de nous laisser tranquilles. Ils visaient les légionnaires et les pieds-noirs. Et c’était vrai ».

    SOURCE :  https://www.estrepublicain.fr/insolite/2021/08/02/a-18-ans-il-fait-un-documentaire-sur-la-guerre-d-algerie-avec-les-souvenirs-de-son-grand-pere

    « Mémoire d’appelé »

    Entre 1954 et 1958, plus d’un million de jeunes français ont vu, à l’âge de vingt ans, leur quotidien bouleversé par la guerre d’Algérie et toutes ses horreurs. De la colonisation du territoire Algérien à la fin du conflit d’indépendance en 1962, ce film retrace l’histoire de la guerre d’Algérie à travers le témoignage de Gabriel Ferreux, appelé 28 mois, de 1956 à 1958, dans le sud-ouest Algérien.

    MON COMMENTAIRE 

    Ce témoignage me touche car j’ai beaucoup de ressemblances avec Gabriel : il habite le Haut-Doubs et moi je suis né à Besançon (Doubs) où j’ai vécu 8 années, j’ai encore de la famille dans cette ville.

    Moi aussi j’ai connu Aïn-Sefra (à mi-chemin entre Oran et Colomb-Béchard) j’avais à peine 20 ans le 1er mai 1961… jusqu’au 8 janvier 1963.

    Moi aussi j’ai connu le train, les convois, la traversée de la Méditerranée, le désert à l’infini,  la soif, l’ennui des siens, la solitude, les gardes de jour et de nuit, les 48° à l’ombre sans ombre, l’amitié. En 21 mois, une seule perm. Dur, dur.

    Mais j’ai aussi de grandes différences

    Car dans la période où j’étais là-bas

    Il ne s’est rien passé à Aïn-Sefra

    Je n’ai jamais vu ce qu’on appelait les fellagas. Je n’ai pas vu la torture. Je n’ai pas perdu des copains. Je n’ai pas pu juger de l’absurdité de la guerre parce que je ne l’ai pas vu… contrairement à un bon nombre des trois millions d’hommes qui ont été mobilisés de 1954 à 1962.

    Pour ceux qui n’ont jamais connu « ma guerre d’Algérie », merci de cliquer sur le lien ci-dessous :

    http://www.micheldandelot1.com/mon-temoignage-d-ancien-appele-de-la-guerre-d-algerie-pourquoi-j-ai-re-a108352502 

    Michel Dandelot

     

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    1 commentaire
  • Clash entre l’anticolonialiste

    Henri Pouillot

    et les nostalgiques

     de l’Algérie française

     Les sombres pages de la villa Susini d’Alger

    Clash entre l’anticolonialiste Henri Pouillot et nostalgiques de l’Algérie française

    Une vue de la villa Susini : un haut lieu de torture

    Pour rafraîchir la mémoire de la candidate du LR, Henri Pouillot témoigne « J’ai été affecté de juin 1961 à mars 1962 à la villa Susini à Alger. Cette villa a eu le ‘’ privilège’’ d’être un centre de torture qui a fonctionné pendant toute cette période. »

