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    L’Algérie célèbre ses 60 ans d’indépendance

    mais les plaies

    de la colonisation sont toujours

     à vif

    5 juillet 1962 : à Oran ils occultent l'OAS !!!

     

    De jeunes algériens accrochent un drapeau national, à Alger, le 6 juillet 1962. (AFP)

    Il y a 60 ans, le 5 juillet 1962, l’Algérie proclamait son indépendance, quelques jours après un référendum d’autodétermination. Mais en Algérie, les plaies restent vives alors que la France exclut toute « repentance » ou « excuses ».

    L’Algérie célèbre ce mardi le 60e anniversaire de son indépendance après 132 ans de colonisation française, dont la mémoire crispe toujours ses relations avec Paris en dépit des gestes symboliques de la France. Après près de huit ans de guerre entre les insurgés algériens et l’armée française, les armes se sont tues le 18 mars 1962 aux termes des accords historiques d’Evian, ouvrant la voie à la proclamation d’indépendance de l’Algérie le 5 juillet de la même année, approuvée quelques jours plus tôt par 99,72 % des voix lors d’un référendum d’autodétermination.

    Les autorités prévoient une célébration en grande pompe de ce 60e anniversaire avec comme point d’orgue une imposante parade militaire dans la capitale, la première depuis 33 ans. Selon le programme des festivités divulgué par le ministre des Moudjahidines (anciens combattants) Laid Rebiga, un méga-spectacle épique, qui « retracera l’histoire millénaire de l’Algérie », est également prévu lundi soir à l’opéra d’Alger. Signe de l’importance que revêt l’occasion pour le pouvoir, un logo spécial, de forme circulaire orné de 60 étoiles, a été conçu pour marquer l’anniversaire, avec comme slogan « une histoire glorieuse et une ère nouvelle ».

    Réchauffement des relations

    Macron-Tebboune

    L’indépendance a été arrachée au terme de sept ans et demi de guerre qui a fait des centaines de milliers de morts, faisant de l’Algérie la seule ex-colonie française d’Afrique dans les années 1960 à s’affranchir par les armes de la tutelle de la France. Mais 60 ans après la fin de la colonisation, les plaies restent vives en Algérie alors que la France exclut toute « repentance » ou « excuses », bien que le président français Emmanuel Macron s’efforce depuis son élection d’apaiser les mémoires avec une série de gestes symboliques.

    « Soixante ans après l’indépendance, n’est-il pas temps de dépassionner cette histoire ? », s’interroge l’historien Amar Mohand-Amer. La relation bilatérale semblait avoir atteint son plus bas niveau en octobre lorsque Emmanuel Macron avait affirmé que l’Algérie s’était construite après son indépendance sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire », suscitant l’ire d’Alger.

    Mais les relations se sont progressivement réchauffées ces derniers mois et Emmanuel Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune ont exprimé leur volonté de les « approfondir » lors d’un entretien téléphonique le 18 juin. Fin avril, Abdelmadjid Tebboune avait félicité Emmanuel Macron pour sa « brillante » réélection et l’a invité à se rendre en Algérie.

    « Crises et pseudo-retrouvailles »

    « Le rapide retour à une situation normale, suite à la grave crise des derniers mois (…) est en rapport avec les tensions régionales, notamment en Libye, qu’il ne faudrait pas occulter ou minimiser », décortique Amar Mohand-Amer auprès de l’AFP. « La géopolitique régionale très instable commande des postures fortes sur le moyen et long terme et la consolidation des relations politiques et économiques entre les deux pays », ajoute l’historien.

    Le président du parti d’opposition Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Athmane Mazouz, souligne que les « relations entre le système de pouvoir en Algérie et la France officielle sont rythmées par des crises et de pseudo-retrouvailles depuis l’indépendance du pays ». « Au stade actuel, personne ne peut parier un sou pour parler de refondation. L’instrumentation de cette relation d’un côté comme de l’autre n’échappe à personne », ajoute-t-il. Amar Mohand-Amer redoute que la politique de réconciliation mémorielle d’Emmanuel Macron ne soit mise à rude épreuve par les récents succès électoraux du parti d’extrême droite de Marine Le Pen, le Rassemblement national, en France.

    « La montée du RN n’augure rien de bon »

    Marine Le Pen avait en effet réaffirmé en mars que « la colonisation avait contribué au développement de l’Algérie », reprochant à Emmanuel Macron une politique consistant à « passer sa vie à s’excuser sans rien demander en contrepartie à un gouvernement algérien qui ne cesse d’insulter la France ».

    « La montée fulgurante du Rassemblement national aux législatives en France n’augure rien de bon. L’extrême droite française va transformer ce mandat en un grand champ de bataille mémoriel où le révisionnisme et la falsification de l’histoire seront omniprésents », a mis en garde Amar Mohand-Amer.

    Sur le plan intérieur, le pouvoir a mis à profit l’anniversaire pour tenter d’alléger les crispations, trois ans après avoir été ébranlé par les manifestations prodémocratie du Hirak. Abdelmadjid Tebboune a en effet lancé en mai une initiative pour briser l’immobilisme politique en recevant à tour de rôle plusieurs dirigeants de partis politiques, y compris de l’opposition, et des responsables d’organisations syndicales et patronales.

    SOURCE : L’Algérie célèbre ses 60 ans d’indépendance mais les plaies de la colonisation sont toujours à vif - France - Le Télégramme (letelegramme.fr) 

     

    Macron fait un double geste

    envers les Algériens

    et les pieds-noirs

    5 juillet 1962 : à Oran ils occultent l'OAS !!!

    NURPHOTO VIA GETTY IMAGESEmmanuel Macron, ici à l'Élysée à Paris, le 1er juillet 2022.

    Le président a adressé une lettre à Abdelmadjid Tebboune à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

    ALGÉRIE - Emmanuel Macron a appelé au “renforcement des liens déjà forts” entre la France et l’Algérie dans une lettre adressée à son homologue Abdelmadjid Tebboune à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

    Une gerbe sera aussi déposée en son nom ce mardi au Mémorial National de la Guerre d’Algérie et des Combats du Maroc et de la Tunisie, quai Branly, à Paris en hommage aux victimes du massacre d’Européens à Oran, le jour même de l’indépendance, le 5 juillet 1962, a annoncé ce lundi 4 juillet l’Élysée.

    “L’anniversaire des 60 ans de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 2022, est l’occasion pour le Président de la République d’adresser par une lettre au Président Tebboune ses vœux au peuple algérien et de dire son souhait que se poursuive le renforcement des liens déjà forts entre la France et l’Algérie”, a indiqué la présidence française.

    “Il y réitère, en outre, son engagement à poursuivre sa démarche de reconnaissance de la vérité et de réconciliation des mémoires des peuples algérien et français”, poursuit l’Élysée.

    Le 5 juillet 1962, l’Algérie a proclamé son indépendance, après 132 ans de colonisation française et une guerre de libération sanglante de près de huit ans.

    Soixante ans plus tard, les plaies sont encore vives de part et d’autre malgré des gestes symboliques au fil des ans de la France.

    Les relations se sont progressivement réchauffées ces derniers mois

    En septembre 2018, un an après son élection, Emmanuel Macron reconnaît que le jeune mathématicien communiste Maurice Audin est mort sous la torture de l’armée française en 1957 et demande “pardon” à sa veuve.

    Après la publication du rapport de l’historien français Benjamin Stora, en janvier 2021, il s’engage à des “actes symboliques” pour tenter de réconcilier les deux pays, mais exclut “repentance” et “excuses”, ce qui est froidement accueilli à Alger.

    Dans le même souci de réconciliation des mémoires, il exprime le 26 janvier 2022 “la reconnaissance” de la France envers les rapatriés d’Algérie et exhorte à “reconnaître” et “regarder en face” le “massacre du 5 juillet 1962″ à Oran, qui toucha “des centaines d’Européens, essentiellement des Français”.

    “Il avait alors dénoncé l’engrenage mortifère de la guerre civile et réaffirmé son attachement à ce que la mémoire n’occulte aucun pan de l’Histoire et à ce que celle-ci soit transmise”, a rappelé l’Élysée.

    La relation bilatérale s’est envenimée en octobre 2021 lorsque Emmanuel Macron a affirmé que l’Algérie s’était construite après son indépendance sur “une rente mémorielle”, entretenue par “le système politico-militaire”, suscitant l’ire d’Alger. 

    Mais les relations se sont progressivement réchauffées ces derniers mois et le président français et son homologue algérien ont exprimé leur volonté de les “approfondir” lors d’un entretien téléphonique le 18 juin.

    SOURCE : Macron fait un double geste envers les Algériens et les pieds-noirs | Le HuffPost (huffingtonpost.fr) 

     

     

    A Oran ils occultent l'OAS

    Par Anne Guérin-Castell

    Le 5 juillet à Oran… Tous ceux qui avancent cette date avec la litanie des morts et disparus de ce jour-là oublient de dire la politique de terreur sanglante que menait depuis des mois l'OAS toute puissante dans cette ville, les descentes nocturnes et armées dans les quartiers habités par des Algériens, les snipers pieds-noirs qui depuis le haut de plusieurs immeubles tiraient sur toute personne tentant de sortir ou de rentrer dans le quartier Mdina J'dida (appelé «quartier nègre » !) , la bombe placée dans le même quartier qui a tué de nombreuses personnes et, alors que tout le monde accourait pour porter secours aux victimes, l'explosion d'une seconde bombe  avec un intervalle de temps calculé pour faire un carnage, l'intimidation ciblée des quelques «Européens» favorables à l'indépendance de l'Algérie, les pressions exercées sur les autres pour qu'ils se joignent aux expéditions meurtrières.
    Oran, fief des plus extrémistes et obtus membres de l'OAS, tel celui qui, des années après, déclarait fièrement qu'il n'avait tué personne de sa main mais qu'il en avait fait tuer beaucoup, Oran était devenue une ville de sang bien avant ce funeste 5 juillet, la mort avait été semée dans ses rues par ceux qui aujourd'hui s'accrochent à une histoire falsifiée qu'ils ont transmise à leurs descendants et qui, après la reconnaissance de la responsabilité de l'État dans la mort de Maurice Audin se lamentent pitoyablement : «Et nous, et nous ?»
    Est-ce trop leur demander que d'avoir au moins la pudeur de ravaler leurs larmes et le courage de regarder en face le mal auquel ils ont participé, ne serait-ce que par leur silence, ou qui a été fait en leur nom, au prétexte de les protéger ?
    Ah, disent-ils aujourd'hui, comme on les aimait, les arabes (ça leur arracherait les tripes de dire les Algériens), comme on était proches ! Ah, que je l'aimais, ma fatma, c'est elle qui m'a élevée (sans se rendre compte de ce que peut avoir de choquant l'utilisation de ce nom «fatma» donné indifféremment à toute femme algérienne) !
    Ce n'est pas l'État français qui est responsable de ce qui s'est passé le 5 juillet à Oran, c'est l'OAS et tous ceux qui ont soutenu ces assassins, implicitement ou explicitement, c'est-à-dire ceux-là mêmes qui aujourd'hui se lamentent.

    Anne Guérin-Castel

     


    5 juillet 1962 : à Oran ils occultent l'OAS !!!

    Et à Béziers est-ce le meurtre des Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui sera peut-être commémoré ce 5 juillet 2022 ou l’adulation et la prosternation  du « provocateur sans frontières » qui se recueillerait, comme chaque année devant la tombe des généraux factieux de l’OAS au cimetière vieux ?  

    Ménard y développa la thèse du seul meurtre des Européens. Cette thèse est une construction idéologique de l'OAS qui vise à légitimer a posteriori son célèbre positionnement : « la valise ou le cercueil ». 

    Une violence réelle 

    Il y a bien eu un massacre le 5 juillet 1962 à Oran, 3 mois après les accords de paix d'Evian, 2 jours après la reconnaissance officielle de l'indépendance de l’Algérie, quelques heures avant sa proclamation. Ce massacre est le fait de différentes factions armées algériennes à l'encontre de civils européens et musulmans (plusieurs centaines de personnes).   

    Une violence réciproque 

    A la fin de l'année 1960, le FLN commence à se fondre dans la population musulmane d’Oran (220000 personnes). Durant l'été 1961, l’OAS fait de même dans la population européenne (213000 personnes). Dans une ville où le terrorisme était contenu, cette double infiltration provoque un déferlement de violence : aux attentats du FLN répliquent ceux de l'OAS et vice-versa. Ces attentats dressent les populations les unes contre les autres. Chacun voit dans l'autre le possible complice des terroristes adverses. Confrontées à un sanglant chaos, les autorités sont conduites à séparer les deux communautés, ce qui va avoir des conséquences dramatiques. Oran est alors un champ de bataille ou s'affrontent, FLN, OAS, barbouzes et forces armées françaises. Les habitants d’Oran, victimes et otages, vont payer au prix fort leur dépendance aux stratégies de terreur, de contre-terreur et de répression. 

    Une violence sélective 

    Dans ce contexte pourquoi ne retenir, comme le font Ménard et les nostalgériques pro-OAS, le seul massacre des Européens ? 

    Tous ces nostalgériques sont dans une construction idéologique qui se sert des réels massacres d'Oran d'hier pour légitimer une ligne politique de ségrégation actuelle entre Européens et populations arabes. Cette ségrégation fonde un impossible « vivre ensemble » au nom de différences instituées comme indépassables. Cette logique de ségrégation est la même qui animait l'OAS en Algérie. 

    S'il est vrai que des factions armées algériennes ont tout fait pour provoquer à Oran une fuite des Européens (rejoignant en cela l'OAS), il ne faut pas oublier que la ségrégation qui régnait en Algérie est une des conséquences de la colonisation (jamais critiquée par l'OAS et les « nostalgériques »). Nous ne sommes donc pas dans le questionnement de la poule et de l'œuf ! C'est bien la forme qu'a pris la colonisation en Algérie qui est la poule. L'œuf de la violence et des massacres n'a été que la résultante des terreurs et contre-terreurs de l'OAS et du FLN. 

    Quelle reconnaissance, de quelle violence? 

    En particulier pendant la Guerre de Libération de l’Algérie, la France a une terrible responsabilité qu’elle n’a toujours pas reconnue, ni donc condamnée :
    - Ce sont des crimes d’état : du 8 Mai 1945 à Sétif / Guelma / Khératta les massacres qui ont fait plus de 40.000 victimes, du 17 octobre 1961 au Pont Saint-Michel à Paris où plusieurs centaines d’Algériens ont été massacrés, noyés dans la Seine, assassinés par la police, du 8 février 1962 au Métro Charonne à Paris où 9 militants pacifiques ont été assassinés par le Police
    - Ce sont des crimes de Guerre : avec l’utilisation des gaz VX et Sarin, avec l’utilisation du napalm (600 à 800 villages ont été rasés : des Oradour-sur-Glane algériens !!!)
    - Ce sont les autres crimes : le colonialisme, l’institutionnalisation de la torture, les viols, les exécutions sommaires (corvées de bois, "crevettes Bigeard"…), les essais nucléaires du Sahara, les camps d’internements (pudiquement appelés camps de regroupements qui ont fait des centaines de milliers de morts)…

     Ils ont osé… Ils ont occulté l’OAS !!!

     

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Aucun président de la République avant M. Macron avaient osé envoyer (son, sa ministre) en l'occurrence pour le 26 mars 2021 la Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants Geneviève Darrieussecq participer à la Commémoration de la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962 au mémorial du Quai Branly, c’est une honte !!!

     

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Auprès de Geneviève Darrieussecq et Arnaud Ngatcha, Hugues Renson commémorait le 26 mars dernier la fusillade de la rue d’Isly.

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!

    Ils ont osé… Ils ont oublié l’OAS !!!


    SOURCE : https://huguesrenson.fr/commemoration-de-la-fusillade-de-la-rue-disly-au-memorial-du-quai-branly/ 


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    Chaque année, le 26 mars, des groupuscules extrémistes organisent des commémorations pour les victimes de la fusillade rue d'Isly à Alger qui ne sont pas « Mortes pour la France », mais tombées pour soutenir l’OAS qui les a manipulées et les noms de ces victimes n’auraient jamais dû avoir leur place au Mémorial National du Quai Branly à Paris, qui devait demeurer le lieu d’hommage aux militaires français « Morts pour la France » durant la guerre d’Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc, sans oublier les victimes des jusqu’au-boutistes de l’Algérie française agissant au sein des commandos de la mort de l’OAS : c’est-à-dire les civils, les représentants des forces de l’ordre, les magistrats, les fonctionnaires de l’éducation nationale restés fidèles à la République jusqu’au sacrifice de leur vie.

     RAPPELS HISTORIQUES 

     

    Suite à la proclamation du cessez-le-feu entre la France et le FLN (accords d'Évian), le 19 mars 1962, qui marque officiellement le cessez-le-feu de la guerre d'Algérie, le Haut-Commandement de l'OAS (général Raoul Salan) lance un appel aux Français d'Algérie le 22 mars 1962.
    Les troupes du contingent sont déclarées comme une force d'occupation. Un combat fratricide, la bataille de Bab El Oued, débute le 23 mars 1962. Elle oppose l'Armée Française (général Charles Ailleret) aux Commandos Delta dans le quartier européen d'Alger.
    Le dénouement de ce siège est la fusillade de la rue d'Isly, le 26 mars 1962. Le bilan officiel fait état de dizaines de morts et de centaines de blessés, pourtant la guerre d'Algérie est censée être terminée...
     

    Le 18 mars 1962, des accords sont signés à Evian par le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République Algérienne (GPRA). Ces accords qui allaient pouvoir mettre fin à la guerre d’Algérie stipulaient, dans leur Article 1, que le cessez-le-feu serait proclamé le 19 mars 1962 à midi sur le terrain par les Etats-majors de l’Armée française et de l’Armée de Libération Nationale Algérienne.  

    Le même 18 mars, l’OAS présente publiquement les accords d’Evian  de façon tronquée.  

