• 19 mars 1962 : "Le cessez-le-feu n'est pas la paix." Cette phrase je l’ai lue et entendue souvent.

    19 mars 1962 : "Le cessez-le-feu n'est pas la paix." Cette phrase je l’ai lue et entendue souvent.

    Incendie de la Bibliothèque Universitaire d’Alger
    le 7 juin 1962

    « … Ceux qui l’ont brûlée, voulurent fermer l’accès de la culture française aux élites algériennes, par là-même, sans doute, avouaient-ils la considérer à eux seuls réservée … » (Robert Buron)

    19 mars 1962 : "Le cessez-le-feu n'est pas la paix." Cette phrase je l’ai lue et entendue souvent. Elle est exacte d’ailleurs car, c’est bien vrai, il y a eu encore des victimes après cette date, encore faut-il en donner les vraies raisons et les vrais responsables… Tous occultent l’OAS, cette organisation terroriste et criminelle… Bien sûr il y a eu des bavures d’indépendantistes algériens, mais il faut comparer ce qui comparable… Ces Algériens qui ont subi le colonialisme pendant 132 ans en étant considérés comme des sujets et non des citoyens français à part entière, n’ayant pas les mêmes droits. Parmi ceux qui occultent l’OAS je citerai d’abord l’UNC (l’Union Nationale des Combattants), voici l’un des derniers articles paru ce jour :

    Date non reconnue

    Dans son rapport moral, le président a rappelé le combat pour que le statut d’ancien combattant soit reconnu pour les soldats qui sont restés en Algérie après le 2 juillet 1962. La commémoration du 5 décembre est la seule commémorée par l’UNC qui ne reconnaît pas la date du 19 mars, car de nombreux combats mortels se sont déroulés après. Le président a d’ailleurs rappelé que les adhérents de l’UNC qui y participeraient ne pourraient le faire qu’à titre personnel. Il y aurait dans ce cas une certaine incohérence dans le fait de commémorer le 19 mars et d’autre part de réclamer la reconnaissance d’anciens combattants jusqu’en 1964. L’indemnisation des victimes de guerre algériennes, adoptée par le conseil constitutionnel, a consterné tous les membres de l’UNC.

    SOURCE : http://www.lest-eclair.fr/61673/article/2018-03-18/unc-afn-le-19-mars-fait-toujours-polemique 

    Et puis je citerai rapidement, « en me pinçant le nez », tout ce qui fait partie de la fachosphère… mais là je ne vais pas perdre mon temps… Ils sont définitivement irrécupérables et garderont leur haine jusqu’à la fin de leur vie… Par contre voici un article écrit par un indépendantiste algérien qui emploie cependant la même phrase mais dans une forme complètement inverse :

    19 mars 1962 : "Le cessez-le-feu n'est pas

     la paix."

    Faire l’inventaire de tous les crimes commis par l’OAS relève de l’impossible quant on sait que tout le pays est concerné.

    19 mars 1962 : "Le cessez-le-feu n'est pas la paix." Cette phrase je l’ai lue et entendue souvent.

    Keystone-France via Getty Images Le 20 Mars à Alger, premier jour après la proclamation du cessez-le-feu en Algérie

     

    Le 19 mars 1962 entrait en vigueur le cessez-le-feu entre l’Algérie et la France, mettant fin ainsi à plus de  sept ans et demi d’une guerre qui ne voulait pas dire son nom et trois mois plus tard, à cent trente deux ans de colonisation. Ce fut le premier rayon de lumière à percer la longue nuit coloniale, promesse d’une aube nouvelle tant espérée.

    Mais une frange irréductible d’ultras issus de la minorité européenne vont mener  des actions criminelles et de sabotage pour tenter d’empêcher l’avènement d’une Algérie indépendante définitivement détachée de la France. Ils créent la funeste OAS (Organisation Armée Secrète) le 11 février 1961.

    L’OAS était un ramassis hétéroclite d’individus  de tous bords : gros colons, militaires, étudiants et petites gens attachées à leurs privilèges et qui n’acceptent pas l’évolution inéluctable de la situation en Algérie. Ils vont tout faire pour empêcher  le processus menant à l’indépendance. Le but de l’OAS est de maintenir l’Algérie française, c’est-à-dire le statut de citoyens pour la minorité française et le statut d’indigène pour la majorité musulmane.  

    Tous les moyens sont mis en œuvre par cette organisation terroriste  : assassinats collectifs ou ciblés, sabotages économiques, plastiquages : bref, une véritable politique de terreur est installée dans les derniers mois en Algérie. Des personnalisés françaises favorables aux Algériens et à une négociation avec le FLN sont visées.  Mais c’est surtout la population algérienne qui est l’objet d’affreuses représailles. Malgré cela, la foi des Algériens dans l’indépendance prochaine et en un avenir meilleur ne fût à aucun moment ébranlée.

    L’OAS était un ramassis hétéroclite d'individus de tous bords : gros colons, militaires, étudiants et petites gens attachées à leurs privilèges et qui n'acceptent pas l'évolution inéluctable de la situation en Algérie. Ils vont tout faire pour empêcher le processus menant à l'indépendance.