    La candidate des Républicains (LR), Valérie Pécresse, lors de sa première sortie dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, où l'extrême droite réalise de très bons scores, jouait à «Clint Eastwood». Quel panache ?
    «Je vais ressortir le Kärcher de la cave. Cela fait dix ans qu'il y est et il est temps de l'utiliser. Il s'agit de remettre de l'ordre dans la rue », menaçait Valérie Pécresse, la semaine dernière dans les colonnes de « La Provence ».
    Plus grave encore, elle poursuivra dans un point de presse : « Aujourd'hui il est temps de nettoyer les quartiers, il faut traquer les caïds, les voyous, les criminels, les dealers, ce sont eux qu'il faut harceler et punir, qu'il faut priver de leur citoyenneté ».
    Les déclarations de la candidate à l'Élysée ne sont pas passées sans réaction en France, heureusement d'ailleurs.
    Ainsi, le fabricant du fameux nettoyeur, qui détient la « Marque Kärcher » à haute pression, a dénoncé, le 11 janvier dernier dans un communiqué, « des propos mal déplacés » de la candidate des Républicains, qui a utilisé à plusieurs reprises «la marque Kärcher de manière inappropriée ».
    Le fabricant, va au-delà, et exige immédiatement « des médias français de ne plus faire usage de sa « Marque » dans les sphères politiques, qui portent atteinte à sa marque et valeurs de l'entreprise ».
    Doit-on rappeler que la présente société avait déjà fait savoir dans les colonnes de Libération « qu'elle ne veut plus être associée à la sécurisation des banlieues ». Finalement, le syndrome «Sarkozy» récidive et anime le discours de la droite française.
    Paradoxalement, l‘ancien président de la République française et chef du parti des Républicains, Nicolas Sarkozy, fut condamné en septembre dernier « à trois ans de prison pour corruption et trafic d'influence », alors qu'il promettait aux Français « la guerre sainte » contre «la racaille », désignant les quartiers et banlieues. Savez-vous Mme la candidate que la dernière personnalité politique française qui avait parlé du « Kärcher » pour nettoyer les banlieues a fini avec un bracelet électronique, accroché au pied et assigné à résidence surveillée ?
    On peut aussi rappeler que des personnalités influentes de cette mouvance ont eu des problèmes graves avec la justice : François Fillon, les époux Balkany et même l'homme fort du régime sarkosyste, l'ancien ministre de l'Intérieur, Claude Guéant qui est actuellement emprisonné.

    Où doit-on passer le Karcher ?

    Au-delà de ces sombres histoires, on ne comprend pas pourquoi le débat politique en France se cristallise sur la question de l'émigration, avec son corollaire l'insécurité, deux sujets que les extrémistes et les populistes n'hésitent pas à lier l'un à l'autre. Faudra-t-il souffler, Mme la candidate, sur le brasier colonial et redéfinir le Français, l'Européen d'Algérie et l'indigène? Comment expliquer une panne de perspective et l'absence de renouveau politique de la droite française, 60ans après la guerre d'Algérie ? Il faut dire que la crise politique se nourrit de la crise mémorielle et ses conséquences collatérales.
    Outre le domaine sécuritaire et l'émigration, que propose la candidate des Républicains aux Français ? La polémique sur la mémoire serait-elle décidément l'apanage de la droite française ? Avez-vous perdu la mémoire Mme Valérie Pécresse ?
    Le discours de la droite française exprime la faillite mémorielle dans toute sa splendeur. Cela apparaît clairement au cours de la présente campagne présidentielle française. La devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité », dont le triptyque remonte pourtant à l'année 1848, soit près de vingt ans après l'envahissement de l'Algérie par la France en 1830, a cédé allègrement le pas au fameux principe de Pascal « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà », pour faire en sorte que les « vertus » qu'elle prétend colporter à travers le monde soient nulles et non avenues au-delà de la Méditerranée.
    La rhétorique amère et rancunière autour de la perte de «l'Algérie française» anime le discours de la droite et son extrême. « En Algérie, il y a eu effectivement des exactions, il y a eu des pages sombres de l'histoire de France qui ont été écrites, mais crimes contre l'Humanité, c'est ce qu'on reproche aux nazis et à Hitler, et je ne pense pas qu'on puisse parler de crimes contre l'Humanité », avait déclaré le 3 janvier dernier, Valérie Pécresse. Et elle ajoutera, présidente de la République, elle fera « appel à l'Armée » pour assurer l'ordre dans les quartiers... etc… en France.
    Ces propos ne sont pas sans écho auprès des Français, dont la mémoire est encore vivace. Appelé pendant la guerre de libération de l'Algérie, Henri Pouillot, auteur de: « La villa Susini - Tortures en Algérie, un appelé parle », a, dans une lettre ouverte datée du 5 janvier dernier et adressée à Valérie Pécresse, souligné: « Je dois dire que je suis inquiet qu'une candidate à la présidence de la République puisse déclarer une telle énormité ».
    Pour rafraîchir la mémoire de la candidate du LR, Henri Pouillot témoigne: «j'ai été affecté de juin 1961 à mars 1962 à la villa Susini, à Alger. Cette Villa a eu le « privilège » d'être un centre de torture qui a fonctionné pendant toute cette période (d'autres centres de torture à Alger n'ont fonctionné que quelques mois ou quelques années). C'est là que Jean-Marie Le Pen s'est « remarquablement » distingué pendant la bataille d'Alger, faisant disparaître, selon les rumeurs, des corps dans des cuves d'acide.
    La Légion étrangère avait « abrité » de nombreux SS qui s'y étaient réfugiés pour échapper aux jugements, mais qui ont mis en oeuvre leur expérience et formé des tortionnaires français».