    Le 19 mars les suppléments hebdomadaires des journaux algériens « La Dépêche quotidienne » et « Le Journal d’Alger » se font largement l’écho de l’OAS et annoncent « l’abandon complet de la minorité européenne livrée aux tueurs du F.L.N. »  

    Le 19 mars, alors que le général Ailleret proclame le cessez-le-feu, une émission pirate de l’OAS diffuse une déclaration du général Raoul Salan – chef de l’OAS – qui condamne le cessez-le-feu et donne l’ordre de « commencer immédiatement les opérations de harcèlement dans les villes, contre les forces ennemies », c'est-à-dire l’armée, le contingent, les CRS, les gendarmes, les policiers, etc.  

      Le 20 mars :  

    A  Oran l’OAS règne et multiplie – depuis des jours déjà – fusillades, ratonnades et hold-up sous les ordres de Jouhaud et de ses adjoints.  

    Une édition spéciale OAS est tirée à « l’Echo d’Oran » et diffusée à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires Des commandos OAS, en uniforme, parcourent la ville et un affrontement avec l’armée fait 10 morts et 16 blessés.  

    A Alger Un commando « Delta » de l’OAS assassine, dans la cellule du commissariat de police d’Hussein-Dey où ils sont détenus, 4 algériens arrêtés, tandis que d’autres ultras lâchés en ville « ratonnent » dans les quartiers européens qu’ils veulent interdire complètement aux Algériens.  

    - Un détachement OAS tire au mortier sur l’un des endroits des plus populeux d’Alger, la place du gouvernement au bas de la Casbah. Bilan : 24 morts et 60 blessés, tous algériens.  

    Le 22 mars à Oran l’OAS s’empare de tout l’argent liquide de la Banque d’Algérie située Bd Galliéni – Butin : 2 milliards 200 millions de francs de l’époque !  

      Nuit du 22 au 23 mars, Alger  

    Les commandos « Z » de l’OAS s’installent à Bab-el-Oued. Au matin, une patrouille d’appelés du contingent tombe dans leur embuscade : bilan, 3 morts et 3 blessés graves.  

    Les gendarmes mobiles bouclent le quartier. L’OAS tire des balcons, des terrasses, transformant les rues en terrain de guérilla. Malgré l’appui de l’aviation, l’OAS tire à la mitrailleuse sur les gendarmes. Bilan : 15 morts, 70 blessés.  

    Bab-el-Oued est alors bouclée, coupée d’Alger et fouillée durement de fond en comble.  

    Briser le blocus de Bab-el-oued telle est sa dernière chance, estime l’OAS, pour réussir à Alger, et faire oublier aux « pieds noirs » l’échec de la bataille de Bab-el-Oued et l’arrestation de Jouhaud à Oran par le général Katz. et désarmer l’armée en lui opposant une masse de civils désarmés, pour  recréer au centre d’Alger une zone insurrectionnelle.  

    - Le Préfet de police d’Alger, Vitalis Cros, interdit la manifestation, fait diffuser toutes les demi-heures un communiqué, tandis que des voitures haut-parleurs militaires sillonnent la ville pendant toute la matinée, répétant inlassablement – tout au long des rues – la « mise en garde officielle » qui avertit que « les forces du maintien de l’ordre les dispenseront (les manifestations), LE CAS ECHEANT, AVEC LA FERMETE NECESSAIRE ». 

    Le 26 mars à Alger  

    Un cortège de 3000 à 4000 européens, descendus du plateau des Glières (au centre d’Alger), se dirige vers Bab-el-Oued pour « affirmer leur solidarité avec le quartier martyr ». 

     

    À partir de 14 h 30, la foule est immense, et son audace croît. Des injures partent en direction des tirailleurs : « Espèce de fellaghas ! » Les chefs de l’OAS sentent qu’ils sont peut-être sur le point de faire sauter le verrou et poussent en avant la foule surexcitée. Le jeune lieutenant algérien et ses hommes sont roulés comme une vague. À 14 h 45, une rafale de fusil-mitrailleur claque en direction de la troupe, du balcon du 64 de la rue d’Isly. « On nous tire dessus !, lance dans son émetteur-récepteur le lieutenant Ouchene Daoud, dois-je riposter ? » Le PC du régiment donne le feu vert. Et c’est la mitraillade aveugle entrecroisée, sauvage. Puis ces cris de « Halte au feu ! Halte au feu, je vous en supplie, mon lieutenant ! », que l’on entend comme des SOS de noyés, poussés par des voix blanches et déjà perdues.

    Le carnage ne devait pas durer plus de quelques minutes. Mais ces minutes-là ont fait quarante-six morts et deux cents blessés, dont une vingtaine n’ont pas survécu, presque tous du côté des civils algérois. L’irrémédiable est accompli, les forces de la République ont tiré sur la foule - ce que chacun, d’ailleurs, pressentait depuis des mois, le tenant pour inévitable, tant du côté du pouvoir que de celui de l’OAS. Pour horrible que soit le massacre, et graves les responsabilités de ceux qui n’ont pas su éviter l’engagement des forces les moins préparées à un tel affrontement, c’est l’OAS qui devait pâtir surtout de la tuerie : non seulement parce que ses responsabilités dans le déclenchement du feu sont lourdes, mais aussi parce que, ayant voulu engager l’épreuve de force après sa défaite de Bab-el-Oued, elle a perdu.

    Les centaines de victimes de la rue d’Isly, le 26 mars 1962 jettent sur les accords d’Évian une tache de sang, une de plus. Mais cet « holocauste » marque le déclin décisif de ceux qui ont voulu éviter l’inévitable par l’émeute et la terreur. À dater du 26 mars 1962, l’OAS n’est plus qu’un fantôme qui sera réduit, moins de trois mois plus tard, à tenter de négocier pour son compte avec le FLN, non sans avoir poussé au pire sa politique du « retour à 1830 » et de la terre brûlée.

    Ils ont osé… Ils ont occulté l’OAS !!!

     

    EN CONCLUSION

    L’article du JSL (Journal de Saône-et-Loire) : Le journal où j’ai travaillé 40 ans de ma vie.

    Michel Dandelot 

    5 juillet 1962 : à Oran ils occultent l'OAS !!!

    L'Algérie célèbre ses 60 ans d'indépendance

    5 juillet 1962 : à Oran ils occultent l'OAS !!!

     L'Algérie célèbre son indépendance, le 5 juillet 1962. Photo Sipa/DELCOMBEL

    L'Algérie célèbre le 5 juillet le 60e anniversaire de son indépendance après 132 ans de colonisation française, dont la mémoire crispe toujours ses relations avec Paris en dépit des gestes symboliques de la France.

     

    L'Algérie française, une histoire pavée

     de sang

    Un enjeu de peuplement, dont la mise en oeuvre s'est faite au prix de massacres, était au coeur de la conquête française au XIXe siècle de l'Algérie, selon des historiens.  En particulier, les 70 premières années qui suivirent le débarquement en 1830 des troupes françaises en Algérie furent marquées par des tueries massives, dont les sinistres « enfumades », et par le déplacement forcé de centaines de milliers d'autochtones.

    « Au départ, ce fut une logique de remplacement nommée alors ''refoulement des Arabes'', puis une logique d'exploitation et de spoliation des terres », explique Olivier Le Cour Grandmaison, spécialiste français de l'histoire coloniale. « Il s'agissait d'une politique de remplacement d'un peuple par un autre », abonde son confrère algérien Hosni Kitouni, chercheur à l'université britannique d'Exeter.

    Pour l'historien français Benjamin Stora, « ce n'était pas une politique de remplacement » mais plutôt « semblable à la politique expérimentée dans l'ouest américain. On installe des colons pour prendre le pays. Il n'y a pas de stratégie. C'est une colonie de peuplement progressive, par addition de populations arrivant dans le désordre. »

    « L'armée d'Afrique reprend (la technique) des ''colonnes infernales'' utilisées contre les Vendéens, au début de la Révolution française... On massacre des populations et on les déplace », poursuit Benjamin Stora. C'est le cas à Blida, près d'Alger, où en novembre 1830, « plus de six cents femmes, enfants, vieillards sont passés par les armes », rappelle l'historien Hosni Kitouni.

    Entre 1830 et 1930, l'administration coloniale s'empare de 14 millions d'hectares dont une partie sont cédés gracieusement à des migrants européens, qui passeront de 7 000 en 1836 à 881 000 en 1931.

    Les troupes coloniales inventent « l'enfumade ». Deux ont été particulièrement documentées par les historiens : celle des Sbéhas (11 juin 1844) et celle du Dahra (18 juin 1845) avec l'extermination de tribus entières réfugiées dans des grottes et asphyxiées par des feux allumés sur ordre de généraux français, raconte Mansour Kedidir, du Centre de recherche Crasc d'Oran.

    La guerre d'Algérie, près de huit ans d'horreur

    L'indépendance a été arrachée au terme de sept ans et demi de guerre qui a fait des centaines de milliers de morts, faisant de l'Algérie la seule ex-colonie française d'Afrique dans les années 1960 à s'affranchir par les armes de la tutelle de la France.

    5 juillet 1962 : les accords d’Évian 

    Après près de huit ans de guerre entre les insurgés algériens et l'armée française, les armes se sont tues le 18 mars 1962 aux termes des accords historiques d’Évian, ouvrant la voie à la proclamation d'indépendance de l'Algérie le 5 juillet de la même année, approuvée quelques jours plus tôt par 99,72 % des voix lors d'un référendum d'autodétermination.

    Quelles vont être les festivités en Algérie ?

    Les autorités prévoient une célébration en grande pompe de ce 60e anniversaire avec comme point d'orgue une imposante parade militaire dans la capitale, la première depuis 33 ans.

    Selon le programme divulgué par le ministre des Moudjahidines (anciens combattants) Laid Rebiga, un méga-spectacle épique a ouvert les festivités hier soir à l'opéra d'Alger, retraçant « l'histoire millénaire de l'Algérie ».

    Signe de l'importance que revêt l'occasion pour le pouvoir, un logo spécial, de forme circulaire orné de 60 étoiles, a été conçu pour marquer l'anniversaire, avec comme slogan « une histoire glorieuse et une ère nouvelle ».

    Des célébrations bien vues dans le pays ?

    Le pouvoir algérien a mis à profit l'anniversaire pour tenter d'alléger les crispations, trois ans après avoir été ébranlé par les manifestations prodémocratie du Hirak, mouvement populaire opposé à la candidature d'Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat à la présidence de l'Algérie. Abdelmadjid Tebboune, élu président en décembre 2019, a lancé en mai une initiative pour briser l'immobilisme politique en recevant à tour de rôle plusieurs dirigeants de partis politiques, y compris de l'opposition, et des responsables d'organisations syndicales et patronales.

    Car si l'Algérie est indépendante depuis 1962, son histoire n'est pas un long fleuve tranquille. Entre la guerre civile entre 1992 et 2002, le Printemps noir en 2001 -notamment la révolte de la Kabylie-, et les attaques islamistes, le pays n'est pas serein. Sans oublier la politique : Abdelaziz Bouteflika, porté au pouvoir par l'armée en avril 1999, quitte enfin le pouvoir en avril 2019 sous la pression de manifestations (Hirak).

    Quelles sont les relations entre la France

     et l'Algérie aujourd'hui ?

    60 ans après la fin de la colonisation, les plaies restent vives en Algérie alors que la France exclut toute « repentance » ou « excuses ». La relation bilatérale semblait avoir atteint son plus bas niveau en octobre lorsque le président Macron avait affirmé que l'Algérie s'était construite après son indépendance sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire », suscitant l'ire d'Alger. 

    Mais les relations se sont progressivement réchauffées ces derniers mois et Emmanuel Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune ont exprimé leur volonté de les « approfondir » lors d'un entretien téléphonique le 18 juin.  

    Le président du parti d'opposition Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Athmane Mazouz, souligne que les « relations entre le système de pouvoir en Algérie et la France officielle sont rythmées par des crises et de pseudo-retrouvailles depuis l'indépendance du pays. Au stade actuel, personne ne peut parier un sou pour parler de refondation. L'instrumentation de cette relation d'un côté comme de l'autre n'échappe à personne »

    « Le rapide retour à une situation normale, suite à la grave crise des derniers mois (...) est en rapport avec les tensions régionales, notamment en Libye, qu'il ne faudrait pas occulter ou minimiser », décortique l'historien Amar Mohand-Amer. « La géopolitique régionale très instable commande des postures fortes sur le moyen et long terme et la consolidation des relations politiques et économiques entre les deux pays ».

    Le Rassemblement national, une épine

    dans le pied de la France

    En mars, Marine Le Pen affirme que « la colonisation a contribué au développement de l'Algérie », reprochant à Emmanuel Macron une politique consistant à « passer sa vie à s'excuser sans rien demander en contrepartie à un gouvernement algérien qui ne cesse d'insulter la France ». Lors de la première session à l'Assemblée nationale, le doyen, le député RN José Gonzalez évoque avec mélancolie dans son discours l'Algérie française.

    « La montée fulgurante du Rassemblement national aux législatives en France n'augure rien de bon. L'extrême droite française va transformer ce mandat en un grand champ de bataille mémoriel où le révisionnisme et la falsification de l'histoire seront omniprésents », a mis en garde l'historien Amar Mohand-Amer.

    SOURCE : Pourquoi c'est important. L'Algérie célèbre ses 60 ans d'indépendance (lejsl.com)

     

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  • REVUE DE PRESSE

    Histoire : la "guerre des grottes" un épisode

    méconnu de la guerre d'Algérie

    aux conséquences dévastatrices

    REVUE DE PRESSE

    Le 5 juillet marquera l'anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. 60 ans après, certains épisodes restent méconnus. Comme celui de la "guerre des grottes", durant lequel l'armée française a utilisé des gaz toxiques contre des combattants nationalistes algériens.

    À 86 ans, Yves Cargnino, ancien combattant de la guerre d'Algérie, avale tous les jours une dizaine de médicaments. "Ça a démarré par des bronchites, puis j'ai été hospitalisé plusieurs fois", explique-t-il. La raison : durant la guerre d'Algérie, pendant laquelle il était parachutiste, il a servi dans une unité qui utilisait des gaz de combat, et qui menait une guerre souterraine contre les combattants algériens dissimulés dans les grottes. 

    L'armée refuse d'ouvrir les archives

    Pour les déloger, ces unités manipulaient un armement spécial : des gaz chimiques, qui peuvent devenir mortels en milieu clos. L'armée parle alors de simples gaz lacrymogènes, pourtant les effets sur les ennemis sont dévastateurs. "En Algérie, sur un grand nombre de sites, il y a encore des Algériens portés disparus dont les corps reposent dans ces grottes", explique Christophe Lafaye, docteur en histoire spécialiste d'histoire militaire. L'armée refuse d'ouvrir les archives liées à l'utilisation de ces armes spéciales. Selon les historiens, plus de 2 000 militaires français auraient participé à cette "guerre des grottes".

     

     Sur ce sujet je rappelle cet article de mon blog : 

    http://www.micheldandelot1.com/la-guerre-des-grottes-l-autre-crime-odieux-de-la-france-a212486155


    REVUE DE PRESSE

     

    Hommage

     à Josette et Maurice Audin

     au Père Lachaise - Interventions

     

    REVUE DE PRESSE

    Au retour de la délégation de l'Association Josette et Maurice Audin, en Algérie, cet hommage annuel est aussi une manière de faire le bilan de cette délégation avec : 0:00 Pierre Mansat, président de l'association 7:33 Alain Ruscio, historien, parle du Comité Audin 12:48 Karim Amellal, ambassadeur, délégué interministériel à la Méditerranée 16:18 Anne Baudonne, adjointe à la mairie du 20e 20:09 Dounia Addad, SOS racisme 21:18 Pierre Audin 30:32 René Cori, mathématicien 35:40 Claire Hocquet, avocate.

    Prochain hommage

    Inauguration – Mardi 5 juillet 2022 à 18h15

    REVUE DE PRESSE

     

     

     

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  •  

    La France s’honnorerait

    à panthéoniser cette grande personnalité

    La France s’honnorerait  à panthéoniser cette grande personnalité qu'est Gisèle Halimi

    Gisèle Halimi au Panthéon

     

    Lettre ouverte à la co-fondatrice de

    l’association « Harkis et droits de l’Homme »

     

    La demande du transfert des cendres de Gisèle Halimi au Panthéon est forte dans le pays. L’historien Benjamin Stora l’a reprise opportunément parmi les préconisations du rapport que le président de la République lui a demandé et c’est une demande que, parmi d’autres, la Ligue des droits de l’Homme soutient fermement. La mise en cause aux Etats-Unis du droit des femmes à l’avortement a contribué à relancer l’interpellation du président de la République, puisque ce droit a été une des causes que Gisèle Halimi a incarnée. Ci-dessous, la lettre ouverte à Fatima Besnaci-Lancou, co-fondatrice de l’Association Harkis et droits de l’Homme, que lui adresse un historien qui a collaboré avec elle à de nombreuses publications durant une quinzaine d’années.

     

    Gilles Manceron

    Lettre ouverte à la co-fondatrice

    de l’Association

    « Harkis et Droits de l’Homme »

     

    A Fatima Besnaci-Lancou,
    co-fondatrice de l’Association
    Harkis et droits de l’Homme.

     

    Le 1er juillet 2022.


    Chère collègue,

    Nous avons collaboré à plusieurs ouvrages depuis la publication en 2003 de ton livre Fille de harki (Éditions de l’Atelier), écrit après avoir été révoltée par les propos du président algérien Abdelaziz Bouteflika comparant les supplétifs enrôlés par l’armée française durant la guerre d’Algérie, les harkis, avec les collaborateurs des nazis en France durant la Seconde guerre mondiale. Ayant travaillé sur l’histoire de la colonisation, je mesurais combien ces deux phénomènes sont dissemblables et j’ai trouvé ton indignation légitime. Elle s’inscrivait dans le prolongement de ce qu’avait écrit Pierre Vidal-Naquet, secrétaire du Comité Maurice Audin, dans Le Monde du 11-12 novembre 1962.

