• En hommage à Alain Decaux décédé hier dimanche 27 mars 2016 nous allons l'écouter raconter l'extraordinaire coup de théâtre de la guerre d'Algérie en octobre 1956

     

    L'académicien est mort ce dimanche 27 mars 2016, à l'âge de 90 ans. Homme de télévision où il avait crée de nombreuses émissions dédiées à l'histoire il a publié de nombreux ouvrages dont Letizia : Napoléon et sa mère, récompensé par l'Académie française, où il est entré en 1979. Il a aussi été ministre délégué en charge de la Francophonie dans le gouvernement de Michel Rocard, entre 1988 à 1991.

    À partir des années 1950, ce formidable conteur, auteur d'une soixantaine d'ouvrages, a incarné l'histoire à la radio et à la télévision, où il a créé plusieurs émissions célèbres. Filmé en plan fixe, il avait le don de captiver les téléspectateurs avec la bien nommée émission Alain Decaux raconte. Pendant des années, cet historien à la mémoire prodigieuse, rappelait aux Français les grandes et petites anecdotes de leur histoire en jouant sur les silences, le suspense et les rebondissements...

    Né dans le Nord, à Lille en 1925, Alain Decaux avait (comme beaucoup de Français !) des ancêtres paysans, un grand-père instituteur, un père avocat. Il passe son enfance à la campagne, poursuit ses études en ville et partage son temps entre la lecture et les escapades familiales sur les plages belges. Lors de la seconde guerre mondiale, la famille se réfugie dès 1939 en Bretagne, chez des cousins. Puis son père finit par se fixer à Paris, comme administrateur judiciaire, et toute la famille s'installe dans la capitale.  « C'est ainsi que je suis devenu parisien et que j'ai pu faire cette carrière, a-t-il un jour reconnu. C'est la guerre qui a fait de moi ce que je suis. »

    Alain Decaux a été en 1973 le premier président, élu au titre de la télévision, de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. En 1989, il a été nommé coordonnateur de la politique télévisuelle extérieure française. Depuis 1999, il existe un prix Alain Decaux de la francophonie.

    Marié deux fois, père de trois enfants, il a été élevé en 2014 à la dignité de grand'croix de la Légion d'honneur.

    En son hommage écoutons Alain DECAUX raconter l'extraordinaire coup de théâtre de la guerre d'Algérie en octobre 1956 : la capture des chefs rebelles Algériens dont Ahmed BEN BELLA et la presse a parlé, en 2015 de l'instauration d'une stèle au fort Liédot de l'Ile d'Aix :

    Devoir de mémoire, le projet d’une stèle commémorative

    du passage des cinq historiques du FLN, à Aix,

    en Charente-Maritime, a toutes les chances d’aboutir.


    En hommage à Alain Decaux décédé hier dimanche 27 mars 2016 nous allons l'écouter raconter l'extraordinaire coup de théâtre de la guerre d'Algérie en octobre 1956


    C’est, en effet, dans la petite île d’Aix qu’est née l’idée de réaliser le projet d’une stèle mémorielle devant l’emplacement du fort Liédot, lieu de détention de Ben Bella, Khider, Lacheraf, Aït Ahmed et Boudiaf de 1959 à 1961. “Pour peu que les Algériens soient intéressés par le projet, une stèle mémorielle rappelant l’incarcération des cinq historiques du FLN, à fort Liédot, verra le jour”, expliquera Karim Trari, le président de l'association Bleedi-La Rochelle, qui fait partie du comité d'organisation du projet au même titre que l'Office du tourisme de Rochefort dont dépend l'île d'Aix, le sculpteur André Bénéteau et le réalisateur de l’excellent documentaire qui traite de cette période méconnue de l’histoire de la Révolution algérienne, Salah Laâdi.