    Relisez « La Question » d'Henri Alleg !

    On peut aussi conseiller à la candidate des Républicains de lire « la Question » d'Henri Alleg publié en 1958, qui dénonce la torture pratiquée pendant la guerre d'indépendance par certains éléments de l'armée française et dont l'auteur fut la victime.
    C'est à l'arrivée de Nicolas Sarkozy en 2005 que les débats sur le fait colonial gagnent l'espace public et officiel, et ils l'occupent à ce jour. Ainsi, loi sur les rapatriés du 23 février 2005, mentionnant le « rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord », a été adoptée par les Républicains.
    Les nostalgiques de la grandeur de la France coloniale persistent à glorifier la mission de civilisation portée alors par l'Empire. Êtes-vous Mme la candidate des Républicains amnésique ou tentée par le négationnisme ? Au fond et pour conclure, la citation qui suit résume en quelques mots toute l'ambiguïté de la position de la France. Mouloud Mammeri disait, en s'en prenant au discours de l'Europe des Lumières, dans son roman « Le Sommeil du juste » : « Le Contrat social. Discours sur l'inégalité. Les Châtiments. Jaurès. Auguste Comte.
    Ha ! Ha ! Mesdames et Messieurs, quelle blague ! Quelle vaste blague ! Quelle fumisterie ! Tout ça, c'est pour eux, ce n'est pas pour des Iman ! (les indigènes) ». Les milliers nord-africains, qui avaient servi de chair à canon pour libérer la France contre les nazis, se sont-ils sacrifiés pour que vous ; vous osiez dire n'importe quoi ?
    De Gaulle et Pompidou ont travaillé à l'aménagement du territoire, à la création de l'Europe, Giscard d'Estaing a oeuvré pour moderniser le pays. Sous les mandats de Jacques Chirac, peu de réformes ont été réalisées, mais un mot d‘ordre persistait : pas de compromission avec l'extrême droite. Ironie de l'histoire : le parti du général de Gaulle, de Georges Pompidou et de Jacques Chirac, colle désormais aux idées des extrémistes. Il semble que les idées de Jean-Marie Le Pen ont germé et fleurissent sur la terre de la Révolution française, mère présumée des droits de l'homme.
    La digue sanitaire infranchissable entre la droite et son extrême, réaffirmée au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle française de 2002 par Jacques Chirac a sauté. Il était le dernier rempart contre le Front national. Il avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen, au deuxième tour de la course à l'Élysée ? Mais, depuis, les barrières entre la droite et son extrême semblent être brisées. On ne comprend plus qui est qui. En France, une conjoncture de « crise mémorielle » s'est enclenchée au début des années 2000, qui a brouillé les frontières entre ces espaces de controverses et a modifié les logiques de prises de parole et de prises de position qui leur étaient inhérentes. Fruits d'alliances tactiques ou du partage inaperçu d'enjeux et de langages de dénonciation, des fronts communs, incompréhensibles à l'aune des dynamiques polémiques antérieures, se sont ainsi dessinés », analyse l'historien français, Romain Bertrand.
    L'insécurité et l'émigration, voire les questions mémorielles, qui étaient autrefois des sujets périphériques au discours de la droite française dans ses campagnes électorales, deviennent, aujourd'hui malheureusement, les mamelles nourricières de son discours.
    Les réformes économiques, politiques, sociales... etc… s'effacent dans le discours des Républicains et cèdent la place au populisme notoire, voire vulgaire, depuis au moins une décennie.