    Par la suite j’ai apprécié ton travail pour combatte les idées fausses sur ce sujet et aider à l’historicisation de ce phénomène du recrutement par l’armée française durant cette guerre, de nombreux ruraux autochtones comme auxiliaires civils strictement subordonnés à un commandement « français de souche ». Parmi ces autochtones, l’armée ne voulait l’incorporation en son sein comme « appelés de souche nord-africaine » (FSNA) qu’un nombre limité d’hommes de la classe d’âge concernée, contrairement aux jeunes hommes d’origine européenne, les « appelés de souche européenne » (FSE), qui étaient tous incorporés. Il ne fallait pas que les « indigènes » apprennent massivement le maniement des armes, beaucoup d’anciens combattants de l’armée d’Afrique qui a contribué à libérer la France en 1944 sont devenus ensuite des combattants de l’ALN, trois d’entre eux figurent même parmi les fondateurs du FLN. Mais elle a voulu recruter des supplétifs qu’elle surveillait de près, dans un cadre informel et précaire, personnels auxiliaires dont elle définissait les tâches, qu’elle pouvait armer, désarmer et abandonner à sa guise et qui restaient des civils même si l’armée voulait leur faire croire qu’ils étaient des militaires. C’est ce statut civil qui a rendu possible leur abandon puisqu’au départ de l’armée tous les militaires français ont été rapatriés.

    Tes différents livres ont montré la complexité du phénomène du recrutement de ces hommes, dénommés notamment goumiers, moghaznis ou harkis, à l’opposé du discours simpliste et mensonger de l’extrême droite jusqu’au-boutiste de l’Algérie française, qui veut faire croire qu’il s’agissait d’Algériens favorables à la colonisation française, alors que, dans leur grande masse et sauf exceptions, il s’agissait de ruraux non francophones dont les raisons du recrutement, imposé ou volontaire, étaient extrêmement multiples et souvent dictées avant tout par leur volonté de la survie et de la protection de leur famille. Ton patient travail pour recueillir les récits de femmes de ces supplétifs, de ces hommes et de leurs enfants, dont la plupart sont passés ensuite par un internement scandaleux dans des camps ou des hameaux de forestage sur notre territoire, a documenté cette analyse qui va à contre-courant d’une doxa d’extrême droite qui s’est malheureusement largement diffusée en France depuis 1962.

    J’ai suivi avec intérêt la fondation en 2004, à laquelle tu as contribué, de l’association Harkis et droits de l’homme, et, pendant une quinzaine d’années, collaboré avec toi à plusieurs ouvrages, dont Les Harkis dans la colonisation et ses suites (Éditions de l’Atelier, 2008), à des expositions et de nombreuses rencontres. Les massacres d’anciens supplétifs et de membres de leur famille qui ont eu lieu à partir de 1962 sont un fait historique incontestablequi interpelle les institutions françaises, comme les historiens français et les Algériens d’aujourd’hui. En même temps, la Ligue des droits de l’Homme a pris avec ton association l’initiative d’une rencontre importante en 2008, de plusieurs appels aux plus hautes autorités de la République pour qu’elles reconnaissent les discriminations et l’abandon dont les harkis ont été l’objet. Notre site a consacré, depuis 2004, des centaines d’articles à ce drame, notamment concernant le traitement discriminatoire de ceux qui ont été transférés ou qui sont parvenus à rejoindre la France, et aussi les injures proférées par certains hommes politiques à leur égard. On peut les retrouver facilement en inscrivant le mot « harkis » dans la fenêtre « Rechercher » qui figure sur sa page d’accueil. Il a fait état des demandes adressées par la Ligue des droits de l’Homme aux autorités de la République, comme en 2014 au président François Hollande.

    J’ai apprécié aussi ton travail au sujet du camp de Rivesaltes, où tu as vécu enfant à ton arrivée en France, un travail que tu as poursuivi jusqu’à ton livre, Harkis au camp de Rivesaltes – La relégation des familles – Septembre 1962-décembre 1964 (Éditions Loubatières, 2019), qui reprend notamment les témoignages de femmes et d’hommes relégués dans ce camp, qui racontent leur vie cernée de barbelés, les pénuries d’eau, le manque d’hygiène et de soins, les maladies, les femmes accouchant sous des tentes, les morts, notamment d’enfants en bas âge.

    Notre site a fait écho de manière nuancée à la journée journée d’ « hommage aux harkis » du 25 septembre 2018 à l’occasion de laquelle la légion d’honneur t’a été attribuée et il a salué la publication de ton livre Prisons et camps d’internement en Algérie. Les missions du Comité international de la Croix-Rouge dans la guerre d’indépendance 1955-1962, publié en mai 2018 aux Editions du Croquant et préfacé par le sociologue algérien Aïssa Kadri, qui partage totalement le contenu de la présente lettre ouverte que je t’adresse.

    Gisèle Halimi, une personnalité exceptionnelle

    Mais je dois te dire mon désaccord total et mon incompréhension par rapport à ta prise de position contre la panthéonisation de Gisèle Halimi. C’est une demande que porte un nombre très important de citoyennes et de citoyens de France et d’ailleurs, que l’historien Benjamin Stora a reprise opportunément parmi les préconisations du rapport que le président de la République lui a demandé et une demande que soutient fortement la Ligue des droits de l’Homme.

    Comme toi, je ne partage pas la position qu’a exprimée Gisèle Halimi au sujet des harkis — probablement dictée par son indignation devant les viols et les tortures que certains harkis ont infligées à de jeunes algériennes qu’elle a défendues et avec lesquelles elle a éprouvé une empathie et une solidarité profondes — et j’ai regretté qu’elle ne veuille pas se joindre aux appels que la Ligue des droits de l’Homme a lancés au sujet de la demande de reconnaissance par la France du tort fait aux harkis et à leurs familles. Mais de nombreux engagements de la vie de Gisèle Halimi justifient qu’elle soit donnée en exemple au monde et inhumée au Panthéon. Comme j’ai eu l’occasion de te le dire, dans l’ensemble des paroles et des écrits des plus grandes personnalités inhumées au Panthéon, de Victor Hugo à Jean Moulin, d’Alexandre Dumas à Emile Zola, on pourra sûrement trouver des propos regrettables. Et quand tu me réponds qu’on a donc eu tort de les honorer ainsi et qu’il ne faut pas, à cause de paroles de Gisèle Halimi que je regrette comme toi, la panthéoniser, je trouve qu’une telle quête de perfection absolue — conviens-en — est inhumaine et sans issue.

    C’est l’adhésion de Gisèle Halimi à la cause de l’indépendance algérienne qui suscite l’hostilité de l’extrême droite à sa panthéonisation. Si telle n’est pas la raison qui anime en l’occurrence ton opposition et celle de l’Association Harkis et droits de l’Homme à la demande que cet hommage de la nation soit rendu à cette avocate courageuse, il serait logique que ton association condamne les initiatives de l’extrême droite nostalgique de la colonisation française, dont récemment à Perpignan.

    Il y a quinze ans, tu étais présente à Perpignan, le 24 novembre 2007, parmi les opposants au « Mur des disparus » et au « Centre de la mémoire » que la municipalité de droite de l’époque avait financé et offert aux nostalgiques de l’OAS du Cercle algérianiste. Tu t’étais exprimée contre ces projets, aux côtés de Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, et de Jean-François Gavoury, fils d’un commissaire de police assassiné par l’OAS et président de l’Anpromevo, l’association qui défend la mémoire des victimes de cette organisation terroriste. Cette politique de la droite locale a conduit logiquement à l’accession de l’extrême droite à la mairie de Perpignan. Le 26 juin 2022, le collectif d’association pour une histoire franco-algérienne non falsifiée qui s’était constitué il y a une quinzaine d’années contre la propagande mensongère du Cercle algérianiste et de l’extrême droite a manifesté de nouveau. Mais, cette fois, ni toi ni l’association Harkis et droits de l’Homme n’était présente.

    Beaucoup, parmi les enfants de harkis en France, pensent que cette nouvelle position de ton association n’est pas fidèle à celle qui avait présidé à sa fondation. Qu’elle fait du tort à la cause qu’ils défendent, aux côtés de tout ceux qui combattent les discriminations de toutes sortes au sein de la société française. Et qu’une telle opposition n’est plus de mise alors que nous allons fêter, en France et en Algérie, les soixante ans de la fin de la colonisation française de ce pays qui a eu le mérite de revendiquer à la face du monde son droit à disposer de lui-même, et qui, en 2022, est bien décidé à le défendre encore.

    Ils comptent dire que cette position que tu a prise contre la panthéonisation de Gisèle Halimi est préjudiciable à leur combat. Laissons-les s’exprimer.

    De mon côté, je tenais à te dire, comme le pensais Michel Tubiana, disparu en 2021, et comme le pense la Ligue des droits de l"Homme, qu’il est temps que tu rectifies cette position regrettable.

    Bien cordialement,

    Gilles Manceron. 

     

     

    Mémoire

    Gisèle Halimi au Panthéon :

    Olivier Faure interpelle

    Emmanuel Macron, l’Elysée

    affirme y travailler encore

    Mémoire  Gisèle Halimi au Panthéon : Olivier Faure interpelle Emmanuel Macron, l’Elysée  affirme y travailler encore

    Gisèle Halimi en 1975. (Gilbert Uzan/Gamma-Rapho. Getty Images)

    Le patron du Parti socialiste réclame la panthéonisation de l’avocate et militante féministe, après la décision de la Cour suprême américaine de revenir sur le droit à l’avortement au niveau national. De son côté, l’Elysée indique qu’il s’agit de « processus de temps long ».

    Il n’allait pas laisser passer l’occasion. Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a profité de la décision historique de la Cour suprême des Etats-Unis de torpiller le droit à l’avortement pour remettre la pression sur l’exécutif. «Monsieur le Président, il est temps de faire entrer Gisèle Halimi au Panthéon, a écrit le député de Seine-et-Marne sur Twitter. Face au signal envoyé par la cour suprême américaine, la France doit s’adresser au monde et rappeler que lorsqu’il s’agit de la liberté et de la santé des femmes aucune régression n’est acceptable. »

    Sollicité par Libération, l’Elysée répond que le processus préparatoire à une éventuelle entrée était toujours en cours. Mais se refuse, dans le même temps, d’accoler cette réflexion aux seuls combats de l’avocate pour les droits des femmes et le droit à l’avortement. «La proposition formulée par Benjamin Stora vise d’abord le rôle joué par Gisèle Halimi lors de la guerre d’Algérie», explique un conseiller de l’Elysée, rappelant que la proposition de faire entrer cette figure du féminisme au Panthéon avait été formulée par l’historien chargé d’un rapport sur la mémoire de la guerre d’Algérie.

    L’Elysée estime en creux que l’actualité et la lutte pour les droits des femmes ne doivent pas dicter l’agenda mémoriel. « Même si la lutte pour les droits des femmes est indissociable de l’ensemble de sa vie publique », défend ce même conseiller. Qui ajoute: « Il faut que tout soit lié. » Si panthéonisation il y a, cela doit «déboucher au terme du processus de réconciliation des mémoires ouvert depuis janvier 2021 » et la remise du rapport Stora, avance le même conseiller.

    «Un processus de temps long»

    Or l’idée de faire entrer l’avocate de militants du FLN durant la guerre d’Algérie a cristallisé les controverses. La facette de la militante féministe, signataire du manifeste des 343 réclamant la légalisation de l’avortement en 1971, est plus consensuelle. Son entrée aux côtés de Marie Curie, Pierre Brossolette ou Félix Eboué est « un processus de temps long », assure ce même conseiller. Qui estime toutefois que l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi « prendra moins de temps » que celui de Joséphine Baker, en novembre 2021. Cela aurait pris une dizaine d’années, explique-t-on autour du chef de l’Etat.

    Reste que l’Elysée se garde bien de donner une date. Un an après la disparition de l’avocate, Emmanuel Macron avait annoncé en août 2021 qu’un hommage serait rendu à la militante féministe « début 2022 aux Invalides ». En janvier, l’entourage de Macron assurait déjà que les discussions étaient toujours en cours. Depuis, la famille a exprimé ses craintes de voir le chef de l’Etat renoncer à sa promesse. Auprès du Monde, en décembre dernier, l’avocat Jean-Yves Halimi, l’aîné des trois garçons de Gisèle Halimi, confiait son «inquiétude»: « Il est possible qu’ils aient décidé de ne rien faire, et de n’en rien dire. »

    SOURCE : Gisèle Halimi au Panthéon: Olivier Faure interpelle Emmanuel Macron, l’Elysée affirme y travailler encore – Libération (liberation.fr) 

    Mémoire  Gisèle Halimi au Panthéon : Olivier Faure interpelle Emmanuel Macron, l’Elysée  affirme y travailler encore

    Mais Fatima Besnaci-Lancou ne le veux pas, voici ce qu’on peut lire et voir sur son site :

    Stora, les harkis et Halimi :

     on ne se refait pas !

    Par associationahdh8 juin 2021 

    Dimanche 6 juin 2021, Benjamin Stora était l’invité de C politique sur la chaîne France 5 ; Il était interviewé par Thomas Snégaroff et Camille Vigogne Le Coat, sur la question des harkis et le projet éventuel de la panthéonisation de Gisèle Halimi. Que dit Benjamin Stora ? Pour voir l’extrait video relatif à cet article, cliquer ici.

    Benjamin Stora compare les 50 femmes et filles de harkis signataires de la tribune ( pour revoir la tribune, cliquer ici) aux « 50 000 femmes » qui ont signé pour l’entrée au Panthéon de Halimi et précise « il faut regarder les proportions au niveau des signatures ». Effectivement, il faut regarder les proportions…et les chiffres. Benjamin Stora ne communique pas de source sur ces 50000 signatures (recueillies, elles, sur une beaucoup plus longue période) et déforme la réalité en comparant 50 à 50 000, sachant que, bien évidemment, la proportion de femmes et de filles de harkis dans la population française n’est pas la même que la proportion de femmes dans la société française. Benjamin Stora fait mine de ne pas le savoir. Il y a là incompétence ou manipulation des chiffres et argumentations de salon.

    Benjamin Stora indique qu’il a rencontré des associations de harkis qui n’étaient pas hostiles à l’entrée au Panthéon de G. Halimi. Lesquelles ? On sait avec quelle rigueur professionnelle ( ??)  Benjamin Stora a rencontré des associations de harkis : il a même rencontré le président d’une association qui n’existe pas ! Nous attendons de savoir quelle association de harki s’est prononcée en faveur de l’entrée au Panthéon d’Halimi.

    Comment peut-il dire  « On ne peut pas réduire (l’avis des harkis) à une seule organisation ».  Benjamin Stora semble ne pas comprendre que ce n’est pas une association qui a signé la pétition mais des femmes et des filles de harkis, adhérentes ou pas à des associations, militantes ou pas…

    « Tout le monde sait que G. Halimi est une Immense figure » dit Stora.  Heureusement Thomas Snégaroff lui indique, en précisant « immense figure du féminisme »,  que  «  ce  n’est pas en ce nom là que vous voulez la faire entrer au Panthéon ». On retrouve là l’instrumentalisation dont fait preuve Benjamin Stora : utiliser le consensus sur les actions de Gisèle Halimi en faveur des femmes (qui fait très largement consensus) pour récupérer la panthéonisation du fait de son combat pour l’indépendance de l’Algérie.

    Du bout des lèvres Benjamin Stora indique  que G. Halimi «  a peut-être prononcé des paroles malheureuses » ; Peut-être ? Stora a donc des doutes sur le fait que ce serait là des paroles malheureuses ? Décidément, chassez le naturel, il revient au galop !

    Merci à l’association harkisdordogne qui a permis de révéler cet extrait sur son site (Pour voir l’article, cliquer ici).

    Fatima Besnaci-Lancou, sur France 5, à propos de Gisèle Halimi

    Par associationahdh20 mai 2021 

    Fatima Besnaci-Lancou, historienne, co-fondatrice de l’association harkis et droits de l’Homme, était l’invitée de l’émission « C ce soir » le mardi 18 mai 2021 sur France 5. Elle était interviewée sur la question de l’entrée éventuelle de Gisèle Halimi au Panthéon.

    Fatima Besnaci-Lancou vous avez un site qui s'appelle "Harkis et Droit de l'Homme" je constate que les Droits de l'Homme c'est le contraire de ce que vous prônez !!!

     

     

    La France s’honnorerait  à panthéoniser cette grande personnalité qu'est Gisèle Halimi

    La France s’honnorerait  à panthéoniser cette grande personnalité qu'est Gisèle Halimi

     

     

    "Je ne veux pas me taire" 

     

    Palestine, le cri de Gisèle Halimi   "Je ne veux pas me taire"

    Appel. Gisèle Halimi est engagée depuis toujours pour la cause anticolonialiste et les droits de l’homme.

    " Un peuple aux mains nues – le peuple palestinien – est en train de se faire massacrer. Une armée le tient en otage. Pourquoi ? Quelle cause défend ce peuple et que lui oppose-t-on ? J’affirme que cette cause est juste et sera reconnue comme telle dans l’histoire. Aujourd’hui règne un silence complice, en France, pays des droits de l’homme et dans tout un Occident américanisé. Je ne veux pas me taire. Je ne veux pas me résigner. Malgré le désert estival, je veux crier fort pour ces voix qui se sont tues et celles que l’on ne veut pas entendre. L’histoire jugera mais n’effacera pas le saccage. Saccage des vies, saccage d’un peuple, saccage des innocents. Le monde n’a-t-il pas espéré que la Shoah marquerait la fin définitive de la barbarie ? "

    Gisèle Halimi

    Ce cri prend toute sa force aujourd'hui !!! 

     

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  • « Les Veilleurs de l’Évangile »

     Sur France 2, dimanche 3 juillet

     à 10 heures :

     Une histoire des chrétiens

     dans la guerre d’Algérie

    Le documentaire « les Veilleurs de l’Évangile » met en lumière le combat méconnu des chrétiens pour l’indépendance algérienne. Ces anciens militants témoigneront sur France 2, dimanche 3 juillet 2022.