    Cette volonté de dépoussiérer un pan de l’histoire commune entre les deux pays est également celle du maire de l’île, Alain Burnet, et son adjoint Thierry Lauth, nous dira M. Trari. Un intérêt historique, mais pas seulement, puisque pareil projet, s’il venait à se concrétiser, boostera sûrement le tourisme dans la région avec des visites sur l’île pour découvrir l’histoire du séjour des cinq, dont deux défunts présidents algériens, Ben Bella et Boudiaf, à fort Liédot.

    En ce sens, le projet prévoit une stèle en verre d’une hauteur de 2 mètres où seraient inscrits les noms de ces chefs historiques avec un défilement d’images en noir et blanc de leurs portraits respectifs, le tout sur un socle en pierre marbrée mentionnant le lieu de détention. La réflexion de ce travail artistique et sculptural a été confiée à André Bénéteau, un artiste de renom de la région, qui a suggéré cette réalisation, mariant ainsi le contemporain avec l’histoire dans la transparence du verre dans toute sa beauté, nous explique encore notre interlocuteur.

    Un voyage dans le temps, dans lequel nous invite ce projet ambitieux qui est né suite aux échos favorables reçus par le documentaire de Salah Laddi, Dans l’ombre d’une guerre, relatant l’histoire du détournement de l’avion des chefs historiques du FLN en 1956 jusqu’à leur détention sous haute surveillance au fort Liédot.

    L’histoire inédite du premier acte de piraterie internationale ayant concerné un avion civil de transport de voyageurs a été mis en scène par Salah Laâdi. Il révèle aussi l’embarras de Guy Mollet, alors en déplacement à Londres, d’endosser une décision prise par son secrétaire d’État à la Défense. Le 22 octobre 1956, Ben Bella, Khider, Lacheraf, Aït Ahmed et Boudiaf se trouvent à Rabat. Ils viennent d’échanger longuement avec le sultan Mohammed V et son fils, le prince Hassan, au sujet de la conférence de Tunis à laquelle ils doivent se rendre à l’invitation de Habib Bourguiba.
    À l’aéroport, un changement de programme survient et les cinq ne voleront pas dans le même avion que le sultan du Maroc. Celui-ci prendra un vol spécial qui survolera l’Algérie et met à la disposition de ses invités un autre avion, un DC3 de la compagnie Air Atlas, à bord duquel se trouve également un malade devant être hospitalisé à Tunis. Le décollage accuse du retard puis, après un moment, l’avion atterrit aux Baléares, escale non prévue au programme. Les passagers ne s’inquiètent pas plus que cela. Lorsque l’avion redécolle, personne ne se doute que la décision a été prise par les autorités françaises, avec l’aval de Guy Mollet, d’intercepter leur avion en le faisant atterrir non pas à Tunis, mais à Alger.

    À la tombée de la nuit, le DC3 se pose sur le tarmac de l’aéroport d’Alger. Les cinq dirigeants du FLN sont arrêtés et transférés en détention “spéciale” vers la prison parisienne de la Santé, puis vers le fort Liédot. Considéré comme des prisonniers de marque, les représentants du FLN n’ont cessé de communiquer avec leurs réseaux, et ce, malgré leur détention qui a marqué les esprits.
    De mars 1959 à mai 1961, le fort Liédot sera une plateforme de négociations avec, pour interlocuteurs-visiteurs, une multitude d’avocats, chefs politiques, émissaires de pays frères à l’Algérie et même l’Élysée.

    En tout cas, le projet qui attend d’être pris en collaboration avec les autorités algériennes “ne pourrait naître que s’il y a une volonté commune de part et d’autre des deux rives”, dira Alain Burnet, qui souhaite échanger et engager des pourparlers avec la chancellerie algérienne en France. S. O.

     

     
     
    « Et l’homme à la mèche évocatrice a insulté tous ceux qui commémorent le 19 mars 1962 les traitant de traîtres, de Français qui crachent sur leurs morts, de Français indignes. Comme si nous y étions assistons à un cours de Benjamin Stora »
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