    SOURCE : https://www.lexpression.dz/nationale/les-sombres-pages-de-la-villa-susini-d-alger-352493 

     

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    L’un de mes blogs s’appelle :

    Présidentielle 2022 : Les pieds-noirs fâchés contre Emmanuel Macron

    BLOG DE MICHEL DANDELOT 

    Le Blog des Appelés et Rappelés des guerres coloniales d'Afrique du Nord 1952-1962 *** Le Blog des Victimes de l'OAS *** Le Blog des Amis des Pieds-Noirs Progressistes et de tous les Pieds-Noirs non extrémistes nostalgériques.

    Pourquoi je vous rappelle ceci ? Parce que je fais une distinction entre les rapatriés d’Algérie.

    Pour ceux qui sont fâchés contre Emmanuel Macron je ne vais pas « pleurer »…

    Par contre il serait important que les victimes de l’OAS ne soient pas oubliées non plus comme c’est le cas actuellement.

    Michel Dandelot   

     

    Présidentielle 2022 :

     Les pieds-noirs fâchés contre

    Emmanuel Macron

     

    Présidentielle 2022 : Les pieds-noirs fâchés contre Emmanuel Macron

    Le président français Emmanuel Macron à l'Elysée, à Paris (France), le 11 janvier 2022 (GONZALO FUENTES / POOL)

    Les rapatriés d’Algérie et leurs descendants devaient être reçus à l'Elysée ce jeudi 13 janvier. Mais la présidence ne les a jamais rappelés.

    Le 5 décembre, l’Elysée avait diffusé un communiqué pour la journée d’hommage aux "morts pour la France" pendant la guerre d’Algérie. Ce communiqué annonçait que les associations représentatives des rapatriés seront "reçues par le Président de la République dans les premiers jours de l’année prochaine". 2022, donc.

    Dans la foulée, l’Elysée faisait savoir à France Info que la date du 13 janvier tenait la corde. Mais à l'agenda du chef de l'État, rien de prévu ce jeudi avec les pieds-noirs. En revanche, un entretien avec l’amiral Philippe de Gaulle, fils du général, est à l'ordre du jour.

    "Assez cocasse" commente, un peu acerbe, un responsable d’association. Mais bien plus que ce télescopage, c’est une série de maladresses qui ont agacé les représentants des rapatriés. Comme d'apprendre par communiqué qu’un rendez-vous est envisagé, puis par la presse que la date du 13 décembre est envisagée. Bernard Coll, secrétaire général de Jeune Pied-Noir, pointe  le côté "cavalier" de la présidence, qui n'a répondu à aucune de ses 40 lettres adressées au cabinet d'Emmanuel Macron. "C'est en train de se caler", répond l'Elysée, faisant valoir un ajustement d'agendas.

    Brigitte Macron à la manœuvre

    La présidence renvoie aussi vers le cabinet de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée aux Armées, chargée de la Mémoire. Laquelle dit "n'être absolument pas dans la boucle""On n'est pas à la manœuvre là-dessus", explique son entourage.

    À l'Elysée, une personne suit néanmoins le dossier de très près : c’est Brigitte Macron. Le cabinet de la "première dame" a appelé Bernard Coll, le secrétaire général de Jeune Pied-Noir, lundi 10 janvier, pour l’assurer qu’elle allait s’en occuper personnellement, transmettre le message au plus haut. "C'est elle qui a été la plus coopérative", selon lui.

     

     

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  • Il y a 60 ans, ce Jurassien était assassiné

    pendant la guerre d'Algérie par l'OAS

    Il y a 60 ans, ce Jurassien était assassiné pendant la guerre d'Algérie par l'OAS

    13 janvier 1962… Une date qui restera à jamais gravée dans les mémoires de la famille Cornet. Ce jour-là, André Cornet, un Selliérois de 47 ans, géologue et hydrologue renommé, pionnier de l’hydrologie saharienne, était assassiné par l’OAS, à Alger. Soixante ans plus tard, les membres et les amis de la famille vont se retrouver au cimetière de Sellières pour lui rendre hommage.

    Le nom d’André Cornet ne parle sans doute pas spontanément au commun des Jurassiens. À tort sans doute. Pourtant, c’est à Sellières qu’il est né, en 1915. Son père, Émile Armand, et sa mère, Madeline Paris, une jeune femme de Sellières, se sont vite installés à Lons-le-Saunier. Ils y ont tenu un négoce d’objets en bois et autres objets de tournerie, route de Montaigu.