    Dans l’histoire douloureuse et complexe de la guerre d’Algérie, on a en tête le rapport de force entre l’armée française et les combattants algériens du Front de libération nationale (FLN). On connaît moins, en revanche, le rôle plus pacifique et discret que certains ont eu dans le conflit.

    Diffusé dimanche 3 juillet à 10 heures, sur France 2, le documentaire les Veilleurs de l’Évangile a choisi de mettre en lumière des chrétiens, protestants ou catholiques, qui ont milité pour l’indépendance de l’Algérie à la fin des années 1950. Surveillés, parfois arrêtés et torturés par les militaires français ou assassinés dans des attaques terroristes, ils sont pourtant souvent restés les oubliés de cette page d’Histoire.

    Le réalisateur de documentaires Richard Berthollet réhabilite ces militants chrétiens et les fait témoigner aujourd’hui, dans une coproduction œcuménique des émissions Le Jour du seigneur et Présence protestante. Évoquant leurs souvenirs avec émotion, ces témoins de la guerre racontent notamment leur rôle dans les centres sociaux catholiques, au cœur des bidonvilles et des campagnes de l’Algérie colonisée.

    Un cardinal rebelle

    C’est au contact de ces populations plongées dans la misère que les travailleurs sociaux catholiques, et notamment les prêtres ouvriers de la Mission de France, se sensibilisent à la question de l’indépendance algérienne et commencent à militer. Certains cachent des membres du FLN (comme le diplomate Salih Benkobbi qui témoigne dans le documentaire), quand d’autres documentent et dénoncent la torture des enfants algériens par des militaires français.

    Parmi les témoins révoltés par cette violence, le prêtre jésuite Stanislas Hutin a bien du mal à faire entendre sa voix dans les aumôneries, où on peine à le croire. Il doit lutter contre l’incompréhension d’une partie de la communauté catholique, qui a même surnommé « Mohamed Ben Duval » un autre prélat, le cardinal et archevêque d’Alger Léon-Étienne Duval, à cause de ses prises de position en faveur des indépendantistes.

    Les institutions ecclésiales prennent leurs distances avec ces chrétiens rebelles. Le pasteur Étienne Mathiot est ainsi désavoué par une partie de l’Église luthérienne après sa condamnation en justice pour avoir aidé des combattants du FLN. Car les chrétiens français sont censés maintenir une forme d’autorité religieuse en Algérie, et les églises, surmontées de drapeaux français, sont perçues comme les symboles d’un pays acquis aux Occidentaux.

    Un pont entre deux mondes

    En dévoilant toutes les divisions de la communauté chrétienne, le documentaire de Richard Berthollet s’efforce de porter un regard objectif et très complet sur la place de la religion dans le conflit. Il fait intervenir plusieurs historiens et a recours à des images d’archives qui permettent de donner un tempo moins dramatique à ce format qui s’appuie sur des témoignages difficiles.

    Aujourd’hui très âgés, les anciens militants chrétiens qui prennent la parole ont longtemps subi le même sort qu’une partie des pieds-noirs, les rapatriés d’Algérie. Le documentaire cherche à montrer qu’ils constituent pourtant un pont entre deux mondes, dans l’Algérie coloniale, où Français chrétiens et Algériens musulmans étaient divisés par un « mur invisible ».

    Le réalisateur cherche aussi à aborder les relations entre l’Église et l’Algérie, pays musulman, après l’indépendance. Mais le format est trop court pour développer une question aussi vaste, 60 ans après la signature des accords d’Evian. Une invitation à poursuivre ce travail sur cette histoire commune dans un second volet.

     

    Sur France 2, dimanche 3 juillet   à 10 heures : Une histoire des chrétiens dans la guerre d’Algérie

    C'est aussi un hommage à mes amis de l'Association 4ACG avec l'article, ci-dessous, paru le 10 juin 2014.

    Michel Dandelot

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    "Cette guerre était inutile et je le clame !"

     Stanislas Hutin, 22 ans à El-Mélia puis dans les Aurès, 81 ans à Paris. 

     Pacifiste, éduqué, séminariste et proche des milieux démocrates chrétiens, Stanislas passe six mois en Algérie entre novembre 1955 et mars 1956.

     Plus âgé et plus éduqué que ses camarades, il prend très vite conscience des horreurs de la guerre. Comme beaucoup de séminaristes, il s’oppose aux comportements de sa hiérarchie, des légionnaires ou des “bérets bleus”, des paras qui “voulaient lui faire la peau”. Stanislas tient un journal diffusé sous le manteau en 1957 puis officiellement publié en 2002. Depuis 2004, il milite dans l’association pacifiste des “Anciens appelés en Algérie contre la guerre et leurs amis” et raconte son Algérie dans des lycées et des collèges.

    50 ans après les accords d’Évian, Stanislas Hutin raconte sa vision de la guerre d’Algérie. L'ancien séminariste, qui avait découvert à Madagascar le fait colonial et les désirs naissants d'indépendance, est appelé par l'armée pour les opérations de « pacification » près de Constantine. Chargé d'ouvrir des dispensaires, il fait la classe à des enfants pendant que leurs papas sont torturés. « Je refuse d'avoir un fusil à côté du tableau noir », raconte-t-il.

    Stanislas Hutin : On était en pleine contradiction : d’un côté la pacification, avec les écoles et les dispensaires, qu’on remontait, et de l’autre côté torturer les papas des enfants que l’on a à l’école, pour obtenir des renseignements au titre de la guerre que l’on mène. Voilà, la contradiction : pacification d’un côté, soi-disant, en espérant que l’on va se rallier les gens, alors qu’on est sans arrêt en état d’exaction au titre de cette guerre. C’est le summum de la contradiction !

    Stanislas Hutin : Je faisais réfléchir les jeunes du contingent à l’inanité de cette guerre. Ils finissaient par accepter un peu mes vues et même certains ont refusé certaines actions qu’on leur avait recommandées, comme les corvées de bois, par exemple. La corvée de bois, vous savez ce que c’est, on dit au prisonnier : « allez, vas-y fout le camp, t’es libre », puis on lui tire dans le dos, on l’abat comme ça. J’étais considéré comme l’antimilitariste, dangereux communiste, etc. Et, ils me l’ont fait bien sentir. Un jour, deux copains m’ont pris à part et m’ont dit : Hutin, n’accepte jamais d’aller en embuscade avec les paras parce qu’ils ont juré qu’ils te descendraient.

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    Stanislas Hutin, séminariste, appelé en Algérie

    contre son gré, raconte le refus de la guerre.

    Stanislas Hutin : J’ai très, très mal pris, je me suis même posé la question de la désertion. Pourquoi ? Parce que je revenais de Madagascar après avoir découvert ce qu’étaient les pratiques coloniales de là-bas à cette époque.

    Alors partir à ce moment-là avec des amis qui se trouvaient au Cameroun, en Côte-d’Ivoire, tous les mouvements qui commençaient à se déclencher, des mouvements de volonté d’autonomie à l’époque et parfois d’indépendance, comme au Cameroun, cela me faisait vraiment mal aux tripes. Je ne pouvais pas imaginer d’aller faire la guerre à des gens qui voulaient leur indépendance. Pour moi, c’était clair. Et c’était manifestement le départ en guerre.

    Moi, j’étais dans la coloniale, j’étais avec des officiers qui revenaient d’Indochine, qui venaient de perdre la guerre, et qui se disaient : on ne va pas nous la faire deux fois. Donc, ils partaient à la guerre et ils partaient en conquérants, c’était évident.

    Et tout ce que je raconte dans mon carnet de notes, de toutes les exactions qui ont déjà commencées dès 55, on était en novembre 55 à l’époque, c’était, je dirais, complètement couvert sinon déclenché, organisé par notre encadrement, ces anciens d’Indochine qui pensaient que les Arabes, on les vaincrait en moins de deux. Ils venaient de se farcir les Vietnamiens, et on sait avec quelles difficultés, pour eux, les Arabes qui n’étaient pas armés, qui étaient rien du tout, qui naviguaient avec des fusils de chasse on liquiderait ça en quelques temps. Dès novembre 55, au départ de Rennes, où on avait été rassemblé, on a fait un barnum pas possible pour arriver à Rivesaltes, où tous les anciens de la coloniale étaient rassemblés.

    Tous les jeunes qui avaient fait leur service militaire comme engagés par devancement d’appel dans l’Afrique équatoriale, l’Afrique Occidentale ou Madagascar, comme moi, on s’est retrouvé à Rennes, puis envoyés à Rivesaltes. Et dans le trajet, Rennes-Rivesaltes, ça a été l’horreur. On a mis à sac le restaurant de la gare de Nantes, les CRS sont donc arrivés, on les a caillassés avec les cailloux du ballast. Ça n’a pas arrêté tout le long du parcours avec écrit sur les wagons : « CRS dans l’Aurès », « Le Maroc aux Marocains », « La Tunisie aux Tunisiens », « L’Algérie aux Algériens ». C’est comme ça qu’on est partis.

    Stanislas Hutin : Déjà, en novembre 54. Ça a été parmi les tous premiers événements et manifestations un peu de révolte du contingent. Les officiers n’ont rien pu nous faire faire. On était en état de désobéissance totale. Quand on a embarqué à Port-Vendres, sur le Président de Cazalet, le bateau qui nous amenaient en Algérie, il y avait le général, je ne sais pas si je dois dire son nom, qui était sur le quai, le général Fauconnier ( ? orthographe incertaine), qui commandait la région, je n’ai jamais vu quelqu’un se faire insulter pareillement par je ne sais pas combien on était sur le bateau, 500-600 troufions qui partaient, on ne savait d’ailleurs pas où, si c’était le Maroc, la Tunisie ou l’Algérie, on ne nous avait rien dit. Mais le pauvre homme s’est fait insulté comme ce n’était pas possible.

    Et mon père qui était venu m’accompagner, lui ancien combattant de Verdun, en était complètement bouleversé. Il pleurait comme une Madeleine, comme je ne l’avais jamais vu pleurer, devant cette espèce de débordement presque de haine à l’égard de l’armée et de ce qu’on allait… Voilà, c’était invraisemblable. Nous, on nous disait qu’on allait faire la pacification.

    Alors, d’un côté effectivement, comme je le raconte : ouvert des écoles ouvert des dispensaires et d’un autre côté la guerre larvée qui commençait a devenir vraiment de plus en plus sérieuse. Ce début de la guerre, enfin moi les six premiers mois que j’en ai vécus, ont été vraiment horribles. Mais je n’aurais jamais imaginé que cela puisse aussi vite aller aussi loin. Ça, c’est sûr ! On a eu des ordres, au début, très vite très stricts de ne pas avoir de contact avec la population, pour maintenir cette distance par rapport à la population et ne pas se laisser embobiner par elle.

    C’était complètement contradictoire parce que moi d’un autre côté j’ai été nommé instituteur, je ne pouvais faire la classe que dans un gourbi, qui avait été réquisitionné et qui se trouvait à quelques encablures du camp, et puis je participais aux gardes et aux embuscades de nuit. Dès que j’étais sorti de l’école, j’étais un militaire comme un autre. Inutile de vous dire que moi, j’étais séminariste à l’époque, j’étais très, très mal vu effectivement de mes officiers puisque je faisais réfléchir ces jeunes là, du contingent, à l’inanité de cette guerre et de ses méthodes.

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    Et ils acceptaient, quand le soir, sous la guitoune, on parlait, ils finissaient par accepter un peu mes vues et ils comprenaient. Souvent ils me disaient d’ailleurs : mais toi, tu es curé, c’est normal que tu penses ça, mais ne nous demande pas à nous… etc. mais quand même certains finissaient par réfléchir, et même certains ont refusé des corvées qu’on leur avait commandées, comme les corvées de bois. Ça, ils l’ont refusé. Je le redis : les corvées de bois, vous savez ce que c’est, on dit au prisonnier : « allez, vas-y fout le camp, t’es libre », puis on lui tire dans le dos, on l’abat comme ça. J’étais considéré comme l’antimilitariste, le dangereux communiste, etc.

    Donc, j’étais l’emmerdeur, Et, ils me l’ont fait bien sentir. Et un jour, deux copains qui revenaient du mess m’ont pris à part et ils m’ont dit : Hutin, n’accepte jamais d’aller en embuscade avec les paras parce qu’ils ont juré qu’ils te descendraient.

     

    Carnet de bord d’un rappelé en Algérie

    Le commentaire de Jacques CROS

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    Il s’agit d’un document rédigé par Stanislas Hutin qui a, au jour le jour, de novembre 1955 à mars 1956 tenu un journal de bord alors qu’il avait été, après avoir effectué son service militaire, rappelé pour participer aux opérations de « maintien de l’ordre » dans le Constantinois.

    Le vécu de ceux qui ont participé à la guerre d’Algérie est sensiblement différent selon l’époque, le lieu, l’affectation… de chacun. S’ajoutent à ces données l’âge, l’origine sociale, le niveau de conscience...

    Né en 1930 Stanislas Hutin est sursitaire et vient d’effectuer son service militaire à Madagascar quand il est rappelé sous les drapeaux. Il est issu d’un milieu chrétien et en 1955 il est séminariste.

    Cela va marquer profondément le regard qu’il porte sur ce qu’il vit. Ce qu’il vit c’est une guerre qui ne dit pas son nom. Certes les rappelés manifestent lors de leur départ pour l’Algérie mais la protestation n’ira pas au-delà d’une aspiration à la « quille ».

    Pour l’essentiel le mal être se reportera sur les Algériens. Le racisme et la haine iront bon train, la pacification se heurtera à la réalité des opérations militaires avec son cortège d’exactions : population méprisée, suspects maltraités, prisonniers torturés, exécutés… L’idée qui s’impose chez les soldats du contingent c’est qu’il n’y a pas de solution militaire.

    Stanislas Hutin sera un temps affecté comme instituteur et aura l’occasion d’entendre un de ses élèves, âgé de 14 ans, crier la nuit parce qu’on le passe à la « gégène ». Il pourra aussi prendre la mesure de la misère que connaissent les parents.

    L’incompétence de plusieurs militaires de carrière sera mise en évidence comme cet ordre de ne pas emporter de poste radio lors d’une mission confiée à une section de sa compagnie. Celle-ci aura six morts avant que n’arrivent les renforts.

    Il relèvera aussi le pouvoir sans contrôle qu’ont certains gradés dans la gestion de l’administration locale.

    Stanislas Hutin sera considéré comme communiste, ce qu’il n’est pas, même si son jugement sur le colonialisme n’est guète différent de celui qu’ont ceux-ci.

    Il sera sur la torture en  opposition avec la hiérarchie de l’aumônerie militaire qui minimise son ampleur et s’en accommode.

    Il aura l’occasion de revenir en Algérie une vingtaine d’années plus tard et retrouvera quelques-uns de ses anciens élèves.

    Le document avait été publié par le Groupe de Recherche en Histoire Immédiate à l’université de Toulouse mais l’édition est aujourd’hui épuisée.

     Jacques Cros   

     

    Merci d'arrêter la vidéo après le sujet concerné car d'autres vidéos sans rapport, suivent..

     

     Emission-témoignages 2022

    Mercredi 27 avril 2022, 19 h, heure française, 18 h, heure algérienne, 13h, heure de Montréal. Avec la participation de 5 membres de la 4 ACG : - Stanislas Hutin, ancien appelé d'Algérie, - Danièle Champeaux, ancienne principale de collège ayant vécu et travaillé en Algérie 33 ans, - Emmanuel Audrain, réalisateur du film « Retour en Algérie » (2013), - Emile Navarro, réalisateur du film « Des années de silence ) Appelés en Algérie —1954 / 1962 » - Romano Bottinelli, réalisateur du film « Ce que l’Algérie a fait de nous » L'émission est conçue et animée par Nadia Agsous. 

    Sur France 2, dimanche 3 juillet  à 10 heures : Une histoire des chrétiens dans la guerre d’Algérie

     

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  • Après vous avoir informé sur le plus vieux député de France (79 ans), vous savez celui qui nous a parlé de son Algérie française perdue, aujourd’hui je vais vous parler du plus jeune député de France (21 ans).

    Michel Dandelot 

    Le plus jeune député de France refuse de serrer la main au RN : qui est Louis Boyard ?

    Le plus jeune député de France refuse de serrer la main au RN : qui est Louis Boyard ?

    Le plus jeune député de France refuse de serrer la main au RN : qui est Louis Boyard ?

    Il a refusé de serrer la main à un député RN à l'assemblée nationale, il est le plus jeune député métropolitain de l'histoire de la Ve République française, il défend la jeunesse et les combats écologiques... Qui est Louis Boyard, député NUPES de la troisième circonscription du Val-de-Marne ? En s’imposant au second tour des élections législatives face à Laurent Saint-Martin, député sortant LREM, le jeune homme de 21 ans a créé la surprise. Portrait.

    L’image est forte, le symbole l’est tout autant. Pour ses débuts à l’Assemblée Nationale, Louis Boyard, 21 ans, refuse de serrer la main aux députés du Rassemblement National lors du vote pour la présidence de l’hémicycle. Malgré les remarques sur le manque de « républicanisme » ou de neutralité de son geste, le plus jeune député de France l’assume et le revendique : « Nous sommes dans un contexte de pandémie. Une pandémie de racisme, antisémitisme, d’islamophobie. Dans l’intérêt de la santé de tous, j’appelle le président de la République et ses amis à ne pas serrer la main au Rassemblent National. Pourquoi ce qui était anormal il y a 20 ans, est normal aujourd’hui ? Face au Rassemblement National, on respecte les gestes barrières » affirme-il au micro de La Chaîne Parlementaire.

    Pourquoi ce qui était anormal il y a 20 ans, est normal aujourd’hui ? Face au Rassemblement National, on respecte les gestes barrières.

