• Anticasseurs, tu perds ton sang-froid

     

     

    Anticasseurs, tu perds ton sang-froid

     

    Anticasseurs, tu perds ton sang-froid

    Par Juliette Keating

     

    Il n’aura pas suffi de crever les yeux, ni d’arracher les mains, ni de blesser les corps et les têtes, il n’aura pas suffi de rafler, ni de mettre en garde à vue, ni de condamner lourdement, il n’aura pas suffi d’user et d’abuser de propagande, de mensonges et de faux débat.

    Grenades, gaz, matraques, canons à eaux et à pourriture, éditocrates à la botte et numéro de claquettes présidentiel, menaces, menottes et geôles : la peur entretenue n’aura pas réussi à faire plier l’échine et rentrer chez elles les victimes rebellées de la guerre sociale.

    Quoi ?! Les manants se rebiffent encore ? Qu’on leur envoie l’armée, les flics sont fatigués. Et le président ne veut plus voir les flammes du Fouquet’s ou des Ferraris en feu faire fondre la neige sous ses skis. Ah mais non, ça n’est pas fini.

    Car elles sont là, les années de sévices. À coups de réformes votées par trois pelés insomniaques dans une Assemblée déserte, les gouvernements gangsters et l’aristocratie parlementaire ont démoli les services publics et les conquêtes sociales arrachées au capital, détruit la vie de tout le tiers état, laminé quatre-vingt dix pour-cent de la population au bénéfice de dix pour-cent de winners. Nul n’est dupe, chacun sait que les vrais casseurs sont de ce côté là des barricades : du côté du pouvoir et de la répression, du côté de l’insatiable exploitation du pauvre pour engraisser le riche, du côté de l’argent qui paye la violence dite légitime, celle qui défend bec et ongles le capitalisme.

    Dans ce monde vissé par la gouvernance néolibérale, il n’y en aura pas pour tout le monde. Pas assez d’eau propre et d’air pur, pas assez de terres non polluées, pas assez de pétrole. Alors qu’on laisse s’entre-tuer la jeunesse dans les banlieues ghettos, qu’on abatte les vieux puisqu’ils sont pauvres, qu’on laisse crever les malades aux urgences et mourir lentement de faim et de désespoir les chômeurs, de froid les sans logis, même les bébés. On noie les migrants dans les eaux glacées du calcul égoïste et on envoie l’armée pointer ses canons contre l’ennemi intérieur : les populations-même, ces gaulois réfractaires, ces sans-dents qui osent encore mordre.

     

      
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