    Leur fils, André, fera ses études primaires à Lons-le-Saunier, avant de rejoindre les bancs de l’École Normale…

    Engagé dans la 2e DB de Leclerc

    Très vite, passionné par l’Algérie et le Sahara, il sera nommé « instituteur de l’enseignement des indigènes » et rejoindra l’Algérie à seulement 19 ans. Il est également professeur adjoint de lycée et, en parallèle, obtiendra une licence de géologie… Et un titre de géologue hydrologue…

    La guerre éclate et André Cornet est mobilisé comme officier. Alors qu’il est affecté dans un service de Santé, il demande à rejoindre une unité de combat, dans les chars. Ce qui lui sera accordé. Démobilisé en août, il regagne alors l’Algérie et sera à nouveau mobilisé en 1943, comme officier des Affaires indigènes. Affecté à nouveau, et à sa demande, dans un régiment de chars, il devient lieutenant. En 1944, il rejoint les rangs de la deuxième DB du général Leclerc, au sein de laquelle il fera toute la campagne de France. Son comportement et son adresse comme commandant de char lui vaudront la Croix de Guerre et la Presidential unit citation, distinction attribuée par les États-Unis d’Amérique.

    Après sa démobilisation, il rejoindra l’Algérie où il se mariera avec Suzanne Huet, une Alsacienne qui lui donnera cinq enfants.

    Détaché par l’Éducation nationale, en 1941, en qualité de géologue au réseau de chemin de fer de la Méditerranée au Niger, puis au service de la colonisation et de l’hydraulique de l’Algérie, il exercera des fonctions de chef de service, jusqu’à son décès.

    Rechercher l’eau au Sahara

    Toutes ces années, il les passera à parcourir le Sahara. Dans tous les sens et par tous les moyens. Pendant longtemps à dos de chameau, puis aux commandes d’un avion. Il a fait partie de plusieurs missions de recherche. Au Tchad, en 1953, au Guatemala, en 1956, et au Ténéré, en 1960, avec la mission Berliet, dont l’alpiniste et explorateur Roger Frison-Roche rendra compte dans son livre Mission Ténéré.

    Ses recherches seront à l’origine de la découverte et de l’exploitation de la nappe phréatique aquifère souterraine du Sahara du nord-est. Il avait même commencé à préparer une thèse sur le Continental intercalaire et le Continental terminal, qu’il n’a malheureusement pas pu terminer ni présenter. Aujourd’hui, soixante ans plus tard, ses travaux et les cartes géologiques qu’il a établies font encore référence et sont souvent citées dans de récentes thèses d’étudiants en géologie, tant en France qu’en Afrique du Nord.

    Très attaché à l’Algérie

    « André Cornet était très attaché à l’Algérie et à l’Afrique du Nord, en général, où il avait espéré voir se mettre en place une politique d’intégration sincère et lucide, confie son fils, Louis Cornet. Il était un humaniste et s’efforçait, dans le chaos des derniers mois de l’Algérie française, de lutter contre les haines entre les deux communautés et de préserver les intérêts de la France dans l’Algérie à venir… » Ce qui, de la bouche même de son fils, le désigna comme cible des tueurs de l’OAS.

    Le matin du 13 janvier 1962, ils sonnèrent à sa porte et l’abattirent froidement. Dix jours plus tard, un jeune géologue, tout juste arrivé de France, était assassiné à son tour. Les cinq enfants d’André Cornet sont alors rentrés en France. Avec le temps, et dans l’intimité familiale, ils ont « mis le boisseau » sur cette histoire. Ce n’est que cinquante ans plus tard, en 2012, avec l’aide de gens de Sellières, où ils ont toujours des attaches, qu’ils ont souhaité rendre un hommage posthume à leur père. À leur ami…

    Ce jeudi 13 janvier, ceux qui gardent un souvenir de cet homme remarquable que fut d’André Cornet, ne manqueront pas de se retrouver, à 15 heures, sur le cimetière de Sellières, où un hommage anniversaire lui sera rendu.