    Un geste pour projeter l’attention vers la percée historique du parti d’extrême droite, et faire face à la banalisation de son arrivée au pouvoir, qui inquiète la gauche. Lors des élections législatives, le RN a remporté 89 sièges de députés. Un score historiquement élevé pour un parti qui n’avait jamais dépassé les 8 députés sous la Ve République. Le 29 juin dernier, un tournant de plus a été franchi pour le parti d’extrême droite : pour la première fois deux députés RN – Sébastien Chenu et Hélène Laporte – accèdent au poste de vice-président à l’assemblée nationale. Élu·e·s avec 290 et 284 voix, le parti d’extrême droite, avec l’appui de la majorité présidentielle, s’offre une place de choix dans les institutions politique. Une issue que Louis Boyard est déterminé à combattre.

    Merci de cliquer sur le lien ci-dessous pour voir une vidéo

    https://twitter.com/i/status/1541805230563770370 

     

    Un jeune qui parle au nom des jeunes et pour les jeunes

    Parcoursup, la réforme du bac, le service national universel… Louis Boyard, nommé président de l’UNL – l’Union nationale lycéenne – en avril 2018, a mené de nombreux combats contre la Macronie. Il y rencontre d’autres jeunes qui partagent ses combats pour la justice sociale et l’égalité des chances. À 18 ans, il s’engage dans le mouvement des gilets jaunes, participe activement aux manifestations et, au nom de son syndicat, appelle les lycéens à faire de même : « Moi, je suis convaincu d’une chose : même quand on est jeunes, on a notre mot à dire sur les politiques qui sont mises en place. »

     

    Le plus jeune député de France refuse de serrer la main au RN : qui est Louis Boyard ?

    Louis Boyard à la rencontre des militant·e·s écologistes de Fridays for future. 

    Son premier véritable combat politique, il le mène alors qu’il n’est même pas encore majeur. En classe de terminale, au lycée Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne). Il apprend qu’un bloc d’amiante – une substance particulièrement toxique – a été découvert dans une salle de cours. Avec d’autres lycéens, il décide d’exprimer son mécontentement en bloquant le lycée pour exiger une rénovation de l’établissement. « La mairie voulait qu’on ait cours alors que la situation présentait des dangers évidents : c’était absolument hors de question. Les profs et les parents se sont joints à nous. Puis au bout de trois mois de mobilisation, on a fini par obtenir une rénovation du lycée », raconte fièrement le jeune homme de 21 ans.

    À celles et ceux qui répètent inlassablement que les jeunes sont désintéressés de la politique, le député de 21 ans répond de manière ferme : « c’est totalement faux ! ».  Il en veut pour preuve le fait que la jeunesse soit aujourd’hui « ultra connectée » et donc « ultra informée », particulièrement via les réseaux sociaux, premier mode d’accès à l’information pour les 15-34 ans. Selon les chiffres du ministère de la Culture 71% d’entre eux consultent quotidiennement l’actualité via les réseaux sociaux. L’étude montre aussi que, contrairement aux idées reçues, les jeunes s’intéressent beaucoup à l’actualité : 93 % des sondés déclarent s’intéresser à l’information.

    Un canal d’information valorisé par le tout jeune député NUPES : « En scrollant sur Twitter, on peut tomber sur un thread qui détaille les conséquences du réchauffement climatique, sur un reportage qui montre les conditions de travail des agriculteurs… Le problème c’est que la jeunesse ne se retrouve pas dans le système politique actuel. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle est dépolitisée. »

    Même quand on est jeunes, on a notre mot à dire sur les politiques qui sont mises en place. 

    Défendre la jeunesse est devenu un leitmotiv pour cet étudiant en droit. Son rôle important dans le syndicalisme lycéen l’a amené à être invité par de nombreux médias pour exprimer la voix des jeunes. C’est surtout pendant la crise sanitaire que Louis Boyard s’est fait connaître dans ce rôle de porte-parole officieux.

    Face à des personnalités du gouvernement comme Sarah El Haïry, ex-secrétaire d’État chargée de la jeunesse, il s’est montré ferme et très à l’aise. Stress ? Appréhension ? Trac ? Il faut croire que le jeune Val-de-Marnais ne sait pas ce que c’est : « Lorsque je suis sur un plateau TV, j’oublie tout, je suis en mission. Je n’y vais pas en tant que chroniqueur, mais en tant que jeune. Pour défendre mes positions et convaincre les gens qui me regardent de l’urgence de la situation dans laquelle nous sommes. »

    Merci de cliquer sur le lien ci-dessous pour voir une vidéo

    https://twitter.com/i/status/1387179566003892224 

    Quand il se met à évoquer les difficiles conditions de vie des étudiants, son visage se crispe, ses sourcils se froncent. Il faut dire qu’il sait de quoi il parle. Avant le premier confinement, Louis Boyard faisait de l’aide aux devoirs pour boucler ses fins de mois, mais il a dû stopper son activité professionnelle à cause du Covid. Il vivait alors « trois fois sous le seuil de pauvreté », et avait beaucoup de mal à joindre les deux bouts. « Quand on ne peut plus travailler, qu’on n’a donc plus de revenu mais qu’on doit tout de même se nourrir, payer un loyer, des charges, et que le gouvernement se satisfait de ses « repas à 1 euro », mais de qui on se fout ? », lance-t-il avec amertume.

    Pour soutenir les jeunes dans sa situation, il a décidé de créer l’association : le Mouvement des solidarités étudiantes. Elle organisait des distributions alimentaires « pour aider les étudiants en galère », dont il faisait partie. «J’ai trouvé cette période particulièrement violente. Quand tu vois des gens qui font plus de deux heures de queue pour pouvoir manger, tu te dis que l’inégalité du système dans lequel on vit mérite vraiment qu’on se batte. » 

    Un « type de 21 ans » en campagne législative

    La justice sociale, l’égalité des chances, l’écologie… Ces causes lui tiennent à cœur. Sur le terrain associatif et syndical, il lutte depuis des années pour celles-ci. Mais « il fallait que ça aille plus loin » dit-il d’un ton déterminé. En mars 2022, son téléphone sonne. L’antenne du Val-de-Marne de La France Insoumise lui propose de participer à son assemblée générale. Louis Boyard accepte d’y aller, par curiosité. Il apprend alors que LFI n’a toujours pas de candidat dans la troisième circonscription du Val-de-Marne, considérée comme ingagnable. Il est finalement choisi pour faire campagne sous l’étiquette insoumise, puis NUPES : « L’affiche était quand même marrante, un type de 21 ans face au rapporteur du budget (Laurent Saint-Martin, NDLR), l’une des personnalités les plus importantes de l’Assemblée. »

    Débute alors une campagne législative, dans le Val-de-Marne, un département où il vit depuis ses années collège. Une campagne pas comme les autres, qu’il mène en parallèle de ses partiels de Licence 2 à Assas. « Je n’avais presque plus aucune vie sociale. Je me réveillais très tôt, puis je me couchais très tard. Même mes week-ends, je les passais sur le terrain », raconte Louis Boyard. Entouré essentiellement de jeunes militants, il diversifie ses actions pour toucher le plus de monde possible : distribution de tracts, réunions publiques, portes-à-portes, barbecues dans les quartiers…

    Pour mobiliser les abstentionnistes, Louis Boyard a utilisé une arme particulièrement efficace : la discussion.

    L’enjeu était de taille : convaincre les électeurs déçus du résultat de l’élection présidentielle qu’il y avait encore une possibilité de changer les choses. Cela n’a pas été simple. Dans certaines villes de la circonscription, l’abstention est de mise – à Valenton par exemple, le taux d’abstention au second tour de la présidentielle de 2022 était de 41%. Pour mobiliser les abstentionnistes, Louis Boyard a utilisé une arme particulièrement efficace : la discussion. Autour d’un verre de coca ou d’un sandwich à la merguez, il leur a parlé Smic à 1500€, retraite à 60 ans ou encore blocage des prix. Et il faut croire que cela a fonctionné, puisqu’il a réussi la prouesse d’être élu face au candidat sortant.

    À grands pouvoirs, grandes responsabilités. Le jeune élu, qui va « très certainement » mettre ses études en stand-by pour se concentrer pleinement sur ses fonctions, en a conscience. Les électeurs lui ont fait confiance, « je leur dois ma victoire » dit-il. Certains n’avaient jamais voté de leur vie. Pourtant, ils ont fondé beaucoup d’espoir sur ce nouveau visage, qui déclare d’une voix déterminée vouloir faire bouger les lignes : « Maintenant, il va falloir que je rende des comptes. J’ai été élu pour changer la vie des habitants de ma circonscription. Ils m’ont fait confiance et il est hors de question que je les trahisse. »

    Ayoub Simour.

     

    Boyard et le RN : de la poignée

     de main au Boy's club

    Le plus jeune député de France refuse de serrer la main au RN : qui est Louis Boyard ?

    PAR LÉANE ALESTRA

     Podcasteuse et blogueuse, créatrice de Mécréantes

    PARIS - France

     

    Hier, lors du premier tour de l’élection à la présidence de l’Assemblée nationale, Louis Boyard, jeune député Nupes, a décliné la main tendue de plusieurs députés d’extrême droite. Mais alors pourquoi une simple affaire de poignée de main a-t-elle déclenché les cris, les larmes et les contestations ulcérées de nombres de messieurs?

    Depuis hier une polémique tourne en boucle à la télévision et provoque de vives réactions parmi la classe dirigeante… Il ne s'agit pas du discours servit par le député RN José Gonzalez doyen de l’Assemblée, lançant qu’il n’était : «Pas là pour juger si l’OAS a commis des crimes» qui fait l'objet d'une tempête médiatique. L'affaire qui fait la une des JT est celle d'une poignée de main Mercredi 29 juin 2022, lors du premier tour de l’élection à la présidence de lAssemblée nationale, Louis Boyard, jeune député Nupes, a décliné la main tendue de plusieurs députés d’extrême droite. Un geste qui rappelle un temps pas si lointain où l’extrême droite était infréquentable et ce, même par la droite…

    En effet, il y a vingt ans, Jacques Chirac refusait le débat avec Jean-Marie Le Pen pour ne pas «banaliser» ses idées. Mais aujourdhui la tolérance envers ce parti créé par des SS semble avoir changé et nombre de médias crient à lesprit antirépublicain face au refus affiché par Boyard de coopérer. Hier et ce matin, Robert Ménard faisait la tournée des plateaux de télévision en gesticulant et en hurlant sur sa chaise : les insultes contre Louis Boyard fusent. Ménard le traite de «crétin», de «zigoto», de clown, «dantifasciste dopérette», le tout dans une volonté paradoxale de dénoncer l’attitude de Boyard qu’il juge irrespectueuse et antirépublicaine… Mais alors pourquoi une simple affaire de poignée de main a-t-elle déclenché les cris, les larmes et les contestations ulcérées de nombres de messieurs?

    Pour le comprendre, il est important de situer culturellement la poignée de main et la recontextualiser dans le milieu politique. Premièrement, le fait de tendre la main à un collègue sert à l’assurer de nos bonnes intentions, c’est un geste amical. Jadis, serrer la patte avait pour but de montrer à autrui que nous ne tenions pas d’armes et qu’il était donc à l’abri d’une attaque furtive. Bref, la poignée de main signifie que nous souhaitons nous lier avec un autre humain dans la bienveillance, la coopération et le respect. Ça, c’est pour la théorie, mais dans le monde politique (ou d’autres sphères de pouvoir), la poignée de main à d’autres fonctions et peut exprimer bien plus que cela.

    Je ne vous surprends guère ici, en rappelant que le serrage de pinces fût d’abord et longtemps une pratique exclusivement masculine. Or derrière ce geste, il se joue souvent des petits jeux de pouvoirs et de dominations. Pour causes, la masculinité se base sur une hiérarchie des hommes sur les femmes, mais aussi des hommes entre eux. Ainsi, la poignée de main, sert parfois à classer verticalement les hommes, dans l'objectif de gagner le statut de dominant. C'est pourquoi l’on verra par exemple des dirigeants broyer la main d’un concurrent afin de l’écraser symboliquement. D’autres feront durer le geste en regardant l'adversaire dans les yeux jusqu’à ce que celui-ci lâche le premier… On dira d’un homme qui serre la main trop fort qu’il cherche à compenser un manque de virilité, mais dans le même temps la poigne doit rester un geste vigoureux et viril. Il est attendu que la poignée soit franche, ferme et surtout pas «molle», afin de correspondre à limagerie phallique, laquelle est elle-même un attribut du pouvoir.  

    Dans le monde politique bien souvent, le dirigeant du pays le plus «puissant» aura sa main par-dessus celle de son homologue pour montrer sa prééminence. Il pourra également tapoter l’épaule de lindividu, recouvrir la poignée de son autre main ou tapoter celle-ci pour manifester une attitude paternaliste de supériorité. On qualifie même de duel politique les poignées de mains entre chefs d'État. Par exemple, en 2017, le New York Times consacrait un article à ce geste diplomatique entre Trump et Macron. L’éditorialiste commente : «Mâchoires serrées, visage alternant entre sourires et grimaces, ils se sont serré la main jusqu’à ce que les jointures de monsieur Trump pâlissent. Il a essayé de retirer sa main, mais monsieur Macron a agrippé sa main encore plus fort et a continué à la serrer. Finalement, la seconde fois, Donald Trump s’est retiré et Emmanuel Macron l’a laissé partir.». Les experts sont alors unanimes, Macron «a gagné le duel ».

    Nous l’avons déjà dit, mais il est nécessaire de le rappeler, traditionnellement la poignée de main est un jeu viril entre hommes. Angela Merkel, n’a par exemple pas eu le droit à la fameuse poignée de main de Donald Trump et l'histoire diplomatique regorge de politiciennes et diplomates s'étant vu refuser ce geste parce qu'elles sont femmes. Cela s’explique, car le serrage de main est plus qu’un simple geste de politesse, il s’agit symboliquement de reconnaître l’autre comme un futur partenaire à qui on laisse une porte ouverte dans son clan. Une porte ouverte au sein du cercle de pouvoir usuellement masculin, que l’autrice et professeur de littérature Martine Delvaux nomme Le Boy's club. Ainsi, le serrage de main provoque autant d'émules dans la presse précisément parce que l’on y voit un signe important qui signifie : «bienvenue au club». Pour reprendre lexpression de Mathilde Viot dans son livre Les hommes politiques, moi j’en fais du compost, ce geste signifie à l’autre qu’il fait officiellement partie de «la ligue des frères».  

    En bref, la poignée de main atteste d'une certaine forme de fraternité, se voulant plus forte que les petites querelles politiques : l’homme à qui l’on serre la main fait publiquement et officiellement partie de la famille. En déclinant la main des député•es du RN, Louis Boyard refuse le compromis et d’identifier une filiation avec les députés RN. Pour Boyard l'extrême droite ne peut-être des pairs appartenant à la fratrie politique. C’est une façon d’affirmer ostensiblement : «À mes yeux vous ne valez même pas la poigne, le rapport de force et le duel politique, car je ne sympathise pas avec l’extrême droite, je la combats». Je remarque également que la couverture médiatique autour de cette affaire n'a que peu relevé le fait que la députée Danièle Obono a elle aussi a refusée de serrer la main au RN. Et ce, car pour eux l'enjeu est moindre puisqu'elle n'appartient pas directement au Boy's club.

    Cette polémique renvoie donc aux rapports de pouvoirs existants au sein de l’hémicycle dans un contexte où l’extrême droite cherche à faire sa place dans la grande famille politique française. Le RN — et ses 89 députés — tentent ici de s’intégrer dans les formes, mais aussi unanimement à la ligue des frères. L'enjeu pour l'extrême droite est bien de sortir du statut de fils illégitimes, afin de s’imposer comme une force politique ordinaire, acceptable et même familière. Un pari qui semble bien fonctionner à l’exception de quelques voix dissonantes que leurs partisans (pour ne pas dire les chiens de garde) s’empressent de dénoncer bruyamment…

    SOURCE : Boyard et le RN : de la poignée de main au Boy's club | Le Club (mediapart.fr)

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  • APRÈS LES PROPOS

     DE JOSÉ GONZALES, RETOUR

    SUR L'HISTOIRE TORTUEUSE

     DU RN AVEC L'ALGÉRIE FRANÇAISE

     

    APRÈS LES PROPOS DE JOSÉ GONZALES, RETOUR SUR L'HISTOIRE TORTUEUSE DU RN AVEC L'ALGÉRIE FRANÇAISE

    Marine Le Pen à Perpignan lors d'une cérémonie de commémoration des "disparus sans tombe" à Perpignan le 8 avril 2022 - RAYMOND ROIG / AFP

    L'ouverture de la session parlementaire a été marqué par le discours du doyen du Palais-Bourbon, un député RN, pied-noir né à Oran. En évoquant sa terre natale à laquelle il a été "arraché", il a rappelé les relations entre son parti et la guerre d'Algérie. Longtemps facteur de cohésion au sein du parti de Marine Le Pen, la situation a évolué ces dernières années.

    Une séquence médiatique lourde de symbole. Ce mercredi, le doyen de l'Assemblée nationale, le député Rassemblement national José Gonzalez, a exprimé son émotion en pensant à "ses amis morts" en Algérie en ouvrant la toute première séance de la nouvelle mandature. Ce pied-noir, né à Oran en 1942, a ensuite assuré "ne pas savoir" si l'OAS avait commis des crimes durant la guerre d'Algérie. Tout en assumant les propos de son élu ce jeudi matin, Marine Le Pen n'a eu de cesse ces dernières années de tenir le sujet, hautement inflammable, à distance. BFMTV.com vous résume la relation du parti avec la guerre d'Algérie.

    Le Front national (l'ancien nom du RN NDLR) que Jean-Marie Le Pen a cofondé en 1972 est né en grande partie sur les décombres de ce conflit. Ancien engagé dans le premier régime étranger de parachutistes en Algérie française avant de rejoindre le Front national combattant, le nonagénaire a été matricé par ce conflit.