    Au fil des mois et du déblocage progressif du problème algérien, l’OAS renchérissait dans l’abjection et l’horreur terroriste,  pratiquant la politique de la terre brûlée, rendant impossible toute réconciliation (rêvée par certains) entre les deux communautés.

    Faire l’inventaire de tous les crimes commis par l’OAS relève de l’impossible quant on sait que tout le pays est concerné. Les attentats perpétrés à Alger font évidemment l’objet d’une plus grande couverture par la presse internationale. Ils sont aussi plus violents et plus spectaculaire qu’ ailleurs.

    Le paroxysme dans l’horreur sera atteint au petit matin du 2 mai 1962, au port d’Alger, à deux mois de l’indépendance, lorsque une charge explosive ôta la vie  à deux cents dockers algériens qui attendaient leur jeton pour commencer une dure journée de déchargement des navires. L’attentat fit également des dizaines de blessés.

    Un autre attentat, plus ciblé, va coûter la vie à une personnalité algérienne de premier plan  et à cinq de ses compagnons, dont trois français. Le 15 mars 1962, à El-Biar, ce que l’on appelle alors le Commando Delta procède à l’exécution pure et simple de six inspecteurs de l’Education nationale en réunion ce jour-là. Ils sont trois algériens et trois français. Parmi eux se trouve Mouloud Feraoun, écrivain algérien né à Tizi Hibel en Grande Kabylie. Son plus célèbre roman “Le fils du pauvre”, écrit en 1950, lui a valu le Prix littéraire de la Ville d’Alger, attribué pour la première fois à un algérien. Par cet attentat, l’OAS a visé une personnalité  intellectuelle algérienne et un cadre éminent de l’éducation nationale dont l’Algérie allait en avoir tant besoin au moment de l’indépendance, c’est-à-dire dans moins de quatre mois.

    Les assassins ne furent jamais vraiment inquiétés et continuèrent tranquillement leur vie en France. L’un d’entre eux fera même une carrière politique au sein de l’UMP de Jacques Chirac. Ceci  pour juste rappeler aux donneurs de leçons (et ils sont nombreux outre-méditerranée) qu’ils doivent d’abord balayer devant leur porte.

    Toujours dans la même idéologie destructrice, l’OAS a visé cette fois-ci la Bibliothèque Universitaire d’Alger. Le 7 juin 1962, trois bombes au phosphore explosent, mettant le feu à la bibliothèque : 500 000 ouvrages sont la proie  des flammes. Seuls 80 000 seront sauvés. Tous les manuscrits ont été détruits. Aucun autodafé n’a fait autant de dégâts dans l’Histoire. La Bibliothèque Universitaire ne rouvrira ses portes que six ans après, le 12 avril 1968.

    Le 20 mars 1962, Benyoucef Benkhedda, deuxième président du GPRA (Gouvernement Provisoire de la Révolution Algérienne), annonce, dans une allocution radiodiffusée  au peuple algérien, l’accord officiel de cessez-le-feu et la signature des Accords d’Evian. Il déclare à cette occasion : “Le cessez-le-feu n’est pas la paix.” La criminelle OAS  allait redoubler de férocité face au mouvement irréversible de l’Histoire.

    A quelques jours de l’indépendance, le FLN qui a appris  à négocier, finira par signer un accord de dernière minute avec l’OAS, épargnant ainsi quelques vies.

    La guerre dans la guerre menée par l'OAS aura fait 2700 victimes entre morts et blessés.

    Le cessez-le-feu signé, il n’échappe pas à l’esprit vigilant de beaucoup d’opportunistes de profiter de l’occasion pour s’acheter à moindre frais, et surtout à moindre risques, une devanture révolutionnaire dont ils imaginaient (avant tout le monde peut-être) qu’elle serait fort utile demain, une fois l’indépendance acquise définitivement. D’ailleurs, après le 5 juillet, le peuple algérien distinguait déjà entre les authentiques moudjahidines et ceux du 19 mars.  

    Il est vrai que les révolutions profitent rarement à ceux qui les déclenchent, mais plutôt aux derniers venus, à ceux qui ont eu la chance de survivre, aux malins et aux opportunistes. C’est ainsi qu’on a eu plus d’un million de martyrs, des moudjahidines à n’en plus finir et des opportunistes toujours plus nombreux.

    SOURCE : https://www.huffpostmaghreb.com/entry/19-mars-1962-le-cessez-le-feu-nest-pas-la-paix_mg_5aae6a80e4b0337adf8493b2 

    « "Nous avons été les dindons de la farce. Les Algériens étaient des maquisards et nous étions les envahisseurs»Concernant les victimes d’après le 19 mars il y a une information nouvelle, du moins c’est la première fois que je la lis et c’est l’Algérie qui nous l’a donne… »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 19 Mars à 10:16

    Il est exact que le nombre des victimes ne s'est pas clos le 19 mars 1962. Libérable à la fin avril 1962 j'étais en contact avec des copains qui avaient encore quelques mois à tirer. Ils m'écrivaient qu'ils n'avaient pas vu autant de cadavres qu'après le cessez-le-feu. Ils se trouvaient dans les rues des villes et à l'évidence on savait ce qui était en cause dans leur mort ! Ce n'était sûrement pas la même origine que la guerre qui avait été menée pendant plus de 7 ans.

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