    SOURCE : https://www.leprogres.fr/societe/2022/01/13/il-y-a-60-ans-ce-jurassien-etait-assassine-par-l-organisation-de-l-armee-secrete

    Il y a 60 ans, ce Jurassien était assassiné pendant la guerre d'Algérie par l'OAS

      

     

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    Présidentielle

    Guerre d’Algérie : en 2022, Macron veut être

    le président de toutes les mémoires ?

    Pour le moment les victimes de l’OAS sont oubliées

    et humiliées !!!

      Présidentielle  Guerre d’Algérie : en 2022, Macron veut être le président de toutes les mémoires ?  Pour le moment les victimes de l’OAS sont oubliées, humiliées !!!

     Emmanuel Macron en visite à Alger en 2017 

    Dans sa dernière ligne droite de mandat, le président Macron accélère la reconnaissance des exactions de l’armée française en Algérie. Un projet de loi de réparation envers les harkis doit être examiné au Sénat à partir de mercredi.

    Les mémoires de la guerre d’Algérie sont une affaire de famille. Il ne faut froisser personne, avec le risque de braquer tout le monde. 2022, année d’élection présidentielle, marque les 60 ans de la fin du conflit. A trois mois du premier tour, les cérémonies du 19 mars risquent d’enflammer le débat. Date controversée, qui rappelle à la fois le cessez-le-feu de 1962, mais aussi le début de l’exode des Français d’Algérie. Le quasi-candidat Emmanuel Macron ne veut rien laisser au hasard. «Tout ce qui a trait à cette mémoire est sensible. Il faudra être extrêmement précautionneux», anticipe un conseiller élyséen, alors que le quinquennat a été marqué par de nombreuses prises de position du locataire de l’Elysée... nous annonce ce matin le quotidien Libération.

     

    être extrêmement précautionneux

    ce n’est pas oublier, humilier

    les victimes de l’OAS

    Geneviève Darrieussecq souhaite trouver une date neutre... quelle hypocrite !!! Car on l'a vu le 26 mars 2021 et le 5 décembre 2021... Concernant le 19 mars il faut trouver une autre date !!! 

    Geneviève Darrieussecq, la ministre chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, pilote le dossier. "Il faut construire un temps mémoriel qui ait du sens pour tous", explique-t-elle. Elle souhaite "trouver une date neutre" autour de laquelle "unir toutes les mémoires de ce conflit douloureux". Elle a commencé à réunir les associations du monde combattant pour plancher sur un rendez-vous commun. Les Invalides sont cités comme lieu probable pour cette commémoration.

    Ils ont osé… Ils ont occulté l’OAS !!!

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Aucun président de la République avant M. Macron avaient osé envoyer (son, sa ministre) en l'occurrence pour le 26 mars 2021 la Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq participer à la Commémoration de la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962 au mémorial du Quai Branly, c’est une honte !!!

     

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Auprès de Geneviève Darrieussecq et Arnaud Ngatcha, Hugues Renson commémorait le 26 mars dernier la fusillade de la rue d’Isly.

     

    Ce 5 décembre : Une parodie cérémonielle pour un simulacre de réconciliation mémorielle

    Hommage aux morts pour la France

     de la guerre d’Algérie le 5 décembre 2021

     à Paris

     

    Une parodie cérémonielle

     pour un simulacre

     de réconciliation mémorielle 

     

    Ce dimanche matin, de 10h00 à 11h00, en la Cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides à Paris (7e), Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, a présidé la cérémonie officielle d'hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie. 

    Cette cérémonie s’est déroulée en présence d’autorités civiles et militaires, d’élus ainsi que de représentants d’associations : j’y étais invité et je m’étais inscrit en vue d’y assister. Au dernier moment, je me suis ravisé et ne l’ai pas regretté. 

    Il s’est agi, en effet, d’un spectacle parodique, marqué par le dépôt d’une gerbe minuscule au pied d’un chevalet dérisoire supportant un écriteau porteur de l’inscription "Journée nationale d’hommage aux « Morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie". 

     

    Une parodie cérémonielle pour un simulacre de réconciliation mémorielle


    Le ton avait été donné, quelques minutes auparavant, avec un message tendancieux, diviseur, confinant au caricatural. 