    "Un parallèle entre les ennemis d'hier et ceux d'aujourd'hui"

    C'est également le cas de Roger Holeindre, l'un des autres cofondateurs du parti qui a, lui, fait ses armes au sein de l'OAS, une organisation qui a tenté de tuer Charles de Gaulle lors de l'attentat du Petit-Clamart en 1962. L'un des avocats des accusés, Jean-Louis Tixier-Vignancourt, est candidat à la présidence de la république trois ans plus tard, et sa campagne est alors dirigée par Jean-Marie Le Pen.

    La cause de l'Algérie française, élément moteur des débuts du parti, a permis de nourrir ses arguments pour lutter contre l'immigration.

    "Le mouvement avait opté pour un angle bien précis : opérer un parallèle entre les ennemis d'hier et ceux d'aujourd'hui en montant d'une certaine façon que la guerre d'Algérie était inachevée et qu'elle se poursuivait à la fin des années 1970", explique l'historienne Valérie Igounet, spécialiste du Rassemblement national sur son blog.

    Vivier électoral

    Les harkis et les pieds-noirs deviennent également une clientèle électorale à conquérir. Les premiers maires FN, à l'exception de Dreux, se sont tous fait élire dans des territoires comportant une importante communauté comme Jacques Bompard à Orange et Bruno Mégret à Vitrolles en 1995.

    Références à l'Algérie française dans de nombreux discours de Jean-Marie ou de ses lieutenants comme le numéro 2 du parti Bruno Gollnisch, pieds-noirs ou harkis présents dans tous les scrutins de liste comme le souligne l'historien Abderahmen Moumen, la question infuse la vie du parti.

    "Puis, on s'est mis de moins en moins à en parler, d'abord parce que le temps passait et que même si la mémoire restait vive, elle travaillait moins la société française qu'à une époque. Et aussi parce que, quand Marine Le Pen a visé la tête du RN, elle s'est dit qu'il fallait mettre entre parenthèses le sujet qui renvoyait à d'autres heures du parti", souligne un ancien élu auprès de BFMTV.com.

    Plus de rue du 19 mars 1962 dans les mairies RN

    Si la question se fait moins présente médiatiquement pour tenter de dédiaboliser le RN, elle reste vivace. Marine Le Pen a par exemple accompagné Louis Aliot, dont la mère est une rapatriée d'Algérie, à l'été 2011 dans un "salon du savoir-faire pied noir". L'occasion pour elle de rappeler devant les participants le rôle de son père durant la guerre d'Algérie.

    La nouvelle génération de maires élus en 2014 fait également passer ses messages. Lors de la débaptisation de la "rue du 19 mars 1962 Fin de la Guerre d'Algérie" en 2015, le maire Julien Sanchez explique vouloir "laver l’affront" des Français qui ont souffert".

    Robert Ménard, l'édile de Béziers, prend la même décision en 2015 et rebaptise la rue du 19 mars 1962 du nom du Commandant-Hélie-de-Saint-Marc. Le nom de ce militaire reste associé à la torture et au putsch des généraux en 1961. Condamné pour cet acte à dix ans de prison, le gradé avait été gracié en 1966 et réhabilité en 1978.

    Passe d'armes entre Le Pen et Macron

    N’oublions pas que Macron a été le président du « En même temps »

    Mais qu’il est et restera le président

     des riches…

    Michel Dandelot

    Le sujet revient sur le devant de la scène nationale à l'occasion d'une visite d'Emmanuel Macron en Algérie en pleine campagne présidentielle en 2017. "La colonisation a été un crime contre l'humanité", avance-t-il à la télévision algérienne.

    "Y a-t-il quelque chose de plus grave, quand on veut être président de la République, que d’aller à l’étranger pour accuser le pays que l’on veut diriger de crime contre l’humanité ?", lui répond alors son adversaire sur Twitter.

    Nouvelle polémique en 2021 quand le président reconnaît "au nom de la France", que l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été "torturé et assassiné" par l'armée française pendant la guerre d'Algérie en 1957.

    Marine Le Pen regrette alors sur les réseaux sociaux "des signaux désastreux de repentance, de division et de haine de soi".

    Perpignan, ville-marqueur

    Entre ces deux polémique, Louis Aliot gagne les municipales à Perpignan en 2020, tout un symbole. En 1962, 12.000 pieds-noirs et 12.000 harkis y étaient arrivés - un chiffre considérable pour une ville d'environ 80.000 habitants à l'époque.

    Depuis son élection, l'ancien compagnon de Marine Le Pen n'a de cesse d'organiser des événements autour de la mémoire de l'Algérie française, de 3 jours de commémoration à l'occasion des soixante ans de l'exode des pieds-noirs à l'inauguration d'un square Mourad Kaouah, député de l'Algérie française de 1958 à 1962, au grand dam de certains historiens, comme le rapporte L'Express.

    La campagne présidentielle de 2022 reste, elle, relativement éloignée de ces sujets, au grand soulagement des plus jeunes du parti.

    Le Pen droite dans ses bottes

    Éric Zemmour qui a placé à plusieurs reprises sa campagne sur le terrain des questions historiques, du conflit de la Seconde Guerre mondiale, à Napoléon en passant par les tirailleurs sénégalais, a également permis à Marine Le Pen d'éviter ces sujets.

    Jusqu'à l'ouverture de la nouvelle session parlementaire avec le discours de José Gonzales qui a choqué sur les bancs de la gauche. Mais l'ancienne candidate à la présidentielle assume.

    "Ce n'est pas un dérapage, il a fait un très beau discours, un discours très digne, très républicain, qui a été salué quasi unanimement par des applaudissements nourris de l'Assemblée nationale", a réagi ce mercredi Marine Le Pen sur France Info.

    Une façon d'en finir avec une polémique dont elle se serait bien passée, elle qui rêve de se servir de ses 89 députés à l'Assemblée nationale pour se crédibiliser auprès des Français… en vue de la prochaine présidentielle de 2027.

     

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    Scandale : un éloge de l’Algérie française

    pour ouvrir la première séance

    de l’Assemblée nationale

    Scandale : un éloge de l’Algérie française pour ouvrir la première séance de l’Assemblée nationale

     

    Cet après-midi, c’est José Gonzales, député du Rassemblement national (RN) de la 10ème circonscription des Bouches-du-Rhône qui a inauguré la nouvelle législature. Un discours inaugural au cours duquel il a rendu hommage… à l’Algérie française. Un discours nauséabond, que certains députés ont jugé bon… d’acclamer.  

    A vomir en écoutant les mots

    nauséabonds de ce pieds-noirs

     d’extrême-droite 

    « Ce symbole d’unité touche l’enfant d’une France d’ailleurs que je suis, arraché à sa terre natale et brossé sur les côtes provençales par le vent de l’Histoire en 1962. J’ai laissé là-bas une partie de ma France et beaucoup d’amis. Je suis un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie… » a expliqué le député d’extrême-droite. Visiblement ému, le doyen de l’Assemblée a ajouté : « je pense à mes amis que j’ai laissé là-bas ».

    Dans les couloirs de l’Assemblée nationale

    le pleurnicheur Gonzalez a dit :

     

    José Gonzales, doyen de l’Assemblée : «Venez avec moi en Algérie dans le Djebel, je vais vous trouver beaucoup d’Algériens qui vont vous dire : quand est-ce que vous [les Français] revenez » Et : «Je ne suis pas là pour juger pour savoir si l’OAS a commis des crimes ou pas » 

    Ces mots n’ont rien à faire au cœur d’une institution de la République. Car derrière ces mots de José Gonzales, c’est un passé colonial, l’OAS et la torture, qui raisonnent. Certains ont voulu faire croire, et certains ont cyniquement cru, que l’héritage de Jean-Marie Le Pen n’était plus. Que le Rassemblement national avait changé. Preuve s’il en fallait, que quand le vernis craque, le RN est bien et restera toujours d’extrême-droite.

    Par ces quelques mots, en guise de lancement d’une nouvelle période, José Gonzales nous rappelle l’histoire du Rassemblement national : un parti fondé en 1972 par des anciens de l’OAS, des gradés de la Waffen SS. Nous débutons donc cette XVIème législature par un hommage appuyé à l’Algérie française. Symbole de l’extrême droitisation des débats qui s’annonce pour les 5 ans à venir.

    Cliquez sur ce lien pour écouter « le pleureur d’extrême-droite » nostalgique de l’Algérie française et de l’OAS :

    https://twitter.com/i/status/1541771264297148417

    Une réponse d'une élue de la NUPES

    https://twitter.com/i/status/1541811530257338369

     

    Courriel

    de Jean-François Gavoury :

    L'OAS à la tribune de l'Assemblée

    nationale.

    Depuis 15h00, je suis, sur les chaînes d'information permanente de la TNT, les modalités d'élection de la présidente de l'Assemblée nationale.

    Leur déclenchement a été précédé du discours, à connotation nostalgérique assumée, du doyen d'âge en ouverture de cette 16e législature.

    Les journalistes n'ont du reste retenu que cet aspect de l'intervention du pleureur Gonzalez, abondamment applaudi dans l'hémicycle au moment de l'évocation à sa terre natale.

    Il n'est que certains élus de NUPES pour contester cette référence inappropriée et provocatrice que l'orateur a faite à son passé de pied-noir engagé.

    Écœurant autant qu'édifiant.

    Le RN est décrédibilisé d'entrée de jeu.

    J'espère que Marine Le Pen sera interviewée et se positionnera sur le propos de Gonzalez dans les couloirs de l'Assemblée refusant de reconnaître l'action criminelle de l'OAS.

    Même Aliot vient de qualifier de terroriste cette organisation.

    Gonzalez devait se trouver à Perpignan le WE dernier !

    Jean-François Gavoury

    ********************

    Cher Jean-François,

    Oui je l'ai vu pleurer aussi ce doyen "pieds-noirs" des députés pour son Algérie française perdue. Oui tous les commentateurs ont remarqué ce passage en larmes de crocodile alors que pendant ce temps, à Perpignan, c'est la grande joie pour les Algérianistes extrémistes, grâce à Aliot qui essaye, en effet, de sauver le soldat Gonzalez… et la dédiabolisation de Marine Le Pen qui prépare son parti pour la prochaine présidentielle de 2027.

    Michel Dandelot

     

    OAS et chambre à gaz

     

    En déclarant : je ne suis pas là pour savoir si l’OAS a commis des crimes ou pas, José Gonzalez rejoint Jean-Marie Le Pen condamné en 1987 pour avoir déclaré : «  les chambres à gaz sont un point de détail de l’histoire ».

    Jean-Philippe Ould Aoudia 

     

     

    Le doyen des députés, José Gonzalez

    79 ans, a donné le coup d'envoi des travaux

    de la nouvelle Assemblée, mardi, provoquant

    une polémique après une courte allocution

    au "perchoir".

    Scandale : un éloge de l’Algérie française pour ouvrir la première séance de l’Assemblée nationale

     

    Comme le veut la tradition, c'est lui qui a pris la parole en premier. Et il a déjà déclenché une polémique. La première séance à l'Assemblée nationale, récemment élue à l'issue des élections législatives, a été marquée par une première sortie déjà dénoncée par les différentes oppositions.

    Peu de temps après avoir déclaré "ouverte la XVIe législature de l'Assemblée nationale", le député du Rassemblement national, José Gonzalez, au "perchoir" pour quelques heures en tant que doyen de l'Assemblée, a tenu un discours introductif avec des références appuyés à l'Algérie française qui a choqué parmi les députés.

    Ainsi, à 79 ans, José Gonzalez prend d'abord la parole et évoque l'unité des députés et se lance dans une parenthèse sur son histoire personnelle.. Sa voix s'étrangle alors quand il évoque l'Algérie. Il se présente comme "L'enfant d'une France d'ailleurs arrachée à sa terre natale par le vent de l'histoire. En 1962, j'ai laissé là-bas une partie de ma France", dit ce pied noir né à Oran.

    "Le premier stigmate d'une lecture de l'Histoire différente"

    Avant d'aller plus loin devant la presse. Lorsqu'on lui demande si l'armée française a commis des crimes en Algérie, il répond : "Crimes de l'armée française, je ne pense pas, crimes contre l'humanité encore moins. Si je vous emmène avec moi en Algérie, dans le Djebel, beaucoup d'Algériens qui n'ont jamais connu la France disent 'quand est-ce que vous revenez ?'". Avant de conclure "ne pas savoir ou presque pas ce qu'est l'OAS", l'Organisation de l'armée secrète, bras armé des défenseurs de l'Algérie française, responsables de plus de 2700 morts en Algérie et de 70 morts en France.

    Un discours choquant pour de nombreux députés de gauche, à commencer par Alexis Corbière de la France Insoumise. "Dire 'je ne sais pas s'il faut juger les crimes, réels ou non de l'OAS', ça s'appelle du négationnisme historique. L'Assemblée nationale, aujourd'hui, était présidée par un homme qui fait du négationnisme historique sur un moment difficile de l'histoire de France", a ainsi dénoncé l'Insoumis, rejoint par Sébastien Jumel du Parti communiste. "C'est inévitablement le premier stigmate d'une lecture de l'Histoire différente de nous autres." Les députés de la Nupes y voient là, la fin de la "dédiabolisation" du Rassemblement National.

     
      

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    Paris - Rassemblement contre

     le racisme et le fascisme

     pour l’égalité des droits

     et la justice sociale

    Mardi 28 juin 2022 - 17h00

      Paris - Rassemblement contre   le racisme et le fascisme pour l’égalité des droits et la justice sociale : Mardi 28 juin 2022 - 17h00

     

    Contre le racisme et le fascisme

     Pour l’égalité des droits et la justice sociale
    On est là !
     

    La Marche des Solidarités et les Collectifs de Sans-Papiers de la région parisienne appellent à se rassembler devant l’Assemblée nationale pour les premières sessions des nouvelles et nouveaux député·e·s :
    → Pour exiger la fin des politiques de harcèlement des sans-papiers et de non-accueil des migrant·e·s.
    → 
    Pour exiger la fin des discours et politiques racistes et sécuritaires contre les jeunes de nos quartiers, contre les musulmanes et musulmans, contre les immigré·e·s.
    → 
    Pour exiger la fin des politiques anti-sociales qui aggravent la misère sociale, les injustices, les inégalités et l’exploitation.

    Ces politiques qui légitiment le racisme tout en désespérant la majorité des couches populaires font le lit de l’extrême-droite et du fascisme. Macron prétendait hypocritement faire barrage à l’extrême-droite : il y a aujourd’hui 89 députés fascistes à l’Assemblée !

    Le Conseil d’État vient de condamner la politique du ministère de l’intérieur qui empêche les sans-papiers de pouvoir déposer leurs dossiers en préfecture en annulant les textes imposant la dématérialisation des démarches qui concernent les titres de séjour. Nous exigeons l’application de cette décision dans toutes les préfectures et l’ouverture de guichets permettant aux collectifs de sans-papiers et aux associations de déposer collectivement des dossiers de régularisation. Monsieur Macron, le pouvoir c’est d’abord des devoirs !

    Nous exigeons plus généralement une politique d’accueil des migrant·e·s, quelle que soit leur nationalité et la régularisation de tou·te·s les sans-papiers. Les mesures, totalement justifiées, mises en place pour les réfugié·e·s ukrainien·ne·s montrent qu’il n’y a pas de problème de moyens. Ces mesures doivent s’appliquer à toutes et à tous, sans discrimination raciste.

    Nous exigeons la fin des politiques qui considèrent les populations des quartiers populaires, les immigré·e·s, les musulman·e·s et, de plus en plus, celles et ceux qui revendiquent leurs droits, comme des populations dangereuses qu’il faut surveiller, contrôler et réprimer. La police mutile, la police tue, voilà l’insécurité. Notre sécurité à nous est dans la solidarité et l’égalité des droits.

    On est là ! Et on n’attendra pas les bras croisés toutes les manœuvres politiciennes pour continuer des politiques qui mènent au pire.
    On est là : d’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e, notre pays à nous, nos quartiers, notre monde s’appellent Solidarité !

    #ouvrezlesguichets
    #pasdefascistesdansnosquartiers
    #égalitédesdroits
    #justicesocialeetclimatique
    #régularisationdessanspapiers
     

    Nous accueillerons tou·te·s les député·e·s qui voudront relayer nos luttes et revendications à l’Assemblée.

    Rassemblement devant l’Assemblée nationale le mardi 28 juin à 17H00 

     

     

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    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    Discours de Louis Aliot (RN), le 24 juin, au couvent Sainte-Claire-de-la-Passion, en célébration de l'Algérie française. © Raymond Roig / AFP

     

    À quelques jours des 60 ans de l’indépendance de l’Algérie, le maire Louis Aliot (RN) met à l’honneur l’Organisation armée secrète (OAS) et les responsables du putsch d’Alger pendant un grand week-end d’hommage à « l’œuvre coloniale ».

    Le menu est copieux et pour le moins indigeste. Pendant trois jours, la ville de Perpignan, qui a versé pour l’occasion 100 000 euros au Cercle algérianiste, une association de nostalgiques de l’Algérie française, organise  jusqu'au dimanche 26 juin un événement où elle se proclame « capitale des Français d’Algérie ».

    Au programme : célébration de l’œuvre colonisatrice et « civilisatrice » de la France, mise à l’honneur des responsables de l’Organisation armée secrète (OAS) et des généraux putschistes… Le tout sous la tutelle du maire Rassemblement national (RN) Louis Aliot. À l’occasion d’un « dîner des 60 ans » [de l’exode des Français d’Algérie - ndlr], l’édile, issu d’une famille de pieds-noirs, « élèvera au rang de citoyen d’honneur de la ville » trois responsables du putsch d’Alger.

    Après une exposition relativement modeste l’an dernier sur « les victimes oubliées de la guerre d’Algérie » dans une salle jouxtant la mairie, le maire d’extrême droite a, cette fois, voulu faire les choses en grand. L’événement se déroule au palais des congrès, avec dix-neuf expositions dans cinq lieux de la ville.

    Il se terminera, dimanche matin, par une « procession » du palais des Congrès jusqu’à la cathédrale, « en présence des statues de Notre-Dame de Santa Cruz, Notre-Dame d’Afrique », suivie d’une « prière pour les nôtres ».

    Après de multiples demandes, Mediapart n’a pas été accrédité pour assister à l’événement. « Nous sommes complets et les dernières places qui restent seront réservées à nos adhérents », nous a répondu une responsable du Cercle algérianiste.

    Pendant le week-end, Perpignan réunit tout le ban et l’arrière-ban des défenseurs d’une Algérie éternellement française, les représentants d’une histoire mythifiée de l’œuvre coloniale en Algérie.  

    Tout le ban et l’arrière-ban des défenseurs d’une Algérie éternellement française est attendu à Perpignan.

    Dans ce monde qui se vit comme assiégé – un an après la publication, par exemple, du rapport Stora, le journaliste du Figaro Magazine Jean Sévillia, auteur de nombreux articles et ouvrages sur le sujet, viendra débattre avec l’essayiste Jean-Yves Faberon, auteur du nostalgique D’Algérie (L’Harmattan), d’une question qu’on pressent comme de plus en plus brûlante : « Face à la montée de la déconstruction de l’histoire de l’Algérie française, peut-on espérer un jour endiguer le phénomène ou faut-il le voir comme une fatalité ? »

    Dans ce cercle fâché avec le travail des historiens qui, année après année, est venu battre en brèche l’histoire mythifiée de la colonisation, avec son éternelle imagerie de « routes, hôpitaux, écoles » construits pour le plus grand bonheur d’une population algérienne, étonnamment ingrate, s’est mise en place une histoire parallèle qui se raccroche aux derniers alliés. La recherche historique les trahit ? Pourquoi ne pas interroger l’armée – ou une partie de l'armée – sur ce passé en train de s’estomper ?

    « En quoi l’armée peut-elle être un outil de transmission de la mémoire de la guerre d’Algérie ? », interroge ainsi, de manière révélatrice, l’une des tables rondes du week-end. Y ont participé Christophe Assémat, présenté comme un « docteur d’État en science politique ». Ce militaire, auteur d’un roman sous pseudonyme, Frères de solitude (éditions de l’École de guerre), est le fils de Jean Assémat, fondateur avec Roger Trinquier l’Union nationale des parachutistes (UNP), le théoricien de la « contre-subversion » et le défenseur de l’emploi de la torture en Indochine comme en Algérie.

    À la même table, se trouvait le père Kalka, aumônier du 1er régiment de chasseurs parachutistes. L’homme se livrait en 2016 à une attaque en règle contre l’islam lors d’une cérémonie d’un club de parachutistes organisée aux Invalides en 2016. Selon un compte-rendu de l’association, il aurait expliqué : « Nous avons peur, ne serait-ce que d’émettre une simple critique à l’adresse de l’islam. Vous pouvez insulter les chrétiens, les bouddhistes, les juifs, les hindous... Vous pouvez cracher sur la Madone et Jésus, mais malheur à celui qui critique l’islam. » Avant d’ajouter : « L’action est l’indispensable complément de la prière […]. La piété dans l’inaction s’apparente à une bigoterie de fiotte. »

    La soirée de vendredi s’est terminée en musique, avec un concert du Jean-Pax Méfret, le barde de l’OAS, organisation dont le chanteur né en Algérie, adulé de Zemmour, a fait partie, avant de devenir journaliste au journal d’extrême droite Minute, puis au Figaro Magazine. À son répertoire, des chants de l’Algérie perdue, dont « Les Barricades » – « le drapeau taché du sang d’Hernandez, la foule crie : “Algérie française !” » –, qu’a applaudi Louis Aliot, présent au premier rang.

    Les putschistes d’Alger vont devenir citoyens d’honneur de la ville

    La journée de samedi doit se clore sur une cérémonie où le maire RN déclarera « citoyens d’honneur » Hélie Denoix de Saint Marc et les généraux Edmond Jouhaud et André Zeller, les organisateurs du coup d’État d’Alger de 1961 pour s’opposer à l’indépendance de l’Algérie.

    Pour clore cette « OAS-pride », un square de la ville va porter le nom de Mourad Kaouah, député de l’Algérie française, proche de Jean-Marie Le Pen et figure du Front national en Catalogne.  

    En protestation, le Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée a organisé un contre-événement, avec un rassemblement le samedi dont le mot d’ordre était : « Perpignan capitale de la fraternité entre les peuples algérien et français ».

    Pour Josie Boucher, une des responsables du collectif, il s’agit de dénoncer « une propagande qui consiste à glorifier ce qu’a fait la France en Algérie, une insulte au peuple algérien ».

    L’instrumentalisation politique des pieds-noirs est une vieille histoire à Perpignan, que Louis Aliot porte à son paroxysme. Déjà, sous le mandat précédent du maire Les Républicains Jean-Marc Pujol, le collectif s’était battu contre l’inauguration d’une stèle à la gloire de l’OAS dans le cimetière de Perpignan, puis contre la création, avec les subsides de la mairie, du Centre de documentation des Français d’Algérie, qui célèbre, selon le collectif, « le bon temps des colonies »Le journal L’Indépendant rappelait récemment que Louis Aliot a octroyé une aide de 3,7 millions d’euros pour agrandir le couvent où se trouve le centre de documentation.

    Jacques Pradel, porte-parole de l’association des Pieds-noirs progressistes, une organisation qui entend empêcher l’extrême droite de confisquer la parole des rapatriés d’Algérie, participera à l’événement. « Le Cercle algérianiste est nostalgique non pas de l’Algérie mais de l’Algérie coloniale. Ils me font l’effet de gens qui ont arrêté de penser dans les années 1960 », regrette-t-il, soulignant que « jusqu’à aujourd’hui, cette association avait pris soin de ne pas trop afficher son soutien à l’OAS. Là, on a le sentiment que plus rien ne les retient. »

    « Comment peut-on imaginer parler de l’Algérie sans prendre en compte le travail des historiens ? », s’interroge-t-il encore.

    Ce dimanche, l’historien Gilles Manceron fera à une conférence pour démonter « le récit mensonger qui est forgé à Perpignan, notamment sur l’OAS, en présentant comme des résistants à un général traître à la France des factieux, des gens qui désobéissent à la France et à la République ».

    Dans la ville RN, les falsificateurs de l’histoire ont les honneurs de la mairie et occupent le palais des congrès. Les vrais historiens se contenteront de quelques tréteaux sur la place du Castillet.

    Lucie Delaporte 

    SOURCE : À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française | Mediapart

     

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    PERPIGNAN LA RÉVISIONNANTE

    va-t-elle sonner le glas des espoirs

    de présidence de Marine Le Pen ?

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    Réponse

    de Jean-François Gavoury

    son père a été assassiné

    par la terroriste et criminelle

    OAS

    Le 31 mai 1961 

     

     

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    Le programme du congrès national du Cercle algérianiste, réuni au cours de ce week-end à Perpignan, a été élaboré il y a longtemps. 

    Ses organisateurs n’imaginaient pas, alors, le score que les candidats du Rassemblement national allaient réaliser aux élections législatives : un score qui pourrait s’avérer embarrassant et devrait (selon les règles du bon sens) donner lieu à des adaptations de dernière minute dans l’ordre du jour ! 

    Comment, en effet, prétendre à l’image d’un parti républicain si, dans le même temps, le vice-président du mouvement, Louis Aliot, dans l’exercice de ses fonctions de premier magistrat municipal et partant au nom d’une personne morale de droit public, met à l’honneur des individus ayant recouru au putsch et à l’action criminelle de grande ampleur dans le but de renverser un Gouvernement légal, des autorités légitimes, des institutions, bref, l’ordre démocratique ? 

    Et comment Mme Marine Le Pen pourra-t-elle invoquer la respectabilité du Rassemblement national pour tenter d’accéder à la présidence de la plus puissante des commissions de l’Assemblée nationale si d’aventure, mardi prochain, son collègue des Bouches-du-Rhône José Gonzalez, nouveau doyen de l’hémicycle, ne résiste pas à la tentation de souligner ses antécédents de pied-noir d’Oran et sa nostalgie de l’Algérie française dans son discours d’ouverture de la première séance de la XVIe législature ? 

    En somme, un début de semaine prochaine à risque précédé d’un week-end de tous les dangers pour une MLP encerclée par les Algérianistes ! 

    Jean-François Gavoury 

     

    Perpignan: "Le Cercle algérianiste et le Rassemblement national c'est la même chose"

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    • Le collectif "Pour une histoire de l'Algérie non falsifiée" veut rendre hommage à tous les morts de cette guerre. Independant - Clementz Michel
    • À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    • Le collectif "Pour une histoire de l'Algérie non falsifiée" dénonce la tenue du congrès du cercle algérianiste avec des fonds publics. Independant - Clementz Michel

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    • Une place Mouloud Feraoun a été symboliquement placée en ville par les sympathisants du collectif. Independant - Clementz Michel

    Alors que se tient à Perpignan le congrès du Cercle algérianiste, le collectif Pour une histoire de l'Algérie non falsifiée réunissait ce samedi 25 juin ses sympathisants pour conspuer l'intention de Louis Aliot de faire de ville la "capitale mondiale des Français d'Algérie".

    Centre des discussions ce samedi matin au pied du Castillet, l'annonce de Louis Aliot, le maire RN de Perpignan, d'inaugurer prochainement une place Pierre Sergent. "C'était un des chefs de l'OAS métropole, ayant commis des attentats terroristes, fustige un participant membre du collectif pour une histoire de l'Algérie non falsifiée. Ajoutez à cela des subventions de 3,7 millions d'euros d'argent public pour le centre de documentation à la gloire de l'Algérie française au moment où toute la ville soufre de partout, au moment où des immeubles s'écroulent dans le quartier Saint Jacques et vous comprendrez notre colère" (subventions venant de la Ville, l'Etat et la communauté urbaine, ndlr).

    Devant une banderole "Hommage à toutes les victimes de la guerre d'Algérie", plusieurs prises de paroles de responsable des associations et syndicats formant le collectif ont eu lieu. "À quelques pas d'ici, rappelait une responsable, le cercle algérianiste des P.-O. organise son congrès national avec le soutien de la mairie Rassemblement national qui a octroyé à cette association, alors qu'elle ne participe en rien à la vie culturelle locale, une subvention de 100 000 euros. Tout a été voté à l'unanimité au conseil municipal. Le centre de documentation échappe à tout contrôle de la recherche universitaire et ne présente que la vision tronquée du Cercle algérianiste et du Rassemblement national, puisque c'est la même chose.

    Ce dimanche à 17h le collectif propose au Casal (centre culturel catalan, avenue du lycée) une réunion publique avec des spécialistes de l'histoire de l'Algérie.

     

    SOURCE : Perpignan: "Le Cercle algérianiste et le Rassemblement national, c'est la même chose" - lindependant.fr

     

    Perpignan : 60 ans de l’exode des pieds-noirs,
    les détracteurs du Cercle algérianiste ripostent

     

    Le collectif réunit plusieurs associations, syndicats et partis politiques.

    Le collectif pour une histoire non falsifiée dénonce
    une réécriture de l’histoire

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

     

     

    Communiqué de presse

    Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée*

     L’instrumentalisation RN de la nostalgérie

     

    Les faits

    Le Cercle algérianiste des Pyrénées-Orientales, association nostalgérique financée à hauteur de 100 000 euros par la mairie RN de Perpignan en sus des 10 000 euros de frais de fonctionnement au titre de l’exercice 2022 (subventions votées à l’unanimité lors du conseil municipal du 24/03/2022) organise son congrès national du 24 au 26 juin prochains à Perpignan en cette occasion déclarée « capitale des Français d’Algérie », elle qui n’était déjà plus « la Catalane ».

    Ce congrès, présenté comme un « temps d’hommage et de transmission », investit complétement la ville avec 19 expositions dans cinq lieux différents, un « village des retrouvailles », une procession assortie d’effigies religieuses en centre-ville et une « prière pour les Nôtres », l’élévation au rang de citoyens d’honneur de la ville de représentants de familles de puschistes (putsch des généraux, 21 avril 1961) condamnés par la justice française (Hélie Denoix de Saint Marc, Edmond Jouhaud, André Zeller…), l’inauguration d’un square au nom de Mourad Kaouha (1919-1989), un proche de Jean-Marie Le Pen, membre du bureau politique du Front national et secrétaire départemental du FN pour les Pyrénées-Orientales, pour ne citer que quelques points du programme.

    Le tout avec le soutien et la participation active de Louis Aliot, et en l’absence de consultation de ses administrés.

    L’objectif de Louis Aliot

    Sur un terrain déjà fertilisé par ses prédécesseurs UMP/LR à la mairie de Perpignan (stèle OAS en 2003, Mur des disparus en 2007, Centre de documentation des Français d'Algérie en 2012), Louis Aliot a organisé en 2021 et 2022 des contre-commémorations du 19 mars destinées à « rétablir la vérité » sur la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), et consacrées exclusivement aux victimes du FLN. A ce jour, l’entreprise de réhabilitation du passé colonial s’amplifie, prend en otage l’ensemble de la ville et de sa population, et vise à en détourner l’identité en y inscrivant une lecture de l’histoire au service de l’idéologie FN/RN dont l’Algérie française fut la matrice idéologique.

    Louis Aliot valorise ainsi les fondamentaux du FN/RN tout en travaillant à consolider son ancrage territorial.

    Nous, Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, dénonçons cette véritable insulte au peuple algérien et à son combat victorieux pour son indépendance contre le colonialisme français. Nous dénonçons la vision biaisée de l’histoire portée par les algérianistes et instrumentalisée par le maire RN de Perpignan. Nous dénonçons l’emprise exercée sur Perpignan, ville sacrifiée à la gloire de la colonisation et des criminels de l’OAS, sacrifiée socialement (en effet, quand 100 000 euros sont octroyés à une association qui ne participe en rien à la vie culturelle ou économique locale, des immeubles s’effondrent dans le quartier Saint-Jacques), sacrifiée culturellement (quand la disqualification de la recherche historique est discours officiel).

    Perpignan est une ville multiculturelle, elle ne doit pas être la capitale des français d’Algérie, mais celle de l’amitié entre toutes les communautés qui la composent et entre tous les peuples !

    *Premiers signataires : L’Alternative ! Endavant, ANPNPA (Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis), AFPS, ASTI, Association Coup de soleil, CGT, FSU, LDH, Mouvement de la PAIX, MRAP, Génération.s, NPA, Solidaires …

                                                         

     

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     INTERVENTION DE JACKI MALLEA

    En 1955, à la demande de Jacques Soustelle, gouverneur général de l’Algérie française, Germaine Tillion – ethnologue, ancienne résistante et déportée, survivante du camp de Ravensbrück – crée le service des centres sociaux-éducatifs pour lutter contre l’analphabétisme généralisé de la population algérienne. 

    De nombreux enseignants, dont Mouloud Feraoun, se mobilisent alors pour la réussite de cette action.

    Rappelons que le taux de scolarisation des enfants algériens est, à ce moment-là, de 15,4%. Après 132 ans des « bienfaits » dispensés par la colonisation, 80% des enfants « indigènes » sont à la rue !

    Le 15 mars 1962, six dirigeants des CSE sont réunis au centre social de Château-Royal dans la commune d’El Biar, dans la banlieue d'Alger. 

    A 10h30 ce jour-là, un commando Delta de l’OAS, sous le commandement de Roger Degueldre, fait irruption, les aligne contre un mur, et les massacre à l’arme automatique. 

    Roger Degueldre, ex-engagé dans la légion SS « Wallonie », sera condamné à mort le 28 juin 1962 pour les nombreux attentats dont il sera jugé responsable en tant que fondateur et numéro un des commandos Delta de l’OAS. Il sera fusillé le 06 juillet 1962 au Fort d’Ivry. 

    C’est le nom de cet individu, avec d’autres, qui figure sur la stèle de la honte, érigée dans le cimetière du Haut Vernet, grâce à la municipalité de Perpignan.

    Le 18 mars 1962 (date de la signature des Accords d’Evian qui mettent fin à la guerre d’indépendance algérienne), ont lieu les obsèques des six dirigeants des centres sociaux éducatifs. Devant leurs cercueils, M. Lucien PAYE, ministre de l’Education Nationale, s’exprime en ces termes :

    Devant ces six cercueils alignés, la douleur nous étreint, mais aussi la colère et la honte. Qu’un tel crime puisse avoir été inspiré, décidé et commis par des hommes qui se réclament de la France nous eût semblé naguère impossible. Ses auteurs se sont mis au ban de la conscience humaine. 

    Mais que cet acte ignoble en soi, ait eu pour victimes désarmés et impuissantes, des hommes qui s’étaient voués à l’éducation et à la promotion de la jeunesse musulmane, à la recherche généreuse de ce qui unit, au-delà de ce qui divise, à la préparation d'un avenir pacifique par-delà le douloureux présent, que ces hommes soient tombés au champ d'honneur de leur travail, surpris par traîtrise pendant qu'ils délibéraient de problèmes d'enseignement et d'action sociale ; que la lâcheté des tueurs se soit attaquée à l'œuvre la plus sacrée, et que ces tueurs se réclament d'une organisation qui se dit française, c'est là ce qui nous accable.

     

    Le fils d’une des victimes de ce massacre m’a demandé de lire un texte. 

    Avant de le faire, je vais vous demander d’observer une minute de silence pendant laquelle je vais énoncer les nom et fonction de ces 6 martyrs : 

    Marcel BASSET, inspecteur des centres sociaux éducatifs

    Ali HAMOUTENE, inspecteur de l’Education nationale, directeur adjoint au chef du service des centres sociaux-éducatifs, ancien instituteur

    Salah OULD AOUDIA, inspecteur des centres sociaux-éducatifs, ancien instituteur

    Mouloud FERAOUN, directeur adjoint au chef de service des centres sociaux-éducatifs, ancien instituteur, et écrivain

    Max MARCHAND, inspecteur d’académie, chef de service aux centres sociaux-éducatifs, et ancien instituteur

    Robert AYMARD, Inspecteur des centres sociaux-éducatifs, ancien instituteur

     

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    Pour toutes les raisons que vient de dire Catherine nous sommes là ce matin mais aussi pour dire que notre combat pour la vérité pendant cette sombre période n’est pas une histoire ancienne
    Oui pour nous toutes et tous qui avons vécu cette période tirer les bilans, et dire la vérité, lutter contre les mensonges est aussi un devoir vis-à-vis des nouvelles générations.