    Reconnaissant le sacrifice des militaires (soldats de métier, jeunes appelés ou rappelés sous les drapeaux, personnels féminins des Armées), des supplétifs, des rapatriés d’Afrique du Nord, des personnes disparues, des victimes civiles des 26 mars et 5 juillet 1962, respectivement à Alger (rue d’Isly) et dans les rues et immeubles d’Oran, Geneviève Darrieussecq n’a pas eu un mot pour les membres des forces de l’ordre (gendarmes, policiers, CRS). Aucune mention, fût-ce allusive, aux victimes militaires et civiles de l’OAS ! 

    Pire, au risque de se voir reprocher une certaine forme de réécriture de l’histoire, elle a affirmé, à propos des Français d’Algérie d’origine européenne : « Ils n’étaient pas les exploiteurs haineux souvent caricaturés. Ils partageaient une vie, un pays, une terre avec les populations arabes ou berbères d’Algérie. ». Aucune précision, cependant, sur les modalités de la répartition. 

    En conclusion d’une manifestation à la tonalité nostalgérique assumée, la ministre déléguée a longuement salué chacune et chacun des invités cependant que la musique militaire interprétait le chant des Africains, hymne des partisans de l’Algérie française et de l’OAS. 

    Ni le député de Paris Gilles Le Gendre (LREM), ni le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi (Les Républicains) n’ont sourcillé. 

    Espérée digne, inclusive, respectueuse de toutes les mémoires des victimes de la guerre d’Algérie, la prestation de la ministre Darrieussecq aura contribué de la pire façon à la rémanence des antagonismes. Elle aura par ailleurs desservi le dessein gouvernemental d’une relation apaisée entre la France et l'Algérie. 

    Jean-François Gavoury
    Pupille de la Nation
    Orphelin de guerre
    Président de l’Association nationale
    pour la protection de la mémoire
    des Victimes de l’OAS (ANPROMEVO) 
     

    PS : cf. https://www.youtube.com/watch?v=gBv6qejR1No)

     

     

    Hier, à Alençon, Jean-François Gavoury

    a eu des mots très durs et sans

    concession pour Geneviève Darrieussecq

      Présidentielle  Guerre d’Algérie : en 2022, Macron veut être le président de toutes les mémoires ?  Pour le moment les victimes de l’OAS sont oubliées, humiliées !!!

     

    Aux yeux de l’association représentative de l’ensemble des victimes survivantes et familles de victimes de l’OAS, le ministère français des Armées, de la Mémoire et des Anciens combattants présente les apparences d’un monstre :

    …/

    - un monstre froid qui ne s’est pas satisfait du temps de la paix ouvert par le cessez-le-feu en Algérie et qui, sous le couvert de mandats internationaux ou d’appels au secours de ses anciennes colonies, s’est érigé en belligérant dans le cadre d’opérations militaires à l’extérieur du territoire national ;

    - un monstre d’opportunisme qui, soutenu par certaines associations, voit dans cette relève des anciens d’Algérie, une forme d’aubaine puisqu’à défaut le monde combattant serait voué à disparaître ;

    - un monstre qui entretient sa propre croissance non seulement en étendant sa liste des « Morts pour la France » mais aussi en créant de nouvelles bases de données telles que celle des « Militaires décédés en Opérations extérieures » et en leur dédiant un « haut lieu de la mémoire nationale », dixième du nom derrière le Mémorial national des Morts pour la France en Afrique du Nord ;

    - un monstre qui se repaît, à rythme hélas régulier, de brillants panégyriques lors de cérémonies laïques à fonction psychopompe ;

    - un monstre à deux têtes : l’une que l’on dit gestionnaire rigoureuse ; l’autre que l’on sait mal faisante.

    Oui, Geneviève Darrieussecq fait mal.

    Elle fait mal aux victimes de l’OAS, à l’égard desquelles elle ressent une véritable allergie qui, selon toute vraisemblance, ne date pas de son accès à des responsabilités de niveau gouvernemental.

    Elle fait mal au Premier ministre et au Président de la République en affichant sa proximité physique et sa complicité idéologique avec les anciens membres et sympathisants de l’OAS. S’inscrivant ainsi dans la lignée d’un Hubert Falco inspirant son maître Hervé Morin, elle entraîne sa supérieure, Mme Florence Parly, sur le terrain de la rupture avec le pacte républicain au nom duquel Messieurs Jean Castex et Emmanuel Macron affirment qu’une mémoire objectivée - autrement dit, plurielle - est seule de nature à ouvrir la voie à une réconciliation des peuples.