    60ème anniversaire mais aussi cruelle actualité
     

    Car ceux qui aujourd’hui font l’apologie des crimes du colonialisme ici même et en ce moment appartiennent et en sont même issus du courant politique d’extrême droite qui a su manipuler, au profit des intérêts du colonialisme français et des gros colons le désespoir et l’aveuglement d’une bonne partie de la communauté pieds noirs pour les mener dans l’impasse sanglante du soutien à l’OAS et les pousser à l’exil et quitter un pays dans lequel ils avaient aussi leur place pour construire avec tous les algériens une Algérie nouvelle, débarrassée du talon de fer de l’impérialisme français. Mais ce sont les mêmes qui aujourd’hui surfent sur le désespoir des masses populaire pour imposer leur vision d’un société raciste et inégalitaire dont tout étranger serait exclu. Hier c’était Jean Marie Le PEN à la manœuvre aujourd'hui c’est Marine et son bras droit L. Aliot l’on sait avec quel succès aujourd’hui !
    Brulante actualité aussi car la guerre d’Algérie n’a jamais fini pour les descendants des ex colonisés qui même après plusieurs générations subissent discriminations dans tous les aspects de la vie , contrôle au faciès, violences policières dans nos quartiers au nom de la même idéologie raciste qui sous tendait les conquêtes coloniales. Car ranimer ces vieilles rancœurs et répéter ad nauseam le roman colonialiste qu’en Algérie c’était l’harmonie entre les communautés avant que les Algériens ne prennent les armes et que donc tout est la faute « des arabes » est en fait qu’un appel de plus à la haine justement contre les descendants de ces colonisés et qui constituent une part importante des classes populaires que le poison mortel du racisme et de l’islamophobie distillés par l’extrême droite et la droite cherche à diviser.
    Quelqu’un disait que sans connaitre la vérité sur le passé ont ne peut pas construire un avenir.
    Oui notre histoire n’est pas la leur ! Oui pour certains d’entre nous qui avons quitté notre pays à la fin de cette sale guerre coloniale nous partageons la douleur de l’exil et de la nostalgie avec tous ceux qui aujourd’hui fuient la misère et la guerre. Mais nous devons savoir désigner ou sont nos vrais ennemis et en aucun cas les algériens écrasés par le colonialisme depuis des décennies, à qui on avait volé leur terre et massacré leurs familles et à qui on avait refusé tous droits démocratiques.
    Oui notre histoire c’est celui de la fraternité et de la solidarité car la guerre d’Algérie n’était pas une guerre entre le peuple français et le peuple algérien mais une guerre de libération nationale entre des opprimés et des oppresseurs (notre propre impérialisme) et durant cette guerre des français métropolitains et français d’Algérie ont apporté leur soutien à ce combat pour la liberté en y laissant pour certains leur vie comme M. Audin ou Fernand Yveton.
    Cette guerre a été aussi une guerre fratricide au sein même des combattants pour l’Indépendance ce qui aussi en parti poussé par désespoir d’autres algériens dans les bras de leurs oppresseurs, je veux parler des harkis. Aujourd’hui nous voulons dénoncer le cynisme et la manipulation honteuse faites par les algerianistes des ressentiments justifiés d’une communauté qui a reçu comme seuls remerciements de la France d’être parqués pendant des décennies dans des camps comme celui de Rivesaltes et dons les enfants subissent la même discrimination que les autres descendants des colonisés.
    Pour conclure je dirais que nous sommes ici parce nous refusons ces appels à la haine, après avoir voulu effacer l’identité catalane de cette ville le maire veut maintenant la draper dans le bleu banc. Cette ville est multiculturelle et appartient à tous ses habitants quelques soient leur origine. Aujourd’hui nous voulons qu’elle soit celle de l’amitié entre les peuples algérien et français. C’est pourquoi nous voulons rendre hommage aux nôtres et symboliquement nous avons choisi de rebaptiser cette place « Place Mouloud FERAOUN » une des six victimes du massacre de Château Royal près d’ALGER en 1962 perpétré par le commando DELTA de l’OAS dirigé par DEGUELDRE (un des assassins sont le nom figure sur la stèle érigée dans la cimetière publique de PERPIGNAN en l’honneur des assassins de l’OAS)

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    INAUGURATION D’UNE PLAQUE COMMEMORATIVE
    EN HOMMAGE AUX SIX DIRIGEANTS
    DES CENTRES SOCIAUX EDUCATIFS
    ASSASSINES PAR L’OAS
    PERPIGNAN
    26 JUIN 2022

     

    Madame /monsieur le président de l’association….
    Madame /monsieur le président de l’association….
    Monsieur …..représentant l’association Les 4 ACG
    Monsieur Jacques Pradel, président de l’ANPNPA
    Monsieur Gilles Manceron représentant national de la LDH,
    Monsieur Jacki Malléa président….
    Mesdames, messieurs, chers amis,

    Je regrette de ne pas être parmi vous aujourd’hui, mais un déplacement à l’étranger était prévu de longue date.
    Le 15 mars 2022, Monsieur François Gouyette ambassadeur de France en Algérie et Monsieur Laïd Rébigua ministre algérien des moudjahidine, ont rendu hommage aux six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs, assassinés le 15 mars 1962 à Alger par un commando de l’OAS.
    L’ambassadeur de France a déposé une gerbe de fleurs au nom du Président de la République devant la plaque commémorative apposée sur le mur de l’école Salah Ould Aoudia.

    Samedi 19 mars 2022, au palais de l’Élysée, lors de la réception organisée à l’occasion des soixante ans de la signature des accords d’Evian, le Chef de l’État a déclaré :
    …le 15 mars 1962, c’est (à) un instituteur et romancier algérien, Mouloud Feraoun assassiné par un commando se réclamant de l’Organisation armée secrète 60 ans plus tôt que nous avons rendu hommage. Et je veux ici rendre hommage aux six inspecteurs des Centres sociaux créés par Germaine Tillion : Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand, Salah Ould Aoudia, tous les six.
    Les deux gestes du Président de la République sont de la plus haute importance car l’OAS est pour la première fois désignée, dénoncée et ses victimes honorées dans un hommage et une déclaration émanant du plus haut niveau de l’État.
    Aujourd’hui Perpignan, à son tour, rend hommage à six fonctionnaires de l’Éducation nationale, membres des Centres sociaux éducatifs, assassinés sur leur lieu de travail et dans l’exercice de leur fonction, victimes de leur engagement pour les valeurs de la République et pour l’indépendance de l’Algérie dans une relation fraternelle avec la France.

    Ce texte est gravé sur la plaque commémorative apposée le 12 décembre 2001 au 101 rue de Grenelle à Paris, siège à l’époque du ministère de l’Enseignement professionnel, Jack Lang étant ministre de l’Éducation nationale.
    Depuis cette date, et pendant 20 ans, un hommage est rendu chaque 15 mars, en présence d’un représentant du ministère de l’Éducation nationale quel que soit le parti auquel il appartient, à l’exception de Jean-Michel Blanquer.
    Madame Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a tenu à être physiquement présente ces cinq dernières années.

    Votre présence, mesdames et messieurs, aujourd’hui à Perpignan, s’inscrit dans le droit fil d’une tradition républicaine d’hommage à des héros et des martyrs de l’enseignement public.

    Le service des Centres sociaux éducatifs fut créé en 1955 par la déportée résistante Germaine Tillion pour lutter contre l’analphabétisation généralisée de la population algérienne.
    À cette date, un rapport du Commissariat au Plan précise que le taux de scolarisation des enfants algériens est de 15, 4%. Après 132 ans des « bienfaits » dispensés par la colonisation, 80% des enfants indigènes sont à la rue !
    Aucune cause, aucun combat, aucun désespoir ne peut justifier les crimes commis par l’OAS, en particulier ceux commis contre la Culture et l’Éducation tels :
     les destructions d’écoles ;
     le plasticage du musée des Beaux-Arts d’Alger en avril 1962
     les plasticages de la maison d’édition qui publia Camus ;
     l’incendie de la bibliothèque universitaire d’Alger le 7 juin 1962 par l’explosion de trois bombes au phosphore ;
    etc.
    Laissons à d’autres la basse besogne d’honorer des officiers qui ont sombré dans le déshonneur en voulant renverser par la force des armes notre République qu’ils avaient mission de défendre.
    L’Histoire nous apprend que les « intellectuels » sont la cible prioritaire des fascistes, des nazis, des djihadistes et autres intolérants de tout poil.

    Les singes sanglants de l’OAS, comme les a appelés Germaine Tillion, ont assassiné :
    Marcel Basset
    Robert Eymard
    Mouloud Feraoun
    Ali Hammoutène
    Max Marchand
    Henri Ould Aoudia

    C’est la grandeur des « intellectuels » de défendre au péril de leur vie les valeurs qui dépassent les États pour atteindre l’Homme. Leurs assassins ne s’y trompent pas. Avec leur mort disparaît ce qu’il y a de meilleur en l’humanité.
    Aujourd’hui, 14 juin 2022, à Perpignan, place des Victoires, des Français républicains honorent six valeureux enseignants, morts au champ d’honneur de l’Éducation nationale.

    Mesdames, messieurs, au nom de l’association les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, soyez vivement remerciés.

    Jean-Philippe Ould Aoudia
    Fils de victime de l’OAS

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    PERPIGNAN

    El fraternal Centre del Món, si si !

     

    Magnifique moment de fraternité humaine face à l’entreprise de haine orchestrée par la mairie RN de Perpignan, en ce 26 juin 2022 ! C’est ce qu’on peut retenir de cette très chaude après-midi où le Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée a fait salle pleine au centre culturel catalan de la ville, affirmant un courage politique à toute épreuve, sous la présidence de Josie Boucher, présidente de l’Asti (Association de solidarité avec tous les immigrés).

     

    Jacques Pradel, président de l’Association des pieds noirs progressistes, notamment (ANPNP) a exprimé la douleur de tous ces citoyens d’Algérie qui ont dû quitter ce pays qu’ils considéraient comme le leur dans le cadre d’une culture multiple. Elle a été balayée par cette sale guerre imposée par les règles d’un colonialisme qui a fait perdurer les humiliations et attisé les haines. Remy Serre, fondateur de l’Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre, (4ACG) a apporté le témoignage de nombre de ceux qu’on a forcé, de 1954 à 1962, à être le bras armé de la France coloniale, dans tout ce qu’il a eu de cruel est d’injuste. Ce qu’on a appelé pudiquement « les événements », ce fut une guerre sans merci qui provoqua des dizaines de milliers de victimes française et des centaines de milliers de victimes algériennes, civiles et militaires. Il a exprimé sa volonté de continuer jusqu’au bout à donner aux jeunes générations le témoignage de la vérité dans toute ses caractéristiques avec un but essentiel, favoriser la réconciliation et l’amitié entre les peuples algériens et français.

    Eric Sivin, qui n’a pas fait la guerre d’Algérie, a accepté de prendre la suite de l’association des appelés (4ACG) afin d’empêcher l’oubli sur un sujet qui, en fait, concerne des dizaines de millions de Français qui sont, à un degré ou à un autre, enfants de ces générations qui ont vécu la guerre d’Algérie. La tâche est difficile mais passionnante. Elle s’inscrit dans le droit fil d’une lutte sans merci contre les idées de haine et d’exclusion qui ont envahi la majorité des comportements, particulièrement à l’extrême droite et à droite, mais bien pas seulement.

     

    L’histoire ne doit pas être une légende

     Dans le droit fil de cette constatation, Gilles Manceron, historien, membre de la LDH, a précisé les conditions historiques de cette guerre avec une finesse remarquable sur tous les sujets qui fâchent, notamment l’attitude soit guerrière, soit ambigüe soit très maladroite des directions de la gauche de l’époque, qui a contribué à désarçonner les capacités de résistance et d’alternative à une situation qui aboutira au drame du rapatriement d’un côté et à la persistance de l’esprit de revanche coloniale de l’autre dans l’opinion publique. Un large et passionnant débat a suivi avec la salle, chacun apportant soit son témoignage soit son analyse avec un esprit de respect et d’écoute remarquable.

    Qu’on se le dise, le centre du monde n’était pas dans l’étalage du révisionnisme historique, de la justification des crimes de l’OAS et de l’excitation des haines voulus par le maire de Perpignan. Il était là, fier et déterminé, dans cette salle de résistance qui en a appelé à renouveler à souhait ce genre d’initiative en l’élargissant à toutes celles et ceux qui ont intérêt à faire tomber les frontières de la haine entre les êtres humains.

    Reportage Yvon Huet pour le Travailleur Catalan

     

     

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    Intervention de J. Pradel, Perpignan

    26 juin 2022

    À Perpignan, l’extrême droite s’offre trois jours de célébration de l’Algérie française

     

    C’est à Perpignan, après la mise en place en 2007 du “mur des Français disparus en Algérie’’ au couvent sainte-Claire (où 40 % des noms gravés étaient injustifiés !), que la décision a été prise de créer en 2008 l’Association des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Amis. Salut à Roger Hillel et Jacki Malléa, ici présents !

    Pour présenter brièvement l’association, nous nous donnions deux objectifs.

    - L’un était de contester aux  organisations "nostalgériques" figées dans la haine et la louange absurde du passé colonial, encensé jusqu'à la réhabilitation et la glorification de l'OAS, le droit de parler au nom l’ensemble des pieds-noirs ; de faire entendre nos témoignages et nos analyses , en disant le bien-fondé de la lutte du peuple algérien pour se libérer du colonialisme.

    - Le second objectif, aujourd’hui prioritaire, était d’œuvrer à la réconciliation de nos deux pays, au renforcement de l’amitié entre les peuples des deux rives de la Méditerranée, d’affirmer notre engagement solidaire avec les immigrés algériens, les bi-nationaux et les Français d’ascendance algérienne, de lutter contre la montée des idéologies d’extrême droite, contre le racisme dans la diversité de ses formes, notamment celle qui fleurit aujourd’hui en France, l’islamophobie. 

    Mon intervention portera sur deux points : le congrès du Cercle algérianiste, et le rôle du FN/RN (puisque c’est lui qui en est le maitre d’oeuvre).

     

     A propos du congrès du Cercle algérianiste 

    Sans revenir sur le détail des trois jours de leur AG, relevons que le cercle algérianiste n’a jamais aussi clairement affiché tant de débauche dans le révisionisme historique et l’encensement de l’OAS, ce qui fut pour nous pieds-noirs le pire, la cause première de l’exil ; relevons surtout combien leurs positions extrême droitières sont en décalage avec la réalité de la société présente ; pour faire court, quelques éléments.

    - En décalage par rapport aux pieds-noirs. Ceux-ci se sont vite resitués dans les contradictions de la société française, fondus en elle en fonction de leur situation sociale, de leurs engagements, rencontres, etc. A côté d’une minorité d’excités enfermés dans une nostalgie absurde de l’Algérie française, la victimisation et le ressentiment, ils se distribuent par exemple sur l’ensemble de l’échiquier politique (quantité d’enquêtes ont montré qu’il n’existait pas de “vote pied-noir”).

    - En décalage par rapport aux travaux des historiens sur la colonisation et la guerre d’Algérie. Ces travaux ont largement fait progresser notre connaissance de la réalité des 132 ans de domination coloniale. La nostalgérie les tait et continue d’en haïr les auteurs.

    - En décalage par rapport au débat sur le passé colonial de la France et sur la résonance de ce passé dans notre société. Plusieurs facteurs alimentent ce débat : la diffusion des travaux des historiens dans la sphère publique et les médias ; la publication du rapport Stora (et la “publicité’’ faite autour) avec ses limites et ses attendus ; la multiplication des manifestations culturelles (littérature, théâtre, cinéma…) sur ces sujets ; les actions antiracistes et contre l’islamophobie ; les mobilisations citoyennes autour de dates symboliques (le 60ème anniversaire …) ; et jusqu’à l’impact laissé dans l’opinion française par la beauté du Hirak en Algérie. 

    Ce décalage est assumé, ils le mesurent, tout comme ils ont conscience de se ranger ainsi derrière les positions du FN/RN ; ce qui va plus loin qu’une ‘reconnaissance du ventre’ pour les 100.000€ accordés par la municipalité Alliot pour tenir leur AG. 

      A propos du rôle du FN/RN 

    Qu’on le veuille ou non, force est de reconnaître que les idées, l’idéologie du RN ont largement pénétré la société. En témoigne s’il le fallait le résultat des élections présidentielles et législatives, où la sauvegarde d’un front républicain contre l’extrême droite n’a pas joué. Il en est,  bien sûr, de la responsabilité du pouvoir macroniste tentant de sauver sa barque en renvoyant dos à dos la gauche dans sa diversité républicaine et le RN, mais la raison profonde est bien que l’idéologie fascisante, les idées d’extrême droite portées par le RN se sont banalisées (combien elles ne sont pourtant pas ‘banales’, faites de révisionisme, de haine, de racisme). 

    Comment comprendre que le RN, au travers de l’AG du cercle algérianiste dont il a été le maitre d’oeuvre, s’engage si ouvertement dans la glorification de l’Algérie française et de l’OAS ? Pourquoi disent-ils si fort aujourd’hui ce qu’ils pensaient mais camouflaient hier ? Ne s’agit-il pas pour le RN de pousser le bouchon un cran plus loin dans la bataille idéologique, en y intégrant leur vision du passé colonial de la France ? 

    Un discours qui ne s’adresse pas particulièrement aux pieds-noirs mais à tout le monde, et qui s’inscrit dans les batailles idéologiques qui se mènent, ou sont aujourd’hui à mener. Bravo au collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée de s’y inscrire !