    Le Gouvernement ne saurait porter la marque de l’idéologie coloniale et de l’OAS : pas plus que le colonialisme à prétention émancipatrice, le néocolonialisme à vocation pacificatrice ne peut se prétendre compatible avec les libertés démocratiques ; moins que quiconque Geneviève Darrieussecq n’est habilitée à porter la parole de la mémoire de la guerre d’Algérie et de sa douleur si elle occulte et insulte celles des victimes de l’OAS, comme elle fait par ailleurs à l’égard des membres des forces de l’ordre qu’elle ignore et méprise, quels qu’aient été leurs assassins !

    J’exhorte le chef de l’État à mettre de l’ordre dans les rangs de ses collaborateurs et à accomplir d’ici au 19 mars prochain le geste auquel je l’ai invité en dernier lieu le 15 novembre dernier : un geste d’apaisement d’une blessure mémorielle cruellement ravivée par Geneviève Darrieussecq les 26 mars et 5 décembre 2021 ; un geste qu’apprécieront celles et ceux qui, dans tout juste un mois, à Paris, célèbreront le souvenir des Morts de Charonne ; un geste qui sera salué de part et d’autre de la Méditerranée ; un geste que Madame Brigitte Macron ne désavouera pas, je crois pouvoir l’indiquer ici.

    À toutes et tous, bonne année du soixantenaire de la fin de la guerre d’Algérie, et grand merci tant aux médias locaux qu’au quotidien El Watan d’avoir annoncé, dans leurs colonnes ou sur leurs ondes, ce rendez-vous exceptionnel du 8 janvier.

     Jean-François Gavoury

     

     

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    Alençon. En présence de l'historien

     Alain Ruscio, ils rendent hommage à Alfred Locussol

    assassiné par l'OAS

      Alençon. En présence de l'historien Alain Ruscio, ils rendent hommage à Alfred Locussol, assassiné par l'OAS

    Une quarantaine de personnes s’est réunie devant la stèle en hommage à Alfred Locussol à Alençon, samedi 8 janvier. (©L’Orne hebdo)

    La presse de l’époque avait largement relayé l’information : Alfred Locussol, fonctionnaire et militant au sein du parti communiste, était assassiné devant la porte de son domicile, avenue Wilson à Alençon, le 3 janvier 1962.

    Les deux assassins ont été jugés et reconnus coupables par le tribunal d’Alençon (Orne), en juillet de la même année. Ils s’agissaient de membres de l’OAS, l’organisation armée secrète opposée à l’indépendance de l’Algérie.

    60 ans plus tard, le souvenir est toujours présent. Vendredi 7 janvier 2022, une exposition et une conférence étaient organisées salle des Tilleuls à Saint-Germain-du-Corbéis (Orne).

      Alençon. En présence de l'historien Alain Ruscio, ils rendent hommage à Alfred Locussol, assassiné par l'OAS

    Alain Ruscio (au centre sur la photo) était à Alençon afin de donner une conférence sur l’histoire de l’OAS et assister à l’hommage rendu à Alfred Locussol.

    Une cinquantaine de personnes était venue écouter Alain Ruscio, historien ayant travaillé sur l’histoire de la colonisation et des luttes pour l’indépendance, du Vietnam à l’Algérie.

    Cette conférence évoque le parcours de l'OAS, de 1961 à 1964 mais surtout les racines profondes en Europe qui ont permis son éclosion, du fait de la colonisation.

    Alain Ruscio n’a pas hésité à parler de « folie meurtière ».

    L'OAS a fait payer le prix fort, à ses opposants mais aussi à sa propre communauté.

    Si c’est la première fois qu’il venait à Alençon, il connaît bien l’histoire d’Alfred Locussol « un crime parmi les nombreux commis par l’OAS ».

    Le lendemain, une quarantaine de personnes s’est réunie devant la stèle érigée sur le parvis de la gare en hommage à l’Alençonnais tombé sous les balles des agents de l’OAS.